jeudi 9 avril 2026

Jonzac : Un commerce qui ferme, c'est un pan de vie qui s'en va...

C'est avec tristesse que nous apprenons la fermeture de la boucherie charcuterie Pelette-Pontoizeau, située sur la place Fillaudeau (anciennement Haut). C'est une enseigne emblématique de la ville qui ferme ses portes, étape recherchée qui proposait d'excellentes viandes, plats cuisinés et autres quiches. Sans oublier le professionnalisme des équipes, à saluer. 

Nous espérons une suite heureuse...

Jonzac/Imaginez l'avenir des Halles et de son quartier : Vous avez des idées ? Un questionnaire est à votre disposition

Vendredi dernier, la Ville de Jonzac a lancé un questionnaire en ligne sur « la requalification et la valorisation des halles » afin de recueillir les avis des usagers (commerçants, habitants, curistes, touristes). Lieu fréquenté, le quartier du marché a besoin d'évoluer pour répondre aux nouvelles attentes. A ce jour, plus de 700 réponses ont été reçues, preuve que le sujet intéresse !


Delphine Mattei Péteau, première adjointe, Julien Glémet, adjoint et Valérie Nebout, chargée de l'attractivité commerciale, ont présenté ce projet (qui a animé la récente campagne des Municipales) : « Voici neuf mois que nous nous penchons sur la question en partenariat avec le cabinet Lestoux. Nous réfléchissons à la revitalisation du quartier de l'église après celui du château. La place des Halles est le poumon du centre ville et une valorisation sera la bienvenue. Une première consultation a eu lieu avec les commerçants, c'est maintenant le tour des usagers. Qu'en ressort-il ? A l'intérieur, il y a des améliorations à apporter, portes d'entrée, accessibilité, jours et horaires. Un détail, il n'est pas question de mettre 5 restaurants à l'intérieur du marché ! L'extérieur concerne les aménagements, le stationnement, l'attrait de la place en elle-même. C'est une réflexion d'ensemble. Une cohérence doit être apportée entre les deux "pôles" de la ville que constituent le château et le secteur de l'église, d'où la création d'un véritable cheminement. C'est un des grands projets de Jonzac. La consultation est importante en ce sens où vont émerger des idées à concrétiser ».

Le marché du dimanche matin, place Fillaudeau, restera à cet emplacement. « Donner une animation à tous les quartiers est une priorité » remarque Julien Glémet. 

• Questionnaire : lien pour y accéder en version numérique :



Jonzac. : Connaissez-vous la Grotte de la Cave Christophe ? A la santé des Mérovingiens... et à la nôtre !

A Jonzac, les maisons cachent parfois des secrets. Certaines témoignent du passé et des habitants qui nous ont précédés il y a des siècles. Ainsi, la Grotte du caviste Christophe Guédon, rue de Verdun, qu'il a transformée en espace de convivialité...

La Grotte est ouverte tous les vendredis soir. A l'avenir, Christophe Guédon 
envisage une ouverture "spéciale curistes" le jeudi soir (©NB)
Quand on emprunte la rue de Verdun, l'alignement des façades semble ordinaire. Et pourtant, ne vous fiez pas aux apparences ! En entrant dans la Cave Christophe où les meilleurs crus sont proposés aux spécialistes et amateurs, on découvre tout au fond de la boutique un ancien habitat troglodytique que le propriétaire a choisi de mettre en valeur. Ainsi, tous les vendredis soir, on pourra y prendre un verre accompagné de tapas. 

Taillé dans le roc, l'endroit a été habité en des temps anciens. Les historiens y repèrent rapidement des emplacements de poutres, deux sièges, etc. « Un archéologue que j'ai sollicité estime que cette grotte pourrait remonter à l'époque mérovingienne. Les constructions à l'avant, que nous voyons aujourd'hui, n'existaient pas, c'était un terrain allant jusqu'à la Seugne » explique le propriétaire Christophe Guédon. 

