mardi 21 juillet 2026

Jonzac/La grande aventure des montgolfières « au XVIIIème siècle, cet état d’esprit se répand que tout est possible »

Jeudi dernier, l’Université d’été recevait Philippe Foubert, aéronaute. Le thème de sa conférence : La fabuleuse histoire des montgolfières de 1783 à nos jours. Actuellement, quatre montgolfières volent dans le ciel saintongeais aux couleurs du Conseil Départemental, des Antilles de Jonzac et de la Haute-Saintonge. Chacune de leur apparition provoque la curiosité du public, teintée d’une part de rêve. Quitter le monde d’en bas pour s’élever ? Une quête que les inventeurs ont poursuivie au fil des siècles avec des difficultés et de belles réussites à leur aboutissement. De vrais pionniers prêts à relever les défis et rompre avec les idées reçues. Le conférencier a détaillé les différentes étapes de cette longue histoire où figurent en bonne place les frères Montgolfier à l'époque de Louis XVI. 

Pour en savoir plus sur les montgolfières, Philippe Foubert est l’auteur de trois ouvrages : Le guide pratique du pilote de montgolfière ; le guide du passager en montgolfière, l’essentiel pour bien préparer son baptême ; la méthode pédagogique du pilote de montgolfière, manuel théorique et pratique, parus aux éditions Cépaduès.

Claude Belot, passionné d'aviation, présente Philippe Foubert

Si j'avais les ailes d'un ange...

• Le rêve d’Icare : Dans la mythologie grecque, Icare veut s’échapper du labyrinthe. Il est alors doté d’ailes en cire et en plumes créées par son père Dédale. « Icare jouissait de sa puissance aérienne et, prenant de plus en plus d'altitude, se pensait l'égal des oiseaux. Mais, ne résistant pas à l'intense chaleur de l'astre, la cire de ses ailes se mit à fondre, et le jeune garçon fut précipité dans le vide avant de plonger dans la mer qui porte aujourd'hui son nom ».

• Les lanternes chinoises : On attribue l’invention de la lanterne volante à un personnage célèbre en Chine, Zhuge Liang. Dans le roman Les Trois Royaumes écrit au XIVe siècle qui fait partie des plus célèbres ouvrages de la littérature chinoise, Zhuge Liang est décrit comme « un génie, dont les stratagèmes sont si admirablement calculés qu’aucun être humain ne peut l’égaler ». Il aurait inventé le premier aéronef de l’histoire, la lanterne céleste, et l’aurait utilisée pour transmettre des signaux aux armées. D’après une autre version, il aurait fait voler des centaines de lanternes pour illuminer un ciel sombre et faire croire à ses ennemis, trop nombreux, qu’il s’agissait de guerriers venus du ciel. Il aurait alors profité de leur surprise pour les attaquer et capturer leur chef. Aujourd’hui, on parle de « ballon espion »…

• Une chemise auprès d’une cheminée…

Eurêka. Rue Saint-Etienne à Avignon, Joseph Montgolfier accroche sa chemise mouillée devant l’âtre et voilà qu’elle se gonfle sous l’effet de l’air chaud. Il renouvelle l’expérience avec succès. En novembre 1782, Joseph vient de découvrir le principe de l’aérostation. Il écrit à son frère Etienne :  « Prépare promptement des provisions de taffetas, de cordages et tu verras l'une des choses les plus étonnantes du monde ». Une nouvelle voie s’ouvre. 

• La montgolfière a été inventée par les frères Joseph-Michel Montgolfier (1740-1810) et Jacques-Étienne Montgolfier (1745-1799). Ils sont issus d’une famille de papetiers (inventeurs du papier vélin) établie à Annonay en Ardèche. Leur première démonstration publique se déroule le 4 juin 1783 sur la place des Cordeliers à Annonay, lors des Etats du Vivarais. Un ballon de 900 m3 s'élève à 1000 mètres pendant 10 minutes devant une nombreuse assistance. Le ballon brûle à l'atterrissage, mais les témoins attestent du vol. L'Académie des Sciences est avertie.

