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Les premières scènes de cette histoire rappellent étrangement Jurassic Park où un savant reconstitue la chaîne ADN de dinosaures disparus depuis des millions d’années. Dans de l’ambre opaque ramassé dans une carrière de Charente-Maritime par Didier Néraudeau, professeur à l’Université de Rennes, est apparue une matière inhabituelle faisant penser à du duvet. Voilà qui tranchait des insectes, feuilles, bois et pollens que contient généralement la résine fossilisée ! Suivirent des examens approfondis en laboratoire qui aboutirent à une conclusion fort intéressante : il s’agissait de plumes. En conséquence, les grands reptiliens d’antan ont un rapport direct avec les oiseaux. Didier Néraudeau raconte cette formidable aventure...
Depuis que Steven Spielberg a mis en scène l’époque jurassique et ses dinosaures, ces périodes reculées passionnent le public.Didier Néraudeau, vous êtes chercheur à l’Université de Rennes et avez fait une étrange découverte dans une carrière de Charente-Maritime. De quoi s’agit-il ?
En 1999, j’ai découvert en Charente-Maritime un gisement d’ambre - résine d’arbre fossilisée - datant du milieu du Crétacé, c’est-à-dire d’environ 100 millions d’années. J’ai étudié cet ambre en collaboration avec mon collègue rennais, Vincent Perrichot. Depuis près de dix ans, nous y avons trouvé plusieurs centaines d’arthropodes (plus de 900), à savoir essentiellement des insectes, mais aussi des araignées et des scorpions, des acariens et des crustacés. Et puis, ponctuellement, nous avons mis à jour dans cet ambre des inclusions fossiles extraordinaires tant par leur rareté que par leur exceptionnelle qualité de préservation. Dans un premier temps, nous avons trouvé un morceau de peau de reptile, couvert d’écailles ; probablement un lambeau de mue. Et puis nous avons décelé, dans un morceau d’ambre très riche, contenant à lui seul une centaine d’insectes, des inclusions filamenteuses, duveteuses, de très petite taille (quelques millièmes de millimètres). Un premier examen approfondi nous a appris qu’il s’agissait de plumes primitives.
Quand vous avez appris que les morceaux d’ambre contenaient des plumes totalement inconnues, comment avez-vous réagi ? Seraient-elles le fameux maillon manquant entre le duvet et les vraies plumes?
Comme seul un ornithologue pouvait nous aider à replacer ces petites plumes dans l’anatomie et l’évolution des oiseaux, nous avons alors contacté notre collègue Loïc Marion, comme nous enseignant chercheur à l’Université de Rennes I. Il a rapidement conclu que ce type de plume était jusqu’alors inconnu et comblait une lacune majeure dans notre connaissance de l’évolution des plumes reptiliennes vers les plumes modernes. En bref, on connaissait du duvet, sans nervure médiane, petit et filamenteux ou de vraies grandes plumes avec nervure médiane, plates et rigides chez les dinosaures et les oiseaux, mais on ne savait pas comment, dans l’évolution, on était passé de l’un à l’autre. Ce que nous avons trouvé, c’est un duvet “évolué“ qui présente un début de nervure médiane, avec des filaments répartis latéralement de manière symétrique dans un plan, mais qui n’est pas encore rigide et ne peut donc encore servir à voler.
En fait, au début de leur histoire, les plumes primitives ont joué le même rôle chez les dinosaures que les poils chez les mammifères : il s’agissait d’un isolant thermique permettant à l’animal de ne pas être trop sensible au froid.
Aujourd’hui, on peut donc supposer que les oiseaux sont les descendants des dinosaures. Les dinosaures à plumes ont-ils existé ?
En fait, les oiseaux sont des dinosaures au même titre que les hommes sont des mammifères. Ce sont simplement des dinosaures particuliers, sachant voler et munis de plumes, tout comme les humains sont des mammifères particuliers, sa-chant marcher sur deux pattes et quasi dépourvus de poils.
