vendredi 10 août 2018

Saint-Thomas de Conac face aux futures éoliennes : 40 éoliennes de 180 à 200 mètres de Saint-Androny jusqu’à Mortagne-sur-Gironde...

Compte-rendu de la réunion du mardi 7 août qui s 'est tenue dans la salle des fêtes Saint-Thomas de Conac, écrit par J.L et relayé sur le site de Jacky Paillé : 

Eoliennes dans l'estuaire ? (montage JLD Terra Incognita)
Ils sont venus très nombreux (plus de 150) sur invitation du maire de Saint-Thomas de Cônac, Daniel Rousseau, pour entendre les éléments d’information dont l'élu dispose sur le projet de parc éolien par EDF Energies Nouvelles dans les marais de l’estuaire de la Gironde, puis en débattre entre eux.

Daniel Rousseau a regretté plusieurs fois n’avoir obtenu que très peu d’information de la part du promoteur du projet. Un bref montage photo est commenté par le maire de Saint-Dizant-du-Gua.
Avec ce dernier et Véronique Piasecki, maire de Saint-Sorlin-de-Conac, D. Rousseau a évoqué entre autres le projet de 30 à 40 éoliennes de 180 à 200 mètres (les 2/3 de la Tour Eiffel), depuis Saint-Androny jusqu’à Mortagne-sur-Gironde avec plusieurs zones d’exclusion ; en bref, c’est essentiellement dans les marais de Saint Bonnet-sur-Gironde, de Saint-Thomas-de-Cônac et de Saint-Dizant-du-Gua qu’elles seraient implantées.

EDF EN a envoyé une lettre d’intention le 31 juillet dernier à la présidente de la Commission nationale de débat public, Chantal Jouanno. Une consultation publique est prévue en janvier 2019 ainsi que la rencontre prochaine avec le Syndicat foncier des marais. L'objectif est d'atténuer certaines nuisances comme le bruit. Le maire se réfère au rapport de l’Académie de médecine de mai 2017.
Neuf propriétaires - pas nécessairement des habitants de Saint-Thomas - auraient déjà signé un bail emphytéotique avec EDF EN. Leur identité n’a pas été révélée ; le maire dit n’en connaître qu’un.
L’acheminement se ferait par le port du Verdon, puis par barges. Aucun détail sur l’acheminement de la berge au lieu d’implantation.
Le transport des parties d’éoliennes (certaines de 50 m de long) se fera par camions spéciaux ; apparemment, la France dispose seulement de 4 ou 5 camions de ce gabarit.
Pour le démantèlement, un montant de 50.000€ est approvisionné par le promoteur, mais il semblerait que le coût de cette opération serait plutôt de 350.000 à 400.000€. Il est rappelé que si EDF EN a, entre temps, cédé l’activité à une autre société et que cette dernière disparaît, la responsabilité du démantèlement incombe au propriétaire.
Construction : on parle d’environ 2000 tonnes de béton armé par éolienne ; Le sol dur, comme on l’a constaté lors de la construction récente de l’école de voile à Port-Maubert, est à - 150 m. Il persiste de nombreux facteurs inconnus pour cette phase de construction (stabilisation des sols pour les engins de levage, etc).
- En fin de vie d’une éolienne, le promoteur peut décider d’en construire une autre à côté, élargissant d’autant la surface de béton armé dans les marais…

Un habitant de Saint-Thomas-de-Cônac complète ce tableau par des photos mettant en perspective une éolienne de 200 m environ par rapport à des bâtiments tels une église, un château d’eau, un pylône électrique, etc : ces éoliennes seraient visibles de la place du village !

Le débat :


