samedi 17 octobre 2026

Réaction du président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset

Mobilisation du 17 octobre : « Rien ne saurait justifier le recours au saccage et à la violence »

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, condamne avec force la dégradation de la résidence de la préfète de région à Bordeaux, de l’incendie à la mairie de Limoges, et aux vitres cassées de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux survenus ce jour à l’occasion de la mobilisation du 17 octobre.

 « Rien ne saurait justifier le recours à la violence, rien ne légitime que la résidence préfectorale, l’hôtel de ville de Limoges ou encore les vitrines de la CCI Bordeaux soient ainsi saccagés, dégradés, vandalisés et brûlés. Ces actes sont le fait d'individus isolés et n'ont rien à voir avec la mobilisation citoyenne et syndicale de cette journée. Le message de la jeunesse, notamment, ne doit pas être terni par la lâcheté des casseurs. Toute contestation doit se dérouler de façon démocratique et dans le respect des personnes et des biens d'autrui. La violence contre les bâtiments publics et institutionnels est inacceptable : elle touche de plein fouet notre démocratie et l’essence même de notre République. C’est pourquoi j’apporte tout mon soutien à Sophie Brocas, préfète de région, à Philippe Lassalle Saint-Jean, président de la Chambre régionale d’industrie, et à Guillaume Guérin, maire de Limoges, à l’ensemble des conseillers municipaux, ainsi qu’aux agents municipaux. Il faut urgemment ouvrir une véritable séquence de dialogue, seule issue possible pour qu’advienne l’apaisement général. Il est plus urgent que jamais que nous nous écoutions ».


Journée du 17 octobre : Environ 8 000 manifestants dans le département

MOUVEMENTS SOCIAUX EN CHARENTE-MARITIME       

Bilan départemental de la journée du samedi 17 octobre 2026

La mobilisation contre la vie chère a rassemblé environ 8 000 personnes en Charente-Maritime, dont près de 7 000 à La Rochelle. La journée a été marquée par des blocages de circulation et des tensions importantes dans l’agglomération rochelaise, notamment aux abords de la zone commerciale de Puilboreau. Les forces de sécurité intérieure ont été fortement mobilisées pour protéger les personnes, prévenir les dégradations et maintenir l’ordre public. Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé dès 6h30.

Bilan : Environ 8 000 manifestants recensés dans le département. 316 personnels des forces de sécurité intérieure (FSI) mobilisés.11 interpellations : 10 à La Rochelle et 1 à Rochefort. 5 gardes à vue à l’issue de ces interpellations. 7 sites de mobilisation recensés dans le département.

UNE MOBILISATION SUR SEPT SITES, DES PERTURBATIONS ET DES TENSIONS PONCTUELLES

• À La Rochelle

Près de 7 000 personnes ont participé à la mobilisation.

Après une déambulation globalement calme dans le centre-ville, des tensions ont été constatées avec une centaine d'individus cagoulés, à plusieurs reprises au contact des forces de l’ordre. Des tags ont été relevés sur l’hôtel de ville. Des feux de poubelles ont été allumés puis éteints, les sapeurs-pompiers intervenant sous la protection des FSI.

Les deux sens de circulation de la rocade ont été bloqués. Aux abords de la zone commerciale de Puilboreau, environ 500 manifestants hostiles ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre et allumé des feux. Les unités déployées pour protéger le site et prévenir tout pillage ou dégradation ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour les éloigner.

La dispersion s'est faite au centre-ville après de nouveaux heurts, provoqués par une centaine d'individus violents.

Les autres rassemblements ont concerné : Rochefort (environ 400 manifestants) ; Saintes (300 manifestants) ; Royan (50) ; Bourcefranc-le-Chapus (30) ; Tonnay-Charente (30) ; Saint-Genis-de-Saintonge (10).


Ces mobilisations se sont déroulées dans le calme.

UNE MOBILISATION SOUTENUE DES FORCES DE SÉCURITÉ

Activé dès 6h30, le COD assure la coordination et le suivi de la situation sur l’ensemble du département. 316 personnels des forces de sécurité intérieure ont été engagés. Leur mobilisation a nécessité des redéploiements successifs pour faire face à l’évolution des rassemblements, sécuriser les axes de circulation et protéger les personnes, les commerces et les biens.

Au total, 11 interpellations (dont 2 mineurs) ont été réalisées : 10 à La Rochelle et 1 à Rochefort pour port de cagoules, détention de mortiers, outrage et/ou participation à un attroupement armé. 5 de ces interpellations ont conduit à une garde à vue. Le COD a été levé à 20h40.

• Michel Prosic, préfet, « condamne tous les actes malveillants et provocateurs à l'encontre des forces de l'ordre commis par des individus au visage souvent dissimulé »

« Malgré l’ampleur de la mobilisation, la multiplicité des sites et les déplacements rapides des manifestants sur un large périmètre, les forces de sécurité intérieure ont su faire preuve de professionnalisme et de réactivité pour assurer leurs missions de protection et de maintien de l’ordre. Je tiens à saluer leur engagement, qui a permis de maîtriser les tensions et de préserver la sécurité des personnes et des biens. Je condamne tous les actes malveillants et provocateurs à l'encontre des forces de l'ordre commis par des individus au visage souvent dissimulé » souligne Michel Prosic, préfet de la Charente-Maritime

mercredi 14 octobre 2026

Académie de Saintonge/Prix La Rochelle Université : Cécile Jollet « une réputation mondiale dans le domaine du neutrino »

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix La Rochelle Université a été remis à Cécile Jollet pour le projet JUNO sur les neutrinos. Des recherches passionnantes menées en Chine, à l’Observatoire souterrain de Jiangmen en service depuis un an

• Jean-François Girard présente Cécile Jollet, physicienne et enseignante-chercheuse

Jean-François Girard aux côtés de Cécile Jollet (©NB)

Cécile Jollet, née à Saint-Jean d’Angely, a fait ses études à l’Université de La Rochelle puis de Bordeaux, et soutenu, à 26 ans, sa thèse de doctorat en physique dans la spécialité Noyaux, atomes, agrégats, plasma. Aujourd’hui maître de conférences à l’université de Bordeaux, elle a acquis une réputation internationale dans le domaine du neutrino. Le neutrino est une particule élémentaire (indivisible en fractions plus petites) constitutive de la matière à côté des protons, neutrons et électrons. Son existence suspectée dès 1930, est l’objet de recherches internationales sur ses propriétés et son rôle.

