samedi 24 août 2019

Paroisse de Montendre : Bienvenue à l'abbé Bergson Julien

Le premier office célébré par l'abbé Bergson Julien (diocèse de Jérémie Haïti), appelé à remplacer le Père Albert Yon, sera célébré dimanche 25 août à 10 h 30 en l'église de Montendre. Les paroissiens sont invités nombreux à lui souhaiter la bienvenue. 

  • Nominations - Paroisse Saint Eutrope en Pays Jonzacais :
L’abbé Ferdinand Sambou, du diocèse de Saint Louis (Sénégal), est nommé, avec l’accord de son évêque, administrateur de la paroisse Saint Eutrope en Pays Jonzacais. Il demeure curé des paroisses Saint Martin de Mirambeau et Saint Antoine de La Lande en Saintonge. Il continue de résider au presbytère de Mirambeau.
L’abbé Chedly Zetrenne, de la société missionnaire des Pères de Saint Jacques, est nommé, avec l’accord de son supérieur, vicaire de la paroisse Saint Eutrope en Pays Jonzacais. Il résidera au presbytère de Jonzac.
L’abbé Massimiliano Piazza, du diocèse d’Albi, est nommé, avec l’accord de son évêque, coordinateur de la pastorale des jeunes sur le doyenné de Haute Saintonge. Il résidera au presbytère de Jonzac.
  • Paroisse Saint Martin de Mirambeau :
L’abbé Massimiliano Piazza, du diocèse d’Albi, est nommé, avec l’accord de son évêque, vicaire de la paroisse Saint Martin de Mirambeau.
  • Paroisse Saint Antoine de la Lande en Saintonge (Saint Genis) :
L’abbé Massimiliano Piazza, du diocèse d’Albi, est nommé, avec l’accord de son évêque, vicaire de la paroisse Saint Antoine de la Lande en Saintonge.

vendredi 23 août 2019

Dinosaures de la carrière d'Angeac : Bienvenue au Jurassic Park charentais ! 140 millions d’années vous contemplent

Angeac il y a 140 millions d'années...
Un soleil de plomb tape sur la campagne charentaise. Depuis que les visiteurs peuvent suivre en direct les fouilles réalisées dans la carrière d'Angeac, leur nombre ne cesse de croître. Ils ont appris que vivaient là, il y a 140 millions d’années, des dinosaures dont les ossements sont étonnamment bien conservés dans les argiles. Rencontre avec un passé qui se perd dans la nuit des temps avec une particularité : quand ces immenses bestioles peuplaient la Terre, l'Homo sapiens restait à inventer. 
Après avoir découvert un premier fémur de 2,20 mètres (longueur de l’animal estimée à 40 mètres pour un poids de près de 80 tonnes) et un sacrum de plusieurs tonnes, les chercheurs ont trouvé cette année un autre fémur de sauropode de deux mètres pesant près d’une demi-tonne. L’entreprise Audouin, qui exploite le site, a offert aux paléontologues 4000 mètres carrés supplémentaires à creuser. Du travail pour 2020 et les années à venir !

Dernier jour de fouille de l'été 2019 à Angeac. Le site sera bientôt recouvert d'eau...

Angeac en Charente. En cette journée d’août, les visiteurs qui se pressent veulent voir le fameux fémur de dinosaure trouvé lors de la fouille 2019 en cette carrière exploitée par la société Audouin.
Il y a 140 millions d’années, le site ressemblait aux Everglades et la mer se trouvait à cinq, dix kilomètres.
A cette époque, comme le montrent les cartes placées à l’entrée, l’emplacement des continents était différent de la géographie actuelle et Angeac était une zone humide où régnait une chaude température. Y vivaient de nombreuses créatures aujourd’hui disparues dont des dinosaures. Des ossements attestent de leur présence dont le fémur long de deux mètres récemment "ressuscité".
Depuis 2010, les chercheurs vont de découverte en découverte. Il y a quelques années, ils ont mis au jour une concentration de juvéniles réunis sur un même périmètre. Pourquoi ont-ils connu une fin prématurée ? Poursuivies par un prédateur, ces créatures auraient pu s'embourber et ces terres instables, semblables à des marécages, seraient devenues leur tombeau. Nul ne saura jamais ce qui a bien pu leur arriver.
Particulièrement riche, le site d’Angeac a livré moult os de vertébrés identifiés, des fragments d’os par milliers ainsi que les fossiles d'une dizaine de plantes.
Chaque été, des fouilles sont organisées. Pelle à la main, scientifiques, étudiants et bénévoles ont en commun leur passion pour la paléontologie.  

