jeudi 13 décembre 2018

Saintes : Noël avant l'heure avec le Conservatoire dont un projet artistique dédié à la musique de jeux vidéo


Fidèle à sa tradition, le Conservatoire offre deux concerts de Noël et un goûter : 

• Samedi 15 décembre, concert de Noël 17 h à l'Abbatiale de l’Abbaye-aux-Dames, le chœur Icilaba, les classes d’éveil musical, la classe d’orgue et l’ensemble à cordes junior se retrouvent pour célébrer Noël dans la plus pure tradition musicale. Au programme, en alternance avec des œuvres de musique classique, une sélection de mélodies et de chants de Noël qui résonneront partout pendant cette période de fête et que le public pourra reprendre en chœur pour le plaisir des petits et des grands.

• Mercredi 19 décembre, goûter de Noël : chocolat chaud, jus de fruits et brioche seront au rendez-vous de ce moment gourmand offert aux élèves et à leurs familles par l’association des parents d’élèves du Conservatoire de 15 h 30 à 17 h 30 à l'espace Béatrix, 3ème étage.

• Concert de Noël à 18 h à l'espace Mendès France :  Projet artistique dédié à la musique de jeux vidéo

Les ensembles de guitares se produiront en première partie, puis les orchestres d’harmonie et un ensemble flûtes et percussions se réuniront autour d’un projet artistique dédié à la musique de jeux vidéo. Ce thème d’actualité, cher à notre jeune génération, a été orchestré par Pierre Dagois, percussionniste, artiste-enseignant au conservatoire, lui-même familier de ce répertoire, dans le but d’inciter les élèves à travailler leur instrument sur un sujet qu’ils aiment et qu’ils ont plaisir à reproduire. Séduits par cette proposition innovante, les jeunes élèves ont travaillé avec entrain des partitions aux rythmes élaborés et accomplis de réels progrès, qui seront à l’honneur lors de ce concert.

• Informations pratiques : Sans réservation - Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles - Renseignements : 05 46 92 50 80

mercredi 12 décembre 2018

Saint-Aigulin : concert d'Avant Noël dimanche 16 décembre

Dimanche 16 décembre à 16 h, en l'église Saint-Fort, l'Association les Amis de l'Orgue de Saint-Aigulin accueille, pour son concert d'Avant Noël, l'Ensemble Vocal Adagio et l'Ensemble Instrumental Villa Bohême. Premier violon : Bernard Milon, œuvres a capella, orgue et orchestre, orgue : Jean-Baptiste Furet, direction : François Laurent. 

Un concert exceptionnel à ne pas manquer ! L'Ensemble Vocal Adagio, de Montpon-Ménestérol, est composé de quarante-quatre choristes et de leur organiste attitré. Il y a aura également l'ensemble instrumental " Villa Bohême", avec sept musiciens, qui conduira le public dans un moment d'évasion musicale.


• Entrée = 15 € (gratuit jusqu'à 16 ans), église chauffée 

Jonzac/Eglise Saint-Gervais : Les Petites Perles d’Odessa chantent Noël dimanche 16 décembre


L’Association Arts et Spectacles en Haute-Saintonge invite le chœur « Les Petites Perles d’Odessa » pour un concert exceptionnel dimanche 16 décembre à 16 h à l’église Saint-Gervais de Jonzac. Ce chœur d'enfants a participé au Festival de la Voix au mois d'avril dernier. Son répertoire de musique folklorique ukrainienne et musiques du monde a ravi le public lors de ses prestations à Royan, Aulnay et à Pons.

Cette fois-ci, les jeunes choristes reviennent avec leur joie et leur gaité nous présenter leur programme de chants de Noël ukrainiens et classiques, tels que « Ave Maria » de Charles Aznavour, « Les Anges dans nos campagnes », « Alleluia » de Mozart, etc.

• A propos du chœur « Les Petites Perles d’Odessa »

On ne pouvait trouver plus juste nom pour ce magnifique chœur composé d’une trentaine de jeunes filles et garçons, âgés de 15 à 25 ans. Son répertoire va des chants religieux orthodoxes aux grands classiques internationaux, des mélodies folkloriques aux chants de Noël, des airs d’opéras aux arrangements les plus modernes, avec un accompagnement musical.
Ce groupe vocal, l’un des plus prestigieux d’Ukraine, tantôt en costumes traditionnels, tantôt en tenues modernes, offre aussi un véritable spectacle, ordonné par leur chef de chœur, Larissa Garbuz. Diplômée de l’Académie Nationale de Musique d’Odessa, professeur à l’Opéra National, Larissa Garbuz a fondé le chœur en 1984 et, depuis lors, a dirigé plus de 2 000 concerts.
En Ukraine, « Les Petites Perles d’Odessa » sont des habituées des studios de radio-télévision et ont fait des concerts dans une vingtaine de pays étrangers, y compris en Asie (Hong-Kong, Corée du Sud, Chine et Taïwan). La liste des récompenses obtenues au fil des ans est impressionnante. Prague, Rome, Budapest, Séoul, Pékin, le Pays de Galles, Paris bien sûr, ont vu triompher ce chœur qui surprend par son dynamisme et sa jeunesse. Dernier trophée en date : le premier Prix des « Sylver Bells » à Daugavpils, en Lettonie.

