vendredi 3 février 2023

Raphaël Gérard, député, rencontre les maires : Le Sud Saintonge opposé à la taxe destinée à financer "Le grand projet ferroviaire du Sud-Ouest"

Mardi, le député Raphaël Gérard avait réuni les maires de Haute-Saintonge dans la salle municipale de Jonzac. En ce début 2023, il a fait avec eux un tour d’horizon des questions d’actualité

Raphaël Gérard, député, et son assistant parlementaire, Manar Elouafi
C’est en entendant les doléances exprimées par les maires qu’on réalise combien cette fonction est devenue complexe par le nombre de lois en vigueur ! Dans les petites communes en particulier, les maires ne bénéficient pas des services spécialisés dont disposent les grandes villes. Ce qui marque en milieu rural, c’est le courage et la volonté d’avancer des élus. Le député Raphaël Gérard a rappelé « que son rôle est de les aider aux côtés de son équipe ». Sa suppléante, Evelyne Delaunay, son assistant parisien Thomas Norbert « à cheval sur les principes et avisé » et, à sa permanence, Manar Elouafi, dont les connaissances juridiques (il a travaillé dans la fonction publique hospitalière et au T.A. de Bordeaux) seront bien utiles. « Il vous informera sur les grands projets de lois et viendra souvent vous solliciter sur telle ou telle question à laquelle vous pourrez être confrontés » dit-il aux édiles. 

Le député a d’abord adressé ses vœux à l’assistance et remercié les personnes qui l’ont soutenu lors de son hospitalisation. Pendant la campagne électorale législative, il a reçu le soutien (entre autres) de Claude Belot et Bernard Lalande : « Quelles que soient nos sensibilités politiques, nous œuvrons dans l’intérêt du territoire  ». Il estime que « l’important est d’être unis pour empêcher le Rassemblement National de s’implanter ». En effet, les scores obtenus dans le Sud Saintonge par cette formation le laissent perplexe : « c’est un vote que je cherche à comprendre et que l’on retrouve de plus en plus à chaque élection ». Les causes ? Isolement, précarité, chômage, sentiment d’abandon, insatisfaction, réforme des retraites ? Les maires en ont conscience et sans doute vont-ils aborder le sujet prochainement avec leur parlementaire. 

Lise Mattiazzo, maire de Bussac, aux côtés d'Alain Laparlière, maire de Bédenac
et Jacky Quesson, maire de Saint-Genis 

• Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest : « Ce n’est pas aux petits de payer pour les caprices des gros »

Le 31 décembre dernier, un arrêté a établi la liste des communes visées par la création d’une nouvelle taxe destinée à financer le projet "Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest". Près de 67 communes du Sud de la Charente-Maritime sont concernées. Raphaël Gérard a aussitôt dénoncé le projet GPSO : « il s’inscrit dans un modèle passéiste du tout métropole qui vise, notamment, à gagner une heure de trajet entre Paris et Toulouse, au détriment de la revitalisation urgente des petites lignes du quotidien. A l’heure où l’inflation prend nos concitoyens à la gorge, comment expliquer aux habitants de Haute-Saintonge qu’ils doivent contribuer davantage, alors que les conditions de dessertes ne cessent de se dégrader, notamment sur les lignes Saintes-Bordeaux ou Paris-Angoulême ? ». Dans l’assistance, chacun s’accorde à reconnaître que l’important n’est pas d’aller rapidement à Madrid - ville fort agréable au demeurant - mais de faciliter les déplacements entre Saintes et Bordeaux : « La Région et SNCF Réseau n’ont pas le sens des priorités. En raison de l'état dégradé des voies, 75 kilomètres de la section Beillant-Saint Mariens sur la ligne Saintes-Bordeaux sont limités à 60 kilomètres/heure, ce qui allonge le trajet de plus de vingt minutes. La deuxième phase de travaux, initialement prévue en 2024, a été repoussée. Le projet de LGV entre Toulouse et Bordeaux risque d’alimenter le sentiment de colère et de relégation des habitants des territoires ruraux. Plus grave, on demande à la ruralité de contribuer financièrement au développement des métropoles, sans que jamais elles n’en tirent de bénéfices »

Bref, il faudrait revoir les critères de sélection des communes devant acquitter la taxe. « L’axe Saintes-Bordeaux est vital. Ce n’est pas aux petits de payer pour les caprices des gros » clament les élus en s’adressant en filigrane à Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine. « De toutes les façons, cette taxe est déjà effective » souligne Jeanne Blanc, maire de Cercoux… et, cerise sur le gâteau, « des taxes complémentaires seraient attendues en 2024 ». 

