jeudi 23 février 2017

Frédéric Neveu s'inquiète de la situation du réseau ferroviaire en Saintonge

Dans un courrier qu'il vient d'adresser à Alain Autruffe, Directeur territorial de SNCF Réseau, Frédéric Neveu, candidat aux élections législatives sur la circonscription Saintes/Saint Jean d'Angély, fait état de la situation du réseau ferroviaire en Saintonge. Il souligne les gros problèmes relatifs à l'état des structures de l'Etoile de Saintes. S'y ajoutent des retards dans les travaux qui entraînent des ralentissements. Parmi les sujets d'inquiétude, une limitation de vitesse annoncée de Pons à Jonzac après celle de Beillant et celle de Bussac à Saint-Mariens. Il espère des réponses concrètes et rapides de la part de la SNCF...

Conférence à Montendre : Y a-t-il une place pour l'humanisme dans ce monde de brutes ?

Le collectif Laïcité de Montendre, que préside Serge Bardon, et Les amis de la Fondation de la Mémoire de la Déportation ont organisé récemment une conférence sur un sujet d'actualité : des déportations d'hier aux migrations d'aujourd'hui, quel avenir pour l'humanisme ? Les invités : Pierre Henry, président de France Terre d'Asile, Christine Cavaillès, présidente de l'amicale Oranienburg-Sachsenhausen de Charente-Maritime et Jean-Loup Revérier, ancien rédacteur en chef du magazine le Point. 

B. Lalande, F. Dugas Raveneau, P. Henry, C. Cavaillès, J.L. Revérier
En ce vendredi soir, la salle François Mitterrand était quasiment trop petite pour accueillir le public venu assister à la conférence. Bernard Lalande, sénateur, présenta les intervenants et rappela que la ville dont il est maire a vocation d'accueil. Dans le passé, Montendre a compté un camp de réfugiés espagnols aux Chaumes, où a été érigé un monument du souvenir.
Orchestré par Fabienne Dugas Raveneau, le débat gravita autour des valeurs que défendent précisément les humanistes, liberté, égalité,  fraternité et laïcité. Depuis notre vieil ami Montaigne, l'humanisme est un élément constant de la pensée française. Chaque être humain est appelé à observer des devoirs et des interdits éthiques : ne pas tuer, ne pas torturer, ne pas opprimer, ne pas asservir, ne pas violer, ne pas voler, ne pas humilier (on est proche des commandements bibliques). S'y ajoutent des notions plus vastes conjuguant environnement, planète et toutes formes d'agressions qui pourraient mettre en péril le "vaisseau amiral". Vous l'avez compris, il y a du boulot pour  l'accomplissement du "bien vivre ensemble" dans la paix et la justice.


Un nombreux public
Ceux qui ont vécu l'intolérance et le déracinement ne manquent jamais de témoigner, auprès des écoles ou par des expositions largement illustrées. Ainsi Christine Cavaillès - dont le père Michel vécut l'enfer des camps de concentration nazis - participe à des rencontres scolaires aux côtés d'anciens combattants. Décrire l'univers concentrationnaire allemand (sans oublier les goulags russes) et les fameuses chambres à gaz dépasse l'entendement des enfants qui n'ont jamais vécu la barbarie. L'éveil à cette réalité est souvent cruel et difficile.  
« Quel avenir pour l'humanisme ? Est-ce une gageure ? » dit-elle. Rejoignant le thème de la soirée, elle dressa un constat : « le point commun qu'il peut y avoir entre les déportés et les migrants est l'obligation d'éloignement en raison d'un conflit, l'exploitation des bourreaux, la brutalité de la méthode » (quand un bateau surchargé chavire en Méditerranée, rares sont les survivants). Notons que dans les camps, l'intention de donner la mort était recherchée, « verdict implacable du tyran » ;  dans le cas des migrants, ils choisissent de quitter volontairement leurs pays à la recherche d'un monde meilleur, « terres démocratiques qu'ils souhaitent intégrer ».
Les enseignements tirés par les hécatombes des deux guerres mondiales du XXe siècle ne sont pas parvenues à "calmer" la folie des hommes. Si l'Europe constitue un îlot, les guerres n'ont pas cessé parce certains n'en ont guère envie ! L'homme reste-t-il un loup pour l'homme ou bien peut-il s'améliorer et s'il y parvient, comment faire pour ne pas revenir en arrière ? La réponse est dans la volonté des cercles de réflexion et autres associations qui protègent les acquis démocratiques (fragiles et faciles à déstabiliser en conséquence). Donc dans l'éducation, mère de civilisation.