Le neutrino est si petite taille qu’on a cru longtemps que sa masse était nulle. Il est électriquement neutre et ne peut interagir avec les champs électromagnétiques, ce qui le rend très difficile à détecter. Et puis, le neutrino traverse la matière sans être arrêté. Ainsi, des milliards de neutrinos traversent notre corps à chaque seconde sans qu’on les ressente !

Si leur rôle reste encore débattu, les neutrinos trouvent leur "utilité" en astrophysique comme marqueurs d’événements et en physique des particules pour comprendre les lois fondamentales de la nature. On explore aussi leur usage comme source d’énergie ou de communication.

Compte-tenu des difficultés de sa détection, les recherches sur le neutrino imposent des installations coûteuses tel l’Observatoire souterrain de Jiangmen en Chine en service depuis un an. C’est le projet JUNO qui fédère 700 scientifiques pour un budget d’un demi-milliard par an. Sous la coordination de Cécile Jollet, la France y participe avec 20 chercheurs du CNRS et un budget annuel de 300 K€.

A la recherche des neutrinos...

Cécile Jollet au sujet du neutrino, une nature invisible et furtive

« Vous vous attendez à ce que je vous parle des neutrinos ? » a enchaîné Cécile Jollet. Effectivement, ce monde invisible fascine et intrigue. « Nous sommes dans un feu d'artifice de neutrinos. On ne les voit pas, mais il y en a plus d'un milliard qui nous traversent ! Ils sont partout dans l'atmosphère. C'est une particule fondamentale créée par le Soleil, la Terre. Il est intéressant d'étudier leurs propriétés parce qu'ils pourraient être la clé pour comprendre la symétrie matière - anti-matière. En clair, si on veut comprendre pourquoi la matière a gagné, pourquoi nous sommes ici, le neutrino peut l'expliquer. Pour aller chercher la particule, un énorme détecteur est nécessaire. Nous nous sommes donc regroupés en coopération internationale et travaillons ensemble sur des projets certes coûteux, mais qui répondront à de nombreuses questions fondamentales dans un avenir proche». 

Nous sommes impatients de connaître la suite ! 

Académie de Saintonge : Le prix Xavier de Roux remis à Isabelle Crèvecœur, paléoanthropologue ; Le prix Jean-Claude Dubois à Corinne Pelluchon, philosophe

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix Xavier de Roux a été attribué à Isabelle Crèvecoeur, paléoanthropologue, pour ses découvertes sur les Néandertaliens à Saint-Césaire ; Le Prix Jean-Claude Dubois a été remis à Corinne Pelluchon, philosophe, pour L’être et la mer (Presses Universitaires de France)

• Alain Michaud présente la paléoanthropologue Isabelle Crèvecœur pour ses découvertes sur le site de Saint-Césaire

Isabelle Crèvecœur, Alain Michaud (©NB)

Jusqu’en 1979, rien ne prédisposait la vallée du Coran à devenir un haut-lieu de la préhistoire nationale et même internationale.

Cette année-là, au lieu-dit la Roche-à-Pierrot, près du village de Saint-Césaire, le préhistorien François Lévêque mettait au jour dans un abri sous roche, les vestiges d’un crâne d’homme ou de femme néandertalien, dans une couche archéologique datée de 35000 ans environ, époque où l’on pensait ce type humain remplacé par celui dit de Cro-Magnon. Cette découverte d’importance a motivé la création du Paléosite à Saint-Césaire.

Cette situation, au carrefour de deux cultures, a déclenché la poursuite des investigations et le réexamen des découvertes anciennes, un travail coordonné par une jeune chercheuse, volontaire et méthodique, Isabelle Crevecoeur, paléoanthropologue à l’université de Bordeaux, directeur de recherches au CNRS.

Les résultats ont été à la hauteur. Le 24 juin 2024, l’équipe d’Isabelle a fait une découverte rarissime : une dent de lait, une incisive d’un enfant de 6-8 ans, datant de 55000 ans. Or, il y a moins de dix dents d’enfants néandertaliens retrouvés à l’échelle de l’Europe ! Depuis, en 2025, une seconde dent d’enfant a été découverte. L’usure de leur couronne dentaire montre que les jeunes enfants utilisaient leurs dents comme un outil ; comme une troisième main pour tanner des peaux ? Décharner la viande ?...

L’Académie félicite Isabelle Crèvecoeur d’avoir permis, dans le sillage de François Lévêque de plonger dans les racines de plus en plus profondes de notre histoire saintongeaise.

• Isabelle Crèvecœur : « La Saintonge possède un patrimoine préhistorique exceptionnel »

« Cette distinction honore le travail d'une équipe. une vingtaine de chercheurs et de spécialistes. Parler de ces dents, c'est entrer dans un contexte particulier. Elles ont été retrouvées dans un ensemble de déchets résultant d'activités préhistoriques, boucherie et séchage de viande. Ces dents, que des enfants ont perdues, établissent une connexion directe avec la vie d'un collectif. Ils participaient aux côtés des adultes. D'ailleurs, les individus avaient le sens de la famille puisque le groupe réunissait à la fois jeunes et personnes âgées. Il y avait un tissu social, un vivre ensemble. La Saintonge possède un patrimoine préhistorique exceptionnel avec la vallée du Coran, Saint-Césaire, le site de chez Pinaud à Jonzac. Les recherches effectuées apportent des contributions majeures à la vie des Néandertaliens à l'échelle de la France et de l'Europe ».

