vendredi 19 juin 2026

Saintes/Tribunal de Commerce : Me Béatrice Mafioly-Binnié et Me Marc Binnié partagent les grands moments qui ont ponctué leur carrière de greffiers

Lundi, au palais de justice, les juges du Tribunal de Commerce, entourés de magistrats, avocats, notaires et personnalités de la région, ont salué le départ des greffiers, Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binné. « 70 ans à vous deux » a souligné en plaisantant la présidente, Verlaine Renou. Lors du verre de l’amitié qui succédait à la prestation de serment de leur successeur, Me Zoé Damitzian, le couple a évoqué les moments professionnels et plus personnels qui ont marqué leur carrière. 

Dans leurs discours, sont apparus en filigrane des souvenirs que le temps a tendance à gommer. L’époque où Jonzac avait un Tribunal de Commerce par exemple ! S’y ajoutent les différentes réformes, entre autres la carte judiciaire et la loi de sauvegarde des entreprises à laquelle avaient contribué Gérard Saliba, alors président du TC, et Xavier de Roux, vice-président de la commission des lois et député-maire de Chaniers. 

De par les décisions gouvernementales, les tribunaux de commerce - dont la naissance date d'un édit de 1563 du roi Charles IX qui souhaitait donner aux marchands un outil souple de règlement de leurs litiges - n'ont cessé d'évoluer au fil du temps. A l'avenir, ils auront à s’adapter aux nouvelles technologies, l’Intelligence Artificielle en particulier. Une grande partie de nos structures sont concernées et la question est au cœur des débats actuels. En ce sens, les témoignages de Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binné sur une période donnée, fruits d’une précieuse observation et d’une analyse empreinte d’objectivité, pourraient constituer les éléments d’un futur livre. D'autant qu'ils ont pensé et créé, à Saintes, le dispositif Apesa qui vient en aide aux chefs d'entreprise en difficulté. Aujourd'hui présent dans 110 juridictions, il rassemble près de 6500 sentinelles, quelque 2000 psychologues et a pris en charge 15000 personnes. 

Me Béatrice Mafioly Binnié, Me Marc Binnié, Me Zoé Damitzian et l'équipe du greffe
Me Béatrice Mafioly-Binnié : « Comment ne pas évoquer des figures du tribunal de commerce qui ont été des phares tant pour les justiciables que pour nous-mêmes ? Lucien Doré, Dominique de la Taste, Jean-Claude Barbot, Henri Lathière et Gérard Saliba »...

• « A Jonzac, je suis accueillie par des juges de grande valeur morale, Jean Grandmoursel, Henri Lathière, Michel Belot, Jacques Roger »

« Le téléphone sonne. Mon père alors greffier du TC de Saintes m'interroge : « ça te plairait de faire un stage à Jonzac, je viens d'en être nommé administrateur et j'ai besoin de toi ». J’ai 26 ans, fini mes études de droit et pourquoi ne pas devenir greffier de commerce ? J'arrive au minuscule greffe de Jonzac accueillie par une dame de 86 ans, Mme Cluzel, à qui je rends hommage aujourd’hui car elle fut un remarquable maître de stage. Je commence ma carrière au milieu d’un fatras de registres ouverts sur une grande table, de machines à écrire à rubans et ronéotyper ! La loi de 1967 concernant les procédures collectives s'applique encore. Je suis accueillie comme la providence par des juges simples et de grande valeur morale, Jean Grandmoursel, Henri Lathière, Michel Belot, Jacques Roger. Ils me font immédiatement confiance et avec eux, je réalise la modernisation du greffe.

1985 : Réforme des procédures collectives, exit la masse des créanciers, le concordat, les syndics ! Le législateur se veut plus clément avec le débiteur. Le redressement judiciaire simplifié à tout prix voit le jour. Les sacrifices imposés aux créanciers sont majeurs.

Février 1986 : je prête serment et devient associée de la SCP Béatrice et Rémi Mafioly 

En 1994, Marc Binnié devient alors mon associé. Il l’était déjà dans la vie. Il le devient professionnellement et nous passons de longues heures au sein des greffes. L’informatique est à ses débuts et c'est un monde de possibilités incroyables qui s’offre à nous.