A la tête d'une organisation non gouvernementale, Pierre Henry est bien placé pour parler des phénomènes migratoires : « l'humanisme est un combat de chaque instant, la règle absolue est la solidarité ». Depuis sa création en 1971, France Terre d'Asile œuvre pour le maintien et le développement d'une des plus anciennes traditions françaises, celle de l'asile, et garantit en France l'application des conventions internationales.
Les migrations prennent différentes formes : libre choix parfois, mais le plus souvent forcées en raison des contextes nationaux, guerres, famine, génocides. Le chiffre est en augmentation. En France, l'immigration est une préoccupation gouvernementale (l'actualité s'en fait largement écho). Sur les 220.000 personnes qui entrent, il n'y a pas que des réfugiés. Y figurent des étudiants, des familles et des personnes s'inscrivant dans le regroupement familial. Parmi les 88000 demandeurs d'asile politique, 35% d'entre eux environ seront régularisés. Même si la France fait de gros efforts pour accueillir des migrants, elle pourrait sans doute mieux faire par rapport à d'autres états européens. Les récents attentats ainsi que l'accroissement de la précarité et du chômage ne facilitent guère les ouvertures. Toutefois, il faut échapper au repli sur soi et penser à ce qu'écrivait Saint-Exupéry « nos différences, loin de nous léser, doivent nous enrichir »...

Jean-Loup Revérier : un bel appel à l'humanisme
Les causes de ces migrations, Jean-Loup Revérier les connaît bien. Elles se trouvent dans les tragédies de l'histoire, le racisme qui se met en place et la montée des intégrismes. Malgré la rapidité de l'information, il y a encore des hommes, des femmes et des enfants qui croupissent en prison, maltraités, avilis et surtout sans espérance. Et quand la religion s'en mêle comme c'est le cas avec Daesh ou Boko Haram, la tyrannie est encore pire car elle s'exerce au nom de Dieu ! L'Eglise a elle aussi connu des turbulences. Fort heureusement, nous sommes parvenus à nous "humaniser", à évoluer avec le siècle des Lumières, la déclaration des Droits de l'Homme et la Constitution européenne. Nous autres, pays démocratiques, avons bien plus qu'une flamme à protéger. Il s'agit de préserver les équilibres, piliers de la vie en société, tout en y incluant les progrès nécessaires qui permettront de consolider l'édifice élaboré par nos ancêtres. Souvent au prix de leurs propres existences. Aujourd'hui particulièrement, il convient d'être attentifs, les curseurs du monde ayant changé…


Au terme des interventions (dont la qualité a été saluée), un débat s'instaura avec la salle. Un réfugié espagnol raconta avec émotion l'exode que sa famille a connu par deux fois. Les blessures sont présentes, comme si c'était hier.
En conclusion, deux citations, l'une d'André Malraux : « L'humanisme, ce n'est pas dire : ce que j'ai fait, aucun animal ne l'aurait fait ; c'est dire : nous avons refusé ce que voulait en nous la bête » et l'autre de Raffaele Minicucci : « Quand l'homme comprendra que c'est lui qui a inventé Dieu et pas le contraire, il commencera peut-être à faire preuve de plus d'humanisme ». A méditer !