Pour cette dernière visite, une reproduction de dent de dinosaure est offerte à chaque visiteur

Un climat tropical...

Le rideau s’ouvre au Crétacé, vers 130 millions d’années. La température d’alors est tropicale. Toute une faune (dont les dinosaures) a élu domicile dans cette région qui appartient aujourd'hui au département de la Charente. L'endroit conjugue étroitement l’eau et la terre.
La mer s’est retirée. A Cherves, par exemple, elle a laissé derrière elle une immense lagune d’eau salée, très allongée, qui s’étend d’Angoulême à la Rochelle environ, soit une centaine de kilomètres. Sous l’effet du soleil, l’eau salée s’évapore, d’où la précipitation du gypse (qu'exploite actuellement la société Garandeau). Peu à peu, cette lagune, à mi-chemin entre la mer d’Aral et les chotts d’Afrique du Nord, commence à recevoir l’eau douce continentale en provenance du Massif Vendéen et du Massif Central.

Angeac, zone chaude et humide, est alors proche de la mer !

Ere quaternaire (100.000 ans)

La future carrière d'Angeac correspond à un espace proche de la Charente dont le cours est différent de son tracé actuel (elle mesure plus d'un kilomètre de largeur). Plein de vivacité, le fleuve érode les couches argileuses de son lit qui abrite d'anciens ossements de dinosaures. Lesquels sont recouverts de sable et de graviers. Les courants mêlent les restes des uns et des autres, comme s'ils voulaient faire un pot commun des occupations successives. A cette époque, les gros "lézards" ont disparu pour faire place à des animaux plus acceptables par leur taille tel que l'éléphant antique. Sur les rives, l'homme de Néandertal expérimente ses outils sans se préoccuper du passé. L’importance pour lui est de survivre… 

XXe et XXIe siècles après J.C. 

Une infinité s'est écoulée, une goutte d'eau dans l'immensité du temps. La société Audouin, propriétaire d'une dizaine d'hectares de carrières à Angeac, est intriguée par des présences inhabituelles lors des extractions de graves, dont une défense de mammouth en 2004.
Le responsable alerte alors les scientifiques. Ils demandent à l'entreprise d'arrêter ses activités pour effectuer des recherches approfondies, ce qui pose problème. Les ossements (dinosaures et autres), malgré leur intérêt et leur rareté, ne sont pas protégés par la loi et peuvent donc être détruits par les carriers.
Les années passent. En 2008, une vertèbre de grand sauropode (dont fait partie le diplodocus) s'ajoute aux "pêches miraculeuses" et en janvier 2010, Jean-Pierre Paillot aperçoit un long fémur de 2,20 mètres dans le godet de sa pelle mécanique.
Jean-Marie Audouin et ses fils contactent le musée d'Angoulême. Le conservateur, Jean-François Tournepiche, se montre à la fois intéressé et compréhensif afin de ne pas entraver la bonne marche de la société.
Des fouilles d'une durée de quatre semaines sont programmées. Elles sont mises en place par Didier Néraudeau, professeur à l'université de Rennes. Ce fémur s’avère être l’un des plus grands au monde. La bestiole devait mesurer 40 mètres et peser 80 tonnes !

