mardi 6 octobre 2026

Mobilisation lycéenne/Mardi 6 octobre : 9 interpellations et placements en garde à vue au cours de la journée

Une mobilisation importante, globalement calme et maîtrisée

La journée de mobilisation lycéenne du mardi 6 octobre a donné lieu à plusieurs rassemblements et cortèges dans le département. La mobilisation a rassemblé environ 2 000 personnes en Charente-Maritime.

Afin d’assurer le suivi en temps réel de la situation et la coordination des services de l’État, le préfet de la Charente-Maritime a activé dès 7 h le Centre Opérationnel Départemental (COD).

À La Rochelle, sur décision du recteur, l’ensemble des lycées publics et privés a été fermé et basculé en enseignement à distance. La mobilisation a atteint environ 900 personnes à La Rochelle, principalement des lycéens, des étudiants et des représentants syndicaux. Un cortège s’est formé vers 10 h, se dirigeant notamment vers le vieux port, la gare de La Rochelle, l’hôtel de ville, puis le commissariat de police. L’ensemble de la manifestation s’est déroulée dans le plus grand calme.

Dans les autres communes du département, la mobilisation a également connu un pic en début de matinée : 400 personnes à Rochefort, 400 à Saintes, 150 à Jonzac, 70 à Bourcefranc-le-Chapus et 50 à Saint-Jean-d’Angély, tandis que des rassemblements plus limités étaient observés à Pons et Royan.

En début d’après-midi, les mobilisations ont pris globalement fin dans toutes les communes du département.

Au total, 9 interpellations et placements en garde à vue ont été réalisés au cours de la journée :

La Rochelle : un jeune majeur de 18 ans, pour des faits de "caillassage" commis la veille ;

Royan : un mineur de 13 ans, pour transport de cartouches de chasse et de produit acide ;

Royan : deux mineurs de 15 ans, pour port de cagoule et détention de gaz lacrymogène ;

Saintes : deux mineurs de 17 ans, pour détention et/ou usage de mortier ;

Bourcefranc-le-Chapus : trois mineurs de 15 et 16 ans, pour détention de mortiers.

Le COD a été levé à 14 h 15, après la fin des principaux rassemblements et alors que la situation était redevenue normale dans l’ensemble du département.

Le préfet de la Charente-Maritime salue le calme dans lequel les manifestations se sont déroulées.

Académie de Saintonge : Léovanie Raud, actrice, chanteuse et danseuse, reçoit le prix Royan Atlantique

Léovanie Raud : « C'est dans les écoles de danse de Royan que j'ai pu m'exprimer, c'est au lycée de cette ville que j'ai commencé à rêver à cette vie »

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix Royan Atlantique a été attribué à Léovanie Raud, actrice et chanteuse pour ses comédies musicales. Au terme de la cérémonie des prix, accompagnée du pianiste Patrice Peyrieras, elle a offert au public un aperçu de son vaste répertoire où figurait le célèbre morceau "Les demoiselles de Rochefort". Belle rencontre et joyeux moment ! 

Léovanie Raud : Un bel attachement à ses racines

Pascal Ferchaud présente Léovanie Raud

« C’est avec grand plaisir que je prends la parole pour saluer le parcours de Léovanie Raud, lauréate du Prix de la Communauté d’Agglomération Atlantique. Cette émotion tient aussi à une origine commune : comme moi, Léovanie est enfant du Gua, de cette terre saintongeaise qui façonne les caractères autant qu’elle nourrit les rêves. Née à Saintes, formée à Royan puis Paris, elle a porté avec talent et fidélité les couleurs de notre territoire sur les plus grandes scènes françaises et européennes.

Danseuse, comédienne, chanteuse, artiste complète, elle a incarné des rôles marquants dans de nombreuses comédies musicales de renom : Fame, Sister Act, La Belle et la Bête, Mamma Mia!, Les Demoiselles de Rochefort, sans oublier Chance ! récompensé par le Molière du meilleur spectacle musical en 2019. Sa voix accompagne également le cinéma et le doublage, prêtant notamment son talent à des productions internationales.