2000 : Première réforme de la carte judiciaire avec les regroupements définitifs de Saintes, Saint-Jean d’Angely et Jonzac. Nous quittons à regret ces deux tribunaux qui sont si chers à nos cœurs. La salle d'audience où nous avons siégé devient un énorme bureau des archives. Les dossiers s'empilent, le plancher se délite... 


• 2006 : « notre regretté président Gérard Saliba ouvre cette année-là le plus grand nombre de sauvegardes de France »

Voilà 2006 et la nouvelle réforme de la loi de sauvegarde. Quel joli nom ! Notre Tribunal, sous l’égide de notre regretté président Gérard Saliba, ouvre cette année-là le plus grand nombre de sauvegardes de France. Nous en sommes particulièrement fiers. 

2008 : Nouvelle réforme de la carte judiciaire. Le greffe de Marennes est supprimé et nous héritons des secteurs de Royan, Saint-Georges de Didonne, Vaux-sur-Mer et Saint-Palais. Les palais se ferment au détriment des justiciables, des relations humaines. Nous sommes à l’ère de l'informatique et des regroupements. Les années suivantes nous apportent leurs lots de changement de réformes auxquelles il faut bien s'adapter.

2018 : La Chancellerie confie le registre des bénéficiaires effectifs aux greffiers des tribunaux de commerce. C’est un challenge considérable pour la profession et nous relevons le gant, finalement félicités par la Commission européenne !

La dernière réforme : OUN ou guichet unique. Un seul point d’entrée pour tous les ressortissants qu'ils soient E.l, société commerciale, commerçant, artisan, agriculteur. Nous nous arrachons les cheveux, si je puis dire, tant la réforme est kafkaïenne. 

Toutes ces données chronologiques peuvent paraître fastidieuses. Elles sont là pour démontrer qu'être greffier du Tribunal de Commerce, ce n'est pas uniquement avoir un rôle statique et prendre des notes. C'est aussi s'investir au quotidien, être indépendant, prendre à bras le corps les différentes réformes, savoir s'adapter, être moteur et mettre en face des challenges imposés, des collaborateurs motivés. C'est aussi gérer une équipe, être polyvalent, essayer de donner le meilleur de soi-même. C'est un métier de passion, de réaction. On peut l'exercer sur le terrain en toute simplicité, s’investir au niveau national en prenant des fonctions au sein des différentes commissions du CNG ainsi qu'à un niveau international. C'est un champ infini d'engagements au service de la profession !

« Pour ma part, j'ai choisi d'être sur le terrain, au plus près des juges, des mandataires, des administrateurs et surtout des justiciables »

Les enjeux sont immenses dans une salle d'audience. On touche du doigt la fragilité des êtres à travers les procédures mises en place. Tout cela ne pourrait se faire sans des juges bénévoles au service du justiciables. Ils donnent le meilleur d'eux-mêmes chaque jour avec abnégation, impartialité, fierté, indépendance et humanité. Comment ne pas évoquer des figures de ce tribunal qui ont été des phares tant pour les justiciables que pour nous-mêmes ? Lucien Doré, Dominique de la Taste, Jean-Claude Barbot, Henri Lathière et Gérard Saliba. Des chefs d'entreprise hors normes doués d'une personnalité exceptionnelle, des croqueurs de vie. Des juges, mais aussi des hommes avec un grand H, si humbles et si dévoués ! Ils m'ont beaucoup appris sur les relations humaines. 

Tout cela ne pourrait se faire sans une équipe réactive et professionnelle. Une équipe, c'est un microcosme humain. Tout peut toujours arriver et je crois qu'au greffe de Saintes, nous sommes passés par des phases de doute, d’abattement, de colère, de partage, de convivialité, de tristesse et de grands éclats de rire ! 

