mercredi 13 mai 2026

Saintes/Amis des Musées : Dans les arcanes du Surréalisme

La prochaine conférence organisée par les Amis des Musées aura lieu vendredi 22 mai à 18 h 30 au théâtre Gallia. Le "Surréalisme" este thème choisi par Cendrine Vivier, La séance sera suivie de la projection du film " Daaaaaali!" de Quentin-Dupieux  à 21h.

Tarifs: 8€ , non adhérent/ 5€ adhérent AMS et Gallia/ gratuit moins de 18 ans et demandeurs d'emploi./entrée ciné : tarif Gallia. 

mardi 12 mai 2026

Les Disparus de Boutiers : Jean-Charles Chapuzet se penche sur le plus vieux "cold case" français encore ouvert

Jean-Charles Chapuzet braque les projecteurs de sa plume sur un événement tragique jamais résolu. Le 25 décembre 1972, à 1 heure du matin, la famille Méchinaud disparaît mystérieusement sur le chemin de retour de leur réveillon entre Cognac et Boutiers en Charente. Cinquante ans après, l'énigme reste complète. L'auteur du livre mène l'enquête. En janvier 2026, le pôle "cold case" de Nanterre a repris les fouilles et lance un appel à témoins.

Revenons sur les faits

Ce fait divers recoupe deux noms : « Les disparus de Boutiers », en rapport au village concerné, et « L'affaire Méchinaud », du patronyme de cette famille qui s'est volatilisée.

Nous sommes dans la vallée du fleuve Charente, à la Noël de l'année 1972. 25 décembre, 1 heure du matin passée, une Simca 1100 grenat s'avance dans le brouillard givrant avant de se faire avaler par le noir de la nuit. Dans l'habitacle, un couple et leurs deux enfants qui viennent de réveillonner à Cognac chez des amis. Puis plus rien. Ils ne reviendront jamais dans leur maison aux volets verts où, à l'étage, trône un sapin enguirlandé au pied duquel reposent des cadeaux. Une dinde et des huîtres attendent aussi dans la cuisine. Cinquante ans plus tard, Jean-Charles Chapuzet a embrassé ce rien, qui demeure le plus vieux dossier du pôle cold cases encore ouvert en France. Proches terrorisés, flics englués, radiesthésistes sollicités, journalistes envoûtés, corbeaux pyromanes, amant borderline, cette affaire hors norme méritait une enquête littéraire gonzo.

Livre en vente dans toutes les librairies.

Docteur en Sciences Politiques, Jean-Charles Chapuzet est devenu journaliste, scénariste et écrivain. Il est notamment l'auteur aux éditions Marchialy du livre Du bleu dans la nuit, primé aux Quais du polar en 2021, et du roman graphique aux éditions Glénat Le Matin de Sarajevo, lauréat du Prix de la BD d'Histoire contemporaine 2023. 

• Il animera une conférence vendredi 5 juin à 18 h 30 à Clion, salle des associations

Jonzac/Printemps des cimetières : La guitariste classique Béatrice Morisco a enchanté les cœurs

Ce parcours musical, organisé dans l'ancien cimetière de Jonzac, était une première pour la talentueuse guitariste Béatrice Morisco. Habituée des scènes où elle se produit régulièrement, elle ne pensait pas qu'un jour, elle dédierait des musiques célèbres à ceux et celles qui nous ont quittés. A l'office de tourisme, l'idée est venue de Delphine Lévêque : dans le cadre du printemps des cimetières, pourquoi ne pas compléter la visite classique, fort bien guidée par Christophe Gadrat dimanche matin, par une animation douce et émouvante ? C'est ainsi qu'un programme a été élaboré sous forme d'étapes - dix en tout - au cœur de l'espace d'éternité.

Delphine Lévêque présente la talentueuse guitariste, Béatrice Morisco

Lundi en fin de journée et fort heureusement sans pluie, l'artiste a accompagné à la guitare les commentaires historiques de Delphine. Parmi les airs choisis : Le temps des cerises (J.B Clément), La prière (G. Brassens), L'Hymne à l'amour (E. Piaf), l'Ave Maria (Schubert), La Madelon (L. Bousquet), Les roses blanches (B. Sylva), Souvenirs (Espagne), La liste de  Schindler (J. Williams), Jeux interdits, Le prélude de Bach. 

Sur ce chemin poétique, les nombreux participants ont croisé les ombres des déportés et internés de la Seconde Guerre Mondiale qui ne sont jamais rentrés, de Claude Gatineau, Pierre Ruibet, résistants morts aux carrières d'Heurtebise après avoir fait exploser un important dépôt de munitions allemand ; Marthe Robert, grand-mère de Monique Husson, gardienne du Tribunal qui hébergea Pierre Ruibet durant six mois ; Mathilde Robert, sa fille, qui transmettait des messages aux résistants bordelais. Arrêtée et emprisonnée au fort du Hâ, elle eut la vie sauve grâce à la libération de Bordeaux. Il y a aussi les pilotes britanniques Mc Rae et Fletcher, morts près de la gare où leur avion s'est écrasé ; les courageux poilus de 14-18 et puis des personnes qui ont marqué la ville, Emile Gaboriau, le père du roman policier, Jean Glénisson, éminent chartiste et président de l'Université d'été, les sœurs de la Sagesse, les tombes des Julien Laferrière et des Julien Labruyère, Les Larquier Gauron (la famille a donné l'immeuble de la maison de retraite en face du presbytère, financé la cloche de l'église, des vitraux, offert la grande armoire du bureau du maire). Et comment ne pas citer le carré des indigents, ces anonymes qui tendent la main à travers les méandres du temps ?