Mais au-delà de la réussite artistique, c’est l’attachement constant à ses racines qui mérite aujourd’hui notre admiration. Léovanie n’a jamais rompu le lien avec la Charente-Maritime. Stages à Royan, prestations au Violon sur le sable, concerts à Saintes, spectacles à La Rochelle, Fouras : elle revient toujours vers cette terre qui l’a vue grandir. Mieux encore, elle choisit aujourd’hui de domicilier au Gua sa société de production, créant ainsi un pont vivant entre ses deux vies, celle de l’artiste reconnue et celle de la Saintongeaise fidèle à son pays.

Par son talent, son exigence, sa générosité et son attachement à notre territoire, Léovanie honore la Saintonge et offre à notre jeunesse un magnifique exemple de réussite enracinée ».

Léovanie Raud : « Merci à l'Académie de Saintonge d'éclairer la femme charentaise et l'artiste charentaise que je suis » !

« J'ai toujours voulu raconter des histoires sous toutes les formes possibles. Je voulais transmettre des messages pour changer le monde tout simplement ! Il y a 25 ans, ce n'était pas facile, je voulais prendre des cours de chant, je n'en ai pas trouvé ; quant à la comédie musicale, elle commençait seulement à prendre son essor dans la capitale. J'y ai donc suivi ma formation. Le métier d'artiste souffrait, et souffre toujours hélas, d'une réputation de métier de compétition, de précarité. La fameuse vie d'artiste ! 

Je suis partie à Paris avec les valeurs que j'avais acquises et j'ai essayé de vivre de cette façon-là. Voici donc 25 ans que j'expérimente une carrière heureuse, riche, intense, épanouissante faite d'expériences multiples et passionnantes. Dans mon cadre professionnel, j'ai été appelée à voyager et j'ai rencontré des personnes que je pensais inaccessibles. 

Toutefois, rien ne remplace ma terre natale et quand Philippe Tranchet, directeur du festival Un Violon sur le Sable, m'a demandé de chanter à Royan, je me suis posée cette question : Ai-je le droit de monter sur cette scène si symbolique pour moi, est-ce que je le mérite ? Parce que rien n'équivaut au sentiment que je ressens quand je me produis ici. Aucune scène n'est comparable à la plage de mon enfance ; aucun public, aucune star ne m'intimident plus que les personnes qui m'ont vu grandir. Parce que c'est chez moi, c'est mon terreau, mes repères, mes racines. Et je veux être à la hauteur de tout ce qui m'a été transmis. C'est dans les écoles de danse de Royan que j'ai pu m'exprimer, c'est au lycée de cette ville que j'ai commencé à rêver à cette vie, c'est papa qui me faisait répéter mes textes, c'est maman qui s'improvisait parfois manager et avec justesse. C'est ici que je suis née en tant qu'être humain et en tant qu'artiste et c'est ici qu'il me tient à cœur de revenir régulièrement pour replanter les graines de tout ce que j'apprends. 

Merci à l'Académie de Saintonge d'éclairer mon parcours, la femme charentaise et l'artiste charentaise que je suis ! Et merci de transmettre à d'éventuelles petites Léovanie, qui rêvent dans leur coin, qu'elles ont de la chance d'être nées ici, qu'elles peuvent vivre de ces métiers avec les valeurs issues de leur terre et que, elles aussi, tranquillement elles peuvent faire leur part dans ce monde ». 

Au terme de la cérémonie des prix, accompagnée par son pianiste, Léovanie Raud a offert
au public un aperçu de son vaste répertoire

Pascal Ferchaud et Léovanie Raud (©N.Bertin)

Moins 125 M€ pour les Chambres de Commerce et d'Industrie : Un risque majeur pour les entreprises, les apprenants et les territoires ?

