• Jean-Pierre Brecq (Saintes) : « Je ne peux pas accepter que le FN fasse des scores dépassant tout entendement dans des communes de Saintonge »

Le flux de population, dite de l’immigration, est relativement faible et s’intègre assez bien. Les métiers du bâtiment, l’hôtellerie et la restauration sont porteurs d’emplois qualifiés. Mais l’offre est supérieure à la demande, donc il y a des pistes sur les formations à mettre en place.
L’offre routière et ferroviaire de notre territoire est très mal utilisée. Les réserves foncières demeurent importantes. Encore faut-il s'y intéresser de manière profitable et non spéculative ! Je ne comprends pas l’inquiétude des citoyens qui pensent que le FN, qui recueille tant de suffrages, pourrait d’un coup de baguette magique pallier des situations. Jusque-là, je n'ai pas eu connaissance de leur part des propositions et des solutions en direction de la jeunesse et du développement économique du territoire... à part d’être contre toutes initiatives en faveur des sujets évoqués.
Les humanistes, femmes et hommes, qui se sont battus pour développer et conserver le bien vivre ensemble sur ce beau territoire avec talent sont vigilants et soucieux des phénomènes actuels où l’insécurité est quasiment nulle. Alors, toutes ces idées véhiculées par ces gens-là n’ont rien à faire dans ce territoire. Dans leurs propos, utiliser la peur, l’anti développement, l’anti social, l’intolérance ne doit pas être loi dans notre Saintonge Républicaine ».
• Michel Souris (Saintes)

Quand on est démocrate, vaste sujet, et que l'on met un bulletin dans l'urne, on doit être prêt à en admettre et surtout à en supporter le résultat. On peut fermer le ban »...
• Gilles Clavel (Jonzac) : Même pas peur !

La philosophie politique de l’extrême droite n’a pas changé depuis les années 30 et il faudra bien que nos concitoyennes et nos concitoyens, qui ont apporté leurs suffrages au Front National dimanche 6 décembre dernier, prennent conscience qu'il s'agit d'un parti antiparlementaire comme le furent les ligues d’extrême droite qui, le 4 février 1934, mettaient en danger la République.
Pour autant, je ne fais pas confiance à la Droite Parlementaire pour assurer le combat idéologique face aux idées mortifères du Front National. Dans ce combat, elle déjà failli et souvent par complaisance pour celles-ci. Je suis convaincu que seul le courage politique est audible et qu’il faut que la Gauche Parlementaire continue à porter ses valeurs dans toutes les instances où elle peut être présente ».
• Didier Catineau (région de Saintes) :
La montée logique du Front national

A titre indicatif, dans mon village au cœur de la Saintonge, sur les 300 suffrages exprimés, 130 se sont portés sur la liste Front national. Et pourtant, aucun Islam particulier aux alentours, aucune insécurité qui ne puisse être traitée par la gendarmerie du chef-lieu. Et pourtant, de nombreux électeurs préfèrent porter leur choix sur ce parti qui sait si bien pratiquer la langue de bois ou certains vocables comme « République », « patriotisme », « liberté ».
Ces mots, qui sont aussi utilisés par les autres partis, ne sont pas choisis innocemment. Ils sont la représentation intrinsèque du peuple français dans ce qu’il a de divers tant dans sa richesse que dans ses origines.
Et puis, ces élections régionales ne me plaisent pas. On me demande de choisir des personnes pour diriger une région qui m’a été imposée, qui a été redessinée de manière absolument aléatoire. Où est donc la démocratie dans tout ça ?
Je veux bien choisir des maîtres, mais je ne suis pas un serviteur auquel on impose la demeure dans laquelle je dois aller. C’est aussi simple que cela.
Le parti socialiste, la droite dans toutes ses composantes s’intéressent-elles à mon quotidien ? Que ferais-je quand la capitale Bordeaux m’appellera pour des démarches administratives ? Ai-je vraiment le choix des transports ? Que vont devenir les lycées et collèges qui sont de sa compétence ? Autant d’interrogations qui, il me semble, ne sont pas clairement solutionnées.
Au lieu de débattre de ces vrais problèmes, on préfère faire de la politique tel un terrain de jeu où les quilles se renversent, les alliances évoluent et la morale est bien éloignée de mon sentiment d’appartenance à cette collectivité régionale que l’on m’impose, contre mon gré, sous prétexte d’économies. La belle affaire !
Le Front national a très bien compris tout cela et plutôt que de s’attaquer frontalement aux autres formations politiques qui lui sont opposées, il fait semblant d’écouter les Français, va aller dans son sens, dénonçant et relayant ce mécontentement, ces grondements exaspérés qui se font jour de plus en plus fréquemment. Il ne propose rien de particulier car il veut le pouvoir avant tout, mais il fait semblant d’écouter.
Et les 130 électeurs de ma commune qui ont voté Front national n’ont cure de toutes ces diatribes. Ce qu’ils voient, c’est qu’on les écoute, qu’on leur promet, comme les autres d’ailleurs, mille et une réalisations toutes plus fumeuses les unes que les autres. A cette différence près, c’est que la Gauche et la Droite réunies s’épuisent à se combattre alors que le peuple de base souffre. Et qui écoute cette souffrance, plus que quiconque ? Le Front national, n’en déplaise à tous les fâcheux qui chercheront à me prouver le contraire. Les électeurs qui votent Front national ont besoin qu’on les aime, ont besoin de se savoir importants. Les jeunes qui votent Front national veulent de la politique concrète et non pas comme actuellement un mouvement confit dans l’inaction et les vitupérations.
Le Front national lui, a promis de les écouter. Pleurez donc à présent sur ces scores étonnants car ils ne représentent qu’un mécontentement teinté de haine de l’autre et de prises de force à venir.
Dimanche prochain, il y a plus de 50 % de non votants de dimanche dernier qui peuvent changer encore les choses, profondément. Votez blanc ou votez plus traditionnel, mais votez pour une France inventive et raisonnable, innovante mais certainement pas pour le racisme, la peur de l’autre et la terreur de la différence. Je veux bien du changement, mais pas l’incertitude des chemins de misère annoncée par la venue d’un parti qui fera tout pour nous diviser ».
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