jeudi 21 octobre 2021

Des prisonniers Iroquois dans les rues de Rochefort sous le règne de Louis XIV...

Le Prix Champlain a été remis à à Laurent Musseau, écrivain canadien, par l'Académie de Saintonge dimanche dernier à Royan

Croquis montrant le funeste sort des prisonniers iroquois

• Prix Champlain à Laurent Musseau pour son ouvrage "De l’Iroquoisie à Marseille : galériens iroquois du Roi Soleil passant par Rochefort"

Rapport de Marc Fardet : « En septembre 1687, à la suite d’une guerre franco-iroquoise, un groupe de 34 à 38 prisonniers Iroquois embarquent à Québec sur une flûte royale et arrivent à Rochefort fin octobre. Ils rejoignent la chaîne à Bordeaux et arrivent au bagne de Marseille. Jean de Marteilhe, qui y est allé lui aussi, raconte que : « battus, rançonnés et mal nourris par leurs convoyeurs, une bonne partie des forçats n’arrivaient pas au port (...) ; ces barbares archers les traînaient par la chaîne de leur col comme des charognes, leur corps ruisselant du sang des cous ». Heureusement, pour sauver la colonie, le Roi accepte le retour des survivants iroquois vers la Nouvelle-France et ordonne « qu’ils soient habillés un peu proprement pour estre renvoyés chez eux ». Ils passent alors du statut de prisonnier de guerre à celui de prisonnier diplomatique. Le jeune garde-marine Joseph Le Moyne de Sérigny a pour mission de les "amadouer" dans l’intérêt des Français afin d’obtenir une paix durant leur rapatriement en Nouvelle-France.

Dans l’esprit du ministre, ceux qui seront parfaitement et solidement convertis, auront un traitement à part. Versailles engage donc une politique de conversion des prisonniers iroquois qui ont déjà « une teinture de religion » du fait des missions jésuites. Sur la trentaine d’Iroquois partis de Rochefort, une vingtaine de survivants sont identifiés pour faire le voyage de Marseille à Rochefort. La mort à l’hôpital était la plus fréquente. Laurent Busseau a découvert dans les archives du Service historique de la Défense à Rochefort l’acte de décès de l’un d’eux, qui n’est pas nommé. Cet acte est daté du 31 mai 1689 et il a été inhumé le lendemain dans le cimetière de Rochefort.

- Né à Poitiers, Laurent Busseau est citoyen canadien vivant au Canada depuis 1996 et historien consultant sous le label Historiens sans frontière depuis 2009. Il est diplômé d’un Master Histoire (2003) et d’un certificat en journalisme (2009) à l’université de Montréal. Il a enseigné à l’université de Sherbrooke ».

• Publication en vente auprès du  Comité Rochefortais de Documentation Historique de la Marine ( CRHDM ) et le Service historique de La Défense (SHD) à Rochefort

- CRDHM, 4 rue du Port 17300 Rochefort

- contact@crdhm.fr et www.crdhm.fr

Laurent Busseau vit au Canada depuis 1996. Il est historien consultant
sous le label Historiens sans frontière
Rapport présenté par Marc Fardet dimanche dernier à Royan lors de la cérémonie de remise des prix

L'artiste Jean-François Favre, la comédienne Camille Geoffroy et la botaniste Anne Richard à l'honneur

Dimanche dernier à Royan, ont été distingués par l'Académie de Saintonge l'artiste Jean-François Favre, la comédienne Camille Geoffroy et la botaniste Anne Richard 

• Prix de la Ville de Saintes à Jean-François Favre, artiste peintre

Eglise de Jarnac-Champagne : œuvres de Jean-François Favre

Rapport d'Alain Michaud : « Déjà remarqué pour ses flamboyantes tentures polychromes qui décorent les murs de l'abbaye aux Dames, cet agrégé d'arts plastiques, artiste polyvalent, aux talents multiformes, mélange savamment dans ses recherches de nombreux domaines graphiques, huiles et dessins à l'encre, gravures sur bois, aquarelles, gouaches et matériaux divers comme l'herbe ou le parchemin. Il ouvre ainsi à la lisière de l'art décoratif et de l'abstraction, de nouvelles voies à l'art figuratif et ornemental, notamment à travers les thèmes et coloris des arts premiers qui l'ont profondément marqué lors de son séjour de 7 ans à Papeete. L'influence des arts premiers ainsi que sa religiosité l'ont poursuivi à Jarnac-Champagne dans les quatre tapisseries qu'il a composées, le plafond qu'il a peint et le chemin de croix de l'église.

Parallèlement, sa palette s'est orientée vers des œuvres plus épurées, telles les vues aux tons fondus et adoucis de l'océan, des carrelets et des paysages charentais. Il a également écrit ou illustré des ouvrages, dont une histoire de l'art chez Hachette.

On n'en finirait pas d'énumérer les distinctions que cet homme discret a reçues, dont la médaille d'or au Salon des artistes français en 1992. Il a été sélectionné pour représenter la France à l'exposition Justice et Paix à Strasbourg ; il a exposé entre autres à Cayenne, à Papeete, à Nivelles, au musée national de Pékin »...

Alain Michaud et Jean-François Favre

• Prix de la Ville de Royan à Camille Geoffroy pour "Les lectures Buissonnières"

Rapport Bernard Mounier : « Camille Geoffroy metteure en scène, actrice et danseuse, grandit à Royan. A Poitiers, deug de Droit et Science politique, puis licence et maitrise d’économie appliquée à la culture. Elle obtient le titre d’ingénieur maître en action culturelle. Etudes à Paris 1 sur le thème « projets culturels dans l’espace public » et sort en tête de sa promotion. A La Rochelle elle joue dans plusieurs compagnies de théâtre, suit des cours de danse. Obtient les bourses « Jeunes talents » Région Poitou-Charentes et « Défis jeunes » du Ministère de la Jeunesse et des Sports...