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une nouvelle réduction de 125 millions d'euros dans les ressources du réseau des Chambres de commerce et d'industrie (CCI), soit une baisse de 25 % de son budget. Dans un contexte marqué par la hausse des défaillances d'entreprises et des besoins croissants des TPE-PME, cette nouvelle diminution aura des conséquences directes sur la capacité à accompagner les entreprises, soutenir leurs transformations, former les jeunes, les salariés, les demandeurs d'emplois et maintenir un service économique de proximité dans tous les territoires. Près d'une CCI sur deux sera contrainte de fermer ses portes/

Réduire l'accompagnement au moment où les entreprises en ont le plus besoin

Jamais les entreprises n'ont autant sollicité les CCI. En 2025, plus de 1,2 millions d'entreprises et de porteurs de projets ont été accompagnés par le réseau des CCI, soit une progression de 5,7 % en un an. Cette hausse traduit une réalité: confrontées simultanément aux défis des transitions écologique et numérique et des grandes mutations; les commerçants, les TPE, les PME ont plus que jamais besoin d'un accompagnement accessible et de proximité.

Le contexte économique rend cet appui d'autant plus indispensable. A la fin juillet 2026, 70 605 défaillances d'entreprises étaient recensées en France sur douze mois. Mettre en péril la survie du réseau des CCI, c'est priver durablement les chefs d'entreprise d'un accompagnement de proximité, au moment précis où ils en ont le plus besoin pour sécuriser leur activité, se projeter et investir. Le risque dépasse donc largement l'avenir du réseau consulaire : c'est celui d'un décrochage d'une partie du tissu économique français, notamment des TPE-PME et des entreprises implantées dans les territoires où les solutions d'accompagnement sont les moins nombreuses.

125 millions d'euros d'économies aujourd'hui, au risque d'un coût bien supérieur demain

Le financement des CCI n'est pas une dépense publique mais un investissement, qui produit un effet économique mesurable. Chaque euro qui leur est confié génère 5,30 euros de valeur pour l'économie française (enquête OpinionWay 2025).

Réduire ces ressources alors que les besoins augmentent pose donc une question simple : quelle économie réelle pour les finances publiques, si elle se traduit demain par moins d'entreprises accompagnées, moins d'investissements sécurisés, moins de transformations engagées et moins de recettes fiscales associées ?

Les CCI sont le relais de terrain de la plupart des politiques économiques. Elles vont au-devant des entreprises, les orientent vers les dispositifs existants et les accompagnent pour qu'une aide, une politique publique ou une expertise se transforment concrètement en projet, en investissement, en recrutement, en transmission ou en développement.

Avec une baisse de cette ampleur, près d'une CCI sur deux pourrait être contrainte de fermer ses portes. Derrière ce chiffre, c'est la capacité des CCI à pouvoir encore accompagner les entreprises, former les apprenants et maintenir les services de proximité dans les territoires qui serait directement affectée. Ces effets seraient irréversibles : des entreprises laissées sans accompagnement et des compétences perdues.

Un risque pour la formation initiale et professionnelle

En 2025, le réseau a formé plus de 500 000 personnes, dont 210 000 salariés, 133 000 apprentis, 100 000 étudiants et plus de 23 000 demandeurs d'emploi. Premier formateur après l'Éducation nationale, il est le premier réseau de formation des salariés, le premier réseau de CFA et le premier réseau d'écoles de management. Réduire les moyens des CCI, c'est donc fragiliser non seulement l'accompagnement des entreprises, mais également la formation, notamment de centaines de milliers d'apprentis et de salariés. Au moment où les entreprises peinent à recruter les compétences dont elles ont besoin, affaiblir l'appareil de formation des CCI serait un contresens économique et social.

Ne pas affaiblir l'outil au moment où l'économie française en a besoin

Les CCI ont déjà largement contribué aux efforts de maitrise des dépenses publiques depuis 15 ans, avec une baisse de 64 % de leurs ressources, une contribution sans équivalent parmi les opérateurs publics, tout en se transformant en profondeur pour gagner en efficacité. Cette nouvelle baisse remettrait en cause la dynamique de modernisation engagée et priverait l'État d'un de son plus grand acteur du dernier kilomètre économique.

