lundi 29 décembre 2014

Elections territoriales sur le canton
de Chaniers : Jean-Michel Méchain (UDI)
dénonce les méthodes de l’UMP
que préside Dominique Bussereau

Cet homme de terrain, ancien colonel de gendarmerie, présent sur différents théâtres d’opérations dont ceux des Pays de l’Est, pensait ne pas être ignare en art de la guerre. Il reconnaît s’être trompé. Il est d’autres champs d’action où les stratégies qu’on apprend dans les écoles militaires sont opérationnelles. La politique par exemple. Il vient d’en faire les frais alors qu’il envisageait de se présenter, avec l’investiture de l’UDI, aux prochaines élections territoriales de Chaniers (mars 2015). « Le président Bussereau a-t-il peur de voir arriver dans son assemblée un ancien gendarme qui a eu à opérer dans la lutte contre la mafia au Kosovo ?» déclare-t-il. Explications...



En s’installant à Saintes, Jean-Michel Méchain n’a fait que retrouver le département où il a grandi. La Saintonge, son histoire, son patrimoine et aussi la ville de Saint-Savinien et les seigneurs d’Agonnay à qui il a consacré un ouvrage.
Le colonel a une belle écriture, un caractère entier et un goût marqué pour le monde artistique. Libre puisque retraité, il se sentait prêt à rejoindre le monde politique auquel il attache de l’importance. En effet, explique-t-il, « nous sommes à une époque charnière où les élus doivent être attentifs à leurs territoires, proches des habitants et agir dans la transparence ».
Il entendait se présenter aux élections territoriales sur le canton de Chaniers avec l'envie d’incarner une autre façon d’imaginer l'avenir. Consciente que la nouvelle classe politique est utile au renouvellement non seulement des hommes et des femmes mais des idées, l’UDI lui avait accordé son investiture.
Il s’était donc mis en quête d’une femme pour compléter le fameux binôme et de deux suppléants, dont l’un l’avait assuré de son soutien alors qu’il avait déjà été choisi par l’UMP pour conduire la liste de droite. Il s’agit du maire d’Aumagne qui fut, en la circonstance, victime d’une merveilleuse amnésie ! Bref, Jean-Michel Méchain avait aligné ses troupes et établi un pré-programme face à M. Barusseau, chef de file de la liste de gauche. Il était à la tâche jusqu’à ce que l’UMP départementale lui fasse comprendre qu’il n’était pas « son » heureux élu. Le vrai, celui qu’elle avait validé était le maire d’Aumagne, petite commune administrée par René Escloupier, ainsi présentée dans les guides :  « Aumagne est un petit village français, situé en Charente-Maritime. La commune s'étend sur 20,5 km² et compte 722 habitants depuis le dernier recensement de la population datant de 2005. Avec une densité de 35,2 habitant par km², Aumagne a connu une nette hausse de 18,4% de sa population par rapport à 1999 ». Ce doit être ce formidable accroissement qui a convaincu l’UMP d’en recruter le premier magistrat !

Lors d’une entrevue avec les représentants de l’UMP, Jean-Michel Méchain a entendu leurs arguments et pourquoi ils ne voulaient pas de lui. Il aurait pu, comme la majorité des candidats en pareille circonstance, se taire pour ne pas faire d’histoire et sans doute par crainte d’éventuelles représailles… Mais il est un ancien militaire soucieux de vérité. C’est pourquoi il a décidé de porter son affaire au grand jour, tout simplement pour aider ceux qui subissent les pressions des grands partis qui les forcent à retirer leurs candidatures. Parce qu’ils ne correspondent pas au moule, qu’ils ont leurs propres personnalités et peuvent être en désaccord avec leur futur président.

Voici donc son histoire qu’il raconte avec une certaine tristesse face des méthodes qui l’ont surpris…