Ce chœur se produira également samedi 15 décembre à l’église de St-Savinien à 20 h 30
Tarif :10€ / - 16 ans gratuit - Réservations au 05 46 48 25 30


Programme du concert :

• Part 1
P. Tchaikovsky, extraits du ballet “Nutcracker”
K. Jenkins “Adiemus”                                                                         
A. Mozart “Alleluia”
S. Frank  “Panis  angelicus”
B. Coulais 2 chants extraits de films « Les Choristes » :
*  “Vois sur ton chemin” *Les Avions – Cerf-Volant
J. Wiliams : « Home alone », « Some where in my memory » and « Merry Christmas »
F. Gruber “Douce nuit”
I. Berlin  “White  Christmas”
French Christmas song “Les Anges dans nos  campagnes”
American Christmas song “Jingle  bells”

• Part 2
1. G. Rossini  “Tarantella napoletana”
2. E. Morricone, Italian lyrics by C.Ferrale “Nella Fantasia”
3.Words & music (traditional) arranged by M. Shaiman “Hail holy queen” from film “Sister, act”
4.Ch. Aznavour “Ave Maria”
5. Chant ukrainien traditionnel “Oh, Gypsies stood on hill”
6. “What wealthy women have”
7. “Marusya”
8. F. Sartori, parole di L.Quarantoto  “Con te partiro »
9. “Méditerranée


Jonzac : Bourse aux jouets anciens et de collection dimanche 16 décembre au centre des congrès

 

Pour sa 18ème édition, la Bourse aux Jouets anciens et de collection s'installe de nouveau au centre de Congrès de Jonzac pour la plus grande joie des exposants et des visiteurs.

C'est un véritable musée vivant du jouet ancien qui vit le temps d'une journée, où toutes les générations aiment se retrouver pour partager cet intérêt pour le jouet d'autrefois. Voici un merveilleux domaine qui regroupe trains électriques, autos, avions, automates, miniatures, jouets tôles, Meccano... mais aussi des figurines des héros de BD, des collections de légo ou de playmobil, des jeux de société de nos parents ou grands-parents

Que vous soyez collectionneur, passionné, amateur ou simplement curieux, la pièce que vous recherchez ou le joujou de votre enfance est peut-être là.
Alors rendez-vous le 16 décembre prochain au Centre de Congrès de Jonzac pour cette animation incontournable de la fin d'année jonzacaise.

Entrée gratuite

• Rens. et inscription exposants (particuliers et professionnels) auprès de l'office de tourisme de Jonzac - tél 05 46 48 49 29 - tourisme@villedejonzac.fr

Etat de catastrophe naturelle suite à la sécheresse

Suite à des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, l’arrêté ministériel du 27 novembre 2018 publié au Journal Officiel du 7 décembre 2018 reconnaît l’état de catastrophe naturelle les communes suivantes :

• Mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols du 1er janvier 2017 au 30 juin 2017 : communes de Breuil-Magné, Cercoux, Chaillevette, Marsilly, Montendre, Rochelle (La), Saint-Agnant, Saint-Jean-d’Angle.

• Mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols du 1er avril 2017 au 30 juin 2017 : communes de Barzan, Breuillet, Château-d'Oléron (Le), Clérac, Clotte (La), Corignac, Dolus-d'Oléron, Échillais, Épargnes, Étaules, Médis, Rochefort, Royan, Saint-Georges-de-Didonne, Saint-Georges-d'Oléron, Saint-Palais-sur-Mer, Vergeroux, Yves.

• Mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols du 1er avril 2017 au 30 septembre 2017 : commune de Taugon.

• Mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols du 1er avril 2017 au 31 décembre 2017 : communes de Courçon, Marans, Ronde (La), Saint-Jean-de-Liversay.

• Mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2017 : commune de Cramchaban.

Les sinistrés disposent d’un délai de 10 jours, à compter du 7 décembre 2018, date de publication de l’arrêté, pour déposer un état estimatif de leurs pertes auprès de leur compagnie d’assurance.

Vigipirate : urgence attentat renforcement de la sécurité en Charente-Maritime

Communiqué de la Préfecture :

A la suite de l’attentat commis hier à Strasbourg à proximité du marché de Noël, la cellule interministérielle de crise, le Gouvernement a décidé de relever la posture du plan vigipirate au niveau « Urgence Attentat » sur l’ensemble du territoire national.
En Charente-Maritime, le préfet Fabrice Rigoulet-Roze a réuni les chefs de service des forces de sécurité intérieure et leur a demandé de renforcer sans délai la surveillance des rassemblements grands publics et de l’ensemble des lieux à forte fréquentation.
Il a demandé également la mise en place de contrôles renforcés à l’aéroport et dans les gares. Le préfet mobilise les maires pour qu’ils prennent toutes les mesures utiles pour renforcer la sécurisation des sites sensibles et des marchés de Noël ; ainsi que l’ensemble des gestionnaires d’établissements recevant du public, et notamment les centres commerciaux, afin qu’ils adaptent leurs propres dispositifs de vigilance et de sécurité.
Le préfet appelle chacun à faire preuve de la plus grande vigilance afin de détecter tout comportement suspect. En étant attentif à son environnement quotidien, chacun peut remarquer et signaler des faits, objets ou comportements pouvant indiquer un possible passage à l’acte.
• Il convient d’appeler les forces de sécurité intérieure au 17, 112 ou 114 (pour les personnes ayant des difficultés à entendre et à parler).

Saintes : les gilets jaunes s'invitent au conseil municipal

Arrivée en nombre, mardi soir au conseil municipal, des gilets jaunes qui ont réclamé une salle de réunion. Avec un ultimatum « avant vendredi »...

Le maire reçoit les gilets jaunes dans la salle du conseil

Le conseil municipal du 11 décembre a connu de nombreux épisodes à commencer par l'élection de Dominique Deren au poste d'adjointe aux sports en remplacement de Bruno Drapron, démissionnaire. Les observateurs attendaient Nicolas Gazeau pressenti à ce poste. Premier coup de théâtre si l'on peut dire avant la délibération 37 où Jean-Philippe Machon a été désavoué par une partie de sa majorité sur la vente de droits immobiliers à la Semis concernant des immeubles de la ville.