Il n’est pas tout à fait correct de dire qu’ils en sont les descendants. Ils en sont plutôt les seuls survivants dans la nature actuelle. Comme les oiseaux sont des dinosaures, les dinosaures à plumes ont donc forcément existé par le passé et existent encore de nos jours !!!
Dans le détail, les choses sont plus complexes, car il a existé différentes lignées de dinosaures ressemblant plus ou moins à ce que l’on appelle aujourd’hui des oiseaux.
Certains dinosaures carnivores étaient couverts de duvet ou de petites plumes, mais n’avaient pas d’ailes. Il s’agissait plutôt de prédateurs très rapides, comme le Velociraptor du Jurassic Park de Spielberg. D’autres dinosaures possédaient de grandes plumes sur la queue et les bras, mais ne volaient pas non plus car leur plumage était trop rudimentaire. Il existait même des dinosaures avec quatre ailes, les pattes postérieures étant, elles aussi, couvertes de grandes plumes.
Comment la communauté scientifique internationale a-t-elle réagi à ces nouvelles informations ?
Bien mieux qu’on ne l’avait espéré ! Toutefois, il nous a fallu nous y reprendre quatre fois pour que notre article soit accepté pour publication.
Cela ne fut possible que lorsque notre collègue Paul Tafforeau, du Synchrotron de Grenoble, a réalisé des images en 3 dimensions de nos plumes, via un système de scanner. Nos images antérieures, toutes en deux dimensions, n’étaient pas assez explicites pour les éditeurs scientifiques. Il faut dire que la plus longue de ces plumes (sept ont été trouvées) ne mesure qu’environ un millimètre. Les filaments qui lui donnent sa structure particulière ne dépassent donc guère le millième ou le centième de millimètre.
Actuellement, quel est l’oiseau qui se rapproche le plus de ses lointains ancêtres ?
L’un des oiseaux actuels les plus primitifs est l’hoazin que l’on trouve, je crois, en Amérique du Sud. Les bébés présentent la particularité de posséder des vestiges de griffes ou de dents qui tombent pendant la croissance.
Dans l’imaginaire Inca, on parle du serpent à plumes.Y aurait-il dans cette légende un lien avec une réalité ancienne ?
Ce fameux «serpent à plumes» des Incas, le Quetzalcoatl, a inspiré quelques collègues paléontologues qui ont baptisé Quetzalcoatlus un reptile volant trouvé dans des roches du Crétacé, un animal de plus de 12 mètres d’envergure. La seule possibilité qu’un dinosaure à plumes ait pu inspirer le mythe de Quetzalcoatl serait que des Incas aient découvert de tels fossiles. Mais il n’en reste aucune trace. Alors ...
Merci, Thierry Néraudeau pour ces informations : la recherche n’en finit pas de nous étonner...
Photo 1 : Illustration représentant un stégosaure.
Photo 2 : Natif de Rochefort, Didier Néraudeau est professeur de paléontologie à l’Université de Rennes I. Il travaille essentiellement sur la reconstitution des écosystèmes et des environnements des Charentes - dont les îles Madame, d’Aix, d’Oléron, presqu’île de Fouras, falaises de Talmont, Meschers, Saint-Palais - au Crétacé (-150 à - 65 millions d’années) et sur l’évolution de quelques groupes d’animaux particuliers (oursins, huîtres, insectes, plantes). En octobre prochain, ce chercheur passionnant et passionné sera reçu par l’Académie de Saintonge.
Photo 3 : L’ambre opaque (photo ci-dessus) intriguait Didier Néraudeau : Que pouvait-il contenir ? Le chercheur a eu l’idée de recourir au Synchroton de Grenoble pour l’examen des échantillons aux rayons X. L’ambre, qui a environ 100 millions d’années, abritait des plumes intermédiaires entre le duvet et les vraies plumes. Ces fragments d’une toison primitive pourraient appartenir à un petit dinosaure bipède qui aurait approché, d’un peu trop près, la résine collante d’un conifère.
