jeudi 16 juillet 2026

Expositions à découvrir : Les Couleurs de l'Art à Jonzac ; De l'intime au sacré de Mickaël Kerboas à l'église d'Usseau

• Jonzac : Exposition au cloître des Carmes et concours de peintures

Le peintre Babar annonce la couleur !
Le vernissage en présence du maire Christophe Cabri
et de la présidente de l'association Nicole Deroin-Langs
L'association a remercié l'implication de Delphine Levêque
(Office de Tourisme) dans cette exposition 

Une bien belle exposition a été inaugurée samedi dernier au centre culturel des Carmes, organisée par le collectif d'artistes du Val d'Oise "Les Couleurs de l'Art" que préside Nicole Deroin-Langs. 24 artistes reconnus présentent leurs œuvres dans l'ambiance lumineuse et sereine du cloître : dessinateurs, peintres, photographes, sculpteurs, céramistes. Nouveauté cette année : un créateur de bijoux. Venez nombreux admirer le talent de ces artistes !

- Jusqu'au 26 juillet du mardi au dimanche de 14 h 30 à 19 h

• Samedi 25 juillet, concours en ville autour des couleurs et du patrimoine de Jonzac

Une journée de peinture en ville est organisée par l’association les Couleurs de l'Art autour "des couleurs et du patrimoine de la ville de Jonzac" (historique ou nature). Concours d’expression artistique (dessin, peinture, sculpture) ouvert à tous, convivial et fédérateur.

Infos : Rendez-vous au centre culturel des Carmes de 9 h à 10 h. Retour des œuvres à 16 h 30. Exposition des œuvres de 17 h à 18 h. Rens : 06 76 95 71 15.

• Au cloître des Carmes également, exposition à ne pas manquer de Jacques Gaillard "Signes de Pierre" dédiée aux carriers.

• Eglise d'Usseau (Marignac) : de l'intime au sacré...

Mickaël Kerboas et M. Barrois, président de l'association l'ECUM

Il n'y a qu'un pas que nous fait franchir le peintre Mickaël Kerboas. Au cœur de scènes grand format, l'artiste invite le public à décortiquer l'apparence. Une multitude de personnages peuplent ses toiles, silhouettes intemporelles qui se cherchent, s'appellent et s'interpellent. Conquête, découverte, espérance, désespérance, délivrance livrent le combat du sacré. Cette quête, emplie de couleurs et de lumière, court le long des murs blancs. 

Dans l'intimité de son atelier, Mickaël Kerboas crée les "étapes" d'un voyage artistique d'une profonde intimité. A découvrir à l'église d'Usseau jusqu'au 19 juillet de 14 h 30 à 19 h.

Mickaël Kerboas, Stéphanie Haye, M. Barrois

Dinosaures/Carrière d'Angeac : Bienvenue au "Jurassic Park" charentais ! Retour il y a 140 millions d’années...

Qui a tué le troupeau d'ornithomimosaures d'Angeac ?

Jeudi dernier, invité par l'Université d'été de Jonzac, Ronan Allain, paléontologue, a conduit le public dans le temps d'avant, quand les hommes n'existaient pas encore. Il y a 140 millions d’années, de nombreuses animales et végétales peuplaient la Terre. C'est précisément là que se situe l'intérêt que portent les spécialistes à la carrière d'Angeac en Charente. Depuis 2010, ce site exceptionnel a livré des milliers de fossiles qui permettent de lever le voile sur la faune et la flore au début du Crétacé. Des dizaines d'espèces de dinosaures, mammifères, crocodiles, tortues ou ptérosaures ont été découverts dans le gisement : Angeac est devenu l'un des sites majeurs de recherche au niveau international. 

