samedi 7 février 2026

Saintes Grandes Rives : Trois infos à retenir dont quatre centrales photovoltaïques

 Trois infos à retenir après la réunion du conseil communautaire de Saintes du 4 février dernier : 

• COUP DE CŒUR CITOYEN DECERNE A L'ASSOCIATION LES GAILLARDES

A l'issue de l'appel à projets Innové 2025, cinq projets lauréats avaient été retenus.

Conformément au règlement, un bonus financier devait être attribué à l'issue d'un vote du public. A l'issue de cette consultation citoyenne, l'association Les Gaillardes arrive en tête avec près de 450 suffrages, sur un total de 1065 votes exprimés. Lauréate du prix « Culture et mobilité douce », l'association se distingue par un projet original mêlant diffusion culturelle itinérante à vélo et cuisine mobile, déployé dans le secteur nord de l'agglomération.

Afin de saluer l'adhésion du public et de soutenir ce projet innovant, le conseil communautaire a voté l'attribution d'une subvention complémentaire de 2000 euros.

• VERS LA CREATION DE CENTRALES PHOTOVOLTAÏQUES SUR LE TERRITOIRE

Quatre centrales photovoltaïques, développées par la société Énergie Solaire Saintes Agglo, verront le jour d'ici la fin de l'année 2026. Ce projet s'inscrit pleinement dans la stratégie de développement des énergies renouvelables locales portée par l'agglomération. Il répond a un double objectif: produire une énergie décarbonée et renforcer l'autonomie énergétique du territoire. Le conseil communautaire a validé le financement de ces équipements, inscrits dans le cadre du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET).

• COLLECTE ET TRAITEMENT DES BIODECHETS : L'AGGLO FRANCHIT UNE NOUVELLE ETAPE

Depuis mai 2023, l'agglomération de Saintes accompagne les particuliers dans le tri à la source des biodéchets en proposant des composteurs individuels. Dans la continuité de cette démarche, une expérimentation de collecte des biodéchets auprès des professionnels a été menée entre septembre et décembre 2025. Celle-ci s'est révélée concluante.

Fort de ce succès, le conseil communautaire a approuvé le lancement d'un marché public portant sur la collecte, le traitement des biodéchets et la sensibilisation des usagers. Cette décision permet de répondre aux obligations réglementaires tout en s'inscrivant dans une politique ambitieuse de réduction et de valorisation des déchets.

Les deux lots du marché ont été attribués à l'entreprise Moulinot Nouvelle-Aquitaine, en charge de la collecte des biodéchets, de la sensibilisation des usagers et de leur traitement via une filière de méthanisation agricole.

Braud Saint-Louis/Candidature EPR2 du Blayais : « Cette implantation pourrait générer plus de 7 000 emplois supplémentaires »

Étienne Guyot, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde, et Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, ont présidé jeudi 5 février le premier comité stratégique d’accompagnement de la candidature EPR2 du Blayais. Cette instance marque une nouvelle étape dans la mobilisation collective engagée depuis 2023 autour de la perspective d’implantation de réacteurs nucléaires de nouvelle génération sur le site de Braud-et-Saint-Louis. Elle fait suite aux travaux du comité de suivi, présidé par Lydia Héraud, conseillère régionale, qui a permis de fédérer élus, acteurs économiques et forces vives du territoire, dans un contexte de relance stratégique de la filière nucléaire française.

La relance du nucléaire constitue un enjeu majeur pour la souveraineté énergétique de la France, la décarbonation du mix électrique et la garantie d’une électricité abondante et compétitive. Dans cette perspective, la Nouvelle-Aquitaine, et plus particulièrement le territoire du Blayais, dispose d’atouts reconnus.

 La décision du Président de la République sur les sites retenus est attendue à la fin de l’année 2026. D’ici là, l’État et la Région entendent démontrer leur capacité à travailler ensemble, à anticiper les enjeux et à préparer l'accueil des réacteurs nouvelle génération dans toutes ses dimensions : industrielles, foncières, environnementales, économiques, sociales et en matière de compétences.