En 2013, elle devient directrice de la Compagnie professionnelle « La vie est ailleurs » implantée à Royan et monte « On ne badine pas avec l’amour » de Musset, « un théâtre joyeux, intense et sincère ». Dans les associations et les établissements scolaires de l’agglomération, elle produit des animations théâtrales et des spectacles parfois dignes de grandes scènes, comme cette adaptation de « La Peste », de Camus, jouée avec enthousiasme par les élèves du Lycée Cordouan. 

Depuis un an, après avoir participé au Sentier des Arts, elle propose, accompagnée par un comédien et pour être joué en tout lieu « Les lectures buissonnières ». Entre extraits de romans, dialogues de films, poésies, chansons, elle offre, comme elle le dit, «une traversée vibrante, vive et espiègle, au cœur des âmes saisonnières !». C’est à ce titre, mais également pour son parcours exemplaire, que l'Académie de Saintonge est heureuse de lui remettre le Prix de la Ville de Royan ».

• Prix de la Ville de Marennes à Anne Richard, botaniste, écrivain et créatrice de l’association Afleurdemarée

Rapport de Christine de Ponchalon : « Anne Richard est ingénieur en agriculture de formation et botaniste de passion. Née en Normandie, elle est venue s’installer, en famille, en Charente-Maritime il y a vingt cinq ans. D’abord à Rochefort puis à Fouras. Depuis ses jeunes années elle explore les milieux, à tord délaissés, du littoral, les dunes, les marais.

Sa préférence va sans aucun doute aux marais où poussent une infinité de plantes que l’homme a cueillies et utilisées depuis la nuit des temps : plantes comestibles venant oportunément améliorer une nourriture peu variée dans ces terres très pauvres. Les plus connues, les plus faciles à repérer sont une trentaine, mais elles sont beaucoup plus nombreuses. Aujourd’hui la soupe de pousses d’ortie, les asperges sauvages, la salade de plantin retrouvent, grâce à Anne Richard, le chemin de nos assiettes.

Elle a publié plusieurs ouvrages chez Geste Editions et Métive. Son dernier ouvrage, paru en 2020, s’intitulle « Recettes faciles de plantes sauvages »

L’association Afleurdemarée, créée à Fouras, propose des stages-découverte, sur le terrain, sur les ïles de Ré, d’Oléron et le continent bien sûr. Au retour, vous n’avez plus qu’à vous mettre aux fourneaux ».

mercredi 20 octobre 2021

Saintes : les mystères d'Halloween

Samedi 30 octobre, la Ville de Saintes réserve aux jeunes Saintais des surprises (un peu !) effrayantes pour Halloween, dont l'ancêtre était la fête celte et gauloise de Samain.

Les commerçants, qui souhaiteraient participer en proposant des bonbons dans leur magasin, peuvent se faire connaître à l'adresse suivante : servicecommunication@ville-saintes.fr

Plus d'information très prochainement !

Les Petites Allées (Rochefort), la patoisante Monette Foucaud, l'atelier de sculpture Campo, Pierre Miramand, Eric Dépré, Thierry Bouyer récompensés par l'Académie de Saintonge

 Remise des prix 2021 de l'Académie de Saintonge : 

• Prix Dangibeaud à l'Atelier Campo pour ses sculptures en terre cuite et objets d'art

Gracieuse sculpture
Formes d'origine en plâtre venant de l'atelier fondé par Georges Caronési à Paris en 1879

« L'Atelier Campo réalise l'édition, la restauration et l'adaptation de sculptures en terre cuite. Fondé par Georges Caronési à Paris en 1879, il est situé à La Rochelle. La collection de formes d'origine en plâtre, mémoires d'atelier, permet de réaliser des éditions de sculptures pour intérieur et extérieur.

L'Atelier Campo donne vie à l'argile en imprimant, modelant et sculptant la terre. Il fait ainsi revivre un savoir-faire oublié, l'estampage d'objets d'art, et un patrimoine artistique lié à l'art à la française. Il en résulte des œuvres emplies d'histoire et de présence qui se prêtent parfaitement à l'ornement des maisons ou des jardins. Une importante partie du catalogue de l'Atelier Campo se compose de pièces signées de grands sculpteurs des XVIIe et XVIIIe siècles, éditées par l'atelier dès sa création il y a plus d'un siècle. Quant à la restauration, c'est à la fois le respect du travail d'origine et le devoir d'avoir un œil neuf à chaque projet.

L'atelier qu'anime Pierre Campo propose également des stages de sculpture et de moulage où chacun peut réaliser une pièce, découvrir une technique précise ou baigner dans l'histoire de l'atelier.

Durant l’été, l’atelier a été invité par la municipalité de Saint-Palais sur Mer au vieux clocher. A travers cette exposition, les visiteurs sont partis à la découverte de cet édifice emblématique transformé en véritable cabinet de curiosités et découvert l’histoire de l’estampage à travers les siècles par le passionné et passionnant Pierre Campo. Le clocher de Saint-Palais-sur-Mer, aujourd’hui fermé au culte, est devenu un centre d’art où se rencontrent patrimoine architectural et art contemporain ».

Pierre Campo crée des modèles contemporains (© N. Bertin)
Copie en terre cuite du buste de Marie-Antoinette. L'original, en marbre, a été sculpté par Félix Lecomte pour le château de Versailles

• Prix de la Ville de Rochefort aux Éditions typographiques « Les Petites Allées »

Nathalie Rodriguez et Michel Bon

Rapport Alain Quella-Villéger : « Non loin de l’ancien atelier de reliure Mériot père et fils (Henri et Camille), la vitrine d’un imprimeur donne depuis 2008 sur la rue Audry-de-Puyravault, au n°19. L’imprimeur a pour raison sociale l’ancien nom de l’artère cachée à l’arrière, pavée et comme oubliée du temps : « les Petites Allées » (l’actuelle rue Amiral-Courbet).

