mercredi 7 novembre 2012

Portrait : De Cyprien à Madeleine,
la saga des Chapsal


On connaît surtout Madeleine, l’écrivain, mais avant elle, toute une lignée de Chapsal a porté ce nom, dont Fernand qui fut ministre et maire de Saintes pendant vingt ans. 


Vendredi. L’été indien darde ses rayons sur la Saintonge. Invitée par le club Saint-Georges que préside Pierre Pereira, Madeleine Chapsal s’apprête à donner une conférence sur un sujet qui lui tient à cœur. « Les Chapsal et la ville de Saintes : une longue et belle histoire d’amour ».
Pas besoin de consulter ses notes, cette famille, elle la porte dans son sang. Elle irrigue ses veines et les personnages qui l’ont précédée ont laissé en elle une empreinte indélébile.
Installée devant la piscine, un endroit calme et lumineux, elle parle « au nom de tous les siens ». Évoquer sa famille l’amuse, tout d’abord parce qu’elle est une femme. S’exprimer librement, quand on porte jupon, n’a pas toujours été chose aisée. « Longtemps, les femmes ont été dans l’ombre. Si mon arrière-grand-père me voyait, il en ferait une maladie ». Le ton est donné. L’un des charmes de Madeleine Chapsal est d’avoir banni la langue de bois de son vocabulaire !

Cyprien, l’arrière-grand-père en question est originaire d’Aurillac dans le Cantal où son père est coutelier. Professeur de lettres, il a exercé à Limoges, avant d’être nommé au collège de garçons de Saintes dont il est devenu Principal. « Avec Sophie, son épouse, ils ont acheté la maison de la rue Saint-Maur que j’habite actuellement. Ils n’y sont venus qu’à la retraite. Auparavant, ils occupaient le logement de fonction de l’établissement ». Après une vie bien remplie, Fernand s’est éteint à Saintes à l’âge de 73 ans. Son épouse lui a survécu vingt ans…

Fernand ou la renaissance de Saintes 

Parmi leurs enfants, se trouve Fernand, né en mars 1862 : « C’était un bon élève. Il avait une puissance de travail et une clarté d’esprit remarquable » souligne Madeleine Chapsal.
Il fait ses études à Paris où il devient docteur en droit. D’abord inscrit au barreau, il entre au Conseil d’État dont il a réussi le concours d’entrée (il s’est classé deuxième). Il a 25 ans et sa carrière sera exemplaire. « Je sais beaucoup de choses à son sujet car il a laissé une correspondance abondante. De nos jours, on croit communiquer efficacement grâce à Facebook ou Twitter, mais ces lettres sont plus riches en information que tous nos vecteurs habituels ».

Quels postes a-t-il occupés ? La liste est longue. Membre du Radical Socialiste, il a été sénateur de la Charente-Maritime de 1921 à 1939 et vice-président de cette docte assemblée. Maire de Saintes de 1919 à 1939, il a laissé son nom au jardin public et à une rue de la ville.
Il s’est largement investi dans les chemins de fer, l’adduction d’eau, l’électrification rurale et a fondé, dans le département, l’une des premières caisses régionales de Crédit Agricole Mutuel. « Toutefois, malgré les actions qu’il a conduites, les municipalités qui se sont succédé à Saintes n’ont pas eu la réelle volonté d’honorer sa mémoire » regrette sa petite-fille.
Il a par ailleurs occupé de multiples fonctions dans la haute administration de la Troisième République, notamment directeur du Service du Ravitaillement Civil pendant la Première Guerre Mondiale. S’y ajoutent trois ministères, le Commerce et l’Industrie en 1926 dans le gouvernement d’Aristide Briand, le Commerce de juin 1937 à janvier 1938, puis l’Agriculture de janvier à mars 1938 sous Camille Chautemps.

Par son parcours politique, Fernand a incontestablement marqué la famille Chapsal. « Mon grand-père était l’homme, non des promesses fumeuses, mais du réalisme fécond. Et si ses grandes connaissances lui permettaient de se pencher sur tous les problèmes, son bon sens voyait immédiatement la forme dans laquelle ils pouvaient être réalisables, aux moindres frais. Il a contribué à la renaissance de Saintes ».
Madeleine garde de son illustre aïeul un souvenir ému et nuancé : « Je crois que les enfants ne l’intéressaient pas. Il ne m’a jamais vraiment adressé la parole ». Cette génération d’hommes, il est vrai, a souvent été qualifiée de machiste !