De gauche à droite : Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde, Lydia Héraud, conseillère régionale et présidente du comité de soutien, Jean-Louis Nembrini, vice-président du Conseil régional délégué à l’éducation et à l’orientation et Etienne Guyot, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine (© Région Nouvelle Aquitaine)
Afin de structurer cette démarche, quatre groupes de travail opérationnels ont été constitués :

• Foncier et aménagement du territoire (pilotage Direction Départementale des Territoires et de la Mer - DDTM)

• Développement économique (pilotage Région / Chambre de Commerce et d’Industrie - CCI))

• Emploi et formation (pilotage Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités - DDETS / Région)

• Mobilités et infrastructures (pilotage Commissariat à la Construction et à l’Exploitation - CCE).

Ils auront pour mission de définir les travaux à mener et le calendrier à respecter afin que le territoire soit pleinement prêt dès lors que la candidature serait retenue.

Premier employeur du Blayais, la centrale nucléaire contribue déjà à faire vivre près de 10 000 personnes, résidant au nord de la Gironde et dans la frange sud de la Charente-Maritime (source INSEE 2022). Les contrats passés avec des entreprises locales pour la maintenance des installations représentent par ailleurs 55 millions d’euros chaque année.

L’implantation d’EPR2 pourrait générer plus de 7 000 emplois supplémentaires et s’accompagnerait d’un plan de formation répondant aux besoins de la filière. Elle apporterait la garantie d’emplois qualifiés, locaux et pérennes sur du très long terme, mais aussi l’assurance de retombées économiques sur l’ensemble ce territoire particulièrement fragilisé par la crise viticole.

Un suivi sera assuré très régulièrement. L’objectif est de remettre un dossier complet et abouti à la délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN) à la fin de l’été.

Pour le préfet Etienne Guyot : « Les échanges lors de ce comité stratégique montrent clairement que le territoire est mobilisé, structuré et pleinement conscient des enjeux que représente la candidature du site de Braud-et-Saint-Louis. Emploi et compétences, aménagement, infrastructures, logement, environnement, acceptabilité locale : l’ensemble de ces sujets est aujourd’hui abordé de manière globale, responsable et anticipée ».

Alain Rousset, président du Conseil régional, tient à souligner : « Nous avons tous les atouts pour accueillir un EPR2 : le foncier adéquat sur le Blayais, une ressource en eau abondante avec l’estuaire de la Gironde, un soutien fort au projet de la population, des élus et du monde économique. Comme en témoignent la dynamique autour du comité de soutien, présidé par la conseillère régionale, Lydia Héraud, et l’implication de Jean-Louis Nembrini, vice-président du Conseil régional en charge de l’éducation et de l’orientation. La Région Nouvelle-Aquitaine tient à cet EPR2 qui sera un outil de compétitivité économique et d’aménagement du territoire avec de nombreux emplois créés dans le Blayais. Par ailleurs, la Région pilotera les groupes de travail sur les volets économique et formation ».

Brouage : La saison 2026 démarre dès les vacances d'hiver

Dès le samedi 7 février, marquant le début des vacances scolaires d'hiver (jusqu'au 8 mars, toutes zones confondues), Brouage ouvre ses portes tous les jours en proposant des expositions à la Halle aux vivres, dans la Tonnellerie, ainsi qu'à la Poudrière de la Brèche. Des idées de sortie qui viennent compléter une visite de la Citadelle

© Brouage tourisme

Expo permanente « Brouage se la raconte ! » à la Halle aux vivres. Touchez, écoutez, découvrez en vous amusant dans cette exposition interactive pour petits et grands. Grâce à son parcours ludique, les enfants vivront l'histoire autrement. La scénographie décalée et dynamique permet de comprendre l'importance trop méconnue de cette ancienne capitale européenne pour le commerce du sel du XVIe siècle et du point d'appui militaire stratégique de Richelieu au XVIIème siècle !

Interactive et immersive, l'exposition permanente « Brouage se la raconte ! » adopte un ton humoristique et fantaisiste pour surprendre et offrir une véritable expérience active. Tous les contenus sont adaptés à un public familial avec une attention particulière portée aux plus jeunes.

Gratuité pour enfant -10 ans, tarif famille 12€, partenariat avec visite guidée Office de tourisme de Brouage 3€.

• Halle aux vivres - 1 rue du port 17320 Marennes-Hiers-Brouage. Tous les jours, 10h30-13h/14h-18h.


