dimanche 18 octobre 2026

Soutien de l'Association des maires et présidents d'intercommunalités de Charente-Maritime au maire de Limoges et à ses habitants

L’Association des Maires et des Présidents d’intercommunalité de Charente-Maritime (AMF17) condamne avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations perpétrées à l’encontre de l’Hôtel de Ville de Limoges

La mairie de Limoges a été détruite par les flammes samedi 17 octobre

Comme l’a rappelé Guillaume Guérin, maire de Limoges :

« Notre mairie n’est pas un simple bâtiment : c’est la maison commune, le cœur battant de notre ville et le visage de la République au plus près de chacun. S’en prendre à elle, c’est s’en prendre à la République, à nos services publics et à l’ensemble des Limougeauds ».

La liberté de manifester est un droit fondamental. La violence, les destructions et les menaces n’ont, elles, aucune place dans notre République.

Au nom de l’ensemble des élus de Charente-Maritime, Alexandre Grenot, président de l’AMF17, exprime son soutien plein et entier à Guillaume Guérin, aux élus municipaux, aux agents territoriaux et à tous les habitants de Limoges. Toucher à une mairie, c’est toucher à un symbole de notre démocratie locale. L’AMF17 réaffirme sa solidarité indéfectible avec tous les élus confrontés à la violence et aux intimidations.

samedi 17 octobre 2026

Réaction du président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset

Mobilisation du 17 octobre : « Rien ne saurait justifier le recours au saccage et à la violence »

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, condamne avec force la dégradation de la résidence de la préfète de région à Bordeaux, de l’incendie à la mairie de Limoges, et aux vitres cassées de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux survenus ce jour à l’occasion de la mobilisation du 17 octobre.

 « Rien ne saurait justifier le recours à la violence, rien ne légitime que la résidence préfectorale, l’hôtel de ville de Limoges ou encore les vitrines de la CCI Bordeaux soient ainsi saccagés, dégradés, vandalisés et brûlés. Ces actes sont le fait d'individus isolés et n'ont rien à voir avec la mobilisation citoyenne et syndicale de cette journée. Le message de la jeunesse, notamment, ne doit pas être terni par la lâcheté des casseurs. Toute contestation doit se dérouler de façon démocratique et dans le respect des personnes et des biens d'autrui. La violence contre les bâtiments publics et institutionnels est inacceptable : elle touche de plein fouet notre démocratie et l’essence même de notre République. C’est pourquoi j’apporte tout mon soutien à Sophie Brocas, préfète de région, à Philippe Lassalle Saint-Jean, président de la Chambre régionale d’industrie, et à Guillaume Guérin, maire de Limoges, à l’ensemble des conseillers municipaux, ainsi qu’aux agents municipaux. Il faut urgemment ouvrir une véritable séquence de dialogue, seule issue possible pour qu’advienne l’apaisement général. Il est plus urgent que jamais que nous nous écoutions ».


Journée du 17 octobre : Environ 8 000 manifestants dans le département

MOUVEMENTS SOCIAUX EN CHARENTE-MARITIME       

Bilan départemental de la journée du samedi 17 octobre 2026

La mobilisation contre la vie chère a rassemblé environ 8 000 personnes en Charente-Maritime, dont près de 7 000 à La Rochelle. La journée a été marquée par des blocages de circulation et des tensions importantes dans l’agglomération rochelaise, notamment aux abords de la zone commerciale de Puilboreau. Les forces de sécurité intérieure ont été fortement mobilisées pour protéger les personnes, prévenir les dégradations et maintenir l’ordre public. Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé dès 6h30.

Bilan : Environ 8 000 manifestants recensés dans le département. 316 personnels des forces de sécurité intérieure (FSI) mobilisés.11 interpellations : 10 à La Rochelle et 1 à Rochefort. 5 gardes à vue à l’issue de ces interpellations. 7 sites de mobilisation recensés dans le département.

UNE MOBILISATION SUR SEPT SITES, DES PERTURBATIONS ET DES TENSIONS PONCTUELLES

• À La Rochelle

Près de 7 000 personnes ont participé à la mobilisation.

Après une déambulation globalement calme dans le centre-ville, des tensions ont été constatées avec une centaine d'individus cagoulés, à plusieurs reprises au contact des forces de l’ordre. Des tags ont été relevés sur l’hôtel de ville. Des feux de poubelles ont été allumés puis éteints, les sapeurs-pompiers intervenant sous la protection des FSI.

Les deux sens de circulation de la rocade ont été bloqués. Aux abords de la zone commerciale de Puilboreau, environ 500 manifestants hostiles ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre et allumé des feux. Les unités déployées pour protéger le site et prévenir tout pillage ou dégradation ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour les éloigner.

La dispersion s'est faite au centre-ville après de nouveaux heurts, provoqués par une centaine d'individus violents.

