jeudi 8 octobre 2026

La Rochelle : les lycées publics et privés resteront fermés vendredi 9 octobre.

La journée de mobilisation du jeudi 8 octobre a donné lieu à plusieurs rassemblements en Charente-Maritime, à La Rochelle, mais également à Saintes et à Rochefort

Afin d’assurer le suivi en temps réel de la situation et la coordination des services de l’État, le préfet de la Charente-Maritime a activé dès 7 h 15 le Centre Opérationnel Départemental (COD).

À La Rochelle, les lycées publics et privés resteront fermés vendredi 9 octobre. L’ensemble des autres lycées du département sera ouvert.

• UNE MOBILISATION PRINCIPALEMENT CONCENTRÉE À LA ROCHELLE

    • À La Rochelle, la mobilisation s’est constituée Place de Verdun et a rassemblé près de 500 personnes. Le cortège s’est déplacé dans le centre-ville, notamment devant la préfecture puis la Direction des Services Départementaux de l'Éducation Nationale (DSDEN), avant de se rendre devant le commissariat de police.

    • À Saintes, une mobilisation plus limitée a été observée au cours de la matinée, avec une quarantaine de personnes. Le groupe s’est dirigé vers le tribunal, puis vers le lycée Palissy.

    • À Rochefort, quelques lycéens ont été signalés aux abords des établissements.

• 3 INTERPELLATIONS SUIVIES DE GARDE À VUE

Au total, 3 interpellations suivies de placements en garde à vue ont été réalisées en début de matinée place de Verdun à La Rochelle : un mineur et deux majeurs, porteurs de cagoules et de mortiers.

• DES MESURES DE PRÉVENTION RECONDUITES

L’arrêté préfectoral portant interdiction de détention, transport et usage, sans motif légitime, d’armes et d’objets pouvant constituer une arme par destination ; détention, transport et utilisation de fusées et d’artifices de toute nature ; port, sans motif légitime, d’équipements de protection individuelle sur la voie publique, est reconduit jusqu’au vendredi 9 octobre au soir.

Le COD a été levé à 14 h, alors que la situation était redevenue normale dans l’ensemble du département.

Michel Prosic, préfet de la Charente-Maritime, salue le calme dans lequel les manifestations se sont déroulées.

Mobilisation lycéenne : Célestine, élève du lycée de Jonzac : « Nous sommes fatigués de ce système. On nous demande de faire des choix d'orientation trop tôt »

Témoignage de Célestine, élève au lycée de Jonzac : « Entre le contrôle continu qui nous met la pression toute l'année et l'angoisse de Parcoursup, notre lycée est devenu une course permanente aux notes plutôt qu'un lieu d'apprentissage »

« Si on se mobilise devant notre lycée, c'est pour protester contre les choix de l'Education Nationale. Ce n'est pas par simple envie de manquer les cours, c'est parce que nous sommes tous fatigués de subir un système qui se dégrade. On nous demande de réussir, mais on nous met dans des conditions qui rendent cela beaucoup trop difficile.

Pour commencer, nos journées de travail sont devenues intenables. Entre des classes surchargées où le bruit est constant et les problèmes du quotidien mal gérés par l'administration, nos rythmes sont épuisants.

La santé mentale des lycéens en France traverse une période de forte vulnérabilité. Bien que la majorité des élèves se disent globalement satisfaits de leur vie, les données les plus récentes de l'enquête nationale EnCLASS de Santé publique France montrent que le risque de dépression chez les lycéens est en hausse constante, atteignant 19 % (contre 15 % auparavant).

En plus de cela, nous devons partir de chez nous très tôt le matin pour faire des journées continues qui se terminent à 17 h, ou des journées remplies de trous mal disposés. En comptant les trajets, on rentre généralement chez nous à des heures beaucoup trop tardives. Une fois rentrés, il faut encore travailler et faire nos devoirs.

Où est le temps pour nous ? À quel moment on se repose ? À quel moment on sort la tête des cours ? Ça n'arrive jamais. Plus de 50 % des élèves de collèges et lycées présentent des plaintes psychologiques ou somatiques hebdomadaires comme des difficultés à s'endormir, la nervosité, l'irritabilité ou le mal de dos. Mais personne ne nous écoute. Alors forcément, la fatigue s'accumule et, à force, nous n'arrivons plus à suivre correctement.