Dans une bâtisse édifiée il y a plusieurs siècles et qu’occupa déjà une imprimerie dès le début du XIXe siècle, Nathalie Rodriguez et Michel Bon ont fondé la maison éditoriale artisanale de littérature et de typographie qui perpétue avec patience et compétence la tradition du travail bien fait et des gestes méticuleux : typographie à l’ancienne, la gravure, beau papier, mise en page soignée. Leur premier étage est le royaume des caractères mobiles en plomb et des vignettes en cuivre.

Patrimoine des outils (presses Heidelberg des années Soixante), patrimoine littéraire (Loti, Proust ou Rimbaud, mais aussi Lesson et d’autres voyageurs), auteurs contemporains aussi (comme Claude Margat, que l’Académie distingua), Nathalie Rodriguez et Michel Bon n’en sont pas moins soucieux d’innovation, ouverts à la photographie et même partenaires du salon du livre océanien de Rochefort, mais sans aucun doute, une partie de leur succès est dû à leurs si jolis « livres à poster ». Ils sont faits pour porter haut et loin la lévitation des mots.

En quelque sorte, « Les Petites Allées » pourraient aussi s’appeler « Les Pépites ailées » ! ...

Rapport présenté par Alain Quella-Villeger

• Prix de l'Agglomération Royan-Atlantique à Monette Foucaud pour ses ouvrages sur le patois

Monette Boucaud et Jacqueline Fortin

Rapport Jacqueline Fortin : « Raymonde Foucaud dite Monette Foucaud est connue sous plusieurs noms : La Mounette à Monmond, la Mounette de Segonzac et La Mounette des Charentes. Elle est plusieurs à la fois, et pourtant unique. La Mounette, la seule, est née à Saintes et passe son enfance au Bujholiers, près de Saint-Césaire. Durant ses années de jeunesse campagnarde, le patois est encore parlé. Elle en possède encore tous les sons dans son oreille.

A 27 ans, elle apprend le métier de plombier chauffagiste. Un départ dans la vie qui ne manque pas d’originalité, elle sera cadre dans une grande entreprise, sophrologue plus tard. Puis elle passe à l’écrit, la première fois, dans le Subiet en 1995. Elle y raconte la bujhée, le d’vanteau, la piquette, la cagouille, l’amour des femmes... dans la langue savoureuse d’une France rurale dont les racines vont disparaissant. Elle anime des groupes comme les Branle-mijhot et un club où elle enseigne le patois.

La Mounette a surtout écrit trois livres indispensables aujourd’hui pour apprendre ou retrouver le patois. Ces gros ouvrages denses, mais très attractifs, sont édités sous le vocable « Le délicieux patois de ma grand-mère » : « Le parler saintongeais » « Les rimes et synonymes » « Les jhavasseries et badineries ».

Elle a écrit : « Merci d’aimer et de pratiquer notre patois, il est de plus en plus nécessaire qu’il continue ». Rien de passéiste dans ce rappel à l’importance de nos racines. Et c’est pour cela que l’Académie lui décerne le prix de la Communauté d’agglomération de Royan où elle réside aujourd’hui ».

• Prix de l'île de Ré à Pierre Miramand, Eric Dépré, Thierry Bouyer pour leur ouvrage "Paléontologie de l'Aunis, sur les traces d'Alcide d'Orbigny"

Rapport Didier Néraudeau : « Pierre Miramand a été professeur de biologie et doyen de la faculté des sciences à l’Université de La Rochelle, puis, à la retraite, il est devenu Président de la Société des sciences naturelles de Charente-Maritime et à ce titre s’est occupé des publications aux Annales de la Société des Sciences Naturelles de Charente-Maritime. Bien qu’éloigné de la paléontologie dans le cadre de ses activités professionnelles, il est depuis sa jeunesse passionné de fossiles et a pu assouvir plus largement cette passion une fois à la retraite. Ses activités paléontologiques conjuguent des prospections en Aunis et en Saintonge, des publications de vulgarisation et de valorisation patrimoniale, avec des articles réguliers sur la paléontologie charentaise dans la revue grand public « Fossiles », de multiples conférences sur la paléontologie régionale ou sur Alcide d’Orbigny, et des participations à la réalisation de petits documentaires sur les fossiles charentais, avec Léon Damour.

Eric Dépré, est ingénieur GIP-GEVES, affecté au Conservatoire national des graines et semences à Surgères. Parallèlement à sa vie professionnelle, il voue depuis l’âge de 10 ans une passion multiforme pour les fossiles et la paléontologie. Tout d’abord collecteur à l’œil aiguisé, puis collectionneur scrupuleux collaborant avec de multiples chercheurs académiques pour valoriser ses découvertes dans des publications scientifiques internationales, il est devenu depuis 10 ans un médiateur au service du patrimoine paléontologique de l’Aunis et de la Saintonge, via de multiples conférences, des co-réalisations de documentaires, des reportages sur ses activités et son musée et des articles ou ouvrages grand public.

Thierry Bouyer, géomètre à la retraite, est passionné d’histoire et de géographie, particulièrement intéressé par l’évolution des cartes de l’Aunis et de la Saintonge. Depuis une quinzaine d’années, il a animé des dizaines de conférences sur la cartographie ancienne de l’Aunis. Grâce à ses exposés, on découvre ainsi l’Aunis à travers 2000 ans de cartographie. Son intérêt se porte plus particulièrement sur Claude Masse (1652-1737), ingénieur géographe français du XVIIe siècle qui a produit la première carte topographique du Poitou-Charentes ».

