mercredi 20 mai 2026

Montendre fête ses 50 ans d'amitié avec la ville allemande, Sulz am Neckar

Le comité de jumelage Montendre - Sulz am Neckar, que préside Laurent Motard, a fêté le week-end dernier son demi-siècle. C'est en effet en 1976 qu'ont été posés les premiers jalons de ce jumelage, scellant une amitié véritable entre les deux villes. Au programme, de nombreuses festivités dont un grand défilé en musique samedi matin, des agapes au château et une soirée concert accompagnée d'un spectacle pyrotechnique d'Akouma. Si le temps n'était pas vraiment de la partie, la chaleur et la convivialité étaient dans les cœurs. Bon anniversaire !

Déjeuner samedi sur l'esplanade du château
Laurent Motard, président de l'association de jumelage
Des parapluies aux couleurs de l'amitié
Bon anniversaire !
Visite du musée guidée par l'association Andronysiaque

Le musée de la tour carrée, consacré à l'histoire et aux traditions populaires saintongeaises, a été initié par Lucie Gatard, suivie par Robert Renaud et son épouse. L'office de tourisme et l'association Andronysiaque, que préside Bruno Barthe (à gauche de la photo) organisent régulièrement des visites. Samedi après-midi, ont été accueillis nos amis allemands. Des nouveautés, dont un volet distillation et viticulture (alambic, etc) ont été apportées. C'est un vrai plaisir que de découvrir ce lieu soigneusement aménagé et, bien sûr,
la vue à partir de la terrasse est à ne pas manquer !
A l'époque médiévale, cette tour défensive accueillait une garnison. 

Spectacle nocturne au château avec la compagne Akouma 

Spectacle de feu (© Rudel de Roux)

Saintes/Exposition Daniel Pirrotta : Savez-vous ce que disent les fleurs ?

« Savez-vous ce que disent les fleurs ? »  était le titre de l'exposition proposée dernièrement par l'artiste saintais Daniel Pirrotta. Succédant à Dame Nature, l'atelier galerie, situé entre l'Abbaye aux Dames et l'Arc de Germanicus, accueille un nouvel artiste jusqu'au 16 juin, le photographe Christophe Cougnaud


Peindre des fleurs en captant leur langage à travers une mise en scène. En combinant les couleurs et les formes pour échafauder un monde dont chaque élément est une savante composition. En interrogeant par la même occasion le visiteur qui découvre la toile. Regarde, que vois-tu, là dans ce détail ? En chaque tableau, Daniel Pirrotta aime raconter des histoires et la sienne est riche en expériences audacieuses et minutieusement pensées. La démarche artistique ne peut se cantonner à un style quand d'autres portes ne demandent qu'à s'ouvrir. Comme les roses ! 

Un côté baroque inspiré des maîtres anciens
Lors du vernissage jeudi 23 avril, il a expliqué sa démarche : « en 2019, j'ai ouvert cet atelier galerie, un endroit où je peux peindre, montrer mon travail et, une fois par an, celui d'un autre artiste ». Il a privilégié le dessin, le figuratif puis s'est tourné vers l'abstrait avant de dédier son art à la nature : « De par sa richesse exubérante, elle propose une variété de formes qui permet à l'imagination de s'évader. J'aime introduire dans le regard des éléments qui offrent une sorte de chorégraphie, une théâtralisation ». Existe-t-il une hybridation entre la peinture figurative du début, la période abstraite et cette nouvelle conception où se côtoient architecture et végétal ? « C'est ma proposition, l'univers où je me sens bien. C'est une peinture de résistance, elle me rapproche de mes ancêtres. La nature nous délivre des messages que nous essayons d'oublier par la force ou le déni. Si on sait les écouter, les fleurs disent beaucoup de choses. Elles sont symboles de plénitude et d'espérance ». 

Et ses sculptures ? « Pas loin de chez moi, rue des Jacobins, j'ai vu des gens en train de tailler la pierre. J'ai trouvé ça génial. J'ai toujours rêvé de la taille directe. L'idée me trottait dans la tête depuis longtemps. J'ai rejoint l'atelier. Il y a une connivence entre la peinture et la sculpture. Cette dernière se rapproche d'ailleurs du dessin ». 

Chaque tableau est une sphère qui varie selon l’émotion qu’elle suscite. Si l’esprit domine la matière, il est fort probable qu’elle lui échappe pour ouvrir cette formidable fenêtre qu’est la liberté de ressentir et d’interpréter. A chacun ses jardins secrets !