 Ici a eu lieu le premier envol d’un ballon le 14 décembre 1782. « Les deux frères s'étaient assurés par une expérience très simple qu'une chaleur de 70 degrés suffisait à raréfier l'air de moitié dans un vaisseau fermé ; ils conçurent bientôt l'espérance de parvenir par ce moyen à remplir leurs vues ».

• Le Roi est informé et les expériences se poursuivent. Jacques Charles, professeur de physique à l'Ecole royale des mines, s’intéresse à l’hydrogène (obtenu en versant de l’acide vitriolique sur de la limaille de fer). Il fait fabriquer un petit ballon de 33 m3 (fait d'une étoffe de soie imperméabilisée par un vernis à base de caoutchouc) qui part du Champ de Mars et va jusqu’à Gonesse, soit 15 km. Apeurés, les témoins croient que la lune s’est décrochée et le curé du village maudit le ballon. Face aux découvertes, les croyances ont la vie dure…


• Concurrence : La compétition est lancée entre les frères Montgolfier et Charles. Le 19 septembre 1783 à Versailles, évènement avec un premier vol habité. Passagers, un mouton, un coq et un canard. Ils atterrissent sains et saufs à Vaucresson et sont offerts au jardin de la reine Marie-Antoinette. 

• Le 21 novembre 1783, date historique. Jean-François Pilâtre de Rozier et François d'Arlandes, officier et marquis, montent à bord d'une montgolfière de 2 200 m2, haute de 23 mètres et richement décorée, depuis le château de la Muette dans l'ouest de Paris. Pendant 25 minutes, les deux hommes alimentent manuellement le feu de paille au cœur de la nacelle pour maintenir l'altitude. Ils traversent la Seine, survolent la capitale à environ |000 mètres et atterrissent à la Butte-aux-Cailles après 10 kilomètres de vol libre. La foule est admirative.

Extraits de leur conversation : C'est dans ce moment que M. Pilâtre me dit : Vous ne faites rien et nous ne montons guère. Je dis à mon brave compagnon : voilà une rivière qui est difficile à traverser ; Je le crois bien, me répondit-il, vous ne faites rien. C’est que je ne suis pas si fort que vous et que nous sommes bien.


Louis XVI, longtemps prudent par souci de la vie de ses sujets, apprend la nouvelle depuis Versailles. Le lendemain, l'Académie des Sciences lance une souscription pour frapper des médailles en l'honneur des frères Montgolfier et des premiers aéronautes. 

• Pendant ce temps-là, Charles et les frères Robert fabriquent un ballon capable de porter deux personnes. Charles conçoit les appareillages qui équipent encore les ballons à gaz d'aujourd'hui : la nacelle en osier, la soupape, le filet et les suspentes, le pilotage au lest. Le 1er décembre 1783, le ballon à gaz gonflé à l'hydrogène s'envole avec Charles et Noël Robert du jardin des Tuileries. Il vole pendant deux heures et se pose à Nesles-la-Vallée après avoir parcouru 35 kilomètres.

 

• En 1784, Joseph Montgolfier embarque sept passagers lors du premier vol commercial de l'histoire, à Lyon. 

• Le 23 juin 1784, le ballon « La Marie-Antoinette » s'élève devant le roi de France et celui de Suède, à Versailles, emmenant Pilâtre de Rozier et Joseph Louis Proust. Ils vont atteindre une altitude estimée de 3000 mètres. Après 45 minutes de vol, ils parcourent 52 km et se posent avant la forêt de Chantilly. Une fois à terre, le foyer brûle une partie du ballon. 

• Le 7 janvier 1785, un ballon à gaz (gonflé à l'hydrogène), piloté par Jean-Pierre Blanchard et le duc de Jeffries, traverse la Manche dans le sens Angleterre-France. Le 15 juin 1885, Pilâtre de Rozier et Pierre Romain, profitant de vents favorables, s'envolent quant à eux de Boulogne sur Mer. Le ballon se dégonfle brusquement et ils s'écrasent au sol. Ils trouvent tous deux la mort.

Par la suite : Les montgolfières tombent peu à peu dans l’oubli car les débouchés sont rares. Au XIXème siècle, on en fait un usage militaire. Pendant le siège de Paris en 1870, 66 montgolfières quittent la capitale assiégée, transportant 168 personnes, 400 pigeons voyageurs et deux tonnes de courrier. Le ministre Léon Gambetta lui-même s'échappe par les airs. 

