jeudi 3 décembre 2009

Marie-Antoinette,
la reine maudite


Un spectacle à en perdre la tête

Mardi soir, la comédienne Marianne Basler a fait revivre Marie-Antoinette à travers une partie de sa correspondance. Des heures de frivolité et d’insouciance à la Révolution grondante, ce spectacle est un long chemin douloureux…

Dernier spectacle des Feuillets d’automne, cette rencontre avec “l’Autrichienne“ fut riche en émotion. Comédienne magnifique, Marianne Basler a donné son visage à Marie-Antoinette, ses gestes et ses manières. Ses angoisses, ses interrogations et sa douleur aussi.
En montant sur l’échafaud, la veuve de Louis XVI, séparée à tout jamais de ses enfants, a connu une fin atroce. Une mort injuste, célébrée dans la liesse et l’incompréhæension qu’accompagnent les mouvements populaires, généralement sanguinaires et toujours prêts à faucher l’inconcevable passé.

Isolée dans sa tour d’ivoire, habituée à vivre selon son rang, Marie-Antoinette n’avait rien pressenti. Insouciante, elle s’est amusée quand d’autres avaient faim. La question est sempiternelle. Aujourd’hui encore, quand les ministres de la République se mettent à table, ont-ils une pensée émue pour les sans abri ?

Marie-Antoinette était si jeune et finalement si naïve. Et pourtant, tout avait bien commencé…
Quinzième enfant de l’empereur François 1er de Lorraine et de Marie-Thérèse, impératrice d’Autriche, Maria Antonia Josepha Johanna voit le jour le 2 novembre 1755, au Palais de la Hofburg, à Vienne. Une ville renommée au cœur des lumières du XVIIIe siècle.
Elle quitte sa ville natale en avril 1770, à l’âge de quatorze ans. Le 16 mai 1770, elle épouse le dauphin à Versailles. Qui est-il, ce mari qui ne manifeste guère d’émoi en la voyant ? Le mariage n’est consommé que bien des années plus tard. La France ne cherche pas à apprivoiser cette étrangère qu’elle ne reconnaît pas. La jeune femme se protège en s’isolant au Petit Trianon. Si elle respecte son mari, elle lui préfère la compagnie de Mme de Polignac, d’Axel de Fersen et se berce d’illusions.

À la mort de Louis XV, le 10 mai 1774, elle devient reine de France et de Navarre à 18 ans. Toujours sans héritier, elle s’inquiète. Quand son époux accomplira-t-il son œuvre ?
Le 19 décembre 1778, Marie-Antoinette accouche enfin de son premier enfant, Marie-Thérèse, dite "Madame Royale". Selon la coutume, une partie de la Cour assiste à l’événement. Le 22 octobre 1781, Louis Joseph Xavier François voit le jour. Le 27 mars 1785, elle met au monde un second garçon, Louis-Charles, suivi d’une autre fille en 1786, Sophie-Béatrice qui meurt onze mois plus tard.
Autour d’elle, règne toujours la suspicion. On ne l’apprécie guère. Qu’est-elle venue faire dans cette galère ? Et que peut lui offrir son pays d’adoption, sinon satisfaire des caprices qui lui permettent d’oublier la monotonie de son existence.

Pourtant, une page est en train de s’écrire qu’elle ne saura pas déchiffrer. Elle cherche un bonheur inaccessible dans un univers dont elle voudrait s’échapper pour vivre simplement. En reconstituant un hameau, elle renoue avec la sérénité de la campagne.
Le 5 mai 1789, les États Généraux lui décochent une flèche empoisonnée. En chaire, Monseigneur de La Fare dénonce publiquement le luxe de la Cour et ceux qui recréent « une imitation puérile de la nature ». Visée, Marie-Antoinette est ulcérée.
Le 9 juin 1789, quelques semaines avant la prise de la Bastille, le petit Dauphin meurt, signe annonciateur d’une fin programmée.

