jeudi 29 octobre 2026

Montendre : L'histoire d'un jeune homme en colère dont la photographie a fait le tour du monde !

Parmi les animations du cinéma Mons Andronis, était programmée vendredi 9 octobre la projection du documentaire "Le jeune homme en colère" réalisé par Michel Boujut, suivie d'un échange avec François Huchet, photographe. 

François Huchet et Janine Dumoulin de l'association Clap

L'histoire n'est pas banale : en 1951, à Gondeville en Charente, le célèbre Paul Strand réalise une série de photographies des habitants du village dont celle d'un jeune homme, Claude Grijalvas, qui pense à tout sauf à poser devant un objectif. Il accepte, agacé et le regard direct. Pourquoi vient-on le déranger un dimanche, seul moment où il dispose d'un peu de temps pour lui ? A ce moment-là, il ignore que son agacement passager fera le tour du monde ! En effet, ce cliché, vibrant d'intensité, sera par la suite exposé dans les plus grands musées (dont le MoMA à New-York) avec, pour légende, « Yound Boy - Gondeville Charente 1951 ». 

Mais qui est-il ce jeune homme en colère ? Dans les années 1990, Michel Boujut, écrivain, critique et producteur de cinéma, et François Huchet, photographe, se lancent à sa recherche. Ils le retrouvent dans la région parisienne. En suivra un film sur cette aventure et une nouvelle photographie faite dans le même lieu, à Gondeville, par François Huchet. Depuis, cette histoire fait parler d'elle, en mars 2025 à Jarnac-Charente avec l'association Au fil de l'art festival présidée par Claire Laporte Bisquit, plus récemment en Gironde et maintenant à Montendre... 

Le jeune en colère, Claude Grijalvas en 1951, photo de Paul Strand
Claude Grijalvas en 1995 devant le même portail, photo de François Huchet

François Huchet : une histoire qui a marqué sa carrière de photographe (©NB)
Retour dans les années 1950

Certaines histoires ne laissent aucun souvenir. Elles s’effilochent comme la brume matinale tandis que d’autres restent gravées dans les mémoires. Sans trop comprendre par quel mystère elles traversent le temps. Ainsi la photographie de Claude Grijalvas, Le jeune homme en colère de Gondeville en Charente, prise en 1951 par l’américain Paul Strand, en résidence chez l’écrivain Claude Roy. Pourquoi ce visage d’un adolescent volontaire retient-il l’attention ? Par sa force assurément. Il renferme aussi une quête commune entre le photographe et son sujet. L’un veut s'extraire des tâches quotidiennes que lui impose sa famille ; l’autre cherche un village idéal à immortaliser. Une certaine idée de la liberté. Les prises de vue, où figurent de nombreux habitants de Gondeville, sont rassemblées dans "La France de profil", un livre que Paul Strand a publié en 1952. « Véritable portrait naturaliste de la France d’après-guerre », des commentaires de son ami Claude Roy l'accompagnent. 

Dans les années 1990, le journaliste Michel Boujut s'intéresse à la photo de Paul Strand légendée par son auteur "Young boy, Gondeville, Charente, France 1951". Il la baptise "Le jeune homme contrarié" pour son émission Les Nuits Magnétiques (France Culture) pour devenir "Le jeune homme en colère" dans le film et le livre qui suivront. 

Cette photo a une universalité

Le film de Michel Boujut nous plonge dans le temps d’avant. Claude Grijalvas naît en 1932. Fermiers, ses parents affichent la couleur : ils sont communistes. L’enfant grandit dans la France rurale d’avant la mécanisation. Les vignes, les moissons, les champs. Un garçon dans une ferme, ce sont d’abord des bras ! Les tâches ne manquent pas du matin au soir. Il vaque aux occupations et dès qu’il le peut, il s’évade. Le fleuve Charente est un merveilleux terrain de jeu. Il pêche, se baigne, respire. Des moments précieux car rares dans sa vie d'ouvrier agricole. Paul Strand tombe à point. Ce jour-là, Claude Grijalvas va tendre sa ligne et s’il traîne, sa famille l'en privera : « il y avait toujours quelque chose à faire ! ». Alors, il se presse pour échapper aux contraintes. Il accepte toutefois de poser devant l’objectif, mais son regard en dit long sur l’irritation qui l’habite. C’est précisément cette fougue d’une farouche beauté qui fera la popularité de la photographie. Elle possède une universalité et aurait pu être prise n’importe où. Qu'elle soit exposée aux États-Unis est émouvant pour les Charentais en visite outre Atlantique ! D’ailleurs, le poète Daniel Reynaud a appelé la Charente le Mississipi ! Claude Grijalvas, c’est un James Dean ! Thomas Boujut, le fils de Michel disparu en 2011, explique la manière dont son père travaillait : « l’inspecteur Boujut tirait le fil de la pelote de laine. Chez lui, la petite histoire rejoignait la grande. Elle est allée plus loin que Gondeville ! Il a été touché par cette photographie et il a voulu savoir qui se cachait derrière le jeune homme en colère ». Pour le retrouver, il a sillonné l’hexagone, lancé un appel dans les journaux. 