• Architecte, Eugène Godard a la passion du ballon. Après avoir assisté au décollage d'un ballon libre à gaz, il construit sa première montgolfière qui ne décolle pas. À partir de 1846, il conçoit et lance à Paris avec succès plusieurs montgolfières. En 1847, il réalise sa toute première ascension libre en montgolfière et commence sa carrière professionnelle d'aéronaute-constructeur. De 1845 à 1890, Eugène Godard a construit environ 18 montgolfières et 50 ballons à gaz. Ayant exécuté environ 1500 ascensions dans une dizaine de pays, en Europe et aux USA, il est détenteur de plusieurs records du monde (altitude, distance, durée).

La montgolfière renaît après la Seconde Guerre mondiale grâce à l'enveloppe en nylon, légère et résistante, et le brûleur à propane.

En 1931, Auguste Piccard atteint la stratosphère dans une capsule pressurisée portée par un ballon. C'est finalement l'Américain Paul Ed Yost qui, dans les années 1960, met au point la montgolfière contemporaine telle qu'on la connaît aujourd'hui.

L'info en plus : 

• Marc Seguin (1786-1875), inventeur des ponts suspendus à câbles et de la chaudière tubulaire (locomotive rapide), a été un élève assidu de son grand-oncle Joseph de Montgolfier. « C’est en 1800, j'avais alors quinze ans, que mon oncle Montgolfier dévoila devant moi le voile de l'erreur qui s'étendait sur le monde scientifique. Joseph seul a eu une dose de génie telle que, depuis Newton, il n'avait jamais existé d'homme qui put lui être comparé » disait-il de lui.

• Philippe Foubert est aéronaute et pilote instructeur à l’aéroclub de Jonzac Haute Saintonge. Breveté depuis 1987, il totalise plus de 3125 heures de vol sur de nombreux types de montgolfières et a participé à plus de 450 rassemblements de ballons. En 1995, à Paris, sa route croise celle du président du Conseil général, Claude Belot. Il accepte de piloter bénévolement la montgolfière Charente-Maritime jusqu’en 2009 avant de partir vers d’autres cieux, Québec, Europe, Canada. « Je suis devenu instructeur et Claude Belot l’a appris. Il cherchait un pilote pour la coupe d’Europe de 2013. Il m’a demandé de participer et d'encadrer un élève, Christophe Arnaud. C’est ainsi que l’histoire jonzacaise a commencé ». Dès lors, il assure la formation, les sorties et poursuit de nombreuses activités. 

Parmi les vols qui l’ont le plus marqué, figure Fort Boyard : « j’ai été le premier à l’avoir tenté en 1996 et j’aimerais bien le refaire. Je suis resté un mois sur place pour deux heures de créneau, c’était très compliqué… La nacelle a touché l’eau, mais je suis parvenu à remonter ! ». Il se souvient également d’un atterrissage dans une réserve indienne aux États-Unis. Epique avec une issue heureuse ! Il y a aussi les Alpes, le décollage près du Mont Blanc, le Brésil à la frontière avec l’Argentine, le Sahara, etc. Une expérience professionnelle riche et variée. 

Vous êtes tenté par un vol en montgolfière ? Se faire inscrire auprès de l’Aéro-club de Jonzac (Ph. Foubert 06 08 60 62 35) ou de l’office de tourisme de Jonzac 05 46 48 49 29.

Et si le Père Noël arrivait en montgolfière ?

• Caractéristiques : Les montgolfières de Jonzac ont des volumes de 3000, 2500 et 2000 m3. La surface en tissu nylon est de 1500 m2, l’ensemble est recouvert en polyuréthane afin d’assurer l’étanchéité. La nacelle est en osier ou en rotin en raison de leur souplesse. La vie d‘un ballon en vol libre est de 600/700 heures. Cette durée est réduite si l’utilisation est importante. L’enveloppe devient alors poreuse. Une montgolfière coûte environ 50.000 euros. L’autonomie des bouteilles (propane) est de deux heures et demie.


