lundi 29 juin 2026

Saintes/Perte d'une classe au collège René Caillié : Des personnels de l'établissement réagissent

Communiqué des personnels du collège René Caillié suite à la décision du Rectorat, en fin de semaine dernière, de supprimer une classe : 

« A la rentrée 2023, le collège a perdu une classe. A la rentrée 2024, il a dû mettre en place les groupes « de niveaux » en 6ème et 5ème avec seulement 3h de plus sur la DGH. A la rentrée 2025, il a perdu deux classes. A la rentrée 2026, il devait perdre deux classes, mais au dernier moment, le Rectorat a décidé de supprimer une sixième de plus pour un écart de 3 élèves par rapport au seuil maximal, alors que tous les ans, il y a des entrées avant la rentrée et en cours d'année et que le dispositif ULIS n'est pas au maximum de sa capacité. Cette décision signifie des effectifs à 28 en 6ème et à plus de 28 sur les niveaux 5ème, 4ème et 3ème.

Cette annonce vendredi 26 juin prend tout le monde de court et demande à l'équipe de direction de revoir totalement la DGH en quelques jours.

Ces suppressions de classes, au fur et à mesure des années, signifient une dégradation des conditions de travail des personnels et des conditions d'apprentissage des élèves. Ces dotations en baisse suppriment des groupes en langues, en sciences, les dispositifs mis en place, la possibilité de mener des projets. Elles vont entraîner des services partagés et des compléments de service de plus en plus éloignés pour les enseignants. La baisse démographique a bon dos ! Elle devrait être une chance d'améliorer les conditions d'apprentissage et l'encadrement des élèves, la formation des futurs citoyens. Mais le Rectorat l'utilise au-delà de ses conséquences pour atteindre l'objectif des 4000 suppressions de postes prévu dans le budget 2026.

Pour le collège, nous demandons l'annulation des fermetures de classes ; le financement en HSE par le Rectorat de toutes les missions supplémentaires ; qu'il n'y ait pas plus de deux élèves en situation de handicap dans la même classe l'année prochaine, et donc la création de deux postes d'AESH affectées au collège.

Nous continuons de revendiquer la création d'un poste d'infirmière supplémentaire, de deux postes d'AED, ainsi que la création de postes de remplaçants pour les AESH, les AED, les personnels administratifs, les personnels de direction, les infirmières...

Un rassemblement devant le collège sera organisée mercredi 1er juillet à 12 h ainsi qu'une réunion syndicale le jour de la pré-rentrée, lundi 31 août, à 11h, pour discuter de la grève à partir du lendemain et participer à la réunion publique organisée à Saintes à 18 h, salle Saintonge ».

• Adopté par les 19 présents

Saint-Ciers du Taillon/Expo : Rendez-vous avec Claude-Guy Tréard

L'univers de Claude-Guy Tréard est un canevas de paix tissé au fil de ses escapades. Il ne revient jamais bredouille ! Dans la salle municipale de Saint-Ciers du Taillon, il présente jusqu’au 30 juin un large panorama photographique « du noir et blanc à la couleur ». Un voyage teinté d’émotion et de partage où le temps s’est arrêté pour le plaisir du regard 

Danie Chérat, présidente de l’association Arts et culture, aux côtés de Claude-Guy Tréard
Le vernissage vendredi dernier


Claude-Guy Tréard a passé des heures devant les écrans ! A imaginer, concevoir, composer. D’abord directeur de création, il a terminé sa vie professionnelle comme patron d’une agence de communication en région parisienne. On décroche difficilement d'une passion, c'est pourquoi il a continué, une fois retraité, à prendre un rendez-vous quotidien avec son ordinateur. Au centre de ses recherches, comment combiner l'image pour y insuffler sa propre perception du monde ?

Attiré par la photo, l'environnement et les voyages ont toujours retenu son attention. Puis est venue une quête plus intime. Subtile, la lumière n'est jamais absente de ses clichés. Sa manière à lui d'éclairer la vie !



• Jusqu'au mardi 30 juin de 10h à 12h30 et de 15h à 18h 30

Jonzac/Exposition « Signes de pierre » : Jacques Gaillard rend hommage aux carriers d’autrefois

Jacques Gaillard est un homme discret. Depuis des lustres, il étudie les carrières de la région. Sensible au métier, il ne s’est pas cantonné à l’aspect purement pratique de la carrière (localisation, exploitation, transport des matériaux, constructions), il est entré dans l’histoire des hommes qui ont extrait la belle pierre calcaire de nos monuments. 