Photo 4 : L’Hoazin : le poussin possède des griffes sur chaque aile. Un bien curieux oiseau… (problème d'affichage bientôt résolu)
samedi 24 mai 2008
Quand les dinosaures avaient des plumes…L’étrange découverte de Didier Néraudeau
Saintonge Romane : Pas de coup d’état ! Xavier de Roux réelu président
Le pays de la Saintonge Romane réunit plusieurs intercommunalités : Pays santon, Cœur de Saintonge, Pays buriaud, CDC Seudre Arnoult, CDC de Gémozac ainsi que la ville de Chaniers. Forte de 70 communes, cette structure fédère de nombreux projets. Après les élections de mars dernier, le moment était venu de constituer le nouveau bureau, en poste pour six ans. Cette réunion avait lieu jeudi dernier.
Le Syndicat de la Saintonge Romane était donc au grand complet (ou presque) pour désigner ses nouveaux représentants. Y aurait-il anguille sous roche, comme ce fut le cas pour la Communauté de Communes du Pays santon où plusieurs tours furent nécessaires à l’élection du président Rouger ? La question pouvait légitimement se poser puisque la gauche a remporté les élections sur la région de Saintes. Xavier de Roux, élu UMP, très Radical certes, pouvait-il conserver les rênes de cette structure ? Jusqu’à présent, le bureau a toujours compté les différents courants politiques en son sein, mais tout peut arriver...
Dans les couloirs, on disait que le conseiller général de Saintes nord, Christophe Dourthe envisageait de constituer une liste afin de créer une nouvelle équipe. Il est évident que si Catherine Quéré était devenue maire de Chaniers, sa démarche aurait été facilitée…
Jeudi dernier, les maires des communes étaient donc réunis dans l’annexe du Conseil général. Le doyen de l’assemblée, autrement dit Jean-Paul Boucard, maire de Pessines, prit place à la tribune et orchestra les opérations. Le suspense ne dura pas longtemps puisqu’un seul candidat se présenta à la présidence, en l’occurrence Xavier de Roux qui fut réélu sans difficulté. Le plus drôle fut sans doute la proclamation des résultats, J.P. Boucard se trompant en annonçant le nom de Christophe Dourthe.
Etonnement, sourires de l’assistance et sursaut de l’intéressé qui préféra prendre la chose avec dérision !
Xavier de Roux revint donc occuper son fauteuil et demanda le vote à main levée pour la nomination des vice-présidents. Proposition qu’accepta l’assemblée.
Furent élus : Michel Doublet, 1er vice-président, délégation générale (69 voix, 2 abstentions), 2ème vice-président Christophe Dourthe, CLIC, service aux personnes (71 voix), 3ème vice-président Jean Rouger, Démocratie participative, conseil de développement (70 voix, une abstention), 4ème vice-président Guy Drouillard, finances, personnel (71 voix), 5ème vice-président Jean-Claude Classique, environnement et développement durable (69 voix, deux absentions), 6ème vice-président Sylvain Barreaud, urbanisme, cadre de vie et Scot (71 voix, 7ème vice-président Christian Fougerat, patrimoine, tourisme (71 voix), 8ème vice-président Jacky Ragonneaud, Sig-Tic (71 voix), 9ème vice-président Yves Massias, culture, sport (70 voix, une abstention), 10ème vice-président Michel Allain, agriculture (68 voix, trois abstentions), 11ème vice-président Jean-Claude Grenon, représentant du pays auprès du CDT, des Conseils régional et général (70 voix, une abstention), 12ème vice-président Daniel de Miniac, économie, emploi (71 voix), secrétaire Monique Rivières (71 voix), Membres : Jean-Pierre Chotard (56 voix), Alain Monjou (61 voix), Loïc Girard (58 voix), Serge Roy (53 voix), Michel Chantereau (60 voix), Anne Fockedey (57 voix).