Saintes : La 3ème édition de Blues in Saintes n'aura pas lieu dans les arènes. Le maire Bruno Drapron en explique les raisons

• Communiqué de l'équipe de Blues in Saintes : « la Ville de Saintes annonce soudainement une taxe très importante pour la mise à disposition des Arènes durant deux jours »

« Depuis 2 ans, l'association Blues Event organise, à l'approche du 15 août, l'événement Blues in Saintes dans les arènes gallo-romaines de la ville. En 2024, pas moins de 800 personnes sont venues applaudir le guitariste Fred Chapellier. En 2025, ce sont 1300 personnes qui ont assisté aux concerts de Gaëlle Buswel et Yarol Poupaud. L'objectif à chaque fois reste le même : proposer au public des concerts de qualité et mettre en lumière les Arènes, site emblématique et incontournable de la Ville de Saintes.

En 2026, pour la 3ème édition du Blues in Saintes, l'association Blues Event souhaitait étoffer l'événement avec une programmation sur deux soirées, les 15 et 16 août, invitant des artistes de renommée nationale et internationale tels que Kaz Hawkins, Mister Mat, Annie Lalalove, Jean Menconi ou encore Marie Sarah. Nul doute que cette nouvelle édition allait de nouveau participer au rayonnement des Arènes, favorisant ainsi l'attractivité et la renommée de la Ville de Saintes.

Néanmoins, à quelques semaines de l'événement, la Ville de Saintes annonce soudainement une taxe très importante pour la mise à disposition des Arènes durant deux jours. Cette taxe n'avait jusqu'alors jamais été demandée par la municipalité, que ce soit lors des précédentes éditions ou au moment de donner son accord pour la reconduction de Blues in Saintes en 2026. Nous déplorons la méthode utilisée pour cette annonce qui, à un mois du premier concert, met évidemment en grande difficulté l'équilibre budgétaire de l'association. Ce profond désaccord avec la municipalité nous contraint donc à revoir le format de la 3ème édition de Blues in Saintes.

La soirée du 15 août, mettant à l'honneur les Femmes de Blues avec les concerts de Marie Sarah et de Kaz Hawkins, est bel et bien maintenue, mais se déroulera dans la salle de La Salicorne à Saujon. Néanmoins, ce changement de lieu nous empêche d'organiser le concert d'Annie Lalalove ainsi que la soirée du 16 août qui devait accueillir Mister Mat et la formation polyphonique corse de Jean Menconi, accompagné par le Grand Chœur de l'Abbaye aux Dames.

Nous travaillons actuellement sur la reprogrammation des concerts de Mister Mat et de Jean Menconi. Ces concerts resteront accessibles aux personnes ayant déjà réservé des billets (plus d'informations à venir).

Nous regrettons évidemment ces changements. A quelques semaines de l'événement, nous faisons désormais tout notre possible pour maintenir nos engagements auprès des artistes, du public, des équipes techniques et des bénévoles. Notre priorité reste inchangée : faire de Blues in Saintes une grande fête avec des concerts de qualité, au plus près des artistes ». 

L'équipe de Blues Event

Les 15 et 16 août, les arènes de Saintes devaient accueillir Kaz Hawkins, Jean Menconi et le Grand Choeur de l'Abbaye aux Dames de Saintes, Mister Mat, Annie Lalalove et Marie-Sarah. La soirée du 15 août, mettant à l'honneur les Femmes de Blues avec les concerts de Marie Sarah et Kaz Hawkins, se déroulera dans la salle de La Salicorne à Saujon

• Communiqué de Bruno Drapron, maire de Saintes : « La loi oblige toute association percevant une subvention à fournir un bilan et des comptes de l'opération réalisée »

« Le compte n'est pas bon pour Blues Event ? L'association Blue Event annonce l'annulation des deux soirées prévues à l'amphithéâtre de Saintes au motif que la Ville prendrait "une taxe" non prévue initialement.

Pour rappel, la Ville de Saintes a consenti plusieurs facilités pour l'association ces précédentes années : d'abord la gratuité des Arènes alors même que l'association est domiciliée à Soulignonne et que la soirée organisée était payante. Normalement, la Ville ne fait pas de gratuité dans ces cas-là. Cette gratuité exceptionnelle était justifiée par la programmation de qualité et l'intérêt pour l'attractivité de la Ville.