• Olivier Dubois présente Corinne Pelluchon, philosophe

Corinne Pelluchon, Olivier Dubois (©NB)

Corine Pelluchon est philosophe et originaire de Barbezieux où elle revient souvent passer quelques temps en famille. Elle est spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée (médicale, environnementale et animale).

Elle a enseigné comme professeure agrégée en lycée avant d’être nommée maîtresse de conférences à l’université de Poitiers en 2008, puis professeure à l’université de Franche-Comté en 2013. Depuis 2016, elle est professeure à l’université Gustave Eiffel.

Elle a enseigné l’éthique médicale à l’université de Boston et effectué des recherches à Hambourg et à l’institut Max Planck de Berlin. Elle est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages qui font référence. Dans L’Être et la mer. Pour un existentialisme écologique (Presses Universitaires de France), Corine Pelluchon pense l’humain à partir de la mer, qui est associée à la vie, à la mort ainsi qu’à la maternité. Cette approche décentre notre regard et invite à remettre en question notre imaginaire territorial. Elle décrit l’existence comme immersion, flottaison et submersion, éclairant le lien entre conscience et inconscient. Montrant les contradictions du droit international de la mer qui est partagé entre un idéal de protection de l’océan et une logique d’appropriation, elle propose une philosophie de la vie marine qui renouvelle notre manière de penser l’écologie et la politique.

Un livre à méditer sur nos terres maritimes et océanes et pour lequel l’Académie lui décerne le prix Jean-Claude Dubois.

Académie de Saintonge : Le Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois attribué à Aymeric de Montault ; Le Prix de la Corderie Royale à Laurent Bonnet

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois (patrimoine) a été attribué à Aymeric de Montault pour son activité à La Demeure historique ; Prix de la Corderie Royale a été remis à Laurent Bonnet pour son ouvrage Rochefort d’hier à aujourd’hui paru chez Geste Editions

• Philippe Ravon présente Aymeric de Montault

Aymeric de Montault et Philippe Ravon (©NB)

Le prix du patrimoine que nous remettons aujourd’hui est le prix Jacques et Marie-Jeanne Badois dont nul n’ignore la passion qui les a animés pour faire vivre et revivre le Château de La Roche-Courbon. Le lauréat, Aymeric de Montault, est un acteur éminent de la protection du patrimoine et c’est son travail au sein de l’association La Demeure Historique qui est aujourd’hui récompensé. Fort d’une expérience familiale l’ayant amené à gérer ce type de bien, il a choisi de partager son expérience pour que ces lieux chargés d’histoire soient préservés dans les meilleures conditions.

Les charges financières exigent que les propriétaires deviennent de véritables chefs d’entreprise, formés à la gestion du personnel, à la recherche de mécénat et à la création de projets économiques viables. L’association La Demeure Historique a été créée en 1924 pour aider les propriétaires de bâtiments protégés ou inscrits, en offrant à ses adhérents des formations sur la restauration du bâti et des jardins, sur l’assurance de ces biens sensibles et sur leur protection ; l’entraide et l’échange d’expériences sont les maîtres mots. Aymeric de Montault est aujourd’hui récompensé pour son engagement sans faille au sein de La Demeure Historique qui l’a conduit à accepter la responsabilité de délégué départemental pour la Charente-Maritime et de délégué régional pour le Poitou-Charentes. Qu’il en soit félicité et sincèrement remercié.

• Laurent Bonnet présenté par Emmanuel de Fontainieu

En 2001, j’avais préfacé le premier livre de Laurent Bonnet consacré aux Jardins de Rochefort. C’était il y a vingt-cinq ans et l’auteur expérimentait-là, en quelque sorte, son procédé avec des photos et des peintures personnelles. Depuis cette plaquette sont nés des livres épais ayant trait à La Rochelle, aux îles et stations balnéaires charentaises, au département lui-même, mais Laurent Bonnet revient toujours à sa ville natale. En digne héritier de son père, le journaliste Claude-Bernard Bonnet dont je garde le souvenir chaleureux, il ne cesse de vouloir saluer sa ville et le fait par l’écrit, le pinceau, les cartes postales anciennes, la lecture assidue des chroniques parues jadis dans la presse locale et les témoignages recueillis.

Après un généreux pavé de 420 pages paru en 2023 sur Le Souvenir de Rochefort et son canton, voici aujourd’hui un beau livre grand format, non moins copieux : Rochefort d’hier à aujourd’hui… 

Si ce nouveau volume abandonne les aquarelles au profit des seules photos personnelles, il s’enrichit d’une riche iconographie venue des collections des musées. C’est une invitation au voyage à la fois dans le passé et dans l’espace d’une ville d’eau et de lumière, une invitation en équilibre entre permanence et fugacité des choses où l’on découvre des moments autant que des monuments, des objets parfois et même un banc cher à l’auteur du Grand Meaulnes ! Inlassable piéton de Rochefort, Laurent Bonnet nous offre un livre de mémoire et d’affection.

Laurent Bonnet, Emmanuel de Fontainieu (©NB)

Académie de Saintonge : Le Prix de la Ville de Royan remis à Philippe Tranchet ; Le Prix de Surgères à la dessinatrice Pascaline Mitaranga

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de la Ville de Royan a été remis à Philippe Tranchet pour le célèbre festival Un Violon sur le Sable. Le Prix de Surgères a été attribué à la dessinatrice Pascaline Mitaranga pour ses ouvrages.