Également candidate, Bernadette Kavenant n’a pas obtenu le score suffisant (50 voix).

Le bureau étant constitué, il aborda la question de la candidature du Pays de Saintonge Romane au programme Leader + (fonds européens). L’objectif est le soutien aux initiatives des communes rurales pour améliorer les services à la population, attractifs pour le territoire. Des axes de travail ont été dégagés, alliant la performance des acteurs économiques au développement de la créativité. Dans le cadre d’une coopération territoriale, plusieurs hypothèses de rapprochement ont été émises dont l’une avec le vignoble charentais sur la Charente et la Haute Saintonge. Un dossier à suivre ainsi que le prochain festival de Prechernac, “le plein des sens“ qui aura lieu du 3 au 8 juin au château de Thénac.
Infos en plus...
L’élection du Président a eu lieu bulletin secret. Un seul candidat s’est présenté, Xavier de Roux. Score : 59 voix sur 71 votants (une abstention, celle du président sortant). Comme le soulignait récemment Michel Doublet, président de l’Association des Maires, la Saintonge Romane est peu politisée, malgré la pression qu’exercent certains socialistes qui voudraient bien colorer cette structure. Toutefois, les communes rurales y sont majoritaires et elles n’aiment pas trop les conflits partisans...
Photo 1 : Christophe Dourthe, Michel Doublet, Xavier de Roux et Jean Rouger.
Photo 2 : Daniel Guiraud, directeur des services de la Saintonge Romane, présenta cette structure aux nouveaux élus. Elle s’investit dans les secteurs du patrimoine, du développement économique, de la culture, du sport et du service aux personnes. Par “pays“, il faut entendre un établissement public de coopération intercommunale sans fiscalité propre. Autrement dit, contrairement aux communautés de communes ou d’agglomération, il ne prélève pas l’impôt direct. Les pays sont nés de la décentralisation. La France en compte 350 dont le rôle est de faciliter les projets des communes.
Photos 3 et 4 : Une salle comble !
Témoignage Mai 68 : Francette Joanne, historienne : "Des pavés et des pierres"
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Oserai-je écrire que Mai 68 fut pour moi une période de recherche et de calme ?
J’étais enseignante célibataire au collège de Chatelaillon et notre établissement fut fermé comme partout ailleurs. Élèves et professeurs se croisaient parfois sur la plage, les uns et les autres profitant du soleil. À La Rochelle, l’agitation des esprits et des idées embrasait les rues et les quais. L’effigie de Pompidou, pendue au clocheton de la gare SNCF, indiquait que la haine n’est jamais lointaine.
Fuyant les manifs de La Rochelle, même celles à vélo, (j’ai toujours eu la hantise de la foule), avec quelques amis, armés de pioches, de pelles, de pinceaux, de brosses à dents et d’un “transistor“ comme on disait alors, nous nous retrouvions souvent l’après-midi, dans les bois du Châtelet, sur la commune de Saint-Agnant où les archéologues de la société de Rochefort avaient ouvert un chantier. Il s’agissait d’un temple gallo-romain dont ne restaient que les infrastructures très endommagées par les racines des arbres : des pierres, des pierres sur plus d’un hectare, des bases de murs recouvertes d’un lierre épais. Et entre les murs, au niveau du sol, sous la terre, de belles mosaïques que nous nous occupions à dégager, puis à faire les relevés.
Nous évoluions au milieu de vestiges d’une civilisation disparue. La puissance de la nature avait ébranlé, puis absorbé progressivement des constructions devenues inutiles. La vie continuait et les oiseaux chantaient dans les branches, affairés qu’ils étaient à construire leurs nids ou nourrir leurs petits, troublés par le bruit nasillard du transistor que nous allumions presque toutes les heures pour savoir ce qui se passait à Paris. À Paris qui gouvernait alors la France, à Paris où d’assemblées générales en amphi, on cherchait dans l’inconscience la France de demain.