Reproduction du premier fémur de 2,20 mètres de longueur 
Un sacrum de dinosaure de plusieurs tonnes


Le sacrum extrait de la carrière d'Angeac en 2015
En juillet 2015, s'est ouverte la sixième campagne. Le gisement n'est exploitable qu'un mois de l'année, en été. En effet, dès que les pompes cessent leur activité, l'endroit est aussitôt recouvert par les eaux de la nappe phréatique. Cette protection naturelle évite aux "curieux" de se précipiter sur les lieux pour en ramener quelques trophées !
Dans l'argile grisâtre, épaisse de plus d'un mètre, les os et les bois sont dans un bon état de conservation. Les étudiants ont d'excellentes pistes à explorer, à commencer par la formation du gisement. « Nous cherchons à comprendre la dynamique du site. Dans les couches, on observe des variations ». Et la récolte n'est jamais stérile avec des trouvailles étonnantes, dents, griffes, vertèbres, morceaux d'arbres. « C'est vraiment intéressant ». 
Le sourire aux lèvres, Jonathan se souvient du jour où le fameux sacrum (bas du bassin) a fait un retour triomphial chez l'homme moderne : « en nettoyant des graves, nous avons constaté qu'un gros os effleurait. Nous l'avons dégagé et vu son importance, nous l'avons plâtré pour le protéger afin qu'il puisse être étudié. Il appartient à un spécimen géant ! ». Voir ce paquet minutieusement emballé s'élever dans les airs a quelque chose de surréaliste ! Le public est fasciné tandis que les fouilleurs ressentent une véritable émotion. Dès que l'engin pose la "momie" sur le sol, ils applaudissent : l'opération est réussie ! Ronan Allain, paléontologue au Museum National d'Histoire Naturelle et l'un des rares spécialistes des dinosaures en France, a travaillé à Angeac. « Le lieu est vraiment exceptionnel pour la connaissance ! Nous y avons localisé les éléments d'un dinosaure carnivore ainsi qu'une griffe assez gigantesque ! ». Plusieurs espèces d'iguanodons apparaissent ainsi que des ornithomimosaures, les fameux dinosaures à plumes !

Ornithomimosaure, fameux dinosaure à plumes, appelé Mimo

Jean-François Tournepiche, coordinateur des fouilles, soulignait la richesse du gisement : « c'est un chantier extraordinaire, un "aquasystem" fossilisé qui n'a pas d'équivalent en Europe. Il offre une grande potentialité de recherches ». D'autant qu'aux dinos et aux mammouths, s'ajoute un véritable bestiaire, des poissons, des requins d'eau douce, des mammifères, des végétaux dont des conifères. « Ne croyez pas que toutes les espèces étaient gigantesques, c'est loin d'être le cas » précise le spécialiste. Disons simplement que certains spécimens étaient hors normes !

Les ossements mis au jour sont protégés et étudiés. Les pièces les plus représentatives seront exposées en musée après avoir été sélectionnées par une commission d'experts. S'y ajouteront des expositions temporaires, des conférences et les thèses soutenues par des étudiants.

Trouvé en 2019, le fémur (enveloppé d’une gaine de protection) va rejoindre Angoulême pour être examiné. Particulièrement riche, le site d’Angeac-Charente a livré, en près de dix ans, 7500 os de vertébrés identifiés 


2019 : Bienvenue chez les XXXXL !

La grande découverte est un fémur de dinosaure de 2 mètres de long dont le propriétaire était un géant. « Nous fouillons une couche d’alluvions du Crétacé Inférieur déposés par la paléo-Charente. Le site à l’époque était une plaine au bord d’une rivière. L’endroit, humide et chaud, ressemblait à un grand marécage. Y poussaient de grands arbres. On y trouve des dinosaures, des tortues, des crocodiles, des moules d’eau douce, etc. Chaque os découvert est minutieusement lavé et répertorié » explique Rachel qui guide un groupe attentif à cet environnement particulier. 

Le site a révélé des dinosaures herbivores et carnivores. Des panneaux apportent des explications sur ces créatures gigantesques qui ont précédé l’arrivée de l’homme sur Terre. La configuration des continents interpelle et le fameux océan Téthys, maintenant disparu, qui séparait Gondwana et Laurussia (Amérique du Nord, Europe centrale-Nord, Russie) au Paléozoïque (- 541 à - 252,2 millions d'années), nous propulse dans une dimension inconnue. C’était pourtant la même Terre que celle que nous habitons. Enfin pas tout à fait ! 

En attendant d'en savoir plus, on peut imaginer cet univers si éloigné de notre quotidien ! Malgré l'évolution, l’homme se heurte toujours aux questions existentielles : « qui est-il, d’où vient-il et où va-t-il ? ». Dans sa quête, il dispose d‘éléments qui éclairent son (long) chemin...