CCI France et l'ensemble du réseau des CCI appellent le Gouvernement et les parlementaires à revenir sur la réduction de 125 millions d'euros envisagée et à garantir au réseau une trajectoire budgétaire stable, permettant de préserver sa capacité à accompagner les entreprises, à former, notamment nos jeunes, et à soutenir le développement économique des territoires.

« Ce sont les entreprises, les jeunes et les territoires qui seraient les premiers touchés par cette baisse. Au moment où les chefs d'entreprise doivent faire face à des transformations majeures, où les défaillances progressent et où les besoins en compétences n'ont jamais été aussi importants, réduire de 125 millions d'euros notre capacité d'action, c'est prendre le risque de laisser davantage nos entreprises, et notamment nos TPE-PME, seules face à leurs difficultés et de fragiliser la formation d'un demi-million de personne. Économiser 125 millions aujourd'hui sur l'accompagnement des entreprises et la formation coûtera bien davantage demain à l'économie française. Nous demandons au Gouvernement et au Parlement de revenir sur ce projet de baisse des ressources des CCI » remarque Alain di Crescenzo, président de CCI France.

Claire Laporte-Bisquit, nouvelle académicienne de Saintonge : de Carthage à Jarnac-Charente en passant par les Etats-Unis et la Grèce

Dimanche à Royan, avait lieu la réception d'une nouvelle académicienne de Saintonge, Claire Laporte-Bisquit, artiste plasticienne, élue au 15ème siège. Elle succède à Jacqueline Fortin qui présida la SEFCO. Olivier Dubois a présenté cette personnalité de Jarnac-Charente, ville où vécurent deux anciens membres, Michel Danglade et Alain Braastad. Sans oublier Odette Comandon, célèbre patoisante. Bienvenue à Claire Laporte-Bisquit dont le talent et le sourire illumineront la docte assemblée ! 

Olivier Dubois présente Claire Laporte Bisquit (©NB)

• Claire Laporte Bisquit présentée par Olivier Dubois

« Claire Laporte-Bisquit, née Gilbert vint au monde en 1961 à Nancy. Son père, normand d’origine, s’est établi à Carthage, près de Tunis où Claire vivra une très heureuse enfance, entourée par le mystère, la beauté et l’histoire. Malgré son jeune âge, elle est déjà vivement marquée par les sculptures antiques, mosaïques, les fresques, et par les couleurs qu’elle retrouvait chaque jour, dans le jardin de son enfance ! Elle habitait près de la mer et des thermes puniques qui étaient son terrain de jeu car ce site n’était alors, pas protégé.

L’Art s’impose dans sa vie en particulier, le dessin et la poésie. En passant le concours national des Arts Appliqués, elle obtient, en 1984 le diplôme de graphiste. En 1985, elle épouse Benoit Laporte-Bisquit, pour devenir Claire Laporte-Bisquit. En plus d’un conjoint, c’est une histoire et une région qu’elle épouse et pour laquelle elle se passionne. Elle découvre la Charente de son mari et sa grande belle- famille de négociants en Cognac et de viticulteurs depuis plus de 350 ans.

Alexandre Bisquit, le trisaïeul de son mari est le premier à avoir mis en vente le cognac en bouteille. Il fut une personnalité importante dans le développement du cognac. Il fut également mécène pour de nombreux bâtiments de la ville de Jarnac. Le gendre d’Alexandre Bisquit, Adrien Dubouché, qui était un passionné de porcelaine et était parti en Chine la découvrir, en rapporta de nombreux exemplaires. Elles seront à l’origine du musée de la Porcelaine de Limoges qui porte son nom.

L’histoire des liens entre le Limoges et le cognac est ancienne et va se consolider en particulier grâce aux familles Laporte-Bisquit et Haviland. En 1842, l’Américain David Haviland décida de développer une entreprise française dans le secteur des arts de la table de luxe qu’il établit à Limoges. Les Haviland sont issus d’une famille normande, qui émigra à Guernesey, puis en Angleterre et enfin aux Etats-Unis, au XVIIème siècle. Charles-Field Haviland était le neveu et le bras droit de David. Il épousa une limougeaude, descendante de François Alluaud, pionnier de la porcelaine de Limoges, et leurs deux enfants épousèrent des Laporte-Bisquit. D’une certaine manière, la famille Laporte-Bisquit initie et synthétise les relations historiquement privilégiées entre la porcelaine de Limoges et le cognac.