Les carriers, comme les mineurs, travaillent sous terre, à la force des bras. De nos jours, les machines permettent la découpe aisée des blocs et les transports sont facilités par des engins à travers les galeries. Autrefois, les ouvriers chargés de l’extraction devaient déployer beaucoup d’énergie. Comment se déroulaient leurs journées ? Dans l’exposition qui leur est consacrée au Cloître des carmes de Jonzac, Jacques Gaillard rend hommage à leur mémoire. Certains d’entre eux ajoutent un talent artistique à leur courage. Ainsi Eugène Bouchet a orné les carrières de Bellevue de croquis inattendus… 

Présentation de Jacques Gaillard. Parmi les premiers visiteurs,
Claude Belot, ancien maire de Jonzac


Un artiste dans les carrières de Bellevue

La visite commence par la partie documentaire qui présente, sous forme de panneaux, les aspects techniques et humains de l’activité en insistant sur une donnée : l’amour du métier. Par-delà l’archéologue, l’archéomètre et l’historien, Jacques Gaillard propose cette découverte sous l’angle du carrier, c’est-à-dire celui qui se trouve au début de la chaîne opératoire. « Il s’agit de l’artisan traditionnel, outil au bout du bras, au bout du corps, dans un relation ternaire. J’ai voulu traduire cet aspect-là de la profession ». La présence d’un carrier artiste-dessinateur, Eugène Bouchet, a retenu son attention. Il a travaillé dans la carrière de Bellevue de 1896 à 1903. Pendant ses temps de repos, il croquait ses camarades et lui-même à grands traits, avec humour et des références culturelles puisqu’il a pris pour modèle Les travaux d’Hercule. Dans son "trou", espace où il se sentait bien avec ses compagnons, « il était Bouchet avec le pinceau à la main. Je trouve assez remarquable son croquis du Lion de Nemée, le ciel des carrières avec le noir de fumée des lampes à carbure et en dessous le sol, soit 3 mètres de hauteur et de largeur. Sans un trait de préparation, on remarque une puissance d’action et d’exécution. Une chance que Bellevue soit protégée en raison de la présence de chauves-souris rares. De plus en plus, des gens pénètrent dans les carrières avec des bombes de couleur ; ils taguent et détruisent un patrimoine qui mériterait d’être sauvegardé » remarque l'initiateur de l'exposition.

Croquis d'Eugène Bouchet dans la carrière de Bellevue

Derrière le rideau…

Une vingtaine d'empreintes à découvrir

Derrière le rideau, se révèle la partie artistique où a été recréée l’ambiance qui régnait dans la carrière. Dans une semi-obscurité, le visiteur est invité à se munir d’une torche ou de la lampe de son portable. Y sont présentés des tableaux qui se déroulent le long d’un chemin pavé d’un dallage calcaire, joliment aménagé par Pierre Seguin (lui-même propriétaire de carrières). Il s’agit d’empreintes papier de fronts de taille que Jacques Gaillard, sensible à ces messages du temps d‘avant, a immortalisés pour les présenter au public. « Les carriers ont laissé des traces, signé leur travail en quelque sorte. Des lignes apparaissent, des formes, des encoches, des témoignages de leur tâche quotidienne »

En imaginant la scène, l’esprit vagabonde : il s’imprègne de l’atmosphère des cavités souterraines où les pas sonnent, où l’eau percole, où les travailleurs s’activent dans la lumière vacillante des lampes. La musique, composée par J.M. Plantez, accompagne cette descente dans les profondeurs. Deux bancs, dédiés à cette créativité teintée d’humanité, ont été installés. S’y poser et méditer sur la vie des carriers. Merci à Jacques Gaillard d’avoir animé ce passé qu’avec poésie, il a su raviver…

A la lueur de la lampe, les détails laissés par les carriers apparaissent


• L'exposition est ouverte jusqu’au 30 septembre, les mardi, mercredi, jeudi, vendredi et week-ends de 14 h 30 à 18 h30. Elle est présentée dans le cadre des 40 ans des thermes (la station thermale est située dans les carrières d’Heurtebise) avec le soutien de la ville de Jonzac.

• Conférence : "Carriers traditionnels de Saintonge : l'amour du métier" par Jacques Gaillard jeudi 13 août à 18 h 30 dans le cadre de l'Université d'été. Entrée libre. 

Carrières de Jonzac : non seulement elles s’étendent sous la ville, mais les carriers étaient parfois de véritables artistes !