Nous, nous recherchions la France d’avant-hier et cette recherche oblige toujours à des réflexions sur le temps et à un recul devant l’immédiateté des choses.
Depuis les IIème et IIIème siècles, que de crises, que de morts, que de vies. Le raffinement des mosaïques se rapprochait du confort matériel que dénonçaient avec violence les manifestants du quartier latin. Les pierres du temple servirent de carrières aux paysans d’alentour pour construire leurs pauvres maisons tandis que les pavés des rues parisiennes servaient à construire les murs/barricades de ceux qui rêvaient un monde nouveau et dont on ne voyait que l’insubordination. Nos copains agités clamaient et réclamaient contre le dieu de la consommation et du confort “bourgeois“, et nous, nous n’entendions que le silence d’un empire détruit…
Photo 1 : Des pavés et des voitures (photo transmise par Thierry Lacourly).
Christian Morissonneau : "Québec n'était pas le premier choix de Champlain"
Le 31 mai prochain, Christian Morissonneau, professeur à l’Université du Québec, animera une conférence à Brouage dans le cadre de la manifestation « plein champ sur Champlain ». Il y fera des révélations sur les objectifs que poursuivait le célèbre géographe. En l’attente de cette rencontre qui devrait attirer un nombreux public, il répond à nos questions.
Christian Morissonneau, Québec n’aurait donc pas été le premier choix de Champlain. Où aurait-il préféré s’implanter ?
En 1603, soit cinq ans plus tôt que l’établissement à Québec en 1608, lors de sa première remontée du Saint-Laurent pour faire “l’état des lieux“ de la traite des fourrures et du peuplement français, Champlain remarque, évalue et souhaite un établissement à l’embouchure de la rivière au nom amérindien de Metaberoutin, aujourd’hui nommée Saint-Maurice, qui vient des régions au Nord.
Ce lieu a un nom : les Trois Rivières qui sont en fait une seule : le Saint-Maurice. Ce cours d’eau permet de rejoindre un important axe de communication autochtone entre les Grands Lacs, le lac Saint-Jean et le Saguenay (la route du Cuivre). De plus, cette rivière rejoint des groupes amérindiens qui piègent les animaux et échangent les fourrures à des groupes intermédiaires, Montagnais et Algonquins, qui font la traite avec les Français. Champlain insiste : « Ce serait à mon jugement un lieu propre à habiter... et on pourrait promptement le fortifier, car sa situation est forte de soi ». Champlain note aussi que le climat y est plus tempéré qu’à Québec.
De plus, Champlain souhaite mettre un frein, à partir de ce site, au contrôle de la vallée du Saint-Laurent par les Iroquois qui font des raids contre les Amérindiens qui empruntent la vallée, pour le commerce. Trois-Rivières est un lieu d’échanges pelletier. C’est l’époque de la guerre continue entre les Iroquois et les Amérindiens tels les Algonquins et Montagnais.
Le mot Québec signifie détroit en Amérindien, là où le fleuve quitte la vallée pour l’estuaire, par un détroit. Alors que le découvreur saintongeais est ancré à Québec, il ne fait pas allusion à un établissement, ni ne vante la position et la situation comme il le fait pour les Trois-Rivières ; il ajoute même en marge de son texte : « Le bien que pourrait apporter l’habitation des Trois Rivières ». N’oublions pas qu’en 1603, Champlain est envoyé comme observateur par le gouverneur de Dieppe à la tête d’une association de marchands et avec l’assentiment du roi Henri IV. Il rédige aussitôt un rapport publié en livre dès le mois de novembre de la même année. Ce qu’il écrit leur est destiné en premier.
Quelles étaient les relations de Champlain avec les Amé-rindiens qu’il a d’ailleurs immortalisés dans ses carnets ?
