samedi 17 mars 2012

Commission départementale
de coopération intercommunale

Communiqué

La Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) réunie jeudi à la préfecture, a émis un avis favorable aux projets d’évolution de l’intercommunalité suivants : Dissolution ou fusion de syndicats intercommunaux.
• Arrêtés des périmètres des EPCI à fiscalité propre : Extension du périmètre de la CDA de la Rochelle (retrait de 9 communes de la CDC Plaine d’Aunis et retrait de la commune d’Yves de la CAPR)
• Fusion de la CDC Pays Marandais et de la CDC de Courçon
• Vals de Saintonge : fusion de 7 CDC, CDC du canton de Loulay ;CDC du canton de Saint-Jean d’Angély ; CDC du Pays Savinois ; CDC du Val de Trézence (moins les 4 communes adhérant à la CDC Aunis Sud) ; CDC Aulnay de Saintonge ; CDC du Pays de Matha ; CDC Saint-Hilaire de Villefranche (sans Ecoyeux qui sera rattachée ultérieurement à la CDC du Pays Santon).
• Fusion de la CDC Plaine d’Aunis (moins 9 communes) et de la CDC de Surgères (plus 4 communes de la CDC de Val de Trézence) et adjonction des communes de Ballon, Cire et Ardillières.
• Fusion de la CAPR (avec le retrait d’Yves) et de la CDC Sud-Charente.
La CDCI se réunira à nouveau à l’issue de la période dite de réserve, le 2 juillet prochain.

Intercommunalité : Les communes de Montils, Brives et Salignac seront fixées sur leur sort en juillet


En décembre  2011, le rejet de la carte intercommunale de Charente-Maritime a plongé de nombreux élus dans la perplexité et mis le préfet, Béatrice Abollivier, dans une situation incommode.

Si une nouvelle réunion de la Commission au eu lieu jeudi dernier, le sort des communes dissidentes de Pons et de la future CDA de Saintes ne sera abordé que début juillet. Pour mémoire, rappelons que Montils, Brives et Salignac veulent rejoindre Saintes tandis que La Jard et Colombiers comptent y rester.

« Aujourd’hui, on ne parle plus de schéma, mais de périmètres qui seront approuvés par un vote à la majorité simple » souligne Jean-Paul Geay, maire de Montils. Avec les maires des quatre autres communes, il a été reçu à la préfecture de La Rochelle mercredi après-midi. Les pétitions recueillies (entre 70 et 80 % des habitants) ont été remises officiellement au représentant de l’État. « Si la CDC de Pons restait comme elle est, nous ne demanderions pas notre rapprochement avec Saintes. Or, Daniel Laurent souhaite rejoindre la CDC de Haute-Saintonge. Nous ne sommes pas d’accord car ce territoire est trop éloigné du nôtre, c’est pourquoi nous restons sur nos positions ».

Actuellement, le dialogue est difficile avec Claude Belot, président de la CdCHS, dont l’interlocuteur reste Michel Géneau, président de la CDC de Pons, laquelle est opposée au départ des trois communes. Opération qui démantèlerait le canton de Pons. « De toutes les manières, il faut que les choses bougent. La carte doit être bouclée fin 2012 » remarque J.P. Geay.
En attendant, le bras de fer continue…

vendredi 2 mars 2012

Sophie Mouillot : Son rêve
de petite fille s’est concrétisé !


Naturelle, portant sur son époque un regard sans complaisance mais toujours optimiste, Sophie Mouillot est une jeune femme de son temps. Elle écrit, elle dessine, bref elle affirme son côté artistique avec un plaisir non dissimulé.
Elle a ouvert son jardin secret à tous ceux qui, comme elle, ont l’âme vagabonde et le cœur sincère. Début mars, elle participera au salon du livre de La Rochelle dont l’originalité est de ne réunir que des femmes écrivains. Un rendez-vous à ne pas manquer !


Sophie Mouillot : Comme beaucoup de femmes, elle a son travail (la banque), sa vie d’épouse, de mère, univers déjà bien rempli auquel elle ajoute son jardin secret : l’écriture et le dessin.

Sophie Mouillot, vous participerez au salon féminin de La Rochelle début mars. Quels livres allez-vous présenter à cette occasion ?