« Je voudrais remercier chacune de nos collaboratrices et les mettre à l’honneur »

Marie-Jo, entrée en 1977 au greffe de Saintes, m'a aidée et tant appris sur le registre du commerce et des sociétés, fidèle à nos côtés pendant toute sa carrière ; Patricia, recrutée à Jonzac en septembre 1985, avec qui j’ai passé des moments mémorables et qui prendra bientôt une retraite méritée ; Murielle, Violaine, Annie, Anne, nos anciennes collaboratrices parties vers d’autres destinées professionnelles, mais aujourd’hui présentes à Saintes pour fêter cet évènement ; Fabienne, pilier du greffe, avec qui nous travaillons ardemment au contentieux depuis juillet 1990, reconnue de tous les avocats pour ses talents et son sens de l'accueil ; Marion, Christelle aux procédures collectives accueillent chaque jour les justiciables-débiteurs avec une grande humanité, mais ne badinent pas avec les procédures ; Marie depuis juin 2019 veille sur les dépôts des comptes et accueille des personnes - pas toujours aimables - avec bienveillance ; notre dernière recrue au RCS Katia fait des merveilles tant son écoute, son flegme, sa gentillesse et ses connaissances sont excellentes ; Mélanie veille sur la propreté des locaux pour le bien-être de tous ; Caroline depuis avril 2008 assure toute la comptabilité du greffe mais pas que... Caroline multi-tâches, multi-adaptable, trouve-tout, joie de vivre, directe et réactive. Merci à toutes pour votre confiance, votre disponibilité pour ces années partagées. 

• A Me Zoé Damitzian :  « Nous te laissons avec une excellente équipe, des juges bienveillants, et un environnement professionnel que beaucoup nous envie tant les relations avec le Tribunal judiciaire, le barreau, les experts-comptables, les notaires et les différents professionnels sont de qualité. Puisses-tu t'accomplir professionnellement au sein du Greffe de Saintes ».

Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binné ont remercié leurs consœurs et confrères présents
 à Saintes à l’occasion de leur départ. Certains sont venus de Créteil,
Évry, Bourges, La Roche-sur Yon, Le Mans.

Me Zoé Damitzian, nouvelle greffière du TC de Saintes

Me Marc Binnié : « La profession de greffier conjugue tant de missions complètes et complexes qu'elle passionne jusqu'au bout d'une vie professionnelle »

« Délégataire d'une mission de service public, au service de la justice économique, le greffier apporte une assistance aux justiciables et aux juges, c'est aussi une autorité de contrôle, notamment du registre du commerce, et un instrument de plus en plus souvent recherché de lutte contre les fraudes. Les déboires du guichet unique ont récemment rappelé que la création d'outils juridiques numériques n'avait qu'une apparente facilité.

Etre greffier de tribunal de commerce, c'est mesurer au quotidien la solitude extrême des chefs d'entreprise et savoir être une écoute attentive et objective de leurs difficultés. Sans craindre l'oxymore, je dirais que le principe qui exprime le mieux notre sens du service, c'est notre indépendance, car c'est elle qui permet d'offrir outre ce qui est exigé, ce qui est tout simplement attendu et qui devient si rare. Etre greffier, c'est avoir la chance d'exercer un métier au sein de l'institution judiciaire et d'en être pour la part qui nous revient, l'une de ses expressions. Dans la durée, les institutions ne sont pas solides parce qu'elles sont abritées au sein de murs épais, mais parce qu'elles sont composées d'hommes et de femmes qui, au quotidien, savent faire la démonstration qu'ils incarnent cette fonction de tiers neutre, de confiance, habitués à embrasser d'un même regard la légitimité du créancier et celle du débiteur.

Cette profession, c'est bien entendu par hasard que je l'ai embrassée, après l'avoir fait pour mon épouse, dont je suis devenu l'associé ! Trente-deux années de travail quotidien, dans la même profession, les mêmes locaux. Cela pourrait passer pour exceptionnel, mais à Saintes, un autre couple de greffiers, au tribunal judiciaire, M. et Mme Sabourault, et d'autres, dans cette juridiction, ont connu la même longévité professionnelle et personnelle.