Rapport présenté par Didier Néraudeau

Académie de Saintonge : Prix de l'Ile d'Oléron aux frères Chagneau, prix de la Mer au professeur Chaumillon, prix Labruyère à l'écrivain Fabien Clauw

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche dernier à Royan. Parmi ceux-ci : 

• Prix de l'île d'Oléron pour le LOCAL (Lien Oléronnais pour la Culture, l’Animation et les Loisirs) décerné aux frères Chagneau

Le LOCAL fêtera bientôt ses 40 ans !
Rapport Philippe Ravon : « Lorsqu’il a été question de ce nouveau prix de l’Ile d’Oléron, nous avons été plusieurs à évoquer le nom de Philippe et Gérard Chagneau. Leur parcours est emblématique de ce que l’Académie souhaite mettre en valeur : une histoire de rencontres, de passions intimement liées à un territoire et un travail de groupe au sein d’une association : Le LOCAL (Lien Oléronnais pour la Culture, l’Animation et les Loisirs).

Le siège l’association est le cinéma Eldorado à Saint-Pierre, devenu au fil du temps le lieu culturel de l’Ile d’Oléron.

- Le cinéphile Philippe Chagneau a participé il y a près de 40 ans à la renaissance associative du cinéma qui offre aujourd’hui trois salles classées « Art et essai » avec un public annuel de près de 100 000 spectateurs. Des rencontres avec les réalisateurs, des expositions y sont régulièrement organisées et depuis plus de 10 ans, le Cinéma l’Estran à Marennes fait l’objet d’une gestion commune.

- Passionné d’histoire, Gérard Chagneau, se consacre quant à lui aux Editions du LOCAL. Ces publications, avec notamment « Les cahiers d’Oléron », constituent une véritable mémoire de l’ile. Auteur d’une étude unique sur le fort Boyard qui en fait un des meilleurs spécialistes du lieu, il a aussi établi une bibliographie sur Oléron qui recense les ouvrages, mémoires, thèses et articles. L’ensemble de ces sources précieuses est à la disposition du public au sein des bureaux de l’association.

Le LOCAL fêtera bientôt ses 40 ans et les frères Chagneau souhaitaient que soient associés à ce prix de l’Ile d’Oléron salariés et bénévoles de l’association représentés par leur président Robert Veilleront ».

De gauche à droite, Bernard Mounier, Jean-François Girard,
Marie-Dominique Montel, Philippe Ravon

• Le Prix de la Mer décerné à Eric Chaumillon pour ses travaux sur la géologie du littoral

Le professeur Chaumillon aux côtés de Jean-François Girard

Rapport de Jean-François Girard : « La Saintonge a confié la plus grande partie de ses estuaires, de ses côtes et de ses îles à sa province sœur l’Aunis qui en assure l’observation et la surveillance grâce au Laboratoire Liens de l’Université de La Rochelle associé au CNRS, laboratoire dont les mots clefs sont "Littoral, Environnement et Sociétés" et qui réunit près de 170 chercheurs, doctorants et techniciens.

C’est dans ce laboratoire que le Professeur Eric Chaumillon, il y a bientôt 25 ans, a jeté son ancre pour y mener ses travaux. Bien que né à Poitiers, il est passionné par la mer et les voyages maritimes dès son plus jeune âge et commence la voile à 11 ans. Pourtant, son parcours est une suite d’étapes brillantes marquées par l’agrégation, un doctorat puis une habilitation à diriger les recherches qui le conduisent à être, déjà, Professeur de classe exceptionnelle, presque au dernier échelon.

Ses recherches ont porté sur la sédimentologie, la géomorphologie et la stratigraphie des environnements sédimentaires littoraux. La dynamique des littoraux et l’archivage sédimentaire des changements environnementaux (variations du niveau marin, changements climatiques, tempêtes, tsunamis, activités humaines) sont au centre de ses intérêts. Plus de 200 publications internationales témoignent de ses recherches.

Mais le Professeur Chaumillon est un enseignant-chercheur complet. D’une part en assumant de nombreuses responsabilités dans les structures de la recherche française et, d’autre part, en mettant son expertise au service de multiples cercles comme en témoignent le rapport remis au président Macron à l’occasion du G7 à Biarritz en 2019 ou encore sa participation au conseil scientifique du Parc naturel régional du Marais poitevin.

Enfin et peut-être surtout, le Professeur Chaumillon nous invite à partager son domaine de connaissances et le fruit de ses recherches. Et pour cela, tous les moyens sont bons : il écrit des livres, a donné près d’une cinquantaine de conférences grand public et plus récemment des shows scientifiques "Eh ... la mer monte !’" où l’humour le dispute à la science ».

Les recherches d'Eric Chaumillon portent sur la sédimentologie, la géomorphologie et la stratigraphie des environnements sédimentaires littoraux

• Prix Madeleine La Bruyère à Fabien Clauw pour ses romans historiques et maritimes

Rapport Marie-Dominique Montel : « Connaissez-vous Gilles Belmonte, officier de marine sous la Révolution, le Directoire, le Consulat et l'Empire? Grandi à bord des navires de la marine royale, il prend son premier commandement à Rochefort sur la frégate Liberté et nous entraîne dans plusieurs volumes d'aventures maritimes où les fervents lecteurs du formidable mais très anglais capitaine Hornblower lui trouveront enfin un adversaire français à la hauteur. Car le capitaine Belmonte est un personnage de romans né de l'imagination de Fabien Clauw, marin lui même, qui a couru plusieurs courses en solitaire et fait le tour des océans à la voile avant de poser l'ancre à La Rochelle.