Interruption du conseil municipal par Jean-Philippe Machon. Arrivée des gilets jaunes

Les gilets se retrouvent dans la salle du conseil



Entre les deux, une interruption de séance. Les gilets jaunes ont fait une apparition remarquée et en force, arrivée à laquelle on pouvait s'attendre, des policiers étant présents. Dehors, il faisait plutôt frisquet et ils ont demandé à entrer. Dans un premier temps, Jean-Philippe Machon a reçu les porte-paroles dans le grand couloir qui comporte les noms des maires de Saintes avant de les laisser tous entrer dans la salle du conseil. Certains ont alors pris la place des adjoints aux côtés du maire qui les a écoutés avec attention. Une scène inhabituelle mais une ambiance calme et apaisée, les gilets jaunes s'engageant à transmettre leur message rapidement pour permettre au conseil de poursuivre son ordre du jour.
Que demandent-ils ? Une salle de réunion, « la salle de sports du terrain blanc leur convenant ». Jean Philippe Machon a confié cette mission à son adjoint, Marcel Ginoux, soulignant au passage que l'occupation des salles municipales était importante en cette période de Noël. « Nous allons regarder ce qu'il est possible de faire » dit-il. Les gilets jaunes souhaitent une réponse avant vendredi, d'autant que leur première demande a été formulée voici plusieurs semaines.

Les gilets prennent la parole et demandent une salle pour se réunir

Proposer une salle avant vendredi...

Jean-Philippe Machon et les gilets jaunes : un échange apaisé et cordial

Nous ne doutons pas que la mairie trouvera une solution pour que les gilets jaunes puissent se rassembler dans un local suffisamment spacieux. Le choix entre deux salles devrait être proposé dès mercredi après-midi par Marcel Ginoux à une délégation de gilets jaunes. A noter que la Récluse avait été l'une des "offres" premières de la municipalité.

Les gilets jaunes ont fait passer leur message. Dehors, ils chanteront la Marseillaise
Un brin de conversation avec le public !

 © Photos Nicole Bertin

Saintes/Jonzac/Montendre : Des commerçants tirent la sonnette d'alarme aux gilets jaunes

De nombreux commerçants, qu'ils soient de Saintes, Jonzac, Montendre (et d'ailleurs) demandent aux gilets d'écouter leur détresse et la situation critique dans laquelle ils se trouvent depuis le 17 novembre. En effet, et bien que les ronds-points ne soient plus bloqués, de nombreux automobilistes hésitent à les franchir et se rendre en ville pour faire leurs achats. Dès lors, certains chiffres d'affaires, surtout en cette période de Noël, sont en chute libre. Cette situation peut avoir des retombées économiques très négatives et entraîner des chômages partiels. Ainsi, Bruno d'Inter Caves (Saintes) a lancé ce SOS sur les réseaux sociaux.


Des commerçants ont adressé ce message aux gilets jaunes : « Nous citoyens français commerçants et restaurateurs, en avons marre des gilet jaunes ! Pas que nous soyons contre eux, mais si le climat d'incertitude et de violence persiste, nous allons tous mettre la clé sous la porte et faire des chômeurs de plus. Lundi, Emmanuel Macron a annoncé des mesures constructives et réalistes et le lendemain, nous sommes encore bloqués. Nos clients se font de plus en plus rares dans nos établissements. Si vous continuez votre mouvement qui ne veut plus rien dire, nous allons tous le regretter ! La France dépend de l'Union Européenne, les revendications que vous demandez ne sont pas possibles, ni réalistes. La France, pour votre gouverne, empreinte des sommes énormes à l'Europe pour payer nos fonctionnaires et autres besoins. En cette période, faites preuve de solidarité envers des personnes qui sont comme vous ».  

• A noter pour ceux qui craignent d'emprunter les ronds-poins qu'il n'y a pas de blocage dans la région. N'hésitez donc pas à aller faire vos courses dans vos magasins habituels. Une France forte est une France unie !

Saintes/Semis : Sale temps pour le maire, Jean-Philippe Machon, désavoué par sa majorité...

Le maire semble avoir perdu la main si l’on en croit le vote de la délibération 37…


Cette question, qui était l’une des dernières du conseil municipal du 11 décembre, traitait de la vente de droits immobiliers à la Semis, cession estimée à 2,8 millions d'euros. Une façon de récupérer d'importantes liquidités nécessaires aux finances de la ville. S’étant retiré lors du vote de la délibération 37 (car il président du conseil d'administration de la Semis), Jean-Philippe Machon a eu un choc quand il a découvert les résultats : 16 voix contre et 12 pour. Il a compris qu’il n’avait plus la majorité au sein de son équipe, une partie s’étant alliée à l’opposition sur cette délibération. Choqué, il a encaissé le coup, qualifiant ce vote « d’irresponsable et de défiance ».

• Point 37 : Rachat des droits immobiliers par la Semis portant sur des bâtiments de la ville de Saintes

La Semis gère un parc immobilier appartenant à la Ville de Saintes par l'intermédiaire de baux emphytéotiques. Rappelons ce qu’est un bail emphytéotique : « De longue durée, de 18 ans à 99 ans, il s'agit d'un droit réel immobilier entre le propriétaire (la Ville de Saintes) et l'emphytéote (la Semis). L'emphytéote peut conclure des contrats de bail avec des locataires pour des locaux à usage d'habitation, il doit payer la taxe foncière, il a le droit d'apporter des améliorations ou faire des constructions qui augmentent la valeur du bien, il n'a pas le droit de les détruire. L'emphytéote ne peut pas vendre le bien immobilier puisqu'il n'en est pas propriétaire. A l'issue du bail emphytéotique, les constructions ou améliorations réalisées par le locataire (Semis) deviennent la propriété du bailleur (Ville de Saintes), en principe sans indemnité, sauf clause contraire. Le bail emphytéotique est très utilisé par les collectivités locales ». Ces programmes immobiliers appartenant à la Ville de Saintes, la Semis est mandatée par l'intermédiaire de ce type de bail pour en gérer la location, l'entretien, l'encaissement des loyers.

Le point 37 du conseil municipal prévoyait le rachat de ces droits par la Semis. Une liste a été établie de 23 programmes immobiliers, regroupant 205 logements. Les Domaines ont été consultés, leur estimation pour l'ensemble de ces biens est de 2 858 700 €.

Les immeubles concernés
La volonté du maire ou la volonté de la Semis ?