• « Quand une équipe est bonne, on ne la change pas! »

Le greffier explique, oriente, traite, communique, met en forme, rassure, transmet... en veillant comme le disait Edgar Morin, à ne pas oublier l'urgence de l'essentiel en sacrifiant à l'urgence. Et quand une équipe est bonne, à la différence du sport, on ne la change pas. Patricia 41 ans d'ancienneté, Fabienne, 36 ans, Caroline, 18 ans, Marion 15 ans et toutes les autres citées par mon épouse. C'est aussi cela la continuité du service public. Merci pour toutes ces années passées ensemble durant lesquelles le droit qui n'avait qu'un support papier, est aujourd'hui numérisé, signé électroniquement, déposé dans des coffres électroniques, et récemment assisté par l'intelligence artificielle. Être greffier d'un tribunal de commerce, c'est avoir le sens du local, du territoire, avec sa sensibilité, son histoire, sa richesse et sa complexité. Mais être local n'est pas nécessairement synonyme d'étroitesse d'esprit, de limitation. La Saintonge, terre d'accueil est donc une terre de rencontres. Je voudrais rappeler ceux qui ont contribué à son rayonnement juridique en créant les fameux Entretiens de Saintes, Xavier de Roux, Patrice de Charrette, Dominique Barella, Michel Rouger, dont l'esprit frondeur et visionnaire contribuait tous les ans à alimenter le débat juridico-politique national.

Contrairement à une idée reçue, greffier de tribunal de commerce, ce n'est pas seulement une fonction statique. Les inspections, les participations à des réunions internationales sur l'interconnexion des registres du commerce en Europe, ont été l'occasion de prendre conscience de la contribution de notre profession à l'image de la France à l'étranger, notamment à l'occasion de la création des bénéficiaires effectifs.

Dispositif APESA : « Il faut agir car l'urgence est humaine »

• « Une femme chef d'entreprise en fin d'audience m'a dit : « si Apesa n'avait pas existé,  je ne serai plus là »...

Le dispositif APESA est né en septembre 2013, à la suite de la rencontre avec le psychologue Jean-Luc Douillard, mais qui n'aurait pas connu un tel essor sans l'aide quotidienne de Sophie Veillault que je salue. Je remercie ma profession, notamment l'ancien président du Conseil national des greffiers, Me Victor Geneste, présent aujourd'hui, pour son soutien dans le déploiement de ce dispositif, qui m'a fait voyager de Lille à Marseille et de Strasbourg à Saint-Brieuc, et de Nouméa à Cayenne et rencontrer Philippe Roussel-Galle, Christophe Delattre, Natalie Fricero et François Xavier Lucas.

Ce dispositif, qui a séduit l'ENM avant le CNB et les magistrats du Parquet avant ceux du siège, est aujourd'hui présent dans 110 juridictions. Il rassemble près de 6500 sentinelles, près de 2000 psychologues et a pris en charge près de 15000 personnes qui envisageaient de découvrir un monde meilleur. Quel est le rapport avec le métier de greffier ? Rien a priori, hormis l'accueil, mais on voit bien à quel type d'accueil on a réellement affaire lorsque l'on entend « je sais ce qu'il me reste à faire ». Quelques souvenirs que le temps n'effacera pas. La femme d'un boulanger m'a appelé et m'a dit : « j'ai appris que le tribunal de commerce de Saintes s'intéressait à la souffrance des entrepreneurs. Mon mari est en face de moi, il pleure et me dit qu'il va se suicider, que puis-je faire ? ». En pleine crise du covid, à la demande du Gouvernement, nous avions créé un numéro vert à la disposition des entrepreneurs confinés, et tombe ce communiqué de presse indiquant : « le Gouvernement s'appuie sur Apesa ! ». Un dernier témoignage, celui d'une femme chef d'entreprise qui me confie en fin d'audience : « si Apesa n'avait pas existé, je ne serai plus là ». On ne regrette pas alors les nuits d'insomnie, les week-ends amputés à travailler sur le sujet. Je ne crois pas m'éloigner du sujet car la phrase clé du dispositif APESA est : « comment allez-vous ? ». Une phrase banale mais qui, prononcée dans une enceinte judiciaire et même si c'est dans un couloir, produit des effets protecteurs, des effets que les Anglo-Saxons osent appeler thérapeutiques.