Un beau jour, une personne lui apporte enfin des informations. Après un an d’enquête, ses pas le conduisent dans la banlieue parisienne, à Châtillon. Il sonne à une porte. C'est bien là qu'habite Claude Grijalvas ! Il le rencontre et lui présente sa démarche. Raconter l’histoire et les faits à la radio, tourner un film et écrire un livre. Le plus intéressant, c'est que l'intéressé ne savait pas que son portrait avait fait le tour du monde. Célèbre malgré lui ! 

Un nombreux public participait à la soirée organisée au cinéma Mons Andronis

François Huchet : « une reconstitution minutée »

Parallèlement, à Marcillac en Gironde, le photographe François Huchet est sur la même piste. « J’avais commencé à Gondeville où j’ai cherché le lieu où avait été prise la photo ». Il le localise dans le bourg. Par contre, en 1993, personne dans la commune ne sait ce qu'est devenu le modèle de Paul Strand : « On m’a conseillé d’aller voir le maire et de lui poser la question. En vain, ça n’avançait pas ». Un samedi matin, le téléphone sonne. Au bout du fil, le journaliste Michel Boujut. « Vous vous intéressez à une photo de Paul Strand, le jeune homme en colère ? Moi aussi. On peut se voir ? Mardi prochain, je suis chez vous ». Il est accompagné de Christine Robert, réalisatrice. « On discute et il m’associe à sa recherche de Claude Grijalvas ». L'enquête aboutit et l’émission, diffusée sur France Culture, intéresse le public. On ne va pas en rester ! La suite, vous la connaissez. 

1995 : « Nous avons placé des sacs poubelle pour créer un mur noir afin de ne pas trahir la lumière de Paul Strand »

En 1995, quand François Huchet photographie Claude Grijalvas, il est alors âgé de 65 ans (il en avait 19 sur la photo de Strand). Il se souvient : « Au départ, Claude Grijalvas ne voulait pas se déplacer à Gondeville et quand il a accepté, c’était minuté ! Je suis arrivé sur place, la prise était prévue vers 15 h/16 h. Or, la cour avait été séparée par un mur. Il a fallu l’occulter. Nous avons placé des sacs poubelle pour créer un mur noir afin de ne pas trahir la lumière de Paul Strand. En observant les lieux, je me suis aperçu que la barre de fer qui apparaissait derrière le jeune homme ne se situait pas au même niveau. En y regardant de plus près, j’ai réalisé que le sol avait été remonté de plus d’une vingtaine de centimètres. Pour cette nouvelle photo, Claude Grijalvas est donc assis. J‘étais sous pression. Je devais faire une photo rapidement en respectant les règles et le cadrage de Strand ». Ses efforts sont récompensés. 

François Huchet et Claude Grijalvas en 1995 (archives)
Avec Michel Boujut en 1995 (archives)

La soirée organisée par le cinéma Mons Andronis a été l’occasion d'échanges. De nombreux spectateurs étaient émus en retrouvant des scènes de la vie rurale avant les grands bouleversements de la mécanisation. Outre "le jeune homme en colère", comment ne pas penser à Serge Roullet, grand cinéaste et ami de Michel Boujout, qui fit un film superbe sur la récolte des foins dans la prairie de Gondeville... 