Deux expositions temporaires gratuites

Dans la Tonnellerie, l'exposition « Tonneau » est conçue tel un zoom sur l'histoire d'un tonneau mis au jour à Brouage. Un endroit de la salle a été spécialement aménagé pour occuper les enfants à des activités de coloriage et découpage. A la Poudrière de la Brèche, l'exposition « Graffitis, mémoire d'une place forte » met en lumière la mémoire de Brouage qui s'écrit encore sur ses murs... Mais jusqu'à quand ?

Avant que les authentiques graffitis vieux de quatre siècles ne disparaissent, cette exposition les répertorie par thèmes illustrés et colorés. Gravés dans les pierres, ils témoignent de l'attente, de l'imaginaire des soldats en poste à Brouage du XVIIe siècle au XIXe siècle. À l'extérieur de la Poudrière de la Brèche, sur les contreforts, la poudre à canon et l'utilité des poudrières à Brouage sont évoqués sur les panneaux de "Çà boom"...

• Poudrière de la Brèche - rue de la Brèche 17320 Marennes-Hiers-Brouage. Tous les jours, 10h30-18h en continu

• Tonnellerie Clos de la Halle aux Vivres - 1 rue du port 17320 Marennes-Hiers-Brouage. Tous les jours, 10 h 30 h -13 h/14 h - 18 h

vendredi 6 février 2026

Élections municipales Montendre Chardes Vallet/Anita Collier : « A Montendre, il y a beaucoup de divisions et beaucoup trop de politique. Le premier rôle d'un maire est de rassembler et défendre sa commune »...

Aux prochaines Municipales, Anita Collier conduit la liste Agir à Montendre Ensemble qui sera opposée à celle du maire sortant, Patrick Giraudeau. Marie Gruel, cheffe de file de l'opposition (elle en est à son troisième mandat) n'a pas souhaité se représenter. Parmi les difficultés évoquées assorties d'une certaine lassitude : « des documents remis au dernier moment, le droit d'expression de l'opposition réglementé par une charte, aucun partage avec la majorité ». « A Montendre, il y a beaucoup de divisions et beaucoup trop de politique. Il est important d'aller au-delà et de rassembler. Une ville, ce n'est pas une liste opposée à une autre, c'est travailler ensemble. Le premier rôle d'un maire est de défendre sa commune » souligne Anita Collier. 

Vendredi à la salle municipale, Anita Collier a présenté son programme
et une partie de ses colistiers

Anita Collier dresse un constat : Qu'est devenue Montendre, cité rayonnante dans les années 70/80, face à Jonzac où Claude Belot a doté sa ville de nombreuses structures ? Candidate, elle estime et regrette que « les 33 années de gouvernance assurées par Bernard Lalande et Patrick Giraudeau n'aient pas été plus fructueuses quant au développement et à l'image de la cité des Pins ». Dernier épisode en date : l'échec du parc Mysterra, seul grand projet financé par la Communauté de Communes à connaître une aussi triste fin. L'explication est simple : tout le monde ne possède pas de smartphone (nécessaire aux animations), entrée trop chère, période covid, chaleur étouffante dans les pinèdes durant l'été, manque de restauration, etc. D'où sa volonté, avec ses colistiers (dont une majorité de nouveaux habitants), de dynamiser et d'embellir cette commune du Sud Saintonge. Dans le camp adverse, on rétorque que de nombreux projets ont été menés à bien et que la richesse de la vie associative est un signe positif. Une évidence s'impose : les candidats ont une sensibilité qui diffère et leur vision de l'avenir, forgée à partir de leurs milieux respectifs et leurs ressentis, peut s'avérer... éloignée ! 

Conseillère juridique, DRH dans un groupe bordelais, Anita Collier est une professionnelle. Elle sait parler devant un public. Elle a le bon ton, ni arrogante, ni mijaurée. Et quand elle veut une info, elle la cherche ; en conséquence elle connaît bon nombre de dossiers (dont celui du budget de la ville). De blanc vêtue, élégante, elle a présenté l'autre vendredi à la salle des fêtes ses projets devant un public fourni dont quelques observateurs de la liste adverse. C'est de bonne guerre ! Habitant Montendre depuis quatre ans, elle a constaté que la petite cité, nichée au pied d'un tertre et d'une tour médiévale, avait des ressources. « Montendre mérite un avenir à la hauteur de son potentiel. Notre programme place au cœur de ses priorités la qualité de vie, la santé, la sécurité, le soutien aux commerces, aux associations, aux artisans ainsi que la transition écologique. On note le déclin de l'activité dans le centre bourg et des entreprises partent ailleurs. Le Free Music et la Saint-Martin sont des rassemblements porteurs, mais la ville a d'autres atouts de valeur. La belle endormie mérite de renaître en attirant des forces vives, de nouvelles familles et des touristes. Nous partons d'une feuille blanche, certes, mais c'est sur des feuilles blanches que tous ensemble nous allons réécrire les belles histoires de Montendre-Chardes-Vallet ». 