Le carré des Poilus de la guerre 14-18
La tombe de Claude Gatineau
A droite de la photo, Monique Husson, descendante de Marthe Robert
Le monument érigé en mémoire de Pierre Ruibet (sa tombe se trouve à Voiron)
Un clin d'œil à notre cher Jean Glénisson
Les morceaux, joués délicatement par Béatrice Morisco et emplis de tendresse, ont ému le public. Douceur des notes de la guitare, évocation des époques, mémoire des défunts, ce printemps des cimetières a ouvert la porte des souvenirs : ainsi cette stèle, abritant une couronne de mariée, érigée pour une jeune femme morte bien trop tôt ou cette harpe dédiée à une musicienne...

« Il a bien parlé, celui qui a dit que les tombes sont les empreintes des anges » a écrit Henry Wadsworth Longfellow.

Dimanche, la visite était guidée Christophe Gadrat. Ici, la tombe d'une jeune femme
disparue bien trop tôt (y est conservée sa couronne de mariée)

Certaines petites chapelles familiales comportent de belles ornementations
• Premier prix de conservatoire, élève d'Alexandre Lagoya, Béatrice Morisco, guitariste classique, a fréquenté le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Nous la retrouverons à Jonzac lors de Mercredis musicaux au théâtre du château, aux côtés d'une soprano espagnole en particulier. 


• La Madelon est une chanson populaire créée en mars 1914 dans un café-concert de Paris. Les paroles sont de Louis Bousquet et la musique de Camille Robert. Elle évoque des soldats loin de leurs foyers qui voient en la jeune serveuse Madelon qu'ils courtisent, l'aimée et les familles qu'ils ont laissées. Le public était invité à chanter le refrain. La guitariste s'est ainsi retrouvée avec un accompagnement improvisé. « C'est la première fois que je chante dans un cimetière » soulignaient deux choristes !

• Le cimetière de Jonzac a été créé au XIXe siècle (autrefois, il se trouvait autour de l'église Saint-Gervais). Il possède un dépositoire orné des armoiries de la ville dessinées par l'architecte Olivier. La devise est "Post Bella, otia pacis" (après la guerre, les loisirs de la paix).

Les rosiers sauvages, en gerbes abondantes, fleurissent les mémoires

Jonzac/Université d'été : Des fortifications de Vauban à un "cold case" vieux de 140 millions d'années, des mystérieux Templiers aux carriers de Saintonge

L'Université d'été de Jonzac, que préside Philippe Gautret, propose en juillet et août neuf conférences qui se tiendront au cloître des Carmes à partir de 18 h 30. Les thèmes sont variés, de la paléontologie aux fortifications militaires, des mathématiques au travail des carriers, sans oublier l'histoire des montgolfières ou celle, énigmatique, des Templiers. Nous vous attendons nombreux à partir 2 juillet ! 

Philippe Gautret, président de l'université d'été, a succédé à Jean Glénisson,
Pierre Nivet et Jean-Claude Arrivé

• Alain d'Aulnay, descendant direct du Marquis de Vauban, retraité de la Marine Nationale, commandant de sous-marin de 1981 à 1982, "Vauban, l'homme, infatigable serviteur et modèle d'humanité". Jeudi 2 juillet à 18 h 30

• Ronan Allain, paléontologue, "Qui a tué les dinosaures d'Angeac-Charente ? Un cold-case vieux de 140 millions d'années " jeudi 9 juillet à 18 h 30

• Philippe Foubert, aéronaute, "L'histoire des montgolfières de 1783 à nos jours" jeudi 16 juillet à 18 h 30

• Daniel Bernard, écrivain conférencier, "Le XIXe siècle : Âge d’or de la vigne - les Archives au cœur de la naissance de l’œnologie - miroir d’une époque en effervescence" jeudi 23 juillet à 18 h 30

• Marie Hélène Labarthe, docteure en Histoire des Mathématiques, professeur agrégée de mathématiques, "Haut Moyen Âge : calculer autrement. Doigts et tables : pratiques du calcul avant les chiffres modernes " jeudi 30 juillet à 18 h 30

• Marc Blanchard, agrégé de l’Université, attaché au service culturel de l’Ambassade de France au Caire "Les canaux de Suez : histoire et enjeux" jeudi 6 août à 18 h 30

• Jacques Gaillard, archéologue - archéomètre, "Carriers traditionnels de Saintonge : l'amour du métier" jeudi 13 août à 18 h 30. Exposition sur ce thème au cloître des Carmes

