Jusqu'au 26 mai, l'association Darouma, que préside Martine Bel, accueille deux artistes au Temple de Mortagne. Le public est invité à découvrir "Fragments de mémoire", sculptures de Jephan de Villiers et "Peintures verticales" de Jean-Frédéric Delforge. Le vernissage avait lieu jeudi dernier en présence d'un nombreux public. Hommage à la verticalité en ce jour de l'Ascension !
Martine Bel a le sourire. « Nous vivons un moment assez exceptionnel avec cette exposition. C'est un grand privilège d'accueillir les sculptures de Jephan de Villiers et de Jean-Frédéric Delforge » dit-elle. Ils sont quatre à veiller aux destinées de Darouma, la présidente, Christiane, secrétaire, Joëlle, trésorière, et Robert. Depuis 7 ans, l'association propose des manifestations culturelles et contribuent à la renommée de Mortagne. Pour preuve, la notoriété du secteur, « les demandes d'acquisitions immobilières sont de plus en plus nombreuses » souligne le maire Stéphane Cotier. Il félicite les artistes qui sont invités à décrire leurs démarches respectives.
Jephan de Villiers : Quand l'invisible devient perceptible
Impossible de les manquer en entrant : les sculptures de Jephan de Villiers sont autant de gardiens qui vous souhaitent la bienvenue. Malgré leur taille, ne craignez pas qu'ils vous prennent de haut : ces personnages, au centre de l'exposition, sont au contraire les ambassadeurs des rêves et des secrets. Profondément bienveillants, ils sont composés d'éléments naturels, écorces, bois, végétaux, plumes, feuilles. Périssables lorsqu'ils sont éparpillés, abandonnés sur le bord du chemin ou sur l'humus des forêts. Immortels quand l'artiste les anime, leur insuffle la vie et leur donne une apparence. Ils entrent alors en scène !
« C'est émouvant de commencer une exposition, de choisir le lieu et les sculptures qu'on va présenter. J'ai réalisé que le geste de Jean-Frédéric et le mien est pratiquement le même. Nous sommes dans la verticalité. Autrefois, je vivais à Bruxelles et à la forêt de Soignes, a succédé l'estuaire de la Gironde » explique Jephan de Villiers. Il a créé une civilisation imaginaire, "les guetteurs du bord du monde" qui nous protègent et parlent d'un temps ancien où régnait l'harmonie. Les têtes perchées sur des mâts recèlent un fragment de mémoire au cœur d'un papier qu'entoure une cordelette. Ces fragments sont voyageurs. L'un d'eux se trouve en Chine, à Shangaï, un autre au Ladakh et le suivant sera bientôt en Inde dans une bibliothèque. Fais un petit geste et il se passera quelque chose ! Jephan de Villiers aime délivrer un message en offrant l'un d'eux. Ainsi commencent des histoires et se tissent des liens spirituels et amicaux autour de la nature du monde, devenue art et symbole de fraternité.
Trait pour trait...
Venant de Saint-Etienne, Jean-Frédéric Delporte propose en ses toiles un travail précis et raffiné. Graphiste, il maîtrise l'art du trait qui lui demande de la patience, mais provoque une joie libératrice. Cet exercice de la verticalité est un long cheminement qui se traduit en peinture, gravures et empreintes. Recherche du ressenti, du moi intérieur. L'artiste est ému d'exposer dans un temple protestant : « mon père était pasteur » avoue-t-il.
« Il était debout, faisait mille pas avec ses pinceaux, et tant d'autres objets vecteurs de ses créations. Il rêvait beaucoup, il luttait, c'était une question de survie. Il était homme. Il avait mené bien des duels. Comme tant d'autres, il affrontait la vie. Comme tant d'autres, il craignait la fin, au moins un peu, mais il donnait la vie en quelques gestes » a dit de lui l'écrivain Jean-Philippe Charrat.
Ne manquez pas cette exposition dans la mémoire des ans !
• Jephan de Villers a rendu hommage à son ami Georges, professeur d'architecture à Bruxelles, à qui il a dédié l'exposition. Il l'avait aidé à installer "Les âmes oiseaux" qui se trouvent sur le port.
• Ouverture : Tous les jours de 10h30 à 12h30 et 14h30 à 18h30, Temple, 33 Grande rue à Mortagne