Joëlle Brard, restauratrice, apporte son témoignage

Les axes de son programme

• Développement économique : Faciliter l'installation et renforcer l'attractivité des activités commerciales.  Créer un bureau de développement économique. Protéger les commerçants du centre-bourg et relancer les commerces essentiels (boulangerie, boucherie). S'inscrire dans un plan « relance logements », optimiser l'accessibilité et le stationnement dans le centre-ville.

Favoriser les circuits courts et l'économie locale : mise en avant des producteurs et des terroirs, label local. Créer un programme d'animations régulières : marchés, braderies, marchés nocturnes, événements. Favoriser l'implantation d'entreprises, soutenir l'emploi local

Cœur historique : « Avec la Tour carrée et son oppidum, Montendre a une véritable carte patrimoniale à jouer. Le centre de Montendre doit devenir un cœur culturel et touristique et le patrimoine de Chardes et de Vallet doit également être valorisé » souligne Anita Collier. Ses objectifs : développer l'attractivité touristique ; sous les Halles, accueillir une offre commerciale favorisant les circuits courts et les producteurs du territoire ; créer un espace convivial mixte (avec les exposants) compatible avec l'activité de marché ; programmer des événements culturels mensuels (musique, expositions, ateliers), en coordination avec les associations.

Le site du château n'a jamais été classé. Claude Augier avait engagé une démarche auprès de la DRAC abandonnée par la municipalité suivante. Conséquence, les vestiges de l'ancienne demeure des La Rochefoucauld, restaurés sans concertation avec les Affaires Culturelles, ressemblent à un décor sans âme. La Tour dite carrée n'est pas valorisée et les remparts demandent des restaurations : « Si je suis élue, je relancerai le dossier auprès la DRAC. Ce site, qui possède une véritable histoire, doit être sécurisé et embelli pour devenir un vrai lieu de rencontre. On peut imaginer un parcours château, halles et calvaire qui permettrait de découvrir le centre ville (circuits guidés). La création d'espaces de verdure dans le centre, avec un jardin botanique médiéval, serait un plus ». 

• Au Lac : Poursuivre les projets en cours validés par la CDCHS (accrobranche, paintball), installer une guinguette estivale au lac, réhabiliter les espaces et bâtiments disponibles, offrir un parcours VTT / Trail, créer un jardin public "le jardin du lac" gratuit et ouvert à toutes les générations.

• Vie scolaire : A la cantine, mieux manger sans payer plus cher (produits locaux, produits bio), audit des contrats en cours et mesure du gaspillage, périscolaire (renfort et soutien scolaire), création d'un BAFA solidaire, amélioration des établissements scolaires (climatisation, etc)

• Activités sportives : Renforcer le soutien des clubs, créer des rendez-vous sportifs (tournois, course nature, évènements participatifs), favoriser l'activité physique des jeunes (stages, passerelles écoles/associations) et des seniors (marche, activités douces)

• Environnement : Mettre la propreté, la végétalisation et l'entretien de la voirie au premier plan et embellir la commune, aménagement de poubelles (déchets, cigarettes, déjections canines), nettoyage des trottoirs, réaliser des travaux par quartier, végétalisation et fleurissement de la ville, repenser les plantations et aménagement du rond-point

• Incivilités, sécurité : Créer d'un poste d'ASVP, favoriser le dispositif « Voisins vigilants», instaurer une vidéo-surveillance ciblée et proportionnée sur les points clés de la commune, optimiser l'éclairage public (LED, pilotage, horaires) en conciliant sécurité et sobriété, remettre à niveau les trottoirs pour la sécurité des piétons (avenue de la République en particulier)

• Attractivité médicale face à la désertification : Lancer un projet de maison de santé pluridisciplinaire, faciliter l'installation à Montendre de généralistes, de spécialistes (ophtalmologiste, dermatologue, gynécologue), d'infirmiers et de kinés, mettre en place une stratégie d'accueil : logement temporaire, accompagnement administratif, réseau local.

