jeudi 16 juillet 2009

Abbaye de Trizay :
Enard et Marsaudon
ou le labyrinthe des âmes





Voilà un duo d’artistes ou des artistes en duo, faits pour se retrouver. Quand ont-ils compris qu’ils auraient plaisir à exposer ensemble ? Mystère. Allègrement, ils ont franchi le pas, dévoilant les secrets de leurs pensées aux amateurs éclairés. Le lieu qu’ils ont choisi est l’abbaye de Trizay. A voir jusqu’au 9 août, le jour de Saint Amour…




Pour révéler l’exaltation surréaliste, il faut des ruines. Grandioses, majestueuses, émouvantes murailles dressées sous le soleil de juillet. Des ruines abandonnées qui racontent, presque sans le vouloir, des histoires d’autrefois. Des ruines en décor de théâtre qui célèbrent l'ancien prieuré.

Trizay. Il en fallut du courage pour tirer cet ensemble de sa léthargie. Devenue exploitation agricole après la Révolution, l’importante bâtisse avait perdu sa vocation première. Son cloître et sa salle capitulaire semblaient s’être endormis, livrés aux usages domestiques. Dieu était parti, cédant la place aux tracteurs qui avaient l'insigne honneur de côtoyer des chapiteaux romans.
Tiré de l’oubli par le Conseil Général et le sénateur maire de Trizay, Michel Doublet, l’ensemble abrite aujourd’hui un centre d'art contemporain où sont organisées de nombreuses expositions.

La dernière en date est à saluer car elle réunit deux artistes ou plutôt deux caractères bien trempés.

Colette Enard est intimement liée à la tapisserie et aux formidables rendez-vous qu’elle organisait, voici quelques décades, à Saint Dizant du Gua. Près du château de Beaulon et des fontaines bleues, si profondes, dit-on, que le regard s'y perd dans une inaccessible éternité. Et gare à Bras rouge qui peut surgir et vous emporter dans les abysses !

Cette femme passionnante et talentueuse est maître artisan cartonnier. Son activité principale a failli lui faire oublier les gouaches et huiles qu’elle avait stockées dans une grange. « A la fin de mon âge, l’idée me vint qu’elles ne méritaient pas ce sort puisque la critique les saluait dans les années 60 » avoue-t-elle. Elle a donc choisi de les présenter à Trizay, même si « le nouveau siècle n’est pas le sien ». Colette possède une force qu’elle a communiquée à ses œuvres où elle exprime ses plus intimes sensations.




A ses côtés, Marsaudon le Mortagnais a quelque chose d’Arcimboldo. Croquis aux lignes fines, héros dejantés, inimaginables excentriques qui se déhanchent sous les yeux de femmes imprévisibles de ravissement. Les questions existentielles restent posées entre sexe et silhouettes sinueuses. « L’improbable me comble » dit-il. C’est pourquoi il imagine l’impossible en repoussant les limites d’une création qui ne saurait cantonner ses personnages dans des cartons à dessin. L’incohérence l’enchante : à la bonne heure et vive la pierre du Ladakh !










L’exposition est à découvrir jusqu’au 9 août. Si vous avez du temps, n’hésitez pas à visiter cette abbaye qui abrite, entre autres, les vitraux de Richard Texier.


Exposition ouverte tous les jours (sauf le lundi) de 14 h à 19 h. Colette Enard et Marsaudon sont présents les dimanches. Tél 05 46 82 34 25 - tourisme.trizay@wanadoo.fr





Photos 1, 2, 3, 4, 5, 6 : Trizay est un ancien prieuré de l'ordre des Bénédictins fondé au XIe siècle. L'abbaye abrite aujourd'hui des expositions d'art contemporain.

Photo 7 : L'ancien réfectoire abrite les tableaux de Colette Enard

Photos 8, 9, 10 : les mondes de Colette Enard intéressent les journalistes...

Photos 11 à 19 : le travail de Marsaudon le Mortagnais, du dessin aux collages, en passant par les totems et sculptures. Sans oublier le masque à porter (avec ou sans perspective de grippe) mais attention au chat !

Photo 20 : Vitraux de Richard Texier

Photo 21 : Ave frère Didier !

Photos 22, 23, 24 : Trizay, un lieu posé au milieu des champs.

lundi 13 juillet 2009

Histoire : Sans le saintongeais Pierre Dugua, qui sait si Québec aurait été fondée... et fondée française ?