• RER Métropolitain : Après Saint-Mariens, aller jusqu’à Jonzac  ?

Entre 2020 et 2030, le nombre de TER par semaine augmente pour plus de fréquence et un gain de temps dans les déplacements. Des dessertes traversantes, qui s’appuient sur l’infrastructure existante, permettront de relier Arcachon à Libourne et Langon à Saint-Mariens-Saint-Yzan, sans changement de train à Bordeaux. La CDCHS et son président Claude Belot souhaiteraient que le RER métropolitain aille jusqu’à Jonzac. Une idée à défendre. 

SCOT, PLU, Loi climat et résilience, ZAN, SRADDET

Les collectivités et communes sont soumises à de nombreuses dispositions. Il y a les classiques :

• Tout d’abord, le SCOT, Schéma de cohérence territoriale, outil de conception et de mise en œuvre d’une planification intercommunale, à l’échelle d’un large bassin de vie, dans le cadre d’un projet d’aménagement stratégique (PAS). La Communauté de communes de Haute Saintonge a validé le sien.

• Le PLU : Les plans locaux d’urbanisme ont succédé dans les communes aux « Plans d'Occupation des Sols ». Ce document traduit un projet global qui fixe les règles d'aménagement et d'utilisation des sols.

• Les règles applicables via le PLU ne doivent pas être contradictoires avec les principes définis par le SCOT. Cela irait à l’encontre des ambitions territoriales. Lors d'une réunion de la CDCHS, Claude Belot, président de la CDCHS, a appelé les élus à opter pour une démarche commune dans l’élaboration de leurs PLU afin de mutualiser leurs moyens. 

Et les autres :

• Loi Climat et Résilience : Il s’agit d’accélérer la transition écologique. Se diriger vers une société neutre en carbone, plus résiliente, plus juste et plus solidaire. Tous les domaines sont concernés : logements, alimentation durable, déplacements, emballages, moins de bétonisation de terres, environnement, lutte contre la pollution. 

• ZAN (Zéro Artificialisation Nette) : Consacrée en 2018 par le Plan Biodiversité, puis en 2020 par la Convention citoyenne sur le climat, cette démarche consiste à réduire au maximum l'extension des villes, en limitant les constructions sur des espaces naturels ou agricoles, et en compensant l'urbanisation par une plus grande place accordée à la nature dans la ville. ZAN demande aux territoires, communes, départements, régions de réduire de 50 % le rythme d’artificialisation et de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici 2030 par rapport à la consommation mesurée entre 2011 et 2020. 

• Le SRADDET (grand SCOT au niveau régional) : Il s’agit d’un schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires qui renforce la place de l’institution régionale, invitée à formuler une vision politique de ses priorités. 

Le maire de Saint-Genis, Jacky Quesson, s’inquiète de cette complexité : « dans deux ans, nos Plans Locaux d’Urbanisme pourraient être obsolètes en raison des dispositions de la loi Climat et Résilience. Zan en particulier va limiter certains projets de développement économique »

« Je défends les SCOT qui sont la bonne échelle pour la parcellisation du territoire. Sur la Haute Saintonge, le SCOT constitue un véritable document de travail. Il faut que le SRADDET soit à la hauteur » estime le député.

• Églises classées et panneaux photovoltaïques

Certaines installations sont refusées en raison de la présence d’édifices classés à proximité. « La moitié des églises le sont » souligne Jacky Quesson. En pleine transition énergétique, ce n’est pas facile à concilier ! Il est donc conseillé d’associer les architectes de Bâtiments de France (ABS) au montage des dossiers. Le maire de Saint-Simon de Bordes, Jean-Marc Thomas, acquiesce en ce sens. Tout s’est bien passé dans sa commune !

• A Bédenac , le projet de station PL sécurisée n’avance pas au motif « qu’il ne s’inscrit pas dans l’intérêt général » et ne créerait pas d’emplois. La zone communautaire est également au point mort. Contact sera pris avec la CDCHS. Notons que ces territoires proches de Bordeaux et bien desservis par les réseaux routiers intéressent de plus en plus d’investisseurs. 