Le témoignage émouvant d'un réfugié espagnol
Exposition « Lutétia 1945, le retour des déportés » présentée au Centre culturel par les Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD 17)
• Une phrase qui résume bien la situation actuelle (matéralisme ambiant) et l'accroissement de la précarité : « ils ont tout et ce tout se compose du rien des autres ».


• Le collectif laïcité, que préside Serge Bardon, n'est pas une association. Il est ouvert à tous et défend les valeurs de la laïcité.

Tout comme Montendre qui reçoit des Syriens, la commune de Montguyon accueille des migrants. Une expérience dont nous reparlerons

mercredi 22 février 2017

Saintes surfe sur la nouvelle vague : l’objectif est d’offrir le très haut débit sur l’ensemble du territoire de la CDA dès 2020

Mercredi, au siège de la CDA, l’Etat en la personne du préfet Eric Jalon, la Communauté d’Agglomération et Orange, ont signé une convention pour le déploiement de la fibre optique sur le territoire saintais. Plus généralement, le plan France Très Haut Débit, lancé par le Gouvernement en 2013, vise à couvrir l'ensemble du pays.

La signature de la convention
Au XXIe siècle, nous vivons une nouvelle révolution, celle du numérique. Désormais, on échange et transfère les données via internet. Fini les grosses enveloppes distribuées par la Poste ou ces plis déposés par des porteurs. Le système devient de plus en plus performant et sa facilité présente des avantages : un architecte voulant envoyer des plans aux USA ou à Dubaï a désormais un outil à sa disposition qui gomme les frontières et les durées d’expédition.
Consciente qu’une entreprise s’installe en fonction de critères précis, dont les moyens modernes de communication, la Communauté d'Agglomération de Saintes que préside Jean-Claude Classique a signé mercredi une convention avec l'Etat (partenaire financier) et Orange.
Conformément à l’engagement AMII de 2011 (Appel à Manifestation d’Intention d’Investissement), Orange s'engage à déployer la fibre optique jusqu’aux habitations et locaux professionnels de l’agglomération saintaise d’ici 2020. « Plus de 12000 foyers et entreprises sont déjà opérationnels. Dans quelques semaines, viendra le tour des communes de Bussac et de Fontcouverte, opération baptisée "première vague", suivie en 2017 d’Ecurat et de Saint-Georges des Coteaux » souligna Fabrice Barusseau, vice-président de la CDA. Chacun espère que les délais seront tenus !
Il s'agit de proposer aux utilisateurs un espace numérique performant (en conséquence un débit puissant pour le net, la télé numérique et les objets connectés !). Convenablement maillé, le territoire deviendra plus attractif et attirera des investisseurs (d’autant que la ville centre possède déjà l'autoroute et attend avec impatience un train à grande vitesse en gare de Saintes). « La CDA a des marges budgétaires pour accompagner le Département qui mène un action efficace dans ce domaine. C’est une chance pour nous, il faut en profiter » ajouta l'élu.