Parce que Jean-Yves Grenon, ancien ambassadeur du Canada a épousé une jonzacaise, il n’est pas de rare de le croiser en Charente Maritime et plus précisément à Royan où il possède une maison.
C’est également à Royan que naquit, voici plusieurs siècles, celui qui allait aider Champlain à fonder Québec, Pierre Dugua de Mons, ancien gouverneur de Pons et propriétaire du château d’Ardennes à Fléac. Or, comme le souligne à juste titre l'ancien diplomate, Dugua le protestant a été «éclipsé» par Champlain le catholique. L’histoire avait fini par oublier ce "détail".
C’est pourquoi, soucieux de justice, il est parti en croisade pour rendre à Pierre ce qui n’est pas à Samuel !



Ses interventions ont été couronnées de succès : il y a quelques années, la ville de Québec et le Ministère de la Culture ont profité des fêtes de la Nouvelle France pour (enfin) reconnaître l’action déterminante de Dugua, dont le rôle dans la fondation du premier établissement français en Amérique du Nord est incontestable. Une plaque avait d’ailleurs été dévoilée en présence des autorités dont Agnès Maltais, alors ministre de la Culture et Jean Paul l’Allier, maire de la ville de Québec. Imaginez le bonheur de Jean Yves Grenon qui n’a jamais cessé de « militer » en faveur de Dugua.



Selon les conseils de l’historien Marcel Trudel, il reste une autre tâche à accomplir : reconstruire à Québec l’habitation de Champlain, dont la maquette a été présentée au musée de Royan (on la voit aussi sur les vitraux de Brouage) et, qui sait, retrouver sa tombe. Mais là est un autre problème car personne, à ce jour, n'a pu la localiser malgré de nombreuses recherches…


• Allocution prononcéé le 3 juillet 1999 par Jean-Yves Grenon à l’occasion du dévoilement de la plaque «Pierre Dugua de Mons» par le maire de Québec Jean-Paul l’Allier

«La ville de Québec, ville de mémoire, accomplit un devoir de reconnaissance historique envers l’une des plus grandes figures de sa fondation, Pierre Dugua, Sieur de Mons, trop longtemps oublié dans la mémoire populaire.
La plaque dévoilée rappellera que Samuel de Champlain, notre fondateur, n’était pas seul dans son audacieuse entreprise.
Qui était Pierre Dugua ? Pierre Dugua Sieur du Fief de Mons, est né à Royan en Saintonge, de famille noble, vers 1560 et il est décédé en 1628 à Fléac sur Seugne, près de Pons dont il fut gouverneur de 1610 à 1618. Pour avoir combattu sous la bannière d’Henri de Navarre, le roi l’éleva à la dignité de "Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi".


Champlain lui-même et l’historien de la nouvelle France, Marc Lescarbot, l’ont décrit comme un homme aimable, bon organisateur, persévérant et surtout animé d’un grand dessein, celui de donner à la France une terre en Amérique du Nord, avant que les Anglais ou les Hollandais ne s’y installent. Pour l’honorer Champlain, sur sa carte de 1613, désigna du toponyme de «Mons du Gua» le promontoire de l’actuel «Cap aux Diamants».

Financier prospère à Paris, il rêvait d’Amérique. En 1600, l’occasion se présenta d’accompagner son ami Pierre Chauvin à Tadoussac, alors simple comptoir saisonnier pour la traite des fourrures. Dugua, revenu en France, est déterminé à fonder une colonie de peuplement en Amérique. Non sans difficulté, il en obtient l’autorisation politique du roi Henri IV qui le nomme son lieutenant général pour l’Acadie et la Nouvelle-France, de 1603 à 1612, mais à la condition qu’il s’engage à financier lui-même les coûts de l’incertaine colonisation. En contrepartie, le roi lui accordait le monopole de la traite des fourrures avec le Canada, de manière à compenser les frais de l’entreprise, car il devait rien en coûter à l’Etat.

C’est ainsi que Dugua de Mons revenait en Amérique en 1604 pour y installer une première colonie, éphémère, à l’île Ste Croix, colonie qu’il lui fallut déplacer dès 1605 à Port Royal, l’actuelle Anapolis Royal, en Nouvelle-Ecosse. L’acadie était fondée.
Hélas, son monopole commercial ayant été aboli prématurément, suite aux pressions de l’intendant Sully et des marchands rivaux, privés du commerce des fourrures, Pierre Dugua dut se résigner, en 1607, à fermer Port Royal et à ramener les colons en France.
Malgré ce dur revers financier et politique, le sieur de Mons demanda au roi et obtient, le renouvellement de son monopole commercial, mais pour une année seulement. Il choisit alors son jeune ami Champlain, en qui il a toute confiance, pour aller fonder Québec.