Rachel montre une carapace de tortue
• Enlisés ? Les chercheurs ont fait un découverte : une quarantaine de jeunes dinosaures de la même espèce, des ornithomimosaures se déplaçant en troupeau, sont morts à quelques jours d'intervalle. Les causes ? Maladie, attaque de crocodiles ou autres prédateurs, incendie, enlisement ? Allez savoir ! Le fleuve d'alors a gardé le secret, ensevelissant leurs corps dans les sédiments. La mission des chercheurs est de faire "parler" ces témoignages.

• De nombreuses espèces de dinosaures ont été retrouvées à Angeac. En 2015, une tête de fémur pesant plus de 100 kilos a été mise au jour ainsi que des tibias d’ornithomimosaures, les fameux dinosaures à plumes, qui faisaient trois mètres de haut et cinq de long ! Les chercheurs ont surnommé cette bestiole "Mimo" ! Sans oublier le sacrum d'un sauropode de 40 mètres.

Angeac, dont les travaux se poursuivront encore quelques années, devrait être à l'origine de nouvelles publications.
Chaque os est minutieusement nettoyé par les "ratons laveurs" !
• Une vertèbre de mammouth peut cacher une vertèbre de dinosaure ! 

Des ossements datant du quaternaire, en particulier des défenses et des vertèbres de mammouth, avaient été découvertes dans la carrière d’Angeac. En 2008, Jean-Pierre Paillot, employé de la société Audouin, a remonté le temps en raclant avec sa pelleteuse le fond d'une partie inondée de la carrière. Il en a extrait une grosse vertèbre qu'il croyait appartenir à un éléphant fossile.
La trouvaille a été montrée au musée d'Angoulême dont le conservateur, Jean-François Tournepiche, a consulté un paléontologue, Didier Néraudeau, du laboratoire de Géosciences de Rennes. Ce dernier a reconnu une vertèbre de dinosaure sauropode, quatre fois plus grosse qu'une vertèbre de mammouth. Depuis, une campagne de fouilles a lieu chaque été à Angeac apportant son lot de surprises. Les prochaines auront lieu en septembre 2020.

• Pourquoi trouve-t-on des ossements de mammouths et de dinosaures que des millénaires séparent ?

La carrière Audouin exploite les graves déposées il y a 100.000 ans par l’ancêtre de la Charente (qui passait à proximité). Au fil du temps, des sédiments se sont accumulés dans son lit, sable, argile comme une pile d’assiettes horizontale (Jurassique, Crétacé, etc). Lorsque les plaques armoricaine et ibérique se sont heurtées en formant les Pyrénées, les sédiments ont été bousculés et les fossiles qui se trouvaient en amont se sont alors retrouvés pêle-mêle en aval.

Que de changements depuis le Crétacé inférieur ! A cette époque, la Nouvelle Aquitaine était sous l'eau !
• Différence entre la paléontologie et d’archéologie ? Toute découverte archéologique doit être déclarée aux autorités régionales. Ce n’est pas le cas pour la paléontologie (dinosaures, etc). Autrement dit, la fameuse vertèbre de dinosaure aurait pu être ignorée. Ce qui n’a pas été le cas, fort heureusement…

• Les dinosaures ont régné sur la Terre tout au long de l’ère Secondaire, c’est-à-dire pendant 160 millions d’années. Herbivores et carnivores, ils occupaient tout l’espace. La place restante pour les mammifères était donc réduite ! Brusquement, il y a 65 millions d’années, ils ont disparu vraisemblablement suite à l’impact d’une météorite géante. Les oiseaux descendent d’un certain groupe de dinosaures carnivores.

• Du bois avec de la pyrite, nommée l’or des fous, a été mis au jour sur le site d'Angeac


© Nicole Bertin

mercredi 21 août 2019

Spectacle d'Eric le Collen ce soir au site du Fâ à Barzan

Mercredi 21 août à 21 h 30, dans le cadre de Site en Scène, spectacle gratuit d'Éric le Collen, scénographe, qui raconte les liens unissant l’homme, la terre et l'Estuaire de la Gironde. Rendez-vous au site gallo-romain du Fâ à Barzan (près de Royan). Venez nombreux ! 