Au total, l'an dernier, c'est une subvention indirecte de plus de 8000 euros qui a été octroyée : gratuité des Arènes (13000m2), mise à disposition de deux agents pour l'installation technique et d'une loge, campagne de communication, perte de ressources avec la fermeture pendant deux jours de plus des Arènes pour le montage et démontage...

Or, la loi oblige toute association percevant une telle subvention à fournir un bilan et des comptes de l'opération réalisée. Tous les autres festivals aidés par la Ville les fournissent sans problème.

Malgré les relances dont certaines remontent à plusieurs mois, l'association n'a, pour l'instant, pas pu fournir ces éléments. Enfin, l'association a décidé unilatéralement de doubler les soirées avec une deuxième soirée, estimant la gratuité automatique. Cela n'avait pas du tout fait l'objet d'un accord préalable. La Ville l'a appris dans la communication de Blue Event.

La Ville comprend la déception des festivaliers, mais son rôle est aussi d'assurer la sécurité juridique de la collectivité et l'équité entre les structures de la Ville.

Si les comptes de l'année passée de Blue Event ne lui sont pas transmis dans les jours qui viennent, elle prendra attache avec la Chambre Régionale des Comptes et les services de contrôle de l'Etat pour connaître la marche à adopter pour protéger la collectivité de tout risque ».

lundi 20 juillet 2026

1986 - 2026 : Jonzac fête les 40 ans de la station thermale ! « Ces quarante années ont tout changé. Elles ont fait connaître le nom de Jonzac bien au-delà des frontières de la Charente-Maritime »

Vendredi matin, s’est inaugurée l’exposition consacrée aux 40 ans de la station thermale et aux grands moments qui ont marqué les quatre décennies. Etaient présents Claude Belot, élu qu’on ne présente plus, Christophe Cabri,  maire de Jonzac, Delphine Matteï Péteau, première adjointe, Eléonore Guérard, directrice générale de la Chaîne thermale du Soleil, Jauffray Beltrando, directeur de la CTS, Séverine Gauthier, directrice de la station de Jonzac, Benoît Christen, directeur de l'Office de tourisme et son équipe, des membres du conseil municipal et de la CDCHS, etc. 

Accueil place du château par Benoît Christen
« En 1986, lorsque les Thermes de Jonzac ouvrent leurs portes, le pari est audacieux. Certains diront même qu'il est un peu fou ! » rappelle le premier magistrat avec un sourire. En effet, sans ce grain d’originalité et de volonté, créer une station thermale dans d’anciennes carrières connues pour avoir abrité un dépôt de munitions allemand durant la Seconde guerre mondiale, semblait hautement improbable… 
Certes, des ouvrages, du XIXème siècle en particulier, mentionnaient la présence de "fontaine minérale" aux environs de Jonzac. Une piste à explorer. Plusieurs éléments se sont alors combinés  : un forage destiné initialement à la géothermie, la thèse de doctorat du dr Louis Chalié, l'esprit d'entreprise de Claude Belot et l'intérêt porté par Adrien Barthélemy, PDG de la Compagnie française du thermalisme, à cette perspective. Et pourquoi pas ? Encore fallait-il démontrer les vertus curatives de cette eau aux autorités sanitaires pour prétendre à l’ouverture d’un nouvel établissement ! Tout s’enchaîna favorablement jusqu'à l’élaboration d’un module, puis l’ouverture officielle des thermes de Jonzac en 1986. 
A ce jour, la station comprend trois orientations principales (rhumatologie, ORL, phlébologie) et a diversifié sa gamme de soins. Malgré la crise du covid, le nombre de curistes est stable, de l’ordre de 15000. 

Des hommes et des femmes de la Chaîne Thermale du Soleil à l'honneur

40 ans est un bel âge. L'office de tourisme a profité de ce moment historique pour organiser une grande exposition mettant en lumière les faits qui ont marqué la capitale de la Haute-Saintonge entre 1986 et 2026. Place du château, marché, cloître des Carmes et jardin thermal accueillent cette évocation collective sous forme de panneaux grand format. Il s'en est passé des choses ! Des rassemblements, des rencontres sportives, des spectacles, des aménagements, des restaurations, la venue de personnalités. Liste non exhaustive.