De plus, la gestion des fortes chaleurs est inadaptée : nous nous retrouvons à passer des cours ou des examens dans des salles étouffantes à 35 degrés. Lors du Grand Oral et des oraux de français en juin 2026, le Ministère a dû reporter les épreuves pour environ 4 000 candidats au sein de 5 Académies particulièrement touchées (Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie, Poitiers). Sans oublier que 77,6 % des établissements scolaires ont enregistré des températures intérieures supérieures à 30°C en période chaude.

Et pour couronner le tout, il y a la question des téléphones portables. À presque 18 ans, on nous demande de ne plus avoir nos téléphones alors qu'il y en a qui se retrouvent tout seuls. Le téléphone est alors la seule chose qui leur restait. Au lieu de nous aider et de nous écouter, ils nous rajoutent une règle de plus qui nous infantilise totalement, ce qui ne fait qu'enlever aux lycéens l'envie d'aller à l'école.

Sans oublier, aussi, une pression psychologique constante. Entre le contrôle continu qui nous met la pression toute l'année et l'angoisse de Parcoursup, notre lycée est devenu une course permanente aux notes plutôt qu'un lieu d'apprentissage. Parcoursup, c'est le stress absolu : 84% des lycéens estiment que la procédure d'orientation est anxiogène ou stressante (source : article FCPE). 79 % des parents jugent aussi la plateforme stressante, et 77 % constatent une hausse de leur propre charge mentale. 60% redoutent une affectation insatisfaisante, 56 % ont peur d'un refus et 53 % craignent de se retrouver sans aucune place.

Nous sommes fatigués de ce système. On nous demande de faire des choix d'orientation trop tôt : on se retrouve bloqués sans savoir où l'on va atterrir et on a l'impression que notre avenir se joue à pile ou face sans que personne ne se soucie de savoir si on va s'en sortir. Et cette peur de ne pas avoir les moyens d'aller faire des études... Parcoursup peut nous obliger à aller dans une autre ville, loin, sans rien, ce qui demande énormément de frais, mais comment sommes-nous censés les payer ? Demain, seuls les enfants de parents aisés pourront se permettre de faire des études longues, ou même d'y accéder. Parcoursup, est devenu un lieu de sélection par l'argent et d'inégalités. A présent, nous n'avons plus simplement peur de ne pas avoir d'assez bonnes notes pour y être affecté, mais de ne pas avoir assez d'argent. Toutes ces inégalités sociales, ces sélections ne font que nous diviser et nous réduire à craindre l'Education Nationale.

Le plus difficile est ce sentiment d'être totalement ignorés. Les réformes sont décidées par des personnes qui sont loin de la réalité de nos lycées, sans jamais écouter ni nous, les élèves, ni nos professeurs.

D'ailleurs, il ne faut pas l'oublier, il n'y a pas que nous qui souffrons de cette situation : nos profs subissent exactement la même chose. Eux aussi s'épuisent dans ce système et manquent cruellement de moyens pour travailler correctement. Selon le baromètre annuel du Ministère de l'Éducation nationale (DEPP), plus de 30 % des enseignants se déclarent en situation d'épuisement professionnel élevé (burn-out). Ou encore le sentiment d'empêchement professionnel qui est la principale cause de souffrance éthique. Les professeurs expliquent qu'il leur est impossible d'aider individuellement un élève en difficulté au milieu d'un groupe trop nombreux. Ils ont l'impression de « mal faire leur métier ». Beaucoup de professeurs souffrent de ce qu'ils appellent une "perte de sens". Les réformes successives et l'augmentation des tâches administratives réduisent le temps qu'ils peuvent consacrer au cœur de leur métier : la transmission des savoirs.

Donc, si nous ne disons rien, la situation ne fera qu'empirer. Donc, si on se mobilise, c'est pour réclamer de vrais moyens, du respect et un avenir dans lequel nous pouvons avoir confiance.