Plus de douze siècles après, la fameuse Grotte - son nom de baptême - reprend une activité en accueillant des clients, heureux de se trouver dans un des lieux les plus insolites de Jonzac. Des travaux ont été réalisés pour conforter la structure. « Depuis des années, je ne savais pas quelle destination lui donner. Puis j'ai eu cette idée !». A noter que non loin, chez un voisin, il existerait une autre cavité, encore plus vaste.

Un habitat historique taillé dans la roche et aménagé

Saluons cette valorisation du patrimoine conjuguée à la convivialité et la dégustation. Que demandez de plus sinon trinquer à la santé des Mérovingiens et à la nôtre, bien entendu !   

Avec cette grotte, se révèle toute une partie méconnue du Jonzac historique :

Autrefois, le quartier de l’église s’appelait « Roquefort » en raison de l’immense rocher qui dominait la rivière et se devine encore…

« Si le quartier du château est bien documenté, il n'en est pas de même pour le secteur de l'église où les fouilles les plus récentes, sur le parvis du monument, ont mis au jour des tombes mérovingiennes et du Haut Moyen-Age. Il reste un travail important de recherches à réaliser » souligne l'historien Marc Seguin

Les textes relatifs au Jonzac des XVIe et XVIIe siècles sont rares. Par chance, les minutes d’un notaire catholique, Me Jean Couillaud (premier XVIIe), sont parvenues jusqu’à nous et ont été étudiées par Marc Seguin, ancien président de l’association des Archives Historiques de l'Aunis et de la Saintonge. 

A l’époque, Jonzac est un bourg comprenant deux parties distinctes, la "ville" et le quartier de l’église. A l’intérieur de la "ville" (désignation utilisée à la fin du Moyen-Age), l’ensemble présente des possibilités de défense. 

Cet ensemble est entouré de fossés qu’on appelle des douves et les maisons forment une enceinte avec des murs épais à l’arrière. D’un côté, la Seugne est doublée par des fossés ; de l’autre, se trouvent également des fossés qui, une fois comblés, sont devenus un sentier mieux connu de nos jours sous le nom de « rue de Champagnac ». En conséquence, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la rue de Champagnac n’est pas une rue médiévale, mais un fossé comblé par des ordures au début des temps modernes. 

L'ancien château était proche de l'actuel chemin de ronde

Jonzac compte deux châteaux, le premier, ruiné, dont il subsiste des vestiges près du chemin de ronde ; puis le nouveau (celui que nous connaissons) construit à la fin du XVe siècle. Le seigneur de l’époque avait besoin d’un donjon symbolique qui figure sa puissance et face à une guerre éventuelle entre Louis XI et le duc de Guyenne, il était plus prudent de fortifier les édifices... 

Devant le château, la basse-cour possède deux places : les halles et le minage. Deux portes permettent d'entrer et sortir de la ville : celle qui subsiste rue James Sclafer et une autre, aujourd’hui disparue, au niveau de l’actuelle police municipale (peut-être portait-elle le nom de "porte de Champagnac" ?). Chez Fillaudeau, se trouvait un petit village rural. Dans le secteur, existait un lieu de culte, l’église Sainte-Marie (on ignore son emplacement). 

Ancienne carrière et beau front de taille non loin de l'église, en plein centre ville
Cour arrière d'une maison située rue Henri Bertin.  La paroi est abrupte !


Roquefort

Sur l’autre colline, près de l’église dédiée à Saint-Gervais et Saint-Protais, le quartier situé près de l'actuelle rue d’Alvy et la rivière s’appelait « Roquefort ». En se promenant, on devine la falaise et des carrières sont encore visibles. C’est un secteur dont on ne sait pas grand chose sinon que subsiste une maison du XVe siècle dans la rue de l’église et quelques autres témoignages. L’immeuble Nouguès, quant à lui, correspond vraisemblablement à la maison du Prieur au XVIIe siècle. 

