mercredi 24 avril 2019

Sucrerie de Nogent/Guadeloupe : A la découverte de la plante Doliprane !

Dans le jardin de Chantal, en Guadeloupe, pousse le doliprane. Nul besoin de le chercher dans une armoire à pharmacie où seraient rangées les fameuses boîtes jaunes, il s‘agit de la plante à l’origine de ce médicament largement utilisé. On l’appelle aussi "plante efferalgan" pour sa faculté à combattre les maux de tête.
Au cœur des Caraïbes, elle croît dans la nature et est présente dans de nombreux jardins créoles. « On emploie ses feuilles pour combattre la fièvre, les douleurs et pour soulager les démangeaisons dues aux piqûres de moustique » explique Chantal, propriétaire de la Sucrerie de Nogent à Sainte-Rose. En tisane, elle favorise la digestion et le sommeil. 
Rencontre avec une restauratrice amoureuse du patrimoine, incollable sur la pharmacopée caribéenne…

Chantal Clodine-Florent devant des fleurs de quisqualier d'Extrême Orient, aussi appelé "caractère des hommes" ! 
En Guadeloupe, les premières « habitations sucreries » remontent au XVIIe siècle avec l’arrivée des colons. Celle de Nogent, aujourd’hui propriété de Chantal Clodine-Florent, est l’un des témoignages de cette période faste de l'industrie sucrière. Amoureuse du patrimoine, soucieuse de préserver l’histoire, la propriétaire l’a restaurée tout en conservant son esprit initial.
L’actuelle sucrerie de Nogent est un restaurant, mais pas seulement. Elle est aussi lieu de culture, de rencontres et d’échanges autour de l’art et la mémoire antillaise. Hommage aux ancêtres qui ont créé ce lieu et aux générations qui s’y sont succédé, chacun avec sa personnalité et ses activités ; clin d’œil au présent avec un art et une couleur de vivre. Chaleureuse et conviviale comme la caresse des Alizés !
Le soir tombé, y règne une ambiance typique entre amis, en famille, autour d’un « Planteur » et d’une spécialité (langouste, fricassée de lambis, colombo, accras, etc) dont la maîtresse des lieux a le secret. Dans la grande salle où sont dressées les tables, pas de murs fermés, mais une perspective ouverte sur la nature environnante d’où émergent des bouquets de palmiers. Le vent s'amuse à les décoiffer, provoquant un bruissement caractéristique qu’accompagnent les vagues de la plage située à proximité. Et gare à la houle qui provoque les flots !
Tandis que les bougainvilliers dédient les grappes fleuries aux convives et surtout aux "métros", comme une offrande les invitant à se détacher de leurs contingences habituelles, ils ont droit à un orchestre improvisé. Grenouilles, lézards et autres résidents choisissent le moment où l’obscurité étant son voile pour entonner un concerto. Une partition aux variantes assurées - dont des aigus - qui célèbre l’arrivée de la nuit.
La Caraïbe nous salue avec ses gerbes d’émotion et la puissance de ses terres volcaniques qui abritent la fameuse Soufrière !

La Sucrerie de Nogent (© Tourisme Guadeloupe)
Des vestiges du passé

Hippocrate : « la nature est le premier médecin »

Originaire de Basse Terre, Chantal a grandi en Guadeloupe dont elle partage les traditions. Son regard s’éclaire à l’évocation de ses souvenirs d’enfance.
Plus tard, elle s’installe en Guyane avant de rejoindre la Guadeloupe qu’elle retrouve avec sa famille « la veille de l’ouragan Luis ». Elle craque pour la Sucrerie de Nogent, domaine de caractère. Avec passion et détermination, elle consacre son temps à le réhabiliter, avec le soutien de la Région Guadeloupe, la Drac et de l’Union européenne. Peu à peu, le passé ressurgit pour mieux éclairer le présent. Elle y ouvre une table et des chambres d’hôtes.
Outre la gastronomie, l’un de ses centres d’intérêt est la pharmacopée guadeloupéenne. Ici, les vertus que possèdent certaines variétés se transmettent de bouche à oreille : « les plantes sont un accompagnement ». Le doliprane combat la douleur, les gousses de tamarin sont connues pour faciliter le transit et la digestion. Liste non exhaustive ! La Caraïbe abrite un "or vert ", allié des hommes depuis des lustres pour améliorer leur santé et combattre les maladies.
« Vous voulez du doliprane, alors suivez-moi ! » dit-elle. Une fois la surprise passée, on découvre une « plante doliprane » qui pousse, indolente, au milieu de son jardin aux côtés de la citronnelle, l’oseille, la cannelle et la rose de Cayenne. En cuisine, on peut utiliser les feuilles fraîches ou sèches du doliprane pour aromatiser les soupes, les marinades, le riz, les poissons ou les salades. On peut la mettre dans les farces. Bref, elle fait partie du décor ! On trouve aussi l’aloé vera connu pour soigner les plaies et faciliter leur cicatrisation. Face à la déferlante chimique, on oublie trop souvent les origines de nos médicaments. « La nature est le premier médecin et ce n'est qu'en favorisant ses effets que l'on obtient quelques succès » déclarait Hippocrate, médecin grec au temps de Périclès (IVe avant JC) et philosophe. C’est d’ailleurs le serment d'Hippocrate que prêtent les jeunes médecins avant de commencer à exercer.