Dans 6 mois, il y a des élections présidentielles et peut-être de nouvelles réformes. Tout le monde parle de la santé mentale des jeunes mais que font-ils pour nous ? »...

mercredi 7 octobre 2026

Lycées : Mobilisation concentrée à La Rochelle, un principal point de tension au lycée Jean Dautet

La journée de mobilisation lycéenne du mercredi 7 octobre s’est déroulée dans un contexte différent de la veille : l’ensemble des lycées du département était ouvert ce matin. La mobilisation est toutefois restée exclusivement concentrée à La Rochelle, où plusieurs établissements ont fait l’objet de blocages ou de barrages filtrants.

Face à cette situation, le préfet de la Charente-Maritime a activé dès 7 h 30 le Centre Opérationnel Départemental (COD) et déclenché la Coordination Opérationnelle Renforcée entre les Agglomérations et les Territoires CORAT, afin d’assurer le suivi de la situation et la coordination des services de l’État.

DES MESURES DE PRÉVENTION RECONDUITES

Dès la veille, des mesures de police administrative avaient été prises afin de prévenir les risques liés à la mobilisation. L’arrêté préfectoral portant interdiction de détention, transport et usage, sans motif légitime, d’armes et d’objets pouvant constituer une arme par destination ; détention, transport et utilisation de fusées et d’artifices de toute nature ; port, sans motif légitime, d’équipements de protection individuelle sur la voie publique, est reconduit et reste en vigueur jusqu’au jeudi 8 octobre au soir.

LA ROCHELLE : PLUSIEURS ÉTABLISSEMENTS CONCERNÉS EN DÉBUT DE MATINÉE

Les tensions se sont concentrées à La Rochelle dès l’ouverture des établissements.


Lycée Dautet : établissement complètement bloqué en début de matinée, avec environ 500 lycéens présents à ses abords. La présence d’individus cagoulés a été signalée ;

Lycée Saint-Exupéry : établissement également bloqué en début de matinée ;

Lycée Valin : environ 100 personnes présentes, avec un barrage filtrant ;

Lycée Vieljeux : environ 100 personnes présentes devant l’établissement, sans blocage complet.

Dans le reste du département, aucun incident particulier n’a été signalé.

LE LYCÉE DAUTET, PRINCIPAL POINT DE TENSION DE LA MATINÉE

Au cours de la matinée, la situation s’est progressivement concentrée autour du lycée Dautet, devenu le principal point de tension.

Les autres lycées rochelais ont progressivement retrouvé un fonctionnement normal et sont redevenus ouverts et accessibles.

Au lycée Dautet, environ 200 lycéens étaient encore présents aux abords de l’établissement, dont une cinquantaine d’individus masqués. Les élèves présents à l’intérieur ont été confinés pendant la phase de tension.

Des projectiles ont été lancés à plusieurs reprises en direction des forces de sécurité intérieure. Cinq départs de feu ont également été constatés à proximité de l’établissement. Ils ont été rapidement maîtrisés par les sapeurs-pompiers, après sécurisation de leur intervention par les forces de l’ordre.

Académie de Saintonge/Marie-Dominique Montel, directrice : « A quelques mois près, l’invention du cinéma aurait pu revenir à un Saintongeais, Ernest Normandin, et à son associé Henry Joly »

Dimanche à Royan, avait lieu la traditionnelle remise des prix de l'Académie de Saintonge. Dix-sept au total dont un grand prix attribué à David Proteau, directeur artistique des feux d'artifice Ruggieri. L'Académie de Saintonge, qui vient de fêter ses 70 ans à travers une exposition présentée à la Maison du Département (avant de rejoindre d'autres villes, Saintes, Jonzac), possède de nombreuses facettes. « Le travail des académiciens consiste à repérer tout au long de l’année des personnes de la région qui font des choses extraordinaires, à étudier leurs travaux qu’ils soient littéraires, scientifiques ou artistiques. Un vote final détermine les lauréats. Sont valorisés et récompensés les talents » a rappelé Marie-Dominique Montel, directrice. 