L’ancienne épicerie Robin, en restauration, a succédé à des habitations construites sur le rocher surplombant la rivière (d’où des éléments de défense en sous-sol). S'y trouvait la fuie (pigeonnier) d’Isabeau de Jonzac (XVIIe). 

Element de défense (©

L’église était entourée d’une vaste nécropole qui englobait la place du marché et s'étendait jusqu’au champ de foire (cimetière de la Grand Croix). On suppose qu'une croix hosannière était située vers la balance publique (à proximité, il y avait une structure de charité où étaient accueillis les indigents).

Jonzac comptait deux abreuvoirs, chez Robin et près du Château. En raison du tannage des peaux, régnait alors une odeur pestilentielle dans les rues, sans parler de la pollution des eaux ! En conséquence, les animaux ne voulaient plus boire à l’abreuvoir de chez Robin et lui préféraient celui situé en amont où les eaux étaient plus claires !

• Dans le quartier de l'église, le sol a été surélevé d’au moins deux mètres.

mercredi 8 avril 2026

Communauté de Communes de Haute-Saintonge : Après 33 ans de présidence "verticale", Christophe Cabri inaugure une nouvelle ère où les petites communes espèrent être entendues

Claude Belot a un successeur héritier : Christophe Cabri, maire de Jonzac

Pour preuve, la vice-présidence dédiée précisément aux petites communes a été confiée (après vote) au maire de la Barde, Jean Pascal Cartron (500 habitants). 

La CDCHS en première assemblée
Lors de la première réunion de la CDCHS organisée mardi au centre des congrès et inaugurée par Jacky Quesson (en l’absence de Claude Belot, retenu pour raisons de santé) et le doyen Franck André, maire de Coulonges, les choses se sont bien déroulées pour le nouveau président Christophe Cabri, élu à l’unanimité face à ses principaux concurrents, Raphaël Gérard et Jean-François Mougard. Chacun avait préalablement avancé ses positions et arguments, le point commun étant une organisation commune "horizontale", c’est-à-dire impliquant les 129 communes et non plus "verticale" avec un élu au sommet. S’y ajoute la nécessité de prendre en compte les bassins de vie et leurs spécificités. 

Christophe Cabri, nouveau président de CDCHS
Raphaël Gérard, maire de Lonzac, candidat à la présidence de la CDCHS
Jean François Mougard, également candidat
Au cœur de cette élection réussie qui succède à celle, tout aussi réussie, à la mairie de Jonzac, une petite contrariété a toutefois touché Christophe Cabri quand il a été question de définir le nombre de vice-présidents. Un édile a demandé un vote à bulletins secrets sur ce point. Lui avait établi sa liste de 15 noms et entendait bien les proposer. Le scrutin a finalement validé le nombre de 15 par 105 oui contre 51 non (on passe de 10 à 15 vice-présidents par rapport à la précédente mandature). Si 12 candidats de la liste du nouveau président sont sortis victorieux, trois vice-présidences ont été attribuées à des élus issus des rangs de Raphaël Gérard et Jean-François Mougard, après deux tours de scrutin pour deux d’entre eux (Lise Mattiazzo et Emmanuel Festal). 

Christophe Cabri, Fabienne Dugas Raveneau, Thierry Clemenceau, Isabelle Chaumeton

Isabelle Tardy, Julien Mouchebœuf, Bruno Robert, Jean Pascal Cartron
Les opérations de vote, Ludovic Poujade, Anita Collier (Montendre)
Nicolas Morassutti, Jean Pascal Cartron
Christophe Cabri a voté !