Jacques Gaillard, de l'Université d'Eté, et Ronan Allain, paléontologue
Des dinosaures immenses sur le territoire qui deviendra beaucoup plus tard la Charente :
Eh oui, vous ne rêvez pas ! (©Mazan)

Ayant participé à la découverte et à l'étude de nombreux dinosaures en France, au Laos, au Lesotho et au Maroc, Ronan Allain coordonne les fouilles d'Angeac. Il travaille en collaboration avec les dessinateurs de BD, Mazan et Isabelle Dethan, sur les aventures de "Mimo", un petit dinosaure qui vivait en France il y a 130 millions d'années. Désormais, on sait que certains dinosaures, les ornithomimosaures, avaient un duvet. Les ancêtres des oiseaux ! « Par cette conférence qui traite d'une période très reculée, vous allez éveiller la curiosité de l'enfant qui sommeille en nous » souligne Jacques Gaillard, passionné d'archéologie, dans son introduction.

En juillet, Angeac a ouvert sa nouvelle campagne de fouilles réunissant scientifiques, étudiants et chercheurs bénévoles.

Angeac il y a 140 millions d'années...

Un soleil de plomb tape sur la campagne charentaise. Depuis que les visiteurs peuvent suivre en direct les fouilles réalisées dans la carrière d'Angeac, leur nombre ne cesse de croître. Ils ont appris que vivaient là, il y a 140 millions d’années, des dinosaures dont les ossements sont étonnamment bien conservés dans les argiles. A cette époque, le site ressemblait aux Everglades et la mer était située à cinq, dix kilomètres. Comme le montrent les cartes, l’emplacement des continents était différent de la géographie actuelle et Angeac était une zone humide où régnait une chaude température. Y vivaient des créatures aujourd’hui disparues, dont des dinosaures. Des ossements attestent de leur présence dont un fémur long de 2,20 mètres mis au jour. Les découvertes succèdent aux découvertes : ce premier fémur (longueur de l’animal estimée à 40 mètres pour un poids de près de 80 tonnes), un sacrum de plusieurs tonnes, un autre fémur de sauropode de deux mètres pesant près d’une demi-tonne et récemment une nouvelle espèce de sauropode proche de Camarasaurus.

Angeac, zone chaude et humide, était alors proche de la mer

A cette époque, la Nouvelle-Aquitaine était sous l'eau !

Un climat tropical...

Le rideau s’ouvre au Crétacé. La température d’alors est tropicale. Toute une faune a élu domicile dans cette région qui appartient aujourd'hui au département de la Charente. L'endroit conjugue étroitement l’eau et la terre. La mer s’est retirée. A Cherves, par exemple, elle a laissé derrière elle une immense lagune d’eau salée, très allongée, qui s’étend d’Angoulême à la Rochelle environ, soit une centaine de kilomètres. Sous l’effet du soleil, l’eau salée s’est évaporée, d’où la précipitation du gypse (qu'exploite actuellement la société Garandeau). Peu à peu, cette lagune, à mi-chemin entre la mer d’Aral et les chotts d’Afrique du Nord, commence à recevoir l’eau douce continentale en provenance du Massif Vendéen et du Massif Central.

Pour se rafraîchir la mémoire ! De - 143 millions à - 66 millions d'années, le Crétacé connaît un incroyable foisonnement de vie qui prend des formes très diverses. Il s'achève par une extinction massive qui signe la fin de l'ère mésozoïque, avec elle celle des ammonites et des dinosaures non-aviens (©Dinonews)

Ere quaternaire (100.000 ans)

La future carrière d'Angeac correspond à un espace proche de la Charente dont le cours est différent de son tracé actuel (elle mesure plus d'un kilomètre de largeur). Plein de vivacité, le fleuve érode les couches argileuses de son lit qui abrite d'anciens ossements de dinosaures. Lesquels sont recouverts de sable et de graviers. Les courants mêlent les restes des uns et des autres, comme s'ils voulaient faire un pot commun des occupations successives. A cette époque, les gros "lézards" ont disparu pour faire place à des animaux plus acceptables par leur taille tel que l'éléphant antique. Sur les rives, l'homme de Néandertal expérimente ses outils sans se préoccuper du passé. L’importance pour lui est de survivre…

XXe et XXIe siècles après J.C. 