- Un intervenant demande aux participants s’ils ont été contactés dans le cadre d’une enquête commanditée par EDF EN selon laquelle près de 70% des interrogés se seraient déclarés favorables à des éoliennes à proximité de la Centrale de Blaye. Il note que 4 ou 5 mains seulement se lèvent et fait valoir la formulation floue et trompeuse des termes utilisés (notion de « proximité »).
- Un participant parle de l’impact nocif sur la santé : les nuisances sonores sont ressenties jusqu’à 1500 m, les riverains et les animaux sont, entre autres, perturbés dans leur cycle de sommeil. En France, le promoteur n’est tenu de respecter qu’une distance de 500 m, alors qu’elle se situe entre 1500 et 2000 m en Europe.
- Un intervenant évoque le risque de conflit d’intérêts lorsque des élus locaux se prononcent en conseil municipal sur la question d’implantation d’éoliennes et demandent au maire si des mesures ont été prises à ce sujet. Il répond négativement, mais assure que ce sera fait dans le futur. Le même intervenant, se référant aux 9 propriétaires qui ont signé, demande si l’un d‘entre eux est présent et peut expliquer pourquoi il souhaite les éoliennes. Personne ne répond...
- Un habitant de Saint-Thomas-de-Cônac note que ces marais sont exceptionnels par la biodiversité, la faune, la flore, ses oiseaux, une zone Natura 2000 ; que si ces atouts, et l’équilibre qui en résulte, sont remis en cause par les éoliennes, tant le tourisme que les commerces seront impactés ; que l’impact financier sera en fin de compte perdant, pour la commune et sans doute même pour le propriétaire bailleur.
- Le président du collectif « Stop éolien17 », Dominique Bruchet, rappelle qu’une délégation de maires rencontrera le lendemain (8 août) le préfet à la Rochelle. Par ailleurs, le Conservatoire de l’Estuaire s’est prononcé contre le projet.
Dominique Bruchet parle des cas de propriétaires rendus responsables des nuisances des éoliennes et du démantèlement en cas de défaillance des promoteurs. Il rappelle également le fait que les nuisances sur la santé des riverains ont poussé l’Espagne à cesser l’implantation d’éoliennes terrestres ; et que les éoliennes off-shore du Danemark sont à… 85 km du littoral. La tendance en Europe est moins d’éoliennes terrestres et plus d’éoliennes offshore.

- Un habitant souhaite insister sur l’impact que ce projet ne manquerait pas d’avoir dans un estuaire prodigieux, sur son statut environnemental et sur la biodiversité. Il rappelle l’importance du label Natura 2000 et de ZPS (zone de protection spéciale) au titre de la Directive Oiseaux ; de la loi Littoral et la préservation des espaces remarquables ; du rapport LPO de juin 2017.
Tous ces labels et ces reconnaissances que seules tant d’années ont permis d’obtenir seraient remis en cause par la présence d’éoliennes industrielles.
- Il est noté que les 40 éoliennes qui seraient implantées ne représenteront que 0,5% de la puissance de la centrale de Blaye avec ses 4 réacteurs. Il est faux et incohérent de considérer les éoliennes comme un substitut à la Centrale, même partiel.

- Deux habitants de Saint-Thomas de Conac parlent des impacts négatifs sur l’immobilier et sur le tourisme : une propriété à proximité d’éoliennes industrielles peut perdre 30% ou plus de sa valeur ; d’après une enquête auprès de touristes dans l’Indre, plus de 95% indiquent qu’ils changeraient de destination si les éoliennes étaient visibles à plus de 10kms du lieu d’hébergement.
- Une discussion a lieu sur d’autres solutions en nouvelles énergies ; tous les intervenants reconnaissent l’importance de la recherche dans ce domaine. Un représentant d’ « Action, Environnement, Estuaire », un collectif à St-Fort-sur-Gironde, évoque la biomasse, l’éolien offshore. D’autres formes d’énergies renouvelables sont citées. D’autres intervenants estiment que ce n’est pas aux habitants de Saint-Thomas-de-Cônac de faire des propositions sur la politique énergétique de la France.

- Une habitante de Saint-Thomas de Conac demande à ceux qui sont favorables au projet de parc éolien dans les marais de donner leurs raisons ; des quelques réactions, il semble que ce soit essentiellement par rejet du "nucléaire" que certains aient trouvé le projet encourageant.
- Une touriste belge intervient pour souligner le décor exceptionnel qu’elle a découvert ces derniers jours. Elle supplie l’assemblée d’avoir à cœur sa totale protection.

Le maire remercie les participants et conclut en indiquant qu’une autre réunion sera organisée à la fin de l’année ou en début d’année prochaine en présence d’EDF Energies Nouvelles.

2 commentaires:

Association DDME a dit…

Chère Nicole Bertin. Un grand merci d'avoir ainsi relayé notre compte-rendu, qui a été écrit par un membre saint-thomacais de la DDME (voir http://www.ddme.fr/2018/08/compte-rendu-de-la-reunion-publique-sur.html) et non par un certain J.L. que nous ne connaissons pas.

Association DDME a dit…

Chère Nicole Bertin,
Un grand merci pour ce compte-rendu qui n'a pas été écrit par un certain J.L. mais par un membre du groupe des amis du marais de Saint-Thomas-de-Cônac, pour le site ddme.fr. Une légère "fuite" a valu que d'autres amis reçoivent l'article avant son approbation par tous les membres du groupe et donc avant sa parution sur le site ddme.fr; mais nous en sommes, en fin de compte, ravis, puisque voilà notre compte-rendu également sur votre blog!
Merci également de relayer si bien toutes ces informations sur la vie locale saintongeaise!