• Ses motivations : « L’enjeu de territoire est important. Deux raisons principales s’imposent d’emblée. Le nouveau canton de Chaniers s’articule autour de deux entités émergentes, la Communauté de Communes des Vals de Saintonge et la communauté d’Agglomération de Saintes. Les Pays, outils de contractualisation avec la Région, viennent, notamment pour la Saintonge romane, renforcer la complexité des enjeux. La seconde raison est que tout observateur attentif du territoire de la Charente Maritime voit que la Saintonge doit être soutenue dans sa dynamique de développement. Le déséquilibre Est-Ouest observé dans le département ne peut pas être ignoré. Au plus près du futur canton, le spectacle pathétique de la magnifique ville de Saint-Jean d’Angély dont le patrimoine exceptionnel est habité par le silence, Burie la capitale des Borderies réduite malgré les efforts renouvelés et opiniâtres des élus à un beau village, la « spirit vallée » où des gens entreprenants et créatifs se battent avec courage et doivent pouvoir trouver des partenaires volontaristes, la misère numérique de Brizambourg et sa région, voilà quelques petits exemples d’un territoire vivant et entreprenant qui ne veut pas être le laissé-pour-compte du développement départemental. La Saintonge est au cœur de la Charente-Maritime et doit vivre dignement forte de son histoire, de ses richesses et potentialités. Le raisonnement peut être étendu jusqu’à Matha et Aulnay bien entendu. Qu'y a-t-il de plus pitoyable et attristant que de voir Saint-Jean d’Angély et Saintes se déchirer le sandwich IKEA. N’a-t-on à offrir comme développement à la Saintonge que le spectacle de deux cités dont l’une pour survivre et l’autre pour étayer son émergence doivent, à contre cœur, s’entredéchirer ? N’y a-t-il pas place pour une réflexion harmonieuse et intelligente d’un espace commun dans lequel nous sommes tous interdépendants. Le canton nouveau, fort de sa vitalité, notamment chagnolaise, et de ses potentialités, doit participer de ce trait d’union où interagissent et innervent, les initiatives au bénéfice de tous. Face à cette réalité, une nécessité s’impose, il faut une voix forte et efficiente pour la Saintonge. L’élection prochaine dans le canton de Chaniers participe à mes yeux déjà de cette exigence ». 

 • L’analyse du contexte politique : « Le Conseil général de la Charente-Maritime est présidé par Dominique Bussereau, UMP. La majorité départementale est constituée d’élus « apparentés droite », souvent non-inscrits à un quelconque parti politique, d’élus encartés au principal UMP ou UDI, pour faire simple, en espérant ne vexer personne. Ce faisant « l’étiquette majorité départementale » reflète cet agrégat. Il en résulte à mes yeux deux exigences. La polarité de droite, si ce terme a encore un sens, est partagée. La seconde est que les élus «  apolitiques de droite » donc élus sans référence idéologique partisane et parfois même sur leur seule personnalité, doivent par honnêteté vis-à-vis de leurs électeurs se montrer libres et indépendants dans l’agrégat majorité départementale. Ne pas le faire, c’est prendre le risque d’être totalement instrumentalisé, voire manipulé ». 

• Où se situe Jean-Michel Méchain ? « Non élu et Saintais, investi par le bureau national de l’UDI, je suis un tout nouveau membre du parti Radical Valoisien. Fort de mon expérience et de ma volonté de servir la Saintonge, en duo avec une colistière élue et apolitique du canton de Burie, nous nous engagions en liaison avec le Maire de Chaniers dans une réflexion sur ce nouveau canton et prenions quelques contacts exploratoires avec des élus dont le conseiller général du canton de Saint-Hilaire de Villefranche ». 

•  Pourquoi l’UMP ne veut-elle pas de Jean-Michel Méchain ? « Le président UMP du Conseil général veut soit Eric Pannaud, maire de Chaniers, lequel refuse avec beaucoup de lucidité, de calme et d’humilité montrant une attitude qui devra être saluée ; soit un homme à sa main. Son choix s’est porté sur le maire d’Aumagne. Immédiatement, la riposte picrocholine s’engage. On verra un premier round avec en première ligne le sénateur de Pons, puis une apothéose avec une assemblée réunissant notamment deux sénateurs en exercice, M. Laurent et Mme Imbert, et l’ancien sénateur Doublet. Le but de ce trio est de dire à votre serviteur qu’il aille se rhabiller car le professionnel de la politique, maître de la Rochelle, en a décidé autrement. Les arguments les plus objectifs sont alors développés. Ils vont de la nécessité du brevet de Saintongeais ce qui est dans mon cas une évidence généalogique et pour lequel je dénie, en toute hypothèse, le droit de me le voir évaluer par un florentin tourangeau. De la nécessité d’être déjà élu, ce qui pour des gens qui sont des cumulards chroniques, est évidemment au cœur de leur survie. Le parcours de Monsieur Doublet cité alors en exemple me renvoie intérieurement, non à la notion pertinente d’insubmersibilité, mais au besoin d’évaluer le montant des financements obtenus sur une telle durée et leur efficacité. La nécessité d’une allégeance au président encore élu, mais candidat, déjà réélu dans les têtes de cette équipe de choc, est nécessaire pour espérer des subsides. A l’évidence, mes interlocuteurs ont perdu toute capacité d’objectiver par rapport à eux-mêmes dans le débat posé. La rencontre inutile se termine sur un statu quo ». 

• C’est alors qu’entre en jeu la deuxième vague d’assaut : « Des actions morales sur ma colistière et des méchancetés à mon égard. Me voilà donc affublé, me dit-on, des titres de « fouille merde », autoritaire, facho… On va jusqu’à suivre mes contacts, afin de composer une nouvelle liste, afin de tenter de déminer après mes entrevues. Les citoyens du nouveau canton apprécieront. Ils ont de la mémoire ». 