Tel père, telle fille ! 

L’un des fils de Fernand, Robert, né en 1895, n’est autre que le père de Madeleine Chapsal. « Lui et son frère étaient un peu complexés face à leur père. À peine revenus de la guerre où ils avaient combattu courageusement, il leur a dit qu’il fallait commencer à travailler ».
Robert est le contraire de Fernand : il aime la douceur de vivre et les femmes ! Après avoir été attaché d’ambassade, il rejoint la Cour des Comptes. « Quand ma mère est tombée enceinte, il l’a épousée. Elle appartenait à la maison de couture de Madeleine Vionnet ».
Pour des raisons faciles à deviner, le couple divorce : « Papa nous prenait tous les quinze jours et l’été, ma sœur Simone et moi passions un mois à ses côtés dans la maison de Pontaillac. Souvenirs merveilleux ! C’est là que j’ai appris à nager. Quand j’étais à Paris, j’étais le plus souvent avec ma nurse. Heureusement, grand-mère vivait à la maison ».

Madeleine voue une belle admiration à son père : « il était beau, soucieux de sa personne, soigné, élégant ». À la fin de son existence, qui fut très longue, il déclarait : « Plus rien ne m’étonne car j’ai vu tout et son contraire. À mon âge, il ne reste que l’émerveillement ». Il avait dansé dans les boîtes de nuit de Buenos Aires, porté le fez à Istanbul, représenté la France à l’enterrement de l’impératrice Eugénie, emprunté le premier métro à Paris et failli mourir dans la boue d’une tranchée à Verdun. Ces moments sont relatés dans le livre « Cent ans de ma vie » que Madeleine a préfacé. Seul bémol, il n’est jamais parvenu à se faire élire maire de Saintes, contrairement à son père !
Son frère Pierre, qui avait fait Centrale, a été directeur chez Saint-Gobain.

Nous arrivons tout naturellement à Madeleine Chapsal. La présenter serait lui faire offense. En effet, sa notoriété est grande, de son métier de journaliste à l’Express à la publication de romans. Jean-Jacques Servan-Schreiber, avec qui elle a été mariée quinze ans, est resté dans son cœur : « Il a lancé Michèle Cotta, Catherine Nay, Françoise Giroud. Il ne faisait pas de distinction entre les hommes et les femmes ; seuls comptaient le talent, la force de travail. Il donnait des conseils. Quand il avait repéré une bonne plume, il la recrutait. Au journal, personne ne se plaignait. Nous étions tous honorés d’appartenir à l’Express qui s’était taillé une belle réputation depuis sa création en 1953 ».

Madeleine réalise moult interviews dont celles de Saint-John Perse et Jacques Lacan. « J’ai toujours préféré la littérature et la psychanalyse à la politique » explique-t-elle. Et d’ajouter : « J’avais la fâcheuse tendance à dire ouvertement ce que je pensais. En politique, cette attitude n’est pas forcément appréciée ».
Peuplée de beaux moments et de situations difficiles, la vie de Madeleine Chapsal s’est écoulée entre Paris, les maisons du Limousin, de Saintes, l’Île de Ré… et bien sûr dans les salons littéraires et sur les plateaux de télé. Elle a pansé ses plaies, son divorce parce qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfant et l’incompréhension qui l’oppose à sa sœur. Elle en a fait des livres où de nombreuses femmes se sont reconnues. Et puis est arrivée la disparition tragique de David, « son fils adoptif », l’un des quatre enfants de Sabine et Jean-Jacques Servan-Schreiber. Une épreuve douloureuse qu’elle a exorcisée en lui dédiant un ouvrage publié en avril dernier.

Devant un auditoire attentif, Madeleine Chapsal a raconté cette longue histoire qui gravite autour de la ville de Saintes. Peut-être la croiserez-vous du côté de la rue Saint-Maur : c’est là qu’est située la maison de famille dont elle est la première femme propriétaire !