Présentation de l'exposition place du château

A découvrir en se baladant dans la cité !

Photos : fonds Bernard Lévêque/Nicole Bertin, Véronique Sabadel, Office de tourisme, CDCHS, collections particulières, coupures de presse Sud-Ouest, Haute-Saintonge, Saintonge Hebdo

Après une déambulation sur la place du château et aux Carmes où Delphine Lévêque, guide à l’office de tourisme, a commenté et détaillé les principaux événements de la cité durant les quatre décennies, le groupe s’est réuni au parc thermal pour les traditionnelles allocutions. 

Etapes aux Carmes (patrimoine) et au pont de pierre
(thème de la rivière, clin d'œil à Pierre Jean Ravet)

• Christophe Cabri, maire : « Il nous appartient de continuer à innover et à préparer les quarante prochaines années avec la même ambition que nos prédécesseurs »

Christophe Cabri, Claude Belot, Eléonore Guérard

« C’est avec une immense fierté et une profonde émotion que nous célébrons les quarante ans des Thermes de Jonzac. Quarante ans. Cela peut sembler court à l'échelle d'une ville dont l'histoire se compte en siècles. Mais pour Jonzac, ces quarante années ont tout changé. Elles ont transformé le visage économique de la ville, lui ont donné souffle et fait connaître le nom de Jonzac bien au-delà des frontières de la Charente-Maritime. Quarante ans, c'est surtout l'occasion de regarder le chemin parcouru, mais aussi de rendre hommage à celles et ceux qui ont osé croire en un avenir différent pour notre territoire. En 1986, lorsque les Thermes de Jonzac ouvrent leurs portes, le pari est audacieux. Certains diront même qu'il est un peu fou. Il faut alors l'audace de deux hommes : Claude Belot et Adrien Barthélémy. Deux visionnaires, deux bâtisseurs, profondément convaincus que les richesses enfouies sous notre sol peuvent devenir le moteur du développement économique, touristique et humain de la région.

Claude Belot, maire de Jonzac à l'époque, a cru en cette eau avant même que la science ne le confirme. C'est lui qui a porté ce projet jusqu'à Paris, devant l'Académie de Médecine, pour faire reconnaître les vertus thérapeutiques de la source Soenna. Il s’agit de la première station thermale créée après-guerre, s’appuyant sur la thèse soutenue par le dr Louis Chalié. Le 4 août 1986, l'établissement thermal, situé dans les carrières d'Heurtebise, devient réalité. À cette époque, la convention initiale signée entre la Ville de Jonzac et la Chaîne thermale du Soleil fixe un objectif de 3000 curistes par an. Avec le recul, ce chiffre prête presque à sourire tant la réalité a dépassé les espérances. Aujourd’hui, Jonzac est devenue la septième station thermale de France avec près de 15 000 curistes. Ce chiffre, à lui seul, résume ce que cette aventure a apporté à la ville : une activité économique vivante, une notoriété qui dépasse largement nos frontières, une fierté partagée. Ce classement est bien plus qu'un chiffre : il témoigne de la place qu'occupe désormais notre territoire dans le paysage thermal national. 

Cette eau thermale, si précieuse, a profondément transformé l'histoire de Jonzac. Elle soigne, elle attire, elle crée de l'activité. Elle fait également rayonner notre nom à travers notre partenaire Léa Nature et sa ligne de produits de beauté. Quarante ans après la collaboration entre Claude Belot et Adrien Barthélémy, nous pouvons mesurer combien leur intuition était juste. Ils n'ont pas seulement créé une station thermale : ils ont donné à Jonzac une nouvelle identité, une nouvelle attractivité et une nouvelle ambition. Cette situation résulte d'une vision, d'investissements constants, d'un partenariat solide entre la Ville, la Chaîne thermale du Soleil et l'ensemble des acteurs économiques locaux. Le thermalisme est un pilier de l’économie locale. Il génère des emplois, soutient les commerces, dynamise les hébergements touristiques, favorise l’attractivité. Cet héritage nous oblige. Les investissements se poursuivent avec plus de 10 millions d'euros consacrés au troisième forage Soenna 2. Il nous appartient de continuer à innover et à préparer les quarante prochaines années avec la même ambition que nos prédécesseurs ».