En 2017, Claude Belot, alors maire de Jonzac, a proposé au conseil municipal l’acquisition d’une carrière, propriété de M. Fougère, président du Groupement foncier agricole de Bellevue. C'est là que se trouvent les dessins d'un artiste carrier, Eugène Bouchet, présentés dans le cadre d'une exposition de Jacques Gaillard, archéologue archéomètre, au cloître des Carmes jusqu'en septembre prochain 

Les carrières les plus célèbres de Jonzac sont celles d'Heurtebise qui ont accueilli un important dépôt de munitions allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Un résistant Pierre Ruibet, aidé par le jonzacais Claude Gatineau, l'ont fait exploser (photo). Aujourd'hui, ces lieux chargés d'histoire abritent la Chaîne thermale du Soleil qui va fêter ses 40 ans

Jonzac comprend sous son territoire de nombreuses carrières, dont celles de Bellevue et d'Heurtebise. Ces dernières sont connues pour avoir abrité un important dépôt de munitions durant la Seconde Guerre mondiale qu'a fait exploser un héros de la résistance, Pierre Ruibet, aidé par un jonzacais Claude Gatineau. Aujourd'hui, une partie de ce labyrinthe chargé d'histoire et site troglodytique est occupé par la station thermale qui va fêter ses 40 ans.

Remontons le temps : Durant l'été 2017, M. Fougère entre en contact avec le maire, Claude Belot, en quête d’une solution qui lui permette de liquider une carrière de 23 hectares en raison de la prochaine dissolution du Groupement foncier agricole de Bellevue. Ce tréfonds sera cédé pour « l’euro symbolique » dit-il. S’étendant sur une vaste superficie, ces carrières représentent la grande époque où Jonzac extrayait de la pierre de taille. Claude Belot est d'abord surpris, puis intéressé : « J’ai pensé que la Ville aimerait savoir ce qui se passe dans son sous-sol. Cette carrière n’est plus exploitée depuis longtemps ». Son entrée se situe près de la Maison de l’énergie. Les galeries courent jusqu’à l’actuelle Caisse d’Epargne, boulevard Denfert Rochereau. Face à ce "gruyère", la municipalité engage des sommes importantes pour injecter des tonnes de sable dans le secteur afin d'en conforter les structures. Sans compter qu’un effondrement s’est produit vers le stade du Sivom en 2008…

Bref, le sous-sol de Jonzac est creux et pourrait présenter des dangers si l’on n’y prend pas garde. Désormais, avec cet achat, la mairie sera mieux à même de parer aux éventuels problèmes.

• A la rencontre d’Eugène l'artiste…

Découverts par Jacques Gaillard lors d’une prospection dans les années 2000, les dessins gravés sur les parois de la carrière de Bellevue par un ancien compagnon, Alphonse Eugène Bouchet, révèlent un vrai talent artistique…

Le lion de Némée

Le lion de Némée (©NB)
 

C’est à Jonzac, au cœur d’une immense carrière, que Jacques Gaillard, alors président de la société archéologique, a eu une agréable surprise. Lors d’une visite "exploratoire", il a découvert, sur les énormes piliers de calcaire, plusieurs croquis qui ont retenu son attention. En effet, à la fin du XIXe siècle, un artiste carrier, totalement inconnu, y avait gravé visages et scènes de son époque ainsi qu’une évocation aux douze travaux d’Hercule. Comment ne pas éprouver de l’émotion face à ces témoignages du passé ? « Les dessins ou inscriptions laissés par les carriers sont nombreux, mais ne sont jamais des œuvres d’art ! Ce travail, accompli à la lueur d‘une modeste lampe, est différent. Cet homme était doué. ll avait une finesse de trait remarquable et aurait sans doute pu être un grand peintre » estime Jacques Gaillard.

Quand il n’extrayait pas de la pierre, le dénommé Alphonse Eugène s’adonnait à son passe-temps favori. Ses personnages (et lui-même n’oublie pas de se représenter en plusieurs occasions) sont un clin d’œil à son métier et à l’ambiance qui l’entoure. La bouteille est présente dans les divertissements souterrains et l’on ignore si « la Madelon venait lui servir à boire » !

Heureusement pour la postérité, il ne s’arrête pas « au déjeuner sur la terre battue » et immortalise de jolies dames, dont certaines semblent sortir des tableaux de Renoir. Il va jusqu’à inventer une “duchesse” à son copain Leduc ! Il y a aussi un Hercule terrassant le redoutable Lion de Némée, d’étranges hiéroglyphes, des militaires, des têtes d’indiens, etc... « Où puisait-il ses idées ? Il possède une certaine culture, c’est évident » constate Jacques Gaillard qui voit en notre Eugène bien plus qu’un simple ouvrier ! Le seul hic est que l’on ne sait pas grand chose sur lui ou, plutôt, qu’on a perdu sa trace.