Eric Arduin directeur régional d'Orange, Eric Jalon préfet, Fabrice Barusseau, vice-président de la CDA
Eric Arduin, directeur régional (Aquitaine Sud), rappela qu'Orange avait vocation à faciliter le déploiement de la fibre sur le territoire. La collaboration avec la CDA est importante car elle permet de s’assurer que chacun est en phase avec la demande qui émane du terrain.
Pour Eric Jalon, il n'y a pas d'essor économique sans le haut et le très haut débit. Que chaque région puisse y avoir accès est non seulement une priorité, mais aussi une forme d'égalité entre les territoires. L’Etat s’implique dans cette action en octroyant  20 milliards d’euros à l’échelon national. Dans le cadre du Plan Etat/Région 2015/2020, une enveloppe de 150 millions d'euros a été débloquée pour la Charente-Maritime. « Le numérique est aussi vital pour l'attractivité que le sont les dessertes routières et autoroutières » déclara le préfet.
La Plateforme France Mobile va permettre aux édiles de signaler les zones blanches ou grises de leurs secteurs respectifs (net et téléphonie). Défaillances qui irritent généralement les usagers ! Signalées, les zones en déficit de couverture seront étudiées par les services.
Eric Jalon en profita pour remercier les organismes qui interviennent quand les éléments se déchaînent, privant la population d’électricité et de téléphone, comme ce fut le cas avec les tempêtes Liev et Marcel. « C’est la première fois depuis Xynthia que nous étions en alerte rouge. Grâce à la mobilisation de tous, seuls des dégâts matériels sont à déplorer. Je tiens à saluer les équipes d'Enedis et d'Orange pour leur réactivité ». Ainsi, de nombreux foyers ont retrouvé la lumière assez rapidement, de même que du réseau sur les smartphones. C'est plutôt rassurant, le service public n'étant pas un vain mot...

Un dossier important pour l'attractivité du territoire saintais

• Infos pratiques : L’installation de la fibre optique compte plusieurs phases dont l’installation d’armoires de rue permettant à l’ensemble des opérateurs de pouvoir proposer leurs services et le tirage de la fibre dans les fourreaux de génie civil existants. Afin que les habitants des quartiers puissent en bénéficier, ils doivent contacter leurs responsables (syndics, bailleurs, municipalité) afin que leurs immeubles soient raccordés. Orange avisera en fonction du meilleur accès. Toutes les infos sont consultables sur reseaux.orange.fr

• Les 19 communes de l’ex Pays Santon sont concernées par le très haut débit, de même que les 17 communes qui ont rejoint la CDA dont Chaniers. La vaste opération numérique lancée par la Charente-Maritime comporte deux phases 2015/2020 et 2020/2025. Des opérations d’initiatives publiques sont portées par les collectivités qui mettent alors la main au portefeuille en partenariat avec le Département. Fabrice Barusseau espère que l’ensemble des communes de la CDA sera couvert en 2020.

• Orange insuffle 3 milliards d’euros dans la fibre optique sur le territoire français. Dans le cadre France Très Haut Débit, son objectif est de raccorder 12 millions de logements en 2018 et 20 millions en 2022. Déjà présent dans 1208 communes, il prévoit de déployer la fibre à l’horizon 2022 dans 3600 communes. En Nouvelle Aquitaine, le groupe est présent dans 90 communes et 448.000 logements.

mardi 21 février 2017

Les premières voitures-radar confiées à des opérateurs privés

L'expérimentation des voitures-radar conduites, sous le contrôle de l'État, par des opérateurs privés démarre vendredi 24 février 


Vendredi débutera en Normandie l'expérimentation qui permettra, au 1er septembre prochain, que la conduite des voitures-radar lancées en 2013 soit confiée à des prestataires privés. Ce test de plusieurs mois est destiné à permettre l'homologation du nouveau système et ne donnera lieu à aucune contravention.

La première voiture-radar conduite par un opérateur privé est programmée pour septembre 2017 en Normandie. Le dispositif d'externalisation sera ensuite progressivement étendu aux autres régions. Ce seront, dès lors, des entreprises qui fourniront des chauffeurs pour conduire, sous étroit contrôle de l'État, ces véhicules banalisés, comme décidé par le Comité interministériel de la sécurité routière du 2 octobre 2015 (mesure n°2) et dans les conditions précisées par le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, le 8 janvier dernier lors du Conseil national de la sécurité routière (CNSR).

Depuis mars 2013, 383 voitures-radar sont capables de contrôler la vitesse des véhicules tout en roulant dans le flot de la circulation. Ces véhicules banalisés circulent actuellement avec un équipage de deux policiers ou deux gendarmes, dont l'un est affecté à la conduite, l'autre au réglage de la vitesse autorisée à l'endroit traversé. Aucun d'entre eux n'a pour mission de constater l'excès de vitesse : c'est le système embarqué qui s'en charge, sans autre intervention humaine que la détermination par le passager de la vitesse autorisée.