Lorsque la question est examinée (aux alentours de 22 h pour un conseil qui a commencé à 18 h), Jean-Philippe Machon, également président du conseil d'administration de la Semis, quitte la salle ainsi que les autres administrateurs Christian Schmitt, Gérard Desrente, Françoise Bleynie et Nelly Veillet pour éviter tout conflit d'intérêt. Marie-Line Cheminade, en sa qualité de première adjointe (pour peu de temps puisqu’elle a annoncé sa démission de cette fonction), préside la délibération.

Rapporteur de la délibération, Jean Engelking présente le détail de ces rachats et ses objectifs : recentrer les métiers, donner la possibilité à la Semis de revendre certains logements en accession à la propriété.

Jean Engelking entre Dominique Deren et Bruno Drapron
Membre de l’opposition, Serge Maupouet explique son point de vue sur ces rachats. « L'intention du maire est de faire racheter par la Semis les droits immobiliers de ces biens, en conséquence de mettre un terme à ces baux emphytéotiques pour que la Semis en soit dorénavant propriétaire ». Il rappelle que Jean-Philippe Machon, en sa qualité de maire de Saintes, est également président de la Semis puisque la ville en détient une majorité des parts. En conséquence, il estime que « la volonté est donc celle du maire qui préside le conseil d'administration de la Semis et pas celle de la Semis, contrainte de procéder à ces achats et trouver des financements pour acquérir l'ensemble de ces programmes immobiliers, se retrouvant dans l'obligation de s'endetter sur une période de 35 ans pour près de trois millions d'euros ».

Serge Maupouet, membre de l'opposition
Et d’ajouter : « Nous sommes dans un nouveau contexte législatif compliqué pour les bailleurs sociaux avec la mise en place de la loi ELAN. Par exemple, la loi ELAN a mis en place le RLS  - Réduction du Loyer de Solidarité - permettant à la CAF de faire des économies en diminuant le montant de l'APL, diminution intégralement compensée par le RLS imposé aux bailleurs sociaux pour que les bénéficiaires de la CAF ne soient pas pénalisés. Cette mesure va peser dans le budget de la Semis qui sera contrainte de ralentir les rénovations des logements. Le choix de cet investissement lourd imposé par la municipalité rajouterait des difficultés à la Semis et pourrait mettre en danger l'avenir de la structure. L'intérêt de ces cessions est principalement celui de la Ville de Saintes qui ainsi va bénéficier de liquidité immédiate pour financer les projets actuels du maire ».

L’élu rappelle que ce n'est pas la première fois que le conseil municipal fait racheter des biens immobiliers par la Semis : « En juillet 2017, le conseil municipal a validé la cession du lotissement Le Barrot à la Semis pour un montant de 1 000 000 €. Ce programme immobilier était propriété de la Ville de Saintes, géré par la Semis, loué à la gendarmerie d'autoroute. C'est aujourd'hui la Semis qui en est propriétaire. Elle est dorénavant dans l'obligation d'investir plus de 700 000 € de travaux pour la mise aux normes de ces logements ».

Le maire désavoué par sa majorité

Les arguments exposés par Serge Maupouet retiennent l'attention de la majorité. Onze élus demandent alors un vote à bulletins secrets. Le résultat est sans appel : 1 nul, 1 blanc, 12 pour, 16 contre. Le point 37 portant sur le rachat par la Semis de 2,8 millions d'euros de biens immobiliers est rejeté par le conseil municipal.

Revenant dans la salle du conseil, le maire et les quatre conseillers reprennent leurs places respectives. Marie-Line Cheminade annonce au premier magistrat que le point 37 n'a pas été validé. Surpris, Jean-Philippe Machon ne cache pas sa déception et déplore « un vote irresponsable, un vote de défiance au conseil d'administration de la Semis qui va à l'encontre de l'intérêt des Saintais. J’en saisis mal les raisons, il va à l'encontre de la baisse de l'endettement de la ville. Ce vote est totalement incompréhensible pour moi ».

Une nombreuse assistance, comme à l'habitude
Municipales en vue ?

Il s’agit de la première "vraie" fronde d’une partie des conseillers municipaux de la majorité, prévisible au nombre de démissions (les adjoints Fanny Hervé, Jean-Claude Landreau) et de remise de délégations (Dominique Deren, Bruno Drapron, Marie-Line Cheminade). Le dernier conseil avait montré des craquements. La vente du site Saint-Louis au groupe Linkcity, en particulier, est restée en travers de la gorge d’un certain nombre d’habitants. Cette fois, la faille est réelle entre Jean-Philippe Machon et une partie de ses co-listiers. L'élaboration du budget 2019 risque de se compliquer par le manque de 2,8 millions d'euros dans les finances de la ville. Ne nous voilons pas la face : cette "dissidence" annonce clairement les élections municipales de 2020 !

 CJ. Rufus

mardi 11 décembre 2018

Mortagne : Le patron du restaurant Le 1407 agressé par un ancien salarié de la Pizzeria Les Corsaires

Société de Restauration de l’Estuaire : 9 dossiers de plaignants aux Prud’hommes de Saintes

Dimanche soir, les habitants de Mortagne ont vu arriver pas moins de six véhicules de gendarmerie dans la rue du port. Cette arrivée a suscité une certaine émotion ! Une altercation se serait produite entre le gérant de la Société de Restauration de l’Estuaire, Serge Bondon, et l’un de ses anciens salariés Patrick G., pizzaïolo aux Corsaires, lequel a été placé en garde à vue.

PG était pizzaïolo aux Corsaires, à Mortagne, dont est responsable Serge Bondon
Cette affaire étant en cours, il manque des informations pour bien la comprendre. Que sait-on pour l’instant ? Dimanche en fin de journée, P.G. se disant ancien salarié de la Société de Restauration de l’Estuaire, mais travaillant pour la pizzeria Les Corsaires à Mortagne, se serait introduit à la Charmille, propriété de Serge Bondon, son ex-employeur. Il serait venu lui réclamer à la fois des sommes non versées, des documents administratifs liés à son contrat de travail et le remboursement de matériels achetés par ses soins pour le restaurant. Une altercation se serait produite dont l’enquête déterminera les faits exacts. Serge Bondon aurait alors échappé à son agresseur et se serait enfermé. P.G. serait reparti sans avoir obtenu gain de cause. Alertée, la gendarmerie s'est rendue en force sur le terrain.
P.G. s’est rendu aux forces de l’ordre lundi après-midi. L’affaire est instruite par le parquet de Saintes.