Un tribunal de commerce, avec ses juges élus et bénévoles, son greffe indépendant, aidé par des auxiliaires de justice compétents et disponibles, est un assemblage hétéroclite d'éléments disparates en équilibre instable, fragile, mais c'est ce qui fait sa force et sa pérennité. Vous allez nous manquer, mais nous saurons provoquer le hasard pour que le plaisir de vous voir et d'échanger, persiste par-delà la régularité des calendriers de procédure ».

Remise de cadeau. Verlaine Renou aux côtés de Marc Binnié
Après les allocutions, un verre de l'amitié a réuni les participants

Jonzac à croquer/Concours de peintures : Ouverture des inscriptions dès 8 h au cloître des Carmes

Demain, samedi 20 juin, les Amis de Jonzac organisent leur traditionnel rendez-vous "Jonzac à croquer" qui invite les artistes - peintres, dessinateurs, sculpteurs - à immortaliser le site de leur choix sur le thème "Patrimoine d'hier et d'aujourd'hui"

Cette année, en raison de la vague de chaleur, les inscriptions seront ouvertes au cloître des Carmes dès 8 h (au lieu de 9 h) pour ceux qui le souhaitent. « Nous avons modifié l'horaire d'accueil en raison de la météo. Tôt le matin, il fait frais, c'est donc plus agréable » explique Josée Couprie. Alors que l'édition 2024 avait été pluvieuse, celle de 2026 s'annonce au contraire très ensoleillée. « Il existe à Jonzac de nombreux lieux ombragés en bordure de rivière et en ville. Les artistes pourront s'y installer ». Et si l'astre du jour s'emballe dans l'après-midi, ils pourront terminer leur travail sous les arcades du cloître des Carmes où l'espace ne manque pas depuis l'ouverture de la quatrième galerie. C'est d'ailleurs là que se feront la remise des œuvres, la délibération du jury et la proclamation des résultats. 

Un prix de 500 euros (Ville), de 200 euros (Amis de Jonzac) et de nombreux cadeaux offerts par les partenaires récompenseront vainqueurs et participants. Venez nombreux !

jeudi 18 juin 2026

Fortes chaleurs en Charente-Maritime : l'Etat appelle à la prudence et à la solidarité

Alors qu'un épisode de fortes chaleurs s'installe en Charente-Maritime à compter d'aujourd'hui, le préfet Michel Prosic appelle chacun à la plus grande prudence et à la mobilisation collective pour protéger les personnes les plus fragiles. Les températures élevées peuvent avoir des conséquences graves sur la santé : déshydratation, coup de chaleur, malaises ou aggravation de maladies chroniques. Une vigilance particulière est attendue à l'égard des personnes âgées, des nourrissons et jeunes enfants, des femmes enceintes, des personnes en situation de handicap, des personnes malades ou isolées, mais aussi des travailleurs exposés à la chaleur et des sportifs.

• CANICULE : LE NUMÉRO VERT NATIONAL ACTIVÉ


Face à cet épisode de fortes chaleurs, le Gouvernement a activé le numéro vert Canicule Info Service : 0800 06 66 66 (appel gratuit). Accessible tous les jours de 9h à 19h, ce service permet à chacun d'obtenir des conseils pratiques pour se protéger de la chaleur, prévenir les risques sanitaires et accompagner les personnes vulnérables ou isolées. Ce numéro d'information ne remplace pas les services d'urgence.

>> En cas de malaise ou de situation préoccupante, composez immédiatement le 15.

• LES BONS RÉFLEXES À ADOPTER

Buvez régulièrement de l'eau, sans attendre d'avoir soif.

Restez au frais et évitez les expositions prolongées au soleil.

Fermez volets et fenêtres pendant la journée.

Limitez les efforts physiques aux heures les plus chaudes.

Prenez régulièrement des nouvelles de vos proches, voisins ou personnes isolées.

Décalez vos déplacements lorsque cela est possible.

Limitez votre consommation d'alcool, qui favorise la déshydratation et augmente les risques de malaise.

