mercredi 21 août 2019

Spectacle d'Eric le Collen ce soir au site du Fâ à Barzan

Mercredi 21 août à 21 h 30, dans le cadre de Site en Scène, spectacle gratuit d'Éric le Collen, scénographe, qui raconte les liens unissant l’homme, la terre et l'Estuaire de la Gironde. Rendez-vous au site gallo-romain du Fâ à Barzan (près de Royan). Venez nombreux ! 

Saintes/Libre expression : Saintes capitale romaine, tout ça pour ça ?

Libre expression de Cécile Trébuchet, présidente de l'association Médiactions

Démolition du vortex de l'arc de Germancus (© Romain Charrier)
« Alors c’est terminé. On peut lire, ce lundi 19 août sur de nombreuses pages, le démontage du vortex autour de l’arc, dit de Germanicus, date symbolisant par la même occasion la fin de l’anniversaire du monument : « 2000 d’histoire pour des mois de discorde ». Quels résultats ?

Le Vortex
 
Nous savons tous combien cette « audacieuse » installation a fait couler de l’encre et abîmer, de fil en fil disgracieux, l’image du monument emblématique de notre cité. Dès le départ, il aurait peut-être suffit que les décisionnaires et créateurs s’interrogent sur la pertinence de faire du « durable » avec ce qui, par définition, s’appelle de l’installation « éphémère ». On aurait préféré une belle terrasse de café et des animations sur la place Bassompierre, deux années durant (et plus si affinités), années que l’on voulait culturelles et festives. Elles auraient pu être identitaires, parler de Saintes et même, pourquoi pas, parler de l’arc ? A quand d’ailleurs à ce sujet un mobilier signalétique touristique, moderne et durable, expliquant aux visiteurs l’intérêt historique de nos monuments ? Ce serait déjà un bon départ…

A l’heure des premiers bilans, il me semble cependant que l’affaire du vortex est comme l’arbre qui cache la forêt…et des questions bien plus importantes restent accrochées à ce démontage, qui, certainement, manquera à peu de monde.
Dans un élan de surexcitation enfantine en 2018, la Ville de Saintes avait pour projet de fêter l’anniversaire de notre porte antique, tout en faisant de ce rassemblement historique le début d’une grande et nouvelle histoire saintaise. C’était le départ d’une épopée moderne qui nous menait vers la réalisation d’un parcours pédestre touristique alliant les deux rives, la construction d’un grand musée autour de l’amphithéâtre, un amphithéâtre quant à lui, à même de recevoir le festival « Blues Passions » dès 2019, avec 5000 places de gradins ! Il n’était pas encore question de réelles restaurations et nous étions considérés comme des méchants contestataires politiques, tandis que notre association alertait les habitants et les élus de la grande fragilité du site. Le temps et les études archéologiques nous ont bien sûr donné raison et nous ferons en sorte que restauration et rénovation « gratinée et gradinée » ne soient pas confondues en un seul projet.

Vous avez dit anniversaire ?
 
Après avoir « ordonné » des commandes pharaoniques aux techniciens de l'evénementiel en 2018, les budgets de l’anniversaire de l’arc ont finalement été revus à la baisse et en bonne politique impériale des temps modernes, ce sont quelques employés de la ville qui ont servi de sacrifiés dans l’arène municipale. Ceux qui sont restés « vivants » ont dû réussir des fêtes romaines avec le petit peu qu’il leur restait. Qu’ils fassent ou ne fassent pas, ils sont de toutes façons aux premières loges de la critique. La politique de « ce n’est pas moi, c’est eux » permet ainsi de sauver la face, quand l’empire devient boiteux…
Juillet 2019, les fêtes romaines ont donc malgré tout sauvé les apparences de l’instant ; touristes et habitants ont au moins profité des talents de la gladiature arlésienne et locale et du professionnalisme du personnel restant… Pas facile néanmoins de parler de l’arc, quand on ordonne un spectacle dans l’amphithéâtre !