Après la projection, discussions et échanges

Des habitants de Gondeville (Paul Strand)

• A la recherche du village idéal : Paul Strand est né à New-York en octobre 1890 dans une famille originaire de Bohême (installée en Amérique au milieu du XIXe siècle). Quincailler, son père Jacob Stransky a changé son nom en Strand peu de temps avant la naissance de son fils unique. Devenu photographe, Paul Strand a un rêve : faire le portrait d’un village idéal dont les habitants raconteraient leur histoire. Encore faut-il le trouver ! Il part pour la France en 1950 et avec sa femme, Hazel Kingsbury. Arrêt sur images à Gondeville en Charente. Paul Strand immortalise les gens du coin dont Claude Grijalvas. Ils font l’objet d’un livre publié en 1952, « La France de profil », accompagné des textes de Claude Roy.

mercredi 28 octobre 2026

Lancement de la campagne Sauvons la lecture

Charline Claveau, vice-présidente du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge de la culture, s’associe au lancement de la campagne "Sauvons la lecture", débutée lundi 27 octobre. « Dans le cadre des économies qui lui ont été demandées, le Ministère de la Culture a fait le choix de les faire peser de manière disproportionnée sur sa politique de lecture publique, sans réelle explication quant à cette asymétrie. C'est d'autant plus étonnant et regrettable que la lecture est une clef de voûte des politiques culturelles en France »

Près de 60 organisations réunies au sein du collectif Plaidoyer pour le livre et la lecture se mobilisent pour exiger une politique publique ambitieuse en faveur du livre et de la lecture. La lecture n’est pas une dépense accessoire : c’est un bien commun, un levier d’émancipation et un enjeu majeur d’éducation, de santé publique et de démocratie.

La situation est préoccupante : un Français sur six n’a lu aucun livre en 2025, soit 5 millions de lecteurs de moins en six ans. Pourtant, le soutien de lʼÉtat aux métiers du livre et de la lecture a diminué de 25% entre 2025 et 2026. Et le projet de loi de finances pour 2027 entérine cette baisse historique. Peut-on vouloir faire de la lecture une Grande Cause nationale tout en réduisant les moyens de celles et ceux qui la font vivre ?

Face à cette situation, le collectif Plaidoyer pour le livre et la lecture, qui rassemble plus de 60 organisations représentatives de la filière, lance une mobilisation nationale pour obtenir un changement de cap budgétaire. Son objectif : obtenir un véritable engagement de lʼÉtat en faveur du livre et de la lecture, à la hauteur de leur rôle essentiel dans notre société.

Une économie « minime pour lʼÉtat, un impact considérable pour la société »

Les aides directes de lʼÉtat aux librairies, maisons d’édition, bibliothèques, festivals et structures de développement de la lecture représentent environ 17 millions d’euros, soit 0,21 % du budget du ministère de la Culture. Elles ont chuté de 25 % entre 2025 et 2026. Les moyens du Centre national du livre (CNL) ont, eux, diminué de 22 % en deux ans, tandis que les crédits consacrés à la démocratisation culturelle ont reculé de 30 % entre 2024 et 2026.

Derrière ces chiffres, ce sont des emplois fragilisés, des projets abandonnés, des acquisitions de livres réduites et un accès à la lecture toujours plus inégal selon les territoires.

Mais l’enjeu dépasse largement la filière du livre. L’urgence est à la fois éducative, sociale et démocratique.

Alors que les difficultés de lecture progressent et que la place des écrans suscite des inquiétudes croissantes, les livres et la lecture sont essentiels pour développer le langage, renforcer la concentration, exercer l’esprit critique et nourrir l’imaginaire. Ils permettent de comprendre le monde, de confronter les idées et de construire sa liberté de pensée.

Dans les écoles, les librairies, les bibliothèques, les hôpitaux, les prisons, les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les territoires ruraux comme urbains, les professionnels et les bénévoles du livre et de la lecture œuvrent pour que chacun puisse accéder aux histoires, aux savoirs et aux idées. Réduire leurs moyens, c’est fragiliser l’égalité des chances, l’inclusion, la vitalité démocratique et notre capacité collective à faire société.

Pour le budget 2027, le collectif Plaidoyer pour le livre et la lecture demande une politique nationale volontariste et interministérielle en faveur du livre et de la lecture ; des budgets à la hauteur des enjeux, pour lʼÉtat comme pour les collectivités territoriales, afin d’enrayer le déclin de la lecture au vu de son impact sociétal ; un soutien réaffirmé à l’ensemble des acteurs et métiers du livre, notamment par le renforcement des moyens alloués au Centre national du livre et aux dispositifs de démocratisation culturelle.

Plus de 50 organisations, des milliers d’auteurs, de maisons d’édition, de librairies, de bibliothèques, d’associations et de festivals se mobilisent pour défendre une conviction commune : investir dans la lecture, c’est investir dans l’émancipation, l’égalité et l’avenir démocratique de notre société.