Plusieurs sociétés

Si les faits de violence sont condamnables, cette affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît. En effet, P.G. aurait été recruté par la Société de Restauration de l’Estuaire immatriculée en mai 2016 au capital de 50.000 euros (elle comporte trois gérants mandataires SB Investissements, gérant, Strego Audit, commissaire aux comptes titulaire et Sacopal, commissaire aux comptes suppléant). Serge Bondon, qui représente SB investissements, est gérant de cette société qui supervise les restaurants Le 1407 et chez Gigi sur le port de Mortagne. Elle est actuellement placée en redressement judiciaire, dossier suivi par Me Sylvie Devos-Bot (depuis février 2018).
La pizzeria les Corsaires, quant à elle, est gérée par la SAS les Corsaires, au capital de 1000 euros, dont le président est un retraité de Nieulle-sur-Seudre, Jean-Marie Roiron. La société a été immatriculée en mars 2017 après du RC de La Rochelle. Suivant une assemblée générale datée du 9 mai 2017 (soit deux mois après la première immatriculation), a été décidé le transfert du siège social de la rue de la Sartière à Nielle-sur-Seudre au 8 rue de la Charmille à Mortagne, domicile de Serge Bondon qui apparaît dès lors comme président de ladite société. La date de prise d’effet est mentionnée au 9 mai 2017, mais l’annonce légale ne sera publiée dans le journal Le Littoral que le 26 janvier 2018, soit 9 mois plus tard. Les murs des Corsaires, quant à eux, appartiennent à la SCI de la Seudre immatriculée en mai 2017 dont le président est Jean-Marie Roiron (Nielle-sur-Seudre).

Apparemment, bien que se prétendant de la Société de Restauration de l’Estuaire, P.G. a travaillé aux Corsaires en 2017 et après la fermeture hivernale en 2018. Selon un témoignage, PG aurait quitté son poste en juin 2018 car n'ayant pas été payé. Dès lors, ses requêtes ne semblant pas être entendues par Serge Bondon, son patron, P.G aurait sollicité l’assistance du Tribunal de Commerce et les conseils de Me Devos Bot. En vain. Dimanche soir, il est malheureusement sorti de ses gonds, drame qui aurait sans doute pu être évité par une médiation instaurée.

9 dossiers aux Prud’hommes

Aux Prudhommes de Saintes, 9 ex-salariés de la Société de Restauration de l’Estuaire que gère Serge Bondon ont saisi le tribunal et sont en attente de jugement. Un autre dossier a été jugé en février 2018 où il a été reconnu que le plaignant devait être indemnisé de plus de 7000 euros. Aujourd’hui, des questions se posent sur les « ponts » qui pourraient exister entre la Société de Restauration de l’Estuaire et la SAS les Corsaires, lesquelles sont censées être distinctes l'une de l'autre. Pour mémoire, rappelons la définition de la « banqueroute (délit pénal) qui consiste pour un commerçant, artisan, agriculteur ou dirigeant de société commerciale en des faits de gestion frauduleuse alors qu'il est en état de cessation des paiements ».

Il semblerait également que les plaignants ayant saisi les Prud’hommes ne disposent pas de tous les papiers leur permettant de faire valoir leurs droits, ce qui les plonge dans l’embarras (en clair, sans documents justifiant leur emploi dans l’entreprise, ils ne peuvent prétendre à aucune indemnité). Seule une décision judiciaire plus poussée permettrait d’éclaircir leurs situations respectives…

lundi 10 décembre 2018

Emmanuel Macron annonce une augmentation mensuelle du SMIC de 100 euros

En ce lundi soir, l'intervention du Président de la République était attendue en réponse aux gilets jaunes qui manifestent depuis le 17 novembre pour une revalorisation de leur pouvoir d'achat. Son intervention suffira-t-elle à calmer les esprits ?  Réponse dans les jours qui viennent. On saura alors si le Président a été "compris"...

Emmanuel Macron : « Nous voulons une France où on peut vivre dignement de son travail »
Après avoir condamné les violences qui ont marqué les samedis d'un sceau noir à Paris et en province - « aucune colère ne justifie qu'on s'attaque à un policier, à un commerce » - Emmanuel Macron a prôné le calme républicain. Conscient que la détresse des familles modestes « que nous avions fini lâchement par oublier » ne date pas d'aujourd'hui, il rappela que son seul combat était pour les Français et « notre seule bataille pour la France ». 
Afin de répondre au malaise social, quatre mesures entreront en vigueur dès 2019 : augmentation du SMIC de 100 euros par mois (qui s'ajoute à la revalorisation légale au 1er janvier qui est d'environ 1,8%, soit une trentaine d'euros) ; défiscalisation des heures supplémentaires, annulation de la CGS pour les retraites inférieures à 2000 euros et versement par les entreprises qui le souhaitent d'une prime de fin d'année à leurs salariés (défiscalisée elle aussi).
Le président a profité de cette allocution pour faire son mea culpa tant sur son silence que son attitude jugée parfois distante : « je vais être clair avec vous. Ma légitimité, je ne la tire d'aucun parti, ni cotterie. Je ne la tire que de vous ». Ses maîtres-mots sont réconcilier, entraîner et bien sûr sortie de la crise « tous ensemble ». Il ne reviendra pas sur l'ISF , insistant pour que les grandes entreprises faisant des profits en France y paient leurs impôts.
Prochainement, un débat s'ouvrira dans les territoires : « nous devons nous rassembler pour aborder toutes les questions essentielles à la nation (dont l'urgence climatique et l'immigration). Admettant que l'Etat est trop centralisé depuis des décennies, il se rendra dans chaque région à la rencontre des acteurs locaux, dont les maires. « Nous vivons un moment historique. Par le dialogue, le respect et l'engagement, nous réussirons ». 