La maison de la rue Saint-Maur à Saintes
 

Au sujet du Service Départemental
d'Incendie et de Secours :


18 : « Le transfert des appels à La Rochelle est une régression » estime Claude Belot 

 Le 15 août dernier, des baigneurs ainsi que des membres du personnel ont ressenti des malaises au complexe aquatique des Antilles (Charente-Maritime. Selon les spécialistes, les trichloramines seraient à l’origine de ces indispositions qui ont fait couler de l’encre et mobiliser 35 pompiers sur les lieux.

Alors en vacances en Espagne, Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, a vécu ces événements en direct grâce à ses « relais » locaux, dont l’un de ses vice-présidents Jean-Michel Rapiteau. Il est évident que durant plusieurs jours, la Communuaté de Communes de Haute-Saintonge, gestionnaire du site, n’a manqué ni travail, ni de tracasserie.
Aujourd’hui, des dédommagements sont demandés par une cinquantaine de personnes ayant subi des « incommodités ». Elles sont estimées à 2.151 euros. La collectivité assurera ces remboursements.

« On avait quasiment déclenché le plan Orsec » lança Claude Belot lors de la dernière réunion de la CDCHS, avant d’embrayer sur un autre problème, celui du traitement de l’alerte grande distance. En effet, chaque fois que l’on compose le 18, on tombe sur la plateforme du SDIS à Périgny qui traite l’information et la répercute aux casernes proches du lieu du sinistre.  
« Il faut changer ce système » estime Claude Belot, « si je veux une réponse rapide, je suis obligé d’aller au centre de secours de Jonzac parce que si je passe par La Rochelle, je ne l’aurai pas. J’arrive à régler les problèmes tant que les pompiers veulent bien m’obéir »…
Le sénateur maire de Jonzac aimerait revenir à l’ancienne formule de « proximité ». Parmi les motifs invoqués, la mise en danger d’autrui. « Prenez le forcené de l’hôpital psychiatrique qui a posé problème l’autre jour en ville. Il a fallu six gendarmes pour le maîtriser. Pendant longtemps, j’ai été responsable du centre de secours de Jonzac. Quand l’accident de Mirambeau s‘est produit, il y avait Claude Belot et Patrick Carré en premières lignes. Aujourd’hui, on est dessaisi de tout. Je considère que le transfert téléphonique à La Rochelle est une régression ».

Francis Savin pas d’accord ! 

Tandis que le vice-président du SDIS, Daniel Laurent, ne dit mot, son collègue Francis Savin (administrateur du SDIS) monte au créneau. « La centralisation globale des appels à Périgny s’est faite en 2010. Elle a commencé en 2009, avant Xynthia, à l’exception du Sud. J’ai été élu en 2008 au Conseil général. Je suppose que ce dossier avait été étudié en amont ». Président du Département jusqu’en 2008, Claude Belot en avait forcément entendu parler. « Il faut arrêter de dire que le SDIS coûte cher, ce service fait bien son travail. Quant à la Haute Saintonge, je ne l’oublie pas puisque la gestion des caméras de détection des feux de forêts sera centralisée à Jonzac. Elles seront opérationnelles au printemps 2013 ».
S’il partage souvent les mêmes points de vue de Claude Belot, le conseiller général de Montguyon entend s’exprimer quand leurs avis divergent. Ce qu’il a fait !

Claude Belot reste sur ses positions : « Quand il y a un pépin, la mobilisation doit être rapide et le délai d’intervention court, surtout en cas d’urgence médicale ». Bref, ce serait mieux si un centre de secours proche répondait à l’appel. Sera-t-il entendu ?…

lundi 5 novembre 2012

Crazannes :
La galaxie des pierres levées


Carnac, Stonehenge figurent parmi les lieux les plus connus du monde entier. Leur existence reste une énigme. Quel but recherchaient les hommes en érigeant ces blocs énormes vers le ciel ? Consciente qu’un flambeau est à transmettre, l’association des Lapidiales de Port d’Envaux, que soutient le Département, a un grand projet : créer « la galaxie des pierres levées » sur la commune de Crazannes. 
 