Saintes/Libre expression : Saintes capitale romaine, tout ça pour ça ?

Libre expression de Cécile Trébuchet, présidente de l'association Médiactions

Démolition du vortex de l'arc de Germancus (© Romain Charrier)
« Alors c’est terminé. On peut lire, ce lundi 19 août sur de nombreuses pages, le démontage du vortex autour de l’arc, dit de Germanicus, date symbolisant par la même occasion la fin de l’anniversaire du monument : « 2000 d’histoire pour des mois de discorde ». Quels résultats ?

Le Vortex
 
Nous savons tous combien cette « audacieuse » installation a fait couler de l’encre et abîmer, de fil en fil disgracieux, l’image du monument emblématique de notre cité. Dès le départ, il aurait peut-être suffit que les décisionnaires et créateurs s’interrogent sur la pertinence de faire du « durable » avec ce qui, par définition, s’appelle de l’installation « éphémère ». On aurait préféré une belle terrasse de café et des animations sur la place Bassompierre, deux années durant (et plus si affinités), années que l’on voulait culturelles et festives. Elles auraient pu être identitaires, parler de Saintes et même, pourquoi pas, parler de l’arc ? A quand d’ailleurs à ce sujet un mobilier signalétique touristique, moderne et durable, expliquant aux visiteurs l’intérêt historique de nos monuments ? Ce serait déjà un bon départ…

A l’heure des premiers bilans, il me semble cependant que l’affaire du vortex est comme l’arbre qui cache la forêt…et des questions bien plus importantes restent accrochées à ce démontage, qui, certainement, manquera à peu de monde.
Dans un élan de surexcitation enfantine en 2018, la Ville de Saintes avait pour projet de fêter l’anniversaire de notre porte antique, tout en faisant de ce rassemblement historique le début d’une grande et nouvelle histoire saintaise. C’était le départ d’une épopée moderne qui nous menait vers la réalisation d’un parcours pédestre touristique alliant les deux rives, la construction d’un grand musée autour de l’amphithéâtre, un amphithéâtre quant à lui, à même de recevoir le festival « Blues Passions » dès 2019, avec 5000 places de gradins ! Il n’était pas encore question de réelles restaurations et nous étions considérés comme des méchants contestataires politiques, tandis que notre association alertait les habitants et les élus de la grande fragilité du site. Le temps et les études archéologiques nous ont bien sûr donné raison et nous ferons en sorte que restauration et rénovation « gratinée et gradinée » ne soient pas confondues en un seul projet.

Vous avez dit anniversaire ?
 
Après avoir « ordonné » des commandes pharaoniques aux techniciens de l'evénementiel en 2018, les budgets de l’anniversaire de l’arc ont finalement été revus à la baisse et en bonne politique impériale des temps modernes, ce sont quelques employés de la ville qui ont servi de sacrifiés dans l’arène municipale. Ceux qui sont restés « vivants » ont dû réussir des fêtes romaines avec le petit peu qu’il leur restait. Qu’ils fassent ou ne fassent pas, ils sont de toutes façons aux premières loges de la critique. La politique de « ce n’est pas moi, c’est eux » permet ainsi de sauver la face, quand l’empire devient boiteux…
Juillet 2019, les fêtes romaines ont donc malgré tout sauvé les apparences de l’instant ; touristes et habitants ont au moins profité des talents de la gladiature arlésienne et locale et du professionnalisme du personnel restant… Pas facile néanmoins de parler de l’arc, quand on ordonne un spectacle dans l’amphithéâtre !