Les 3 et 4 mars prochains, j’aurai le plaisir de présenter et de dédicacer deux écrits édités chez PGCOM Éditions. Le premier « Célibataire, mais je me soigne ! » est un recueil de nouvelles « chik-lit » (traduction shakespearienne : « littérature pour poulette »), paru en mai 2011, coécrit par 10 auteurs suite à un concours de nouvelles organisé sur Facebook en 2010 par PGCOM Éditions et Femmes Actives Magazine. Les principaux critères : parler d’une jeune femme d’une trentaine d’années, célibataire, à la recherche du grand amour. Ma nouvelle « Le bonheur, ce n’est pas que du chocolat ! » fait partie de ce cocktail plein d’humour, d’amour et d’auto-dérision, à consommer sans modération.
Le second « Un monde éléphantesque », paru en décembre 2011, est un album interactif qui présente trois particularités. On retrouve deux histoires drôles et originales sur l’origine des éléphants d’Asie et d’Afrique, racontée par Laurence Tnahpele, écolière de CE13. Les illustrations à colorier et les zones d’écriture libre permettent à l’enfant de recréer son monde éléphantesque. Seuls ou aidés d’un adulte, les enfants deviennent de véritables acteurs à travers cet écrit.

Que représente pour vous ce salon purement féminin ?

Sans porter de propos féministes, je dirais que participer au 2e salon du livre féminin est, avant tout, le fruit d’amitiés féminines comme Nicole Jeanneton-Marino, responsable du salon, rencontrée lors de précédents salons, de rencontres et de retrouvailles entre auteurs. Honoré de Balzac disait « La destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le cœur des hommes ». Bien, ce salon est l’occasion de représenter les femmes de manière générale, de montrer qu’elles savent tenir la plume autant que les hommes, qu’elles ont aussi de belles choses à raconter, à écrire avec passion, émotion…
C’est aussi un aboutissement personnel nourri de rencontres, de partages, de plaisirs : Béatrice Vedrenne, responsable de la médiathèque de Chaniers, qui m’a proposé de participer à mon premier salon du livre en 2011 ; Patricia Galoisy, mon éditrice, sans qui l’aventure ne serait encore qu’un rêve de petite fille…
Pour ce salon, j’aurai une pensée chaleureuse pour mes enfants Émilie et Jérémy et mon époux qui me portent et m’animent à être à la fois femme et maman.

Quels sont les projets que vous comptez mener à bien cette année ?

L’année 2012 va être riche en partages et rencontres. Au cours de l’année, je vais aller à la rencontre des lecteurs en participant à quelques salons du livre : 28 et 29 avril (Cita’ Livres au Château d’Oléron), 16 et 17 juin (Montmorillon), 16 septembre (Pons), 4 novembre (La Jarrie). Des séances dédicaces seront programmées au fil des mois à venir. On peut d’ores et déjà retenir la date du 10 mars à la Médiathèque de Fontcouverte, près de Saintes.

En ce qui concerne mes écrits, je viens de terminer une nouvelle : « Rien qu’une bonne crise de foie pour reprendre du chocolat ! » qui est la suite de ma première nouvelle. Si elle est retenue, elle devrait intégrer un prochain recueil de nouvelles « chik-lit » à paraître courant 2012. Cette nouvelle me tient à cœur car mon héroïne, Cindyrella, va à la rencontre de Saintes et de certaines “actrices“ de la vie artisanale et commerciale de cette ville (NT Coiffure, La Chocolat’ hier, Destination Bien-Être).
J’ai d’autres projets d’écriture à présenter, d’autres en cours d’écriture pour la jeunesse et les adultes.
Je compte participer également à quelques concours littéraires sur internet, comme en 2011, et poursuivre mes échanges sur le net entre Facebook et mon blog.

• Le blog de Sophie Mouillot : www.lalucioledesophie.hautetfort.com

Claude Belot : The artist ?


L'eau du robinet moins chère

Tous les maires en rêvent : qu’opposition et majorité soient sur la même longueur d‘ondes. Lundi soir, en proposant au conseil municipal de reprendre la gestion du réseau d’eau potable, Claude Belot a fait l’unanimité…
D’autant que le projet de mettre l’eau minérale de Jonzac en bouteilles est plus que jamais d’actualité.