Sécurité dans les transports scolaires : Opération de sensibilisation dans 32 collèges de Charente-Maritime

Chaque jour, la Région Nouvelle-Aquitaine assure le transport de plus de 160 000 élèves vers leurs établissements scolaires et s’engage à limiter autant que possible les risques d’accident sur le trajet de l’élève, depuis son domicile jusqu'à son établissement. Dans ce cadre, la Région met en place chaque année des sessions Sécuribus dans l’ensemble des collèges néo-aquitains.

 En Charente-Maritime, ces interventions sont menées en partenariat avec les entreprises de transport avec lesquelles la Région travaille pour organiser le transport scolaire. Elles sont effectuées par des conducteurs volontaires à destination des élèves de 6e des collèges desservis par les cars régionaux. D’octobre à décembre, 32 établissements bénéficieront de Sécuribus.

Les dates des actions Sécuribus en Charente-Maritime

 • Collège André-Dulin à Aigrefeuille-d'Aunis (rue de Saint-Christophe) :

Mardi 3 novembre, de 9h à 12h et de 13h10 à 16h30

Jeudi 5 novembre, de 9h à 12h

 • Collège Léopold-Dussaigne à Jonzac (10 rue Winston Churchill) :

Mardi 3 novembre de 10h à 11h40

Jeudi 5 novembre de 10h à 11h40

• Collège Fontbruant à Saint-Porchaire (15 rue du Collège) :

Mercredi 4 novembre de 9h à 11h  

Mercredi 18 novembre de 9h à 11h

Mercredi 25 novembre de 9h à 11h

• Collège (privé) Saint-Sacrement à Aigrefeuille-d'Aunis (36 place de la République) :

Jeudi 5 novembre de 14h à 15h30

 • Collège La Fontaine à Montlieu-la-Garde (chez Gonthier) :

Jeudi 5 novembre de 9h à 12h30

 • Collège Samuel-Dumenieu à Montendre (3 Boulevard de Saintonge) :

Mardi 10 novembre de 9h à 12h et de 14h à 16h

 • Collège Pertuis d'Antioche à Saint-Pierre-d'Oléron (2 avenue de la Libération) :

Mardi 10 novembre de 10h à 12h et de 13h30 à 15h15

 • Collège Jules Ferry à Gémozac (1 avenue Jules Ferry) :

Jeudi 12 novembre, de 9h à 11h

Vendredi 13 novembre, de 9h à 11h

Vendredi 20 novembre, de 9h à 11h

 • Collège Georges Texier à Saint-Jean-d'Angély (rue de Professeur Texier) :

Jeudi 12 novembre, de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 15h

 • Collège de la Tour à Montguyon (4 rue du Collège) :

Vendredi 13 novembre de 8h30 à 12h30

 • Collège Maurice-Calmel à Marans (rue de Bel Air) :

Mardi 17 novembre de 9h à 12h et de 13h40 à 15h10

 • Collège Marc Jeanjean à Matha (4 allée du Collège) :

Mardi 17 novembre de 8h45 à 12h15

• Collège (privé) Sainte-Sophie à Saint-Jean-d'Angély (80 rue Gambetta) :

Mardi 17 novembre de 9h30 à 12h30 

• Collège (privé) Marie Eustelle à Marans (3 rue Guy Seguinot) :

Jeudi 19 novembre de 9h à 10h30

 • Collège Bernard Roussillon à Saint-Aigulin (17 avenue Jean Moulin) :

Jeudi 19 novembre de 10h30 à 12h

• Collège Raymond-Bouyer à Saint-Hilaire-de-Villefranche (2 rue Jean Moulin) :

Mardi 24 novembre de 8h45 à 10h15

Jeudi 17 décembre de 8h45 à 10h15

 • Collège Maurice Chastang à Saint-Genis-de-Saintonge (10 rue Terrière) :

Mardi 24 novembre de 9h25 à 11h

Mardi 1er décembre de 9h25 à 11h

 • Lycée (privé) Saint-Louis à Pont-l'Abbé-d'Arnoult (73 avenue André Malraux) :

Mardi 24 novembre de 10h30 à 12h20 et 13h05 à 17h00

• Collège Hélène de Fonsèque à Surgères (rue de Stade) :

Mardi 24 novembre de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30

 • Collège Robert-Cellerier à Saint-Savinien (rue de la Bertammière) :

Jeudi 26 novembre de 9h05 à 10h35 

Vendredi 27 novembre de 9h05 à 10h35

 • Collège Beauregard à Burie (27 boulevard des Ecoliers) :

Jeudi 26 novembre de 9h à 12h et de 13h30 à 16h

 • Collège Marcel-Pagnol à Tonnay-Boutonne (chemin de l'Abattis) :