Serge Espin et Georges Favre ont été directeurs des Thermes de Jonzac

Serge Espin et Séverine Gauthier, directrice des Thermes
• Claude Belot, à l’origine du projet : « La station thermale, c’est l’histoire de deux fous, Adrien Barthélemy et moi-même ! »

Inauguration des thermes : Adrien Barthélemy, Claude Belot, Réné Monory (archives N. Bertin)

« Adrien Barthélemy et moi-même étions sur la même longueur d'onde. Les carrières d’Heurtebise méritaient mieux que de devenir un dépôt de la Base aérienne de Cognac. Tous deux avons pensé à quelque chose de plus sympathique, une station thermale… finalisée en 1986. Adrien Barthélémy ne faisait rien sans consulter sa fille et son époux Michel. Nous avons convenu de nous voir à Eugénie les Bains. Par la suite, je revois le déplacement des Jonzacais à l’Académie de médecine, à Paris, où le projet était présenté. Le conseil municipal était au grand complet ! Nous avons obtenu le remboursement de la Sécurité Sociale parce que cette eau est un médicament. Plusieurs thèses lui ont été consacrées, dont celles de Louis Chalié et de Pascale Fumeau entre autres. 

La station a ouvert ses portes en 1986 avec l’objectif d’accueillir 3000 curistes en trois ans. La réussite que nous connaissons aujourd’hui est le fruit d’un partenariat étroit entre la Chaîne thermale du Soleil et la Ville. Le dernier chiffre avant covid était de 17000. Jonzac occupe actuellement la septième place des stations thermales en France. Le partenariat qui nous réunit doit se poursuivre avec les mêmes acteurs. Nous sommes engagés sur le long terme. Je vous donne rendez-vous dans 40 ans et je pense que nous serons très nombreux ! ». Et de conclure en s’adressant à Eléonore Guérard : « La profession évolue et je vous sais intéressée par des thermalismes différents qui se pratiquent en Belgique et en Suisse. L’eau de Jonzac semble tout indiquée ! ».

Le premier module (©NB)
Déplacement à Paris à l'Académie de Médecine. Sur cette photo, les drs Chalié, Beaulieu,
Lefeuvre et Guy Petit, journaliste (©NB)
Les Jonzacais à l'Académie de Médecine, agrément obtenu en 1985 (©NB)

Eléonore Guérard, directrice générale de la Chaîne thermale du Soleil « Nous fêtons aujourd’hui 40 années de travail, d’implication et de rêves »


« Ce sont des vues de l’esprit qui nous ont permis d’aller loin. Avec ses partenaires jonzacais, d’abord Claude Belot puis Christophe Cabri, la Chaîne thermale a l'envie d’avancer, les pieds sur terre, la tête dans les étoiles ! C’est ainsi que se sont déroulées les premières quarante années de Jonzac et c’est ainsi que nous envisageons les 40 prochaines. Merci à vous tous qui avez contribué et contribuez à la réussite de la station avec sa directrice Séverine Gauthier ». 

Ce sympathique anniversaire s’est terminé par le verre de l’amitié servi non loin du plan d’eau des Thermes qui fut autrefois un lieu de baignade avec plage. C’était au temps d’avant !… 

Samedi 25 juillet : Les artistes sont invités à peindre Jonzac !

Samedi 25 juillet, une journée de peinture en ville est organisée par l’association les Couleurs de l'Art autour "des couleurs et du patrimoine de la ville de Jonzac" (historique ou nature). Concours d’expression artistique (dessin, peinture, sculpture) ouvert à tous !



REGLEMENT : L'association Les Couleurs de l'Art accueilleront les participants à partir de 9 h, à l'entrée du Cloître des Carmes. « À votre arrivée, nous enregistrerons vos supports vierges (possibilité de préparer les toiles avec une couche unie d'acrylique ou de Gesso). Tous les formats et toutes les techniques seront admis. Vous pourrez faire enregistrer le nombre de supports que vous souhaiterez, mais une seule œuvre sera soumise au jury. L'inscription et la participation sont gratuites. Le matériel n'est pas fourni. Vous aurez "carte blanche" dans la ville pour vous exprimer : bords de Seugne, rues, ruelles, patrimoine bâti, etc ».