Au départ, il y a les Lapidiales de Port d’Envaux que préside Alain Tanenbaum. Sur de vastes fronts de taille, au lieudit les Chabossières, des sculpteurs y laissent leurs empreintes chaque année. Cet endroit, ouvert au public en toute liberté, est sans doute l’un des plus insolites de Charente-Maritime. On s’y promène en admirant le talent d’artistes venus du monde entier.

Il y a quelques années, une nouvelle idée a germé dans la tête des responsables. Ambitieuse, il s’agit cette fois de créer « une galaxie des pierres levées », dans le droit chemin des dolmens et menhirs d’autrefois. Ces témoins d’un temps reculé ne manquent pas en Haute-Saintonge quand ils ont eu la chance d'échapper à l’empierrement des chemins ! On peut en voir un bel exemple à la Pierre Folle, sur la commune de Montguyon. Mais rien ne vaut les formidables alignements de Carnac en Bretagne ou encore l’étrange silhouette de Stonehenge en Angleterre. Faute de documents écrits, on ignore quelle était leur signification. Moult bruits courent à leur sujet. On raconte que les "sentinelles" de Carnac seraient une armée romaine changée en pierre par Saint-Cornely (toute ressemblance avec l’armée enterrée de Xi’an, en Chine, n’est pas purement fortuite !) et une autre prétend que les Korrigans, petits êtres maléfiques, dansent la nuit au pied des menhirs. Au XIXe  siècle, les scientifiques ont penché pour l’astronomie : les rangées de mégalithes seraient orientées sur les axes de lever et coucher du soleil aux solstices, position qui permettrait d’observer les mouvements de la Lune et des étoiles. Un calendrier cosmique en quelque sorte ! On a aussi parlé de sépultures, de sacrifices. Sur le sujet, les avis restent partagés et aucune réponse formelle n’a été apportée.

 La présentation du projet par Alain Tanenbaum en présence de Michel Parent et Gérard Gaillard
En imaginant un champ constellé de pierres levées, Alain Tanenbaum ne cherche pas à susciter le mystère. Il s’inscrit dans un mouvement que nos ancêtres ont insufflé voici des millénaires. Il veut seulement perpétuer une tradition qui se perd dans la nuit des temps ! Pour point d’ancrage, il a choisi les carrières de Crazannes, près de Saintes. Un endroit extraordinaire dont la pierre a été extraite de l’Antiquité au XIXe siècle. Ce calcaire légèrement ambré a servi à la construction de l’arc romain de Germanicus (Saintes), Fort Boyard et la cathédrale de Cologne. Il serait présent dans le socle de la Statue de la Liberté. Tout un symbole !

Le musée des carriers
Un chantier sans fin 

Réunis voici quelques mois au Pôle Nature de Crazannes, les organisateurs ont présenté leur projet aux côtés de sculpteurs en résidence (l’Italie était à l’honneur cette année). Un plan ainsi que des panneaux explicatifs de la future galaxie des pierres levées figurent dans le musée.


En 2012, l’invitée d’honneur était l’Italie. Venise, la Sérénissime, est la source d’inspiration d’Antonella Tiozzo et de l’argentin Pablo Garelli. Rigides, droits comme des I, les blocs se sont animés au gré de leur imagination fertile. 


Soucieux de poursuivre la mise en valeur du patrimoine géologique et culturel du département, le Conseil général s’est associé à cette action de valorisation.
En quoi consiste-t-elle ? Sur un champ de quatre ou cinq hectares que le maire de Crazannes, Gérard Gaillard, s’est engagé à trouver sur son territoire, seront installés 365 mégalithes dédiés aux cultures des sociétés humaines contemporaines en ce début de XXIe siècle. Auteur d’un cercle, figure majeure accueillant les cinq pierres-mères des continents de la Terre, plusieurs branches rayonneront pour former un ensemble qui s’étendra dans l’espace.
La position des menhirs, coiffés d’un gros caillou, obéira aux règles de la suite de Fibonacci qui doit son nom au mathématicien Leonardo Pisano. En effet, dans le Liber Abaci publié au XIIIe siècle, il a décrit le système d’écriture décimale positionnelle étudié auprès de savants arabes. De là à l’utiliser pour former « une spirale galactique » à Crazannes, il n’y avait qu’un pas !