Les voitures-radar destinées à être conduites par des entreprises disposeront d'un mécanisme innovant par rapport aux actuelles : des équipements capables de lire les panneaux de limitation de vitesse permettront au radar de fonctionner de manière autonome, sans aucune intervention du chauffeur, désormais seul présent dans le véhicule. Cette réforme permettra donc de libérer du temps de travail pour les forces de l'ordre, qu'elles consacreront à des tâches mieux en rapport avec leur qualification au profit de la lutte contre la délinquance et la protection de la population, comme la recherche des conduites en état d'ivresse ou après prise de stupéfiants. Elle permettra également d'augmenter le temps d'usage des voitures-radar afin d'assurer un meilleur respect des limitations de vitesse sur l'ensemble du réseau.

A cet égard, s'agissant de matériel de mesures de la vitesse en déplacement, des marges de tolérance supérieures ont été retenues : 10 kilomètres/heure en plus de la vitesse autorisée, ou 10% selon ce qui est le plus favorable au contrevenant. Toute personne normalement attentive aux limitations de vitesse peut donc rouler sans crainte d'être verbalisée. Les entreprises concernées seront rémunérées en fonction du nombre d'heures de conduite effectuées. Celui-ci, tout comme les trajets effectués et les plages horaires de contrôle, seront fixés par les services de l'État, en fonction des critères d'accidentalité locale, et ne seront en aucun cas laissés à la libre appréciation des entreprises ou de leurs conducteurs.

En aucun cas, les entreprises ne seront rétribuées au nombre d'infractions enregistrées. Lorsque la voiture-radar circulera, son conducteur n'aura aucune indication relative au constat d'infractions par le mécanisme qu'il transporte : il ne saura ni quel véhicule a été photographié, ni combien. Il en va de même pour l'entreprise qui l'embauche, qui ne pourra jamais accéder à la partie concernant les clichés de verbalisation, ni connaître le nombre d'infractions constatées par le biais des véhicules dont il a la charge durant leur conduite (les véhicules, lorsqu'ils ne seront pas utilisés, seront garés dans les locaux de la police ou de la gendarmerie).

Les données enregistrées par les voitures-radar seront envoyées de façon cryptée aux officiers de police judiciaire en charge de la verbalisation. Ces officiers de police judiciaire, qui constatent et valident l'infraction, seront les mêmes que pour les radars fixes et les actuelles voitures-radar : ce sont les policiers et les gendarmes du Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR) au sein du Centre national de traitement (CNT) situé à Rennes. Il ne s'agit bien évidemment en aucun cas de déléguer à des sociétés privées des compétences régaliennes. Cela serait interdit par la constitution.

Chiffre clé : La vitesse excessive ou inadaptée est la cause principale de 26% de la mortalité routière.

lundi 20 février 2017

L’atelier Orange Mosaïque de Léo Niel à découvrir en Haute Saintonge

Au cœur du Sud Saintonge, l’atelier Orange Mosaïque abrite les œuvres de Léo Niel et d’Issaka Gandema. Complémentarité entre le tableau mosaïque et la sculpture avec un point commun, les lignes épurées. L’atelier, qui se trouve au Gibeau, est ouvert tous les jours sur rendez-vous.

