samedi 4 juillet 2026

Jonzac/Carrières d'Heurtebise /Témoignage de René Lanoue : « les Allemands nous ont donné l’ordre de monter un échafaud »

• « Nous avons eu une bien mauvaise jeunesse »

Parmi les témoins de l’explosion des carrières d’Heurtebise le 30 juin 1944 à Jonzac, se trouvait René Lanoue, qui fut maire de Clion durant trente ans (décédé en 2019). En 2014, nous avons recueilli son témoignage sur cette période tragique de l’histoire locale.

Aux côtés de son fils Philippe, René Lanoue nous a quittés en 2019. Il fut l'un des témoins de l'explosion de carrières d'Heurtebise en 1944. Ayant vécu une période terrible de notre histoire, il en avait tiré les enseignements. C'était un humaniste, profondément bienveillant.
Nos pensées amicales vont vers lui.

René Lanoue a ce regard franc et cette générosité de cœur qui ne l’ont jamais quitté. Et pour cause, quand on a vécu la guerre et ses atrocités, on garde enfoui au fond de soi la fraternité nécessaire qui permet d’avancer en évitant les horreurs du passé.

Fils d’agriculteur à Clion sur Seugne, sa jeunesse a été frappée du sceau de la guerre, la deuxième, celle qui vit l’Allemagne envahir la France et l’occuper. « J’aurais dû aller au STO à Nuremberg mais, par l’intermédiaire de Berthelot, le laitier, j’ai appris que la Kriesgmarine recrutait à Jonzac. Je me suis présenté et j’ai été embauché. Notre travail consistait à ramener des obus de la gare de Jonzac pour les entreposer dans les carrières d’Heurtebise. Ce n’était pas dangereux car ils n’étaient pas amorcés ».

Il a 23 ans et a pris pension dans un petit restaurant situé boulevard Denfert Rochereau. Sa journée commence tôt et se termine tard. Les Allemands sont « corrects » à l’égard des ouvriers. Sil ne connaît pas personnellement Pierre Ruibet - qui fera exploser le dépôt de munitions - il l’a croisé : « il était assez grand, costaud et très discret ».

Quand le jour J est arrivé, c'est à dire le 30 juin 1944, René Lanoue et ses collègues ignorent tout des événements terribles qui vont suivre : « jusqu’à présent, nous étions dans l’interrogation. Avant le débarquement, beaucoup croyaient que c’était foutu, que nous allions devenir allemands. De plus, nous ignorions totalement l’existence des camps de concentration. Le 30 juin, la journée a commencé comme à l’habitude. Nous n’étions jamais contrôlés et encore moins fouillés. Cela explique pourquoi Ruibet a réussi à dissimuler du matériel. La carrière était commandée par un vieux capitaine qui avait fait la guerre 14-18 ».

René Lanoue ne se doute de rien. Son chef d’équipe lui demande d’aller chercher un chevron pour caler des obus. C’est alors qu’il croise Claude Gatineau qui sort des carrières en courant. Il lui demande où il va, mais le jeune homme ne répond pas. « Je l’ai trouvé bizarre. C’est alors qu’a surgi un Allemand ensanglanté qui criait Sabotage Ruibet et Gatineau. J’ai tout de suite fait demi-tour et j’ai dit aux copains de s’en aller. A l’intérieur, on entendait des explosions ».

Ils sont sept ou huit à prendre la direction de la laiterie de Beauregard en direction de Champagnac. Le secteur est plein de fils barbelés et il est miné. « L’un des nôtres a sauté sur une mine, lui coupant la jambe. Nous l’avons placé dans une brouette, puis il a été conduit à l’hôpital chez le dr Peu-Duvallon. Fort heureusement, il a survécu. Finalement, nous aurions mieux fait de sortir par la porte d‘entrée. Les ouvriers qui l’ont fait n’ont pas eu de problème pour quitter les lieux ».