Une infinité s'est écoulée, une goutte d'eau dans l'immensité du temps. La société Audouin, propriétaire d'hectares de carrières à Angeac, est intriguée par des présences inhabituelles lors des extractions de graves, dont une défense de mammouth en 2004.

Le responsable alerte alors les scientifiques. Ils demandent à l'entreprise d'arrêter ses activités pour effectuer des recherches approfondies, ce qui pose problème. Les ossements (dinosaures et autres), malgré leur intérêt et leur rareté, ne sont pas protégés par la loi et peuvent donc être détruits par les carriers.

Les années passent. En 2008, une vertèbre de grand sauropode (dont fait partie le diplodocus) rejoint les "pêches miraculeuses" et en janvier 2010, Jean-Pierre Paillot aperçoit un long fémur de 2,20 mètres dans le godet de sa pelle mécanique.

Jean-Marie Audouin et ses fils contactent le musée d'Angoulême. Le conservateur, Jean-François Tournepiche, se montre à la fois intéressé et compréhensif afin de ne pas entraver la bonne marche de la société.

Des fouilles d'une durée de quatre semaines sont programmées. Ce fémur s’avère être l’un des plus grands au monde. La bestiole devait mesurer 40 mètres et peser 80 tonnes !

Le sacrum extrait de la carrière d'Angeac en 2015

Le sacrum de dinosaure découvert a été empaqueté pour être étudié

En juillet 2015, s'est ouverte la sixième campagne. Le gisement n'est exploitable qu'en été. En effet, dès que les pompes cessent leur activité, l'endroit est aussitôt recouvert par les eaux de la nappe phréatique. Cette protection naturelle évite aux "curieux" de se précipiter sur les lieux pour en ramener quelques trophées !

Dans l'argile grisâtre, épaisse de plus d'un mètre, les os et les bois sont dans un bon état de conservation. Les étudiants ont d'excellentes pistes à explorer, à commencer par la formation du gisement. « Nous cherchons à comprendre la dynamique du site. Dans les couches, on observe des variations ». La récolte n'est jamais stérile avec des trouvailles étonnantes, dents, griffes, vertèbres, morceaux d'arbres. « C'est vraiment intéressant. En nettoyant des graves, nous avons constaté qu'un gros os effleurait. Nous l'avons dégagé et vu son importance, nous l'avons plâtré pour le protéger afin qu'il puisse être étudié. Il appartient à un spécimen géant ! ». Ronan Allain, paléontologue au Muséum National d'Histoire Naturelle et l'un des rares spécialistes des dinosaures en France, travaille à Angeac. « Le lieu est vraiment exceptionnel pour la connaissance ! Nous y avons localisé les éléments d'un dinosaure carnivore ainsi qu'une griffe assez gigantesque ! ». Plusieurs espèces d'iguanodons apparaissent ainsi que des ornithomimosaures, les fameux dinosaures à plumes.

Jean-François Tournepiche, conservateur en chef honoraire du Patrimoine,  souligne la richesse du gisement : « c'est un chantier extraordinaire, un "aquasystem" fossilisé qui n'a pas d'équivalent en Europe. Il offre une grande potentialité de recherches ». D'autant qu'aux dinos et aux mammouths, s'ajoute un véritable bestiaire, des poissons, des requins d'eau douce, des mammifères, des végétaux dont des conifères. 

« Ne croyez pas que toutes les espèces étaient gigantesques, c'est loin d'être le cas » précise le spécialiste. Disons simplement que certains spécimens étaient hors normes !

2019 : Bienvenue chez les XXXXL !

Reproduction du fémur de plus de 2 m de longueur trouvé sur le site 

« Nous fouillons une couche d’alluvions du Crétacé Inférieur déposés par la paléo-Charente. Le site à l’époque était une plaine au bord d’une rivière. L’endroit ressemblait à un grand marécage. Y poussaient de grands arbres. On y trouve des dinosaures, des tortues, des crocodiles, des moules d’eau douce, etc. Chaque os découvert est minutieusement lavé et répertorié » explique Ronan Allain. La configuration des continents interpelle et le fameux océan Téthys, maintenant disparu, qui séparait Gondwana et Laurussia (Amérique du Nord, Europe centrale-Nord, Russie) au Paléozoïque (- 541 à - 252,2 millions d'années), nous propulse dans une dimension inconnue. C’était pourtant la même Terre que celle que nous habitons. Enfin pas tout à fait... 