On saura rapidement si le courant a passé entre Emmanuel Macron et les gilets jaunes. En cette période de Noël, chacun souhaite un prochain samedi calme et sans affrontements...

Saintes : Rencontre pour la sauvegarde du site Saint-Louis organisée par le Club Citoyen

Communiqué du Club citoyen : Dans la mesure où la maire a repoussé au 8 janvier 2019 (soit après le délai de recours contre le conseil municipal du 7/11/18) la consultation des citoyens à propos du devenir du site Saint-Louis, le Club Citoyen a décidé d'organiser sa propre réunion publique le 13 décembre à 20 h à l'Auditorium de la salle Saintonge. Tous les habitants et amoureux de Saintes sont invités à venir débattre et à se mobiliser pour sauver le cœur historique de notre ville du béton.
Lors de la réunion préparatoire du Club Citoyen du 6 décembre, nous avons fixé un objectif pour le débat public de jeudi prochain : obtenir l'arrêt de la vente du site Saint-Louis à Linkcity, filiale du groupe Bouygues, en ce concentrant sur les aspects techniques, administratifs et juridiques de l'affaire.
Ce premier débat citoyen se déroulera en présence d'éminents historiens, archéologues, architectes, naturalistes, avocats... pour répondre à toutes vos questions. Nous prévoyons de tenir une deuxième réunion citoyenne en début d'année prochaine afin d'élaborer un projet alternatif à partir des souhaits dument exprimés par la population que nous allons consulter dans son ensemble.
Venez et appelez à venir nombreux pour débattre d'un sujet dont dépend l'avenir de notre cité jeudi 13 décembre Salle Saintonge, 11 rue Chapsal à Saintes.

Saintes : gratuité exceptionnelle du stationnement

 En réponse aux concertations régulièrement engagées avec les commerçants du centre-ville, et en cohérence avec sa politique de dynamisation du Cœur de Ville, la Ville de Saintes a décidé d’instaurer une gratuité exceptionnelle du stationnement sur plusieurs périodes charnières de cette fin d’année


 Les automobilistes avaient ainsi pu stationner totalement gratuitement en zone règlementée lors du week-end « Black Friday » les 23 et 24 novembre derniers. A l’occasion des Fêtes des Noël, une seconde période de gratuité totale est offerte par la Ville du lundi 17 au mardi 25 décembre prochains. Enfin, le début d’année permettra également de bénéficier d’une entière gratuité du stationnement à l’occasion des soldes d’hiver, du mercredi 9 au samedi 12 janvier 2019

Renseignements : www.ville-saintes.fr

Blocage des dépôts pétroliers de La Rochelle - La Pallice

Le Préfet condamne « des agissements irresponsables »

Dimanche 9 décembre après-midi, un blocage des dépôts pétroliers de La Rochelle – La Pallice a de nouveau été organisé, avec constitution de barricades (de palettes et de pneus) destinées à empêcher l’accès au site. Les policiers de la direction départementale de la sécurité publique et un escadron de gendarmes mobiles ont été déployés hier soir pour mettre un terme à cette action

 
Lors de leur intervention, les forces de l’ordre ont rencontré l’opposition des manifestants qui leur ont jeté divers projectiles après avoir mis le feu aux barricades. Divers obstacles (clous, huile de moteur) avaient été mis sur la chaussée pour ralentir la progression des forces de l’ordre. Lors de leur arrivée, les barricades installées ont été successivement enflammées par des manifestants. Les sapeurs-pompiers sont intervenus conjointement avec les forces de l’ordre et ont procédé à l’extinction immédiate des foyers, de manière à garantir la sécurité du site en lien permanent avec l’exploitant. Dix personnes ont été interpellées pendant cette intervention, au cours de laquelle aucun blessé n’a été recensé.
Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de la Charente-Maritime, condamne fermement ce type d’agissements à proximité des dépôts pétroliers. Il salue le professionnalisme des policiers, des gendarmes et des sapeurs-pompiers mobilisés pour garantir la sécurité de ces installations, et rétablir leur fonctionnement normal.
Le préfet de la Charente-Maritime appelle à la responsabilité les organisateurs de manifestations sur la voie publique. Celles-ci doivent faire l’objet d’une déclaration en préfecture trois jours francs avant le dépôt de la manifestation : « tout fait de nature délictuelle donnera lieu à une intervention des forces de l’ordre et à une communication au Procureur de la République » souligne-t-il.

Marennes-Hiers-Brouage et Saint-Hilaire-de-Villefranche, deux communes nouvelles dans le département

A compter du 1er janvier 2019, deux nouvelles communes vont voir le jour Marennes-Hiers-Brouage et Saint-Hilaire-de-Villefranche. 

Depuis 2016, sept communes nouvelles ont été créées en Charente-Maritime. La première commune nouvelle qui verra le jour le 1er janvier est constituée des actuelles communes de Marennes et Hiers-Brouage. Elle prendra pour nom Marennes-Hiers-Brouage et aura pour siège l’actuelle mairie de Marennes située 6, rue du Maréchal-Foch. La population totale de la commune nouvelle est composée des 5 780 habitants de Marennes et des 644 habitants de Hiers-Brouage, soit 6 424 habitants.