Le contexte des relations amérindiennes est fondamental. En 1603, les Français, dont Champlain, ont fait une alliance avec les Montagnais, à Tadoussac. Cette alliance leur permet de s’établir en territoire montagnais avec la promesse, qui va de soi, d’assistance dans les guerres contre les Iroquois. Québec est en territoire montagnais ; il est donc possible de s’y installer et il est assez éloigné de Tadoussac où la traite des fourrures est dominée par les Basques.
Champlain réussira comme diplomate et bâtira un solide réseau d’alliance franco-amérindienne. En 1609, Champlain ira “surprendre“ les Iroquois au lac Champlain avec les alliés amérindiens : Montagnais, Algonquins et Hurons. Québec est un “choix“ obligé surtout par l’alliance franco-amérindienne et le contrôle iroquois du Saint-Laurent. Il est alors plus un symbole de la présence française et une base de départ, puisque les lieux de traite des fourrures demeureront les mêmes après 1608. S’y ajoutera même un nouveau : le Cap de Victoire.
Dans quel environnement vivaient les pionniers français ?
L’environnement des Français, c’est d’abord un espace immense, une forêt infinie sans horizon, avec seulement des chemins d’eau (rivières et lacs), et surtout la seule grande route du Saint-Laurent. Cet environnement évoque l’abondance. Pour s’installer, il faut toujours défricher, faire reculer la forêt et penser la distance. De plus ou d’abord, il y a un long et pénible hiver qui limite les déplacements humains et la saison végétative pour l’agriculture, mais aussi oblige à des replis sur la maisonnée et à des solidarités familiales et de voisinage. Un printemps et un automne courts, mais un été quasi-tropical humide qui “sauve“ l’hiver. Cet été donne une végétation luxuriante qui fait l’admiration de Champlain. Cela n’empêche pas, voire même encourage Champlain à rêver du chemin de la Chine. Le Saint-Laurent paraît une bonne voie de pénétration du continent nord-américain pour ce faire et aussi s’y établir...
Rendez-vous samedi 31 mai à la Halle aux vivres de Brouage (salle du jeu de paume) à 16 h 30 pour la conférence de Christian Morissonneau.
En soirée, concert country, chants québécois et feu d’artifice.
Photo 1 : Samuel de Champlain.
L’indépendance du Québec : Sacré Charles !
On parle souvent de l’indépendance du Québec et Charles de Gaulle, qui ne manquait pas d’audace, est entré dans la légende à ce sujet ! Aujourd’hui encore, certains Québécois aimeraient bien prendre leur envol et retrouver leurs racines tricolores, mais les choses ne sont pas simples. Prudent, Nicolas Sarkozy a déclaré ces jours derniers qu’il aimait autant le Canada que le Québec. Le Président préfère manifestement la neutralité...
En 1965, des accords culturels sont signés entre la France, le Canada et le Québec. Deux ans plus tard, du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, Charles de Gaulle crée la surprise en lançant : « vive le Québec libre ! ». Bon stratège, le chef de l’État aimerait que l’hexagone retrouve une position stratégique dans cette partie du monde.
Le gouvernement fédéral est surpris par cette déclaration qui exhorte tout bonnement une province à prendre ses aises. En effet, c’est comme si le Président des États-Unis disait aux habitants de l’Île de beauté : vive la Corse libre ! Quelle réaction Nicolas Sarkozy aurait-il ?
Après cette “sortie“ historique, le Québec a une soudaine envie, celle de voler de ses propres ailes. Une première consultation a lieu en 1980. En 1995, lors du référendum sur la souveraineté de Québec, les Conservateurs l’emportent de justesse sur les Indépendantistes.