Le vernissage

• Nouvelle exposition : Le photographe Christophe Cougnaud présente ses photographies. Au gré de ses vagabondages, il glane des images inspirées et inspirantes, offrant une narration subtile et poétique. A découvrir à l'atelier galerie, 66 rue de l'Arc de Triomphe jusqu'au 6 juin. 

Semaine de l'autonomie en Charente-Maritime : « Changer le regard sur le handicap et le vieillissement ». Film au Familia Jonzac jeudi 4 juin

Chef de file de l’action sociale, le Département de la Charente-Maritime mène une politique volontariste en faveur des personnes âgées. Bien vieillir, en bonne santé et en autonomie est une priorité de la collectivité, face à une population de plus en plus vieillissante. Depuis quelques années, le Département, en lien avec la Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie (CFPPA), déploie des actions auprès des personnes de plus de 60 ans. Cette année, la Semaine de l’Autonomie organisée par le Département se tiendra du lundi 1er au vendredi 5 juin, sur le thème : « Changer le regard sur le handicap et le vieillissement ».

Activités ludiques intergénérationnelles, projections, ateliers mémoires, activités sportives adaptées, et bien d'autres animations gratuites et ouvertes à tous, à Echillais, Saintes, Saint-Savinien, Aytré, Saint-Jean-d'Angély, Ferrières, Jonzac, Royan et Dompierre-sur-mer. 

• Tout le programme de la semaine est à retrouver sur le site du Département : Semaine de l’Autonomie : une semaine pour s’informer et partager | La Charente-Maritime - 17




mardi 19 mai 2026

Mortagne/Exposition Mémoire du temps : Jephan de Villiers « le bord du monde, c'est la Gironde » !

Jusqu'au 26 mai, l'association Darouma, que préside Martine Bel, accueille deux artistes au Temple de Mortagne. Le public est invité à découvrir "Fragments de mémoire", sculptures de Jephan de Villiers et "Peintures verticales" de Jean-Frédéric Delforge. Le vernissage avait lieu jeudi dernier en présence d'un nombreux public. Hommage à la verticalité en ce jour de l'Ascension !


Martine Bel a le sourire. « Nous vivons un moment assez exceptionnel avec cette exposition. C'est un grand privilège d'accueillir les sculptures de Jephan de Villiers et de Jean-Frédéric Delforge » dit-elle. Ils sont quatre à veiller aux destinées de Darouma, la présidente, Christiane, secrétaire, Joëlle, trésorière, et Robert. Depuis 7 ans, l'association propose des manifestations culturelles et contribuent à la renommée de Mortagne. Pour preuve, la notoriété du secteur, « les demandes d'acquisitions immobilières sont de plus en plus nombreuses » souligne le maire Stéphane Cotier. Il félicite les artistes qui sont invités à décrire leurs démarches respectives.

Jephan de Villiers : Quand l'invisible devient perceptible


Impossible de les manquer en entrant : les sculptures de Jephan de Villiers sont autant de gardiens qui vous souhaitent la bienvenue. Malgré leur taille, ne craignez pas qu'ils vous prennent de haut : ces personnages, au centre de l'exposition, sont au contraire les ambassadeurs des rêves et des secrets. Profondément bienveillants, ils sont composés d'éléments naturels, écorces, bois, végétaux, plumes, feuilles. Périssables lorsqu'ils sont éparpillés, abandonnés sur le bord du chemin ou sur l'humus des forêts. Immortels quand l'artiste les anime, leur insuffle la vie et leur donne une apparence. Ils entrent alors en scène ! 

« C'est émouvant de commencer une exposition, de choisir le lieu et les sculptures qu'on va présenter. J'ai réalisé que le geste de Jean-Frédéric et le mien est pratiquement le même. Nous sommes dans la verticalité. Autrefois, je vivais à Bruxelles et à la forêt de Soignes, a succédé l'estuaire de la Gironde » explique Jephan de Villiers. Il a créé une civilisation imaginaire, "les guetteurs du bord du monde" qui nous protègent et parlent d'un temps ancien où régnait l'harmonie. Les têtes perchées sur des mâts recèlent un fragment de mémoire au cœur d'un papier qu'entoure une cordelette. Ces fragments sont voyageurs. L'un d'eux se trouve en Chine, à Shangaï, un autre au Ladakh et le suivant sera bientôt en Inde dans une bibliothèque. Fais un petit geste et il se passera quelque chose ! Jephan de Villiers aime délivrer un message en offrant l'un d'eux. Ainsi commencent des histoires et se tissent des liens spirituels et amicaux autour de la nature du monde, devenue art et symbole de fraternité. 


Trait pour trait...