2026 : En juillet, Angeac a ouvert sa nouvelle campagne de fouilles réunissant scientifiques, étudiants et amateurs. D'autres surfaces ont été ouvertes. Surprises en perspective ? En 2025, une nouvelle espèce de sauropode, proche de Camarasaurus, a été répertoriée.

Qui a tué le troupeau de « dinosaures autruches » d'Angeac ? « C'est quasiment du jamais vu de voir ensemble plus de 70 individus d'une même espèce »

Le fameux dinosaure à plumes, appelé couramment « dinosaure autruche », mesurait
trois mètres de hauteur et cinq de longueur

La fameuse "carrière à dinos" a été le lieu d'un drame. Quelle est donc cette histoire ? Les chercheurs y ont découvert - entre autres - de nombreux ossements d'ornithomimosaures regroupés dans un même périmètre. Pourquoi ces créatures ont-elles connu une fin prématurée et pourquoi leurs ossements étaient-ils épars et fracturés ? 

Selon toute vraisemblable, les cadavres ont été emportés et recouverts par des sédiments. Les paléontologues ont rencontré des difficultés pour identifier et reconstituer les squelettes : « Ils étaient désarticulés. Nous avons mis au jour de nombreux tibias gauches. On a compté 73 individus présents. Sont-ils morts indépendamment les uns des autres ou en même temps, en masse ? Comment le prouver ? Il s'agissait d'un troupeau. C'est quasiment du jamais vu de voir ensemble plus de 70 individus d'une même espèce. Sont apparus deux groupes bien distincts, les mâles et les femelles. Des expériences relatives aux cassures des membres ont été menées et nous sommes arrivés à cette conclusion : les cadavres ont été piétinés par d'autres espèces et les os ont été brisés alors qu'ils n'étaient pas encore fossilisés. La présence de stégosaures a été localisée dans le secteur ». A titre indicatif, un stégosaure peut peser jusqu'à 3 tonnes ! 

Si on ignore les raisons exactes de la disparition du troupeau - crue, inondation, attaque de prédateurs, enlisement, incendie, maladie ? - on dispose d'une suite de preuves sur le piétinement qu'il a subi post mortem. « Cette histoire est un aperçu de la manière dont on peut étudier un gisement » remarque Ronan Allain. 

Les "dinosaures autruches" © Mazan

Chaque année, les fouilles se poursuivent en juillet et août. Angeac devient l'un des sites majeurs au niveau international. De quoi laisser rêveur sur notre évolution ! Si vous souhaitez en savoir davantage, quelques adresses : le site d'Angeac (mais il y a embouteillage quant aux inscriptions), le musée d'Angoulême et le Muséum national d'histoire naturelle au Jardin des plantes à Paris. « Ce que nous recherchons avant tout, c'est partager nos découvertes avec le public » conclut Ronan Allain. 

Un nombreux public

• La société Audouin et Fils exploite les graves déposées il y a 100.000 ans par le fleuve qui coulait avant la Charente. Le gisement se situe dans ces couches de terrain. 

• Les dinosaures ont régné sur la Terre tout au long de l’ère secondaire, c’est-à-dire pendant 165 millions d’années. 

