vendredi 3 avril 2015

Et Dieu créa les femmes :
Moment historique au conseil départemental de Charente-Maritime !

Avec la nouvelle législation, les femmes et les hommes sont en nombre égal au conseil départemental. Voilà qui modifie l’ambiance de cette assemblée qui comptait peu d’élues jusqu’alors. Les 27 femmes issues du dernier scrutin travailleront avec leurs « partenaires » masculins respectifs. Une organisation à mettre en place car cette direction bicéphale est une nouveauté sur des cantons plus vastes, il est vrai. Avantage : le citoyen pourra s’adresser à l’un ou à l’autre selon sa préférence !


La nouvelle assemblée, titulaires et remplaçants (photo Nicole Bertin)
Autrefois , chaque canton avait un conseiller général. Désormais, les cantons redécoupés (27 au lieu de 51) ont, pour les représenter un homme et une femme, une alliance qui nécessitera des ajustements. Durant la campagne, les candidats ont expliqué qu’ils se répartiraient la tâche en fonction de leurs affinités. Ainsi les femmes seraient davantage attirées par le social et les hommes vers l’économie. Ceci n’est pas une science exacte !

Ils étaient donc tous réunis - y compris les suppléants, pardon les remplaçants, invités aux festivités d’inauguration - jeudi dernier à La Rochelle pour installer l’assemblée. A leur arrivée, un brin intimidés, les nouveaux arrivants, 29 au total, ont cherché leur marques, rapidement épaulés par les « anciens »  qui leur ont montré comment fonctionnait la « maison ». Avec vue sur la mer, ce qui ne gâte rien. Rassurez-vous, il n’y a pas eu de bizutage comme dans les grandes écoles !

Pour l’élection du président, pas de suspense insoutenable comme dans certains départements où les équilibres politiques sont fragiles. Dominique Bussereau conserve donc son siège en obtenant 33 voix (il aurait dû en recueillir 34 mais par tradition, il n’a pas voté pour lui !) contre 12 pour le chef de file socialiste Mickaël Vallet et 8 pour Pascal Ferchaud d’Alternative radicalement républicaine (PRG). C’est le doyen de l’assemblée, Michel Doublet à la chevelure argentée, qui orchestra les opérations de vote sous le regard attentif d’Alexandre Grenot, jeune premier du canton de Thénac (autrefois, le plus jeune était Loïc Girard de Gémozac. Depuis, il a fait comme tout le monde, il a pris de l’âge !). 

Michel Doublet orchestre les opérations de vote avec Alexandre Grenot
Dominique Bussereau : a voté !
Dominique Bussereau : dans l'attente des résultats
Pour faire court, la droite totalise 34 élus, la gauche 20. « La majorité se trouve renforcée » remarqua Dominique Bussereau qui se réjouit de l’absence d’élus FN, « ces hommes et ces femme parachutés le plus souvent en terre inconnue ». Le nouveau conseil départemental se penchera rapidement sur les orientations budgétaires. « J’ai volontairement repoussé leur examen car je tenais à ce que les nouveaux élus soient associés au vote du budget. Il n’y aura pas d’augmentation des impôts cette année, les Français étant sous le choc fiscal du Gouvernement depuis trois ans » ajouta le président. La loi NOTRe, qui porte sur la nouvelle organisation territoriale, a été étudiée en première lecture par l’Assemblée Nationale. Le texte va revenir au Sénat, puis au Parlement. La grande question est de savoir comment se répartiront les compétences entre les différentes collectivités.
Le Département aimerait bien conserver les transports scolaires qui devraient dépendre de la Région (3000 élèves concernés). « Nous sommes censés garder le transport des personnes handicapées » précisa Dominique Bussereau qui souhaite retrouver l’ensemble de la prestation (élèves et réseau des mouettes). Autre champ d’action, la compétence des ports : « nous avons 470 km de côtes, 170 plages, 56 ports. Le Département s’est toujours impliqué ».
Il y a aussi la fameuse A 831 « serpent de mer ou monstre du Loch Ness ! ». Un courrier du Premier Ministre a redonné espoir : « je pense que nous aurons plus de facilités dans la Région Aquitaine. J’ai toujours dénoncé les réticences de la Région Poitou-Charentes sur ce dossier. Le futur président de la Région Aquitaine devrait participer au financement ».
Dominique Bussereau sera attentif aux lignes ferroviaires qui accompagneront la mise en service de la LGV Tours/Bordeaux en juillet 2017. La SNCF ne semble pas faire preuve d’un bel enthousiasme quant à ces liaisons « secondaires » qui desserviront Saintes, Saint-Jean d’Angély ou Royan : « je vais rencontrer un médiateur pour obtenir une meilleure desserte. La SNCF se fiche du monde ». Côté aéroports, la CCI a tiré la sonnette d’alarme, l’Etat ayant baissé ses subventions. Or, gestionnaire de l’aéroport de La Rochelle, elle se trouve dans une situation délicate. A l’avenir, une mutualisation entre les sites de La Rochelle, Rochefort et Royan est à rechercher pour réaliser des économies.
Les efforts porteront également sur les routes. A ce sujet, Mickaël Vallet attend une égalité de traitement entre les territoires, la priorité étant la sécurité des usagers et non des dépenses liées à de « chères » rocades (du côté de Jonzac ?). S’y ajoute le haut débit : la fibre optique est une priorité pour satisfaire « tous les Charentais-Maritimes ». 460 millions d’euros seront débloqués à cet effet. Le plan déchets, quant à lui, sera confié à la Région.
Et Dominique Bussereau de conclure : « Nous avons du pain sur la planche. Travaillons dans un respect mutuel pour l’essor de notre beau département ».