Il y a quelques années, le Gouvernement fédéral a saisi la Cour suprême sur cette question : le Québec peut-il se déclarer indépendant ? Les magistrats ont répondu que le Canada était divisible. En conséquence, si une province souhaite se détacher, elle doit négocier son départ avec les autorités. Les intéressés ont estimé que cette décision, grave, relevait de l’ensemble des citoyens appelés à faire un choix. Le Parlement vota une loi en ce sens. Depuis, les choses n’évoluent guère pour une raison simple : au sein de l’institution fédérale, l’identité québécoise peut s’exprimer. Pourquoi faire compliqué quand on possède une marge de manœuvre ?
Le mouvement souverainiste n’en poursuit pas moins son action. « Au sein de la Fédération canadienne telle qu’elle est actuellement constituée, le Québec n’a pas tous les pouvoirs constitutionnels lui permettant d’agir en tant que véritable gouvernement national. Les politiques poursuivies par le Québec et celles du gouvernement fédéral entrent parfois en conflit. Des préoccupations d’ordre culturel et social sont également à la base du désir d’émancipation d’une partie de la population québécoise. L’argument principal des souverainistes est que seule une citoyenneté permettrait de résoudre le problème de l’identité culturelle québécoise dans le contexte nord-américain. Elle viendrait résoudre la délicate question de la langue française au Québec, langue de la majorité québécoise, cependant minoritaire au sein du Canada » soulignent des observateurs avisés.
Faciliter l’immigration des Français au Québec
Lors de sa visite, le Premier Ministre du Québec, Jean Charest, n’a pas manqué d’évoquer la fraternité qui unit la France et sa terre qui porta le joli nom de “Nouvelle France“. À Brouage, village natif de Champlain, le lieu était idéal pour rappeler la richesse de ce passé « unique au monde ».
Il semble évident que le Québec attend plus de la France que des déclarations teintées d’émotion - certes fort sympathiques - prononcées à l’occasion des cérémonies d’anniversaire.
Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, préfère axer son discours sur la modernité et l’esprit d’entreprise qui peuvent lier les deux “cousins“ (en ce sens, développer un accord transatlantique entre l’Union européenne et le Canada, plutôt qu’avec les USA, serait une opportunité).
Lundi dernier, Nicolas Sarkozy a reçu Jean Charest à l’Élysée. En sortant, ce dernier s’est dit « rassuré », même si la formule « non ingérence, non indifférence » reste en filigrane. Le président, en effet, ne veut pas d’incident diplomatique avec le Canada, ni avec les USA d’ailleurs, au moment où Georges W. Bush vient de lui remonter les bretelles quant aux contacts de la France avec le Hamas. Mais là est un autre sujet...
Satisfait de la discussion, Jean Charest attend beaucoup du prochain sommet de la francophonie qui se tiendra en octobre prochain à Québec. Faciliter l’immigration des Français sera à l’ordre du jour. Les raisons de cette ouverture sont simples : vieillissante, la population québécoise a besoin de sang neuf ! Cette rencontre pourrait être l’occasion d’une entente et d’une signature historique...
• Les Français qui quittent le Québec n’apprécient ni le climat, ni la longueur de l’hiver
Chaque année, le Canada accueille sur son sol des milliers d’étrangers dont 3000 Français qui choisissent principalement le Québec (85 % y restent). Le Français s’y maintient face à la puissante langue de Shakespeare, les Anglophones faisant un effort pour comprendre les Francophones. En fait, La France est mal placée pour émettre des regrets. Au XVIIIe siècle, elle a abandonné le Québec aux Anglais, lui préférant Haïti, île où l’on récoltait la canne à sucre, la Martinique et la Guadeloupe. Peu rancuniers, les Québécois continuent à aimer “la pointe de l’Europe“ dont sont issus un grand nombre de leurs aïeux.
Le Premier Ministre du Québec sur les pas de Champlain
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Dimanche dernier, Jean Charest se trouvait à Brouage où il a été reçu par Dominique Bussereau, président du Conseil général, Jean Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre, Jacques Reiller, préfet, Didier Quentin, député maire de Royan, Jean-Pierre Tallieu, conseiller général, Patrick Pellet, maire de Brouage et de nombreuses personnalités.