• Du bois avec de la pyrite, nommée l’or des fous, a été mis au jour sur le site d'Angeac

mercredi 15 juillet 2026

La loi relative au droit à l'aide à mourir définitivement adoptée par l'Assemblée Nationale

Communiqué de Sabine Gervais, députée de la Charente-Maritime, à la suite de l'adoption définitive par l'Assemblée nationale de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir :


« Aujourd'hui, pour la quatrième et dernière fois, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir. Les Députés ont ainsi ouvert un nouveau droit attendu depuis des années. Se positionner sur ce type de texte est probablement l'une des tâches les plus délicates qui soient pour un parlementaire. Il ne s'agit aucunement d'imposer une vision morale, et encore moins des convictions philosophiques ou spirituelles, qui sont par définition profondément personnelles. La responsabilité des parlementaires consiste à bâtir un cadre juridique protecteur, équilibré et respectueux de chacun. C'est ce que nous avons fait et je m'en réjouis.

Ce texte d'équilibre, construit par le compromis, est le fruit de plusieurs années de réflexion, d'échanges et de débats. Durant des heures de discussion, des milliers d'amendements ont été examinés : chaque article, chaque mot et chaque garantie ont fait l'objet d'une analyse approfondie. Je veux saluer le travail considérable accompli par Olivier Falorni et lui rendre l'hommage qu'il mérite pour avoir porté ce combat pendant de si longues années avec une détermination et une constance remarquables. 

Je remercie également tous les parlementaires qui ont pris part à ce débat de manière constructive et rationnelle ainsi que toutes les associations qui se sont mobilisées dans l'intérêt des malades en fin de vie. C'est à eux que je pense, à celles et à ceux qui vivent les derniers instants de leur existence dans la souffrance et qui attendaient du législateur une réponse empreinte de dignité, d'humanité et de responsabilité ».

lundi 13 juillet 2026

Anniversaire/L’Académie de Saintonge fête ses 70 ans : « Chaque année, elle récompense ces Charentais que le monde nous envie ! »

Vendredi au Conseil départemental, s’est inaugurée l’exposition consacrée aux 70 ans de l’Académie de Saintonge. Cet éclairage, sous forme de panneaux minutieusement élaborés, permet de comprendre les implications et actions que conduit cette Académie devenue septuagénaire. Ses différents directeurs et directrices l’ont dirigée avec leurs sensibilités. François Julien Labruyère et Marie-Dominique Montel sont les premiers à avoir étendu ses champs d’intervention, autres que la littérature et l’histoire. Ainsi, ont été distingués des scientifiques, des chercheurs, des mathématiciens, des paléontologues, des artistes, des peintres, des musiciens. Liste non exhaustive. A travers ses choix, l’Académie démontre sa volonté de sortir des sentiers battus pour offrir un panorama des multiples talents qu’abrite le département. « La Saintonge est l'endroit où, mieux qu'ailleurs, je fixe mes souvenirs et mes songes » écrivait Pierre-Henri Simon, membre de l'Académie française et directeur de l'Académie de Saintonge, en conclusion de la séance publique du 27 août 1972 à l'abbaye aux Dames de Saintes. Cette citation représente ce qu'est l'Académie de Saintonge : « une compagnie toute entière dédiée au rayonnement de sa région et à l'expression de l'attachement qu'on lui porte ». 

Vernissage vendredi après-midi à La Rochelle. Marie-Dominique Montel,
Christian Vernou, Catherine Desprez

Héritière de sociétés savantes qui fleurissent au XIXème siècle, l’Académie de Saintonge est créée en 1957. A l’origine, un mécène saintais, Léon Grelaud, lègue des fonds à ses amis érudits avec une recommandation : « fonder une Académie chargée de promouvoir la culture régionale en récompensant par une distribution de prix ceux ou celles qui l'auraient honorée ». Sous la direction du chanoine Tonnelier, un premier Prix de Saintonge voit le jour. Le jury réunit alors des membres de la Charente et la Charente-Maritime. Au fil du temps, sa vocation s'affirme. Chaque année, elle établit un palmarès lui permettant de distribuer prix et médailles afin de récompenser des efforts dans les domaines des lettres, des arts, des sciences, du patrimoine et de l'identité locale, attirant l'attention sur des œuvres de caractère régional. Ses prix sont financés par des collectivités et des fondations privées. Elle est composée de vingt-cinq membres titulaires, choisis parmi des personnalités qui se sont distinguées. En octobre, elle organise une séance publique annuelle au cours de laquelle son palmarès est proclamé (le 4 octobre en 2026). 