Natif de Saint-Simon de Bordes

Il est né en août 1873 à Saint-Simon-de-Bordes, au village des Arnaudeaux où son père Alphonse est carrier (le nom de jeune fille de sa mère Marguerite est Charrau). Après avoir effectué son service militaire dans le régiment des Premiers Zouaves en Algérie où il est engagé volontaire, il devient compagnon carrier dans la région de Jonzac de 1896 à 1903. Le 31 octobre 1903, il épouse Marie Rivière. Ils auraient habité rue Sadi Carnot à Jonzac. Ensuite, ils auraient quitté la région pour s’installer à Chateauroux (la ville de sa femme). Que sont-ils devenus ensuite ? Question....

Quoi qu’il en soit, l’œuvre d’Eugène est parvenue quasi intacte jusqu’à nous. Elle figure en bonne place dans les travaux consacrés aux carriers des Charentes, livre réalisé par Jacques Gaillard, et dans l'exposition qu'il propose actuellement au cloître des Carmes de Jonzac.

Ces dessins se trouvent sur des piliers de la carrière de Bellevue, protégée
parce qu'elle abrite une espèce rare de chauves-souris

vendredi 26 juin 2026

Benedict Donnelly nous a quittés : « C’est une grande tristesse pour tous ceux qui ont vécu à Rochefort l’aventure de l’Hermione »

C'est avec tristesse que l'Académie de Saintonge et sa directrice, Marie-Dominique Montel, ont appris la mort soudaine de Benedict Donnelly dans la nuit de vendredi à samedi derniers


C’est une grande perte pour tous ceux qui ont vécu à Rochefort l’aventure de l’Hermione, de la Corderie royale, des Mémoires de la mer.

« Tout le monde a rêvé autour du projet de l'Hermione et des retombées historiques, culturelles et touristiques qui en découlent sur Rochefort et le Département. C'est un chantier que nombre d'entre nous a suivi pas à pas et, comme dans toute aventure humaine, il a été à l'origine d'une idée géniale de quelques-uns et d'une volonté politique sur le long terme. La Corderie est sauvée, le rayonnement de ses activités incontestable et l'Hermione a traversé l'Atlantique, ce qui n'était pas évident ! Même si l'on déplore les soucis structurels actuels de l'Hermione, on ne peut que se féliciter et rendre hommage aux "hommes de la première heure" qui ont cru et mené à bien ce projet » souligne Christine Sebert du Château de la Roche-Courbon. 

L’Académie adresse ses condoléances à sa femme, Anne et à ses deux filles.

• Il y a quelques années, à l'Académie de Saintonge, Benedict Donnelly a reçu le Prix Dangibeaud (fondé par Patrice Roquefeuil) pour la reconstruction de l'Hermione de La Fayette (rapport de Marie-Dominique Montel)

Un jour, l'Hermione de la Fayette, dont la reconstruction à Rochefort est devenue une aventure nationale, quittera son chantier pour glisser doucement sur la Charente, aborder la rade de l'ile d'Aix et cingler vers la haute mer en direction de l'Amérique, comme sa grande sœur partie défendre la lutte d'indépendance des futurs Etats-Unis selon le rêve d'un jeune marquis millionnaire de vingt ans, sous le règne de Louis XVI.

Ce jour-là, un homme sera à la fois comblé de bonheur et triste à la fois. Benedict Donnelly, est le président de l'Association Hermione-La Fayette. Né d'un père américain débarqué en 44 sur les plages de Normandie et d'une maman française, il consacré toute son énergie à la reconstitution du navire symbole de ces relations franco-américaine à l'image de sa propre vie.

L'aventure de l'Hermione, celle d'aujourd'hui, dure depuis 1992. C'était tellement ambitieux que personne n'y croyait. Reconstruite selon les techniques de l'époque, la frégate fait rêver tous les amoureux de la mer et de l'histoire. Le bateau a fait beaucoup parler de lui.

Celui sans qui toute cette histoire n'aurait peut-être pas existé, ou pas duré, est beaucoup plus discret. Il préfère bien souvent mettre en vedette ses compagnons d'équipage. L'Académie de Saintonge souhaite couronner son enthousiasme, sa ténacité et son goût des entreprises audacieuses qui n'aurait pas déplu au marquis de La Fayette.