• Didier Colus présente Philippe Tranchet dont le nom est intimement lié au festival renommé Un Violon sur le sable 

Philippe Tranchet, Didier Colus (©NB)
Philippe Tranchet ? Qui à Royan ne connaît pas ce talentueux touche-à- tout ? Les moins jeunes se souviennent peut-être qu’il a joué au football avec Rocheteau, dont il organisa en 1990 le jubilé. Le stade d’honneur royannais n’a pas connu mieux depuis cette apothéose... Rappelez-vous, en 1981, la mythique radio libre Royan-Fréquence, patronnée par son fidèle copain J.-J. Goldman. Et certains, dans cette salle, n’ont-ils pas sur la plage tenté leur chance à un improbable Mondial-billes commenté par un Thierry Roland ? Combien ont vibré au rythme d’un de ces concerts de stars face à la gare ? Philippe faisait déjà claquer partout le nom de Royan, lui qui, à 14 ans et à la barbe de ses parents, avait en 1968 rallié Londres en mobylette pour acquérir le Double blanc des Beatles. Cet électron libre a le neurone fécond et l’esprit bondissant, ce dont, paraît-il, l’école s’est désolée tout au long de sa
scolarité…

Le meilleur était à venir, le plus inattendu aussi. Un violon. Un violon sur la plage ? quelle idée ! Offrir un air de classique à tous, surtout à ceux qui n’y ont jamais accès. Un violon seul, mais de l’Opéra de Paris ! Et d’année en année, quatre musiciens, puis 20, puis dès 1999, un orchestre symphonique : près de cent musiciens cheveux au vent, sous la baguette magistrale de Jérôme Pillement.

Chaque été, Royan accueille ainsi un festival gratuit où se pressent les plus grands artistes internationaux, car ce garçon modeste possède un carnet d’adresses plus lourd que lui... Trois soirées de grands concerts, une dizaine de spectacles semés dans les plus beaux sites de la côte, avec feux d’artifices de notre grand prix 2026. Des milliers de gens viennent s’asseoir sur le sable de juillet, s’émerveillant d’avoir droit à Mozart, à Bizet, à Chopin. Ces heures de généreux partage valent bien le prix de Royan, non ? Merci l’ami !

• Emmanuel de Fontainieu présente la dessinatrice Pascaline Mitaranga 

J.F. Girard, M.D. Montel, Pascaline Mitaranga, Emmanuel de Fontainieu

Née en 1974 à Madagascar, Pascaline a passé son enfance dans les paysages luxuriants de La Réunion, avant d’arriver, à l’âge de 12 ans, dans la campagne surgérienne à Landrais. Après des études aux Beaux-Arts de Poitiers, c’est au cœur de la nature, dans nos marais et tout autre lieu en plein air, entourée de la force des éléments, des oiseaux, et aussi grâce aux concordances des rencontres que Pascaline déploie son talent de peintre et dessinatrice avec enthousiasme et une grande liberté.

En 2003, elle publie son premier ouvrage, Au fil de l’eau, entre la Saintonge et l’Aunis, recueil de croquis à l’aquarelle. Son travail est également remarqué par ses mises en scène poétiques et fantasques d’animaux drôlement vêtus, illustrant des albums jeunesse, dont Dame cigogne, mission Terre d’Afrique qui lui a valu en 2016 le prix Saint-Exupéry.

Par ailleurs, elle réalise des fresques murales animant les murs, plus souvent de centres hospitaliers et aussi à l’école Jules Ferry de Surgères. Rien n’arrête sa créativité débordante : peintures de paysages, cartes postales, étiquettes de vin, papiers peints…

En 2025 pour une commande de la Communauté d’Agglomération Pays Rochefortais, dans le cadre du concours « Pratiques agro-écologiques-prairies » du Ministère de l’Agriculture, elle est choisie pour réaliser une série de pastels peints in situ traduisant l’esprit des lieux.

Le nouveau terrain d’exploration de Pascaline Mitaranga est la création d’un duo avec un plasticien sonore, Les Instantanés : sur scène faire dialoguer geste graphique et geste musical, l’emprunte sensible de la nature, saisir l’éphémère. Le 10 octobre 2026, elle s'est produite à la Microfolie de Surgères pour un concert dessiné.

Pascaline Mitaranga, Emmanuel de Fontainieu (©NB)

Académie de Saintonge : Le prix d'Aigrefreuille d'Aunis attribué à Corine Valade ; Le prix Jean de Latour de Geay à Didier Ellie

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le prix d'Aigrefreuille d'Aunis a été attribué à Corine Valade pour son livre "Danse, Néomaye, danse !" aux Editions Terres de l’Ouest. Le prix Jean de Latour de Geay a été remis à Didier Ellie pour son ouvrage "Le sauvetage en mer à l’embouchure de la Gironde – 1876-1919" paru chez Geste Editions.

• Eric Dépré présente Corine Valade, romancière et conférencière

Corine Valade aux côtés d'Eric Depré (©NB)

Corine Valade habite Aigrefeuille d’Aunis. C'est une romancière et conférencière engagée dans la vie associative et culturelle et la recherche historique. Ses romans mêlent fiction et réalité avec dextérité. Ils offrent une réflexion sur les moments marquants de notre société. Corine a reçu les médailles d’argent de l’Assemblée Nationale et de la SAAF en 2023. Danse Néomaye, danse ! (2023, réédité en 2025) est déjà auréolé de quatre prix.