Les actions de Claude Belot ne recueillent pas toujours l’unanimité, mais il est une qualité qu’on ne peut lui nier, celle d’imaginer l’avenir de sa ville et de la région. Tout au long de ses mandats, il n‘a cessé d’avoir des idées. Si toutes n’ont pas abouti, il a eu le mérite de les lancer. Celles qui se sont concrétisées font de Jonzac une petite ville agréable avec les Antilles, le casino, un cinéma doté des dernières technologies et les Thermes qui résonnent en leurs carrières comme une valeur sûre. Bien sûr, direz-vous, l’homme a bénéficié d’heureuses conjonctures. Sans doute, mais il fallait constituer les dossiers, les conduire et les faire aboutir.

Claude Belot et la secrétaire de séance, Hélène Dubus Héraud

L’eau du robinet moins chère ?

Le dossier de distribution de l’eau potable, présenté lors du dernier conseil lundi soir, est révélateur du consensus que Claude Belot est en train de mettre en place avant les prochaines échéances électorales (dont les municipales de 2014).
Jusque-là, le réseau d’eau potable était géré par Veolia dont le contrat est arrivé à expiration. La ville s’est donc retrouvée face à une interrogation. Allait-elle renouveler sa confiance à une société privée ou devait-elle reprendre en main le marché de la distribution ? Un nouvel élément est venu s’ajouter avec la mise en bouteilles de l’eau minérale de Jonzac. « L’eau du robinet que reçoivent les 3 000 foyers jonzacais est de l’eau minérale naturelle ! » rappelle l’élu. Un cas peu fréquent qui mérite d’être souligné.


Un appel d‘offres a donc été lancé et, au terme de longues discussions, les élus sont tombés d’accord sur un point. Ils ne voulaient plus d’une délégation de service public. « L’eau potable sera donc exploitée sous notre responsabilité » explique Claude Belot qui ajoute « comme nous ne possédons pas la capacité technique, l’exploitation sera confiée à une entreprise qui peut assumer cette tâche ». Cette prestation de service a été confiée à la SAUR pour un montant de 857 296 euros HT. S’y ajoutera le volet concernant la commercialisation de l’eau minérale. Le contrat est établi sur une durée de quatre ans à compter du 1er mars 2012 : « La vente sur le marché de l’eau de Jonzac est un projet ambitieux. Nous croyons à sa réussite » remarque Claude Belot qui cite en référence la ligne de produits de beauté “Jonzac“ élaborée par le laboratoire Léa Nature.

Désormais, c’est donc la ville qui facturera les consommations d’eau des usagers et une baisse des tarifs est annoncée. Selon un principe clair qui découle du Grenelle de l’Environnement, les gaspilleurs seront plus imposés que les personnes soucieuses de préserver l’élément liquide. Soit, pour un ménage consommant 15 m3, une facture avec l’assainissement de 84 euros par an environ. Pour 120 m3, toujours avec l’assainissement, ce sera plus cher (360 euros).
Pour les élus de gauche, un tarif social, qui s’inspire de ce qui a été fait à Libourne, est intéressant pour les abonnés : « Nous approuvons, avec détermination et enthousiasme, cette régie directe de l’eau potable ainsi que le projet d’embouteillage à partir de la source de Beauregard » déclare Jack Ros. Qu’ajouter de plus ?

La Gauche, conduite par Gilles Clavel, approuve le retour en régie publique de la distribution de l’eau potable jonzacaise. De quoi rendre envieux les Ecologistes et les Communistes de Saintes. Récemment, ils se sont opposés vivement à leur maire, Jean Rouger, qui a choisi la formule de la régie intéressée en déléguant cette prestation à une société privée.

• Le contrat d’exploitation du réseau de chauffage urbain, confié à Dalkia, a été renouvelé. Claude Belot rappelle qu’une filière de formation a été mise en place au lycée, en partenariat avec l’entreprise, soit douze bacs pro obtenus en trois ans. « Ces jeunes, formés sur place, ont un travail en CDI au terme de leurs études » souligne-t-il. En ce qui concerne les approvisionnements en bois qui servent à alimenter la chaudière, ils sont réalisés par l’entreprise Huet de Montlieu la Garde. Il n’y a pas si longtemps, la matière première venait d’Angers, c’est pourquoi Claude Belot cherche à promouvoir une filière locale. Des parcelles de saules ont été plantées dans cette perspective. La première récolte, faite au Renaudin récemment, correspond aux attentes. Reste à étendre la surface de plantations.
Au passage, le maire estime que le prix du chauffage urbain reste abordable (malgré une prochaine augmentation) quand celui du fuel a bondi de 118 % en 10 ans.