• Les questions : « Pourquoi tant de haine ? Le président Bussereau a-t-il peur de voir arriver dans son assemblée un ancien gendarme qui a eu à opérer dans la lutte contre la mafia au Kosovo ? Une opération main propre serait-elle devenue urgente ? Je ne veux pas le croire. Mais c’est clair, ne comptez pas sur moi pour tourner la tête. La fin du système Belot, qui ne se rappelle pas du rachat psychotique de tous les Canards Enchaînés de Jonzac lors dernières élections municipales, et l’ébrouement inévitable des populations toujours terrible pour la mémoire, angoissent-t-elles ? Il est temps de renouveler le personnel politique et de mettre l’éthique des comportements au cœur de l’action. Quel que soit le futur, une certitude s’impose. La Saintonge a besoin désormais d’une voix forte pour se faire entendre. C’est aux citoyens de choisir et non aux officines ».

A l’UMP, on accuse Jean-Michel Méchain d’en rajouter : « L’UMP choisit ses propres candidats sur leurs qualités. M. Méchain est tout à fait libre de constituer sa propre liste UDI. Nous ne l’avons jamais empêché de le faire » souligne un élu de la majorité départementale. Reste qu’il faut les trouver, ces candidats qui seront partants à ses côtés. A titre d’exemple, Jean-Michel Méchain a vu partir son binôme féminin qui a rejoint le maire d’Aumagne.

Aujourd’hui, il n’a pas dit son dernier mot, mais il est déçu. « C’est ça la politique, un monde qui protège ses intérêts et écarte tous ceux qui peuvent lui faire de l’ombre. A croire qu’il faut être coopté ! ». Il est vrai qu’à force de couper les jeunes pousses, les « vieux » politiques sont arrivés à protéger leurs trônes et leurs gloires respectives et surtout à conserver leur cour faite de personnes soucieuses de privilégier leurs avantages. Toutefois, ils ont « zappé » de leur entourage de vrais talents et des évolutions qui auraient permis à leurs territoires d’évoluer. En effet, pour être réactives, les générations doivent être symbioses avec leurs époques respectives. Dynamiques, allégées, novatrices au lieu de crouler sous le poids des strates dépensières et sclérosées.

Il est évident qu’en brisant l’omerta, Jean-Michel Méchain va provoquer des vagues et s’attirer de solides ennemis. Notons au passage de l’UMP n’est pas seule à agir de la sorte : à gauche, ce n’est pas mal non plus avec les PRG ! « Je crois qu’il faut réoxygéner le monde politique que de nombreux Français remettent en cause aujourd’hui » conclut Jean-Michel Méchain. Affaire à suivre…

Après les élections territoriales de mars 2015, le Conseil général comptera autant d'hommes que de femmes. A l'heure actuelle, le président sortant Dominique Bussereau a de fortes chances de conserver la majorité UMP.
• Jean Michel Méchain : « Mon expérience territoriale m’a conduit du département de l’Isère aux Yvelines, de Bordeaux à Paris et de la Haute-Savoie aux Alpes de Haute Provence. J’étais officier de gendarmerie et j’ai quitté le service, avec le grade de colonel, en 2011, me retirant à Saintes ». Il a reçu plusieurs distinctions dont la Légion d’Honneur.

•  Jean-Michel Méchain s’interroge sur l’attitude de l’UMP à son égard. Il a la "malchance" d’être le neveu de M. Bouffard, le nouveau maire de Saint-Georges de Didonne (commune de D. Bussereau) et, membre de l’UDI, il est proche de Xavier de Roux, l’ancien maire de Chaniers : « Cela suffit-il à faire de moi une personne à ne pas fréquenter ? Ou bien l’UMP a-t-elle déjà "acté" que la gauche devait conserver le canton de Chaniers, c’est pourquoi elle a choisi pour tête de liste le maire d’une petite commune ? »…

3 commentaires:

Philippe Dupuy a dit…

Il n'est jamais trop tard pour découvrir les réalités de la politique saintongeaise et pour s'étonner du nombre d'abstentions qu'il y aura ! Bon courage tout de même

JCB 17 a dit…

Déjà moi....

Jean-Paul Négrel a dit…

Monsieur Méchain, vous venez tout simplement de découvrir la «complexité» du système politique Saintongeais !

Toujours bon à prendre,le Pouvoir local, depuis de nombreuses années, est entre les mains de certaines personnes, qui ne le lâchent à aucun prix, et qui s'entendent très bien entre elles, y compris au-delà des étiquettes politiques !
Le tout agrémenté de déjeuners discrets...Dont le menu demeure secret !

Pour mémoire, il n'est qu'à se souvenir de quelle façon caricaturale et antidémocratique s'est déroulée en Charente-Maritime la dernière élection sénatoriale !

Pour votre information, quelques détails ici : la-cagouille-libre.fr