Sous un soleil qui dardait enfin ses rayons, le cortège a visité cette étonnante citadelle. Perdue au milieu des claires et des marais, ses curieuses échauguettes y montent mélancoliquement la garde. Elle est bien loin l’époque des marais salants et de la rivalité avec le port de Rochefort ! Près du grand escalier, il reste le souvenir émouvant de Marie Mancini, nièce de Mazarin, amoureuse du jeune Louis XIV... Nathalie Fiquet, conservatrice, présenta au Premier Ministre et à la délégation québécoise les hauts lieux de ce site valorisé par le Département : halle aux vivres, expositions à découvrir dans la tonnellerie, église où les vitraux de l’artiste canadien Nicolas Sollogoud sont admirables, poudrière Saint Luc et enfin Maison de Champlain où furent prononcées les allocutions d’usage.

Photo 1 : Visite commentée par Nathalie Fiquet et Chantal Vetter.
L'exposition “Artextures“ à découvrir à la tonnellerie de Brouage jusqu’au 22 juin (tous les jours de 14 h à 18 h). Invitée d’honneur Jill Gallieni. Entrée libre.
Photo 2 : L’un des vitraux créés par l’artiste Nicolas Sollogoud. À ce sujet, existe une anecdote. Alors que ces vitraux avaient été offerts pour orner l’église, l’architecte des Bâtiments de France s’opposa à leur installation. La raison ? Cet édifice n’en avait jamais eu ! Les choses finirent par s’arranger et ces merveilles (réalisées à partir d’une nouvelle technologie) accompagnent ce lieu chargé d’histoire...
Photo 3 : Un plan de la Citadelle.
Le sénateur Jean-Guy Branger n'est pas content
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Et il l’a dit tout haut dimanche dernier à Brouage. « En effet, j’ai appris par la presse que je ne repartais pas aux Sénatoriales alors que je n’ai pas fait de déclaration officielle. J’attends d’ailleurs de rencontrer Michel Doublet et Claude Belot » dit-il. Comme vous le savez sans doute, les trois sénateurs de Charente-Maritime seront renouvelables en septembre prochain. Il s’agit de Claude Belot, maire de Jonzac, Michel Doublet, maire de Trizay (élus pour la première fois en septembre 1989) et Jean-Guy Branger (élu en septembre 1998). Aux dernières nouvelles, Daniel Laurent, maire de Pons et Xavier de Roux, maire de Chaniers, brigueraient la place de Jean-Guy Branger (le premier a le soutien de Claude Belot, le deuxième ne l’a pas). Seul hic, Jean-Guy Branger n’a pas encore dit son dernier mot. Voilà qui est un peu compliqué.
Parmi les explications qui circulent actuellement, on prétend que Jean-Guy Branger, de cuir vêtu dimanche dernier tel Indiana, aurait des difficultés de communication avec Claude Belot. Lequel l’aurait ignoré trop longtemps !
La partie s’annonce donc plus complexe que prévu. Voilà qui va mettre de l’animation dans le cercle habituellement ronronnant des sénateurs. Il ne manque plus que des femmes pour égayer la galerie : apparemment, elles viendront de la gauche !
Infos en plus : situation glissante mais non renversante...
À Brouage, tout au moins, où les dernières pluies avaient rendu les pentes un peu
dangereuses pour nos personnalités en visite...
Photo 1 : Ici, Jean-Guy Branger, sénateur et ancien maire de Surgères, a du mal à conserver son équilibre (rassurez-vous, personne n’a cherché à le pousser pour l’éliminer de la prochaine course aux Sénatoriales !)...
Photo 2 : Suivi de Jean-Pierre Raffarin qui fait tout pour garder bon pied, bon œil !