L'info en plus

• Dis-moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es !!!

Dans les rangs, une participante veut connaître les positions d'Anita Collier aux prochaines Sénatoriales (septembre 2026). Pour qui votera-t-elle ? Une façon adroite de savoir si « elle est de droite ». L'intéressée répond que sa liste est apolitique et qu'une Ville se gère dans l'unité, majorité et l'opposition rassemblées. Marie Gruel et Roseline Lathière, actuelles conseillères municipales de l'opposition, en auraient rêvé !

• Vifs échanges au sujet de Tremplin 17 : Il est question de « l'accueil de mineurs » à Montendre afin de les aider dans le cadre d'une action solidaire  : « On peut réussir un accueil à partir du moment où il y a des structures adaptées. Sont-elles suffisantes à Montendre ? » s'interroge Anita Collier. En clair, que vont-ils faire à l'extérieur ? Suivent des échanges avec la salle où l'on précise qu'il s'agit « de majeurs sans logement ». Dans la foulée, on assure également que Tremplin 17 possède toutes les compétences pour répondre à cette venue. Projet dont nous reparlerons plus en détail.

• Au sujet de la forêt montendraise : Un participant « on ne sait pas l'utiliser, on la brade. C'est une mine d'or ». A creuser...

• Prochaines réunions publiques : mardi 10 mars mairie de Chardes 19 h, jeudi 12 mars salle François Mitterrand Montendre à 19 h, vendredi 13 mars salle des fêtes de Vallet à 19 h.

jeudi 5 février 2026

Saintes/Municipales : « Ferrocampus, école d'ingénieurs, entreprises sous-traitantes : ce centre unique sera unique en Europe » déclare Jean-Philippe Machon, candidat

Ancien maire de Saintes, Jean-Philippe Machon se présente aux élections municipales de mars prochain. Candidat malchanceux en 2020, il revient sur le devant de la scène après avoir vécu des années « assez difficiles » dans l'une des oppositions à Bruno Drapron. Le slogan de la liste qu'il conduit "J'aime Saintes " résonne comme une déclaration en cette période favorable au rapprochement (Saint-Valentin le 14 février !). Le Ferrocampus est le projet phare de la ville : « avec cette école d'ingénieurs et des entreprises sous-traitantes qui s'installeront, on va unir la recherche, la formation à l'emploi. Ce sera un centre unique en Europe, indispensable au développement et au rayonnement de Saintes. La Ville doit en être partenaire aux côtes de la Région Nouvelle-Aquitaine » souligne-t-il.

Il répond à nos questions : 

Philippe Machon et une partie de son équipe lors de l'inauguration de son local
de campagne rue Saint-Pierre

• Jean-Philippe Machon, vous avez été élu en 2014 succédant à Jean Rouger. En 2020, Bruno Drapron est devenu premier magistrat à son tour et vous êtes alors entré dans l’une de ses oppositions. Comment avez-vous vécu cette période qui tranchait d’avec la première ?

Je préfère parler de l’avenir que du passé, mais l’expérience tirée du passé compte beaucoup. En effet, j'ai été élu maire en 2014 et c'était mon premier mandat d’élu. Moi qui venait du monde de l’entreprise, j’avais donc beaucoup de choses à découvrir sur le fonctionnement d'une municipalité. En 2020, j'ai rejoint l'opposition au maire actuel en tant que conseiller municipal. J’ai beaucoup appris durant ces deux mandats et j’ai tiré les leçons. Par exemple, quand le maire actuel déclare publiquement : "le conseil municipal n’est pas un lieu de débat", cela me surprend car la libre expression est le pilier de la démocratie locale. Le débat est nécessaire pour faire avancer les idées, faire des propositions et œuvrer pour le bien-être des Saintais. Le maire actuel a tout de même réussi à réunir contre lui l’ensemble des oppositions siégeant au conseil. A l'exception de Pierre Dietz. Certains de ses colistiers l'ont quitté en cours et en fin de mandat. Je me souviens également de termes ou propos tenus lors de séances qui n'ont pas leur place dans le conseil municipal de la seconde ville du département. La leçon majeure à retenir est la nécessité du respect et de l’écoute, c’est fondamental. Si les Saintais me font confiance en mars prochain en votant pour la liste «J’aime Saintes»,  je travaillerai avec l’opposition pour gérer la ville.