Elle a une passion pour le cinéma, qu'elle partage avec Christophe et Blake Jones. Ainsi, le public a la chance de découvrir d'anciens films dont l'un sur le peintre Gaston Balande présenté il y a quelques années. En 2026, elle a réservé à l'assistance une belle et émouvante surprise : des scènes tournées en Charente par Ernest Normandin vers 1896, dans la cour d'une ferme à Campagnères, près de Jarnac. Un bond de 130 ans en arrière pour se retrouver juste avant 1900, au temps des pionniers ! « C’est l’un des plus anciens films du monde, les toutes premières images animées charentaises » dit-elle. Un moment attendrissant où ont évolué, sous nos yeux, des femmes et des enfants tirés de l'oubli pour entrer dans la lumière...

Les toutes premières images animées charentaises

Marie-Dominique Montel, directrice de l’Académie de Saintonge : 

Marie-Dominique Montel présente le livre sorti pour les 70 ans de l'Académie (©N.Bertin)
« Merci d’être si nombreux pour notre anniversaire. Nous aurons tous le cœur à la fête pendant cette cérémonie dont, je crois, nos lauréats 2026 sauront faire un vrai feu d’artifice !

Dès cet été, en avance de quelques mois sur ses 70 ans, l’Académie a reçu son premier cadeau d’anniversaire, cette grande et belle exposition offerte par le département de Charente-Maritime, et qui vient de se terminer. Tous nos remerciements au conseil départemental et à sa présidente, Sylvie Marcilly, aux équipes et aux graphistes du CD 17 qui ont mené à bien la réalisation et l’installation des 52 panneaux, de l’affiche, des écrans et des vitrines relatant notre histoire et nos travaux… Et à la bonne fée (dans les contes, la marraine est toujours une bonne fée), celle qui en a eu l’idée et dont l’enthousiasme communicatif su emporter l’adhésion générale, Marie-Pierre Quentin.

Dans cette exposition, amenée à voyager dans plusieurs villes, le contenu et les textes sont l’œuvre des académiciens qui ont ainsi donné une vision d’ensemble de nos activités. Un merci spécial à Eric Dépré et sa merveilleuse collection de fossiles, merci aux musées qui nous ont prêté des trésors, le musée de Saintes, la Corderie Royale, l’aquarium de la Rochelle, la collection Roquefeuil, la collection Glénisson et les archives de Charente-Maritime. Et je rends hommage au grand chef d’orchestre, celui sans qui l’enthousiasme se serait éparpillé ou n’aurait pas duré, notre collègue Christian Vernou qui a l’expérience professionnelle des musées et qui a su canaliser nos premières idées, nos créativités diverses, pour élaborer une véritable exposition.

Dans celle-ci figuraient, dès l’entrée, deux messages qui nous ont beaucoup touchés, de Sylvie Marcilly, présidente du Département, et d’Alain Rousset président de la Région Nouvelle-Aquitaine, soulignant tous les deux l’action de l’académie en faveur du rayonnement de la culture régionale.

Notre travail en effet, le travail des académiciens, consiste à repérer tout au long de l’année des personnes de la région qui font des choses extraordinaires, à étudier leurs travaux qu’ils soient littéraires, scientifiques ou artistiques, au fil de réunions qui aboutiront à un vote final pour déterminer les lauréats. Et nous sommes les seuls depuis 70 ans (avec un peu de renouvellement dans nos rangs, mais ne dit-on pas que les académiciens sont immortels ?) à mettre ainsi en valeur et à récompenser les talents, les cerveaux de chez nous, « ces Charentais que le monde nous envie »…

Christopher Jones, l’excellent réalisateur de films documentaires (et de cette cérémonie), a recherché un cadeau d’anniversaire dans son Amérique natale. Il nous rapporte une œuvre de Kelly Boesch, une artiste américaine qui utilise l’intelligence artificielle. Elle a créé cette vision onirique qui pourrait évoquer non sans humour les académiciens scrutant le paysage culturel charentais. On peut y voir aussi l’avenir de l’académie quand nous aurons tous été remplacés par des intelligences artificielles académiques… A vous de juger ! Je vous propose d’applaudir Kelly Boesch dont vous pourrez voir des réalisations sur YouTube et qui, j’espère, regardera la retransmission de cette cérémonie.

