vendredi 4 septembre 2026

Charente-Maritime : La rentrée scolaire dans les 61 collèges

Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente-Maritime, Caroline Aloé, vice-présidente en charge de l’éducation et des collèges, Virginie Merle, directrice académique adjointe des services de l’éducation nationale de la Charente-Maritime ont été accueillis par Philippe Grangeponte, principal du collège Fernand Garandeau à La Tremblade, et son équipe, pour la rentrée des élèves de 6e, le mardi 1er septembre. Au total, 27 552 collégiens ont pris le chemin des 61 collèges publics et privés de Charente-Maritime, à l’occasion de cette rentrée scolaire.

(©Dép.17)

Situation des collèges publics à la rentrée 2026-2027

51 collèges publics dont 3 avec internat (« Pierre Loti » à Rochefort, « René Caillié » à Saintes, « Les Salières » à Saint-Martin-de-Ré) et 3 implantés dans une cité scolaire (« Émile Combes » à Pons, « Georges Texier » à Saint- Jean-d’Angély et « Hélène de Fonsèque » à Surgères). 2 collèges sont inclus dans un Réseau d’Education Prioritaire (REP) : « Pierre Mendès France » (REP Plus) et « Fabre d’Eglantine » à La Rochelle. 27 552 collégiens sont attendus à la rentrée 2026 selon les prévisions des services académiques (- 524 par rapport aux effectifs de l’année scolaire 2025-2026). Près de 90% sont demi-pensionnaires.

Inclusion scolaire : le nombre d’unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) reste à 37, réparties dans 33 collèges. Par ailleurs, 48 classes réparties dans 10 collèges accueillent les 601 élèves inscrits en section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA).

Dispositif « Classe relais » : les dispositifs relais proposent un accueil temporaire à des élèves de collège, entrés dans un processus de rejet de l’école. Deux collèges sont concernés : « Samuel Dumenieu » à Montendre (depuis 2015) et « Jean Guiton » à Lagord (depuis 1999).

Fonctionnement dans les collèges publics

En 2026, la dotation globale de fonctionnement pour les collèges publics s’élève à 6 450 985€. 250000€ de crédits supplémentaires ont été votés en 2026, pour faire face à des dépenses imprévues.

Les agents départementaux et leurs missions

550 agents, dont 501 permanents, permettent aux élèves de travailler dans de bonnes conditions. Ces agents exercent dans les domaines de l’accueil, de l’entretien des locaux et de la restauration (50 % d’entre eux).

Politique d’alimentation durable

Les agents du Département confectionnent et servent 19 350 repas chaque jour, dans l’ensemble des collèges. En parallèle de la plateforme Agrilocal 17, qui permet aux restaurants scolaires de passer des commandes d’achats alimentaires auprès de fournisseurs locaux (avec une aide financière du Département de 25%), l’outil Webgerest, installé dans tous les collèges, facilite la planification et la saisie des menus, le suivi du plan alimentaire, les pesées de déchets, etc. Un guide « Lutter contre le gaspillage alimentaire » est également distribué dans tous les établissements lors de cette rentrée.

Maintien et amélioration du patrimoine bâti des collèges

En 2026, le Département poursuit ses investissements dans les collèges publics :

- 3 050 000€ pour le gros entretien du patrimoine bâti

- 750 000€ pour la mise en accessibilité

- 950 000€ pour l’équipement des restaurants scolaires

- 100 000€ pour la réfection des sanitaires

- 800 000€ pour la réfection de toiture

- 140 000€ pour la végétalisation des cours de récréation

- 250 000€ pour l’acquisition de matériel de maintenance et d’entretien des locaux

- 400 000 € pour l’acquisition de mobilier

Les travaux de réfection des sanitaires se poursuivent aux collèges Fromentin à La Rochelle et de Montguyon, tandis que la rénovation des sanitaires des garçons de l’internat du collège René Caillié à Saintes est achevée. Au collège de Surgères, une adaptation des locaux permettra la création de quatre nouvelles salles de classe ainsi que l’aménagement de deux salles de technologie, intégrant un espace de moyens partagés.

Le programme de rénovation des toitures se poursuit avec des interventions prévues ou engagées dans les collèges de Saint-Hilaire-de- Villefranche, Châtelaillon-Plage, Saint-Aigulin et Tonnay-Charente. Parallèlement. Les études relatives à la réhabilitation du gymnase du collège Albert Camus à La Rochelle et à la rénovation de la toiture du collège René Caillié à Saintes sont toujours en cours.