A Bougneau, le maire mise sur le photovoltaïque et une unité de stockage.

• Prison : Quelle structure pour les détenus dépendants ?

Un problème se pose dans les prisons pour les détenus dépendants. En effet, elles ne possèdent pas de services médicaux adaptés à ces situations. A l’Ehpad classique (hypothèse), Raphaël Gérard estime que des unités spécialisées pourraient voir le jour à l'intérieur des établissements pénitentiaires, au centre de Bédenac par exemple. 

• Lutte contre l’incendie : 

La situation évolue. « Aux bâches vertes, pourraient s’ajouter, dans certains cas, les stations de pompage agricoles » précise un maire. 

Augmentation du prix de l’énergie 

• La flambée du prix de l’électricité, indexé sur celui du gaz, entraîne des augmentations faramineuses et placent les collectivités et les particuliers face à un véritable casse-tête (boulangers par exemple). Il y va même de la survie de certains commerces et entreprises. Des aides peuvent être apportées. Les principaux dispositifs seront mis en ligne sur le site internet du député. 

Cette rencontre s'est terminée par le verre de l’amitié. Aux traditionnels souhaits de belle année, ont été formulés des vœux de bonne santé à Raphaël Gérard.

Raphaël Gérard, ses assistants parlementaires Thomas Norbert, Manar Elouafi, et sa suppléante Evelyne Delaunay. La permanence de Jonzac se situe au 43 rue Sadi Carnot, tél. 05 46 49 77 02.

mercredi 1 février 2023

Saintes : Venez écouter les musiciens du Jeune Orchestre de l'Abbaye lundi 6 février

Après une semaine de résidence consacrée à la musique de chambre et à l'organologie, les musiciens du Jeune Orchestre de l'Abbaye vous invitent à découvrir leur travail, lundi 6 février à 18 h 30 dans l'Auditorium. Ils présenteront des extraits d'un programme romantique. Venez les écouter.

Le programme : Bruch, Mendelssohn, Brahms, Taffanel, Reinecke, Blanc, Loeffler, Ries, Maria von Weber, Onslow.

À l'issue de cette restitution gratuite, un moment de convivialité sera proposé au public en salle capitulaire. Un verra sera offert par la Distillerie Merlet et Fils.

Entrée libre, gratuit - Durée : 1h15 / Placement libre

Avec le soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère

C'est quoi le JOA ? C'est l'orchestre maison de l'Abbaye aux Dames. Mais c'est également une formation professionnelle unique en Europe ! Le JOA permet, à de jeunes musiciens en fin d’études supérieures ou en début de carrière, d’aborder l’interprétation des répertoires classique et romantique sur instruments d’époque. Le JOA est à la fois un outil de formation et d’insertion professionnelle. Il offre aux jeunes musiciens une véritable expérience de la scène et la possibilité de nouer des complicités artistiques.

• ABBAYE AUX DAMES, LA CITE MUSICALE 11, place de l’Abbaye 05 46 97 48 48 / www.abbayeauxdames.org

lundi 30 janvier 2023

Jonzac : La prochaine édition de Jonzac à croquer aura lieu en 2024

Juillet 2022, première édition de Jonzac à croquer

Mercredi dernier, les Amis de Jonzac avaient convié à un verre de l'amitié ceux et celles qui les aidés à concrétiser la première édition de "Jonzac à croquer". A cette occasion, un petit journal a été édité qui rappelle cette manifestation haute en couleurs réunissant des artistes dans les quatre points cardinaux de la ville, amateurs et confirmés. 

Samedi 2 juillet, en effet, a été un grand jour pour l’association qui se lançait dans une nouvelle aventure culturelle avec le soutien de la municipalité. Les participants ont répondu nombreux à l'invitation, immortalisant la cité sur la toile ou le papier. L’idée a séduit peintres et dessinateurs en ce début d’été où le soleil dardait ses rayons… mais pas trop encore  ! Ce fut un succès et des améliorations seront apportées lors du prochain rendez-vous. En tout cas, l'idée fait son chemin et l'on se retrouvera en 2024. En 2023, ce sont nos amis d'Humour et Vigne qui célébreront leur biennale au cloître des Carmes.

