C'est grâce à Claude Belot, alors président de la Communauté de Communes de Haute-Saintonge, que les Amis de Jonzac, qui cultivaient depuis des lustres le jardin des douves situé près du chemin de ronde de l'ancien château, ont pu rebondir. Fini la saison I qui s'achève tristement avec la décision du propriétaire du terrain de dénoncer le bail au motif que des arbres de grande taille s'y trouvent (d'où la fameuse affaire du figuier !), vive la saison II avec l'attribution par la collectivité d'une nouvelle parcelle située dans le parc de la CDCHS, rue Taillefer. Durant des mois, les mains vertes de l'association ont recréé un jardin médiéval dans la tradition. Le challenge était que tout soit prêt pour les journées des jardins les 6 et 7 juin. Pari tenu grâce aux efforts soutenus des membres et l'aide de M. Bienvenue et de son équipe (service de l'environnement pour l'enclos). Palissade, création des carrés, choix des plantes, ardoises descriptives, panneau (Michel), signalétique réalisée par Christophe et Rodolphe, film rétrospective dont le montage a été fait par Guy Magnaval, Pascal Renaud chargé de la vidéo, rien ne manquait pour l'inauguration vendredi 6 juin. Bonne aubaine, le soleil était au rendez-vous !
| Inauguration du jardin de la Sagesse |
| Parmi les invités, Claude Belot sans qui ce projet n'aurait pas eu lieu |
| Présente à l'inauguration, Hélène Lemesle, sous préfète de Jonzac |
Annie Amaudruz, quant à elle, a expliqué la "renaissance" du jardin médiéval des Amis de Jonzac :
« Un jardin médiéval, ce n'est pas simplement un bel espace planté de sauge et de lavande. Pourquoi ce projet ? Nous sommes nombreux à avoir eu l'occasion de visiter des abbayes, des monastères et des églises qui ont conservé leurs jardins médiévaux. Je pense notamment, dans notre région, aux jardins médiévaux de Tusson près de Rouillac, de Dignac près d'Angoulême, ou encore de Saint-Sulpice près de Royan. Ces jardins ordonnés, où chaque plante a une fonction précise, nous ont interpellés. À cette époque, un jardin n'était pas un lieu de décoration ou de loisirs tel qu'on l'entend aujourd'hui. C'était avant tout un espace utilitaire et symbolique, souvent entretenu par des moines dans les monastères ou par des seigneurs dans leurs domaines. Les plantes y étaient choisies pour leur utilité concrète : des herbes médicinales pour soigner les malades (comme la sauge, la mélisse ou la valériane), des plantes aromatiques pour cuisiner et conserver les aliments, des légumes pour nourrir la communauté, et des plantes tinctoriales pour teindre les tissus.
Comment était-il organisé ? Le jardin médiéval typique, appelé hortus conclusus (le « jardin clos » en latin), était entouré de haies ou de murs pour le protéger. À l'intérieur, les plantes étaient regroupées en carrés de culture bien délimités, séparés par des allées de gravier. Un puit trônait souvent au centre, à la fois pour l'arrosage et pour sa dimension symbolique. Que représentait-il ? Au-delà de l'utilitaire, ce jardin avait une forte dimension spirituelle. Pour les moines, il était une image du paradis terrestre. Un espace d'ordre, de paix et d'harmonie au milieu d'un monde souvent chaotique.
Un jardin médiéval, c'est un livre vivant : chaque plante y raconte quelque chose sur la façon dont on vivait, on se soignait et on concevait le monde au Moyen Âge. L'objectif final de notre association, en créant ce type de jardin, a été de rendre ce savoir toujours vivant et surtout accessible à tous.
Les grandes étapes : La recherche historique avec la consultation de traités médiévaux (dont le Capitulaire de Villis), étude des enluminures et des plans monastiques, et collaboration avec des botanistes ainsi que des conservatoires de plantes anciennes ; la conception - Une fois les bases historiques posées, il a fallu réfléchir: comment être fidèle à l'histoire tout en créant un espace accessible, sécurisé et utilisable par le public d'aujourd'hui ? Nous avons défini les grandes lignes du jardin : la structure en hortus conclusus, le jardin clos, symbole de paix et d'ordre, souvent associé à la figure de la Vierge et au paradis terrestre ; l'organisation en carrés de culture séparés par des allées de gravier, de sable ou d'herbe, chacun dédié à une famille de plantes : médicinales, aromatiques, potagères, tinctoriales ; un puits central ou une fontaine, élément indissociable du jardin monastique, à la fois fonctionnel et symbolique ; une clôture en plessis : cette technique de clayonnage médiéval, faite de branches tressées, qui délimite l'espace avec élégance et authenticité. Chaque détail a été pesé, discuté, parfois abandonné et repensé.
Les travaux et la plantation : Nous avons souhaité repartir sur les bases de l'ancien jardin en modifiant les dimensions, passant de 70 m2 à 150 m2. Les neuf carrés ont été répartis de façon harmonieuse, avec des bordures extérieures soignées et des allées suffisamment larges. La plantation elle-même a été une étape de haute précision. Certaines plantes médiévales sont rares et difficiles à trouver en dehors de réseaux spécialisés. Nous avons fait appel à des conservatoires botaniques et à des producteurs passionnés qui conservent des variétés oubliées, mais aussi à des plantes glanées lors de sorties botaniques dans les prairies, en lisière de chemins ou dans les bois.
Les démarches administratives et le financement : Une convention a été mise en place avec la Communauté de communes de Haute-Saintonge, avec le soutien financier de la mairie de Jonzac. Je tiens à souligner l'aide précieuse et les conseils de M. Bienvenue, responsable des espaces verts de la Communauté de communes de Haute-Saintonge, ainsi que le travail remarquable de tous les bénévoles et amis sympathisants de notre association, sans qui ce projet n'aurait pas vu le jour. et son équipe ».
Enfin, Romane Paronneau a détaillé les variétés de plantes visibles dans le jardin et leurs vertus médicinales.
Cette sympathique rencontre s'est terminée par le verre de l'amitié. Le vin blanc à base de cépage Chauché, récemment distingué, était offert par Hugues Chapon, viticulteur à Ozillac (chai du Roussoir). Diverses compositions culinaires, inspirées du Moyen âge, étaient proposées (tarte aux herbes, etc). Durant le week-end, le jardin médiéval de la Sagesse était ouvert au public. Plus d'une centaine de visiteurs ont découvert ce nouveau rendez-vous touristique de Jonzac.
| Un breuvage réalisé par Romane aux côtés de Paul Rahé et Christophe Chassin |
| Après le conseil municipal, le maire Christophe Cabri était présent à l'inauguration. A ses côtés, Hugues Chapon du Chai du Roussoir |
| Au centre de la photo, notre ami Eric Depré, membre de l'Académie de Saintonge, venu d'Aigrefeuille avec son épouse découvrir le jardin médiéval de Jonzac |
Un buffet original et délicieux !
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