Le doliprane
Chantal est la gardienne de ces connaissances précieuses qui constituent un héritage. En métropole, nos grands-mères récoltaient les fleurs de tilleul (apaisantes) ou les fleurs de camomille (digestion) pour soigner les bobos de la vie…
A l’avenir, nul doute que les plantes reviendront sur le devant la scène, comme un retour nécessaire après des années de sommeil. Et pourquoi pas de nouveaux herboristes ? Fin 2018, constatant l’engouement croissant pour les plantes médicinales, une mission du Sénat a réfléchi à la filière et à la promotion de ce métier oublié. Les propositions du rapport parlementaire constituent la première étape d’un processus qui pourrait aboutir à une proposition de loi…

• A lire : La pharmacopée végétale caribéenne

La pharmacopée végétale caribéenne est le résultat d’un travail collectif et pluridisciplinaire qui a réuni de nombreux intervenants dans le cadre du programme TRAMIL, programme de recherche appliqué sur les pratiques médicinales populaires dans l’espace caraïbe. Cet ouvrage est le fruit plusieurs dizaines d’enquêtes ethnopharmacologiques, réalisée selon une méthodologie quantitative dans les régions côtières d’une quinzaine de pays allant du Golfe du Mexique à la Guyane, dont les résultats furent discutés et validés lors des dix séminaires qui ont ponctué le déroulement du programme depuis une quinzaine d’années. Ces séminaires ont permis de dégager une sélection limitée d’espèces médicinales répondant à un certain nombre de critères d’efficacité et de sécurité. Ces plantes sont réunies dans la pharmacopée végétale caribéenne sous forme de monographies d’usage, faisant également le point sur la connaissance scientifique des espèces et exposant les recommandations du groupe d’experts TRAMIL quant à l’emploi et aux contre-indications de ces mêmes espèces.
Sont également présentées sous forme de monographies les quelques espèces (Argemone mexicana L., Papavéracées, Jatropha curcas L., Euphorbiacées, Jatropha gossypiifolia L., Euphorbiacées) dont le groupe TRAMIL a décidé qu’il convenait de décourager l’usage traditionnel en raison de leur toxicité éventuelle. Outre les monographies, l’ouvrage présente notamment la méthodologie des enquêtes ethnopharmacologiques, le principe de classification et les recommandations liées aux usages traditionnels, un index par noms scientifiques et vernaculaires, un index des problèmes de santé mentionnés, ainsi qu’une liste des participants et des principaux appuis institutionnels et scientifiques au programme.

• Important : chaque plante possède des principes actifs et certains peuvent être toxiques. Le dosage est à respecter scrupuleusement. Une double dose ne guérit pas deux fois plus vite, le remède peut devenir poison !
De nombreuses plantes ne conviennent pas aux femmes enceintes ou allaitant ainsi qu'aux nourissons. Avant d'utiliser des plantes pour se soigner, il est important d'avoir identifié avec certitude la plante et consulté un spécialiste. Pour des informations précises sur les plantes et leur dosage, quelques livres sont très intéressants comme Pharmacopée végétale caribéeenne TRAMIL, la Phytothérapie Créole de J.-L. Longuefosse ou Rimèd Razié en créole (Tramil, Archipel des Sciences).

Les grands palmiers

Coucher de soleil dans les Caraïbes (© Nicole Bertin)
En métropole, vous souhaitez cultiver du doliprane dans votre jardin, sur votre balcon ou en terrasse ?

Le doliprane a des propriétés médicinales. En infusion, il a des vertus similaires à celles du paracétamol (migraines, douleurs dentaires, grippe, fièvre). Il est également diurétique et contribue à la bonne santé des fonctions rénales.