Dominique Bussereau devant la nouvelle assemblée
Les applaudissements de son camp pour sa réélection
« De gauche nous sommes » enchaîna Mickaël Vallet en reprenant l’expression utilisée par Bernard Lalande en 2011, « cela veut dire que nous sommes porteurs de projets, de principes, de valeurs. Nous défendrons nos positions. Notre ligne de crête est celle de la République ». Il insista sur deux points : les citoyens attendent des services de proximité, et non des élus de proximité, et surtout le chef de file du PS s’inquiète de la montée du Front National. « La population éprouve un sentiment d’abandon. Il s’en est fallu de peu pour que le FN remporte des départements. On ne peut pas occulter ce phénomène, les partis traditionnels sont rejetés et les votes blancs ou nuls doivent nous interpeller ».
 « C’est pourquoi je suis favorable aux référendums d’intérêt local » rétorqua Dominique Bussereau. Pascal Ferchaud estime pour sa part « qu’il faut changer de logiciel » face aux résultats du dernier scrutin. Au Département, l’Alternative radicalement républicaine soutiendra les dossiers utiles au développement de la Charente-Maritime.

Suivit la désignation des vice-présidents, des membres de la commission permanente et la lecture (obligatoire) par le Président de la charte de l’élu local. La prochaine session se tiendra vendredi 10 avril. Il est temps, en effet, de connaître les orientations du nouveau conseil départemental !

• C’est la sénatrice et conseillère départementale de Matha, Corinne Imbert, qui présenta la candidature de Dominique Bussereau. Mickaël Vallet annonça directement la sienne « en circuit court » tandis que Pascal Ferchaud développa son argumentation, rappelant les valeurs humanistes des Radicaux de gauche. PS et PRG n’ont pas fait front commun pour cette élection. On se souvient que le Département a été dirigé par un PRG, Josy Moinet. Après le socialiste Philippe Marchand, la droite a toujours tenu les rênes de la Charente-Maritime avec François Blaizot (CDS), Claude Belot (Radical Valoisien à l’époque, maintenant UMP) et Dominique Bussereau (ancien ministre UMP).

• Béatrice Abolliver, préfet, était absente jeudi matin, en réunion en Paris

• Pour Dominique Bussereau, la région Aquitaine est une opportunité pour la Charente-Maritime. Elle sera opérationnelle le 1er janvier 2016. Auparavant, auront lieu les élections régionales en décembre. « Il faut qu’on arrive à Bordeaux forts et rassemblés. Nous avons de nombreux atouts, le grand port de La Rochelle, la viticulture, la forêt ».

 • Nouvelles dates des vacances scolaires : si elles favorisent les stations de ski, Dominique Bussereau estime qu’elles pénalisent le littoral. A suivre…

• Charabia épouvantable : « Les finances publiques nous ont envoyé un invraisemblable courrier sur les valeurs locatives. Charabia épouvantable écrit en petits caractères. Si on veut réconcilier les Français avec les impôts, ce n’est pas comme ça qu’il faut s‘y prendre » considère Dominique Bussereau.

• Le plan Etat/Région sera prochainement signé. Les dossiers validés seront repris par la nouvelle Région Aquitaine.

• On n’administre bien que de près : César dans la guerre des Gaules, expression préférée de Claude Belot que Dominique Bussereau félicita pour le travail réalisé au Conseil général quand il en assurait la présidence.

• Témoignage sur un vote FN rapporté par Dominique Bussereau : « Lorsque nous faisons du porte à porte avec Marie-Pierre Quentin lors de la campagne, un couple nous a expliqué qu’il votait FN parce que la TNT ne fonctionnait pas correctement dans leur secteur et que l’épouse en particulier avait du mal à regarder ses émissions » . Sans commentaires.

• Sur cette photo, deux hommes qui connaissent bien la Charente-Maritime pour l’avoir administrée, Claude Belot (Jonzac) et Jean-Louis Frot (Rochefort) chargé des finances jusqu’à une récente époque. Jeudi, ils ont vu la nouvelle « promotion » arriver dans l’hémicycle ! Assis dans l’atrium, ils ont échangé des souvenirs…


L'album souvenir !

Un peu avant 10 h. Les premiers élus arrivent, on se salue !
Francis Savin et Brigitte Rokvam ont appris à marcher d'un même pas !
Les Hauts Saintongeais se retrouvent. Pons, Jonzac, Archiac, Mirambeau, les Trois Monts...
Dominique Bussereau et une nouvelle élue de Saintes, Brigitte Favreau 
Mickaël Vallet et Dominique Bussereau
La fête des voisins !
Mickaël Vallet : et si je faisais tourner le fauteuil du président ?...
Dominique Bussereau : attention, on te regarde !
Marie-Pierre Quentin : « je me présente, je m'appelle Christophe »...
Les plus jolis sourires de l'assemblée
Michel Doublet félicite Dominique Bussereau 
Et pour terminer, rendez-vous est pris à Marans pour l'inauguration de la déviation !
PHOTOS NICOLE BERTIN

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Boudiou!
Avec 15 vice-présidents à rémunérer, il va nous coûter cher, ce conseil général !