En fuite, René Lanoue et la troupe ne savent pas trop quoi faire. Des bruits persistants circulent. On parle d’otages qui seraient fusillés. « A part ceux qui étaient en permission, nous avons décidé de revenir à la carrière où les Allemands nous ont parqués dans la cour de Clerjaud. Malgré les événements, nous avons repris le travail. On nous a demandé de récupérer le cuivre des obus. Nous n’étions pas tranquilles car nous ignorions ce qui nous attendait. Nous avons vu arriver Claude Gatineau des baraquements où il avait été torturé. Il était soutenu par deux soldats. C’est alors qu’on nous a donné l’ordre de monter un échafaud ».

A cette évocation, René Lanoue est ému : « Je n’oublierai jamais cet instant. Les mots me manquent. C’est le moment le plus terrible de ma vie. Nous ne savions pas à qui était destinée cette corde. A nous, à d’autres ? ». En effet, un Oradour-sur-Glane aurait pu se produire à Jonzac car le dépôt détruit était le plus important de la Côte atlantique. Sa disparition était donc un véritable coup dur pour les Allemands. Claude Gatineau ne sera pas pendu, mais fusillé quelques jours plus tard, après un procès très discutable. « Nous avons entendu les coups de feu. C’était affreux ». 

Aux carrières, la vie a repris son cours après l’explosion. Toutefois, les choses ont changé : « comme il n’y avait plus rien à faire, nous ne sommes plus venus à partir du mois d’août ».

René Lanoue en Afrique du Nord

René Lanoue s’engage alors en Afrique du Nord où il reste huit mois. Un beau jour, la guerre s’achève, tirant un trait sur des années tragiques. « Nous avons créé l’association des carrières dont j’ai été le président. Balout en était vice-président et Henri Jean secrétaire. Nous nous réunissions tous les ans le 30 juin. Je suis allé me recueillir sur la tombe de Pierre Ruibet à Voiron. La commune a érigé un monument en son honneur ».

« Nous avons eu une bien mauvaise jeunesse » avoue René Lanoue. La guerre, l’occupation mais aussi les dénonciations, la collaboration, les résistants de la dernière heure, les femmes tondues inutilement. « Je voudrais que tout ça ne se reproduise plus » dit-il.

René Lanoue s’est marié à Clion où il a repris l’exploitation familiale. Il a eu deux fils Laurent et Philippe. Ce dernier, comme son père, a été maire de cette commune du canton de Saint-Genis.

René Lanoue lors d'une soirée de témoignages organisée par l'historien James Pitaud

jeudi 2 juillet 2026

Anniversaire de l'explosion des carrières d'Heurtebise : Jonzac rend hommage aux deux héros de la résistance, Pierre Ruibet et Claude Gatineau

Mardi 30 juin, la ville de Jonzac a célébré l’anniversaire de la mort de Pierre Ruibet et Claude Gatineau. Ces deux jeunes gens n'ont pas hésité à donner leur vie durant la Seconde Guerre mondiale en faisant exploser l'important dépôt de munitions allemand entreposé aux Carrières d'Heurtebise. Chaque année, Jonzac se souvient de leur acte héroïque et rend hommage à leur bravoure. 

Aux côtés du maire, Christophe Cabri, du conseil municipal, d'Hélène Lemesle, sous-préfète, des membres de l'association Liberty 44, des anciens combattants, des sapeurs-pompiers et porte-drapeaux, une nombreuse assistance - dont des membres des familles Ruibet, Lachamp, Barthélémy et Husson, parents ou descendants de Pierre Ruibet, Claude Gatineau et Marthe Robert - ont participé à ce moment de recueillement.

Dépôt de gerbes et recueillement en hommage aux deux héros

Au côtés de Patrick Carré, Danièle Ruibet et Pierre Ruibet venus spécialement d’Isère
pour cette commémoration

Avant le dépôt de gerbes, le premier magistrat a rappelé les grands moments de cette tragédie qui a marqué Jonzac d'une empreinte indélébile.  