Le 20 juin 1791, sentant un danger imminent, le couple royal tente de quitter la France. L’évasion, organisée par Axel de Fersen, s’arrête brusquement à Varennes. La famille est arrêtée. Prise en otage, Marie Antoinette a peur : son pays natal lui viendra-t-il en aide ? La voici recluse. Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l’Assemblée constituante est remplacée par l’Assemblée législative.
Le 10 août 1792, les Tuileries sont prises d’assaut. Le Roi et sa famille se retrouvent à la prison du Temple. La tête de la princesse de Lamballe est brandie au bout d’une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette. Horreur absolue…

Le 26 décembre, la Convention vote la mort de Louis XVI, exécuté le 21 janvier 1793.
Marie-Antoinette l’accompagne dans sa destinée, condamnée pour “haute trahison“. Sa tête tombe le 16 octobre 1793. Elle n’a pas trente-huit ans. « Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous, mes pauvres enfants. Adieu » écrit-elle dans son testament.
De ces lettres qui s’étalent sur une période de vingt ans, se dégagent des sentiments multiples et contraires, de l’insouciance à l’accablement, de l’inocence à la sanction ultime.
Marianne Basler a bouleversé le public, l’entraînant au cœur d‘une existence brûlante et sacrifiée.

Ce spectacle est courageux car la France reste attachée à l’esprit de la Révolution et à ses symboles. Il fallait tuer l’Ancien Régime. Louis XVI et Marie-Antoinette ont payé de leur vie ce rituel sacrificateur, indispensable à l’éclosion d’une société nou velle. Avec le recul, on s’aperçoit que ces deux êtres, maudits et détestés malgré eux, se sont trompés d’époque. Cette période de bouleversements n’était pas faite pour eux. Régner leur a fait perdre la tête, au sens propre comme au figuré.



Photos : Marianne Basler a séduit le public
Marie-Antoinette suscitait les jalousies des courtisans qu’elle n’avait pas choisis, multipliait les fêtes coûteuses, organisait des séances de jeu, lansquenet et pharaon, où des sommes importantes circulaient. En pleine crise, elle ne pouvait qu’être pointée du doigt.

Photo 5 : Sur ce tableau, Marie-Antoinette est avec ses enfants. Un bien triste destin les attend.

Photos Nicole Bertin

L’eau à Royan :
Régie municipale ou Veolia ?


La grossesse est longue et douloureuse quant à la distribution de l’eau potable sur Royan. Le contrat avec la CER s'achevant en fin d’année, le conseil municipal se réunira le 4 décembre pour aborder une nouvelle fois la question. « Si la municipalité a failli perdre les eaux prématurément, c’est pour mieux accoucher d’un projet réunificateur » déclarent les observateurs. En effet, l’une des possibilités serait de créer une régie municipale.

Didier Quentin réfléchit à cette opportunité qui ne déplaît pas à l’ancien maire, Henri le Gueut. Le personnel de la CER (filiale de la SAUR) serait alors repris par cette nouvelle structure.
Elle serait préférée à la proposition « la moins et mieux disante » de l’appel d’offres fait par Veolia, bien placée quant aux prestations (comme l’a fait remarquer Service public 2000, société chargée d’étudier objectivement le dossier par la mairie).

Le coût d’une régie "idéale" étant très proche de celui de Veolia, le conseil pourrait privilégier cette formule. Toutefois, des voix s’élèvent, faisant remarquer qu’une régie naissante pourrait entraîner bien des dépenses et des tracas. Ce qui ne serait pas le cas avec Veolia, société rodée à ce type d’activité. Le vote aura lieu le 18 décembre prochain et les débats devraient être animés.

Il est évident que l’affaire de l’eau restera dans les annales de Royan. On a rarement vu un conseil refuser l’offre la mieux placée, le tout dans un contexte particulier avec distribution de tracts par la Compagnie des Eaux de Royan. Aujourd’hui, les distributeurs d’eau seraient prêts à tout pour obtenir des marchés, dit-on. En aurions-nous un exemple ?

L’eau à Royan :
C’est 14 - 18 !


Le contrat de la CER, prestataire chargé de la distribution de l’eau potable sur Royan arrivant à terme le 31 décembre prochain (après avoir été prorogé d’un an), la municipalité, divisée, n’a toujours pas choisi la société qui lui succédera. L’affaire a déjà fait couler beaucoup d’encre. La création d’une régie municipale est évoquée.


Depuis que la proposition de Véolia, « société la moins et mieux disante » selon les termes du député maire Didier Quentin, a été écartée par une opposition décidée à le mettre en minorité, Royan, “la perle de l’Atlantique“ se trouve dans une drôle de situation : elle doit impérativement trouver une solution afin que l’eau continue à être distribuée dans les foyers.