Au collège d’Archiac, la modernisation des équipements de restauration est destinée à améliorer les conditions de production des repas et les conditions de travail des agents.

Le Département poursuit sa politique de verdissement des collèges avec la réalisation d’aménagements paysagers dans les établissements de Saint-Savinien, Saint- Agnant et Aigrefeuille-d’Aunis. Objectif : créer des îlots de fraîcheur permettant de limiter les effets des fortes chaleurs.

Les travaux de mise en accessibilité prévus dans le cadre de l’Agenda d’Accessibilité Programmée (Ad’AP) se poursuivent dans les collèges Albert Camus, Fromentin, Pierre Mendès France à La Rochelle et ceux de Châtelaillon-Plage et Saint-Martin-de-Ré. Des aménagements spécifiques ont été réalisés au collège d’Aigrefeuille-d’Aunis afin d’accueillir un élève souffrant d’une pathologie nécessitant une protection renforcée contre les rayonnements ultraviolets.

Le collège Fernand Garandeau, un exemple de réalisation de travaux de rénovation énergétique

Dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement (PPI) en faveur de la transition énergétique lancé en 2022 par le Département, le collège de La Tremblade, comme celui de Courçon auparavant, a bénéficié d’importants travaux de rénovation énergétique.

L’essentiel des travaux réalisés concernent :

- 218 portes et fenêtres remplacées par des menuiseries à haute performance thermique

- Des systèmes de ventilation changés par des systèmes de traitement d’air performant

- 1 345 m2 d’étanchéité de toiture rénovés

- Le remplacement de la chaudière fioul par une chaufferie bois

- 1 640 m2 d’isolante de façade et de bardage installés

- Centralisation du pilotage du chauffage et de la ventilation

- Remplacement des luminaires par des LED à détection de présence et de luminosité

Durée des travaux d’avril 2024 à mars 2026, pour un coût total de 4 469 104, 87€ TTC, dont 1 320 512€ pris en charge par l’Etat, dans le cadre du Plan de relance.

Lors des pics de chaleur de l’été 2026, les établissements de Courçon et La Tremblade ont enregistré au moment les plus chauds, un maximum de 27° dans les salles de classe.

En 2027, les appels d’offres travaux devraient être lancés pour les collèges de Saujon et Gémozac, avec un début des travaux envisagé au deuxième semestre de l’année.

En parallèle de ces rénovations globales, le Département intervient dans la très grande majorité des collèges, à différents niveaux : travaux d’isolation, changement de chaudière, installation d’éclairage LED, ou de systèmes hydro-économes.

En une année, les établissements réalisent une diminution de plus de 10% de leur consommation énergétique, traduite positivement dans leur budget de fonctionnement.

Les collégiens de Charente-Maritime, ambassadeurs de la préservation de la ressource en eau

Le Département, avec l’appui de la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale, a souhaité mettre en place à la rentrée de septembre 2025 des actions dans tous les collèges de la Charente-Maritime, visant à sensibiliser les élèves de 5e à la préservation de la ressource en eau.

L’intervention, qui s’intègre dans le programme d’enseignement abordant le cycle de l’eau, permet d’alerter les jeunes sur les enjeux d’économies de l’eau potable dans leur quotidien. Les élèves deviennent ainsi un relais naturel au sein de leur famille. Durant une heure de cours, les élèves visionnent 3 films de 30 secondes et répondent à des quiz abordant la répartition de l’eau sur terre, grand et petit cycle de l’eau, d’où vient l’eau du robinet, consommation d’eau domestique et d’eau virtuelle, ou encore les gestes économes. Durant la pause méridienne, l’ensemble des collégiens et du personnel de l’établissementsont invités à participer à des jeux ludiques : bar à eau, consomètre, jeu de plat’Eau. Pour l’année scolaire 2025-2026, 39 collèges sur 61 se sont inscrits à ces actions de sensibilisation. Ce qui représente 180 classes, 4 400 élèves de 5e, 1 800 collégiens lors de la pause méridienne et 100 agents départementaux.

• 27 552 collégiens charentais-maritimes à la rentrée 2026, 51 collèges publics dont 3 avec internats, 2 collèges sont inclus dans un Réseau d’Education Prioritaire

jeudi 3 septembre 2026

Journées du Patrimoine/Les portes de la Préfecture et des sous-préfectures s'ouvrent : La Rochelle, Rochefort, Jonzac, Saint-Jean d'Angely !