• FÊTE DE LA MUSIQUE : PROFITER, OUI... MAIS EN TOUTE SÉCURITÉ

À l'occasion des festivités organisées ce week-end pour la Fête de la musique : hydratez-vous régulièrement, recherchez les zones ombragées, limitez votre consommation d'alcool ou alternez avec de l'eau, soyez attentifs aux signes de fatigue ou de malaise chez vous-même et votre entourage.

• CHALEUR & BAIGNADE : REDOUBLEZ DE PRUDENCE EN CE DÉBUT DE SAISON

L'envie de se rafraîchir est naturelle. Pourtant, aucun lieu de baignade n'est sans risque, qu'il s'agisse des plages du littoral, des lacs, des rivières ou des piscines privées. À ce jour, la majorité des plages de Charente-Maritime ne sont pas encore surveillées, la surveillance estivale étant progressivement mise en place à l'approche des vacances scolaires (à partir du 2 ou 4 juillet et certaines dès le 20 juin).

Les dates d'ouverture des postes de secours et de surveillance sont consultables sur le site dédié pigma.org. Plus d'infos auprès des mairies ou en ligne sur leurs sites internet

Se baigner sur une plage non surveillée engage l'entière responsabilité de chacun. Les adultes doivent redoubler de vigilance pour eux-mêmes et pour les enfants dont ils ont la garde. Même sur une plage surveillée, la présence de sauveteurs ne dispense jamais d'une surveillance active des enfants ni du respect des consignes de sécurité.

• AVANT DE VOUS BAIGNER

Entrez progressivement dans l'eau, ne vous baignez jamais après avoir consommé de l'alcool, privilégiez les zones surveillées lorsqu'elles sont ouvertes, respectez les consignes de sécurité et la signalisation, informez un proche avant de vous mettre à l'eau.

Pour les enfants : une surveillance permanente

Ne les quittez jamais des yeux, même s'ils savent nager, désignez un adulte référent pour la surveillance, utilisez des équipements adaptés sans jamais remplacer la vigilance d'un adulte.

EN CAS D'URGENCE

Appelez immédiatement le 15.

Canicule Info Service : 0800 06 66 66 (appel gratuit), tous les jours de 9h à 19h.

Pour plus d'infos : charente-maritime.gouv.fr


Communauté d'Agglomération de Royan : Ouverture de la surveillance des zones de baignade

Chaque été, la Communauté d'agglomération Royan Atlantique assure la surveillance des zones de baignade dans vingt-deux postes de secours implantés sur les sept communes du littoral, entre La Tremblade et Meschers-sur-Gironde. Cent soixante et un nageurs-sauveteurs dont quatre chefs de secteur seront mobilisés chaque jour pour remplir cette mission, du jeudi 2 juillet au lundi 31 août, de 11 heures à 19 heures

Du 20 juin au 30 juin, et du 1er au 6 septembre, la surveillance des zones de baignade y sera assurée tous les après-midi, de 13h30 à 18h30. Ces mêmes onze postes seront ouverts le 1er juillet de 11 heures à 19 heures. Une soixantaine de nageurs-sauveteurs mobilisés pour la surveillance des zones de baignade au mois de juin seront accueillis par le président Patrick Marengo, vendredi 19 juin au siège de la CARA. 

L’intercommunalité consacre chaque année 2,3 millions d’euros pour veiller à la sécurité des baigneurs, en finançant l’armement de vingt-deux postes de secours et le recrutement des nageurs-sauveteurs formés par la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM).

Toutes les informations sur les périodes de surveillance des zones de baignade, les conditions de baignade en temps réel et les plans de plage sont consultables sur le site : https://plages.agglo-royan.fr/

La CARA a également édit un livret rappelant les bonnes pratiques pour se baigner en toute sécurité : 

mercredi 17 juin 2026

Saintes/Greffe du Tribunal de Commerce : Me Zoé Damitzian succède à Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binnié

Depuis plusieurs décennies, Me Marc Binnié et son épouse, Me Béatrice Mafioly-Binnié, étaient les greffiers du Tribunal de Commerce de Saintes. Ce tandem professionnel expérimenté a non seulement veillé au bon fonctionnement de la juridiction aux côtés des juges consulaires, il a innové en créant l'association APESA qui apporte un soutien psychologique aux entrepreneurs confrontés aux difficultés économiques. Ce dispositif a été déployé dans l’ensemble des juridictions commerciales françaises. 