Cette affaire trouve ses fondements dans le différend qui divise les élus. Les uns souhaitent que la Compagnie des Eaux de Royan, filiale de la SAUR, poursuive cette activité qu’elle assure depuis des lustres ; les autres sont favorables au jeu de la libre concurrence.

Il y a quelques semaines, les résultats de l’appel d’offres, où Véolia est apparue en bonne position, ont entraîné un long débat. En résulta la querelle « des anciens et des modernes », certains élus de droite s’associant à leurs collègues de gauche sur cette question pour contrer le maire. Se sentant désavoué, Didier Quentin, n’avait qu’une issue : recomposer une majorité. Il réorganisa ses troupes, cherchant chez ses colistiers une fidélité que certains semblaient avoir oubliée.

La démarche n’était pas évidente puisque son prédécesseur, l’actuel premier adjoint Henri le Gueut, successeur de Philippe Most, affichait carrément ses différences… et ses préférences pour la CER. Il est vrai que des craintes planaient quant à l’intégration des salariés s’ils changeaient de direction. Cette perspective explique sans doute les réactions, voire les distributions de tracts qui ont eu lieu durant cette période.

Aujourd’hui, Didier Quentin n’a pas encore retrouvé une mer calme à peu agitée, mais les tensions se sont apaisées. En apparence tout au moins ! Les mauvaises langues disent que cette accalmie serait liée aux futures élections régionales. Que l’UMP royannaise, traditionnellement soudée, affiche des fractures ne serait pas du goût des décideurs départementaux…

Une situation urgente et délicate

Jeudi dernier, Didier Quentin a soumis au conseil la question essentielle de l’ordre du jour : autoriser Service Public 2000 (société conseil de l’Association des Maires de France) à analyser les propositions faites par Véolia, la CER et la Lyonnaise des Eaux afin que la municipalité, s’appuyant sur des documents objectifs, puisse boucler le dossier “eau“ dans les meilleurs délais.
Le vote de confiance fut assez difficile à atteindre, mais il y parvint…
Afin de ne pas perdre de temps, ce point figurait en premier. Une bonne idée car il entraîna des échanges fournis, rendant l’atmosphère quelque peu surréaliste.

Sentant le vent venir, Didier Quentin avait réuni préalablement des membres de l’opposition et de la majorité pour rédiger le projet de délibération mandatant Service Public 2000. « Cette société, objective et transparente, analysera de façon impartiale les offres que nous avons reçues et évaluera le coût de fonctionnement d’une régie si nous étions conduits à privilégier cette option » précise-t-il.

Une fois les documents remis, le conseil municipal statuera le 18 décembre prochain. Le temps étant compté (le contrat de la CER arrive à terme le 31 décembre), Didier Quentin a pris les devants en cas d’impasse : il a demandé au TPG de Charente-Maritime l’autorisation de souscrire un avenant d’une année supplémentaire avec le délégataire “sortant“ au cas où…

Le 18 décembre sera donc une date importante : ou Royan poursuivra son chemin avec la CER ; ou une nouveau délégataire sera désigné s’il propose des prix d’exploitation attractifs. S’il est rentable, le passage en régie municipale est une autre éventualité. Il faut se presser car la situation devient embarrassante : l’entreprise la moins disante de l’appel d’offres, Véolia, pourrait saisir le contentieux, qui sait ?

Pourquoi voter ? Service Public 2000 est déjà au travail !


Si la démarche coule de source, il existe une "complexité" soulevée par l’opposition : Service Public 2000 est à l’ouvrage depuis une semaine et se demande, comme l’écrit son responsable, si le conseil acceptera de rémunérer son travail. « Dans ces conditions, pourquoi prendre une délibération puisqu’ils sont déjà à l’œuvre ? » s’interroge l’opposition.
Didier Quentin rétorque qu’il faut prendre ses responsabilités, plus de 153 000 euros s’étant déjà volatilisés dans des études (1)…

Si la Gauche n’est pas hostile à Service Public 2000, elle commente la rémunération que prendra cette société pour effectuer sa mission : « si ça dépasse 20 000 euros, il faut faire appel à la concurrence ». Globalement, elle s’étonne que la charrue ait été mise avant les bœufs : « Que Service Public 2000 agisse sans avoir été sollicité officiellement par le conseil est un manque de respect flagrant à l’égard des conseillers municipaux. Cela dénote aussi une certaine légèreté de la part de cet organisme » lance Michel Merle à Didier Quentin. Et d’ajouter « Certains détails doivent être clarifiés. En l’état actuel de la situation, je ne peux pas accepter cette délibération, vu que vous avez anticipé sur notre décision ».