Mais revenons à Claire Laporte-Bisquit. De retour à Nancy, vers l’âge de 6 ans, elle se met au dessin qu’elle adore et apprend goulument les poèmes de Prévert. Toute jeune, après avoir vu à Nancy une exposition des bijoux de Braque, elle réalise une fresque avec des oiseaux stylisés sur le mur de son école.

Plus tard, diplômée des Arts Appliqués, elle recevra de fréquentes commandes pour des fresques à l’acrylique. Elle travaille comme graphiste en free-lance pour de célèbres maisons d’édition, comme Nathan et Gallimard, pour l’illustration de programmes scolaires. Son mari est nommé correspondant pour Europe 1 et Le Point aux USA. Elle l’accompagne à Washington, entre 1990 et 1995. Durant cette période, le développement de l’informatique lui permettra de réaliser une maquette pour un jeu vidéo d’initiation à l’histoire de l’Art, et de créer un CD Rom d’initiation à l’Art. Puis elle reprendra l’enseignement de la peinture en milieu scolaire.

A son retour en France, Claire Laporte-Bisquit expose à Paris et développe un programme de cours de peinture pour enfants et adolescents. Toujours dans la transmission, elle dirige des ateliers intergénérationnels pour la réalisation de fresques collectives pour la ville de Poissy dont certaines restent encore visibles.

Claire Laporte devient ensuite professeur de dessin en morphologie en suivant des cours donnés par des élèves du célèbre professeur des Beaux-Arts de Paris, Jean-François Desbord. Elle assurera cet enseignement jusqu’en 2023. A partir de 2020, Claire et son mari reviennent s’installer à Jarnac. A l’écart du brouhaha de la ville, elle reprend la peinture avec passion en faisant évoluer ses thématiques. Elle s’investit dans la vie de la cité, expose à Bassac et créé une association très dynamique : « Au fil de l’Art festival ». L’association organise des projections et des conférences à succès sur des personnalités locales et si possible ayant des liens avec Jarnac : Jean Comandon, Emile Gaboriot, Jacques Chardonne, Pierre Boujut (poète Jarnacais) et son fils Michel Boujut (critique de cinéma). Il y eut aussi une conférence sur Aimé Bonpland, botaniste et explorateur rochelais. Si la Charente est son ancrage, c’est en Grèce que Claire Laporte-Bisquit a récemment exposé : un moyen de renouer avec les vestiges et les antiquités.

C’est donc une artiste accomplie et internationale que l’Académie est fière d’accueillir en son sein ».

• Réponse de Claire Laporte Bisquit à Olivier Dubois

« Je suis bien consciente d’être une pièce rapportée de la Charente saintongeaise, mais séduite depuis plus de 40 ans, par ma terre d’adoption, je suis heureuse de rejoindre les rangs de votre assemblée et honorée des responsabilités qui m’attendent comme représentante des « marches de l’Est » de la Saintonge et de mon pays jarnacais. Grâce à cette élection, je deviens la quatrième académicienne jarnacaise de votre assemblée.

La célèbre conteuse patoisante Odette Comandon, jarnacaise par mariage comme moi, et membre de l’académie de 1959 à 1997 en a été une grande directrice. Elle aimait conclure les sérieuses réunions académiques par des plaisanteries en patois. Je ne possède pas ce talent, mais je succède au 15e siège à Jacqueline Fortin également spécialiste du patois et des traditions paysannes. Avec Odette Comandon, elle avait organisé des Matinées d’Odette à Gondeville et plusieurs festivals de théâtre patoisant à Saint-Jean d’Angely. La bibliothèque sonore du Patois à la Maison de Jeannette perpétue aujourd’hui leur héritage.