Travaux et aménagements

• Un poste d’ingénieur territorial a été confié à Christian Bardet que nous félicitons pour cette promotion.

• Travaux : Réfection de la chaussée et des trottoirs dans la rue Alsace Lorraine, coût 67 040,16 euros HT, participation de la commune à hauteur de 5 410 euros HT.

• Aménagement de la place Rémy Piteau, place de la gare : Le maire souhaite que cet espace ne soit pas un lieu de stationnement mais de mouvement. Les automobilistes souhaitant laisser leurs véhicules plus longtemps seront invités à le faire sur les terrains de la SCNF.

• Renouveau du camping : Projet de contournement du camping en accédant par la rue des Mégisseries jusqu’au lycée. Pose de portes automatisées et d‘un portillon (carte d’accès remise aux campeurs). Pour tous les emplacements (dont le nombre reste identique), possibilité de capter la télévision. Coût global 45 000 euros.

• Projet de méthanisation : Le lancement d’une filière de valorisation des boues de la station d’épuration est à l’étude. Au lieu de les répandre sur des parcelles agricoles, elles seraient mélangées à des déchets verts. Le méthane obtenu alimenterait une chaudière. Étude de 50.000 euros.

• Vive la marche ! Afin de réaliser un cheminement entre la rue Guiffier et les Antilles, une convention sera passée avec Bernard Celllou qui possède un terrain dans ce périmètre.
Idem du côté du pont de la Traîne où manquait une parcelle que la famille Normand a décidé de vendre au prix de 7 200 euros.
L’avenue Gambetta est en travaux jusqu’en juillet. Gilles Clavel demande à ce qu’on incite les automobilistes à y réduire leur vitesse. Christian Balout estime qu’avec une nouvelle chaussée ne dépassant pas 5,30 m de largeur, ils devraient d’eux-mêmes restreindre leurs ardeurs !

• L’ancienne coopérative agricole, située avenue des Poilus, sera vendue par la mairie à la CDCHS afin d’y établir, pourquoi pas, une zone artisanale.

• Tarifs halte-garderie : détermination des tarifs selon les ressources plancher (598,42 euros), plafond (4 624,99 euros).
• Vallée de la Seugne : liaison piétonne entre les Antilles et la rue Guiffier par le biais de passerelles et d’aménagements hydrauliques. Coût des travaux 300.000 euros.

• Résidence Philippe : après la rénovation des immeubles F et H, les espaces publics seront réaménagés (sécurité devant l’école la Ruche, stationnement, etc). Coût 400.000 euros.

Restait l’examen du compte administratif qui sera étudié plus en détail lors de la prochaine séance. Une bonne nouvelle en avant-première : la fiscalité n’augmentera pas sur Jonzac en 2012. Elle pourrait même un peu baisser et la ville ne contractera pas d’emprunt…

Jean-Claude Beaulieu :
Chirurgien par vocation,
il ne regrette pas d’avoir choisi Jonzac !


À Jonzac comme dans toute la région, on ne présente plus Jean-Claude Beaulieu, ce chirurgien qui a opéré bon nombre de Saintongeais à la clinique Sainte Anne ou à l’hôpital. Le temps a passé et l’heure de la retraite a sonné en janvier dernier. Durant quarante-sept ans et demi, il a exercé un métier passionnant qu’il évoque pour nous.