6 juin 44 : des centaines d'Afro-américains débarquent sur les plages de Normandie, Willie est l’un d’eux. De Berlin au camp américain d'Aigrefeuille d'Aunis, il découvre des villes où tout est à reconstruire. Pianiste hors pair, la musique est son refuge. Maurice est creusois, maquisard. En 1945, il quitte sa région pour libérer le dernier bastion allemand de La Rochelle. Rochelaise, Néomaye est sage-femme. Prise au piège dans la poche de Royan en 1945, elle est l'une des rares survivantes du bombardement allié. Depuis, elle semble avoir perdu pied et tous l'appellent "la tabayot", la folle. L'arrivée des Américains sur le port de La Pallice va bousculer sa vie et celle des Charentais.

C’est une écriture directe et sans détour que dévoile cet ouvrage triste et violent, chargé d’histoire et d’amour. Il ne laisse pas le lecteur indifférent sur ces périodes de guerre et de l’après : il pense à Néo, telle une poupée de porcelaine errant sur les plages de Royan et La Rochelle, le regard perdu vers un ailleurs inconnu. Quel ailleurs ? Celui où cette femme extraordinaire a passé sa vie à donner la vie, mais pas seulement !

• Christine de Ponchalon présente Didier Ellie, écrivain

C’est un ouvrage passionnant que nous propose Didier Ellie : comment a été organisé, fort tardivement, à la fin du XIXème siècle, le sauvetage en mer à l’embouchure de la Gironde. La navigation a toujours été extrêmement périlleuse, tant pour les bateaux de pêche locaux que les grands navires transportant passagers et marchandises vers Bordeaux ou vers l’autre rive de l’océan Atlantique et l’Europe du nord. Les pertes humaines et commerciales coutaient très cher aux armateurs. Il a donc été décidé d’installer, au début de la IVème République, des embarcations pouvant porter secours aux bateaux en difficulté et aux naufragés. La rive nord de la Gironde n’intéressait guère le puissant et prestigieux port de Bordeaux. Mais c’était à l’embouchure que le sort du transport de marchandises de valeur se jouait.

La mise en place de ces installations ont été coûteuses, sans réelle stabilité ni continuité d’organisation. Les difficultés inhérentes à la géographie côtière, le faible peuplement de la zone, l’inadaptation des installations portuaires conjugués à absence d’infrastructures comme le téléphone, le télégramme, l’électricité ont longtemps amoindri l’efficacité de cet ancêtre de la SNSM.

En 1920, le naufrage du paquebot L’Afrique et ses 602 passagers a dramatiquement attiré l’attention des pouvoirs publics, sans améliorer l’efficacité des interventions. Mais c'est au lendemain de la seconde guerre mondiale que des postes de secours fixes seront installés sur les deux rives de l’estuaire. Impératif pour sécuriser l’augmentation et le renchérissement du trafic fluvial.

Didier Ellie (©NB)

Académie de Saintonge : Le prix de la Ville de Saintes attribué à Géraldine Mosna-Savoye ; le prix Claire Belon à Jean-Pierre Dussaillant

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de la la ville de Sainte a été remis à Géraldine Mosna-Savoye, philosophe et productrice radio, pour ses émissions sur France Culture. Le prix Claire Belon (coup de cœur du jury), a été attribué à Jean-Pierre Dussaillant, artiste-peintre et sculpteur

Christophe Lucet présente Géraldine Mosna-Savoye, philosophe et productrice radio

Une pensée, un enthousiasme, une voix : Géraldine Mosna-Savoye a choisi les ondes pour partager son goût de la philosophie. Sur France-Culture, ses émissions et chroniques, diffusées depuis 2013, ne sont pas une chaire mais un dialogue au cours duquel cette Saintaise emprunte avec son auditoire les « chemins de la philosophie », allusion à l’émission à laquelle Géraldine a collaboré aux côtés de ses aînés Adèle Van Reeth et Raphaël Enthoven. Son propre chemin est passé par un bac littéraire suivi d’études de philosophie et de communication politique à l’université de Bordeaux. La jeune femme a rejoint l’exigeante chaîne du service public en 2010.

Là, sa curiosité et sa vivacité d’esprit se sont épanouies tant dans ses chroniques (« Deux minutes papillon », « Le Journal de la philo », « Le Carnet philo ») que dans des émissions de culture générale (« Sans oser le demander ») et de pure philosophie (« Le Souffle de la pensée »). Philosopher avec les jeunes est aussi à son programme : « A quoi tu penses ? » et « Qu’est-ce qui t’arrive ? », leur demande-t-elle dans deux ouvrages (2023 et 2026 à l’Ecole des loisirs) co-écrits avec Clémentine du Pontavice.

A la rentrée 2026, Géraldine sera sur le pont tous les matins pour animer « Avec philosophie », en usant de sa formule préférée : conversation avec un invité, place au texte et examen de questions qui nous concernent tous. Permettant à la philo de se déployer au quotidien, ce qui est sa mission peut-être la plus essentielle, Géraldine, de retour au pays natal, mérite pleinement ce prix de Saintes.

• Christian Vernou présente Jean-Pierre Dussaillant, artiste-peintre et sculpteur

C. Lucet, JF. Girard. M.D. Montel et J.P. Dessaillant (©NB)

Le coup de cœur de l’Académie de Saintonge, le prix Claire Belon, est attribué en 2026, à Jean-Pierre Dussaillant. Originaire de la région lyonnaise, cet artiste aux ressources intarissables, s’est installé dans l’île de Ré depuis le début des années 1970. Ce fut tout d’abord une période de formation auprès de Marcelle Bertola et de deux grands prix de Rome, P. Ducos de la Haille (1922) et L. Bertola (1923). Puis, s’inspirant du patrimoine charentais, il a développé des séries originales de grandes toiles peintes figurant des poissons. Ensuite, il décline le thème du vin et des buveuses qu’il agrémente par des bas-reliefs en acier peint.