J’ouvre une parenthèse à propos de YouTube et de la fréquentation remarquable de la chaine de l’académie de Saintonge qui a dépassé cette année les 33000 téléspectateurs, c’est une façon de mesurer l’intérêt qu’on nous porte. Et j’invite ceux qui ne les connaissent pas encore à regarder nos vidéos et à s’abonner.

Il y a deux personnes qui auraient tant voulu être avec nous pour cet anniversaire et qui nous ont quittés cet hiver, François Julien Labruyère et Bernard Mounier. François était mon prédécesseur qui a dirigé pendant 11 ans l’académie avec panache, et a fêté en 2006 son cinquantenaire avec un livre indispensable sur notre institution et son historique. Bernard Mounier, homme de télévision, de culture (et de la maison de la culture de la Rochelle), était l’enthousiasme de l’académie, un défricheur et un fédérateur de talent. A eux deux, ils ont insufflé beaucoup de l’esprit et de l’énergie qui nous animent. Pour moi, ils sont encore un peu avec nous cet après-midi.

Alors en leur nom et au nom de tous les académiciens, j’ai décidé de vous offrir un cadeau à mon tour, une surprise préparée en secret avec Blake Jones de la société Cloud studio qui signe nos réalisations audio-visuelles. Nous allons passer des avant-gardes et de l’intelligence artificielle à une excursion dans le passé, un bond de 130 ans en arrière, pour nous retrouver juste avant 1900, au moment de la naissance du cinéma. Le film que vous allez voir est rarissime. C’est l’œuvre d’ Ernest Normandin, un Saintongeais né à Jarnac en 1862. C’est surtout le plus ancien film tourné en Charentes, en 1896 probablement, comme les tous premiers films des frères Lumière. D’ailleurs l’invention du cinéma aurait pu revenir à ce Saintongeais. Cela s’est jouée à quelques mois près. Les frères Lumière ont présenté leur appareil en décembre 1895. Ernest Normandin et son associé Henry Joly ont breveté le leur au printemps suivant, en 1896. La différence la plus visible avec les films Lumière, c’est que ceux de Joly-Normandin ont un cadre carré et non rectangulaire. Ils sont en noir et blanc, parfois colorés à la main, image par image. C’est le cas de ce film saintongeais tourné par Ernest Normandin lui-même dans la cour de sa ferme de Campagnères près de Jarnac et dont les acteurs sont sa mère, sa femme et leurs enfants. C’est l’un des plus anciens films du monde, les toutes premières images animées charentaises.

Ces images ont été stabilisées, nettoyées, aux couleurs ravivées et même sonorisées
Retour dans le temps !

Ce petit film a plus de 100 ans, et ça se voit, mais, tel un magicien des techniques de restauration, Blake Jones a fait fonctionner sa machine à remonter le temps pour nous faire partager l’émerveillement des premiers spectateurs de 1897 en regardant ces images stabilisées, nettoyées, aux couleurs ravivées et même sonorisées. Ce film est aussi un clin d’œil à notre nouvelle académicienne, Claire Laporte-Bisquit qui vient de Jarnac, comme Normandin. Elue en mai, elle est reçue officiellement à l’Académie aujourd’hui par Olivier Dubois ».

Le public réuni salle Jean Gabin à Royan

Jonzac/Conseil Municipal/Ecoles : Sandra Pérot, adjointe au maire « laisser entendre que nos prédécesseurs et nous-mêmes n'aurions rien fait me paraît inapproprié. Cela ne correspond ni à la réalité, ni au travail engagé »