Dans ce but, il le nomme son lieutenant et lui confère pratiquement tous ses pouvoirs politiques. Il donne également à Champlain tous les moyens matériels et financiers nécessaires à la réussite de la lointaine entreprise. C’est ainsi que Québec et son «abitation» furent la propriété de la compagnie du Sieur de Mons de 1608 à 1613, même si lui-même ne s’y rendit pas, soucieux de veiller en France aux intérêts de sa compagnie, constamment menacée par les autres marchands.
Et quand en 1609, alors qu’il n’y a plus que sept survivants à Québec, au moment où tout semblait perdu pour la France en Amérique, c’est à Pierre Dugua, que la Nouvelle France doit sa survie. C’est l’historien Jean Glénisson qui l’a rappelé récemment dans son livre « la France d’Amérique».


Plus tard, en 1617, Dugua écrira une très belle lettre à Louis Hébert afin de l’encourager à aller prêter main-forte à Champlain, en s’établissant à Québec avec sa famille. En 1619, déjà âgé et alors qu’il était à la retraite, Dugua entreprit le long voyage de Pons à Fontainebleau pour défendre son lieutenant Champlain et obtenir que Louis XIII le confirme comme commandant à Québec, alors qu’une nouvelle compagnie commerciale voulait l’en déloger.
Enfin, permettez-moi d’emprunter ma conclusion à l’historien Marcel Trudel qui a écrit que : «sans Dugua, on peut présumer qu’il n’y eût pas eu de Champlain». Pour ma part, j’ajouterais : et qui sait si Québec aurait été fondée, et fondée Française ? ».



Photo 1 : L'habitation de Québec

Photo 2 : L'un des bateaux sur lequel voyagea Champlain

Photo 3 : Cérémonie avec Jean Yves Grenon, ancien ambassadeur

Photo 4 : Un monument en souvenir de nos pionniers saintongeais

Photos 5 et 6 : Iles et indiens de l'époque de Champlain

Photo 7 : Le château de Meux, près de Jonzac, où vécut la femme de Dugua de Mons, Judith Chesnel

Photo 8 : L'historien Jean Glénisson, Mme Bouchet et Jean Yves Grenon devant la maquette de l'habitation de Québec au musée de Royan

Photo 9 : Jean Glénisson, Mme Bouchet et Guy Binot

mercredi 8 juillet 2009

Les Bourdier,
une famille de photographes


Jusqu'au 30 juillet, le Vieux Clocher de Saint-Palais-sur-mer, près de Royan, accueille les œuvres photographiques de Jean-Frédéric, Jean-Paul et Léon Bourdier.



Cette rencontre originale avec trois artistes révèle leurs personnalités contrastées.
Léon a travaillé à la manière de "Jacques Henri Lartigue", immortalisant sur la plage les moments agréables des vacances. Instants presque sacrés avec le bain, la mer, les regards apaisés et joyeux. Une époque agréable que la guerre n'avait pas encore bouleversée.

Les deux frères, quant à eux, ont des démarches bien distinctes. Jean-Frédéric a choisi le format du polaroïd. En agent (presque) secret de la photo, il cherche l'angle, l'instantané, l'infiniment petit que cache l'infiniment grand.

Jean-Paul a été inspiré la beauté sauvage des Etats-Unis, le Lac salé en particulier. Valorisant les courbes des corps, il les met en scène et improvise avec elles une danse qui ressemble à la peinture de Matisse. Les couleurs fortes se fondent dans l'éternité du paysage qui les sublime.


Bref, les Bourdier ont l'œil : c'est précisément ce qui fait le charme de cette exposition !
A découvrir tous les jours sauf le mardi de 10 h à 12 h et de 15 h à 19 h








Photo 1 : Le Vieux Clocher, un lieu à découvrir dans Saint Palais

Photo 2 : Jean Frédéric Bourdier et les représentants de la mairie lors du vernissage

Photo 3 : Photo de Jean Paul Bourdier

Photo 4 : Royan, la belle époque !

Photos 5 et 6 : Et maintenant 2009 !