« Nous sommes réunis pour honorer les deux héros du 30 juin 1944 : Pierre Ruibet et Claude Gatineau, mais également tous les acteurs qui ont participé de près ou de loin à ce sabotage.

Automne 1943, les Allemands installent un important dépôt de munitions de la Kriegsmarine dans les carrières d'Heurtebise. C'est le deuxième dépôt de munitions en France. Il a pour but d'approvisionner les unités navales et les blockhaus du Mur de l'Atlantique. La carrière renferme des munitions de toutes sortes qui équivalent à plus de 350 wagons de chemin de fer.

Michel Robert, enfant de troupe jonzacais et fils de la gardienne du tribunal de Jonzac, transmet des renseignements sur le dépôt qui interpelle la résistance par son importance.

Pierre Ruibet arrive à Jonzac en janvier 1944. Patriote, il souhaite entrer dans la résistance et accepte de remplir les missions confiées par René Marchadier du groupe de Résistance Alerte : faire l'inventaire du dépôt de munitions et procéder à son sabotage.

Pierre est hébergé chez Marthe Robert, la concierge du tribunal. Elle est dans la confidence et lui indique une trappe dans le parquet de l'estrade de la salle d'audience, sous le siège du juge. Une cachette idéale pour déposer les cordons et détonateurs nécessaires au sabotage.

En février 1944, il finit par être employé au dépôt de munitions. Mathilde, la fille de Marthe, est également dans la confidence.

Le 16 juin, René Marchadier est de nouveau à Jonzac avec le matériel nécessaire pour la mise à feu du dépôt.

Le 18 juin, Pierre part avec sa musette qui contient, cachés dans son repas les détonateurs et il place les explosifs dans ses chaussettes. Il revient à 18 h. C'est un échec, l'un des composants du dispositif est défaillant. Le matériel fourni a été parachuté par les alliés et conservé parfois dans de mauvaises conditions.

Nouvelle tentative le 21 juin et nouvel échec.

Le 22 juin, il demande alors à son amie « Titi », Mathilde Robert, d'envoyer un télégramme au 32 rue de la Devise à Bordeaux pour Mademoiselle Marguerite Crauste du Quartier général du groupe Alerte, afin d'obtenir du nouveau matériel : « cousin bien malade, venir avec médicaments ». C'est le 23 juin que Pierre vient au tribunal avec Claude Gatineau, un enfant du pays patriote, qui a surpris Pierre dans ses essais et lui a proposé son aide.

Le vendredi 30 juin 1944, Pierre part à 7 h 30 pour les carrières. Mathilde et sa mère l'accompagnent au portail. Il va de nouveau tenter le sabotage du site avec l'aide de Claude.

Pendant la pause, Pierre en profite pour placer les détonateurs pendant que Claude surveille. Mais ils sont surpris par un sous-officier allemand. Pierre va déclencher les détonateurs de ses propres mains tandis que Claude fait évacuer les travailleurs civils qui se trouvent dans l'entrée de la carrière.

Pierre meurt dans l'explosion ainsi que les dix-sept Allemands qui étaient à sa recherche. Claude, indemne, va se rendre au centre de secours pour assurer sa fonction de sapeur-pompier volontaire. Reconnu par les Allemands, il est arrêté, torturé, puis traduit devant une cour martiale et condamné à mort par pendaison à la suite d'un jugement expéditif.

Ce 30 juin, c'est la panique en ville. Les explosions sont très violentes, les écoles sont fermées, les enfants sont repartis chez eux.

Les Allemands sont partout et très nerveux. Il est vrai que l'explosion va durer deux jours et sera entendue loin à la ronde.

Les ouvriers des carrières doivent se constituer prisonniers. La gestapo commande 40 cercueils. Les requis passent la nuit du 30 au 1er juillet dans une cour de ferme, sans connaître le sort qui leur sera réservé le lendemain.

Le 1er juillet au matin, quatre requis sont désignés pour dresser la potence où Claude Gatineau sera exécuté, ainsi que 40 otages.

Les Allemands demandent au Maire de désigner des otages. René Gautret mentionne un seul nom sur la liste, le sien.