Elue en mars dernier sur la liste de Christophe Cabri, Sandra Pérot, adjointe chargée de l'enfance, de la jeunesse et des affaires scolaires, est intervenue lors du dernier conseil municipal pour répondre au chef de file de l'opposition, Jean-François Mougard, au sujet des affaires scolaires. Avoir une opposition musclée n'est pas un long fleuve tranquille, d'autant que Jean-François Mougard, ancien DGS de la ville de Jonzac et de la CDCHS, connaît les rouages du fonctionnement de ces collectivités ! Sur les écoles, elle est donc montée au créneau pour dire avec objectivité ce qui a été fait et expliquer sa manière de traiter les dossiers. Intervenir en public n'est pas facile car aucun conseiller récemment élu - à part les habitués des tribunes, donc engagés dans une cause depuis un certain temps - n'est habitué à ces exercices de style. « Nous menons une réflexion globale sur la sécurité, l'organisation, la rénovation énergétique, le confort d'été, la végétalisation. Des réflexions sont menées. L'avenir de nos écoles nous engage. Je considère qu'anticiper, c'est observer, étudier, adapter et construire. C'est dans cet esprit que je travaille » a-t-elle expliqué avant de recueillir une salve d'applaudissements. De la majorité. 

Jean-François Mougard a écouté. Le technocrate a laissé place au simple citoyen jonzacais, rappelant des chiffres imparables : le budget, la démographie et, en toile refond, les changements futurs qui s'opéreront. Ici et ailleurs.

• Sandra Pérot : « A l'avenir, des classes de Malraux pourraient notamment être accueillies à Saint-Exupéry »

De gauche à droite, Pierre-Jacques Rambeaud, Sandra Pérot, Thomas Masson,
Delphine Matteï-Péteau

« Je voudrais revenir sur vos propos afin d'apporter une réponse claire à l'opposition. Il est temps de mettre un peu de vérité dans l'information. Laisser entendre que nos prédécesseurs et nous-mêmes n'aurions rien fait pour les écoles me paraît inapproprié et ne correspond ni à la réalité, ni au travail engagé. Depuis notre élection, nous avons rencontré différents professionnels et acteurs afin de mieux connaître leurs besoins, leurs attentes et leurs difficultés. A partir de ces échanges, nous avons pu élaborer le projet éducatif communal dans le respect des choix et des préoccupations de chacun. 

Au niveau des écoles : nous avons revu la circulation et les accès aux établissement du Parc et de Sant-Exupéry afin de renforcer la sécurité lors des entées et des sorties des élèves. Ce travail a été mené avec les représentants des parents d'élèves, les enseignants, les agents du centre de loisirs et l'équipe mobile de sécurité de l'Education Nationale. Cette dernière a d'ailleurs salué une initiative engagée. Une nouvelle organisation est actuellement expérimentée et sera évaluée avant sa mise en place définitive. 

Concernant les effectifs scolaires, j'ai parfaitement conscience de la baisse démographique. Mais reconnaître cette baisse ne signifie pas que la seule réponse soit de fermer une école. Aujourd'hui, s'ouvrent de nouvelles possibilités avec le changement de locaux de l'Inspection académique. Une réorganisation des classes est à l'étude. Les classes de Malraux pourraient notamment être accueillies à Saint-Exupéry. Une réflexion quant à l'étage a été engagée afin de garantir un accès adapté, notamment aux personnes à mobilité réduite. 

Maternelle : Je réfléchis aux besoins des enfants et des familles. Nous accueillons notamment des enfants issus de familles non ou peu francophones et des enfants pour lesquels l'accès au langage peut être plus difficile. Pour eux, une scolarisation plus précoce pourrait être un levier. Je préfère étudier la possibilité de créer une toute petite section qui corresponde à un réel besoin éducatif. Cette idée n'est pas nouvelle puisqu'elle a été abordée avec l'inspectrice départementale l'an passé. Nous avons aujourd'hui une nouvelle inspectrice. J'ai simplement fait le choix de respecter sa prise de fonction, de lui laisser le temps de s'installer et de découvrir notre territoire avant de reprendre ce sujet avec elle. Ce n'est pas de l'inaction, ni un manque de travail, c'est une manière sérieuse et respectueuse de travailler avec nos partenaires. 