La mairie de Marennes deviendra celle de Marennes-Hiers-Brouage
La deuxième, constituée des actuelles communes de Saint-Hilaire-de-Villefranche et La Frédière prendra pour nom Saint-Hilaire-de-Villefranche et aura pour siège l’actuelle mairie de Saint-Hilaire-de-Villefranche située 22, avenue de Saint-Jean d’Angély. La population totale de la commune nouvelle est composée des 1 243 habitants de Saint-Hilaire-de-Villefranche et des 73 habitants de La Frédière, soit 1 316 habitants.
Lors des premières séances des conseils municipaux, les nouveaux maires et adjoints seront élus jusqu’aux prochaines échéances électorales de 2020. Les personnels communaux des anciennes communes relèvent des communes nouvelles dans les mêmes conditions de statut et d’emploi. Le terme de communes nouvelles date de la loi de Réforme des Collectivités Territoriales du 16 décembre 2010. La loi relative à l'amélioration du régime de la commune nouvelle, pour des communes fortes et vivantes a été adoptée le 16 mars 2015 afin d'inciter à la création de communes nouvelles en instaurant un pacte financier qui garantit pendant trois ans le niveau des dotations de l’État aux communes fusionnant en 2015 ou 2016. La loi de finances pour 2018 a modifié certaines dispositions concernant ces dernières.
Le développement des communes nouvelles étant une priorité du gouvernement, la loi de finances pour 2018 a renforcé les incitations financières pour les communes nouvelles créées avant le 01/01/2019 : stabilité de la DGF pendant 3 ans DGF (dotation forfaitaire et dotations de péréquation) ; bonification de 5 % de la dotation forfaitaire pendant 3 ans ; Fonds de compensation de la TVA versé en année n ; priorisation pour la DETR (Dotation d'équipement des territoires ruraux) pendant 3 ans.
Il ne sera pas créé de commune nouvelle dans l'année précédant le renouvellement des conseils municipaux.

Gilets jaunes : Ce soir à 20 h, Emmanuel Macron face à son destin ?

L’heure est grave, et pour le Président de la République, et pour La République en Marche. La France est mal en point. Revendications des gilets jaunes, samedis noirs inquiétants, policiers et gendarmes épuisés, chute des chiffres d’affaires des commerçants, menaces de dépôts de bilan et chômage partiel, boutiques vandalisées, scènes de violence urbaine et image "dégradée" que renvoie la France à l’étranger. Ce soir, à 20 h, Emmanuel Macron s’adressera à la nation. Les gilets jaunes attendent de pied ferme ses déclarations

Les gilets jaunes seront-ils entendus ? (montage J.L.D Terra Incognita)
« Cette contestation, née sur les réseaux sociaux, s’arrêtera comme elle a commencé » devaient penser l’Elysée et Matignon en novembre dernier. Hors cadre, hors syndicats : quelle espérance de vie pouvait-elle avoir ? Le Gouvernement en a vu d’autres. N’a-t-il pas neutralisé la colère des cheminots et les grèves à répétition, dont ont souffert les voyageurs, n’ont pas entamé sa détermination à réformer. S’empilant strate après strate, les mécontentements étaient pourtant un signal d’alarme. Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur, savait-il que le volcan allait s’éveiller, d’où sa démission du Gouvernement ? Ou bien n’a-t-il pas été entendu ?  Peu à peu, les gilets jaunes sont apparus comme une évidente réaction, se massant autour des ronds-points et à l’entrée des autoroutes pour y faire entendre leurs voix. Celle d’un peuple ne supportant plus la hausse des taxes sur les carburants, ni la précarité.
Sourd à leurs préoccupations, Emmanuel Macron est alors devenu leur cible préférée. Jupiter recevant la foudre de ce pays qui l’a porté aux plus hautes fonctions, qui l’eût cru ? Les samedis noirs se sont succédé, à Paris et en province, sans cesse plus dévastateurs. Se mêlant aux gilets jaunes, les casseurs en ont profité pour incendier, piller, dévaliser et se filmer comme le montre cette vidéo d’un groupe qui s’introduit dans l’Apple Store de Bordeaux et embarque tout sur son passage. Téléphones et autres technologies qu’on retrouvera sur les marchés parallèles. Provocation sur le net, pied de nez aux institutions ? A quelques semaines de Noël, les commerçants sont exaspérés et des menaces de chômage partiel pèsent désormais sur des personnels.
Ces scènes violentes n’ont cependant pas réussi à ternir l’image des gilets jaunes « modérés » auprès de l’opinion. Edouard Philippe a bien essayé d’éteindre l’incendie. En vain.
Pour Emmanuel Macron, l’heure est venue - mais bien tardivement - d’annoncer des mesures concrètes visant à faire retomber la tension. Parmi elles, devraient être annoncés une prime exceptionnelle de fin d’année versée par l’employeur, le retour à la défiscalisation des heures supplémentaires et une accélération de la baisse de la taxe d’habitation pour les ménages les plus modestes. 
Gouverner, c’est prévoir. Souhaitons que les annonces puissent répondre aux attentes des gilets jaunes. Celles-ci restent inchangées : « carburants à des prix accessibles, idem pour les denrées alimentaires, amélioration générale du pouvoir d’achat, gel du prix de l’électricité et du gaz, fin de la hausse de la CSG sur les retraites, etc ».

Des réunions de concertation, réunissant les acteurs locaux, seront organisées en province. Les mairies qui le souhaitent peuvent ouvrir un cahier destiné à recueillir les doléances des citoyens.

Voitures brûlées à Paris. Quelle publicité pour le tourisme !
Imaginer un destin collectif nouveau 
en ce début de XXIe siècle

Pour la France d’en bas, ne retenant que les aspects négatifs de son action, Emmanuel Macron apparaît tel un « père fouettard ». Il est celui qui a réduit l’allocation logement, les pensions des retraités, imposé une limitation de vitesse à 80 km générant un plus grand nombre de contraventions. Certes, il a diminué la taxe d’habitation pour les foyers les plus modestes, mais cette mesure a entraîné la majoration des impôts locaux des familles plus aisées. En effet, les collectivités (mairies, communautés de communes, etc) s'estimant lésées, ont augmenté leurs propres taux pour pallier le manque à gagner. Bref, ce qu’on a donné d’un côté a été répercuté de l’autre ! 
Au 1er janvier 2019, le Gouvernement avait l’intention d’augmenter la taxe sur les carburants (au motif de la transition écologique), plongeant les salariés se déplaçant ou travaillant avec leurs véhicules dans une situation difficile. Cette perspective est apparue comme une contrainte supplémentaire : « la goutte de carburant qui a fait déborder le réservoir » soulignent les gilets jaunes.

Les classes "laborieuses" sont habituellement résignées. Est-ce la personnalité même d’Emmanuel Macron qui a déclenché leur courroux ? Ses fameuses petites phrases, souvent incisives, et son attitude distante sont-elles à l’origine du fossé qui s’est creusé entre l’homme à qui tout réussit et ceux qui cherchent en lui un soutien quasi paternel… et ne le trouvent pas ?