Les Allemands renoncent à cette exécution et libèrent les requis. Par contre, celle de Claude Gatineau est immédiate. L'archiprêtre Monseigneur Chauvin obtient qu'il soit fusillé comme un soldat.

Il est conduit devant le dépôt et attaché face au peloton d'exécution. Claude Gatineau refuse qu'on lui bande les yeux pour voir la mort en face et trouve la force de crier « Vive la France ». La grille sur laquelle Claude Gatineau a été fusillé était située devant l'entrée de la carrière. Elle a été placée au centre du monument aux morts du jardin public.

Mathilde est arrêtée huit jours après l'explosion par la gestapo qui a trouvé le télégramme. Elle est jugée et condamnée à mort à l'âge de 16 ans. Internée au fort du Hâ à Bordeaux, elle devait être fusillée le 24 août. La libération de la ville le 23 lui sauve la vie.

Dans un devoir de mémoire et pour honorer le sacrifice de ces femmes et ces hommes qui ont participé au débarquement des alliés en Normandie et tous ces actes de résistance pour lutter contre l'occupant, l'Association LIBERTY 44 a souhaité participer à cette cérémonie en tenue de résistant du groupe FFI ALERTE. L'amicale et l'association des anciens sapeurs-pompiers sont là pour rappeler l'engagement de Claude Gatineau comme volontaire dans le corps de la Ville de Jonzac.

Merci à toutes ces associations d'anciens combattants, aux porte-drapeaux, aux représentants de la résistance, des déportés, et à la population pour leur présence qui marque notre devoir de mémoire ».

La montée des couleurs
Liberty 44 en tenue de la Seconde Guerre mondiale (groupe FFI Alerte)
Etait présentée une moto side-car allemande de leur collection

La famille Barthélémy, descendante de Claude Gatineau
L'amicale des sapeurs-pompiers et l'association Liberty 44

L'amicale et l'association des anciens sapeurs-pompiers étaient là pour rappeler
l'engagement de Claude Gatineau comme volontaire dans le corps de la Ville de Jonzac

Christophe Cabri félicite le plus jeune membre de Liberty 44
Hélène Lemesle, sous-préfète, salue les porte-drapeaux. La cérémonie s'est achevée
par un verre de l'amitié servi au cloître des Carmes.

mercredi 1 juillet 2026

Jonzac/Vol en montgolfière : Une sensation particulière de tutoyer la liberté !

Elles sont quatre montgolfières à voler dans le ciel saintongeais (et d’ailleurs), aux couleurs du Conseil Départemental, des Antilles de Jonzac et de la Haute-Saintonge. Si vous n’êtes jamais monté en ballon, l’été est le moment idéal pour effectuer ce voyage dans le monde d’en haut et découvrir la nature environnante !

Avant l'envol, les préparatifs



Le rendez-vous est fixé aux alentours de 6 h avec Philippe Foubert, près du complexe aquatique. 
La montgolfière se pratique le matin, au moment où la campagne s’éveille, où la force du vent, ni trop forte, ni trop faible, permet de s’évader au-dessus des plaines et des vallons. 
L’immense enveloppe est étendue sur le pré en l’attente de se déployer. La transformer en un ballon prêt à s’élancer est un art que maîtrisent l’aéronaute et son équipe, Brigitte Bertrand, Dominique Guicheteau et Francis Ravon. Ces passionnés s’activent selon des gestes précis et des efforts conjugués. Le "rituel" ne varie guère, air froid insufflé à l’intérieur de la structure, puis air chaud à l'aide d’un brûleur. 
Bientôt, le miracle s’opère. Elle se redresse : on dirait un papillon sortant de sa chrysalide ! Prêts pour l’ascension ? Après avoir pris place dans la nacelle, les passagers vont vivre une expérience unique. 

Pour décoller, les conditions météo doivent être parfaites. Le vent, en particulier,
est déterminant, la température aussi car c’est la différence entre l’extérieur
et l’intérieur de l’enveloppe, chauffée au gaz, qui permet l’ascension. 