C'est son expérience de la mer qui donne leur exceptionnelle saveur, leur densité, à ses récits. Les manœuvres du trois mâts, le travail des centaines de marins et de soldats, les exercices quotidiens pour être le plus rapide sur l'eau et au combat, les gabiers dans la mâture, les affrontements meurtriers avec la flotte anglaise, les tempêtes et les risques de la mer, tout est décrit avec la précision du connaisseur. Les navigateurs auront l'impression d'arpenter le pont de la frégate, de partager chaque moment de navigation et de lutte avec les éléments ; les marins d'eau douce qui ont aimé le film "Master and commander" seront emportés par le talent du narrateur et frémiront devant les dangers encourus par le vaillant capitaine et le mélange de compétence d'astuce et de charisme qui lui permettent de tirer son épingle du jeu.

Cinq titres sont parus aux éditions Paulsen "Pour les trois couleurs" "Le trésor des Américains", "Le pirate de l'Indien", "Capitaine de Bonaparte", tous désormais en collection de poche, et "Trafalgar la sanglante" publié cette année.

Si vous ne connaissez pas encore Gilles Belmonte, je vous envie : vous allez au devant d'une lecture palpitante ».

Fabien Clauw : C'est son expérience de la mer qui donne leur exceptionnelle saveur,
leur densité, à ses récits

L'Académie de Saintonge distingue Philippe Deblaise pour son livre « Moi, Nicolas Jenson, libraire à Venise en 1470 »

Parmi les prix remis dimanche dernier par l’Académie de Saintonge, Philippe Deblaise a été primé pour son dernier ouvrage  « Moi, Nicolas Jenson, libraire à Venise en 1470 » paru aux éditions Le Pythagore. L'ouvrage a reçu le prix de la Haute-Saintonge. Cet écrivain, spécialisé dans les chevaux, possède plusieurs cordes à son arc. A Saintes, il anime la librairie à colombages Philippica, spécialisée dans la vente d'ouvrages anciens traitant du monde équestre.

Rapport d'Alain Braastad présenté par Philippe Ravon : « Je ne vais pas vous présenter Philippe Deblaise, il est connu de tous dans la région en tant qu'expert en livres anciens. Dans le cas présent, il s'agit d'un beau livre, d'un bon format, sur un beau papier avec de beaux caractères, ce n'est pas un livre de poche ! C’est l’histoire de Nicolas Jenson, un des premiers imprimeurs français. Ce typographe voyageur finit par s’installer à Venise. L'existence de ces inventeurs un peu savants, un peu hommes d'affaires, un peu chenapans est passionnante. De vrais personnages de roman et aujourd'hui, ce roman existe. 

A peine plus jeune que Jeanne d'Arc, Nicolas Jenson est un jeune graveur talentueux de l’atelier royal de la monnaie de Tours, quand le roi Charles VII l'envoie à Mayence afin d'y percer le secret d'une technologie de pointe qui semble prometteuse inventée par un nommé Gutenberg. Il va s'initier au maniement des caractères mobiles qui permettent de composer et d'imprimer des livres

En 1470, on le retrouve à Venise, père de trois enfants et typographe de renom. Pendant 10 ans, il publie avec succès de nombreux ouvrages. Venise où débarquent à l’époque les riches prélats fuyant Constantinople avec leurs nombreux manuscrits grecs ou latins que l’Occident ne connaissait pas. Surtout, il perfectionne la découverte de Gutenberg en inventant un caractère plus lisible et qui consomme moins d'encre, ce qui permet des économies. Vous le connaissez, c'est le caractère roman, rebaptisé "Times new roman" par les Anglais et qui est toujours la star de nos ordinateurs aujourd’hui.

Il y précise les débuts de l’imprimerie, le maniement de la presse, la création des lettres, le ventre des a, des b, le point des i, puis la gravure de la matrice des lettres, les poinçons, les caractères mobiles dans leurs casses, le traitement des initiales, le vélin, le parchemin, le papier et les filigranes. Le choix des manuscrits à imprimer, d’abord les grands textes latins, puis des textes législatifs. Le saturnisme causé par le plomb et la façon de le soigner à l’époque, la peste. La texture de l’encre, les couleurs, le rubricateur, le brocheur, les relieurs et les enlumineurs. Enfin la vente du livre, la naissance du métier de libraire et les premières librairies. Tout y est parfaitement décrit, un monde nouveau vient de s’inventer.

Remise du prix de la Haute Saintonge à Philippe Deblaise dimanche dernier à Royan

Cressac (Charente) : L'un des trésors des Templiers primé par l'Académie de Saintonge

Le prix Jacques et Marie-Jeanne Badois a été attribué dimanche dernier à Royan, lors de la traditionnelle remise des prix de l'Académie de Saintonge, à l’association cultuelle de l’Eglise protestante unie de Barbezieux. En effet, elle a sauvé les peintures murales de la chapelle templière de Cressac en Charente. « Le consistoire en devient propriétaire en 1902 à l’issue d’une souscription publique. Puis la chapelle est classée en 1914. Le plus dur reste à faire : restaurer le bâtiment pour l’ouvrir au culte et aux visiteurs. Bien que les lieux aient subi de nombreuses vicissitudes depuis le XIIe siècle, on peut cependant admirer une  partie de ces fresques restaurées qui nous plongent dans l'univers des croisades, dont la prise en 1163 de la ville de La Bocquée, près du Krak des Chevaliers en Terre Sainte, aujourd’hui en Syrie. Siège emporté sur les occupants musulmans par Guillaume Taillefer, comte d’Angoulême. Après une première intervention de sauvetage au début des années 1950, le Conseil presbytéral travaille en 2010 à un projet de rénovation et à la réunion des financements nécessaires. Grâce à la persévérance et à la compétence de ce Conseil, l’opération est menée à bien » a souligné Christine de Ponchalon lors de la présentation du rapport.