Les deux autres académiciens jarnacais m’ont personnellement marquée. Alain Braastad, grand monsieur du cognac qui était l’historien et l’archiviste de Jarnac. Nos deux familles ont tissé des liens amicaux et respectueux depuis plus de 100 ans dans le commerce du cognac. Au fil des ans et des découvertes, Alain Braastad m’a appris à aimer notre patrimoine et à le respecter. Michel Danglade, oncle de mon mari, aquarelliste talentueux, artiste plein de fantaisie et écrivain au long cours, nous a ravi par ses discours aux fêtes familiales et par ses cartes de vœux humoristiques. Ce qui nous rapprochait, lui et moi, c’était bien sur l’amour de l’art, de la peinture et du dessin. Son détachement vis à vis des péripéties de la vie toujours traitées avec humour faisait mon admiration.

Artiste plasticienne, je peins et dessine en m’inspirant de mon environnement immédiat. Durant 40 ans, j’ai donc peint l’espace urbain, mouvement artistique que j’avais découvert en vivant aux États-Unis avec mon mari journaliste. C’est important d’être en harmonie avec ce qui vous entoure quand on est artiste ! Ainsi à Jarnac, loin du tumulte parisien, peindre la grande ville, cela manquait de cohérence, de sens. En renouvelant mes thèmes d’inspiration, je suis retournée aussi vers des pratiques artistiques plus respectueuses de l’environnement, celles utilisées avant la peinture acrylique. J’aime rechercher dans la nature des formes, des plantes. En ce moment, je travaille sur des branches de carottes sauvages et je mets au point des techniques naturelles pour créer cette installation. Je dessine aussi avec une pierre noire car les dessins ne nécessitent pas de fixatif et cela me rapproche de maîtres dont j’admire le travail.

La transmission est aussi une activité qui m’a toujours passionnée. C’est ainsi que j’ai créé et que j’anime à Jarnac l’association artistique et culturelle « Au fil de l’Art Festival » pour communiquer le respect du patrimoine, faire découvrir des personnalités charentaises et des artistes. C’est dans le cadre du Printemps des Poètes en mars que l’association présente le festival, mais les activités s’étendent tout au long de l’année.

Le fait de devenir membre de l’Académie de Saintonge va beaucoup m’aider pour l’organisation de conférences comme celle que je prépare pour décembre, avec une projection du film de Marie- Dominique Montel et Christopher Jones sur les Gourgaud, ce couple excentrique qui avait constitué dans les années 20 une importante collection d’art moderne et avait fait de l’île d’Aix un lieu de rendez-vous pour les artistes et les intellectuels. La seconde conférence sera consacrée à Octavie Coudreau, première femme exploratrice et bien entendu charentaise. Comme moi, elle est partie en Amérique aux côtés de son mari explorateur. Elle, c’était dans les années 1890 et en Guyane où elle a continué après le décès de son mari cartographiant des rivières, photographiant des paysages inconnus et des villages de la forêt vierge sur le cours de l’Amazone. Après avoir ébloui les lecteurs français par ses récits de voyage, elle est revenue vivre dans son village natal de Sonnac, à coté de Matha. Mon nouveau collègue, Alain Quella-Villéger, a participé à la création de la Maison des Aventuriers à Pont l’Abbé d’Arnoult où vous en apprendrez plus sur Octavie Coudreau, ses aventures et ses explorations.

Quant à moi j’envisage avec joie l’aventure de l’Académie et les explorations culturelles qui m’attendent à vos côtés ».

Claire Laporte Bisquit aux côtés d'Olivier Dubois

Académie de Saintonge : Le Grand Prix 2026 décerné à David Proteau, directeur artistique des feux d’artifice Ruggieri

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Grand Prix a été remis à David Proteau, directeur artistique des feux d’artifice Ruggieri. 