Jeudi 3 décembre de 9h à 10h30

Vendredi 4 décembre de 9h à 10h30

 • Collège Emile-Combes à Pons (7 rue des Cordeliers) :

Mardi 8 décembre, de 9h à 11h

Jeudi 10 décembre, de 9h à 11h

Vendredi 11 décembre, de 9h à 11h

 La prévention routière et la sécurité des usagers : deux priorités de la Région

 Les sessions Sécuribus visent à renforcer les bons réflexes de sécurité aux points d'arrêt ou lors de la montée et de la descente du car et à sensibiliser les jeunes collégiens aux risques routiers et aux comportements responsables. Elles prennent la forme d’ateliers pédagogiques et de démonstrations pratiques : projection d’une vidéo ludique et pédagogique, exercice d’évacuation d’un car, diffusion d’un dépliant à l’attention des enfants et des parents.

Chaque jour, la Région Nouvelle-Aquitaine assure le transport de plus de 160 000 élèves vers leurs établissements scolaires et s’engage à limiter autant que possible les risques d’accident sur le trajet de l’élève, depuis son domicile jusqu'à son établissement.

« La prévention routière et la sécurité sont des préoccupations majeures de la Région en matière de transport scolaire. Elle met en effet un point d’honneur à ce que la sécurité soit maximale sur tout le trajet de l’élève » rappellent Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, et Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional en charge des mobilités.

lundi 26 octobre 2026

Jonzac : Une pétition pour dire non au projet de déremboursement des cures thermales

Le jonzacais Thomas Antoncznyk, propriétaire de locations thermales, tire la sonnette d'alarme et s'associe à la pétition lancée par Marie Costa, présidente de la Fédération Thermale Occitanie quant au déremboursement des cures thermales. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 est actuellement examiné par les députés et un premier vote est prévu le 27 octobre. Face à la perspective de transfert de 200 millions d'euros de l'Assurance Maladie vers les mutuelles santé, la mobilisation s'organise. Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe d'études sur le thermalisme à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy de Dôme, et Julien Dubois, maire de Dax et président de l'Association nationale des maires des communes thermales, ont demandé au Gouvernement de maintenir les conditions actuelles de remboursement jusqu'aux conclusions de la Haute Autorité de santé (HAS). 

« Le thermalisme est essentiel à la santé des patients, à l'emploi et à la vitalité de nos territoires. En tant qu'établissement thermal, nous soutenons cette mobilisation pour préserver l'accès aux soins et l'avenir de nos stations thermales. Chaque soutien compte » souligne la station thermale de Jonzac sur son site.

A suivre...


Thomas Antoncznyk :
« Chaque signature compte. Le gouvernement envisage de transférer 200 millions d’euros de dépenses liées aux cures thermales de l’Assurance Maladie vers les complémentaires santé dès 2027. Mais qui paiera réellement la facture ? Les mutuelles prendront-elles le relais ? Et combien de curistes devront renoncer à leur cure si leur reste à charge augmente ? Les précédentes annonces de déremboursement en 2025 ont provoqué une baisse de fréquentation des stations thermales. Une baisse de 13 % du nombre de curistes a été évoquée au niveau national avec des conséquences pour les commerces, les emplois et l’économie locale. Fin 2025, la mobilisation avait permis de faire reculer cette même mesure gouvernementale. Aujourd’hui, une nouvelle menace se profile avec le projet de transfert de dépenses vers les complémentaires santé dans le cadre du PLFSS (Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale). Près de 500 000 patients suivent chaque année une cure thermale. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’une médecine de confort, mais d’une prise en charge de maladies chroniques, avec des bénéfices sur la douleur et la qualité de vie. Et l’impact ne s’arrête pas aux portes des Thermes.

À Jonzac comme dans les 88 autres stations thermales, les curistes font aussi vivre les commerces, les artisans, les restaurants, les hébergements et de nombreux emplois locaux. Selon les chiffres avancés par les défenseurs du thermalisme, la filière représente 4,5 milliards d’euros de retombées économiques annuelles et 25 000 emplois non délocalisables. Fragiliser l’accès aux cures, c’est risquer de fragiliser toute une économie locale : moins de curistes, c’est potentiellement moins de clients pour nos commerçants, moins d’activité pour nos entreprises et moins de recettes pour nos territoires. Le thermalisme est le poumon socio-économique de nos territoires. Ne le sacrifions pas pour une économie budgétaire qui pourrait coûter bien davantage à nos villes et à nos villages. Je vous invite à signer et à partager cette pétition pour défendre les cures thermales, les patients et tous ceux qui en dépendent économiquement » explique-t-il.

https://www.change.org/.../non-au-deremboursement-des...