14-18 !

Didier Quentin renouvelle ses explications : « Le contrat avec la CER s’arrête dans quelques semaines. Je reconnais la garantie d’indépendance et d’impartialité qu’offre Service Public 2000 à qui je n’ai rien confié officiellement. Je vous propose de dresser un bilan le 18 décembre. Le sujet est dans les cartons depuis trois ans, c’est-à-dire depuis 2006 ! Il est grand temps de prendre une décision. En ce qui concerne le délégataire, je n’ai pas d’a priori. Nous prendrons la meilleure formule ».
« Puisque nous nous engageons pour 12 ans, il faut tout de même être prudent » rétorque Jean Bernard Prudencio.

Henri Le Gueut précise sa pensée. « J’ai évolué » dit-il. Une régie lui semble une bonne opportunité en ce sens où le personnel est sûr de retrouver son emploi. Il souhaiterait que l’affermage soit rejeté avec mandat au maire de négocier un avenant : « on aurait alors un consensus au conseil ».
Attentif, Didier Quentin ne bouge pas le sourcil : il attend les conclusions de Service Public 2000. « Je regrette votre position » glisse Henri Le Gueut.

Le vote à bulletins secrets étant souhaité, la signature du marché avec l’association Service Public 2000 en vue de réexaminer les offres de gestion du service d’eau potable de Royan est adoptée par 18 voix, 14 contre et une abstention.



Didier Quentin retrouve donc une majorité. Il était temps que le conseil se jette à l’eau, sinon que seraient devenus les Royannais le 1er janvier 2010 ?

1 - En ce qui concerne le gaspillage de l’argent public, il faudrait sans doute se pencher davantage sur les prix pratiqués par les cabinets d’études qui facturent des sommes colossales aux collectivités par rapport aux missions qui leur sont confiées.

Photos (Nicole Bertin) : Séance de conseil municipal et vote

Jonzac :
Carré rose au casino !


Samedi soir, Jonzac proposait un spectacle sexy et glamour, « sans aucun nu intégral, ni aucune vulgarité ». Les dames de Carré Rose, qui se produisent généralement en cabaret, ont donc investi la scène du casino devant un public très nombreux…
Parfaitement rodées à ces évolutions “very exicting“, elles ont remporté un joli succès, faisant oublier aux spectateurs les temps de crise et de grippe !


Prochains rendez-vous plus conventionnels : la chanteuse Nicoletta fêtera ses quarante ans de scène vendredi 18 décembre à 20 h 30 et le réveillon de la Saint-Sylvestre, le 30 décembre, dont nous reparlerons.
N’oubliez pas que le casino possède un restaurant qui vient de changer sa carte. N’hésitez pas à venir découvrir les nouvelles spécialités. Éric Darago, directeur, et son équipe se feront un plaisir de vous accueillir.
Tous renseignements au 05 46 48 16 16

dimanche 22 novembre 2009

• Copenhague :
Mobilisation en pays royannais !