Photo 7 : La souplesse du corps dans l'espace

Photo 8 : Originale cohabitation

Photo 9 : M. Marsaudon (à droite) en bonne compagnie ! Il exposera à partir du 11 juillet à l'Abbaye de Trizay avec Colette Enard

Photos 10, 11, 12 et 13 : le vernissage vendredi dernier

Photos 14 et 15 : La photo vue par un autre photographe, Stéphane Rabaud du Château de Didonne

Photos Nicole Bertin

samedi 4 juillet 2009

L'île Madame, entre ciel et terre


De toutes les îles qui regardent la Charente-Maritime, l’île Madame est la plus petite et sans doute la plus émouvante. Mercredi dernier, Jean Louis Frot, vice-président du Conseil général, Robert Chatelier, maire de Soubise, conseiller général du Canton de Saint-Agnant, Jacky Laugraud, maire de Port des Barques et Marine Musson, du Conservatoire du Littoral, ont présenté les projets la concernant.




Je m’ennuie, dit Madame. Il vous faudrait une île pour rêver, répondit le renard, l’œil amusé. Mais où trouverai-je une île ? rétorqua Madame que cette idée amusa... sans savoir comme elle l’atteindrait. Elle ne savait pas nager. Malicieux, Renard combla son vœu : j’en connais une. Je vais vous transporter sur mon dos et cette île deviendra la vôtre, Madame ».
Cette histoire, comme celle de l’Abbesse de Saintes, fait partie des légendes qui gravitent autour des origines de l’île Madame. Selon les historiens, elle aurait tout simplement appartenu à Anne de Rohan de Soubise, d’où son nom. Madame avait une île, quelle chance. Peu importe si c’était celle du jour d’avant chère à Umberto Eco !


Altantique, ouvre-toi !

Moins connue que ses trois grandes sœurs, Aix, Oléron et Ré, elle exhale un charme indéfinissable. Son accès se fait en fonction des marées : on peut alors s’y rendre par un chemin que les eaux dévoilent un moment pour mieux le recouvrir. Les flots se retirent pour gagner la terre promise : à croire que l’Ancien Testament s’est inspiré de la Charente-Maritime ! Gare à ceux qui ne consultent pas les horaires car l’eau reprend inévitablement sa place et ils peuvent être pris au piège.

La passe aux bœufs, telle est son nom, conduit à un espace naturel où le temps semble s’être arrêté. Les carrelets juchés sur leurs longues pattes ressemblent aux créatures préhistoriques que le paléontologue Didier Néraudeau a mises à jour pas bien loin, sur l’une des plages. Un varan marin inconnu, le carentonosaure, y a été découvert pour la première fois.
Le territoire est minuscule, un peu plus de 70 hectares, et la population clairsemée. Le hâve sympathique est une ferme auberge tenue par Elisabeth et Jean-Pierre Mineau. Aux alentours, quelques rares maisons se dressent dont l’une appartient au député Didier Quentin. S’y ajoutent un camping et quelques gîtes.


Le fort mis en valeur

Cet endroit est unique, mais fragile. C’est pourquoi la collectivité a décidé de le protéger. Elle préconise aux promeneurs d’y arriver à pied ou en vélo plutôt qu’en voiture (allez, un peu de courage !), tout en sachant qu’une partie de l’île sera interdite à la circulation pendant les vacances. Autant être averti : le style je passe en vitesse et je ne profite pas des beautés du lieu du site est à bannir.



Il faut prendre son temps pour sentir et comprendre l’Ile Madame, en admirer la flore, les étranges paysages, les fossiles abandonnés, l’horizon qui s’étire entre ciel et mer, les pieds dans l’eau, le regard pointé sur Fort Boyard. « La fréquentation de l’Ile Madame ayant explosé ces dix dernières années, des opérations de protection de ce site naturel classé sont nécessaires. Une phase expérimentale va être lancée avant la réalisation de travaux plus importants à long terme, notamment à l’entrée de la passe, côté continent. En effet, la décision a été prise en Comité syndical, de mettre la circulation à double sens sur une partie du parcours et de le laisser en voie piétonne sur une autre partie. Cette expérimentation sera accompagnée de panneaux d’informations » soulignent Jean-Louis Frot et Jacky Laugraud.


Le bâtiment principal de l’Ile est un fort. Au nord, se trouvent une redoute qui correspond à une ancienne fortification militaire édifiée en 1703 ainsi que des casemates. « Ces constructions participaient au système de défense de la rade de Rochefort à l’entrée de la vaste embouchure de la Charente pour protéger Rochefort et son arsenal » explique Marine Musson. L’objectif de la société anglaise Landmark Trust est d’y installer deux gîtes qui seront proposés à la location. Le Conseil Général a refait la toiture en 2008.