Lors du vol, si le pilote chauffe beaucoup, le ballon s’élève ;
s’il réduit l’apport thermique, il redescend

La montgolfière décolle. Il est sept heures passées. Elle avance doucement, saluant les Antilles, dont le vélum ressemble à un gros coquillage, le centre des congrès et le château de la Dixmerie. Direction Archiac, Baignes. Les courants déterminent la direction et dresser un itinéraire est impossible. En cette inconnue, réside le charme de la sortie. 

L’altitude gomme le temps. Seul le bruit des brûleurs vient troubler, à espaces réguliers, le silence de l’aube estivale. Le soleil se lève. L’astre du jour révèle peu à peu les reliefs et les bosquets semblent familiers. Observer la cime des arbres sent bon l’aventure. Suivent des vignes en alignement parfait, des cultures de céréales et des chevreuils effarouchés par les intrus. Quelques chiens jappent tandis que des habitants, des lève-tôt, adressent des signes aux occupants d’en haut, une présence originale à laquelle ils se sont habitués. 

Le complexe aquatique des Antilles
Le centre des congrès
Le château de la Dixmerie

Céréales et vignes

L’équipage vogue avec légèreté, goûtant à la sérénité de l’instant et à la beauté de la nature environnante. En bas, sur des routes et petits chemins, Francis Ravon suit la montgolfière avec son véhicule. Une fois le vol accompli, il récupérera les voyageurs et le matériel.

« Ô temps, suspends ton vol ! » ! Personne ne regarde sa montre. Pourtant, l’escapade s’achève. Un champ est recherché pour l’atterrissage, en prenant garde aux lignes électriques, très dangereuses, et à ne pas effrayer les animaux, des chevaux par exemple. 

En voici un qui fait l’affaire. La montgolfière revient sur terre. Une voisine n’en croit pas ses yeux et sort son smartphone. Un tel spectacle n’arrive pas tous les jours dans son village ! Francis Ravon rejoint l’équipage. Le ballon est dégonflé et rangé dans un énorme sac. Avec la nacelle, il est chargé dans la voiture. Retour au point de départ. Dans la joie, la bonne humeur… et cette sensation particulière d’avoir tutoyé la liberté !

L'atterrissage. Le ballon est ensuite dégonflé, rangé, ainsi que la nacelle
dans la remorque du 4 x 4

La montgolfière est unique en ce sens où personne ne sait quelle orientation elle prendra,
ni où elle se posera. Quel que soit l’endroit survolé, le dépaysement est réel
Dégonfler le ballon : toute une technique !

Retour à Jonzac !

La rencontre de Philippe Foubert et de Claude Belot

Brigitte, élève pilote, est aux commandes du ballon sous le regard attentif de son instructeur. Elle prenait des cours de pilotage quand elle s’est laissé tenter par la montgolfière. Depuis, elle est conquise : « Les connaissances requises s’approchent de celles de l’avion. Pour obtenir une licence de pilote de ballon libre, de nombreuses heures de pratique sont nécessaires : préparer le vol, contrôler le décollage, l’atterrissage ». Son objectif est d’organiser des balades, de faire des meetings, de découvrir d‘autres régions. « J’aime voir la nature depuis le ciel » dit-elle.

Philippe Foubert, quant à lui, est aéronaute et pilote instructeur à l’aéroclub de Jonzac Haute Saintonge. Breveté depuis 1987, il totalise plus de 3125 heures de vol sur de nombreux types de montgolfières et a participé à plus de 450 rassemblements de ballons. En 1995, à Paris, sa route croise celle du président du Conseil général, Claude Belot. Il accepte de piloter bénévolement la montgolfière Charente-Maritime jusqu’en 2009 avant de partir vers d’autres cieux, Québec, Europe, Canada. « Je suis devenu instructeur et Claude Belot l’a appris. Il cherchait un pilote pour la coupe d’Europe de 2013. Il m’a demandé de participer et d'encadrer un élève, Christophe Arnaud. C’est ainsi que l’histoire jonzacaise a commencé ». Dès lors, il assure la formation, les sorties et poursuit de nombreuses activités. Il est l’auteur de trois ouvrages : Le guide pratique du pilote de montgolfière ; le guide du passager en montgolfière, l’essentiel pour bien préparer son baptême ; la méthode pédagogique du pilote de montgolfière, manuel théorique et pratique, parus aux éditions Cépaduès.