A 16 h 30, retour des œuvres au Cloître où un jury attribuera des prix.

Les œuvres seront exposées de 17 h à 18 h en présence du public. La manifestation se terminera par un rafraichissement convivial. Renseignement : 06 76 95 71 15.

Vigilance feux de forêt : Passage au niveau "Vigilance très sévère", feux d'artifice annulés ou différés

Au regard des conditions météorologiques actuelles, des fortes températures, associées à un régime de vent d’Est, Michel Prosic, préfet de la Charente-Maritime, en concertation avec le service départemental d’incendie et de secours (SDIS17), a décidé de placer le département de la Charente-Maritime en « Vigilance très sévère » pour la journée du lundi 20 juillet sur le secteur 1. Ce niveau de vigilance a pour conséquence un renforcement des moyens mobilisés par le SDIS 17.

Conformément à l’arrêté préfectoral du 30 avril 2026, relatif à l’usage du feu en vue de prévenir les incendies de forêt et d’espaces naturels dans le département de la Charente-Maritime, il est interdit, entre autres, pour les particuliers de fumer, de porter ou d’allumer du feu, y compris sur les terrains privés, à l’intérieur ou jusqu’à une distance de 200 mètres des bois et forêts. Cette interdiction s’applique également aux usagers des voies publiques traversant ces terrains. Aucune allumette ou matière incandescente ne doit être jetée.

En complément de ces dispositions les maires des communes peuvent en vertu de leurs pouvoirs de police, limiter les accès aux massifs boisés notamment en période à risque très sévère.

Les feux d’artifice, qui sont assimilés aux feux de plein air, sont soumis aux mêmes interdictions et doivent être annulés ou différés.

Ces règles de prudence et de civisme doivent être respectées avec la plus grande rigueur. Retrouvez l’arrêté du 30 avril 2026 sur le site internet de la préfecture de la Charente-Maritime : urlr.me/chk5F5

LES CONSEILS DE COMPORTEMENTS :

Précautions à prendre en forêt ou proximité immédiate :

    • Se renseigner sur les conditions météorologiques avant de se rendre en forêt ;

    • Avoir un téléphone portable sur soi pour alerter les secours en cas de besoin ;

    • Prévenir ses proches de l’itinéraire emprunté ;

    • Respecter les chemins balisés ;

    • Ne jamais allumer de feu en forêt, dans les bois ou à proximité, même s’il s’agit d’un barbecue ;

    • Ne jamais jeter de mégots de cigarette dans une zone boisée ou par la fenêtre de la voiture ;

    • Prendre garde à l’endroit où est stationnée la voiture : le pot d’échappement à haute température peut enflammer l’herbe sèche ;

    • Veiller à camper dans un lieu autorisé, sécurisé et protégé ;

    • Respecter les interdictions d’accès aux zones boisées ;

    • Pour les habitations proches des forêts : Ne rien brûler.

COMMENT BIEN RÉAGIR EN CAS DE FEU DE FORÊT ?

    1. En cas de détection d'incendie :

    • Alerter les secours en composant le 18 ou le 112 ;

    • Essayer de localiser le feu ;

    • Essayer d’éteindre le feu naissant avec de la terre, du sable ou de l’eau sans vous mettre en danger.

    2. Quand une habitation est à proximité d’une zone boisée :

    • Arroser les abords de la maison et les façades pour la protéger ;

    • Fermer les volets, trappe de tirage de la cheminée, fenêtres, bouches d’aération et de ventilation ;

    • Placer des linges mouillés en bas des portes ;

    • Mettre un linge humide sur le nez pour se protéger des fumées ;

    • Laisser le portail ouvert pour faciliter l’accès aux secours ;

    • Évacuer les lieux en fonction des consignes données par les sapeurs-pompiers.

    3. À pied :

    • S’éloigner du feu ;

    • Si possible, placer un linge humide sur le visage.

Pour toute information d’ordre général, retrouvez la campagne de prévention nationale des feux de forêt sur le site : https://www.ecologie.gouv.fr/prevention-des-feux-foret

Consulter le niveau de risque pour chaque commune sur https://www.risque-prevention-incendie.fr/17

Pour alerter les secours, je compose le 18 ou le 112.