Venant de Saint-Etienne, Jean-Frédéric Delporte propose en ses toiles un travail précis et raffiné. Graphiste, il maîtrise l'art du trait qui lui demande de la patience, mais provoque une joie libératrice. Cet exercice de la verticalité est un long cheminement qui se traduit en peinture, gravures et empreintes. Recherche du ressenti, du moi intérieur. L'artiste est ému d'exposer dans un temple protestant : « mon père était pasteur » avoue-t-il.  


« Il était debout, faisait mille pas avec ses pinceaux, et tant d'autres objets vecteurs de ses créations. Il rêvait beaucoup, il luttait, c'était une question de survie. Il était homme. Il avait mené bien des duels. Comme tant d'autres, il affrontait la vie. Comme tant d'autres, il craignait la fin, au moins un peu, mais il donnait la vie en quelques gestes » a dit de lui l'écrivain Jean-Philippe Charrat.

Ne manquez pas cette exposition dans la mémoire des ans !


• Jephan de Villers a rendu hommage à son ami Georges, professeur d'architecture à Bruxelles, à qui il a dédié l'exposition. Il l'avait aidé à installer "Les âmes oiseaux" qui se trouvent sur le port.

• Ouverture : Tous les jours de 10h30 à 12h30 et 14h30 à 18h30, Temple, 33 Grande rue à Mortagne

lundi 18 mai 2026

Jean-Michel Caillot/Depuis plus de 50 ans, il filme la vie oléronaise et saintongeaise : « Je suis un petit FAR à moi tout seul ! »

La maison est blottie au creux d'un bosquet, presqu'au bout du monde. Son propriétaire est habitué. Il nous attend à l'entrée du chemin de terre ombragé, se doutant bien que le GPS aurait des hésitations quant à la localisation. Mais où sommes-nous ? Après avoir franchi le pont d'Oléron et admiré le fort Louvois, l'île se dévoile. Ses couleurs, ses plages, ses ports, ses bateaux et l'odeur des embruns en prime. Moins prisée que l'Ile de Ré, mais plus authentique ! 

L'endroit qu'habite Jean-Michel Caillot est un havre de tranquillité : un décor de roman où le temps serait suspendu, un îlot de verdure qui aurait traversé les années sans prendre une ride. Favorisés par l'air marin, y ont poussé librement arbustes, légumes et fleurs de toutes variétés. La basse-cour s'anime à l'arrivée du visiteur ; avec un peu de patience, on pourra observer un faisan aux plumes noires, venu se mêler à la volaille pour sa pause déjeuner quotidienne. Rien ne manque au tableau, pas même le chat roux aux yeux bleus qui ronronne sur un fauteuil.

Jean-Michel Caillot : il filme la région depuis des décennies (©NB)
L'ambiance est propice à la créativité. Depuis des décennies, le maître des lieux se consacre à immortaliser la vie insulaire sous toutes ses facettes, créant des documentaires sur des époques qui se suivent sans pour autant se ressembler. Il filme avec une passion sans cesse renouvelée les événements de l'île. Il s'en échappe de temps à autre pour rejoindre le continent et s'attarder sur les théâtres patoisants, suivre des événements associatifs ou dresser le portrait d'hommes et de femmes qui retiennent son attention. Ainsi a-t-il constitué des archives incroyables et précieuses sur la vie oléronaise et saintongeaise dont une partie a été remise au FAR (Fonds Audiovisuel de Recherche) à La Rochelle. « Je suis un petit FAR à moi tout seul » dit-il en riant. Un phare qui éclaire la mémoire de la région et qui la montre sans fard, dans sa simplicité et sa réalité. En bon gardien, il a conservé tous ses enregistrements. Ils occupent pas mal d'espace ! « Et si on visionnait un spectacle de la SEFCO ? ». Ecran allumé, les icônes défilent et bientôt la Mounette apparaît dans sa truculence. Elle raconte en patois ses maux de ventre et ses péripéties chez son gynécologue. Difficile de garder son sérieux... 

Un premier appareil photo offert pour sa communion solennelle

Jean-Michel Caillot est né à Oléron en 1949 dans une famille d'agriculteurs qui pratiquaient la polyculture. « Sur l'île, les fermiers avaient des vaches. Je revois mon grand-père labourer les vignes avec son cheval » se souvient-il. Enfant, il fréquente l'école de Sauzelle. Pour sa communion solennelle, son parrain lui demande où va sa préférence : une paire de jumelles ou un appareil photo ? « J'ai choisi aussitôt l'appareil photo ». Le déclic se produit à ce moment-là : il comprend que la photographie est non seulement pour lui un plaisir, mais aussi pour les autres. Ils ont sur le papier, grâce à "l'opérateur", des instants qu'ils n'auraient conservés que dans leurs mémoires. L'abbé Raoul, curé de Saint-Georges d'Oléron, l'encourage et lui confie ses premiers reportages. La suite ne se fait pas attendre : un tirage, c'est bien, mais le mouvement, c'est mieux ! En 1967, il achète sa première caméra Kodak et capture les grands moments de la vie locale, frairies, spectacles, rencontres sportives, manifestations diverses et variées. « Je réalise un film tous les mois qui est présenté au public. La participation se cantonne aux fournitures ».