Deux dates à retenir : vendredi 27 novembre et samedi 12 décembre

Pourquoi ? Du 7 au 18 décembre 2009, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à Copenhague. Réchauffement climatique, épuisement des énergies fossiles et justice sociale doivent être pris en compte ensemble. Des associations et des ONG se sont réunies autour d’un appel : « ultimatum climatique justice sociale ». Il appartient en effet à la société civile de faire pression pour que les décisions prises soient à la hauteur des enjeux en terme d’environnement, mais aussi, économique et social. Car ces trois dimensions sont indissociables. À défaut, nous signerions pour la poursuite d’un développement qui n’aurait rien de durable, qui resterait inégalitaire entre les pauvres et les riches, le Nord et le Sud. Il appartient à chacun de prendre conscience des limites de notre système et de penser à notre avenir pour bâtir une société plus juste.
C’est dans ce contexte que des associations du pays royannais (ATTAC, la Ligue des droits de l’homme, Une pointe pour tous) en partenariat avec la Confédération paysanne et Europe Écologie ont décidé de porter ce débat auprès des Royannais. Où ? Quand ? Comment ? au Palais des congrès de Royan (entrée libre) vendredi 27 novembre, nous invitons la population à participer aux conférences et débats pour s’informer, échanger, débattre…
• Première conférence/débat (18/20 h) : « Défis alimentaires et respect de la planète : utopie ou espoir ? » avec Benoît Biteau (paysan bio de Sablonceaux, Confédération paysanne) et Alain Gioda (Hydrologue, Univ. de Montpellier, Europe écologie).
• Deuxième conférence/débat (21/23 h) : « Construire ensemble l’économique, le social et l’environnemental » avec Marc Seminel (animateur Environnement Développement durable à la LDH) et Jean-Marie Harribey (Économiste, co-président d’ATTAC).
À ne pas manquer : à 18 h et 20 h, projection du film « Tous à Copenhague : ultimatum climatique » sur les enjeux du réchauffement climatique et de la fin des énergies fossiles.
Encas et apéro bio entre 20 et 21 h
• samedi 12 décembre, nous invitons les citoyens du pays royannais à venir nombreux, marcher ou rouler (vélo, trottinette, patins) pour une manifestation pacifique, en même temps que des millions de personnes dans le monde. Départ 14 h 30 de la patinoire de la grande Conche (port) à Royan.

Saintes :
Une œuvre de Corot 
adjugée 51000  euros


La vente aux enchères organisée à l’Abbaye aux Dames par J.R. Geoffroy et 
Y. Bequet, commissaires priseurs, a créé quelques
“jolies“ surprises…



Samedi après-midi à Saintes. Catalogues à la main, les participants, qu’ils soient spécialistes ou simples amateurs, attendent le coup de cœur ou de la pièce qui constituera un investissement.
245 tableaux sont mis aux enchères dont un dessin du célèbre Jean Baptiste Corot. Le numéro 13 retient toute l’attention ! Son estimation se situe entre 6000 et 8000 euros.
Les acheteurs se pressent, tant dans la salle qu’au téléphone. La bataille est rude car les grandes galeries parisiennes n’entendent pas rester sur la touche. Via les portables, elles croisent le fer pour s’incliner devant un collectionneur allemand. Résultat de cette course âprement disputée : 51 000 euros pour ce personnage si tranquillement adossé à un rocher en forêt de Fontainebleau, vers 1835. Que son acquéreur soit galeriste ou particulier, une chose est sûre : il voulait cette plume et lavis sur trait de mine de plomb.
« Nous avions plusieurs personnes au téléphone. Il s’agissait de gens sérieux qui connaissent bien le marché. Corot est un maître, une signature. Que les enchères aient grimpé était prévisible » souligne J.R. Geoffroy qui ajoute : « En période de crise, la cote des grands artistes se maintient et va plutôt vers le haut. Le fossé se creuse entre les pièces exceptionnelles et celles qui sont plus courantes ».

Les toiles de l’atelier Valès ont, elles aussi, remporté un beau succès. Lors de la dernière “édition“, était proposée la période orientale de l’artiste au Maroc. Cette fois, le choix était varié : aux scènes d’Afrique du Nord, s’ajoutaient des peintures régionales avec des paysages de l’Île d’Oléron, Parthenay ou de la Tremblade.
Parmi les tableaux qui ont réalisé des prix intéressants - sans pour autant concurrencer Corot - se trouvent un "nu à l’éventail" de Paul Elie Gernez, provenant du Musée du Petit Palais de Genève (9 800 euros) ; une toile de Charles Atamian (4 500 euros) ; “la chasse aux loups“ d’Olivier Charles de Penne (5 000 euros). En ce qui concerne le mobilier, une superbe pendule Directoire, symbolisant l’Afrique, a atteint 23 000 euros et l’une des tapisseries (Bruxelles) 6000 euros.


Cette rencontre, animée, s’est terminée tard dans la soirée. Et pour cause, les enchères prennent du temps et J.R. Geoffroy ne compte plus ses coups de marteau ! Le prochain rendez-vous est fixé le 12 décembre à l’hôtel des ventes de Royan. Seront proposés du mobilier (commodes, meubles régionaux), des horloges, des tableaux et des bijoux.



Photos de cette vente qui a attiré un large public.

• La richesse des ventes démontre que la source artistique française ne se tarit pas. En effet, la France est une mine d’or quant au patrimoine culturel des XVIIIe, XIXe et XX siècles.