Et si, pour les Journées Européennes du Patrimoine, vous poussiez les portes de la préfecture et des sous-préfectures de la Charente-Maritime et découvriez l’État et son patrimoine autrement ?

>> LES JOURS D'OUVERTURE

Vendredi 18 septembre : La sous-préfecture de Rochefort.

Samedi 19 septembre : La préfecture à La Rochelle et les sous-préfectures de Rochefort, Jonzac et Saint-Jean-d’Angély.

Dimanche 20 septembre : Les sous-préfectures de Jonzac et de Saint-Jean-d’Angély.

Une invitation à découvrir bien plus que du patrimoine : des lieux de la République, les femmes et les hommes qui les font vivre au quotidien et les missions qu’ils accomplissent au service de tous. En effet, aux côtés de la population, des élus, des associations, du monde économique et de l’ensemble des acteurs qui font vivre et avancer le département, les services de l’État sont au cœur de nos territoires.

Hâte de vous retrouver pour vous faire découvrir ces univers de l’intérieur ! Et pourquoi pas, au détour d’une visite, susciter une vocation et donner à nos jeunes visiteurs l’envie, demain, de devenir à leur tour serviteurs de l’État et acteurs du quotidien de nos concitoyens ?

• À LA ROCHELLE ~ LA PRÉFECTURE OUVRE SES PORTES

Direction la résidence préfectorale, l’ancienne demeure de l’armateur rochelais Michel Poupet, pour une immersion au cœur d’un lieu habituellement fermé au public.

>> VISITE LIBRE : CURIOSITÉ, DÉCOUVERTE… ET UN PEU DE JEU !

Déambulez librement dans les salons et les espaces de la résidence et laissez-vous surprendre par son histoire, son architecture et ses décors.

Au fil du parcours, plusieurs rendez-vous vous attendent ...

Un espace pour découvrir les sous-préfectures.

Un quiz pour tester vos connaissances sur les missions d’une préfecture et le rôle du préfet.

Une photo aux côtés d’un préfet… Pour de vrai ou pour de faux !

Des photographies et cartes postales anciennes, confiées par les Archives Départementales, pour découvrir la préfecture à travers les regards d’hier.

• VISITE GUIDÉE : DANS LES PAS DES ARCHITECTES

Envie d’aller plus loin ? Les inscriptions aux visites guidées sont ouvertes !

L’occasion de bénéficier d’un regard privilégié sur l’architecture, l’histoire et la préservation de la résidence, guidé par les architectes de l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine. Attention, le nombre de places est limité… il n’y en aura pas pour tout le monde !

• CAP DANS LES SOUS-PRÉFECTURES ~ L’ÉTAT AU CŒUR DES TERRITOIRES

La découverte ne s’arrête pas à La Rochelle ! À Rochefort, Jonzac et Saint-Jean-d’Angély, les sous-préfètes vous inviten,t elles aussi, à franchir les portes de ces "Maisons de la République", en partenariat avec les collectivités, offices de tourisme et acteurs locaux.

• À ROCHEFORT ~ PATRIMOINE ET CRÉATION

Poussez les portes de l’ancien orphelinat de la Marine, construit en 1848.

Le Service Patrimoine de la Ville vous racontera l’histoire et les transformations de ce bâtiment remarquable. Dans l’ancienne chapelle, les créations des élèves du lycée Gilles Jamain (broderie, mode, design et métiers d’art) feront dialoguer patrimoine et création contemporaine.

•  À JONZAC ~ DANS LES PAS DE L’HISTOIRE


Entrez dans l’ancien château qui accueille la sous-préfecture depuis 1847.

Du jardin à la fontaine classée, de la salle des gardes à la résidence, partez à la découverte de ce patrimoine exceptionnel et de la manière dont il accueille aujourd’hui les missions de l’État. Une visite à deux voix, avec un guide de l’Office de tourisme et Hélène Lemesle, sous-préfète de Jonzac, pour croiser histoire du lieu et histoire de l’action de l’État.

• À SAINT-JEAN-D’ANGÉLY ~ L’ÉTAT SE DÉCOUVRE EN JOUANT !

Ici, patrimoine rime avec enquête et créativité !