C’est un artiste complet qui maîtrise toutes les techniques des arts plastiques : peinture, sculpture, gravure, mais aussi la création de bijoux au succès international, ainsi que des réalisations originales en matière de design, tant pour l’intérieur que pour les espaces de plein air. C’est aussi des commandes publiques ou de grands groupes privés.

Mais Jean-Pierre Dussaillant est un homme qui aime la vie et tente de la sublimer par son expression plastique joyeuse dont il cherche à nous faire bénéficier, comme la série très touchante des Baisers, au lyrisme et à la volupté assumés. Enfin, il est aussi à l’origine de la création de la Société d’Archéologie de l’île de Ré au début des années 1980, démontrant ainsi son intérêt pour le patrimoine historique.

Ce prix lui est donc attribué pour l’ensemble de son œuvre, à l’occasion de l’édition d’un ouvrage de 436 pages dont il est l’auteur et qui englobe près de cinquante ans de création artistique.

Au centre Jean-Pierre Dussaillant aux côtés de Ch. Vernou (©NB)

mardi 13 octobre 2026

Académie de Saintonge : Claude Belot reçoit le prix de la Haute Saintonge

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de la Haute-Saintonge a été attribué à Claude Belot pour son engagement au service de la culture. A Jonzac, sa ville natale, ce professeur d'université a souhaité que circule et se transmette la connaissance. Ainsi, devenu maire, il est à l'origine de l'Université d'été aux côtés de l'historien Jean Glénisson qui en fut le premier président. Depuis 1977, sans aucun arrêt, des conférences animées par des personnalités renommées sont proposées au public sur des thèmes variés en juillet et août. Gratuites comme le veut la tradition ! Ajoutons les troupes théâtrales, les musiciens, les orchestres qui se sont succédé au théâtre du château et au centre des congrès. Et puisqu'il est question d'animation, Jonzac a été ville d'accueil du Téléthon et étape du Tour de France. La liste est longue dont son soutien à la médiathèque de Haute-Saintonge (donc à la lecture), à l'école de musique et aux Eurochestries chères à Claude Révolte

De gauche à droite, Christophe Lucet, Jean-François Girard,
Marie-Dominique Montel, directrice de l'Académie de Saintonge, 
Claude Belot, Nicole Bertin (©C.R)
Présentation de Claude Belot par Nicole Bertin

« Claude Belot, qui ne vous connaît pas dans le Département et bien au-delà tant vos mandats au sein du Conseil Général dont vous avez été président, au Sénat, à la Communauté de communes de Haute Saintonge et à la mairie de Jonzac, s’étalent sur plusieurs décennies. 

Attachons-nous à Jonzac dont vous avez été maire jusqu’en 2022. Vous pourriez entrer dans le livre des records puisque vous avez veillé aux destinées de la capitale de la Haute-Saintonge durant 36 ans ! 

Il a d’abord fallu combattre l’exode rural, sortir ce gros bourg de sa léthargie, y créer des activités, innover et surtout inventer. En 1977, quand vous êtes élu premier magistrat pour la première fois, vous enseignez la géographie à l’Université de Poitiers tout en vous consacrant à la ville de votre enfance. Une page blanche à remplir, un challenge à relever ! 

Le patrimoine avait vieilli et c’était à l’époque où l’on préférait le raser. Le cloître des Carmes, édifié au début du XVIIe siècle, devait accueillir la caserne de pompiers. Vous choisissez de le restaurer pour le transformer en centre culturel. Aujourd’hui, il accueille non seulement des expositions, les conférences de l’Université d’Eté, des concerts de jazz, mais aussi les Microfolies. Les derniers travaux ont permis à cet édifice de retrouver sa quatrième galerie et d’être doté de nouvelles salles de réunion. Au château, vous avez valorisé un petit théâtre aménagé au XIXème siècle pour en faire un lieu où les artistes et les associations aiment se produire. Le châtelet, dont la restauration a été confiée à Philippe Villeneuve, l’architecte de Notre-Dame de Paris, abrite un musée à la scénographie originale ainsi qu’un chemin de ronde unique dans la région. A l’église, la mise en valeur du parvis, où ont été mises au jour des tombes mérovingiennes, est à souligner aux côtés du marché de style Baltard, lui aussi restauré. Vous avez aussi rénové la rue de Champagnac et le chemin de ronde. 

Sur l‘ensemble de la Haute-Saintonge, vous avez contribué entre autres à la sauvegarde des édifices religieux, soucieux de la transmission du patrimoine aux générations futures. L’ancienne école de la Sagesse accueille, quant à elle, une annexe des Archives de La Rochelle, baptisée du nom de Jean Glénisson, historien chercheur qui présida l’Académie de Saintonge, et les locaux de la CDCHS. A la sortie de Jonzac, vous avez mis hors d'eau la petite chapelle de la Maladrerie qui recevait autrefois les lépreux. Elle fait actuellement l'objet d'une campagne de sensibilisation afin de la sauvegarder et la présenter au public.

Grâce à la Communauté de Communes créée en 1993 et dont vous avez été président jusqu’en mars 2026, vous avez concrétisé de nombreux projets. Parmi eux, deux structures s’inscrivent dans l’architecture contemporaine : le complexe aquatique des Antilles et le Centre des congrès dont la forme avant-gardiste s’insère dans une future guerre des étoiles ! 

Je vous cite : « Jonzac est une ville particulière. Quand vous en avez la responsabilité, il faut intégrer la dimension historique dans vos réflexions. Le patrimoine que nous possédons est une chance, il fait notre richesse ». S’y ajoute la culture que vous avez toujours soutenue en publiant des brochures sur les curiosités du territoire et en organisant des spectacles de qualité avec votre épouse Jeanine, Les Feuillets d’automne et Prélude au printemps. 