• Précisément, lors de votre mandat de maire, avez-vous travaillé avec l’opposition ?

Je prends un exemple parmi d‘autres. Compte-tenu de leurs connaissances, j’avais des membres de l’opposition qui appartenaient aux groupes de travail sur l’aménagement de la Palu ou sur la rénovation de l’amphithéâtre . Je pense qu’une fois le conseil municipal élu, il doit se rassembler et travailler pour l’ensemble des habitants, ce qui n’a pas été le cas lors du mandat actuel. Même si nous avons des points de vue ou des approches différentes, nous devons être à l’écoute, échanger et nous respecter. C’est comme cela qu’on enrichit les projets au bénéfice de la population.

Conseil municipal durant la période covid. Jean-Philippe Machon
est alors dans l'opposition 

• Vous estimez que vous n’avez pas été suffisamment respecté durant ce dernier mandat ?

Je le pense, mais nous ne sommes pas les seuls ! D’autres comme Pierre Maudoux ou François Ehlinger, ont vécu des moments difficiles. C’est inacceptable !

• Revenons à votre premier mandat. Vainqueur d’une division de la gauche entre Jean Rouger et Isabelle Pichard, vous attendiez-vous après cette victoire à ce que Bruno Drapron et Marie-Line Cheminade entre autres, se désolidarisent de vous pour des motifs divers et variés ?

Sait-on de quoi l'avenir sera fait ? Durant mon mandat de maire, j'ai été la cible de cabales politiques qui n’avaient qu’un seul objectif, me déstabiliser pour que je démissionne. Il y en a eu plusieurs dont la principale qu’on m’a reprochée, et que je souhaite éclaircir, concerne l’achat par la Ville d’une voiture d’occasion qui ne m’a jamais appartenu, que je n’ai jamais rachetée, et avec laquelle je n’ai eu aucun lien financier ou de propriété. ll n’y a donc eu aucune malversation, aucune prise illégale d’intérêt, aucun détournement ou enrichissement personnel. Simplement l’idée de faire des économies à la Ville en achetant un véhicule d’occasion qui était en leasing. L’erreur résidait dans la marque BMW ; une Peugeot ou une Renault n’auraient pas posé de problème !  Finalement une voiture neuve a été achetée par la Ville qui a coûté plus cher. L’argent du contribuable a-t-il été bien géré ? Je ne le pense pas ! Cette soi-disant « affaire » a été tranchée, mais j’ai été bouleversé et meurtri qu’on puisse publiquement créer un doute sur ma probité. Et je reconnais m’être très mal défendu par inexpérience. Je constate que certains en parlent encore et s’en servent contre moi. 

Archives 2014 : La liste de Jean-Philippe Machon, aux côtés de Bruno Drapron,
 a remporté les élections (©NB)

L'installation du conseil municipal en 2014 (©NB)

Poignée de main entre Jean Rouger et le nouveau maire (©NB)

• Vous avez également démissionné de la présidence de la CDA où Jean-Claude Classique vous a succédé ?

Je le répète. Dans un territoire comme le nôtre, il faut savoir travailler avec l’opposition.  En 2014, je n’ai pas voulu changer mon équipe et intégrer des élus d’opposition. Car les intérêts politiques de certains ont prévalu sur l’intérêt des habitants du territoire. Certains ne souhaitaient pas que l’on ouvre la majorité. C’était une erreur et c’était prêter le flanc à une cabale politique. Comme l‘affaire de la voiture avait échoué et que je n’avais pas démissionné, une autre cabale s'est formée à la CDA au sujet de la mutualisation, c’est à dire la mise en commun des services entre la ville et la CDA. La mutualisation avait pour but de faire des économies. Je venais de la société civile et je voulais des résultats rapidement. Mais j’ai appris que  le temps administratif n’est pas le même que celui de l’entreprise. Lorsqu'on est maire, il faut prendre le temps d’abord de discuter avec tout le monde, de faire accepter les idées, les nouveaux projets. C’est ainsi qu’on parvient à les concrétiser. Sinon, on se fait sanctionner...