De fait, était-il question de son anniversaire ? Quid de la véritable définition d’un arc de triomphe et de son rôle de porte purificatrice à Rome ? Quid de l’histoire des dédicaces, du spectacle initialement prévu autour de l’histoire de Germanicus ? Des éléments comparatifs avec les autres arcs des Gaules ? Des liens entre Mediolanum et Lugdunum… de l’évergète C. J. Rufus et du rôle de l’aristocratie indigène dans la romanisation ?... Mais qui a donc fêté quoi dans les rues et les monuments, tandis que les conférences ne sont pas vraiment un rendez-vous festif et accessible à tous ?
Et nous ne savons pas aujourd’hui si le prélude aux fêtes romaines prédit leur installation durable et la volonté de créer une image touristique romaine ou si celles-ci n’étaient qu’un anniversaire, pendant lequel la Ville et ses décideurs ont simplement omis « d’inviter » le principal concerné.
Bien qu’il soit un plaisir de rencontrer des spécialistes de la gladiature, on ne peut donc que déplorer un anniversaire identitaire raté, une image locale confuse et une municipalité qui navigue à vue et qui ne sait finalement pas inventer une logique à tous ses rêves de grandeur. A force de jouer avec les patrimoines, tout le monde y perd son latin et parfois son destin.

La rentrée...
 
Mais voici la rentrée… Le site Saint Louis prend un très mauvais chemin pour s’installer comme lieu « étape » touristique, à moins que les futurs résidents s’échappent de leur maison de retraite pour dormir eux-mêmes dans le futur hôtel de proximité. Le grand musée lapidaire qui aurait pu s’y installer en toute légitimité ne verra certainement jamais le jour et il n’est pas la peine de faire de grandes études d’urbaniste pour deviner qu’il ne sera pas plus construit à proximité de l’amphithéâtre. L’arc n’est pas prêt de fêter à nouveau 2000 ans d’histoire, les thermes sont toujours aussi sinistrés et on n’est pas plus avancé sur la construction identitaire de notre image touristique.

Le projet qui se voulait grandiose devient de plus en plus restreint, dès lors que se pose l’intelligente mais tellement tardive question de sa faisabilité… Reste la superbe étude autour des aqueducs pour que la CDA reprenne « Saintes romaine » en charge.

Alors, il semble que l’affaire du vortex, (après avoir dénoncé ce mauvais gaspillage financier) est un « non événement ». A Saintes, on construit, on détruit, on recommence et on tourne en rond depuis environ 20 ans. Et l’on parle d’un musée depuis autant d’années. En août 2003, je disais déjà à Bernadette Schmitt (voir extrait article Sud-Ouest), alors maire de Saintes, que les « fêtes romaines » avaient fait leur temps, que ce n’était qu’un détail autour de l’urgence de la création d’un véritable projet culturel et touristique, autre que notre festival musical de juillet. Et ce n’est pas pour rien que l’on avait installé des animations au mois d’août, espérant que la fête grandirait en festival et en colloque scientifique national autour de l’antique. On recommence à zéro. Mais en réalité, on ne peut pas vendre les bâtis et les quartiers de la ville et construire son avenir en même temps ! On passe alors son temps à discuter « animations », évitant de prendre parole et position autour des vraies urgences touristiques et urbanistiques, tels le stationnement autour des monuments de la rive gauche, l’accueil catastrophique des touristes à l’amphithéâtre tant le lieu est désuet, l’utilité d’un ascenseur à Saint-Louis qui deviendra privé pour un hôtel inutile, la vente incessante des patrimoines, etc...


Il serait vraiment temps qu’habitants et élus puissent avoir un véritable débat autour d’une politique touristique, culturelle et commerciale d’avenir. La ville ne cesse de voir grandir le nombre de ses constructions en tôle dans ses zones périphériques tout en faisant éloge de sa grandeur du 1er siècle de notre ère, mais il n’est toujours aucun projet, fiable, réaliste et durable pour en témoigner et en vivre. Reste l’espoir de la confrontation des programmes et idées vers de nouveaux engagements autour de nos patrimoines saintais »…

Pour le CA de Médiactions - Cécile Trébuchet

• Le CA de Médiactions souhaite rencontrer l'ensemble des candidats aux Municipales de 2020 pour discuter de leur vision touristique et patrimoniale de Saintes.