Les jardins de la résidence se transforment en terrain de Cluedo géant, imaginé par la Ville. À l’intérieur, les œuvres des peintres Jacky Bellaguet et Jean-Luc Vincent, membres de la Palette angérienne, offriront un regard artistique inédit sur ce lieu de la République. Une façon ludique et décalée de démystifier les lieux de l’État et de les faire vivre autrement : en famille, entre amis, petits et grands.

• NOS PORTES SONT OUVERTES : ENTREZ !

Pendant les Journées européennes du patrimoine, préfecture et sous-préfectures deviennent, plus que jamais, les maisons de tous. Venez découvrir leur histoire, leurs missions, leurs coulisses et surtout les femmes et les hommes qui, chaque jour, font vivre l’État au plus près des territoires. Poussez les portes. Posez vos questions. Jouez. Découvrez. Échangez. Et laissez-vous surprendre par ces lieux de la République qui sont aussi les vôtres !

Rendez-vous sur le site de la préfecture de la Charente-Maritime pour consulter les horaires, modalités d’accès et l’ensemble du programme des Journées européennes du patrimoine :

https://www.charente-maritime.gouv.fr/Actualites/JOURNEES-EUROPEENNES-DU-PATRIMOINE-2026

Durant la Seconde Guerre mondiale, Antoine de Saint-Exupéry 
a fait étape à Jonzac. Il aurait logé chez M. Lefèvre, rue Ruibet Gatineau

Saint-Exupéry : « Il faut donner un sens à la vie des hommes »

Lors de son passage à Jonzac en juin 1940 (deux petites nuits seulement), Antoine de Saint Exupéry - auteur du "Petit Prince", vendu à plus de 200 millions d'exemplaires, livre le plus connu au monde après la Bible - aurait été accueilli dans la maison de M. Lefèvre, rue Ruibet Gatineau (ancienne rue de la Corderie)


Plusieurs Jonzacais "passionnés" ont travaillé sur le sujet, dont Raymond Ravet, père du regretté Pierre-Jean, Alain Perrier, pilote averti de l’aéro-club, et James Pitaud. Ce chercheur, aujourd'hui disparu, avait abandonné sa période préférée (le XIXe siècle) pour se pencher sur le XXe. Et pour cause, lors de la Seconde Guerre mondiale, la maison où il habitait en bordure de Seugne (qui était celle de la famille de sa femme, Mlle Baudoux) aurait reçu des techniciens qui accompagnaient Saint-Exupéry. 

Nous sommes le 17  juin 1940. Pétain vient de demander l’armistice. C’est la capitulation. Certains Français réagissent et veulent organiser une résistance à partir de l’Afrique du Nord. C’est dans ce sombre contexte qu’arrivent à Jonzac militaires et pilotes : «  Nous avons la preuve que Saint-Exupéry a dormi deux nuits en ville. Les responsables communaux cherchaient une maison confortable dotée d’une salle de bains. Le choix s’est porté sur celle de M. Lefèvre, rue Ruibert Gatineau. M.  Lefèvre possédait le garage Ford, non loin de l’actuel magasin Chartier  ».

Antoine de Saint-Exupéry : un homme courageux, sensible, écrivain et reporter talentueux,
disparu trop tôt 
(photo Archives)

Dans un courrier, le général Gavoille mentionne avoir reçu de la mairie, le 17  juin, des billets de logement : «  Le soir, Alias, Gelée et Saint-Exupéry furent accompagnés chez leurs logeurs  ». Le maire de la ville était alors James Sclafer (qui fut "remercié" ensuite par Pétain).

Antoine de Saint Exupéry n’a donc fait que passer par Jonzac «  une ville qu’il aurait préféré visiter dans d’autres conditions  ». Quelques mécaniciens déjeunèrent, quant à eux, dans le jardin de la famille Baudoux : «  je les revois assis autour d’une table, en bord de Seugne. Ils sont restés peu de temps. L’un d’eux, qui travaillait dans le civil chez Renault, avait une cousine à Jonzac. C’est pourquoi il s’y était arrêté. Je me rappelle aussi des soldats qui lavaient leur linge dans le lavoir, en contrebas. Le portail était toujours ouvert ! Des réfugiés français et belges affluaient de toutes parts  » témoignait en 2010 Mme Pitaud. En effet, c’était la débâcle et les gens fuyaient sur les routes, ne sachant où aller…

Parmi les autres témoignages, Louis Pariès, de Saint-Martial de Vitaterne, évoquait le jour où les équipages, venant de Chateauroux, sont arrivés à Jonzac, avant de rejoindre Bordeaux : «  Il y avait beaucoup de bruit sur l’aérodrome de la Grand Vau. Je suis allé voir. L’armée avait réquisitionné 150 hectares et le terrain servait de base et de secours  ». 