« Fondé en 1965 par un couple de mécènes pour préserver le patrimoine de la Grande-Bretagne, le Landmark Trust s’est donné pour mission d’acquérir et de restaurer le petit patrimoine bâti en déshérence présentant un intérêt historique. La démarche présente une originalité indéniable. Après que les travaux ont été menés à leur terme, les édifices deviennent des résidences de vacances. L’organisation caritative réinvestit les revenus ainsi perçus dans l’achat de nouvelles propriétés » ajoute Marine Musson.
Un beau projet en perspective. Reste à obtenir les autorisations administratives. En l’attente, une balade à l’île Madame s’impose. Avec ou sans Monsieur !

Photos 1, 2, 3, 4 : L'île Madame, sauvage et authentique

Photo 5 : Jean-Louis Frot (au centre) aux côtés de Jacky Laugraud, maire de Port des Barques.

Photo 6 : Nature protégée

Photos 7, 8, 9, 10, 11 : Marine Musson présente le projet d’aménagement du fort et des casemates ainsi que Jean Louis Frot.

Photos 12, 13, 14 : L'île Madame s'étire sur une longueur de 800 mètres et sur une largeur de 400 mètres. L'ostréiculture y est pratiquée ainsi que l'aquaculture. La ferme aquacole a été créée en 1980. La ferme auberge propose les produits de l'exploitation : huîtres, palourdes, bars, salicornes, sel récolté dans le marais salant.




Triste souvenir

Au Sud Est de l’île, une grande croix de galets, à même le sol, marque l’endroit où furent enterrés 254 prêtres déportés pendant la Révolution. Ils moururent de maladie et d’épuisement à bord des pontons de Rochefort, le Washington et les Deux Associés, deux anciens navires négriers. Il s’agissait de prêtres réfractaires ayant refusé de prêter serment à la nouvelle Constitution et de prêtres assermentés. Un pèlerinage en leur mémoire a lieu chaque année, en août.

Jacques Dassié : il a fait avancer la prospection archéologique


Vendredi dernier, Jacques Dassié animait une conférence au Paléosite de Saint Césaire. Devant un public nombreux et passionné, il a évoqué ses quarante ans de prospections archéologiques aériennes qui lui ont permis de découvrir la richesse du patrimoine charentais. Ainsi, du ciel, il a vu les fondations de la grande cité gallo-romaine de Barzan et le moulin du Fâ. Sans compter bon nombre de trouvailles qui ont entraîné des recherches sur le terrain. D’avion, en effet, et selon la saison, on peut repérer des empreintes, des murs, des fossés invisibles quand on se trouve au sol.

Jacques Dassié a fait avancer l’histoire de la région et nous lui disons un énorme merci !


Photo 1 : Conférence au Paléosite dont le responsable, Vincent Armitano Grivel, a le sourire : les chiffres de fréquentation sont en augmentation. Mieux, le Conseil Général vient de faire voter des fonds pour réactualiser le film de présentation.

Photo 2 : Se transformer en Neandertal, il faut oser !

Conseil municipal de Saintes : Jean Rouger face aux ronchonnades et rouspétances des commerçants


• L’opposition monte au créneau : « Vous devez retirer ce plan de circulation »…

Il faisait bien chaud dans la salle du conseil, mardi en fin d’après-midi. Outre les fidèles qui, manifestement, n’étaient pas à la plage, une centaine de personnes mécontentes attendaient Jean Rouger de pied ferme : les commerçants furieux du nouveau plan de circulation, les parents d’élèves inquiets des fermetures de classes et les habitants duquartier du Maine, interrogatifs quant au futur terrain qui devrait accueillir des SDF. Autrement dit, l’ambiance était électrique et le premier magistrat déploya toute son expérience pour apaiser ces foyers qui auraient pu devenir ardents...