Parmi les vols qui l’ont le plus marqué, figure Fort Boyard : « j’ai été le premier à l’avoir tenté en 1996 et j’aimerais bien le refaire. Je suis resté un mois sur place pour deux heures de créneau, c’était très compliqué… La nacelle a touché l’eau, mais je suis parvenu à remonter ! ». Il se souvient également d’un atterrissage dans une réserve indienne aux États-Unis. Epique avec une issue heureuse ! Il y a aussi les Alpes, le décollage près du Mont Blanc, le Brésil à la frontière avec l’Argentine, le Sahara, etc. Une expérience professionnelle riche et variée. 

Dominique Guicheteau, Philippe Foubert, Brigitte Bertrand, Francis Ravon

Vous êtes tenté par un vol en montgolfière ? Se faire inscrire auprès de l’Aéro-club de Jonzac (Ph. Foubert 06 08 60 62 35) ou de l’office de tourisme de Jonzac 05 46 48 49 29.

Université d'été : Philippe Foubert animera une conférence "La fabuleuse histoire des montgolfières de 1783 à nos jours" jeudi 16 juillet à 18 h 30 au cloître des Carmes. 

 L'info en plus

• La meilleure saison pour voler est l’été et l’automne, riche d’une belle palette de couleurs. Le printemps peut poser problème en raison des turbulences (giboulées, vents, etc) qui créent une instabilité.

• Caractéristiques : Les montgolfières de Jonzac ont des volumes de 3000, 2500 et 2000 m3. La surface en tissu nylon est de 1500 m2, l’ensemble est recouvert en polyuréthane afin d’assurer l’étanchéité. La nacelle est en osier ou en rotin en raison de leur souplesse. La vie d‘un ballon en vol libre est de 600/700 heures. Cette durée est réduite si l’utilisation est importante. L’enveloppe devient alors poreuse. Une montgolfière coûte environ 50.000 euros. L’autonomie des bouteilles (propane) est de deux heures et demie.

• La force du vent ? Le soir entre 15 et 20 km/h, le matin 5 km/h (idéal pour voler).

• Nombreux rêvent de survoler l’estuaire de la Gironde en ballon. Philippe Foubert reste prudent « la difficulté réside dans l'atterrissage en plein marais. Mieux vaut ne pas s’approcher de ce secteur. Après Mirambeau, c’est un peu compliqué ».

• La montgolfière s’adresse à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite. « Nous pouvons leur assurer un vol en toute sécurité ».

Reportage/Photos Nicole Bertin

lundi 29 juin 2026

Usseau/Exposition : Des tourneurs sur bois passionnés

Durant le week-end, invités par l'ECUM, les tourneurs sur bois ont présenté leurs dernières créations lors d'une exposition riche et variée. Diverses professions étaient représentées : ébénisterie, lutherie, marqueterie, tournage sur bois. Etaient présents Jean-Michel Cuif, Roland Fedon, Christian Fleuriault, Gilles Gaudin, Jacques Guiet, Marcel Marrier, Michel Mossion et Laurent Thirion. 

Du sport à la musique !

Samedi, lors du vernissage, interrogés par le président M. Barrois, ils ont décrit avec enthousiasme leur passion. De belles rencontres et des échanges ont ponctué ces deux jours dédiés à la création et l'artisanat. 

Certains ont pu, avec un peu d'effort de pédalage sur le tour à vélo, repartir avec une toupie !



De véritables artistes !