Remise du prix de l'Académie de Saintonge dimanche dernier à Royan

L'histoire de cet étonnant trésor templier

Découvrir les fresques qui ornent la chapelle templière de Cressac, c'est faire un retour dans le temps, celui des croisades dont la première fut prêchée par le pape Urbain II en l'an 1095. Il n'était pas encore question de Daech, mais de délivrer le tombeau du Christ aux mains des Infidèles à Jérusalem. Un pèlerinage "armé" se mit en place. Ainsi, avec la bénédiction des autorités chrétiennes, de grandes expéditions virent le jour, conduisant rois, puissants seigneurs et fidèles vers ces contrées dont ils ignoraient tout. Un choc pour eux que cet Orient tellement plus raffiné que leur environnement habituel ! A cette époque, en terre d'Occident, les coutumes et usages n'étaient pas d'une exquise sensibilité et les chants des troubadours ne parvenaient pas à faire oublier la brutalité des comportements.

Ces contrées lointaines séduirent les nouveaux occupants qui y installèrent des places fortes dont le fameux Krak des chevaliers en Syrie. A la quête spirituelle, s'ajouta la conquête matérielle. L'ordre des Templiers, qui assurait la sécurité des voyageurs en Terre Sainte, grandit en importance. Cette puissance allait lui attirer les foudres de Philippe Le Bel.

Revenons à Cressac aux alentours de 1160. Le village, qui ne porte pas encore ce nom, se niche entre monts et vaux. Une tranquillité que recherchent les Templiers, obéissant à l'austérité de leurs règles. Sur un "dognon" offert par le seigneur du coin - traduire "petite colline" - ils installent une commanderie. Il y a de l'espace, un puits jamais à sec, des champs où paissent les moutons, de la pierre pour la construction. Un ensemble immobilier voit le jour dont il ne reste aujourd'hui que la chapelle, les dépendances en bois ayant disparu.
Les pèlerins de Saint-Jacques s'y arrêtent, comme en atteste l'empreinte de "la main du pénitent" gravée sur un mur extérieur.

L'architecture de l'église est simple, un rectangle avec une orientation vers Jérusalem, trois fenêtres en façade, un oculus, la présence d'un lieu de méditation adossé au mur nord tandis que celui du sud révèle une communication vers les cuisines et les pièces destinées aux moines. L'entrée est sobre, peu décorée et devait comporter un auvent. L'intérieur, par contre, recèle des fresques et autres représentations. Quelques cérémonies (pour Noël) y sont organisées, mais les gens du coin viennent surtout y signer les actes notariés. Du cimetière qui s'étendait à proximité, il ne reste rien sinon de vagues souvenirs dans la mémoire populaire, des sépultures ayant été "bouleversées" par les charrues des paysans.

Au début du XIVe siècle, les choses se gâtent quand le Philippe Le Bel prend la décision d'anéantir les Templiers, trop riches et puissants à son goût. Voilà qu'il fait brûler à Paris, dans l'île de la Cité, le vingt-troisième grand maître de l'ordre, Jacques de Molay. Sur son bûcher, ce dernier le maudit avec une telle efficacité « jusqu'à la treizième génération » que sa lignée succombe (d'où la fameuse légende des Rois maudits). Le pape Clément V trouve la mort lui aussi.

Concernée par ce cataclysme, Cressac change de main. Elle va bientôt dépendre des Hospitaliers qui succèdent aux Templiers. Leur occupation dure environ un siècle avant qu'ils ne quittent l'endroit. L'église est abandonnée et la voûte s'écroule. A ciel ouvert, elle est exposée aux intempéries. Qui s'en soucie ? Les œuvres des Templiers, que cet édifice abrite secrètement, n'intéressent personne !

A la Révolution, le bâtiment est acheté par un fermier de la région qui le transforme en étable (cas identique au prieuré de Trizay). Il y installe des mangeoires pour ses animaux et refait le toit. Les peintures du mur nord ont pour rempart foin et paille qui les isolent des "agressions". Des vaches côtoyant des fresques peintes en hommage aux Croisés, avouez que la cohabitation est originale !

Au fil des ans, les ornementations souffrent et s'altèrent, celles du mur sud en particulier où rumine le bétail.

La situation reste en l'état jusqu'en 1902 où Félicien Gendre, originaire de Brie-sous-Archiac, remarque ce "théâtre" inattendu. Colporteur, il parcourt la campagne et vend des bibles. Interloqué, conscient qu'il a devant lui un témoignage précieux à sauver, il alerte le pasteur de Barbezieux, Théophile Duproix. Ce dernier se déplace et réalise la valeur de ce patrimoine oublié. Le fermier finit par capituler…

L'édifice est sauvé. La communauté protestante y entreprend des travaux dont la voûte en berceau. Le classement aux Monuments historiques intervient en 1914. « Le travail de nettoyage était colossal. Chacun a mis de la bonne volonté et malheureusement, dans l'enthousiasme général, certaines peintures du mur sud ont été effacées » soulignent les historiens.

Dans les années 1950, une restauration des fresques est entreprise, chapeautée par le laboratoire de recherches des Monuments Historiques. On imagine des artistes venant sur place effectuer un rafraîchissement de l'ensemble. Pas du tout ! Faute de moyens, semble-t-il, les responsables estiment plus judicieux de "déposer" les peintures du mur nord, soit 33 morceaux roulés et envoyés à Paris. Ils y sont stockés pendant des lustres sans bénéficier du moindre traitement. Dix ans plus tard, Marie-France de Christen se met à la tâche, fixant les différentes parties sur un contre-plaqué afin de les conserver dans leur intégralité. Les parties manquantes ne sont pas reconstituées.
Le décor est orné des premières "fleurs de Louis" qui devinrent plus tard "les fleurs de lys" alors que le roi Louis VII préférait les iris, dit-on ! Ce monarque est le premier époux d'Aliénor d'Aquitaine

Dans la capitale, les spécialistes trouvent attrayants ces grands tableaux qui content un pan de notre histoire. Ils sont d'abord présentés au Trocadéro, puis en d'autres sites quand la commune de Cressac aimerait bien revoir ses chevaliers ! Opiniâtres, les Charentais ne les récupèrent qu'une décennie plus tard. Certes, le puzzle assemblé reproduit les scènes initiales, mais elles ont perdu de leur authenticité première. Seule consolation, les supports rigides les isolent de l'humidité qui pourrait les altérer. De nos jours, ces techniques de restauration ne sont plus guère employées car elles provoquent des dégâts… 

Craignant de ne jamais revoir leur trésor, les habitants sont heureux de le retrouver et dès lors, des visites sont organisées qui suscitent une certaine émotion. Exceptionnelles, ces peintures murales ne sont pas sans rappeler les graffiti de Moings (à découvrir également).

