mardi 29 octobre 2019

La ville de Jonzac s'achète une île ! Bientôt le renouveau de l'île de chez Robin où ont chanté Maurice Chevalier et Gilbert Bécaud

Lundi soir, le conseil municipal a voté l'acquisition de l'île de chez Robin
Lundi soir a été un grand moment pour le conseil municipal de Jonzac. Outre le chantier de restauration du châtelet (avec l'ambition de faire du château un lieu de visite incluant des parties non ouvertes au public dont le chemin de ronde, etc), les élus ont voté à l'unanimité l'achat de la parcelle AK 0001 qui correspond à l’île sur la Seugne située en contrebas de la place du marché. Le coût prévisionnel de cette acquisition s’élève à 30.000 € auxquels s’ajouteront les honoraires de négociation et de notaire. Après Ré, Oléron, Aix et Madame, Jonzac possèdera donc une île dont elle n'a pas encore choisi le nom de baptême. Elle fera partie de la promenade élaborée en bordure de Seugne qui part du pont de pierre, franchit le pont de la traîne et se déroule entre prairie et cours d'eau.
Deux ponts seront construits afin de rendre accessible ce havre de fraîcheur aujourd'hui à l'abandon. Y poussent de beaux arbres dont l'un (un platane) semble avoir un âge respectable. Ce lieu parle aux Jonzacais : ainsi Pierre Jean Ravet se rappelle qu'enfant, c'était l'un de ses terrains de jeux avec les copains du quartier dont Bernard Lévêque, l'ancien patron de La Haute-Saintonge. Nul doute que les habitants de la place du Champ de Foire, dont le maire actuel Claude Belot, gardent en leurs mémoires de joyeux souvenirs de ce temps d'avant.

Une île née du reprofilage de la Seugne 

L'île est au milieu de la Seugne, en contrebas de la place du Marché (superficie 26 ares)
Aujourd'hui abandonnée, l'île sera de nouveau accessible grâce à deux passerelles
 

L'ile de chez Robin (non loin de l'aire de jeux) résulte du reprofilage de la Seugne au XIXe siècle. En effet, dans la nuit du 15 au 16 janvier 1843, un événement s'est produit qui sera à l’origine d’une profonde modification de l’urbanisme jonzacais. Une nouvelle crue dévastatrice de la Seugne prive la population des trois ponts de bois qui franchissent les deux bras de la rivière et le canal de fuite du moulin (le pont de Réaux connaît pareil sort).
La ville haute est coupée de la ville basse, c'est-à-dire du quartier des Carmes. Devant l'étendue des dégâts et les problèmes qu'ils posent à la population, la municipalité opte pour la construction d’un nouveau pont qui réglera le problème des crues et celui du franchissement de la Seugne. Elle réclame la construction d’un pont plus large, passant de cinq à huit mètres, ce qui implique de reculer d’environ un mètre cinquante les façades de toutes les maisons situées entre la porte de ville et le palais de justice.

Sur le plan Bourrilhon de la fin du XVIIIe siècle, on aperçoit l'ancien tracé de la Seugne en centre ville et les trois ponts qui seront détruits par la crue de 1843
Les élus envisagent également de surélever le pont d’un étage et rectifier le lit de la rivière en arasant l’îlot bâti qui sépare ses deux bras et par le creusement d’un canal recoupant le méandre du marché. Ces travaux ont pour but d’accélérer l’écoulement des eaux dans le goulot d’étranglement de Jonzac et d’éviter ainsi des inondations aussi importantes que destructrices.
Ils sont à l'origine de l'île dite de "chez Robin", du nom de son dernier propriétaire (qui possédait une épicerie et un service de taxis). « Cette bande de terre est une partie de la prairie qui bordait la Seugne » souligne James Pitaud.

Souvenirs, souvenirs !
 
C'était en juin 1953 sur l'île de chez Robin (archives James Pitaud)
Dans les années 50, le comité d'organisation de la fête de la Saint-Gervais. On reconnaît MM. Soulignac, Busch, Massiot, Jousseaume, Morniche, Lhoumeau, Latorse, Mlle Goguet (archives James Pitaud).
Acquise par la ville de Jonzac, l'île devrait retrouver une certaine animation. Ainsi, y ont chanté Maurice Chevalier et Gilbert Bécaud en juin 1953. La fête de la Saint-Gervais et la Saint-Protais (protecteurs de Jonzac) était l'occasion de réjouissances qu'évoque l'historien James Pitaud dans le livre "Mémoires et images Jonzac et son canton". Dans les années 1950, M. Jousseaume était alors responsable du comité d'organisation et avec son équipe, à laquelle appartenait M. Massiot, les fêtes du quartier étaient l'occasion de rencontres inoubliables dont des galas de boxe, des bals, la venue d'artistes et des spectacles organisés sous le marché couvert. En 1952, La Voix Jonzacaise relate la venue de Jean Nohain devant une salle archi-comble...

Article de la Voix Jonzacaise (Jonzac à la une)
• Une petite balade ?

Sur la place du marché, l'immeuble de l'épicerie Robin est en vente. L'île de la Seugne, propriété des héritiers, vient d'être acquise par la ville
Pour apercevoir l'île, pas compliqué, il suffit de descendre vers la Seugne...
Et vous le verrez au milieu de la rivière ! On peut également emprunter la promenade qui part du Pont de Pierre

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