• Autour de J.R. Geoffroy, on notait la présence de Philippe Ravon (expert) assisté de Christine Chaton, Geneviève Baume (expert en bijoux), Stéphane Girardot (expert en horlogerie ancienne), Daniel Grenier (expert en dessin), Pierre Yves Machault (expert en tapisserie).

• Si les tableaux ont trouvé des acquéreurs, les bijoux ont quelque peu été boudés…

Samuel Champlain :
Explorateur, 
sans jamais avoir été Gouverneur…


Vendredi dernier à Brouage, La Nouvelle France était à l’honneur avec la présentation de l’ouvrage de Christian Morissonneau, intitulé 
“Le rêve américain 
de Champlain” paru 
aux éditions Hurtubise.



Christian Morissonneau voue une grande admiration à Samuel Champlain. La parution de son nouvel ouvrage coïncide avec deux dates importantes : le 400e anniversaire du passage de Champlain dans la vallée du Richelieu en 1609, événement qui détermina notamment les alliances franco-amérindiennes et le 250e anniversaire de la bataille de Québec dans les plaines d’Abraham.
L’universitaire québécois a fait de minutieuses recherches afin d’offrir aux lecteurs des détails inédits sur la vie de ce soldat aventurier, né à Brouage aux alentours de 1570. Pour l’auteur, il est aux antipodes de Jacques Cartier qui incarne l’échec de la France. Pire, la braderie s’est terminée en 1803 quand Napoléon a vendu ses territoires américains (Louisiane) aux États-Unis pour 15 millions de dollars.
Et d’ajouter : « Si la France avait compris l’importance géopolitique des régions d’Amérique, ce n’est pas l’anglais qu’on parlerait aujourd’hui dans le monde, mais la langue de Molière !».

Unir Amérindiens et Français

Champlain croyait en ces terres nouvelles. Il arrive à Tadoussac en 1603. Avec Dugua de Mons qui a le soutien des Grands du royaume, il organise le commerce des fourrures (l’eldorado poilu !) et crée les premières habitations. Les arrivants sont surtout des volontaires.
Champlain effectue 23 traversées au total et malgré sa présence sur le terrain, il se contente d’être « le représentant de », sans jamais obtenir le titre de gouverneur. « Champlain est l’employé de Dugua de Mons qui a la chance d’être noble. Les hommes qui succéderont à Champlain le seront tous et, en conséquence, seront gouverneurs » explique Christian Morissonneau. On voit bien apparaître un “de“ entre Samuel et Champlain, mais il est plutôt de circonstance.
Champlain poursuit de nombreux desseins dont celui de se rendre en Chine. Le malheureux ignore qu’il est fort mal placé pour s’y rendre !
L’un de ses atouts est d’être géographe et dessinateur. Attentif au monde qui l’entoure, il réalise cinq volumes, 33 cartes et consigne tout ce qu’il voit. Il est courageux (il parcourt 35 000 km) et humaniste puisqu’il ne considère jamais les Amérindiens comme l’ont fait les Espagnols qui ont pillé et méprisé les autochtones. Au contraire, il rêve d’une communauté réunissant les deux populations. « Alors, nos garçons se marieront avec vos filles et nous ne serons plus qu’un peuple » dit-il lors d’un rassemblement en 1633 à Québec.

Cette “nation métisse“, où la société nouvelle sera faite de petits propriétaires terriens, libres et égaux, s’arrête le 25 décembre 1635, jour de sa mort…


Photo 1 : Christian Morissonneau avec Jean Glénisson, historien et Michel Servit, conseiller général de Royan

Photo 2 : Avec Xavier de Roux et Jean Glénisson

Photo 3 : Un public intéressé réuni à la Maison Champlain de Brouage

Photo 4 : Avec le conseiller général de Marennes, M.Pellacœur, représentant Dominique Bussereau, président du Conseil Général

Photo 5 : Samuel Champlain, un excellent sujet de discussion !

• L'info en plus :


Pas de date de naissance certaine, pas de portrait, pas de tombeau : le mystère Champlain reste entier. Nombreux ont recherché sa sépulture à Québec. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’a jamais été retrouvée. On connaît mieux Dugua de Mons né à Royan et enterré au château d’Ardennes à Fléac, près de Pons.

Photos Nicole Bertin