Découverts par Jacques Gaillard lors d’une prospection dans les années 2000, les dessins gravés sur les parois d’une carrière de Jonzac par un ancien compagnon,
Alphonse Eugène Bouchet, révèlent un vrai talent artistique…

• Philippe Josserand, maître de conférences habilité en histoire du Moyen Âge à Nantes, spécialiste des Templiers, membre de la Casa de Velasquez "Jacques de Molay, le dernier Templier : du mythe à l’histoire" jeudi 20 août à 18 h 30. Première partie sur "Les Templiers en Saintonge" présentée par l'historien Marc Seguin

• Pascal Even, archiviste paléographe, docteur es-lettres, conservateur général du patrimoine "Le grand siège de La Rochelle, 1627-1628" jeudi jeudi 27 août à 18 h 30.


lundi 11 mai 2026

Jonzac /Les tout débuts de la station thermale « Jonzac sera peut-être demain Jonzac-les-Thermes »...

Jean-Paul Tornier, jonzacais de longue date et élu de l'équipe municipale de Claude Belot, nous fait parvenir cette coupure de presse datant de l'ouverture de la station thermale en 1986. Le journaliste de Sud-Ouest, Dominique Andrieux, y explique les étapes qui ont précédé ce moment important pour l'avenir de Jonzac ainsi que les ambitions de Claude Belot. 

Simone Couybes-Chapron, première directrice des thermes, et le dr Tornier,
maire adjoint (© Richard Picotin)
Article de Dominique Andrieux : 


Le 4 août restera dans les annales de Jonzac, petite ville de la Charente-Maritime : ce jour-là, son établissement thermal ouvrira ses portes. Les promoteurs de l'opération et le maire, Claude Belot, attendent beaucoup de cette création : un boum économique sinon une grosse bouffée d'oxygène. Elle serait pour le moins la bienvenue dans cette région en crise. D'ici à la fin du mois d'octobre, quelque 200 curistes vont étrenner les thermes. Un chiffre certes modeste mais qui augmentera avec la construction dans un premier temps d'un bloc de soins et l'année prochaine, d 'une structure d'hébergement. 

Remontons à la source de cette belle histoire d'eau. Dans les années 50, des recherches pétrolières mettent en évidence la présence de boues chaudes dans les entrailles du sol saintongeais, à proximité de l'aérodrome de Neulles-Jonzac. Il faudra cependant attendre 1977 pour commencer l'exploitation. L'initiative en revient à Claude Belot, porté cette année-là à la tête de la mairie. Ce professeur de géographie à l'Université de Poitiers s'était depuis longtemps intéressé au sous-sol jonzacais. Et plus particulièrement, après le second choc pétrolier, alors que les marchés du cognac et du pineau des Charentes, les deux richesses locales, connaissaient une sérieuse crise. A sa demande, le BRGM (Bureau de recherches géologiques minières) se lance dans une opération de prospection, à un jet de pierres du site troglodytique, connu des Jonzacais sous le nom des "carrières d'Heurtebise". En 1979, le forage atteint 1800 mètres de profondeur et produit une eau chaude à 64 degrés. A l'heure actuelle, près des deux tiers de la population jonzacaise utilisent le réseau du chauffage urbain. Son potentiel s'élève à 13000 thermies si l'on y ajoute des énergies complémentaires, charbon et combustions ménagères. Stimulé par ces résultats encourageants, le maire décide d'aller plus loin : il ouvre le dossier "thermalisme". Sa rencontre en 1982 avec Adrien Barthélémy, PDG de la Chaîne thermale du soleil, s'avère décisive : Jonzac aura sa station thermale. Les deux hommes, l'un fonceur et l'autre bâtisseur, vont s'y employer. 

Le site unique de type troglodytique conquiert Adrien Barthélémy, c'est là l'endroit rêvé pour ériger un complexe inédit. Mais il reste encore à recevoir l'assentiment du Ministre des affaires sociales avant de passer à l'action. Un premier pas est franchi avec la reconnaissance par l'Académie de médecine de la qualité particulière des eaux de Soenna. Elle est déclarée « hyper-thermale, sulfatée mixte chlorurée sodique ».

Le 1l juin, le maire obtient le feu vert du Ministère. L'accord porte exclusivement sur les rhumatismes. Les indications ORL et phlébologie constitueront une prochaine étape. Qu'importe, « Jonzac a décroché l'essentiel, les rhumatismes fournissent plus de la moitié de la clientèle thermale » déclare Adrien Barthélémy. Enfin, la station peut accueillir ses premiers curistes dès le début du mois d'août. Déjà, l'on note avec plaisir à Jonzac la venue de nombreux visiteurs, sans doute attirés par les plaquettes publicitaires de la Chaîne thermale du soleil. C'est, du moins, l'explication de Claude Belot.

Avec la livraison de la première tranche des travaux en juillet 1987, ce seront des curistes-troglodytes qui recevront des soins sous la voûte des "carrières d'Heurtebise". Un site qui a pour atout non négligeable de bénéficier d'un micro-climat (2300 heures d'ensoleillement par an). Un argument déterminant dans la décision du PDG de la Chaine thermale du soleil d'exploiter Soenna.