Saintes/Perte d'une classe au collège René Caillié : Des personnels de l'établissement réagissent

Communiqué des personnels du collège René Caillié suite à la décision du Rectorat, en fin de semaine dernière, de supprimer une classe : 

« A la rentrée 2023, le collège a perdu une classe. A la rentrée 2024, il a dû mettre en place les groupes « de niveaux » en 6ème et 5ème avec seulement 3h de plus sur la DGH. A la rentrée 2025, il a perdu deux classes. A la rentrée 2026, il devait perdre deux classes, mais au dernier moment, le Rectorat a décidé de supprimer une sixième de plus pour un écart de 3 élèves par rapport au seuil maximal, alors que tous les ans, il y a des entrées avant la rentrée et en cours d'année et que le dispositif ULIS n'est pas au maximum de sa capacité. Cette décision signifie des effectifs à 28 en 6ème et à plus de 28 sur les niveaux 5ème, 4ème et 3ème.

Cette annonce vendredi 26 juin prend tout le monde de court et demande à l'équipe de direction de revoir totalement la DGH en quelques jours.

Ces suppressions de classes, au fur et à mesure des années, signifient une dégradation des conditions de travail des personnels et des conditions d'apprentissage des élèves. Ces dotations en baisse suppriment des groupes en langues, en sciences, les dispositifs mis en place, la possibilité de mener des projets. Elles vont entraîner des services partagés et des compléments de service de plus en plus éloignés pour les enseignants. La baisse démographique a bon dos ! Elle devrait être une chance d'améliorer les conditions d'apprentissage et l'encadrement des élèves, la formation des futurs citoyens. Mais le Rectorat l'utilise au-delà de ses conséquences pour atteindre l'objectif des 4000 suppressions de postes prévu dans le budget 2026.

Pour le collège, nous demandons l'annulation des fermetures de classes ; le financement en HSE par le Rectorat de toutes les missions supplémentaires ; qu'il n'y ait pas plus de deux élèves en situation de handicap dans la même classe l'année prochaine, et donc la création de deux postes d'AESH affectées au collège.

Nous continuons de revendiquer la création d'un poste d'infirmière supplémentaire, de deux postes d'AED, ainsi que la création de postes de remplaçants pour les AESH, les AED, les personnels administratifs, les personnels de direction, les infirmières...

Un rassemblement devant le collège sera organisée mercredi 1er juillet à 12 h ainsi qu'une réunion syndicale le jour de la pré-rentrée, lundi 31 août, à 11h, pour discuter de la grève à partir du lendemain et participer à la réunion publique organisée à Saintes à 18 h, salle Saintonge ».

• Adopté par les 19 présents

Saint-Ciers du Taillon/Expo : Rendez-vous avec Claude-Guy Tréard

L'univers de Claude-Guy Tréard est un canevas de paix tissé au fil de ses escapades. Il ne revient jamais bredouille ! Dans la salle municipale de Saint-Ciers du Taillon, il présente jusqu’au 30 juin un large panorama photographique « du noir et blanc à la couleur ». Un voyage teinté d’émotion et de partage où le temps s’est arrêté pour le plaisir du regard 

Danie Chérat, présidente de l’association Arts et culture, aux côtés de Claude-Guy Tréard
Le vernissage vendredi dernier


Claude-Guy Tréard a passé des heures devant les écrans ! A imaginer, concevoir, composer. D’abord directeur de création, il a terminé sa vie professionnelle comme patron d’une agence de communication en région parisienne. On décroche difficilement d'une passion, c'est pourquoi il a continué, une fois retraité, à prendre un rendez-vous quotidien avec son ordinateur. Au centre de ses recherches, comment combiner l'image pour y insuffler sa propre perception du monde ?

Attiré par la photo, l'environnement et les voyages ont toujours retenu son attention. Puis est venue une quête plus intime. Subtile, la lumière n'est jamais absente de ses clichés. Sa manière à lui d'éclairer la vie !



• Jusqu'au mardi 30 juin de 10h à 12h30 et de 15h à 18h 30