Curtis Cate confirme le passage de Saint-Exupéry à Jonzac 

Dans la biographie qu’il a consacrée à Saint-Exupéry, publiée en 1973, Curtis Cate, journaliste et écrivain d’origine américaine, parle du passage de Saint-Exupéry à Jonzac. Face à l’occupant, les patriotes (les vrais, pas ceux de la dernière heure !) s’organisaient avec les moyens du bord.

Extraits : «  En tant que commandant de groupement, Alias était le plus élevé en grade de tous les officiers commandant une unité opérationnelle, ce qui voulait dire qu’en temps de crise, il était l’autorité suprême à Châteauroux. Le 16  juin, on rechargea les camions, qui partirent pour Bordeaux. Ils devaient, de là, s’embarquer pour Casablanca. Les avions avaient ordre de décoller le lendemain matin pour le terrain de Jonzac. Un dernier vol rasant fut effectué le 18 juin, et quand le Potez troué de toutes parts atterrit à Royan après s’être perdu en route, le pilote et l’observateur informèrent les gros bonnets et les “feuilles de chêne“, installés confortablement à Bordeaux, que les Allemands avaient atteint la Loire. La vraie guerre se déroulait d’une façon plus macabre, mais tout aussi absurde que la drôle de guerre qui l’avait précédée ! ». 

Dans la presse, nombreux s'interrogent sur cette guerre sanglante, dont Saint-Exupéry. Après son arrivée à Jonzac, Alias envoya Saint-Exupéry et une demi-douzaine d’autres pilotes jusqu’à Bordeaux pour y faire réparer des Bloch à l’usine de construction de l’appareil, près de l’aérodrome de Mérignac. Bien que n’ayant subi aucun bombardement, la confusion qui régnait sur ce terrain surpassait la pagaille de Châteauroux. Le général Spears, que Saint-Exupéry avait souvent rencontré à Chitré, chez sa cousine Yvonne de Lestrange et qui s’était envolé la veille avec de Gaulle à bord, racontera plus tard : «  L’aérodrome était couvert d’appareils, plus qu’il ne m’a jamais été donné d’en voir réunis. Ils attendaient aile contre aile, à perte de vue  ».

Romain Gary, qui faillit y trouver la mort, décrivit ce chaos dans «  la Promesse de l’aube  ». « C’était, disait-il, du chacun pour soi. Sans attendre qu’on le leur propose, les aviateurs du groupe 11/33 s’emparèrent d’un bimoteur Goéland et d’un quadrimoteur de Havilland, qui avait perdu son équipage anglais… Après avoir chargé l’avion de toutes les pièces détachées qu’ils purent trouver, Hochedé décolla à bord du Goéland, tandis que Pierre Lacordaire, le partenaire favori de Saint-Exupéry aux échecs, repartait vers Jonzac avec le Havilland, dont les commandes lui étaient mal connues. Entre-temps, le sort du groupe de reconnaissance 11/33 avait été décidé. Il devait gagner l’Afrique du Nord. Résolu à partir avec le maximum d’avions, Alias divisa son groupe en deux sections. La plus importante, dont il prit lui-même la tête, s’envola de Jonzac le 19  juin à l’aube, se dirigeant d’abord sur Perpignan, puis sur Alger. Tous les appareils étaient bourrés de pièces de rechange. Le Goéland de Hochedé était tellement surchargé qu’il lui fallut faire appel à toute sa maîtrise pour l’arracher du sol. L’autre section, sous les ordres du commandant en second, le capitaine Olivier Pénicault, comprenait Saint-Exupéry et trois autres pilotes, un certain nombre d’observateurs, d’opérateurs radio, de mitrailleurs et de mécaniciens. Ils se rendirent à Bordeaux par la route pour prendre livraison des Bloch en réparation et de tous ceux qu’ils pourraient sortir de l’usine »…

Saint-Exupéry : l'homme engagé 

Il faut donner un sens à la vie des hommes : cette réflexion est toujours d'actualité...
On proposa à Saint-Exupéry un quadrimoteur Farman, capable de transporter quarante passagers. C’est à son bord qu’il rejoignit Alger, via Perpignan, transportant matériel, personnel et des civils, dont Suzanne Torrès, l’épouse du député. En Afrique du Nord, la déconvenue fit place à l’espérance : «  nous étions gardés par des sentinelles, nos réservistes de l’Armée de l’Air démobilisés »

Par la suite, Saint-Exupéry repartit en France avant de gagner les États-Unis. Le 31 juillet 1944, son avion fut abattu au large de la Corse lors d'une mission de reconnaissance en Méditerranée. Il avait 44 ans.