Par la suite, Jean-Claude Classique deviendra président de la CDA

• Le projet du site Saint-Louis, tel que vous l'avez conçu, a été complètement relégué par l'équipe actuelle. En êtes-vous déçu ?

Très déçu ! C’est une grave erreur de la municipalité actuelle et l’argent du contribuable a été jeté par les fenêtres. Nous avons mené toutes les études, réalisé tous les sondages, le projet architectural était ficelé et l’opérateur choisi. Nous étions prêts et moyennant une correction juridique lors du conseil de septembre 2020, les travaux pouvaient commencer. Le maire actuel aurait dû faire ce que j’ai fait avec le Plan de Rénovation Urbaine, c’est-à-dire poursuivre notre projet parce qu’on respecte ce qui a été engagé avant et l’argent du contribuable déjà dépensé. S’il avait poursuivi le projet, les 3/4 du site seraient aménagés et urbanisés pour le centre ville de Saintes. Qu'avons-nous aujourd'hui ? Un projet de construction de 4 tours pour des logements sociaux. Même la Chambre Régionale des Comptes a souligné le manque de vision claire et globale sur l’ensemble de la réhabilitation du site. Que veut-on en faire ? Des espaces de coworking, nous dit-on ? Mais on a déjà une cité entrepreneuriale… Si nous sommes élus, nous utiliserons les études existantes pour aménager et urbaniser ce site et réaliser tous les travaux durant le mandat.

• Avez-vous souffert des fractures apparues avec certains de vos colistiers entre 2014 et 2020 ?

J’avais le sentiment que le maire actuel et quelques autres ne me portaient pas dans leur cœur, mais je n’ai pas enlevé leurs délégations. Peut-être aurais-je dû le faire comme lui l’a fait ? Ce n’était pas ma vision de la gestion collective d’une ville. Mais tout cela est du passé. Tournons nous vers l’avenir , vers l’amélioration de la vie quotidienne  avec la sécurité, l’accès aux soins, la propreté, l’entretien des rues et des trottoirs, le stationnement… et aussi avec de beaux projets comme le Ferrocampus ou la plaine des sports à co-construire avec tous les clubs sportifs . Compte-tenu des finances dont nous disposions en 2014 - je rappelle que nous avons hérité d’une ville très endettée - nous avons fait ce que nous pouvions. Aujourd’hui, il faut poursuivre les rénovations en le faisant équitablement notamment entre les différents clubs sportifs. Mettre 7 millions d’euros dans un dojo qui a certes besoin d’être modernisé, ou près d’un million € dans des vestiaires qui ont certes besoin d’être refaits, c’est beaucoup quand on voit qu’on ne met pas un seul euro dans un projet d’avenir comme le Ferrocampus ou bien dans d’autres clubs sportifs comme la natation , le football, le BMX ou les archers. Il ne faut pas avoir deux poids, deux mesures !

• Vous avez également été attaqué sur l'amphithéâtre, en particulier l'aménagement des gradins ?

Il y a des tactiques politiques qui consistent à jeter des balles et voir comment elles rebondissent, même si ce sont des mensonges. Ainsi naissent les polémiques. Il n’a jamais été question du bétonnage de l’amphithéâtre, j'en veux pour témoins les gens qui travaillaient avec moi comme Jean-Pierre Roudier ou les cabinets d’architectes du patrimoine. Une solution avait été trouvée qui permettait de garder tout l’aspect verduré de l’amphithéâtre. À l’époque, organiser des spectacles en ce lieu était le vœu de la DRAC et du Ministère de la Culture. Ces manifestations nous auraient aidé au financement de la réhabilitation du site. La rénovation de Saint-Eutrope et de l’amphithéâtre, nous l’avons commencée en 2016. Le préfet l’a rappelé lors de l’inauguration de la Porte des morts. Le maire actuel a poursuivi ce projet de restauration et sur ce point-là, il a bien fait. Nous proposons dans notre programme de travailler avec les associations et acteurs impliqués dans le patrimoine pour établir un plan de rénovation de tout le patrimoine saintais avec des investissements par étapes étalés et réalisés sur 10-12 ans .