• Avant que l'aspirine ne devienne un médicament connu, l'homme utilisait déjà les propriétés des espèces végétales pour soigner ses maux. Ainsi, à l'origine de l'aspirine, se retrouvent deux plantes : le saule blanc et la reine-des-prés.
Dès le Moyen-Age, les fleurs de la reine-des-prés étaient utilisées pour lutter contre la fièvre et les rhumatismes. En 1835, dix ans après la découverte de la salicine, un chimiste suisse, Karl Jacob Löwig, isole son principe actif, l'acide salicylique appelé acide spirique.

• Le saule blanc : un arbre aux vertus curatives

Dans l’Antiquité, les Grecs utilisaient des décoctions de feuilles de saule. Le célèbre Hippocrate (IVe siècle avant J.C) s’en servait pour lutter contre la douleur et la fièvre. En 1825, un pharmacien italien, Francesco Fontana, parvient à isoler le principe actif du saule blanc, la salicine. Trois ans plus tard, après réduction, Pierre-Joseph Leroux réussit à obtenir des cristaux blancs solubles dans l'eau appelés salicyline.
Il faudra attendre 1897 pour que de l'acide acétylsalicylique presque pur soit obtenu par Félix Hoffman, chimiste allemand : l'aspirine est née. La société Bayer dépose le brevet en 1899 sous la dénomination "Aspirin". 
Les principes actifs de l’aspirine proviennent donc de la flore commune de la reine-des-près et du saule blanc.

Si vous venez en Guadeloupe,
n'hésitez pas à découvrir la Sucrerie de Nogent à Sainte-Rose
05 90 21 55 01 - mail lasucriedenogent@orange.fr

mardi 23 avril 2019

Cathédrale Saint-Pierre/Saintes : exposition du photographe Stephen Clément

Le service Ville d’Art et d’Histoire de la ville de Saintes propose durant tout le mois de mai une rencontre exceptionnelle avec l’histoire et l’architecture d’un des plus beaux monuments de la ville : la cathédrale Saint-Pierre. Stephen Clément, photographe de renom et de talent, tombé amoureux de la ville et de l’édifice, invite le public à porter sur ce fleuron du patrimoine saintais un nouveau regard. Rendez-vous dès le 2 mai au cœur même de la cathédrale pour cette exposition exceptionnelle. 

Saint-Pierre de Saintes (© Stephen Clément)
 

En janvier dernier, un incendie dans l'église du Sacré Cœur d'Angoulême...

Notre-Dame de Paris n'est pas la seule en France à avoir subi l'assaut des flammes. En janvier dernier, l'église du Sacré Cœur d'Angoulême était, elle aussi, victime d'un sinistre. D'où ce mot du Père Justin Bationo à ses paroissiens. De nombreuses questions se posent alors que les chrétiens du Sri Lanka viennent de subir des actes d'une cruauté extrême...

  
« Chers frères et sœurs, chers amis de la paroisse du Sacré-Cœur,
Alors que nous entamons le temps ordinaire après avoir joyeusement célébré la naissance du Christ, je viens, en toute confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus, vous informer qu’un incendie a eu lieu dans un des locaux de notre église paroissiale le dimanche 13 janvier 2019. L’incendie a été constaté aux environs de 18h30 par un de nos frères qui s’est rendu à l’église, comme à l’habitude, pour fermer les portes. Il a immédiatement averti les sapeurs-pompiers qui sont arrivés à temps et ont pu éteindre le feu qui n’a pas dépassé le cadre du local où nous stockons nos chaises, quelques tables, tableaux et bancs. J’exprime ma profonde gratitude aux sapeurs-pompiers qui ont tout mis en œuvre pour stopper le feu et par la suite, aspirer au mieux la forte fumée toxique qui a envahi tout l’intérieur du bâtiment. Mille mercis à eux !
Par principe de précaution, l’église du Sacré-Cœur restera momentanément fermée, jusqu’à nouvel ordre, pour permettre non seulement à la police judiciaire de déterminer les causes de l’incendie mais aussi à l’entreprise désignée de procéder sereinement aux travaux de décontamination et de rénovation. Cela pourrait nous prendre quelques semaines.

En attendant, nous sommes priés de nous retrouver en famille paroissiale pour toutes nos célébrations et rencontres à l’église Sainte Bernadette ».

• D'après les pompiers, « cela ressemblerait fort à un acte de malveillance. L’église est encore fermée, mais recommence tout juste à ouvrir partiellement, après les travaux de réfection ».


Grande America : Point de situation sur les opérations

En réponse à la mise en demeure du préfet maritime de l’Atlantique du 13 mars dernier, Grimaldi Group a affrété le navire spécialisé norvégien Island Pride équipé d’un ROV (robot sous-marin) afin d’inspecter par 4600 mètres de fond l’épave du navire Grande America, de définir son état et la nature des dommages subis et de remédier à la pollution.