Des remerciements aux soutiens et sponsors
Katherine Labadie, secrétaire de l'association, prépare les galettes

Entourée des membres de l'association et en l'absence de Christophe Gadrat, Josée Bousseau Couprie a vivement remercié les sponsors et soutiens à qui a été remis le journal souvenir de Jonzac à croquer 2022. Estelle Leprêtre, qui avait aimablement ouvert les jardins de la sous-préfecture, et Christel Brière, maire adjointe, ont félicité les organisateurs de cette rencontre qui a permis à nombreux d'entre nous de découvrir Jonzac à travers le regard avisé des artistes. Une ville pleine de tendresse entre ses rues médiévales, la Seugne indolente, son marché couvert et sa triomphale Marianne place de la République.

Cette manifestation s'est achevée par le verre et la galette de l'amitié.

Saintes/Rémy Catrou, conseiller municipal La France Insoumise : « La gratuité des transports est une bataille que je souhaite mener »

La France Insoumise organise une réunion publique vendredi 3 février à 19 h au hall Mendès France avec la participation de Danièle Obono, députée de Paris et Paul Vannier, député du Val d'Oise. Cette rencontre est placée sous le thème "Pour nos retraites".

Rémy Catrou, membre de l’opposition saintaise LFI (Nupes), répond à nos questions :

Rémy Catrou (au centre) lors des Municipales de 2020
• Avant cette réunion du 3 février, vous serez sûrement présent à la manifestation organisée demain mardi à Saintes à partir de 10 h 30 ?

En effet. Nous sommes opposés à la réforme des retraites que présente le Gouvernement sur deux éléments en particulier. L’allongement de l’âge de départ à 64 ans et en conséquence, celui du nombre de trimestres à cotiser. Rappelons que la proposition de la Nupes serait de prendre sa retraite à 60 ans. Au-delà de ces deux points, il y a des aspects plus techniques qui impacteront telle ou telle catégorie de personnes, les femmes en particulier. La semaine passée, selon les estimations, 3000 manifestants ont répondu à Saintes à l’appel des syndicats. Il y a longtemps que je n’avais pas vu autant de monde. Le dernier souvenir d’un très grand rassemblement remonte à 1968 où, enfant, j’avais accompagné mon père à un meeting qui couvrait tout le terrain blanc, près de l’actuel hall Mendès France. J’ignore ce que sera la mobilisation demain, mais elle devrait être importante. Tous les syndicats seront réunis, de nombreux citoyens espèrent que cette réforme sera retirée. 

• Pensez-vous que le ton peut se durcir à l’avenir ?

Il existe une fracture sociale et notre action est de faire entendre les voix du mécontentement. Si le Gouvernement recule sur les retraites, nous ne serons pas loin d’une dissolution de l’Assemblée Nationale, qui ne serait pas pour nous déplaire. En Charente, un député de la France Insoumise a été élu dimanche dernier. C’est un bon signe. Demain, nous voulons un mouvement massif qui sensibilisera le Président de la République. 

• Revenons à la mairie de Saintes où il existe plusieurs oppositions à Bruno Drapron. Où vous situez-vous ?

Sur le plan humain, je respecte Bruno Drapron et réciproquement. Sur les aspects techniques de gestion, je ne vois pas la nécessité d’entrer en conflit sur des questions d’intérêt général comme le dojo ou la piscine. Avoir une posture d’opposition systématique n’est pas ma tasse de thé ! Par contre, je ne partage pas le point de vue d’Horizons, le parti du maire, sur l’âge de départ à la retraite à 67 ans par exemple. Dans les mois qui viennent, notre groupe va accentuer les points politiques qui nous paraissent importants. Les sujets sont nombreux : pouvoir d’achat, emplois, logement, écologie au ralenti, actions dans les quartiers, vie associative et sportive. La mairie devrait aller plus vite dans certains domaines. S’y ajoutent les problèmes concernant les ordures ménagères et les redevances qui relèvent de la CDA.

Nous ne sommes que trois conseillers de gauche et nous ne cherchons pas de ralliement avec les autres oppositions conduites par Jean-Philippe Machon, l’ancien maire, Pierre Dietz, Pierre Maudoux. Au sein de l’équipe municipale, nous aimerions disposer d’un peu plus de temps pour étudier les dossiers avant chaque conseil, soit 400 à 500 feuilles à consulter. 