Dirigée par Marie-Dominique Montel (2007), elle a compté 12 directeurs depuis les tout débuts dont François de Chasseloup-Laubat (1963), la patoisante Odette Comandon (1965), l’académicien Pierre-Henri Simon (1967), l’historien Jean Glénisson ((1982), l’écrivain Madeleine Chapsal (1992) et l’éditeur François Julien Labruyère (1996). Ils ont apporté leur pierre à l’édifice en conservant le fil conducteur : honorer celles et ceux qui valorisent le territoire et transmettent la connaissance. En 1985, nombreux se souviennent de l'exposition "Agrippa d’Aubigné en son temps" organisée à Saintes par l’Académie de Saintonge, la Bibliothèque municipale et les Musées de la ville. Sur cette photo devenue célèbre, on reconnaît Jean Glénisson lors de l’inauguration aux côtés du président de la République, François Mitterrand.

Autre moment fort, la publication d’un ouvrage pour les 50 ans ans de l’Académie de Saintonge, sur une idée de François Julien Labruyère. Entièrement rédigé par des académiciens, il retrace l'histoire de l'Académie à travers son rôle éminent d'appui à l'identité régionale, sans occulter les enjeux auxquels elle est confrontée.

Expo visible au Conseil départemental jusqu'au 23 septembre

Durant les allocutions

Pour ses 70 ans, une exposition en partenariat  avec le Département a été mise en place. Cinquante panneaux décrivent et recensent ses activités. Un travail de titan réalisé par Christian Vernou. En « chef d'orchestre », il a dirigé, coordonné les créativités diverses et mené toute l'opération à bonne fin. 

« 70 ans d'une action à l'échelle de notre territoire que l'Académie est la seule à accomplir » 

Les 25 académiciens de Saintonge

Vendredi, jour du vernissage. Catherine Desprez, vice-présidente chargée de la culture au Département, salue ce travail aux multiples facettes. L’Académie de Saintonge s’intéresse aux écrivains, à l’environnement, la nature, la mer, les sciences, la paléontologie, l’histoire, l’archéologie, le patrimoine, les arts, la photographie, l’audiovisuel, le cinéma. « Nous sommes heureux d’avoir contribué à cette exposition » déclare l’élue.

Dans son allocution, Marie-Dominique Montel, partage son émotion avec l'assistance : « ce cadeau d'anniversaire a été réalisé avec le soutien et les moyens du Conseil départemental et de sa présidente, Sylvie Marcilly. L’idée de départ revient à Marie-Pierre Quentin, la bonne fée ! Nous fêtons nos 70 ans, 70 ans d'une action à l'échelle de notre territoire que l'Académie est la seule à accomplir. On vante la beauté des paysages de Charente-Maritime, ses villes, la qualité de ses productions, ses huîtres, son cognac ; on vient de loin pour les découvrir et nous en sommes assez fiers. Mais il y a une autre production qu'il ne faut pas oublier de célébrer, revendiquer, mettre en valeur, d'en assurer la promotion, c'est que nous produisons aussi, et en abondance, de très jolis cerveaux dans tous les domaines : des cerveaux littéraires, des cerveaux scientifiques, des cerveaux d'artistes, historiens, des musiciens, des cinéastes, des champions du patrimoine. Les honorer, les récompenser, les signaler à l'attention générale, c'est la mission, le rôle dévolu à l’Académie. Depuis 70 ans, elle remet des lauriers en donnant chaque année une quinzaine de prix à des personnalités formidables que nous appelons entre nous "ces Charentais que le monde nous envie", des personnalités illustres ou qui méritent de l'être. Seule à le faire en 70 ans, l’Académie de Saintonge a attribué plus de 500 prix au total ». 