C’est toujours un plaisir de rencontrer Jean-Claude Beaulieu qui incarne cette génération d’hommes cultivés, à la fois humanistes et tolérants, qui gardent en eux le feu sacré. Question d‘éducation, de chemin de vie. En janvier dernier, il a quitté définitivement ses fonctions de chirurgien qu’il avait exercées à Bordeaux puis à Jonzac, à la clinique Sainte-Anne et à l’hôpital. Il a tourné une page sans trop de nostalgie, conscient qu’à un moment donné, le temps qui passe se transforme en enseignement.
Quand sa femme, Françoise, sort d‘un tiroir une photo de ses jeunes années à l’hôpital Saint-André, ses yeux s’illuminent et c’est avec application qu’il recherche les noms des personnes qui posent à ses côtés. Il ne les a pas oubliées, elles non plus sans doute !

• Poitiers puis Bordeaux

Jean-Claude Beaulieu est né à Payroux dans la Vienne limousine, en juin 1944. La période est plutôt difficile dans cette zone de démarcation où les résistants ripostent à l’ennemi. À peine né, il échappe à un massacre. En effet, les Allemands attaquent un village voisin, Joussé, et le brûlent. Le 4 août, ils tuent toute la population du Vigeant et incendient les maisons : « Ils recherchaient le colonel qui encadrait le réseau et voulaient s’en prendre également à Payroux où je me trouvais avec ma mère, dans la maison de mon grand-père. Les maquisards les ont arrêtés » remarque Jean-Claude Beaulieu. Il garde pour Paul Rogeon, le médecin qui l’a mis au monde, une sincère affection. « C’était un homme courageux. Il a soigné beaucoup d’hommes blessés durant la guerre. Je suis resté en contact avec lui très longtemps ».

Jean-Claude Beaulieu passe son enfance à Poitiers où son père est haut fonctionnaire. Il poursuit ses études au lycée Henri IV où il obtient plusieurs prix d’excellence. Féru de lettres anciennes (latin, grec), mais aussi de mathématiques, de physique et d’histoire, il a l’esprit vif. Le proviseur le verrait bien faire Sciences Po et l’ENA. Il choisit médecine. À cette époque, la faculté de médecine de Poitiers est rattachée à celle de Bordeaux. Les élèves qui tentent le concours d’entrée ne sont pas aussi nombreux qu’aujourd’hui : quelque 2 500 à Bordeaux pour 320 places, le chiffre se passe de commentaires ! « Ma promotion comptait moins d’une trentaine de candidats » se souvient Jean-Claude Beaulieu qui fait partie des heureux élus avec mention bien.

Dès la première année, il accompagne le directeur de la clinique La Providence dans ses visites aux malades et assiste à des opérations. « J’avais 19 ans. Avec le recul, je m’aperçois que c’était une situation unique ».
Reçu au concours de l’externat, il rejoint le centre de traumatologie de Pellegrin, à Bordeaux. En 5e année, arrive celui de l’internat : « il y avait 17 places pour tout le Sud-Ouest. Les épreuves consistaient en quatre heures d’écrit et un grand oral public. Vingt minutes par question devant un jury qui en imposait, sans compter les spectateurs. Cette ambiance provoquait une émotion certaine chez les étudiants ! ».

Jean-Claude Beaulieu tire son épingle du jeu. Il est nommé chef de clinique à l’hôpital Saint-André et assistant à la faculté de médecine qui se trouve alors Place de la Victoire.

En 1969, le service de chirurgie digestive de Pellegrin dirigé par le professeur Doutre avec, à ses côtés, les chefs de clinique dont Jean-Claude Beaulieu, (premier rang, deuxième à partir de la gauche) et les assistants. On reconnaît entre autres les drs Perissat, Hiriguyen, Garcia et Mamère (frère du maire de Bègles).

• Le choix de Jonzac

Marié depuis 1967 avec Françoise qu’il a rencontrée alors qu’elle est anesthésiste à la maternité de Pellegrin, Jean-Claude Beaulieu a eu l’occasion de faire un remplacement à Jonzac. « Peu à peu, avec mon épouse, nous avons pensé quitter Bordeaux pour nous installer dans cette sous-préfecture de Charente-Maritime. En effet, nous recherchions un établissement à taille humaine. Pierre Ducau, que j’ai rencontré en 1964, y travaillait depuis 1968, après avoir racheté la clinique au docteur Peu Duvallon. Nous avons choisi de nous associer en 1972. Nos relations ont toujours été basées sur le respect et l’estime mutuels ».

Jean-Claude Beaulieu (à droite) est spécialisé en chirurgie viscérale, orthopédie, traumatologie et gynécologie.