Nous commençons à réfléchir sur les contenus de la prochaine campagne municipale, faire le point sur ce qui n’aura pas été réalisé, lancer des idées nouvelles concernant l'efficacité dans les déplacements et l'attractivité touristique. La gratuité des transports est une bataille que je souhaite mener. Certaines villes la proposent déjà, pourquoi pas Saintes ?

En conclusion ?

J’invite toutes les personnes intéressées à participer à la réunion organisée le 3 février avec Danièle Obono, députée de Paris, et Paul Vannier, député du Val d'Oise, sur le thème "Pour nos retraites". Venez nombreux échanger et débattre !

Château de Jonzac : Le châtelet bientôt libéré de ses échafaudages !

Les travaux se poursuivent au château de Jonzac avec de belles surprises. Le démontage des échafaudages est prévu avant l’été…

Après plusieurs mois de travaux, la façade du châtelet sera bientôt visible...
La "forêt" des bois de charpente (© Bertin/Carré)
Avant l'été, le châtelet aura retrouvé sa splendeur !
Parmi ces surprises, dans l’une des pièces à l’étage, des dessins ont été mis au jour dont une esquisse du châtelet et des personnages. D’autres croquis apparaissent sur un second mur. Ces témoignages précieux pour l’histoire locale feront l’objet d‘un examen approfondi. 
D’anciennes ouvertures murées ont révélé des escaliers en pierre dont l’un jouxte la sous-préfecture. De telles découvertes ne sont pas étonnantes. En effet, la configuration actuelle du château, "fractionné" en plusieurs parties, mairie, bureaux, services de la sous-préfecture et une habitation privée, ne date que du XIXe siècle (la Ville a acquis l’aile nord dès 1841 et la sous-préfecture s’est installée dans l’aile sud en 1846). Longtemps, les seigneurs de Jonzac - dont les célèbres Sainte-Maure - ont occupé la totalité des lieux, ils devaient donc pouvoir y circuler librement ! Ont également été dégagés des cheminées, des éviers en pierre, des éléments de cuisine, des poutres décorées et des latrines. A voir les magnifiques charpentes et leurs assemblages. 
Dans ce dessin, on reconnaît le châtelet, érigé comme symbole de puissance après 1470
Portrait d'époque Louis XIII ? 
Un ancien escalier mis au jour. Les marches usées prouvent qu'il a été souvent utilisé
Système défensif. On notera l'épaisseur des murs ! Le château possède
encore canonnières et meurtrières
Une pièce où ont été trouvés un évier en pierre, un système pour réchauffer les plats,
une cheminée
D'anciennes poutres qui comportaient un décor
Dans quelques mois, les échafaudages qui "enveloppent" le châtelet seront ôtés pour le plus grand plaisir des promeneurs qui vont découvrir un édifice entièrement restauré par des équipes spécialisées. Les travaux intérieurs de la seconde phase sont engagés, la dernière étant consacrée au musée et sa scénographie. Par ces aménagements, le châtelet de Jonzac vit une véritable métamorphose. Outre l’aspect esthétique, il deviendra un espace consacré à la transmission de la connaissance ouvert au public. 

Édifiée dans la seconde moitié du XVème siècle, cette construction succède à une première structure détruite par les Anglais durant la Guerre de Cent Ans (elle se trouvait en contrebas, près de l’actuel chemin de ronde et du jardin médiéval). Dans son livre "Petite histoire de Jonzac" paru aux éditions La Geste, Marc Seguin explique fort bien l'époque où Renaud de Sainte-Maure hérita « d'un édifice que son père, mort en 1447, avait entrepris de déplacer auquel lui-même avait pu travailler comme l'indiquerait la date de 1449 gravée dans la pierre, avant un dernier retour dévastateur des Anglo-Gascons ». Le calme revenu, l'imposant châtelet « afficha dès lors le dynamisme des Sainte-Maure qui n'étaient pas des seigneurs incultes au fond d'une province ignorée. Ils suivaient l'évolution des modes et appelaient les meilleurs artisans ». En atteste la lucarne flamboyante qui surplombe le portail d'entrée.