Face à l’Hôtel de Ville, de noir vêtus, les commerçants annoncent la couleur, celle du deuil. En effet, le nouveau plan de circulation élaboré par la mairie risque pour eux de sonner le glas. Que deviendront leurs boutiques si les clients viennent à bouder le centre ville ?
Et de craindre, à juste titre d’ailleurs, une “fuite“ vers les grandes surfaces de la périphérie ou Royan, une station balnéaire attractive (à une demi-heure de Saintes) qui ne pratique pas le stationnement payant.
Le cortège s’avance lentement. S’il pense être entendu rapidement, il s’est trompé. Jean Rouger ne change rien à l’ordre du jour établi et les manifestants doivent attendre plus d’une heure avant de dire - sans noms d’oiseaux - ce qu’ils ont sur le cœur.
Jean Rouger détaille le compte administratif ou plutôt il cède la parole à une collaboratrice qui s’en charge avec aisance. Elle rend cet exercice agréable alors qu’en certaines circonstances, il devient carrément rébarbatif...


Est-ce en raison de « la chaleur animale » (dixit Jean Rouger) qui règne dans les rangs que Corinne Gacel déclare, un peu tôt, que l’opposition ne votera pas le budget supplémentaire ? Le maire lui rappelle gentiment que ce dernier n’a pas encore été examiné. Surprise, l’élue se lève d’un pas alerte pour ouvrir une fenêtre, créant un courant d’air qui rafraîchit l’assistance... et les idées. Les personnes restées dehors peuvent suivre les débats en direct !
Le conseil revient au BS. La mairie y a inscrit une somme de 150 000 euros qui représente l’indemnité versée au gestionnaire du parking Pelletan si ce dernier n’équilibre pas ses comptes. Bernadette Schmitt, l’ancien maire de Saintes, a sans doute été imprudente en signant un tel document.
Pelletan étant peu occupé par les automobilistes, la rentabilité recherchée par l’investisseur n’est pas atteinte et la collectivité doit mettre la main à la poche.


saintes@hotline !

Le budget supplémentaire adopté, Corinne Gacel revient donc à l’attaque pour s’étonner de sa présentation par une fonctionnaire : « nous sommes stupéfaits car un budget est un acte politique ».
Elle enchaîne : « ce budget est un flagrant démenti à vos déclarations passées. Vous disiez maîtriser les dépenses de fonctionnement. Elles ont augmenté, dont 260 000 euros pour les ressources humaines avec la création de nouveaux postes. Vous aviez dit que vous alliez diminuer les fêtes et cérémonies. Elles sont majorées de 22 400 euros liés à diverses manifestations, Droits de l’enfant, Semaine du développement durable ».


Et de déplorer l’absence d’anticipation et de cohérence du maire dont l’essentiel de l’action pourrait se résumer « par les lignes des chapitres divers et autres ».
Cette bouffée pimentée chatouille le nez de Jean Rouger, héritier de la gestion de la précédente municipalité. Certains cadeaux seraient empoisonnés, disent ses colistiers.
En ce qui concerne la présentation du budget par une personne étrangère au conseil, il est clair :
« Nous autres élus, ne maîtrisons pas complètement les subtilités techniques et mécaniques de ces sujets. Il est important d’avoir une base de repère de débat, loin de toute sécheresse administrative ».

Circulez, y’a quelque chose à voir !

Les questions, relatives au plan de stationnement rive droite et à la mise en place de la navette, sont attendues avec intérêt par les manifestants qui patientent debout. Le principe est simple : Jean Rouger veut rendre Saintes aux piétons et aux vélos (création qu’un quai spécifique rue de Verdun) en diminuant le trafic routier.
En ligne de mire, les voitures tampons qui appartiennent aux commerçants et aux personnels des collectivités. Désormais, ils sont invités à stationner au Parc des Expos où une navette part vers le centre ville tous les quarts d’heure. Depuis le 1er juillet, elle est mise gratuitement à leur disposition le matin et le soir. Autre possibilité, payante celle-là, laisser sa petite auto au parking Pelletan (derrière l’Arc de Triomphe).
Parmi les grandes innovations, la place Bassompierre est interdite au stationnement et le parking de la place Blair deviendra payant à compter du 15 juillet.



« Il est difficile de changer les habitudes »

L’opposition demande des comptes à Jean Rouger tandis que la salle s’agite. Bruno Drapon déplore la manière dont cette décision a été prise, sans concertation : « Et dire que vous prôniez la démocratie participative. Vous passez en force les projets sans tenir compte de l’avis des commerces du centre ville. Des retombées négatives vont se faire ressentir sur leurs chiffres d’affaires. Vous devez écouter les Saintais et abandonner ce plan. Bernadette Schmitt l’a fait avec Bassompierre. Nous aimerions que vous soyez aussi attentifs à la vox populi qu’elle ne l’a été ». Cette sortie est suivie d’un tonnerre d’applaudissements.