Les autres rassemblements ont concerné : Rochefort (environ 400 manifestants) ; Saintes (300 manifestants) ; Royan (50) ; Bourcefranc-le-Chapus (30) ; Tonnay-Charente (30) ; Saint-Genis-de-Saintonge (10).


Ces mobilisations se sont déroulées dans le calme.

UNE MOBILISATION SOUTENUE DES FORCES DE SÉCURITÉ

Activé dès 6h30, le COD assure la coordination et le suivi de la situation sur l’ensemble du département. 316 personnels des forces de sécurité intérieure ont été engagés. Leur mobilisation a nécessité des redéploiements successifs pour faire face à l’évolution des rassemblements, sécuriser les axes de circulation et protéger les personnes, les commerces et les biens.

Au total, 11 interpellations (dont 2 mineurs) ont été réalisées : 10 à La Rochelle et 1 à Rochefort pour port de cagoules, détention de mortiers, outrage et/ou participation à un attroupement armé. 5 de ces interpellations ont conduit à une garde à vue. Le COD a été levé à 20h40.

• Michel Prosic, préfet, « condamne tous les actes malveillants et provocateurs à l'encontre des forces de l'ordre commis par des individus au visage souvent dissimulé »

« Malgré l’ampleur de la mobilisation, la multiplicité des sites et les déplacements rapides des manifestants sur un large périmètre, les forces de sécurité intérieure ont su faire preuve de professionnalisme et de réactivité pour assurer leurs missions de protection et de maintien de l’ordre. Je tiens à saluer leur engagement, qui a permis de maîtriser les tensions et de préserver la sécurité des personnes et des biens. Je condamne tous les actes malveillants et provocateurs à l'encontre des forces de l'ordre commis par des individus au visage souvent dissimulé » souligne Michel Prosic, préfet de la Charente-Maritime

mercredi 14 octobre 2026

Académie de Saintonge/Prix La Rochelle Université : Cécile Jollet « une réputation mondiale dans le domaine du neutrino »

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix La Rochelle Université a été remis à Cécile Jollet pour le projet JUNO sur les neutrinos. Des recherches passionnantes menées en Chine, à l’Observatoire souterrain de Jiangmen en service depuis un an

• Jean-François Girard présente Cécile Jollet, physicienne et enseignante-chercheuse

Jean-François Girard aux côtés de Cécile Jollet (©NB)

Cécile Jollet, née à Saint-Jean d’Angely, a fait ses études à l’Université de La Rochelle puis de Bordeaux, et soutenu, à 26 ans, sa thèse de doctorat en physique dans la spécialité Noyaux, atomes, agrégats, plasma. Aujourd’hui maître de conférences à l’université de Bordeaux, elle a acquis une réputation internationale dans le domaine du neutrino. Le neutrino est une particule élémentaire (indivisible en fractions plus petites) constitutive de la matière à côté des protons, neutrons et électrons. Son existence suspectée dès 1930, est l’objet de recherches internationales sur ses propriétés et son rôle.

Le neutrino est si petite taille qu’on a cru longtemps que sa masse était nulle. Il est électriquement neutre et ne peut interagir avec les champs électromagnétiques, ce qui le rend très difficile à détecter. Et puis, le neutrino traverse la matière sans être arrêté. Ainsi, des milliards de neutrinos traversent notre corps à chaque seconde sans qu’on les ressente !

Si leur rôle reste encore débattu, les neutrinos trouvent leur "utilité" en astrophysique comme marqueurs d’événements et en physique des particules pour comprendre les lois fondamentales de la nature. On explore aussi leur usage comme source d’énergie ou de communication.

Compte-tenu des difficultés de sa détection, les recherches sur le neutrino imposent des installations coûteuses tel l’Observatoire souterrain de Jiangmen en Chine en service depuis un an. C’est le projet JUNO qui fédère 700 scientifiques pour un budget d’un demi-milliard par an. Sous la coordination de Cécile Jollet, la France y participe avec 20 chercheurs du CNRS et un budget annuel de 300 K€.

A la recherche des neutrinos...

Cécile Jollet au sujet du neutrino, une nature invisible et furtive

« Vous vous attendez à ce que je vous parle des neutrinos ? » a enchaîné Cécile Jollet. Effectivement, ce monde invisible fascine et intrigue. « Nous sommes dans un feu d'artifice de neutrinos. On ne les voit pas, mais il y en a plus d'un milliard qui nous traversent ! Ils sont partout dans l'atmosphère. C'est une particule fondamentale créée par le Soleil, la Terre. Il est intéressant d'étudier leurs propriétés parce qu'ils pourraient être la clé pour comprendre la symétrie matière - anti-matière. En clair, si on veut comprendre pourquoi la matière a gagné, pourquoi nous sommes ici, le neutrino peut l'expliquer. Pour aller chercher la particule, un énorme détecteur est nécessaire. Nous nous sommes donc regroupés en coopération internationale et travaillons ensemble sur des projets certes coûteux, mais qui répondront à de nombreuses questions fondamentales dans un avenir proche». 