Extraits de la pétition : 

« DITES NON AU DEREMBOURSEMENT DES CURES THERMALES

Non à la disparition des cures thermales et des territoires thermaux ! Non à un déremboursement qui ne dit pas son nom. Pour une économie estimée à 200 millions d’euros, serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale. De quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité. Avec nos eaux, durables, éternelles même, chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladies chroniques trouvent un traitement durable et naturel. Dans 90 % des cas, les cures présentent un service médical rendu démontré : elles réduisent la douleur, améliorent la qualité de vie et limitent le recours aux médicaments et aux hospitalisations. Les cures thermales représentent 0,1 % du budget de l’Assurance Maladie pour 8,3 millions de journées de soins. Un coût dérisoire pour un bénéfice inestimable.

L’économie espérée de 200 millions serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui s’y substitueraient. L’Etat se retrouverait avec 25000 personnes à indemniser durablement sans en percevoir les cotisations, ni l’impôt et 4,8 milliards d’euros de retombées économiques annuelles en moins ! Près de 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants : les fragiliser reviendrait à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes.

Non à la mort lente de notre économie, de notre santé, de nos territoires. Le plan de licenciement de 25000 personnes est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste. L’enterrement des communes, qui vivent de leurs eaux, est commandé. Ni fleurs, ni couronnes, juste une vague passe aux mutuelles. Ce diktat, nous le refusons ». 

Marie Costa, présidente de la Fédération Thermale Occitanie

Arrondissement de Jonzac/Les débuts de la résistance de 1940 à 1942 : Face à la terrible répression allemande, des hommes et des femmes courageux...

Le courage, le film en deux parties consacré au Général de Gaulle, le cite en exemple. En cette période agitée du monde où les contours de l'avenir sont auréolés d'un flou peu artistique, le message est puissant. La Seconde Guerre mondiale inspire les cinéastes puisque sont sortis entre autres Pressure, Les raisons et les ombres, Nuremberg, les enfants de la résistance, le Salut dont une partie a été tournée en Nouvelle-Aquitaine. Liste non exhaustive. Dans le contexte actuel où les consciences s'interrogent, le passé démontre une évidence : dans les périodes les plus difficiles, se dressent des hommes et des femmes qui font preuve d'audace et de pugnacité. Souvent au péril de leur vie quand d'autres, par confort, intérêt ou couardise, se rangent du côté du plus fort...

Invité par le Rotary-Club Jonzac Haute-Saintonge, l'historien Denis Gandouet a présenté récemment une conférence aux Archives sur "les débuts de la Résistance dans l’arrondissement de Jonzac entre 1940 et 1942". Au départ deux gendarmes, l'adjudant-chef Georges Bernard et le maréchal des logis-chef René Gibeau. Tous deux sont en poste à Jonzac. D'autres résistants les rejoignent... 

Denis Gandouet est professeur d’histoire-géographie au lycée Audouin-Dubreuil à Saint-Jean-d’Angély. Membre associé du CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique, universités de Nantes et de La Rochelle), vice-président de la Société rochelaise d’histoire moderne et contemporaine, il collabore à la revue d’histoire régionale Écrits d’Ouest

Nous sommes en Charente-Inférieure (qui deviendra plus tard la Charente-Maritime) après la débâcle de juin 1940. L'armistice est catastrophique : la France doit verser 400 millions de francs/or par jour et 1.800.000 soldats sont faits prisonniers. Dès lors, le pays est partagé par une ligne de démarcation. Les trois cinquièmes du territoire (Nord et Ouest, ainsi que l'Alsace-Moselle annexée et le Nord-Pas-de-Calais rattaché au commandement de Bruxelles) sont occupés par l'armée allemande. Le Sud forme la "zone libre", sous l'autorité du gouvernement de Vichy. C'est le coup de massue. En Haute-Saintonge, la résistance ne se constitue pas immédiatement sous la forme de maquis organisés. Elle se développe progressivement à travers des solidarités locales, la transmission des informations, des sabotages et l’aide aux personnes. La période 1940-1942 est avant tout celle de la formation des réseaux et des engagements clandestins. 