Les investigations sous-marines réalisées par le sous-marin téléguidé (ROV), en présence d’un observateur mandaté par la préfecture maritime de l’Atlantique, ont permis d’établir que l’épave du Grande America était intègre, posée droit sur un fond sableux, enfouie de plusieurs mètres sur sa partie arrière. Plusieurs fuites légères d’hydrocarbures s’échappaient par les évents de dégagement d’air sur certains ballasts d’eau de mer du navire, en provenance de ses soutes à carburant. Ces fuites d’hydrocarbures expliquent la présence d’irisations de faible intensité en surface, à la verticale de l’épave.

Afin d’arrêter ces fuites d’hydrocarbures, le ROV de l’Island Pride a procédé pendant plusieurs jours et jusqu’au 16 avril à l’obturation des évents concernés.

Le navire norvégien Island Pride a ensuite procédé à la vérification de l’étanchéité des travaux effectués sur l’épave du Grande America et à un relevé complet avant de quitter la zone du naufrage le vendredi 19 avril.

Des moyens aériens continueront de surveiller régulièrement la zone ainsi que le système satellite Cleanseanet de l’EMSA (Agence Européenne pour la Sécurité Maritime) afin de s’assurer, dans le temps, de l’absence de remontées d’hydrocarbures à la verticale de l’épave.

Les services de l’Etat resteront mobilisés et attentifs à toute nouvelle évolution de la situation liée au naufrage du navire Grande America.

Royan : théâtre et humour musical

• THÉÂTRE EAUDYSSÉE MERCREDI 24 AVRIL 15 H SALLE JEAN GABIN
par la compagnie Ça s’peut pas


Pendant les vacances de Pâques, nous invitons les petits vacanciers, à un voyage écologique, ludique et poétique, avec une pièce de théâtre qui entremêle jeu, conte, musique, marionnettes et vidéo.
Le farfelu Professeur Javel, accompagné de Cologne, petite fille curieuse et espiègle, nous emmène dans un périple où l’on patauge, patouille et s’éclabousse. Une aventure de l’Afrique à l’Asie, de l’eau de mer à l’eau de pluie, pour mieux comprendre l’eau et l’accès à l’eau potable ! Mais nos deux compères ne sont pas identiques comme deux gouttes d’eau : Cologne est naïve et fragile comme une perle de pluie tandis que le Professeur Javel est volontaire et n’a pas pour habitude de se noyer dans un verre d’eau.
Pourquoi l'eau de la mer rouge est bleue ? Est-ce que les larmes et la pluie viennent de la même eau ?et c'est quoi l'eau potable ?
Autant de questions qui trouveront leurs réponses au cours de ce spectacle à partager en famille !
Réservations et billetterie : le lundi de 14h30 à 17h30,  les mardis, jeudis et samedis de 9h30 à 12h30 et le jour du spectacle à partir de 19h.(salle Jean Gabin : 05 46 38 37 06)
Tarif cat. 4 : de 9 € (plein tarif) à 4.50 € ( - de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi)

 • VENDREDI 26 AVRIL – 20 H 30 – SALLE JEAN GABIN 
HUMOUR MUSICAL SOPRANO EN LIBERTE par Anne Baquet


Chez les Baquet, on est artiste de père en fille. Maurice, le père, chanteur d’opérette/comédien/violoncelliste ; Grégori, un de ses frères, découvert du grand public grâce à la comédie musicale Roméo et Juliette qui, depuis, n’a cessé de jouer à la télévision ou sur les planches, mais aussi de chanter et de mettre en scène, et ceci pour les plus connus de la famille ! Et Anne, artiste lyrique touche à tout qui perpétue la tradition de la pluridisciplinarité puisqu’également comédienne, danseuse…
Sa metteuse en scène dit d’elle qu’elle est une artiste tombée de la lune de Méliès, tant elle est singulière.
Dans ce nouveau spectacle, Anne Baquet fait cohabiter de manière farfelue, poétique ou surréaliste, François Morel, les Beatles, Juliette, Gounod, Queen, Moustaki, Prévert, Rachmaninov, Marie-Paule Belle. Et bien d’autres…
Entre théâtre et récital, embarquez pour un voyage insolite avec cette Soprano en liberté !
Réservations et billetterie : le lundi de 14h30 à 17h30,  les mardis, jeudis et samedis de 9h30 à 12h30 et le jour du spectacle à partir de 19h.(salle Jean Gabin : 05 46 38 37 06)
Tarif cat. 1 : de 20 € (plein tarif) à 4.50 € ( - de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi)

 • Service Culture et Patrimoine tél. 05 46 39 94 45