Jonzac : Déjà condamné pour détention d’images à caractère pédopornographique, un chirurgien poursuivi par ses vieux démons ?

L’affaire remonte à avril 2017 où un chirurgien viscéral exerçant à l’hôpital de Jonzac a été arrêté pour faits de viols, agressions sexuelles, détention d’images pédopornographiques et consultation de sites de cette nature. Mis en examen, il est derrière les barreaux, à la Maison d’arrêt de Saintes en attendant son jugement aux Assises, fin 2019, début 2020. Jusqu’à l’énoncé du verdict, il est présumé innocent. Retour sur cette affaire douloureuse qui concerne une petite fille qui habitait Jonzac à l’époque. Quatre plaintes ont étés déposées contre le praticien. L’enquête se poursuit car le nombre de victimes pourrait être plus important, selon La Charente Libre du 20 août.

Le chirurgien habitait une maison de la rue Lucien Brard où les gendarmes ont découvert des carnets comportant des noms d'enfants et des dates
2008. Arrivant de Quimperlé où le service de chirurgie viscérale vient de fermer (c’est l’explication officielle), le praticien qui rejoint l’hôpital de Jonzac est accueilli d’un bon œil. Les professionnels de santé ne se bousculent pas au portillon des hôpitaux de proximité, contrairement aux grandes villes, plus attractives. « A l’époque, le CH recherchait un spécialiste et celui-ci venait de demander sa mutation en Charente-Maritime. Nous avions confiance. Plutôt discret, il ne cherchait pas à lier connaissance avec ses confrères » se souvient le dr Beaulieu. Dans les services, son attitude, plutôt distante, ne choque pas : « c’est un Breton ! » disait-on.
Côté professionnel, les patients sont plutôt satisfaits, comme en témoigne Jean-Luc : « il m’a opéré, rien à dire ». Dans ces conditions, on comprend pourquoi tout le monde est tombé de nues quand le chirurgien est arrêté en avril 2017, puis incarcéré. La nouvelle de son arrestation se répand et c’est la consternation. « Personne n’aurait pu imaginer une telle chose » avoue un témoin.

Une famille bouleversée

Comme l’a écrit Eric Chauveau du journal Sud-Ouest en février 2019, un grand silence a entouré cette affaire. Ce qui explique les longs mois écoulés avant sa révélation… alors que la plainte remonte à 2017. Que reproche la justice au chirurgien ? D’avoir commis un viol et une agression sexuelle sur une petite fille, âgée de 5 ans à l’époque, qui habitait non loin de la rue Lucien Brard à Jonzac où lui-même était domicilié.
Alertés par les parents, les gendarmes découvrent un élément important : l’homme, séparé de son épouse et père de trois enfants, a déjà été condamné en 2005 par le Tribunal correctionnel de Vannes pour détention d’images à caractère pédopornographique. Repéré par le police du net, il avait écopé de quatre mois de prison avec sursis. Une peine qui figure sur son casier judiciaire. Aucune obligation de soins n’avait été demandée. L’intéressé poursuit alors son chemin comme si de rien n’était. « Lui qui travaille dans le domaine de santé, pourquoi n’a-t-il pas ressenti pas le besoin de suivre un traitement ? S’il l’avait fait, on n’en serait pas là » souligne un proche.
C’est donc en avril 2017 que la maman de l’enfant alerte les autorités. La fillette présente des signes qui ont attiré son attention. Suit un examen médical.
Les investigations commencent, tout d’abord au domicile du chirurgien où les gendarmes découvrent un univers qui se passe de commentaires, des poupées cachées sous le parquet, des carnets "inquiétants" où le chirurgien mentionne de nombreux noms d’enfants et des dates (depuis les années 90), des images pédopornographiques, divers objets et des vidéos où il se met en scène nu. Son ordinateur est passé au crible.
Les enquêteurs ne s’arrêtent pas là puisqu’ils se rendent également à l’hôpital pour étudier les matériels informatiques que le praticien utilisait. Ils n’y trouvent rien, ce qui démontre qu’il se confinait chez lui. « Un individu à deux facettes ? » s’interroge une habitante de son ancien quartier.