L’agencement des menhirs, qui seront coiffés d’un gros caillou, obéira aux règles de la suite de Fibonacci qui doit son nom au mathématicien du XIIIe siècle, Leonardo Pisano. Chaque pierre du champ mesurera 2,4 m de hauteur pour une base de 0,80 m. Elle sera posée sur un socle de 80 cm.
Le site ne sera pas uniquement consacré à ces sculptures imposantes, mais à l’ensemble des acteurs de la région. Des spectacles y seront organisés. Loin d’être figé, l’endroit sera animé ! Représentant le Conseil général, Michel Parent s’est félicité de « cette initiative qui irriguera toute la Charente-Maritime ». D’autres pierres levées existent dans la région comme le dolmen (moderne) de Daniel Moulinet à Colombiers. Un véritable parcours balisé à travers Aunis et Saintonge pourrait être élaboré. « C’est un chantier dont on ne verra pas la fin. D’autres le poursuivront après nous » estime Alain Tanenbaum. Pour les générations futures, ces mémoires de pierres constitueront la démarche d’un groupe soucieux d’avancer dans son époque, tout en privilégiant le travail des hommes qui l’ont précédé. Ces étranges pierres levées pourraient-elles succéder au chantier événement de l’Hermione, quand la frégate aura pris la mer ? « Un rêve sans étoiles est un rêve oublié » écrivait Paul Eluard. C’est pourquoi il faut croire en ces « présences » qui symboliseront notre passage comme le font, au large du Chili, les fameuses statues de l’Île de Pâques…

Les carrières de Crazannes : un lieu unique et énigmatique à découvrir.
 
 

• L’attrait de ce havre verdoyant réside en sa double attraction. Lors de la visite sur le terrain, Stéphane Majeau, un guide qu’il faut absolument rencontrer, y présente la pierre brute dans son environnement initial. Petit-fils de carrier, il connaît l’endroit comme sa poche et promène le public à travers ce véritable labyrinthe « historique ». S’y ajoute le volet artistique quand la pierre blanche chante sous les ciseaux des sculpteurs pour accoucher d’œuvres originales.

En honneur aux carriers

dimanche 28 octobre 2012

Sainte-Lheurine :
Les années nostalgie

En accueillant Jean François Michael, chanteur bien connu des années 80, la commune de Sainte-Lheurine, chère à Jean-Pierre Mariau, a remonté le temps. 

 

En première partie, le public a fait la connaissance de Zoë Kfrat, un duo plein d’imagination et d’entrain. 

Jean Jacques Lafon
Suivirent sur scène Jean-Jacques Lafon dont « La maison de papier » a su résister au temps et, bien sûr, Jean-François Michael dans son costume scintillant. Les participants ont entonné avec lui des airs qui restent encore gravés dans leurs mémoires. Le dernier morceau « Adieu jolie Candy », 5 millions de disques à l’époque, en fait partie. Dans sa nouvelle version « Crazy horse », il fait un tabac !

Jean François Michael
  Bravo pour cette soirée « variétés » sympa et accueillante !

Le groupe Zoë Kraft, le présentateur, Jean Jacques Lafon, Jean François Michael
  

Jonzac fait son cinéma
avec Jean-Luc Blanchet


Récemment, le Familia 
accueillait Jean-Luc Blanchet. On lui doit de nombreuses réalisations, dont une série de portraits sur la région 
de l’estuaire.

Se retrouver dans la salle de cinéma de Jonzac est toujours un moment agréable. Dotée de dernières technologies, elle dispose de fauteuils suffisamment douillets pour faire oublier les fatigues de la journée ! Pour preuve, la salle était archi-pleine, prête à découvrir les courts-métrages de Jean-Luc Blanchet, responsable avec Jean-Pol Soriano de la société West Océan Production.
Il fait partie de ces hommes qui ont quitté la région parisienne pour s’installer dans un lieu qui leur parle. La Charente-Maritime appartient à ces havres qui attirent les créateurs. En choisissant Arces sur Gironde, Jean-Luc Blanchet est dans l’air du temps. À ceux qui brandissent le spectre de l’isolement, la réponse coule de source : grâce à internet, on communique avec le monde entier et pour se rendre dans la capitale, il suffit de prendre un TGV à Angoulême (en attendant la prochaine ligne en cours de réalisation dans le Sud Saintonge !).