Les feux d'artifice font rêver. Leur scénographie conduit le public, nombreux à les admirer, dans un monde illuminé de gerbes scintillantes, d'étoiles filantes et d'effets spéciaux. Le spectacle se termine par une nuée de lumières ardentes et de joyeuses détonations qui réveillent jusqu'aux dieux de l'Olympe. Par-delà la magie qu'ils offrent au regard, les feux d'artifice sont devenus des œuvres d'art. Ils racontent une histoire qu'accompagnent des morceaux de musique. Certes, ils sont éphémères, mais tellement féériques ! 

Cette année, l'Académie de Saintonge a souhaité rendre hommage à ceux qui enchantent le quotidien en distinguant David Proteau. Dans sa jeunesse, il voulait être capitaine de bateau reliant La Rochelle à l'Ile de Ré. « Quand le pont a été construit, j'ai su que je devais choisir une autre voie » a-t-il avoué en s'adressant à Claude Belot présent dans la salle, alors proche du président du Conseil général François Blaizot. Avouez que le destin a bien fait les choses en faisant de David Proteau « l’un des grands artistes de la pyrotechnie ».

Christophe Lucet présente David Proteau (©NB)

Rapport de Christophe Lucet : 

« Le soir venu, il met le feu et fait parler la poudre. Le vaste ciel, piqué d’étoiles ou nébuleux, est le territoire éphémère de cet homme qu’on s’arrache, en France et dans le monde, pour offrir aux grandes fêtes la magie des gerbes de feux, des explosions de couleurs, des guirlandes de comètes, des chevelures d’anges, pour les rendre mémorables, inoubliables.

David Proteau, né à la Rochelle, enfant de Royan et globe-trotteur du feu d’artifice, est le « Deus ex machina » de ces spectacles féériques. Comme directeur artistique de Ruggieri, il en est le scénographe - terme qu’il revendique – le créateur inspiré, celui qui, à la manière d’un metteur en scène, dessine dans le firmament en une suite de tableaux un spectacle total qui tient à la fois du cinéma, du concert, du théâtre et du défilé de mode.

L’artificier charentais porte l’héritage d’une maison fondée en 1739 dont l’un des frères fondateurs – ils étaient cinq venus de Bologne en Italie – fut l’artificier du roi Louis XV. Rachetée en 1997 par les établissements Lacroix, Ruggieri a repris en 2012 ce nom prestigieux que les cours d’Europe, et même le vice-roi d’Egypte Mehmet Ali, se sont disputés depuis 280 ans.

Et l’histoire se poursuit. Si l’Académie de Saintonge voulait un feu d’artifice pour ses 70 ans, elle le commanderait à coup sûr à David Proteau. Pour sa renommée bien sûr, lui qui a éclairé les buildings de Dubaï et les remparts de Carcassonne, illuminé la tour Eiffel pour un spectacle de Johnny, embrasé le rocher de Monaco pour le mariage d’Albert, fait scintiller le viaduc de Millau pour son inauguration, fêté l’anniversaire de Solidarnosc en Pologne avec Jean-Michel Jarre. Mais à côté de ces réalisations de prestige, David Proteau est resté l’enfant de la région.

A Bordeaux, sa ville de résidence, à la Rochelle sa ville natale, le directeur artistique de Ruggieri est chez lui, comme à Royan. Depuis ses débuts, la grande conche, sa plage et son ciel d’estuaire sont l’écrin où tester ses idées, imaginer ses collections pyrotechniques, éclairer les concerts du Violon sur le sable. Qu’il soit célébré aujourd’hui sur la Côte de Beauté est une évidence. Et ceux qu’inquiètent l’impact sur l’environnement de ces spectacles aux matières explosives doivent savoir que chez Ruggieri, on réfléchit et on adapte les techniques pour rendre les feux d’artifices plus vertueux en bannissant plastiques et métaux lourds avec pour horizon un bilan "zéro carbone" sans perdre la magie des ciels embrasés.

Alors, à l’un des grands artistes de la pyrotechnie, à l’un des gardiens des ces arts du feu et de la fête, notre Académie est fière de décerner aujourd’hui son Grand prix ».

David Proteau, Grand Prix de l'Académie de Saintonge 2026 (©N. Bertin)