Nous sommes impatients de connaître la suite ! 

Académie de Saintonge : Le prix Xavier de Roux remis à Isabelle Crèvecœur, paléoanthropologue ; Le prix Jean-Claude Dubois à Corinne Pelluchon, philosophe

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix Xavier de Roux a été attribué à Isabelle Crèvecoeur, paléoanthropologue, pour ses découvertes sur les Néandertaliens à Saint-Césaire ; Le Prix Jean-Claude Dubois a été remis à Corinne Pelluchon, philosophe, pour L’être et la mer (Presses Universitaires de France)

• Alain Michaud présente la paléoanthropologue Isabelle Crèvecœur pour ses découvertes sur le site de Saint-Césaire

Isabelle Crèvecœur, Alain Michaud (©NB)

Jusqu’en 1979, rien ne prédisposait la vallée du Coran à devenir un haut-lieu de la préhistoire nationale et même internationale.

Cette année-là, au lieu-dit la Roche-à-Pierrot, près du village de Saint-Césaire, le préhistorien François Lévêque mettait au jour dans un abri sous roche, les vestiges d’un crâne d’homme ou de femme néandertalien, dans une couche archéologique datée de 35000 ans environ, époque où l’on pensait ce type humain remplacé par celui dit de Cro-Magnon. Cette découverte d’importance a motivé la création du Paléosite à Saint-Césaire.

Cette situation, au carrefour de deux cultures, a déclenché la poursuite des investigations et le réexamen des découvertes anciennes, un travail coordonné par une jeune chercheuse, volontaire et méthodique, Isabelle Crevecoeur, paléoanthropologue à l’université de Bordeaux, directeur de recherches au CNRS.

Les résultats ont été à la hauteur. Le 24 juin 2024, l’équipe d’Isabelle a fait une découverte rarissime : une dent de lait, une incisive d’un enfant de 6-8 ans, datant de 55000 ans. Or, il y a moins de dix dents d’enfants néandertaliens retrouvés à l’échelle de l’Europe ! Depuis, en 2025, une seconde dent d’enfant a été découverte. L’usure de leur couronne dentaire montre que les jeunes enfants utilisaient leurs dents comme un outil ; comme une troisième main pour tanner des peaux ? Décharner la viande ?...

L’Académie félicite Isabelle Crèvecoeur d’avoir permis, dans le sillage de François Lévêque de plonger dans les racines de plus en plus profondes de notre histoire saintongeaise.

• Isabelle Crèvecœur : « La Saintonge possède un patrimoine préhistorique exceptionnel »

« Cette distinction honore le travail d'une équipe. une vingtaine de chercheurs et de spécialistes. Parler de ces dents, c'est entrer dans un contexte particulier. Elles ont été retrouvées dans un ensemble de déchets résultant d'activités préhistoriques, boucherie et séchage de viande. Ces dents, que des enfants ont perdues, établissent une connexion directe avec la vie d'un collectif. Ils participaient aux côtés des adultes. D'ailleurs, les individus avaient le sens de la famille puisque le groupe réunissait à la fois jeunes et personnes âgées. Il y avait un tissu social, un vivre ensemble. La Saintonge possède un patrimoine préhistorique exceptionnel avec la vallée du Coran, Saint-Césaire, le site de chez Pinaud à Jonzac. Les recherches effectuées apportent des contributions majeures à la vie des Néandertaliens à l'échelle de la France et de l'Europe ».

• Olivier Dubois présente Corinne Pelluchon, philosophe

Corinne Pelluchon, Olivier Dubois (©NB)

Corine Pelluchon est philosophe et originaire de Barbezieux où elle revient souvent passer quelques temps en famille. Elle est spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée (médicale, environnementale et animale).

Elle a enseigné comme professeure agrégée en lycée avant d’être nommée maîtresse de conférences à l’université de Poitiers en 2008, puis professeure à l’université de Franche-Comté en 2013. Depuis 2016, elle est professeure à l’université Gustave Eiffel.

Elle a enseigné l’éthique médicale à l’université de Boston et effectué des recherches à Hambourg et à l’institut Max Planck de Berlin. Elle est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages qui font référence. Dans L’Être et la mer. Pour un existentialisme écologique (Presses Universitaires de France), Corine Pelluchon pense l’humain à partir de la mer, qui est associée à la vie, à la mort ainsi qu’à la maternité. Cette approche décentre notre regard et invite à remettre en question notre imaginaire territorial. Elle décrit l’existence comme immersion, flottaison et submersion, éclairant le lien entre conscience et inconscient. Montrant les contradictions du droit international de la mer qui est partagé entre un idéal de protection de l’océan et une logique d’appropriation, elle propose une philosophie de la vie marine qui renouvelle notre manière de penser l’écologie et la politique.

Un livre à méditer sur nos terres maritimes et océanes et pour lequel l’Académie lui décerne le prix Jean-Claude Dubois.