• Pour les visites sur rendez-vous, s'adresser aux numéros suivants : 06 07 69 88 31 ou 06 37 58 21 46.

• Visite guidée

Le mur nord conserve le souvenir d'un événement historique, la bataille de la Bocquée, dite des Gonfanons, qui s'est déroulée près du Krak des Chevaliers en Syrie. Les Croisés en sortirent vainqueurs, ayant attaqué les troupes de Nour ed Din par surprise. L'altercation a lieu en 1163 entre Damas et Alep. Sur ce long "rouleau", aux côtés des chevaliers d'Angoumois et du Poitou, on aperçoit Guillaume Taillefer, Geoffroy Martel, frère cadet du comte d'Angoulême, Hugues le Brun, sire de Lusignan et des Templiers. Triomphe du bien contre le mal. Tous ces dessins (dont on ignore l'auteur) révèlent mout détails (forteresses, chevaux, armures, écus, lances). 

La seconde évocation, ultérieure, serait un échange de prisonniers. Saladin, qui était fin diplomate, était favorable à la négociation qui constituait une forme non agressive au cœur d'un contexte souvent compliqué. Qu'y avait-il sur le mur Sud ? On l'ignore puisque tout a disparu…

Lorsque les Hospitaliers héritent de l'église de Cressac, le goût a changé. Ils ajoutent aux fresques des frises, des feuillages et autres motifs, rendant "la bande dessinée" de leurs aïeux plus pimpante.

D'autres peintures attirent l'attention : Saint-Georges sauvant d'un dragon la princesse de Silène ; une nef ; Constantin, premier empereur chrétien ; l'évêque d'Angoulême Ademar Saint-Michel pesant les âmes et un chrisme.

Cette chapelle, située près de Blanzac, est un joyau au milieu d'un paysage verdoyant et vallonné. Aux alentours, de nombreux monuments méritent le détour dont Saint-Gilles de Puypéroux, Conzac, Poulignac. Pour ceux que le patrimoine intéresse, le département de la Charente - plus discret sur ses richesses que la Charente-Maritime - est une pépinière. D'autant qu'à quelques encablures, se trouve la belle Aubeterre et son église souterraine… 

Une nef conduisant les croisés en Terre Sainte ?

• Bataille des Gonfanons en Syrie

La description  de cette bataille par le chroniqueur musulman Ibn-Alatir montre l'importance de la victoire remportée par les Croisés : "Noureddin, ayant rassemblé ses troupes, pénétra dans les provinces chrétiennes, et vint dresser son camp à la Bocaia , au pied du château des Curdes. Son dessein était de faire le siège de cette forteresse, et de se porter ensuite contre la ville de Tripoli, dont il desirait s'emparer. Un jour, vers le midi, tandis que les soldats étaient sous la tente, on aperçut tout-à-coup des croix qui s'élevaient du haut de la montagne où était le château. En effet, les Francs ayant reuni toutes leurs forces, avaient resolu de fondre à l'improviste et en plein jour sur l'armée musulmane. Au moment fixé, ils n'attendirent pas l'arrivée de leur arrière-garde, et mirent tout de suite l'épée à la main. Comme les musulmans ne s'attendaient pas à cette attaque , les troupes les plus avancées se trouvèrent hors d'état de résister, et envoyèrent avertir Noureddin de ce qui se passait. Mais, pendant ce temps, les Francs atteignirent les avant-postes et les firent plier. Leur marche fut si rapide, qu'ils arrivèrent en même temps que les fuyards jusqu'au quartier de Noureddin. Les musulmans n'eurent pas même le temps de monter à cheval et de se revêtir de leurs armes, et furent, les uns massacrés , les autres faits prisonniers."

• Trois programmes de restauration : D'un montant de 127.000 euros financés par les subventions des collectivités, la Fondation du Patrimoine et le comité de sauvegarde et de mise en valeur du Blanzacais, ces travaux - supervisés par l'Eglise protestante unie de Barbezieux - ont consisté à supprimer les joints en ciment pour réaliser des enduits à la chaux et à nettoyer la grande peinture du mur nord. Les contaminations biologiques ont été traitées en particulier. La dernière tranche comprend les murs ouest et est (intérieur et extérieur) ainsi que les restaurations des peintures qui s'y trouvent.

• Au XIXe siècle, le peintre Eugène Sadoux a reproduit les fresques de Cressac

• Visité de la chapelle de Cressac (16) © Nicole Bertin

Marie NDiaye, Grand Prix 2021 de l’Académie de Saintonge pour son ouvrage "Royan, la professeure de français"

C'est dimanche à Royan qu'avait lieu la remise des prix de l'Académie de Saintonge 2021 sous la direction de Marie-Dominique Montel. Le grand prix a été attribué à Marie NDiaye pour son roman "Royan, la professeure de français" paru aux éditions Gallimard. La comédienne Nicole Garcia a incarné le personnage au théâtre. Son dernier ouvrage, La vengeance m'appartient, dont l'intrigue se déroule dans le Sud-Ouest, a été publié récemment.