Léo Niel nous ouvre son atelier...
Situé près de la route qui conduit à Saint-Aigulin (et la proche Dordogne), l’atelier de Léo Niel, inauguré en juillet dernier, est dédié à la création. Avec goût, il a aménagé cet espace intime dans une ancienne bâtisse qui goûte au renouveau. La pente assez raide accueille des escaliers qui descendent sur un jardin secret en l’attente du printemps. Bercé par ce cadre familial, Léo Niel se sent bien : « j’ai grandi à Monguyon avant de partir pour Paris. J’ai été pendant 12 ans dans l’hôtellerie ». Plus précisément au bar restaurant Le Cavalier Bleu, près de Beaubourg, où il occupait un poste à responsabilité. « Ce que j’aimais dans ce métier, c’est qu’on nous oblige à être inventif tous les jours ». Les métropoles présentent aussi des inconvénients. Il a poursuivi sur sa lancée en concrétisant un projet qui lui tenait à cœur : donner libre cours à son imagination. Une forme de courage puisqu’il a quitté la capitale pour accomplir son rêve ! Ouvrir un atelier, y créer, établir un contact avec le public, la vie d’artiste quoi ! Il a franchi les étapes une à une, apprenant à travailler le bois, à réaliser des mosaïques chez Albertini et à trouver des sources d'inspiration, en Corée par exemple.



De retour en Saintonge, il est entré dans la phase pratique. Les supports qu’il utilise sont des bois ou des matériaux de récupération à qui il offre une seconde jeunesse. Porteuse d’une histoire, chaque pièce est appelée à se « régénérer ». Sur ces surfaces minutieusement orchestrées, il pose les tesselles aux couleurs éclatantes et les combine selon le motif choisi.
Le morceau initial est un carré qui sera fragmenté grâce à différents outils, du diamant à la pince à couper, en passant par la meuleuse qui a son importance. Chaque tableau s’insère dans un environnement naturel, une priorité pour Léo Niel qui favorise le retour aux origines. L’effet donné par les morceaux de verre agencés est tantôt figuratif, tantôt géométrique, clin d’œil au temps d’avant quand l’homme initial traçait des lignes sur le chemin de la connaissance. Style épuré, cailloux semés, ornements, forêt multicolore, constellations. « Je peins avec du verre » avoue-t-il, en quête d’équilibre et d’harmonie, sans oublier l’indispensable part de mystère. Il aime aussi inventer des personnages amusants résultant de savants assemblages.

Bois et mosaïque

A ses côtés, sont présentées les œuvres d’Issaka Gandema. Il est né à Koudougou dans une grande famille de bronziers du Burkina Faso. Son père, Seydou Gandema, lui a transmis la tradition du geste et la façon dont on dompte le métal en fusion pour en obtenir la forme souhaitée. Ses sculptures sont reconnaissables à leurs silhouettes élancées, à la légèreté du mouvement et la grâce altière des personnages. Il aime aussi mettre en scène des univers plus intimes ou des animaux.
Présent dans la région en plusieurs occasions (festival Plein Sud de Cozes, exposition à Saint-Georges de Didonne), il donne à ses créations des envies de liberté tout en valorisant la culture ancestrale de son pays. Chacune témoigne de cette richesse, porte ouverte sur des latitudes que le public reçoit comme un message. Issaka Gandema organise régulièrement des stages d’initiation à la technique de la cire perdue.


Issaka Gandema (ici au Festival Plein Sud de Cozes)
Soucieux de partager son travail et d’échanger avec les visiteurs, Léo Niel vous invite à découvrir son atelier. En toute simplicité. Ne manquez pas cette étape dans les terres du Sud Saintonge !

• Au sujet des sculptures d’Issaka Gandema : « Les visiteurs sont surpris. Certains pensent que le domaine de la fonderie est uniquement réservé à l’industrie. Issaka démontre qu’elle est présente dans le domaine de l’art ».

• Léo Niel a rejoint l’association Talents d’artisans qui propose des expositions sous les halles de Montendre.

Grâce à la mosaïque, une porte peut prendre une autre dimension !
La préparation des tesselles demande patience et minutie
Des couleurs magnifiques !
Atelier Orange Mosaïque, le Gibeau, route de Saint-Aigulin. Ouvert tous les jours sur rendez-vous. téléphone 06 03 09 78 58 - orange.mosaique@yahoo.com