En conclusion, comment ne pas faire un clin d’œil au 57ème Régiment d'infanterie dont l'origine est jonzacaise. En effet, créé en 1627 par le comte de Sainte-Maure, il a été présent sur tous les lieux de bataille, en Europe comme dans les colonies, en Guadeloupe en particulier. Sa devise était « Le Terrible que rien n’arrête ». Cette devise vous va comme un gant ! ».

Claude Belot, un homme engagé pour son territoire

Touché, Claude Belot a salué le travail de l'Académie de Saintonge et l'intérêt porté par l'association à ceux et celles qui valorisent le territoire à travers leurs écrits, leurs recherches scientifiques, leur implication dans des domaines divers et variés. Elu conseiller général en 1970, président de la Communauté de Communes de Haute-Saintonge jusqu'en mars 2026, Claude Belot compte plus d'un demi-siècle d'engagement au service de la collectivité. Il a incontestablement marqué de son empreinte la Charente-Maritime.

Après l'incendie de Montendre, Anita Collier mise en demeure « d'effectuer des travaux sur sa maison dans les trois mois » par la mairie

Il y a des jours où le ciel est pesant. C'est le cas pour une habitante de Montendre, Anita Collier, dont la toiture du domicile a été endommagée par un incendie qui s'est déclaré samedi matin dans un appartement voisin. Incendie dont elle n'est pas responsable. Enquête et assurances sont chargées de déterminer les causes du sinistre et les responsabilités. 

Lundi matin, Anita Collier déclarait vouloir rester dans la partie habitable de sa maison (c'est-à-dire non touchée par le feu et les eaux). Or, en fin de journée, la mairie de Montendre a pris un arrêté lui demandant de quitter son habitation « considérant que les immeubles présentent un caractère de dangerosité du fait de l'éboulement d'une toiture consécutif à l'intervention des pompiers suite à l'incendie et que cette situation compromet la sécurité ou la santé des occupants ou des tiers ». Arrêté comportant une mise en demeure d'effectuer des travaux personnels (sécurisation de son bâtiment, réparation de la toiture, reprise de la charpente) dans les trois mois qui viennent, « le non-respect des prescriptions du présent arrêté étant passible de sanctions pénales ». 

Un coup dur pour cette propriétaire déjà bien éprouvée. « Je vais être hébergée par des amis le temps que les réparations soient effectuées. La mairie m'a écrit que je pourrai réintégrer mon logement dès lors qu'un expert aura jugé qu'il ne comporte pas de danger pour moi » dit-elle. Encore faut-il trouver un artisan couvreur dont le planning soit libre entre la mi-octobre, date de l'arrêté, et la mi-janvier 2027. Elle s'interroge également sur les causes de l'incendie et a porté plainte auprès de la gendarmerie de Montendre pour « destruction de bien d'autrui ». Et d'ajouter : « Je n'exclus pas de faire un recours gracieux et une demande de réexamen de cet arrêté municipal auprès du Tribunal administratif ».

Le feu a pris samedi au petit matin. Les sapeurs-pompiers sont restés sur les lieux
jusqu'au soir afin de surveiller les éventuelles reprises
Souhaitons que les travaux soient effectués rapidement, et pour Anita Collier, et pour ceux qui se trouvaient en location dans le quartier, six d'entre eux ayant été relogés par la mairie. 

• Le problème des squatters : Il revient souvent dans les conversations. Malheureusement, nul propriétaire n'est à l'abri de ces situations dont la presse se fait régulièrement l'écho.

Paroisse de Montendre : Le Père Auxence succède au Père Bergson

Samedi 3 octobre, avait lieu l'installation du nouveau curé de Montendre, le Père Auxence, lors d'une messe solennelle présidée par l'évêque coadjuteur Mgr Bozo. Les fidèles, réunis sur le parvis, ont assisté à la remise des clés de l'église par Daphné Lequien, maire adjointe représentant le maire Patrick Giraudeau, à Mgr Bozo qui les a remises au Père Auxence. 

Le discours de bienvenue de Daphné Lequien, maire adjointe
Mgr Bozo, le Père Auxence
Remise des clés de l'église par Mgr Bozo au Père Auxence
Bienvenue au Père Auxence

Lors de la célébration, le Père Auxence a rappelé le parcours qui le conduit aujourd'hui dans le sud de la Charente-Maritime.

Originaire de la République du Congo, il a commencé sa formation au Domaine de La Crau (Midi) dans le diocèse de Mgr Madec, puis il a étudié la théologie durant quatre ans à Toulouse où il a été ordonné diacre par Mgr Marcus. De retour au Congo, il a été ordonné prêtre par Mgr Ernest Kombo, puis il est revenu en France en 2012. D'abord à Lézignan Corbières, dans le diocèse de Carcassonne où il a passé 6 ans avant de rejoindre le diocèse d'Arras, curé de deux paroisses, Desvres et Samer. Il a découvert ensuite la Charente-Maritime à Saint-Sauveur puis, après deux années en Aunis, il a été nommé à Montendre où il est arrivé le 6 septembre dernier. 

Un verre de l'amitié, organisé par l'équipe pastorale, a clôturé ce moment important de la vie de la communauté.

De gauche à droite : Le Père Auxence, Mgr Bozo, Christine Saint-Girons,
chef de chœur avec Bernard Brun

Nous souhaitons la bienvenue au Père Auxence et lui adressons nos vœux de bonne installation dans ses nouvelles fonctions. 