Une après-midi pour élire les 15 vice-présidents

Première vice-présidence : Fabienne Dugas Raveneau, maire de Pons, l’emporte contre Christian Dugué, maire de Pérignac, par 94 voix contre 57 (151 exprimés, 4 blancs, 3 nuls)

2ème vice-présidence : Thierry Clémenceau, maire de Chepniers, retraité de l’aviation civile, l’emporte face au dr Chaillou par 81 voix contre 69 (150 exprimés, 7 blancs, un nul)

3ème vice-présidence : Isabelle Tardy, maire de Clion, l’emporte contre Jean-François Mougard par 97 voix contre 57 (154 exprimés, un blanc, un nul)

4ème vice-présidence : David Defoulounoux, maire de Saint-Léger, est seul candidat. Il est élu par 117 voix.

5ème vice-présidente : Julien Moucheboeuf, maire de Montguyon, est élu avec 121 voix

6ème vice-présidence : Bruno Robert, maire de Saint-Martial de Mirambeau, est élu avec 122 voix

7ème vice-présidence : Christelle Neau, maire de Jarnac Champagne, est élu avec 109 voix

8ème vice-présidence : Jean-Pascal Cartron, maire de La Barde, est opposé au dr Chaillou. Il l’emporte par 83 voix contre 66 (149 exprimés, 5 blancs)

9ème vice-présidence : Christophe Pavie, maire de Nieul le Virouil, est élu avec 117 voix

10ème vice-présidence : Maud Maingot, maire de Soubran, est élue avec 115 voix

11ème vice-présidence : Christophe Boule, adjoint au maire de Montendre, s’incline devant le nouveau maire de Salignac, Benoit Meugniot : 73 voix contre 78 (151 exprimés, un blanc, un nul)

12ème vice-présidence : Nicolas Morassutti, maire de Montlieu, est élu avec 124 voix

13ème vice-présidence : Cécile Biron, maire de Brives sur Charente, est élue avec 117 voix

14ème vice-présidence : Hugues Legendre, maire de Saint-Aigulin, Emmanuel Festal, maire de Chevanceaux et Ludovic Poujade, maire délégué de Vallet se présentent. 1er tour : Festal 71 voix, Legendre 61 voix, Poujade 20 voix. Au second tour, Ludovic Poujade se retire. Emmanuel Festal est élu avec 83 voix contre 76 à Hugues Legendre.

15ème vice-présidence : Jean-Michel Videau, maire de Clam, est candidat aux côtés de Lise Mattiazzo, maire de Bussac, Jean François Mougard, Jonzac, et Laurent Nivard, maire de Saint-Bonnet. Premier tour : Videau 51, Mattiazzo 47, Mougard, 26, Nivard 23. Au second tour, Laurent Nivard et Jean-François Mougard se retirent. Lise Mattiazzo (incollable sur la forêt) l’emporte par 76 voix contre 75 à Jean-Michel Videau. 

Les 18 heures étant largement dépassées, Christophe Cabri propose de repousser l’élection du bureau communautaire (38 membres) au mercredi 15 avril dans la salle municipale de Montendre (le centre des congrès est occupé à cette période). La ville de Montendre, qui n’a aucune représentation dans les vice-présidences, aura l’occasion d’y faire entendre sa voix (et de rappeler sa place) !

Le nouveau maire de Salignac, Benoit Meugniot : un CV bien rempli
Christian Dugué, maire de Pérignac

Candidature de Jean-Michel Videau
Emmanuel Festal, maire de Chevanceaux

Jonzac/Jean-François Mougard : « Que diable allait-il faire dans cette histoire municipale et territoriale ? »...

Cette réplique, qu'aurait pu écrire le malicieux Molière dans Les Fourberies de Scapin, pourrait illustrer le parcours prometteur et semé d'embûches de l'ancien Directeur Général des Services de la CDCHS depuis son entrée en politique. La victoire annoncée aux Municipales n'a pas eu lieu malgré le soutien de dernière minute de Claude Belot, son ex-employeur. En briguant mardi la présidence de la Communauté de Communes face à Christophe Cabri et Raphaël Gérard, Jean-François Mougard savait-il qu'il ne serait pas élu ? Peut-être, mais il l'a fait parce qu'il a le sens des responsabilités. Devant un parterre d'édiles, il s'est présenté trois fois (une fois à la présidence, deux fois à une vice-présidence) apportant des éléments de poids. En vain. Son heure n'est pas encore venue... 