« Il n'est pas si fréquent de changer de greffier dans un Tribunal de Commerce. Cette audience marque la fin de carrière de Marc et Béatrice Binnié et le début de celle de Zoé Damitzian, c’est pourquoi tout le tribunal siège aujourd’hui pour marquer la solennité de ce moment important » a souligné Verlaine Renou, présidente du TC lundi après-midi. Lors de cette rencontre qui avait réuni au palais de justice juges consulaires, magistrats, avocats et de nombreuses personnalités, dont le maire de Saintes Bruno Drapron, Me Zoé Damitzian a prêté serment devant l'assemblée. Elle est désormais la nouvelle greffière du Tribunal de Saintes. 

Le tribunal de commerce présidé par Verlaine Renou aux côtés de Me Zoé Damitzan,
nouvelle greffière, ses prédécesseurs Me Marc Binnié,
Me Béatrice Mafioly-Binnié et Benjamin Alla, procureur 

Me Benjamin Alla : « Je ne peux pas prendre la parole devant les représentants de la société civile sans dire la très vive émotion que nous avons tous ressentie »

En raison de l'actualité, les propos du procureur, Me Benjamin Alla, ont porté en premier lieu sur la tragique disparition de la jeune Lyhanna. « Compte-tenu de la tempête que traverse aujourd’hui l’ensemble des procureurs de la République de France et, à travers eux, l’ensemble des magistrats du ministère public, je ne peux pas prendre la parole devant les représentants de la société civile réunis en ce jour sans dire la très vive émotion que nous avons ressentie face à la disparition de la petite Lyhanna. En tant que citoyen, en tant que père, en tant qu’homme, on ne peut que s’associer à la peine de la famille. Il nous appartiendra de tirer les enseignements de ce drame. Le parquet de Saintes et plus largement l’ensemble des parquets de France sont à pied d’œuvre pour diligenter la revue intégrale des procédures de crimes et délits sexuels sur les mineurs. Puisque la justice est rendue au nom du peuple français, je veux dire l’engagement absolu et la grande loyauté qui anime au quotidien les magistrats de mon parquet et les magistrats du ministère public dans la lutte contre les infractions commises au préjudice des plus vulnérables, au préjudice des enfants ». 

« Le greffier est une véritable vigie »

Revenant à l’audience solennelle, il a rappelé « son caractère particulier de continuité institutionnelle et de renouvellement ». A Saintes, la carrière de Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binnié s'étend sur plus de trois décennies : « Le greffe est souvent perçu par le grand public comme une infrastructure discrète de la juridiction. Pourtant, il constitue un organe essentiel. La qualité des services rendus aux justiciables, aux entreprises, aux mandataires, aux avocats, aux experts comptables, à l’ensemble des partenaires du monde économique, repose en grande partie sur le professionnalisme et la disponibilité du greffe. Vous avez assuré cette fonction avec constance et le sens des responsabilités ». Et d'ajouter : « Le greffier de commerce est une véritable vigie. Le greffe se situe à la rencontre de la justice et de l’activité économique. Cette profession exige la rigueur, l’indépendance, la probité, le discernement ». Il souhaita la bienvenue à Me Zoé Damitzian : « Ce serment constitue le socle de l’engagement professionnel que vous prenez devant vos pairs. Les relations entre le Tribunal de Commerce et le Parquet sont excellentes dans le respect des compétences de chacun. Je suis attaché à continuer avec vous un fonctionnement fluide et efficace ». 