La directrice en profite pour remercier les mécènes, collectivités locales, territoriales, institutions et personnes privées, qui financent les prix et concourent au rayonnement du territoire. Elle cède la parole à Christian Vernou qui détaille l’exposition avec une passion qui incite à la découverte. Si vous ne craignez pas d’entrer dans le monde d’avant, Eric Depré vous invite, quant lui, à un lointain voyage avec, pour piquer votre curiosité, une superbe ammonite et autres fossiles étonnants… 

Cette chaleureuse rencontre s’achève par le verre de l’amitié bienvenu par ce temps de canicule ! 

Eric Depré et Anne Richard
Dans les vitrines, des fossiles végétaux remarquables

Transmettre la connaissance
Christophe Lucet, le dr Dubois, membres de l'Académie de Saintonge

Pascal Ferchaud, Pascal Even, Christopher Jones, Colette Chaigneau,
Marc Fardet, Didier Colus, Jacky Botton

• Remerciements au Conseil départemental, à Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine représenté par Guillaume Gonin, à Boris Sallaud, directeur de la culture « l’homme qui trouve des solutions », aux agents qui ont réalisé avec l’Académie les éléments constitutifs de l'exposition, à Emilie Braconnier du service culture, Florence Lecossois « pilier de l’organisation », Angélique Ceccarello « l’artiste graphiste des panneaux », Emmanuelle Brisson, directrice de la communication et David Nani, chef du service des stratégies innovantes. Merci également aux mécènes, collectivités et partenaires privés

A découvrir à La Rochelle (avant Saintes et Jonzac) : les nombreux domaines, sous forme de panneaux, dans lesquels intervient l’Académie de Saintonge

La Marine/le sentiment océanique par Emmanuel de Fontainieu, l’historique de l'Académie par Marie-Dominique Montel ; Science et scientifiques par Jean-François Girard ; Paléontologie/origine des terres de Saintonge par Eric Depré ; Nature/les Plantes de Saintonge par Jean-François Girard et Anne Richard, photographies de Patrick Georgon ; Les écrivains par Marie-Dominique Montel ; Pierre Loti par Alain Quella Villéger ; Les historiens/archéologues par Christian Vernou ; Le patrimoine par Christine Sebert-Badois ; Les arts (Beaux-Arts et musique) par Philippe Ravon et Christophe Lucet ; L’audiovisuel et cinéma par M-D Montel ; Chaîne Youtube de l'Académie ; Iconographie photographique de Nicole Bertin. Soit 50 panneaux dont la présentation des 25 académiciens, le portrait des anciens directeurs, la liste des mécènes, collectivités et partenaires privés.

Rappelez-vous...

En 2018, Le grand prix de l'Académie de Saintonge décerné à l'écrivain Hortense Dufour

En 2010, Eric Fottorino distingué pour L'homme qui m'aimait tout bas (Gallimard)
et l'ensemble de son œuvre

Grand prix de l'Académie à Jean-Claude Casadesus en 2025

Grand prix 2023 à Mickaël Augeron pour les "Corsaires de Dieu"
aux éditions des Indes Savantes

En décernant en 2012 son grand prix à Pierre-Marie Lledo,
l'Académie de Saintonge a distingué un éminent chercheur
dont les travaux portent sur le cerveau.

En 2011, la charmante et talentueuse soprano Gaëlle Arquez
reçoit le grand prix aux côtés d'Alain Michaud et Roselyne Coutant

Jacques Bouineau, Nicole Bertin, tous deux membres de l'Académie de Saintonge

Aux cotés de Pascal Even, le regretté professeur Mesnard
L'Académie de Saintonge en visite à Jonzac en 2015

En 2014, Grand prix de l'académie à Hervé Le Treut, climatologue,
pour l'ensemble de ses travaux (rapport d'Alain Quella-Villéger)
Grand prix de l'Académie décerné à Jean-Daniel Verhaeghe, réalisateur et écrivain,
pour son livre Le jeu de l'absence, éditions Arléa, et l'ensemble de son œuvre en 2013

En 2013, le prix René Coutant de l'innovation est décerné à Alain Gaboriaud,
coordinateur français du robot Curiosity sur la planète Mars