2026 : Vous êtes donc candidat aux Municipales de mars prochain. Quels sont vos projets pour la Ville ?

J’aime Saintes ! Avec l’équipe «  J’aime Saintes », nous ne pouvons pas rester indifférents au déclin de la ville. Notre équipe est formidable, jeune, dynamique, compétente , déterminée et elle s’engage pour un vrai changement. Nous partageons une vision optimiste pour le développement de la Ville. Cette liste  associe le dynamisme de la jeunesse à l’expérience concrète. 

Dans notre programme, d'abord une ville sûre : renforcer la police municipale sur le terrain. L’insécurité est grandissante sur la ville. On augmentera les effectifs, soit un policier municipal pour 1000 habitants. Ils auront des équipements, voitures, motos légères, vélos électriques et même des chevaux. Nous organiserons leur présence sur le terrain, le jour, la nuit, le week-end. Ces policiers municipaux seront aussi formés à la médiation. La police nationale est en sous-effectif, il faut donc compenser. Des mesures sont à prendre. Arrêter les incivilités dans la rue par exemple, qu’on puisse traverser la passerelle le soir sans se faire aborder, lutter contre les narco-trafics. En plein centre ville, quand on a une présence de proximité suffisante, on y arrive. Toutes les rues seront éclairées la nuit.

Nous œuvrerons également au cadre de vie, à l'entretien de la ville. Certains trottoirs sont dangereux. Il y a des chutes ; en résultent des accidents et même des plaintes. S'y ajoutent la propreté, tout ce qui fait le quotidien de la population.

Autre volet, la santé : dans une ville où les seniors représentent 37% de la population, l’offre de soins doit être large et surtout facilitée. Nous nous sommes battus pour que le Centre hospitalier ait des matériels, robots, ainsi qu'à la réduction de son déficit. Nous manquons de médecins, sur la rive droite en particulier. Grâce aux relations avec les CHU de Poitiers et Bordeaux, nous pouvons attirer de nouveaux praticiens. Des incitations existent. Nous agirons pour la santé.

• Quels sont vos trois grands projets structurants ?

Le premier est le Ferrocampus, centre de recherche, d’innovation et de formation sur les technologies ferroviaires que nous avons lancé avec la Région en 2017. Il est situé sur la route de Cognac, à côté du Technicentre SNCF.  Une école d‘ingénieurs ouvrira en 2028 avec 300 élèves. C’est l'avenir de Saintes. Des entreprises sous-traitantes de grands groupes ferroviaires vont s’implanter et développer une filière ferroviaire. Les travaux ont commencé. Comment accepter que la municipalité n’ait pas investi un euro pendant six ans dans ce grand projet d’avenir où la Région met 50 millions ? C’est une opportunité unique pour Saintes. Où seront les logements nécessaires aux élèves ? Certains parents cherchent déjà et n’en trouvent pas. C’est à la Ville de penser et d'investir dans ce qui va être le nouveau Saintes ! Autour du Ferrocampus, il y a de l’espace pour construire du locatif et une belle cité universitaire intergénérationnelle et durable. Ce centre unique en Europe proposera une formation supérieure et de l’emploi. C'est une opportunité formidable pour le territoire.

Au sujet du site Saint-Louis, nous utiliserons ce qui a été fait pour un aménagement rapide avec une transparence de l'information.

Le centre ville sera l'objet de toutes nos attentions avec une dynamisation et des réhabilitations. Nous relancerons le plan « Action Cœur de Ville » que nous avions signé avec l’Etat en 2018 et qui a été stoppé net en juillet 2020. Dans l’histoire, Saintes a toujours été une ville commerçante ! Notre objectif est de rendre le centre ville attractif, de travailler avec les commerçants, de revoir le stationnement avec plus de gratuité. Certains loyers sont trop élevés, d'où des difficultés. A la Ville de permettre aux commerçants d'avoir des locaux accessibles. Nous ferons également des propositions pour répondre aux préoccupations sur le logement et pour réduire la pression fiscale avec une baisse des impôts locaux.

Avec la liste « J’aime Saintes », soyons à nouveau fiers d’être Saintais et retrouvons cette douceur de vivre qui fait le charme de notre belle cité !

• Les prochaines réunions

• Le 24 février présentation de l’équipe à 19 h Hall Mendès France

• 11 mars 19 h Hall Mendès France