Par ailleurs, l'organisation des écoles et du RPI nous invitent à la réflexion. Personne ne peut actuellement affirmer quelle sera la prochaine carte scolaire. Notre responsabilité est de conserver plusieurs possibilités ouvertes et de ne pas prendre des décisions hâtives. Jonzac se trouve dans une situation particulière : nos écoles accueillent des classes spécialisées et certains enfants ne résident pas à Jonzac, venant parfois de loin. En tant que ville centre, Jonzac dispose de services et de professionnels de santé indispensables à leur scolarisation. On ne peut donc pas réduire nos écoles à un simple ratio entre le nombre de classes et le nombre d'enfants domiciliés à Jonzac. L'arrivée prochaine d'un chargé de coopération territoriale doit nous permettre d'avoir une vision plus large des besoins du territoire quant à la petite enfance, l'enfance, la jeunesse et la parentalité, en lien avec les communes voisines. Je m'appuierai sur ces données objectives avant de prendre des décisions. 

Canicule : Ce sujet n'a été en aucun cas ignoré. Dès 2024, Annick Thibault avait demandé la réalisation d'un diagnostic énergétique. Un chantier important a été réalisé au centre de loisirs :  isolation, combles, raccordement à la géothermie. Le coût en est de 389.000 euros HT. Dans les écoles, des pistes d'amélioration ont été recherchées. Nous sommes allés plus loin en demandant un diagnostic spécifique dans le cadre de "l'Urgence Canicule" afin d'obtenir des solutions concrètes et des aides. Après trois relances auprès des services de l'Etat et des appels téléphoniques, cette demande a été acceptée. Ajoutons qu'en mai dernier, le confort d'été a été inscrit à l'ordre du jour de la Commission Jeunesse afin d'en définir les priorités. Nous avons recherché d'autres financements, la CAF en particulier, qui a donné une réponse négative. 

Notre action de sensibilisation inscrit un partenariat avec les élèves et les parents d'élèves. Ainsi, une journée culture et patrimoine a été organisée dernièrement en les rendant acteurs des projets qui les concernent. 

Une végétalisation a été réalisée à la crèche ; suivra le centre de loisirs en 2027 ». 

• Jean-François Mougard : « A Jonzac, il y a plus d'octogénaires que d'enfants de moins de 15 ans ! »

Jean-François Mougard aux côtés d'Hélène Dubus-Héraud  et Christophe Gadrat.

« Il convient de dissocier les écoles et ce qui relève du péri-scolaire, crèche et centre de loisirs. Le budget est le document de la réalité. On ne mélange pas tout. Le centre de loisirs et les écoles ne sont pas le même sujet. Mon propos porte sur ce qui n' a pas été fait et qui doit être fait. Quand on travaille sur la question des écoles, on se penche forcément sur la démographie : combien d'enfants Jonzacais scolarisés, combien de non Jonzacais, ceux qui viennent des communes voisines ? La question est : comment prépare-t-on l'avenir ? Face à la baisse de la démographie, des écoles fermeront, c'est une évidence, une certitude. Et ce n'est pas un argument de campagne électorale, elle est passée ! Des communes alentours ont les mêmes problèmes que nous. Nous pourrions travailler ensemble sur ce sujet. A Jonzac, il y a plus d'octogénaires que d'enfants de moins de 15 ans ! C'est une tendance nationale. Une réflexion commune est à mener en élaborant un programme pour améliorer la situation des écoles ». 

S'adressant à Sandra Pérot : « Vous êtes élue depuis mars dernier. Je ne vous fait pas grief de supporter ce qui n'a pas été fait auparavant. Je vous fait confiance et en même temps, je suis exigeant, j'attends une stratégie. Je suis une personne simple, je ne cherche pas à sous-étendre quoi que ce soit. N'y voyez pas malice ! L'avenir des Jonzacais est concerné : comment on garde nos effectifs, comment on se projette ? Il y a une certaine lourdeur dans la tendance démographique. Les enfants qui n'ont pas été faits, ils ne sont pas là !!! Quant à la canicule, le Gouvernement aurait dû l'anticiper. Elle sera durable et violente. Nos bâtiments ne sont pas adaptés et nous devrons les aménager ». 

Tout le monde s'accorde sur ce point.

Pour éviter que l'échange ne se termine en un tie-break majorité/opposition, Julien Glémet clôt la discussion en invitant les amateurs de rugby à un match féminin amical qui opposera, le dimanche suivant, le Stade Rochelais au Stade Bordelais...