Comme la politique offre d'heureux résultats lorsqu'on en sait les rouages ! Tous les bons stratèges connaissent les ficelles à tirer pour décrocher le "graal". Esprit avisé et visionnaire, Claude Belot, président de la Communauté de Communes depuis 1993, et bien plus (maire, président du conseil général, sénateur) n'ignore rien de ces subtilités qui lui ont permis de garder les rênes du pouvoir pendant un demi-siècle ! L'intelligence et son esprit visionnaire ont fait le reste. En effet, qui aujourd'hui pourrait créer une station thermale, édifier un centre des congrès que nous envie Saintes, un complexe aquatique, organiser la vente prochaine de l'eau de source Jonzac en bouteilles, développer une filière aéronautique innovante dans une petite ville de 3600 habitants ? Ces aménagements, il les confie aux générations nouvelles qui auront la charge de les faire fonctionner. Comme tous les "guerriers", lassé par les ans, Claude Belot a choisi de passer la main. Mardi, son successeur à la tête de la Communauté de communes, a été désigné par ses pairs : il s'agit de Christophe Cabri, réélu maire de Jonzac récemment. 

Son principal opposant, Jean-François Mougard, avait lui aussi affûté ses outils pour décrocher des responsabilités politiques. La mairie de Jonzac d'abord. Il s'y était préparé très tôt, deux ans auparavant. A cette époque, tout lui souriait. L'un des adjoints actuels de Christophe Cabri ne tarissait pas d'éloges à son égard : « Je romps ce long silence de trois années car les gesticulations du maire Christophe Cabri inquiètent de nombreux Jonzacais et je pense qu'il est temps de siffler la fin de la récréation » confiait-il au journal Sud-Ouest. Depuis ledit adjoint a manifestement changé d'opinion, le premier magistrat ne lui en tenant pas rigueur.  

Retour sur cette période 

Sur le terrain, Jean-François Mougard s'organise et quitte son poste de DGS à la CDCHS pour travailler à Niort dans une autre collectivité. Ainsi, il n'y aura pas d''incompatibilité ! Dans la foulée, quatre élus municipaux de la liste Cabri et pas des moindres (B. Lachamp, H. Dubus Héraud, C. Nouguès et C. Gadrat) entrent en dissidence. Le ton est donné et Jean-François Mougard élabore au fil des mois une liste où il cherche des profils efficaces avec une solidité intellectuelle pour chaque poste. Le temps de la campagne venu, les réunions sont nombreuses. La grande interrogation est alors de savoir quand Claude Belot fera son apparition à ses côtés, d'autant que Christophe Cabri invite Sylvie Marcilly, présidente du Conseil départemental (invitation renouvelée avant les élections à la CDCHS). Or, Claude Belot ne vient pas. Dans les conversations, Barbara Lachamp rappelle qu'il apporte son soutien et, le vendredi précédant le scrutin, la presse locale met en scène Claude Belot dans une interview : propos sympas pour Mougard, pas sympas pour Cabri ! Le dimanche de l'élection, bien malin qui peut dire, sans aller consulter Madame Irma, qui sortira des urnes ! La liste de Christophe Cabri est finalement victorieuse (1132 voix contre 600). Jonzac Cœur battant réunit quatre élus : Jean-François Mougard, Barbara Lachamp, Hélène Dubus Héraud et Christophe Gadras. Fin du rêve...