Une France coupée en deux


Parmi les premiers actes, citons André Ransac. Instituteur à Saint-Martial-sur-Né, il découvre à Lonzac, au début de l’été 1940, des armes abandonnées par l’armée belge en retraite. Avec René Gibeau, maréchal des logis à la gendarmerie de Jonzac, il cache une partie de ces munitions. Le principe est d'en laisser sur place afin de ne pas attirer l'attention des Allemands. Cet acte illustre l’une des préoccupations des premiers résistants : disposer de moyens matériels susceptibles de servir ultérieurement. « Ils ont agi de leur propre initiative » souligne le conférencier. A cette même période, l'occupant perquisitionne chez l'habitant, recherchant fusils de chasse et cartouches le plus souvent, à déposer en mairie. 

Dès l’été 1940, alors que l’armistice vient d’être signé, des Saintongeais commencent à réagir. Le caractère rural du secteur, ses relations avec les départements voisins, la présence de personnels des administrations et des services publics favorisent la constitution de petits réseaux de confiance. Des filières de "passages" s'organisent tant vers la Charente que la Gironde. Une aide est apportée notamment à 17 prisonniers évadés. Il s'agit également de fabriquer de faux papiers pour permettre de circuler et de rejoindre un territoire moins dangereux. Au sabotage des télécommunications, s'ajoute la collecte des renseignements sur les troupes allemandes, les déplacements et leurs installations. En novembre 1941, René Gibeau dérobe des documents à Saint-Genis-de-Saintonge. Un prisonnier évadé, René Roullet, est hébergé chez Georges Bernard à Jonzac. Il trouve un emploi au camp de réfugiés espagnols à Montendre (actuelle cité des Chaumes). « Les personnes engagées ne disposent ni d’un commandement unifié, ni de moyens importants. Leur action repose surtout sur des liens personnels, des relations professionnelles et des solidarités de proximité » remarque Denis Gandouet.

Les réseaux de Résistance se structurent : SR Kléber, Jade Amicol, CND Castille et OCM

Le groupe Bernard, par exemple, coupe 185 mètres du câble téléphonique reliant Royan à Bordeaux, entraînant une interruption de 18 heures ! A Châtenet, la maison d'Abel Sauvêtre, située en hauteur, permet d'observer les allées et venues des Allemands qui occupent l'habitation d'en face. Il cache des prisonniers dans son grenier et ne sera jamais pris. Des tracts contre Vichy sont imprimés et distribués. Les contacts entre militants, fonctionnaires, cheminots, gendarmes et autres citoyens permettent de mettre en place des activités régulières. Georges Bernard évite la mort de 6 otages en 1942 : « il a catégoriquement refusé de désigner six personnes aux Allemands qui finiront par abandonner leur funeste projet ». Les Juifs, peu nombreux dans la région, sont également protégés. Les gendarmes ont cet avantage d'être avertis parmi les premiers des personnes recherchées : ils peuvent donc les prévenir. Parallèlement, les lettres de dénonciation arrivent en grand nombre.

Membres du groupe Gibeau
En 1941, un groupe est créé par le Parti communiste français clandestin. Jusqu'à présent, le PC ne faisait pas parler de lui en raison de l'accord entre Hitler et Staline, lequel a volé en éclat quand l'Allemagne nazie a lancé l'opération Barbarossa, c'est-à-dire l'invasion militaire surprise de l'Union soviétique. 

Le jonzacais Guy Châtaignié, âgé de 16 ans, le rejoint en novembre. Il participe à des activités de renseignement, de collecte d’armes et de diffusion de tracts. Ce groupe s’inscrit dans la dynamique du Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France, mouvement de résistance associé aux communistes. 

L’année 1942 constitue un tournant. Les groupes locaux se sont renforcés, mais leur clandestinité les rend vulnérable : les communications, les déplacements et les réunions exposent leurs membres à la surveillance et à la délation. René Peltant est nommé chef du réseau PC de Jonzac et rencontre sa "supérieure", Madeleine Normand, tous les quinze jours au calvaire de Saint-Léger. Les dirigeants sont arrêtés et Peltant se retrouve seul. Pas pour longtemps avec la relève d'Alice Varrailhon et Maxime Bacquet, dit "Rolland". Le dynamisme revient avec la création de six sections dans le sud Saintonge. Guy Châtaigné appartient à ce mouvement. Arrêté par la Gestapo le 23 septembre 1942, il sera emprisonné à Lafond, à La Rochelle, puis transféré au camp de Compiègne et déporté à Sachsenhausen. Il ne sera libéré que le 2 mai 1945, après avoir survécu notamment à une marche forcée de 220 kilomètres en dix jours. 

Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France,
mouvement de résistance associé aux communistes

En juillet 1942, des imprimés sont tirés en grand nombre près de la Garenne et certains sont distribués à la sortie de la messe de Jonzac ! Le feu est mis à la LVF, située rue Laporte (Légion des volontaires français contre le bolchevisme, organisation armée collaborationniste française créée en juillet 1941 pour combattre l'Union soviétique aux côtés de l'Allemagne nazie. Elle a été dissoute en 1944 et ses membres intégrés dans la division SS Charlemagne). 

Chacun apporte sa pierre à l'édifice dont André Arrivé, Henri Bossuet, Paul Comte, Léopold Dussaigne, Maurice Chastang, Georges Rideau, Renée Manon, la fratrie Fradon, etc. 

Maxime Bacquet a été fusillé le 13 décembre 1943 à Belle-Beille, Angers.
Militant communiste, il était résistant OS-FTPF-Front national dans le Maine-et-Loire,
les Deux-Sèvres et la Gironde.
Sous l’Occupation, Alice Varrailhon loge des clandestins. Elle est également agent de liaison des Francs-Tireurs et Partisans (FTP), recueille des fonds et des vivres pour les camarades emprisonnés. Arrêtée, elle trouvera la mort en camp de concentration

Deux jeunes résistants jonzacais. Denis Gandouet a consacré un ouvrage
aux témoignages de Guy Châtaigné. 

Comme on s'en doute, les Allemands ne restent pas inactifs. Les résistants et la cellule communiste sont traqués. La répression ne touche pas seulement des saboteurs et des groupes armés : elle vise également les militants chargés du renseignement, de la propagande clandestine et de la coordination locale. Les enquêtes s'effectuent avec la participation des services français du régime de Vichy. Les réseaux sont fragiles et les personnes interrogées sont torturées. Ainsi, Roger Peltant est arrêté à Saint-Jean-d’Angély et déporté. « Il faut éviter de considérer tous les groupes du territoire jonzacais comme une organisation unique. Les militants communistes, les réseaux de renseignement et les groupes qui se rapprochent de l’OCM (Organisation civile et militaire) et de la Résistance départementale ont des origines et des modes d’action différents. Leur rapprochement progressif appartient à une histoire qui se poursuivra en 1943 » mentionne le conférencier. 

Les premiers résistants du secteur ont payé un lourd tribut. Sur 50, 26 ont été déportés et 16 sont morts. Deux ont été fusillés. « Un résistant sur deux a été transféré dans un camp durant cette période et un sur trois est décédé ». Ayons une pensée affectueuse et reconnaissante envers ces hommes et ces femmes qui se sont élevés pour combattre l'intolérance. 

Un échange avec le public (nombreux) a clôturé cette présentation. Un participant s'est étonné de ne pas entendre les noms de Pierre Ruibet et Claude Gatineau, liés à l'explosion des carrières d'Heurtebise. Cet évènement est plus tardif, en 1944. Un prochain sujet pour Denis Gandouet ?

Denis Gandouet et Brigitte Rokvam, du Rotary club Jonzac Haute-Saintonge


• Raymond Bouchet et Roger Faraud : Ces deux instituteurs, engagés dans la vie politique et sociale locale, ont contribué à mettre en relation des groupes du sud du département avec des organisations de résistance plus structurées. Malgré les mesures administratives qui les éloignaient de Jonzac, ils conservaient des contacts et contribuaient au recrutement. Roger Faraud s’appuyait notamment sur ses relations dans le secteur de Clérac. 

Séance de dédicaces
• Le Réseau Kléber (ou SR Kléber) est l'un des services de renseignements militaires clandestins les plus importants de la Résistance française. Issu des services spéciaux de l'armée française d'Armistice (Vichy) après l'armistice de 1940, il a opéré dans la clandestinité la plus totale pour fournir des informations stratégiques cruciales aux Alliés et à la France libre.

• Jade-Amicol est un réseau de la Résistance intérieure française entre 1940 et 1944. Le réseau s'est développé dans le Sud-Ouest de la France et travaillait pour les Anglais de l'Intelligence Service (MI6)

• La Confrérie Notre-Dame (CND), devenue plus tard le réseau CND-Castille, est l'un des plus importants réseaux de renseignement de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, fondé à l'été 1940 par Gilbert Renault, connu sous le pseudonyme du colonel Rémy.

L'OCM (Organisation Civile et Militaire) est un mouvement de résistance français né en décembre 1940, dirigé notamment par le colonel Maxime Touny.