En 2016, Emmanuel Macron a bénéficié d’une conjoncture favorable pour entrer en scène, profitant de la baisse de popularité de François Hollande et la lassitude des citoyens, contraints de choisir à chaque élection entre la droite et la gauche au rythme du balancier. Lui-même a été socialiste avant de rejoindre le cabinet du président de la République François Hollande en 2012. Dans la jungle politique, il a été audacieux, écartant par une fine stratégie les lianes tressées par les Républicains et les Socialistes. Il s’est mis en marche en affaiblissant les grandes formations qui ont alors offert des marges de manœuvre à La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon et surtout à Marine le Pen, responsable du Front National. Sans les démêlés de François Fillon avec la justice (au moment opportun pour ses opposants), la droite traditionnelle aurait du remporter la Présidentielle de 2017. Le scandale qui a entouré l’affaire Fillon a largement contribué à semer le doute dans les isoloirs. Sans casserole, autrement dit presque vierge, Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de l'élection et a triomphé (sans gloire) au second devant le F.N.

Pour la première fois, Les Français ont un président qui n’a jamais occupé de fonctions électives, maire, conseiller départemental, sénateur ou député. Idem pour les parlementaires portant sa bannière, issus pour la plupart de la société civile. Souvent jeunes et brillants, mais peu habitués aux agitations de la base. Ce manque d’expérience du terrain pourrait-il expliquer pourquoi Emmanuel Macron n’a pas répondu aussitôt aux attentes des gilets jaunes ? On aurait sans doute évité la "casse". Ses conseillers en communication auraient-ils manqué de discernement ? Quel effet regrettable que de voir le Premier Ministre annoncer le gel des taxes sur les carburants pour six mois, repris quelques heures plus tard par l’Elysée déclarant un gel total pour l'année 2019. D’où vient ce manque de synchronisation ?

Ce soir, l’intervention du Président de la République sera déterminante pour la suite des événements. S’il veut retrouver la position qu’il occupait jusqu’à une époque récente, il doit apparaître comme un grand chef d’Etat. Cette épreuve peut lui en donner l’occasion. Son intervention télévisée sera à double tranchant : elle peut mettre fin au mouvement des gilets jaunes ou, au contraire, lui donner un nouveau souffle de contrariétés.

Gilets jaunes (Saintes)
Face aux problèmes de notre société en pleine mutation, une page s’ouvre. Il s’agit de plaider pour une autre disposition d’esprit vis-à-vis de la production, de l’échange et de l’organisation sociale. Il appartient aux élus de la nation, puisqu’ils sont la République, d’arrêter de croire à des certitudes qui n’en sont pas, pour dominant l’histoire, imaginer un destin collectif nouveau en ce début de XXIe siècle.

Saintes : samedi soir sur les ronds-points de Diconche et la route de Rochefort

Samedi soir, une pluie soutenue, fouettée par des rafales de vent, tombe sur la cité santone. Sur les ronds-points, lumières blafardes et grands feux donnent à ces embranchements stratégiques de la circulation des allures inhabituelles

Le rond-point de la route de Rochefort. Dans l'après-midi, une marche des gilets jaunes 
avait été organisée jusqu'à la base de Paban.

Diconche


Depuis la mi-novembre, les ronds-points de Saintes sont occupés par les gilets jaunes qui s’y sont installés avec la ferme volonté d’y rester... jusqu’à obtenir gain de cause. Des cabanes y ont été construites abritant des intempéries et du froid. Du côté de la route de Rochefort, un abri assez vaste baptisé chez Dom et Lolo a été édifié « en une nuit » et des tas de palettes, apportées par un transporteur, alimentent les différents foyers.
Sur ces bouts de terrain, une communauté a vu le jour, « une fraternité » disent certains, des liens s’étant tissés entre des personnes qui ne se connaissaient pas. Tous subissent les mêmes galères. Les nombreuses pancartes aux inscriptions souvent rudes pour le Gouvernement sont sans surprise. Ici, la cible est Emmanuel Macron, « le président des riches » qui n’entend pas la France d’en bas. Ou si peu (du moins en apparence) au point que le mouvement résiste en l’attente d’un chapelet d’annonces propices à estomper la morosité.

Rond-point de Diconche

Circulation ralentie en ce samedi soir
Les gilets jaunes déclarent « défendre l’avenir des jeunes et des moins jeunes ». Ils luttent pour obtenir un meilleur pouvoir d’achat, autrement dit vivre décemment dans un pays où l’écart entre les classes aisées et laborieuses n’a cessé de se creuser depuis des décennies. Allez dire à des salariés rémunérés au ras des pâquerettes que le chiffre d'affaires de Total a progressé à 172 milliards de dollars en 2017 et que cette même année, le bénéfice net de la banque Rothschild and Co (bien connue d’Emmanuel Macron) a grimpé de 32% à 236 millions d'euros tandis que son chiffre d'affaires a progressé de 12% à 1,9 milliard ! Si la bonne santé de ces groupes contribue à l'essor du monde économique, il est évident qu’il existe non pas un fossé, mais un océan entre les deux « mondes ». Quand l’écart devient trop important, naissent des incompréhensions, mais aussi des tensions et des violences…

Largués par la mondialisation et les progrès technologiques qui réduisent le nombre d’emplois, certains Français sont perdus au cœur d’un système qui, loin de les protéger, les marginalise au contraire. Une situation contre laquelle ils se rebellent, d’où le malaise qu’ils expriment aujourd’hui. C’est pourquoi le discours d’Emmanuel Macron en soirée est attendu avec impatience. En cas d’insatisfaction, les sapins de Noël installés sur les ronds-points laissent présager une occupation plus longue, y compris durant la traditionnelle trêve des confiseurs…

Des foyers pour réchauffer l'atmosphère


Dans l'une des "cabanes", Dom et Lolo ont pris les choses en main

Sur la butte du rond-point de la route de Rochefort, trône un sapin de Noël !