Cette première déconvenue peut s'expliquer par le fait que Christophe Cabri est "visible" de longue date sur la scène saintongeaise tandis que son adversaire s'est fait discret avant de se révéler au grand public. Celle qui aurait dû être sa première adjointe, Barbara Lachamp est, par contre, très connue dans la ville où elle s'est largement impliquée. D'autres facteurs sont intervenus dont la popularité de Christophe Cabri - « homme de communication » d'après Claude Belot - auprès des habitants et des associations, étant lui-même un enfant du pays (il a grandi à Mortiers).

« Nous passons d'un management vertical accepté, avec un cap porté par Claude Belot, à un nouveau fonctionnement »

Mardi dernier, Jean-François Mougard se présentait donc à la présidence de la CDCHS : « J'ai été DGS de la CDCHS pendant 7 ans de 2017 à 2023. J'ai eu l'honneur de servir aux côtés de Claude Belot, j'en suis très fier et très reconnaissant ! Aujourd'hui, je travaille dans une collectivité territoriale où j'ai la charge des déchets, du cycle de l'eau, des mobilités et l'énergie. A la CDCHS, je n'arrive pas avec une équipe, plutôt avec une méthode. Nous n'avons pas besoin d'un casting, mais d'une transition. Dans un premier temps, apprendre à se connaître et commencer avec une équipe resserrée qui mettra en place une gouvernance. Nous passons d'un management vertical accepté avec un cap porté par Claude Belot, ciment de la CDCHS, à un nouveau fonctionnement. A mon avis, tout repose sur la solidarité. La CDCHS a besoin de centralités qui structurent le territoire mais en même temps, ce territoire de 129 communes doit être solidaire. Il faut soutenir les petites communes ; la CDCHS est leur grande sœur. Nous aurons l'occasion d'aborder la fiscalité professionnelle unique avec une redistribution des fonds de concours. Je serai intarissable sur le sujet ! Par ailleurs, n'étant pas maire, je suis entièrement disponible. Claude Belot était à la CDCHS tous les jours du lundi au vendredi. Il faut aussi maîtriser les dossiers, ce qui est mon cas ». Arguments restés sans suite. Christophe Cabri a été élu par 90 voix contre 37 à Raphaël Gérard et 30 à Jean-François Mougard.

Ce dernier s'est également présenté à la 3ème vice-présidence contre Isabelle Tardy, maire de Clion (aménagement du territoire, mobilités) où il s'est incliné par 97 voix contre 57, puis à la 15ème vice-présidence contre Jean-Michel Videau, maire de Clam, Lise Mattiazzo, maire de Bussac, et Laurent Nivard, maire de Saint-Bonnet. Il s'est retiré au second tour qui a vu l'élection de Lise Mattiazzo, élue d'une petite voix contre Jean-Michel Videau (76/75).

Aujourd'hui, Jean-François Mougard est confronté à un contexte qui le place dans les rangs de l'opposition, au conseil municipal de Jonzac en tout cas. A la CDCHS, les mois à venir nous diront si le fameux lissage, adopté dans le passé par Claude Belot, opérera une nouvelle fois dans l'assemblée. S'attendait-il à cette situation quand il a quitté son poste de DGS pour se lancer dans la grande aventure jonzacaise ? Pour les observateurs : « Il a cru en son projet, mouillé sa chemise en modifiant sa vie personnelle puisqu'il travaille désormais à Niort et qu'on voit mal Christophe Cabri lui confier à nouveau le poste de DGS de la CDCHS. On peut effectivement se demander ce qu'il est venu faire dans cette histoire municipale jonzacaise alors qu'il aurait pu continuer sa route tranquillement. L'a-t-on incité à s'engager ? C'est toute la question »

L'expérience s'acquiert marche par marche et certaines peuvent être glissantes, la politique n'étant pas une science exacte. Winston Churchill avait tout compris : « Le succès n'est pas final, l'échec n'est pas fatal. C'est le courage de continuer qui compte »...

Lise Mattiazzo, Jean-François Mougard