À Jonzac avant le départ pour l’Afrique du Nord, le 17 juin 1940. De gauche à droite : Hochedé, Lacordaire, Alias, Pénicaut, Chéry, Cazenave, Gavoille, Gelée, Coulomb. Cette photo est la seule que l’on possède sur le passage des militaires proches de Saint-Exupéry à Jonzac.
Malheureusement, lui-même n’est pas sur le cliché.

• En 1994, l’aéro-club de Jonzac, présidé par M. Vivier, a rendu hommage à Saint-Exupery. Alain Perrier se souvient de l’instant émouvant où la plaque a été dévoilée. Le Colonel Bernard Vezinhet rappela «  l’attachement de l’Armée de l’Air au modèle que représente Saint-Exupéry  » tandis que le maire Claude Belot se projeta dans le temps, imaginant «  Saint-Exupéry errant dans les rues de Jonzac et pensant au devenir de la France  »

D'autres manifestations en l'honneur de l'auteur du "Petit Prince" ont eu lieu dans la capitale de la Haute-Saintonge (dont le festival des Petits Princes initié par Éric Moreau et la ville de Jonzac en 2010). L'aérodrome de Jonzac/Neulles porte son nom.

En 2010, la ville de Jonzac rend hommage à Antoine de Saint-Exupéry (archives NB)

• L’un des écrits du Général Gavoille rend compte de la venue de Saint-Exupéry à Jonzac : « Venant de Châteauroux, nous atterrissons le 17 juin dans l’après-midi à Jonzac. Le 18, je m’occupe du premier échelon roulant à bord du Massilia. Récupérons à Bordeaux un Goéland et deux quadrimoteurs. Le 19, nous décollons de Jonzac pour Perpignan. Le deuxième échelon volant partira avec Saint-Exupéry pour rejoindre Alger le 22 juin ». 

Avec Mermoz et Guillaumet, Antoine de Saint-Exupéry appartient
aux hommes de légende de l'Aéropostale

mercredi 2 septembre 2026

Elections sénatoriales dimanche 27 septembre : Les candidats au Palais du Luxembourg...

La Charente-Maritime compte une sénatrice, Corinne Imbert (Les Républicains), deux sénateurs Mickaël Vallet (PS) et Daniel Laurent (Les Républicains, ne se représente pas). Vote de renouvellement le 27 septembre prochain par les grands électeurs. Plusieurs listes sont en lice. Le Sénat est présidé par Gérard Larcher (LR) depuis octobre 2014.

Gérard Larcher en 2005 en réunion à Jonzac aux côtés du préfet Tomasini, Dominique Bussereau, député, Claude Belot, sénateur maire, et Jean-Michel Rapiteau (archives NB)

• Dépôt des candidatures dans le département de la Charente-Maritime

Les élections sénatoriales se dérouleront le dimanche 27 septembre 2026 en Charente-Maritime, au sein de la Préfecture à La Rochelle. Le département doit élire trois sénateurs.

• Modalités de dépôt des candidatures

Le dépôt des candidatures se déroulera du lundi 7 septembre au vendredi 11 septembre 2026 à 18h (délai de rigueur) à la Préfecture de la Charente-maritime, sur le site de la cité administrative Duperré, 5 Place des Cordeliers à La Rochelle.

Les candidats sont invités à prendre l'attache du Bureau des élections pour convenir au préalable d'un rendez-vous ( pref-elections@charente-maritime.gouv.fr) afin d'assurer un accueil et une prise en charge dans les meilleures conditions.

L'enregistrement des candidatures intervient lorsque le dossier est complet et régulier sur le fond et sur la forme.

Il est donc important de s'assurer de la régularité de la candidature en amont du dépôt.