Une « obsession »…

« Il avait l’air d’un papi rassurant et de plus, il était chirurgien, un métier qui inspire confiance. Personne ne s’est méfié » souligne l’avocate de la petite fille, Me Fransceca Satta : « Le dossier que je défends ne comprend qu’un seul acte. La mère a compris quand sa fillette lui a raconté le comportement bizarre que le voisin avait avec elle ». A cette plainte, sont venues s’ajouter celles des deux nièces du praticien, jugées recevables (faits se situant entre les années 1980 et 1990) et une autre enfant demeurant en Touraine (1993). Quatre au total (pour l’instant ?).
Me Satta insiste sur le drame vécu par la famille jonzacaise : « Elle est profondément choquée par la chape de plomb qui pèse sur leur affaire. Je pense que le procès aux Assises de Saintes l’aidera à se reconstruire, c’est pourquoi elle ne souhaite pas qu’il ait lieu à huit clos. On ignore si le petit frère de la fillette a été victime d’attouchements. Ça reste un mystère dans le dossier ».

Me Thibault Karzawa assure la défense du chirurgien poursuivi pour "viol sur mineur par personne ayant autorité, viol sur mineur de 15 ans, agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions, agression sexuelle incestueuse sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité, exhibition sexuelle, consultation et diffusion d’image d’un mineur à caractère pornographique".
« Il reçoit des soins à la Maison d’arrêt de Saintes. Il est vraiment dans le rejet de ce qu’il a pu faire, en a pleinement conscience. Il a changé et n’est pas dans le déni, contrairement à d’autres prévenus dont j’ai assuré la défense. Le seul point qu’il conteste est la nature criminelle de faits » souligne l'avocat. L’introduction digitale dans le sexe des victimes en particulier. Aux plaintes retenues, la justice dira si les noms des autres enfants, mentionnés sur les fameux carnets, existent bel et bien ou s’il s’agit de fantasmes. Certains faits, anciens, peuvent également avoir été prescrits. « J’ai en face de moi un homme âgé de 68 ans qui est réaliste sur sa situation et ne parvenait pas à maîtriser son obsession. Il se demande comment il a pu en arriver là » déclare Me Karzawa.
Une obsession et ses conséquences que la Cour d’Assises de Charente-Maritime jugera dans quelques mois…

• Question au sujet du casier judiciaire : Entré en 2008 au CH de Jonzac, le chirurgien a démissionné de ses fonctions en mai 2017. Personne ne semble avoir été averti de son "passé".

lundi 19 août 2019

Les remerciements de Nathalie Rateau

C'est avec soulagement que Nathalie Rateau, qui avait lancé un message sur les réseaux sociaux, a retrouvé à Royan son frère David, disparu du CH de Jonzac depuis plusieurs jours. Elle remercie chaleureusement les personnes qui l'ont aidée.


dimanche 18 août 2019

Jonzac : Esprit de l'eau, l'exposition de Claude Guyon


Du 24 août au 11 septembre, exposition photographie "Esprit de l'Eau" de l'artiste Claude Guyon. Ouvert tous les jours de 15 h à 18 h 30 au cloître des Carmes de Jonzac. Entrée libre. Renseignements : 05 46 48 49 29, vernissage le 30 Août à 18 h 30

Claude Guyon, plasticien diplômé des Beaux Arts de Bordeaux, est un artiste bien connu des Jonzacais pour avoir participé à la restauration du décor classé du Théâtre du Château. Peintre, sculpteur, décorateur de cinéma, son univers entrecroise les cultures premières et la nature. Il aime traiter la photographie comme une œuvre picturale originale. Ses variations autour de l’eau et de la cristallisation sont proposées à Jonzac, ville qui porte dans son ADN l'élément aquatique.