Tout au long des années qui suivent, sa caméra ne le quitte pas, y compris lors de son service militaire en Gironde. Le matériel évolue et il s'adapte. Le numérique connaît des avancées fantastiques ! Dans sa région, il est connu et pour cause, il est devenu incontournable. Il s'intéresse à tout, non seulement aux rendez-vous de la vie locale, mais aussi à ses chers amis les patoisants, Jacqueline Fortin, présidente de la SEFCO, Goulebenèze, Paul Monteau, le Beurchut et tant d'autres. D'ailleurs, il parle parfaitement cette langue héritée de nos ancêtres. Heureux de s'échapper de son île, il a accompagné l'Association Napoléonienne Charentaise Le Garde Chauvin lors d'un déplacement en Espagne, à Madrid. Chaque année, pour la remise des prix, il assiste à la cérémonie de l'Académie de Saintonge que dirige Marie-Dominique Montel. 

Prêt à partir en reportage ! (©NB)

« Je n'ai rien effacé »

« Quand tu as vingt ans et que tu enregistres une personne de 50 ans, tu sais qu'elle représente un témoignage sur le temps d'avant. Que sa parole a de l'importance, qu'il faut la conserver. A ce jour, j'ai réalisé 1567 cassettes vidéo d'une heure 30. En 2010, j'ai acquis une caméra à cartes, j'ai 510 cartes. Je n'ai rien effacé. Le principal est de posséder l'original ». Dans sa collection, se trouvent des mariages, parfois des enterrements. Et d'ajouter : « Comme le remarque Didier Quentin, l'ancien maire de Royan, il y a deux moments importants dans la vie. Quand tu nais et quand on parle encore de toi après ta mort, d'où l'intérêt des archives filmées ». 

Récemment, il a suivi l'élection de Miss Oléron 2026, la chorale du collège Saint-Pierre, les débats autour du parc éolien au large d’Oléron. Liste non exhaustive. Parmi les gens qui l'ont marqué, il cite Georges Boisseau, pêcheur de homard, et Rémy Richard dont le nom est associé aux pêcheries. Des hommes de la mer auxquels s'ajoute le peintre Ernest Lessieux, aquarelliste et dessinateur.

Des films de Jean-Michel Caillot visibles sur le site du FAR
 Jean-Michel Caillot à l'honneur

Le Festival des Trésors de l'île, qui se déroulera en juin 2026 au cinéma Eldorado , comprendra plusieurs animations dont le travail réalisé par le photo club d'Oléron, la présentation d'Eliane Bon et Dominique Richiero, à l'origine de Femmes de Cabanes et « la projection d'un film de 26 minutes fait à partir d'extraits de films réalisés par Jean-Michel Caillot pendant 50 ans sur l'ensemble de l'île que nous avons sélectionnés et proposés au FAR qui en a assuré le montage spécifique. Les films réalisés sous différents formats sont désormais numérisés grâce à l'intervention du Fonds Audiovisuel de Recherche. Nous sommes heureux de contribuer à cette grande première » soulignent les organisateurs.

Jeudi 21 mai à 22 h 50 sur ICI Nouvelle-Aquitaine, le film "Oléron : la vie continue", réalisé par Roxane Florin (coproduction Les valseurs et France) sera consacré à Jean-Michel Caillot : « À travers ce documentaire, la réalisatrice Roxane Florin met en lumière l’île de son enfance, en révélant les souvenirs, les visages et les gestes du quotidien qui ont façonné l'île d'Oléron » explique la programmation. Sa rencontre avec Jean-Michel Caillot a constitué une sorte de révélateur. Le passé s'est animé, il a retrouvé vie grâce au travail du cinéaste amateur. Sans chichis, ni fioritures. Les visages, les détails du quotidien, les sons, un environnement intact. A ne pas manquer !

La plage des Sables Vignier (©NB)

La journée s'achève. Pas question de quitter Oléron sans voir les Sables Vignier, sa plage et cette histoire de vignes qui poussaient autrefois dans le secteur (d'où son nom). Mais ça, c'était avant ! Devant l'immensité, Jean-Michel Caillot est songeur : « Dans l'existence, l'essentiel est de prendre son temps ». A méditer !