Il est par ailleurs rappelé qu'un candidat doit déclarer un mandataire financier au plus tard à la date à laquelle sa candidature est enregistrée.

• À propos des élections sénatoriales

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect, pour un mandat de 6 ans. En Charente-Maritime, ces derniers sont élus au scrutin proportionnel de liste à un tour suivant la règle de la plus forte moyenne sans panachage ni vote préférentiel. Chaque renouvellement permet d'élire environ la moitié des sénateurs répartis en deux séries (en fonction des départements). La série 2 (à laquelle appartient le département de la Charente-Maritime) qui comporte 178 sièges sera renouvelée le 27 septembre. Les 170 sièges de la série 1 ont été renouvelés en septembre 2023. Les sénateurs sont élus par les "grands électeurs" que sont : les députés et sénateurs, les conseillers régionaux et départementaux, les délégués des conseils municipaux. Pour le scrutin de 2026, la Charente-Maritime compte 1856 grands électeurs. En France, contrairement aux autres scrutins, le vote est obligatoire pour les grands électeurs.

• En savoir plus sur les élections sénatoriales

https://www.charente-maritime.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Citoyennete-Elections/Elections/Elections-politiques/Elections-senatoriales-20

Jonzac : libérée le 1er septembre 1944, la ville ne fut totalement sécurisée que quelques jours plus tard…

Mardi 1er septembre, la ville de Jonzac et les associations patriotiques ont célébré la libération de Jonzac. Prise et reprise, la ville fut libérée le 1er septembre 1944, mais ce n’est qu’à partir du 4 septembre que le secteur fut totalement sécurisé. Retour sur ces événements de la Seconde Guerre mondiale

Dès le 3 juin 1944, des messages codés annonçaient l’imminence du débarquement et mettaient en alerte les forces françaises de l’intérieur FFI ou FTP (francs tireurs et partisans) de toutes obédiences politiques et incitaient les groupes armés à se préparer au combat, à entraver au maximum les déplacements ennemis, à couper les voies de communication, les réseaux téléphoniques afin que les Allemands ne puissent acheminer les renforts vers la zone des combats. 

Le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie donna le signal du soulèvement. Trois semaines plus tard à Jonzac, le 30 juin, Pierre Ruibet et Claude Gatineau faisaient sauter les carrières d’Heurtebise. Ailleurs, les Forces Françaises de l’Intérieur, de plus en plus actives depuis trois semaines, menaient des coups de main sur l’ensemble du territoire contre les occupants allemands. Une partie de la garnison allemande avait quitté Jonzac le 25 août 1944. Néanmoins 130 hommes gardaient encore les carrières d’Heurtebise dans lesquelles des munitions non détruites pouvaient alimenter la garnison allemande de Royan qui protégeait l’estuaire de la Gironde. 

Le 30 août, après avoir libéré Barbezieux, les soldats de différents groupes composant la colonne « Soulé » apprennent que Jonzac est toujours défendue par les Allemands. Le 31 août, elle se met en position autour de Jonzac. La prise des carrières devient « l’objectif numéro un », mais devant Heurtebise se trouve un important réseau de barbelés et de mines. Quatre blockhaus armés de mitrailleuses en protègent les entrées.

Parmi les FFI ayant libéré Jonzac, le capitaine Murray dont le groupe appartenait
à la colonne Soulé venant des Hautes Pyrénées

Maquisards (archives)

Le 1er septembre à 16 heures, le colonel Soulé propose une reddition pure et simple aux Allemands. Ils refusent. L’assaut est donné à 18 heures avec le renfort des résistants jonzacais placés sous l’autorité de l’adjudant de gendarmerie Georges Bernard. Un canon positionné par le « Groupe Pierre » sur les hauteurs du Cluzelet, à proximité du château d’eau, neutralise les nids de mitrailleuses qui interdisent l’entrée des carrières. Un groupe de « Corps Francs » du capitaine Murray pénètre dans les carrières par la cheminée d’aération et prend l’ennemi à revers. Ce puits d’aération est toujours visible sur la route d’Ozillac à une centaine de mètres au-dessus de la résidence des Vignes. Les soldats ennemis se rendent. Les résistants font 130 prisonniers dont 5 officiers. Parmi ces prisonniers, se trouvent des « volontaires russes, géorgiens, ukrainiens » qui seront employés dès le lendemain au déminage du site. 