Claude Guyon et Christelle Brière, adjointe à la culture
Claude Guyon : «  Je suis né en Août 1957, mon enfance fut baignée par la lumière saintongeaise, au cœur de cette nature qui révélait ses mystères fascinants. Dès la tombée de la nuit, la place du château de Jonzac devenait mon observatoire astronomique. Hypnotisé par l’éclat scintillant de l’Etoile Sirius, j’observais des heures durant ses éclats colorés, dont j’essayais de mémoriser toutes les nuances fugaces des éclats colorés. Cet appel de l’infini m’invitait au voyage intérieur, je devenais explorateur de l’espace-temps, puis l’océan, la forêt ramenaient mon regard vers l’ici et maintenant, la Terre.

L’infini était visible ici également par l’immensité et la beauté de la force de vie. Ce territoire plonge ses racines à l’aube de l’humanité, ainsi naquirent mes émotions les plus marquantes, rencontre entre l’émerveillement de la biologie naturelle et d’une mémoire ancestrale puissante. Je ne savais pas alors à quel point mon cœur était attaché à cet environnement privilégié. Très souvent mes rêves reviennent en ces lieux et entrecroisent les mémoires.

A 22 ans, j’ai eu le plaisir et l’honneur de restaurer les peintures du petit Théâtre du château de Jonzac, souvenir d’enfance en ce lieu abandonné, du haut de mes 5 ans, les décors enchevêtrés murmuraient des tirades évanouies. Ma taille donnait à ce lieu le mystère majestueux du tombeau de Toutankhamon, dont je viens de visiter l’exposition récemment. C’était pour moi une joie d’intervenir pour cette rénovation. Mes cinq années de Beaux-Arts à Bordeaux m’avaient préparé à l’expression Artistique et Technique, par une pratique diversifiée des formes d’art. Ainsi, je rencontrais la photographie. La palette picturale enrichie de la précision photographique devaient m’amener à partager le plaisir d’observer, d’inviter au voyage.

Quinze années de décors dans des ateliers de cinéma suivirent, pendant lesquelles j’ai pratiqué la peinture décorative, les patinées, les effets spéciaux, la sculpture pour des films de prestige en exemple, « Ridicule » de Patrice Leconte ayant obtenu le césar du décor par notre réalisation de la copie de Versailles... « Le Masque de fer » avec les sociétés les plus prestigieuses du cinéma américain, anglaises et françaises, « Le Pacte des loups », etc...

Au fil des années, le flux des vagues, les espaces naturels me manquaient. Ma rencontre avec plus de six gardiens des traditions autochtones d’Amérique du Nord, du Sud, Pygmées du Gabon, m’amènera à considérer l’eau au-delà du concept simple d’un élément précieux et vitale, mais surtout sous la forme d’un esprit vivant, une pensée créatrice. Pendant trois années, j’ai eu à cœur de photographier la diversité des formes moins connues de l’eau, qui apparaissent en utilisant les hautes vitesses ou la macrophotographie. Ainsi la structure du vivant par delà une forme transitoire laisse entrevoir son empreinte annonciatrice d’une autre manifestation de vie. Elle en démontre la structure. L’eau devint une confidente, cet esprit amical qui évoque avec poésie mes amis amérindiens et africains. De retour dans la région pour accompagner les derniers jours de mon père, je fis un rêve. Un soleil blanc se présentait à moi, en un cercle blanc magnifique et parfait, il abritait des losanges de couleur or, dont les diagonales étaient soulignées d’un trait fin noir. Cette vision était porteuse de joie, de perfection, à la manière d’une bénédiction sacrée et protectrice.

Pendant cette période d’accompagnement, je décidais de photographier l’évaporation d’une goutte d’eau salée. A ma grande surprise, je vis apparaître le cube de sel qui comportait une pyramide à degrés en creux, celle-ci était soulignée par une croix parfaite en diagonale. Subjuguée par cette « apparition », j’ai exploré le champ de la cristallisation, et observé la construction de cette force de création originelle. Un mode opératoire accéléré qui figure la création des cristaux en 10 à 15 000 ans au cœur de la Terre. Un témoin des énergies à l’œuvre pour créer un monde, le matérialiser. La vision de Platon rendue visible. Les « indiens » huichols du Mexique représentent le divin, l’œil de Dieu, par un losange coloré tissé sur une croix carrée. Ainsi mes rencontres avec ces peuples des Origines, le départ de mon père, et l’eau, devenaient des messagers de l’éternel. En cette dimension universelle qui rapproche les peuples, j’invite à partager l’émerveillement sous un regard bienveillant à l’adresse de la matière vivante, sur l’onde de la découverte, de l’interrogation et du partage. Voguons ensemble de l’infini au microscopique, la force de vie en grâce, offrira son sourire par le regard vivant de chacun en un cristal lumineux.