Verlaine Renou, présidente du Tribunal de Commerce :  « C'est une fierté pour la juridiction d’avoir vu naître le dispositif APESA empreint d’humanité et de solidarité »

C'est avec une pointe de nostalgie que Verlaine Renou, présidente du TC depuis 2025, a salué le départ de Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binnié. Au fil des ans, des habitudes s'instaurent et les visages deviennent familiers. Tourner la page suscite alors une émotion : « Vous avez œuvré au sein de ce greffe durant 70 ans à vous deux ! Votre savoir-faire et votre grande complémentarité lui ont permis de toujours fonctionner avec efficacité ». 

Retour en arrière ! Me Béatrice Mafioly-Binnié, d’abord associée à son père en 1986, rejoint son mari en 1994. A cette époque, la carte judiciaire compte trois greffes, Saintes, Saint-Jean d'Angély et Jonzac où elle partage son temps professionnel. A partir de 2000, la réforme de la carte judiciaire concentre la justice commerciale à Saintes et le greffe passe de cinq à dix salariés. Les deux greffiers travaillent aux côtés de nombreux juges consulaires et présidents dont le regretté Gérard Saliba qui a donné son nom à la salle d’audience : « Votre collaboration positivé a donné du sens à l’activité du TC auprès des entreprises et des dirigeants du ressort ». 

En s'adressant Me Marc Binnié, comment ne pas mentionner cette formidable idée, désormais concrétisée, qu'est APESA ?  « Vous êtes à l’origine de ce dispositif qui vient en aide aux chefs d’entreprise en grande détresse psychologique. Vous l'avez pensé et fait grandir. Pendant plus de dix ans avec Béatrice, vous avez sillonné la France et les territoires d’Outre-mer pour le diffuser largement. Sous votre impulsion, 15000 personnes ont été aidées et accompagnées en dix ans. C'est une fierté pour la juridiction d’avoir vu naître un tel dispositif empreint d’humanité et de solidarité. Cette audience marque la fin de votre très belle carrière au greffe et le commencement d’une autre. Mes collègues s’associent à mes vœux d'heureuse retraite que nous vous souhaitons pleine de belles surprises ». 


Bienvenue à la nouvelle greffière du Tribunal de Commerce de Saintes, Me Zoe Damitzian 

Verlaine Renou a détaillé son parcours : « Vous avez traversé la France depuis Lyon pour venir vous installer en Saintonge. Après des études de droit à l’université de Lyon, puis de Toulouse pour votre master II, vous avez travaillé pendant 5 ans au greffe du Tribunal de Commerce de Macon tenu par Me Bernard. Vous avez officié en qualité de commis greffier et vous étiez affectée au service judiciaire. En 2020, vous avez participé à l’installation du greffe de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. De retour à Lyon, vous avez travaillé chez un administrateur judiciaire, tout en préparant le concours de greffier des Tribunaux de Commerce auquel vous avez été brillamment reçue en décembre 2021. Vous avez effectué ensuite votre stage de greffier au TC d’Aix en Provence ». Et de conclure « mes collègues et moi-même vous souhaitons la bienvenue à Saintes. L’équipe que vous vous apprêtez à manager est une équipe formidable de sept femmes dont les compétences vous permettront d’appréhender vos fonctions en toute sérénité ». 

La prestation de serment de Me Zoé Damitzian
Me Zoe Damitzian, Me Marc Binnié, Me Béatrice Mafioly-Binnié
Cette passation entre l'ancien et le nouveau greffe s'est terminée par un sympathique cocktail servi dans les jardins du Tribunal. 

• Verlaine Renou, présidente du TC, à Me Zoé Damitzian : « J’admire votre choix audacieux de quitter votre région lyonnaise pour créer votre entreprise et vous lancer avec courage dans cette nouvelle vie. Vous êtes une sportive aguerrie qui apprécie la littérature, le cinéma et a une forte attirance pour l’océan. La Charente-Maritime est donc un excellent choix ! »

• Me Marc Binnié et son épouse Béatrice ont apprécié la variété des facettes du métier de greffier, tant au niveau local que national. Ils ont d’abord été greffiers des Tribunaux de Commerce de Saintonge qui réunissaient Saintes, Saint-Jean d’Angély et Jonzac. La réforme de la carte de 1999 a concentré l’ensemble des affaires judiciaires commerciales sur le Tribunal de Commerce de Saintes.