De fait, était-il question de son anniversaire ? Quid de la véritable définition d’un arc de triomphe et de son rôle de porte purificatrice à Rome ? Quid de l’histoire des dédicaces, du spectacle initialement prévu autour de l’histoire de Germanicus ? Des éléments comparatifs avec les autres arcs des Gaules ? Des liens entre Mediolanum et Lugdunum… de l’évergète C. J. Rufus et du rôle de l’aristocratie indigène dans la romanisation ?... Mais qui a donc fêté quoi dans les rues et les monuments, tandis que les conférences ne sont pas vraiment un rendez-vous festif et accessible à tous ?
Et nous ne savons pas aujourd’hui si le prélude aux fêtes romaines prédit leur installation durable et la volonté de créer une image touristique romaine ou si celles-ci n’étaient qu’un anniversaire, pendant lequel la Ville et ses décideurs ont simplement omis « d’inviter » le principal concerné.
Bien qu’il soit un plaisir de rencontrer des spécialistes de la gladiature, on ne peut donc que déplorer un anniversaire identitaire raté, une image locale confuse et une municipalité qui navigue à vue et qui ne sait finalement pas inventer une logique à tous ses rêves de grandeur. A force de jouer avec les patrimoines, tout le monde y perd son latin et parfois son destin.

La rentrée...
 
Mais voici la rentrée… Le site Saint Louis prend un très mauvais chemin pour s’installer comme lieu « étape » touristique, à moins que les futurs résidents s’échappent de leur maison de retraite pour dormir eux-mêmes dans le futur hôtel de proximité. Le grand musée lapidaire qui aurait pu s’y installer en toute légitimité ne verra certainement jamais le jour et il n’est pas la peine de faire de grandes études d’urbaniste pour deviner qu’il ne sera pas plus construit à proximité de l’amphithéâtre. L’arc n’est pas prêt de fêter à nouveau 2000 ans d’histoire, les thermes sont toujours aussi sinistrés et on n’est pas plus avancé sur la construction identitaire de notre image touristique.

Le projet qui se voulait grandiose devient de plus en plus restreint, dès lors que se pose l’intelligente mais tellement tardive question de sa faisabilité… Reste la superbe étude autour des aqueducs pour que la CDA reprenne « Saintes romaine » en charge.

Alors, il semble que l’affaire du vortex, (après avoir dénoncé ce mauvais gaspillage financier) est un « non événement ». A Saintes, on construit, on détruit, on recommence et on tourne en rond depuis environ 20 ans. Et l’on parle d’un musée depuis autant d’années. En août 2003, je disais déjà à Bernadette Schmitt (voir extrait article Sud-Ouest), alors maire de Saintes, que les « fêtes romaines » avaient fait leur temps, que ce n’était qu’un détail autour de l’urgence de la création d’un véritable projet culturel et touristique, autre que notre festival musical de juillet. Et ce n’est pas pour rien que l’on avait installé des animations au mois d’août, espérant que la fête grandirait en festival et en colloque scientifique national autour de l’antique. On recommence à zéro. Mais en réalité, on ne peut pas vendre les bâtis et les quartiers de la ville et construire son avenir en même temps ! On passe alors son temps à discuter « animations », évitant de prendre parole et position autour des vraies urgences touristiques et urbanistiques, tels le stationnement autour des monuments de la rive gauche, l’accueil catastrophique des touristes à l’amphithéâtre tant le lieu est désuet, l’utilité d’un ascenseur à Saint-Louis qui deviendra privé pour un hôtel inutile, la vente incessante des patrimoines, etc...


Il serait vraiment temps qu’habitants et élus puissent avoir un véritable débat autour d’une politique touristique, culturelle et commerciale d’avenir. La ville ne cesse de voir grandir le nombre de ses constructions en tôle dans ses zones périphériques tout en faisant éloge de sa grandeur du 1er siècle de notre ère, mais il n’est toujours aucun projet, fiable, réaliste et durable pour en témoigner et en vivre. Reste l’espoir de la confrontation des programmes et idées vers de nouveaux engagements autour de nos patrimoines saintais »…

Pour le CA de Médiactions - Cécile Trébuchet

• Le CA de Médiactions souhaite rencontrer l'ensemble des candidats aux Municipales de 2020 pour discuter de leur vision touristique et patrimoniale de Saintes.

lundi 19 août 2019

Les remerciements de Nathalie Rateau

C'est avec soulagement que Nathalie Rateau, qui avait lancé un message sur les réseaux sociaux, a retrouvé à Royan son frère David, disparu du CH de Jonzac depuis plusieurs jours. Elle remercie chaleureusement les personnes qui l'ont aidée.