Cristallisation du sel :

Le sel est une matière ionique et hydrophobe, elle s’organise en rejetant l’eau, parfois une bulle se trouve prisonnière. Elle se construit étage par étage, par des mouvements sympathiques, d’attirance et de répulsion en fonction des charges magnétiques des éléments. Par ces mouvements à l’intérieur de la goutte d’eau, le sel manifeste ce que j’appellerais « la danse des éléments », une figuration des mouvements possibles dans l’espace au moment de la naissance des planètes.

La goutte d’eau devient un microcosme, l’atmosphère d’une terra prima. Les mini cristaux flottent à la surface de la goutte, d’où l’origine de la fleur de sel. Ils se construisent sur une base triangulaire, les pointes du cube dans un axe vertical, la pointe vers le bas se construit en premier et s’enfonce dans l’eau, couche par couche. Il est remarquable que les angles du triangle se forment en premier, de façon partielle, un champ d’énergie semble façonner les parois lisses des faces du cube de manière interrompue. Les pointes croissent vers le centre. L’intérieur du plan de la cristallisation semble chaotique, sous un ordre plus aléatoire alors que les faces lisses semblent connaître et suivre un plan parfait. A partir du plan médian, le processus s’inverse, la forme se referme sur elle-même, la pointe achevée le cristal « coule » et rejoint le fond, là où il peut poursuivre une cristallisation collective et se relier. Dans le cas de la fleur de sel, il reste à la surface tenu en floraison par une surface plus large et irrégulière. Là, se produit un phénomène étonnant de beauté. La face tournée vers le sol laisse apparaître une forme pyramidale à degré en creux, les diagonales sont ainsi soulignées par les arrêtes de cette pyramide. Cela évoque la structure des ^pyramides à degré en Egypte et au Mexique.

Dans le cas de la goutte d’eau posée sur une plage de verre, la pyramide en creux sera tournée vers le ciel (la base). Ce processus d’évolution des formes, sur une base de tétraèdre, qui devient cubique, en portant en son cœur dans l’axe terre ciel, une pyramide intermédiaire entre le carré et le triangle, semble rendre visible la pensée philosophique de Platon autour de l’alchimie des planètes et des éléments. Des petits carrées en losanges garderont cette formes au début de la cristallisation et, voyageront à la manière des météorites traversant un champ d’attraction, ou s’éloigneront d’un autre cristal. Ceci est visible dans mon petit film « Cristallisation » publiée sur Youtube.

Sel d’Alun

Le sel d’Alun se cristallise dans un schéma de forme triangulaire trônée. D’une grande transparence, il laisse apparaître les inclusions de bulles et des étages triangulaires. Les cristaux sont plus semblables, la face hexagonale est plus rare. Une structure interne triangulaire sous formes d’équerre apparaître dans des conditions particulières. Lorsque la forme cubique se manifeste, elle révèle les diagonales et un carré médian dans ce cas l’apparence du cube est laiteuse, seules les lignes diagonales et de contours sont transparentes et d’apparence fine et dessinées. Des formations en plaquettes longues existent. Le carré en diagonal porte une croix en son centre, parallèle au bord du cube, elle se présente souvent de manière significative. La rencontre du sel d’Alun et du vivant dans le cadre d’un bain de tannage fait apparaître une structure en « radiolaire » ressemblant aux oursins dont les pics ont la forme des couteaux. Le mélange sel d’Alun et peau animale produirait-il une forme élémentaire du début de la vie marine ? »...