Marie NDiaye et Bernard Mounier
Bernard Mounier a présenté cette femme de talent, attachante, auteure de nombreux romans dont "Les trois femmes puissantes" qu'elle met en scène dans un livre paru en 2009, Norah, Fanta, Khady Demba. « La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments » remarque la critique.  

Rapport présenté par Bernard Mounier : « Marie NDiaye est une femme de lettres française, ayant remporté le prix Fémina en 2001 pour Rosie Carpe, le prix Goncourt en 2009 pour Trois femmes puissantes, et le prix Marguerite Yourcenar en 2020 pour l’ensemble de son œuvre. Son dernier ouvrage, Royan - La professeure de français, est un monologue, écrit pour Nicole Garcia, laquelle l’a créé lors du dernier Festival d’Avignon.

C’est l’histoire de Gabrielle, une professeure revenant chez elle après avoir donné ses cours. Elle sait que l’attendent, devant sa porte, le père et la mère de l’une de ses élèves, laquelle s’est suicidée en se jetant d’une fenêtre du lycée. Elle reste muette devant la douleur des parents, alors que tournent dans sa tête les évidences cruelles de sa propre culpabilité en cette affaire. Les remuantes pensées de la professeure nous sont contées au présent, en une langue simple et châtiée à la fois, comme pour nous faire réfléchir sur notre part de responsabilité en semblable circonstance.

Le lecteur se voit pris dans la peau de Gabrielle et il s’entend dire « Ah ! je crois que, sans le savoir, j’ai fait un malheur sur la terre ». A moins que de répéter, avec Gabrielle marchant, je cite, « avenue de la Falaise, de la Grande-Plage, de la Grande-Conche, des Goélands, des Tamaris, du Val Joyeux : moi je suis innocente à Royan, je suis innocente, innocente à Royan partout et pour toujours »... 

Marie NDiaye déclare : « j’aime travailler dans l’ambivalence, parce qu’il me semble qu’elle nous fait réfléchir davantage ».

Pour ce texte dramatique exceptionnel, et en hommage à l’ensemble de son œuvre, l’Académie est heureuse de décerner son Grand Prix à Marie NDiaye ».

• Pour Marie NDiaye, « le travail sur l'esthétique, la musicalité, puis la psychologie des personnages est indispensable à un grand roman. Je cherche la musique des phrases, l’harmonie souterraine qui se dégage d’un livre d’imagination et qui fait que l’on a l’impression qu’il n’aurait pas pu être écrit autrement ».

mardi 19 octobre 2021

Les Gonds : Madalina Dina sur les traces du Petit Chaperon Rouge

Jeudi, était inaugurée l’exposition « Trace ou l’histoire d’un Petit Chaperon Rouge » réalisée par l’artiste Madalina Dina et proposée par la municipalité des Gonds et son maire Alexandre Grenot. A découvrir jusqu’au 3 novembre dans la la salle municipale.

Alexandre Grenot, maire, présente l'exposition de Madalina Dina
Qui es-tu Chaperon Rouge ?

Il y a mille et une façons de lire le conte du Petit Chaperon dont la fin peut être à la fois malheureuse et heureuse selon Charles Perrault en France ou les frères Grimm en Allemagne. L’histoire du Petit Chaperon rouge, de tradition orale et populaire, est pleine de rebondissements.  

L’artiste Madalina Dina a choisi de la réinventer par une exposition et des croquis qu’elles a réalisés à travers un voyage des plus originaux. Cette artiste, née en Roumanie, possède cette faculté de se projeter dans un monde parallèle qui donne au loup et au chaperon une autre dimension. Un univers où se mêlent le romantisme et le rêve, l’évasion et la réalité, la réflexion de l'adulte et l’âme d’enfant. 

Ce voyage initiatique lui a permis d’explorer, parmi les multiples facettes qui s’offrent à elle, les ressources de l’art postal, écho à l’universalité. La traversée du bois s’incarne dans des lettres et des dessins envoyés de quatre coins d’une Terre symbolique. Forêt à traverser faite « des regards d’incompréhension et d’amis enthousiastes, des amis complices et des employés de la Poste ». Grâce à la démarche de Madalina, le couple loup/chaperon vogue au gré des villages et des airs. Chut, on ne vous en dit pas plus ! 

N’hésitez pas à découvrir ce rendez-vous qui vous plongera dans les racines de l’enfance tout en vous rappelant que ses contours ne sont qu’apparences pouvant être modifiés à convenance. Et surtout, n’ayez pas peur du loup ! 

Vernissage jeudi dernier en présence d'une nombreuse assistance
Madalina Dina explique son travail

• L’exposition est ouverte jusqu’au 3 novembre de 11 h à 14 h salle municipale, rue du stade. Visite commentée mardi 19 octobre de 16 h 30 à 18 h. Renseignements auprès de la Mairie de Les Gonds au 05 46 93 18 11 

 
• Madalina Dina : 

En 1999, elle contribue à une exposition de groupe "Les jours Shakespeare" au Théâtre National de Craiova en Roumanie. En 2003, elle travaille sur les décors du film "Modigliani", une production anglaise. En 2004, elle participe à la réalisation des décors de la saga française "Les Rois maudits". En 2005 : installation en France « pays qu’elle porte dans son coeur depuis l'enfance, pour peindre ». 

« Au fil du temps, des cours de dessin à partir de l'âge de 11 ans, en passant par le lycée des Beaux-Arts puis aux Beaux-Arts à Bucarest, mes dessins se sont volontairement stylisés d'une façon naïve. Ils sont le résultat et la réflexion de plus de vingt ans de travail, de brouillons, de croquis, d'études, de feuilles arrachées et de recommencements ! » explique Madalina Dina.