De 26 lits, la clinique en compte bientôt 46 avec l’extension du bâtiment. Une cinquantaine de salariés, une douzaine de praticiens, la clinique, qui draine une large clientèle, devance l’hôpital en fréquentation. « Nous travaillions beaucoup et ne regardions pas nos heures ! Le personnel était très motivé et l’état d’esprit exceptionnel. Les malades le ressentaient ». Cette période reste gravée dans les mémoires.

En 1996, une page se tourne. La clinique Sainte-Anne est vendue. Ainsi en ont décidé ses responsables d’un commun accord. La clinique Pasteur de Royan rachète le droit d’exploitation des lits tandis que les murs sont vendus au CH de Jonzac. Aujourd’hui, cet espace accueille le service de psychiatrie la Passerelle : « Pierre et moi-même souhaitions que le bâtiment conserve un usage médical ».

• “L’hôpital de Jonzac a un bel avenir“

À compter de cette date, Jean-Claude Beaulieu intervient à temps plein à l’hôpital de Jonzac. Déjà lointaine est sa première intervention, une appendicite qu’il a pratiquée à l’hôpital des enfants de Bordeaux en 1965 ! Tout au long de sa carrière, les actes se sont succédé et quand il est entré en politique, l’assistance qui participait aux réunions comptait bien souvent d’anciens patients ! Cette proximité crée incontestablement des liens.

« L’accident de l’autoroute de Mirambeau m'a particulièrement marqué. L’autre jour, Claude Belot a raconté qu’il avait décidé, alors que la Préfecture n’y était pas favorable, d’envoyer les victimes sur l’hôpital de Jonzac situé à proximité. Je peux en témoigner. Tout le monde était mobilisé, prêt à soigner les blessés. Une famille de la région parisienne a choisi de se faire soigner sur place plutôt que de retourner dans sa région ».
Le chirurgien insiste sur un point : les progrès accomplis en médecine grâce aux nouveaux matériels. Ainsi, les cœlioscopies permettent des interventions plus sûres et de grands progrès ont été réalisés en anesthésie et réanimation. Les durées d’hospitalisation s’en trouvent réduites. L’arrivée du pacemaker a facilité la vie des patients qui souffraient de problèmes cardiaques.

Au fil des années, l’hôpital a fait l’objet d‘importants travaux. « Autrefois, il n‘y avait pas d’urgences à Jonzac. Les médecins généralistes organisaient les gardes et tout se passait bien » remarque Jean-Claude Beaulieu qui a assisté aux évolutions de la profession. « Je n’ai pas compris pourquoi on a changé le système de formation médicale. N’était-ce pas mieux de rédiger et de participer à un oral ? Nos maîtres étaient des humanistes et les cours magistraux nous passionnaient. Nous n’avions pas encore de polycopiés ! ».

Jean-Claude Beaulieu a donc pris sa retraite de chirurgien en janvier dernier. « L’hôpital a un bel avenir devant lui » dit-il. Et la relève est assurée avec les docteurs Salit, Le Scouarnec, Furzun et Michelin, l’ensemble des spécialistes et le personnel. « Je suis attaché à cette structure dont je suivrai le développement au sein du Conseil de Surveillance ». Une manifestation, saluant son départ, aura lieu prochainement.

Les activités ne lui manqueront pas puisqu’il participe activement à la vie politique. Conseiller municipal de Jonzac, conseiller régional, député, il est aujourd’hui conseiller général du canton de Jonzac. Il a été chargé, par Dominique Bussereau, de développer une coopération entre le département et Wuhan, une ville importante de la vaste Chine. Une mission qui va comme un gant à cet homme ouvert sur le monde !

Grand amateur d’art, Jean-Claude Beaulieu présente son premier tableau acheté à l’âge de 13 ans. « J’y avais englouti toutes mes économies ! » avoue-t-il.

• Colonel dans la réserve, Jean-Claude Beaulieu est intervenu à plusieurs reprises, en tant que chirurgien militaire, à l’étranger : Bosnie, Afghanistan, Djibouti, Tchad. Député durant neuf ans (où il a succédé à Dominique Bussereau entré au Gouvernement), il appartenait à la Commission de la Défense.