Détail de cette lucarne de style flamboyant
Au fil du temps, le château connut plusieurs transformations, les plus importantes se situant au XVIIe siècle avec le célèbre Léon de Sainte-Maure, « la forteresse médiévale laissant place à un logis plus adapté au nouveau mode de vie », puis au XIXe siècle. Il convient d’y ajouter plusieurs campagnes de travaux au XXe siècle, notamment le recreusement des douves côté ouest, la restauration de la tour nord et son clocheton, et maintenant ce chantier de grande envergure au XXIe siècle.

• Le point avec Patrick Carré, maire adjoint chargé des travaux :

Patrick Carré, maire adjoint
« La seconde phase de travaux est en cours. Au rez de chaussée, seront situés les sanitaires et le premier étage sera réservé à l’accueil. C’est au second étage que se trouve la salle où sont apparus, sous un revêtement, des dessins que l’on peut penser des XVIe ou XVIIe siècles. C’est une belle découverte ! Apercevoir le croquis du château et différents personnages sur ces murs a été pour nous une surprise. Une fois datés par des spécialistes, la Ville les valorisera vraisemblablement afin de les présenter au public. Ils appartiennent à notre histoire ! Viennent ensuite les salles du futur musée. 
Au sommet du châtelet, on peut admirer charpentes et enrayures (ensemble des pièces de charpente horizontales). 
Une seconde sortie a été dégagée pour que le chemin de ronde ne soit plus un cul de sac. C’est l’une des conditions pour que cet ouvrage, parfaitement conservé et bel exemple de système défensif, soit accessible aux visiteurs qui seront accueillis par petits groupes. 
Il est encore trop tôt pour parler de l’agencement de l’espace muséal qui comprendra plusieurs grandes pièces. Dans les combles, un plancher sera installé au dessous de la charpente afin de permettre au public d’en apprécier la qualité dans son intégralité ».

La décision prise par la Ville de Jonzac de valoriser son patrimoine est à saluer. 

Cheminée à motifs
Au centre, un emplacement accueillait un fil courant le long du mur qui reliait à une sonnette
au rez de chaussée (époque à déterminer)
Différents styles se sont succédé

• Longtemps, une partie du châtelet était réservée au logement du concierge de la mairie. Différents occupants se sont succédé aux étages dont l’office de tourisme et Radio Jonzac ! Les salles du haut servaient à entreposer le Journal Officiel et différents matériels. S’y trouvait la grosse horloge.


• Fondation du Patrimoine : vous pouvez apporter votre contribution aux travaux du château. La collecte de dons s’effectue via le site officiel sur internet.

• La première phase de travaux devrait être terminée en avril prochain. Elle comprend la partie extérieure des façades avec les sculptures, la lucarne entièrement refaite au-dessus de l’horloge, la charpente et le changement des bois abîmés, les enrayures, la pose des ardoises. Suivra le démontage des imposants échafaudages. Les Jonzacais retrouveront alors leur châtelet qui commence à leur manquer, il faut l’avouer !

Mieux valait être agile pour emprunter ces escaliers !
Des latrines ont été découvertes. Elles donnaient sur les douves
En ce qui concerne le chemin de ronde, une plateforme en chaux sera coulée afin d’égaliser la surface de circulation et de sécuriser la visite. En ce qui concerne les mâchicoulis, des grilles métalliques seront posées au niveau des petites ouvertures : elles permettront de présenter ce système défensif médiéval.

Le chemin de ronde sera accessible au public par petits groupes

• Les travaux ont été confiés à des entreprises spécialisées, Le Bras, Les Métiers du Bois, Dagand (charpentes, ardoises, maçonnerie, tailleurs de pierre). Viendront ensuite des sociétés locales pour l’électricité, la plomberie, les sanitaires (Ets Maroc, Albert, etc).

Une vraie forteresse ! Au fil des siècles, les ouvertures ont été agrandies

• La seconde tranche des travaux devrait être achevée fin 2023, début 2024. Suivra l’aménagement du musée avec une ouverture prévue en 2025, 2026. Les responsables estiment « qu’il vaut mieux prendre son temps pour proposer une offre de qualité au public ». 

• Le travail du bois : 

Dans les combles, un plancher sera installé au dessous de la charpente
afin d'en offrir la vue au public

Les bois sont préalablement assemblés au sol avant la pose définitive
Un chantier qui pourra susciter de vocations !

• Photos N. Bertin/P. Carré