Soldats allemands faits prisonniers par les FFI (archives)


Le 3 septembre, une colonne allemande venue de Royan et forte de deux à trois cents hommes tente de reprendre Jonzac en arrivant par Archiac, Allas-Champagne et Meux. Des combats ont lieu vers la « Font de Pépignon » à proximité de l’ancienne gare de Champagnac. Les Allemands sont repoussés et repartent. Le résistant Henri Guillon est tué. Une stèle, souvenir de ces évènements tragiques, porte son nom. 

La libération de Jonzac (archives)

Le 1er septembre, Jonzac était définitivement libérée, mais au prix de lourds sacrifices. Durant ces combats qui permirent la capture de 227 prisonniers allemands, on dénombrait 16 victimes dans les rangs des FFI dont un jeune résistant espagnol Damaso Gomes venu se battre aux côtés des Français. Témoignage de l’histoire, l’actuelle Avenue du Général de Gaulle s’appelait à l’époque Avenue du Maréchal Pétain. 

Cérémonie au monument aux morts : le maire René Gautret et le conseil municipal
honorent les libérateurs de Jonzac


• A proximité de Jonzac :

A Saint-Simon de Bordes, dans la clairière des Hillairets, un monument a été érigé à l’emplacement où furent exécutés le 27 juillet 1944 les résistants René Suberbielle, Marcel Danger, Noël Boileau, Léon Renaud, Robert Bordier. L’église de St-Simon porte encore les traces d’impacts de combats qui se sont déroulés à proximité. 

• « L’affaire de Marignac » : Le 20 août 44, craignant des représailles sur la population civile, Londres incite les Français à ne pas emprunter les routes principales encore sous contrôle allemand et de s’abstenir de démonstrations au passage des colonnes allemandes en retraite. 

Le 21 août 44 au matin, venant de Pons, 7 hommes du groupe « Danton » se dirigent vers Jonzac à bord d’un camion. Sur le bord de la route, des soldats allemands font signe au chauffeur de s’arrêter. Le conducteur n’obéit pas aux injonctions. Les Allemands tirent, faisant 6 blessés et un seul homme reste valide. Tous sont achevés ou fusillés à la sortie de Marignac. 

Un monument à leur mémoire se trouve au bord de l'axe Jonzac/Pons, sur le chemin qui conduit au château Gibeau. Dans le marbre, sont gravés les noms de Roland Arrouy, Max Barré, Roland Charruaud, Maximin Schleipfer, Noël Couilleau, René Girardeau et Maurice Rabaud, martyrisés et exécutés le 21 août 1944. Hasard malheureux, dénonciation ? Nul ne sait pourquoi des soldats allemands se trouvaient à cet endroit. A l’époque, seuls les véhicules de ravitaillement étaient autorisés à circuler de jour uniquement. L’arrivée d’un véhicule à bord duquel se trouvaient plusieurs passagers a sans doute paru suspecte aux Allemands, rendus très nerveux par les nombreuses actions des résistants qui les harcelaient sur l’ensemble du territoire. 

Début 1944, l’abbé Hémeraud, curé d’Ozillac, a formé le groupe de résistance « Ozillac ». Dépourvu d’armes, il fusionnera en mai avec celui de Manuel Serra constitué à Jonzac, devenant le groupe « Bob ». 

A Montendre, le groupe « la Bruyère » serait le plus important de la région avec 350 membres disposant de mitrailleuses, fusils-mitrailleurs, pistolets-mitrailleurs, fusils, 2 lance-roquettes antichar et un canon de 77 pris aux Allemands. 

A Barbezieux, les 24 et 25 août, des Allemands ont tiré sur des « terroristes ». A la suite de cet incident, la municipalité lance un appel à la prudence : « La population ne doit se trouver, ni de jour ni de nuit, sur le passage des troupes ». Dans ces détachements, se trouvent des soldats fatigués, harcelés par les maquisards et probablement alcoolisés qui tirent sur tout ce qui bouge. Un canon cible les façades d’immeubles et le restaurant « La Boule d’Or ». Plusieurs personnes sont abattues sur le seul motif de leur présence. Barbezieux est libéré le 30 août 1944 au matin. 

• Hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté

• Les photos reproduites viennent de différents ouvrages : « La libération des deux Charentes », Soldats en sabots de Christian Genet, photos archives « studio Dubroca » de Jonzac et « Mémoires en images de Jonzac et son canton » de James Pitaud. Recherches historiques de Daniel Salmon.