Avec Jean-Luc Blanchet, Jean-Pol Soriano, Christophe Cabri et Christel Brière
Un nombreux public réuni au cinéma Le Familia

« Avec Jean-Pol, nous avons monté une société pour faire des films sur la région » explique-t-il. Les portraits sélectionnés ont été diffusés sur France 3. Ils révèlent des personnalités attachantes qui ont une passion, que ce soit pour les airs, la mer, le sport. Ou bien un goût prononcé pour l’histoire en valorisant un château de la Guerre de Cent ans comme Saint-Jean d’Angle !
« Beaucoup sont devenus des amis » avoue Jean-Luc Blanchet. D’ailleurs, l’un d’eux, pilote d’hélicoptère aux belles bacchantes, a fait le déplacement jusqu’à Jonzac !
On y voit également Philippe Croizon avant qu’il ne traverse la Manche à la nage. Il explique comment, du jour au lendemain, sa vie a basculé en réparant une antenne de télé. Amputé, il a fait preuve d’un courage exemplaire, démontrant à son épouse et à ses enfants qu’il avait banni le mot « fatalité » de son vocabulaire. Un as du parachutisme, que l‘on voit en pleine évolution, lui a offert son premier saut. De tels moments ne s’oublient pas. Ces défis sont « un peu fous », mais que serait l‘existence sans cette montée d’adrénaline ?

L’authenticité

Jean-Luc Blanchet en profite pour mettre en lumière un ancien projectionniste qui a longtemps travaillé au Lido, à Royan. Sa manière à lui de remercier ceux qui contribuent à la « communication » audiovisuelle. On découvre aussi le père du Cricri ainsi que des amateurs de 2 CV. Après que leur camping-car a failli brûler à Saint-Genis de Saintonge, ils sont partis en Grèce avec leur fameuse « deudeuche ». Depuis, ils restent fidèles à ce véhicule increvable. Bien que peu confortable, il n’engendre jamais la monotonie !

Les courts-métrages sont pleins d’humour et de poésie. S’y succèdent des gens que l’on ne voit généralement pas aux heures de grande écoute. Loin du terrorisme international, de la crise de l’euro et des querelles politiciennes, ils ont pour eux l’authenticité du cœur. Déterminés, ils avancent parce qu’ils sont ainsi faits ! De vrais humanistes à classer en espèces protégées !

La soirée s‘achève sur les mésaventures d’un coiffeur espagnol, Ramon, dont le héros principal n’est autre que l’un de ses clients, Jean-Luc Blanchet. Il se livre à cet exercice avec une bonne humeur communicative. Ole la coupe au carré !


Sous le charme, le public applaudit ce travail qui sort des sentiers battus. Un dialogue s’instaure avec le public : « Une histoire nous relie à Jonzac depuis 1998 au moment du Téléthon, avec Laurent Neau en particulier. Nous ne sommes pas là par hasard » explique le réalisateur qui était également présent en 2011, toujours pour le Téléthon, où il représentait France Télévision. N’en doutons pas, il reviendra dans la capitale de la Haute-Saintonge…

• En souvenir de l'Amiral Duperré

Tempête 1999, port des Monards (photo Nicole Bertin, pilote Alain Perrier)
Le premier film était consacré au dernier jour de l’Amiral Duperré. En effet, cette longue embarcation, qui a navigué sur l’estuaire de la Gironde durant 50 ans, servit de bac entre le littoral et l’Île d’Oléron avant de transporter le sable des gravières. Désormais, elle a pris sa retraite ! L’Amiral Duperré est entré dans les annales avec la tempête de décembre 1999. C’est lui que de nombreux médias ont immortalisé dans le port des Monards où, poussé par les vents et les eaux, il s’était retrouvé prisonnier. Personne n’a oublié cette vue aérienne largement publiée dans la presse !