Jean Rouger ne change pas de stratégie : « j’entends parler de la fluidité de la circulation depuis 1968. Je sais qu’il est difficile de changer les habitudes et les comportements. Je le conçois. Il est normal que ça dérange ».
Bruno Drapon lui coupe la parole, rappelant que l’opposition n’a pas été officiellement invitée aux réunions publiques. « Vous ne devez pas m’interrompre, je suis le maire » lance Jean Rouger, visiblement irrité. Des sifflements se font entendre. « Vous êtes d’abord un élu » rétorque Bruno Drapon qui campe sur ses positions. La tension monte au point que Michèle Carmouse, silencieuse jusqu’alors, demande à chacun de se respecter.
On revient à ces fameuses réunions publiques, 17 au total, annoncée par la presse, ce qui a permis aux intéressés de s’y rendre. Pour Jean Rouger, il n’y a qu’une solution pour tester son plan de circulation :
« il faut le mettre en œuvre. Notre objectif est de développer la rive droite. Si ce plan présente des inconvénients, nous en tirerons les conséquences ».
Margerita Sola en profite pour raviver les mémoires : « nous continuons à payer les études demandées par Bernadette Schmitt pour Bassompierre, soit 900 000 euros. Dans l’élaboration du nouveau plan, notre attitude est limpide. Des réunions ont eu lieu et les remarques ont été prises en compte. Pour preuve, le projet initial a été transformé. Une évaluation sera faite au bout de trois, six et neuf mois. Nous ne souhaitons pas la mort du centre ville ».
Une complaisance en entraînant une autre, Françoise Bleynie annonce le coût des aménagements programmés, soit 100 000 euros. Le maire ne nie pas ce montant : « Notre souhait est de rendre la ville plus agréable. Les choses ne sont pas faciles et j’entends les ronchonnades et la rouspétance de certains commerçants et habitants. A partir du 15 juillet, le dispositif sera appliqué. Nous sommes au début d’un changement ».


La navette accessible aux handicapés ?

T
hierry Meneau serait favorable à une réflexion générale des élus sur l’avenir de Saintes. « Les commerçants ne sont pas ronchons, mais inquiets. Ils vous demandent de déplacer votre plan de circulation après les vacances. C’est du bon sens dans la crise actuelle. Vous pouvez attendre deux mois ».
Pierre Dietz estime qu’il ne faut pas diaboliser cette affaire : le stationnement reste gratuit avant dix heures, entre midi et deux heures et après 17 heures. Des négociations avec le gestionnaire du parking Pelletan vont avoir lieu.
Mme Landreau soulève une question intéressante au sujet de la navette : elle doit être accessible aux handicapés dès sa mise en service, comme le stipule la loi. Et non en 2015. Jean Rouger joue la franchise : comment y parvenir avant le 15 juillet ?
Bref, ce fut un bel échange entre majorité et opposition. Si, globalement, le ton est resté zen, un malaise est perceptible dans les rangs de la majorité. En effet, remontés, les commerçants parlent. Or, il n’est jamais bon pour une nouvelle municipalité d’être la cible de plusieurs fronts. S’y ajoutent en effet les doléances des parents d’élèves (délocalisée, l’école Pelletan fermera en 2012, les Jacobins et Paul Bert nécessitent des travaux) et des habitants du quartier du Maine, soucieux quant à la proximité d’un camp de SDF à la Palud. Selon Thierry Leblan, la DIREN aurait émis un avis négatif à cette installation. En conséquence, le projet serait tombé à l’eau...




• L'info en plus
Le CCAS de Saintes refuse de traiter les dossiers du RSA


En voilà un pied de nez à Sarkozy, ce qui rendit le débat bien évidemment politique ! La parole fut donc laissée à Dominique Delamarre, membre du CCAS, qui expliqua pourquoi le Conseil d’Administration avait pris cette décision. L’obstacle principal est le manque de financements pour instruire et accompagner les dossiers. Le CCAS, qui compte trois postes, traite 350 dossiers de RMI. Il aimerait que ce nombre soit doublé en passant à six.
Elle enchaîna en décrivant l’ambiance dans laquelle se déroule le passage au RSA
: « on a tendance à culpabiliser les chômeurs, comme si cette situation était un choix de leur part et non la résultat de la pénurie d’emplois ». Selon ses déclarations, cette politique des bas salaires ne peut qu’accroître la précarité. Par contre, elle peut intéresser certaines entreprises peu scrupuleuses qui cherchent à employer du personnel bon marché à temps partiel.
La conclusion fut claire : Le CCAS n’assurera pas l’instruction des demandes de RSA qui seront orientées vers la CAF et le Conseil Général. Reste à savoir quelle position va prendre le Préfet puisque dans ce cas précis, une loi votée par la République ne sera pas appliquée...

• Au nom du PACS et de Noël Mamère !

Désormais, la ville de Saintes pourra célébrer cette union civile. Elle ressemble à un mariage, mais n’en est pas un. Lors de la cérémonie, le maire lira deux articles du Code civil. Il remettra ensuite un livret aux partenaires ainsi qu’un cadeau offert par la municipalité. Si les pacsés gardent leurs noms respectifs, ils ont les mêmes avantages en matière d’imposition que les couples mariés ainsi que lors des successions.

Photo 1 : Les commerçants inquiets quant au nouveau plan de circulation

Photos 2 et 3 : Le conseil municipal, présidé par Jean Rouger, en présence des commerçants

Photo 4 : On reconnaît Jean-Pierre Blanchard, le célèbre peintre de Saintes.

Photos 5 et 6 : Les commerçants ont attendu plus d’une heure avant que le plan de circulation ne soit abordé

Photo 7 : L'opposition est monté au créneau

Photo 8 : Et les commerçants ont apprécié !

Photo 9 : Toujours un nombreux public aux séances de conseil !

Photos 10, 11, 12 : Les commerçants mobilisés étaient vêtus de noir

Photo 13 : L'intervention de Mme Delamarre

On est tous Raid Dingue 4 L !


Romain Daviaud poursuit sa lancée. Vous vous souvenez de cet aventurier made in Haute Saintonge dont la caisse préférée est la 4 L !
Elle garde sa cote de popularité, cette fameuse Renault, même dans la jeune génération. Au point qu’en 2008, elle a accompagné cet étudiant de Sup de Co à la compétition 4 L Trophy qui part à la conquête du Maroc.
Y participant pour la seconde année, Romain coachait des élèves de première année. De ce périple, il a rapporté de nombreux souvenirs présentés lors d’une sympathique soirée à Chamouillac, sa patrie natale, près de Montendre.



Actuellement, il accomplit un stage en Inde « dans une agence d’achats et de logistique du domaine textile ». Une expérience très profitable ! Il rejoindra la Haute Saintonge début septembre pour mobiliser l’association Raid Dingue de 4 L qu’il a créée à Chamouillac : « cela me fait une base solide pour rechercher des partenaires financiers et en nature » explique-t-il. Et de poursuivre : « Ces voyages ne sont pas de tout repos. Je prépare dans le même temps deux raids humanitaires en décembre prochain, puis en février 2010 ».

Le premier est le Students Challenge Morocco qui se déroulera du 27 décembre 2009 au 7 janvier 2010 au départ de Toulouse. Romain et ses amis comptent acheminer des aliments non périssables et envisagent de planter des arbres. Une centaine de voitures - pas seulement des Renault 4 L - seront sur la ligne de départ, réunissant deux cents participants environ.
Le second rendez-vous est bien sûr le 4 L Trophy du 18 au 28 février 2010 au départ de Bordeaux. Environ 1000 voitures et 2000 étudiants sont attendus. « Comme pour les précédentes éditions, nous apporterons des fournitures scolaires à nos contacts marocains » dit-il.


Pour contribuer à la réussite de ces deux projets, Romain Daviaud et son association vous invitent à un grand loto samedi 5 septembre à la salle des fêtes de Chamouillac. Des tee-shirts à l’effigie de l’association seront proposés à la vente : avis aux amateurs ! Le budget global pour les deux raids s’élève à environ 20 000 euros.

Sacré Romain, il n’a pas les deux pieds dans la même galoche ! Son regard malicieux et son sourire enjoué annoncent la couleur : si le soleil se lève pour tout le monde, il compte bien en profiter !

Sa rentrée prochaine, il devrait la faire à Newcaslte en Angleterre. Ensuite, il parlera very well english sans l’accent indien !!! « Good luck » Romain et à bientôt pour écouter tes nouvelles aventures !

Composition de l’association :
Président Romain Daviaud, secrétaire mécanicien Laurent Lermercier, trésorier Nicole Daviaud.

Photo 1 : Vive les 4 l !

Photo 2 : Romain et ses copains