Photos Nicolas Rouillard/Nicole Bertin

lundi 12 octobre 2026

Académie de Saintonge : Josyane Savigneau reçoit le prix de l'Île d'Oléron ; Jean-Michel Caillot le prix de Marennes Hiers Brouage

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de l'Ile d'Oléron a été attribué à Josyane Savigneau, journaliste largement impliquée dans l'organisation du Salon du livre du Château-d’Oléron, et le prix de Marennes Hiers Brouage à Jean-Michel Caillot qui filme avec talent la vie des Charentais-Maritimes depuis des décennies. 

• Philippe Ravon présente Josyane Savigneau, prix de l'Ile d'Oléron

Philippe Ravon aux côtés de Josyane Savigneau (© N.Bertin)

Philippe Ravon, Josyane Savigneau et Françoise Jodet, présidente de l'association Cita'Livres
Josyane Savigneau est une figure majeure du journalisme littéraire et de la littérature contemporaine. Au cours des quarante années passées au Monde, elle a défendu avec passion les écrivains. Entrée au journal en 1977, elle a pris la direction du Monde des livres en 1991 avant de devenir rédactrice en chef des pages Culture et Livres, puis éditorialiste jusqu’en 2017. Josyane Savigneau continue aujourd’hui de collaborer au Monde pour des hors-séries, comme celui consacré à Philippe Roth, en mars 2026. Ses biographies témoignent d’une profonde proximité avec de grandes figures de la littérature, telles que Marguerite Yourcenar et Carson McCullers.

Dans son récit autobiographique Point de côté, elle revient sur sa carrière et sur ses liens avec l’Ile d’Oléron, où elle venait déjà bien avant d’y acquérir une maison en 1987. Elle dit en aimer les paysages, l’ostréiculture et la vie insulaire.

L’Académie souhaite aussi rendre hommage à l’association Cita’livres créée en 2012, qui a permis au Salon du livre du Château-d’Oléron d’exister. Josyane Savigneau a mis au service de cette manifestation ses relations privilégiées avec le monde littéraire, favorisant le dialogue avec le public en animant elle-même les rencontres avec de nombreux auteurs de renom, contribuant à donner au Salon du livre du Château-d’Oléron une visibilité nationale.

Merci à Josyane Savigneau pour son attachement à l´Île d'Oléron et merci à l’île d´Oléron de savoir si bien attirer et retenir des hommes et des femmes d'exception.

• Nicole Bertin présente Jean-Michel Caillot, prix de Marennes Hiers Brouage

Marie-Dominique Montel, Jean-Michel Caillot, Nicole Bertin (©C.R)

Jean-Michel Caillot, depuis plus de 50 ans, vous filmez, avec une passion sans cesse renouvelée, les événements qui marquent votre terroir et la vie quotidienne. Ainsi avez-vous constitué des archives incroyables et précieuses sur la vie d'autrefois dont une partie a été déposée au FAR (Fonds Audiovisuel de Recherche) à La Rochelle.

Vous êtes né à Oléron en 1949 dans une famille d'agriculteurs. En 1967, vous achetez votre première caméra Kodak et capturez dès lors les grands moments de la communauté, frairies, spectacles, rencontres sportives, manifestations diverses et variées.

Sans discontinuer, au fil des décennies, vous vous intéressez à tout, aux personnalités du département et à vos amis patoisants dont la regrettée Jacqueline Fortin, présidente de la SEFCO et ancien membre de l'Académie de Saintonge, sans oublier Goulebenèze, Paul Monteau, le Beurchut et tant d'autres.

Je vous cite : « Quand tu as vingt ans et que tu enregistres une personne de 50 ans, tu sais qu'elle représente un témoignage sur le temps d'avant. Que sa parole a de l'importance, qu'il faut la conserver. A ce jour, j'ai réalisé 1567 cassettes vidéo d'une heure 30. En 2010, j'ai acquis une caméra numérique nouvelle génération. A ce jour, j'ai 510 cartes ». Cette année, un documentaire de France Télévision « Oléron, la vie continue » de Roxane Florin vous a été consacré.

Faisons nôtre cette remarque de Didier Quentin, ancien maire de Royan : « il y a deux moments importants dans la vie. Quand tu nais et quand on parle encore de toi après ta mort ». D'où l'intérêt des archives filmées…

Incendie dans le centre ville de Montendre/Anita Collier : « il ne reste plus qu’à reconstruire »...

Un grave incendie s'est déclaré samedi matin dans le centre-ville de Montendre, dont la presse s'est largement fait l'écho. Le feu a pris au dernier étage d'un immeuble, à l'angle de la Grand Rue et de la rue de l'Hôtel de Ville. Les flammes se sont rapidement propagées à la maison voisine, propriété d'Anita Collier. Elle témoigne : « vers 8 h, j'ai été tirée de mon sommeil par plusieurs sonneries. Je me demandais qui pouvait m'appeler et j'ai fini par répondre. Une voix a dit "descendez tout de suite, il y a le feu" ». Effectivement. 

Sur place, les pompiers s'activent : « je remercie les casernes de Montendre, Jonzac, Saintes, le commandant Patrick Lys. L'échelle télescopique de Jonzac a été bien utile pour atteindre les toits, très hauts à cet endroit. La borne incendie de l'église a pallié le manque de pression de celle du château. Il a fallu réagir très vite ». Ce sont deux riverains, Grégory et Anne-Marie qui, sentant la fumée, ont alerté les secours. « Saluons également Yohan et Eric qui ont participé à l'évacuation des personnes du quartier, une belle solidarité à souligner ». Six d'entre elles ont été relogées par la mairie. 

La photo montre l'état des toitures : elles sont détruites.  

Le feu a pris au numéro 1 pour se propager au numéro 3

Anita Collier s'interroge sur l'origine du feu : « L'appartement concerné était normalement vide puisque son dernier occupant est décédé durant l'été au CH de Jonzac. J'ai appris que le propriétaire y avait réalisé des travaux dans les normes ». 

Aujourd'hui, bien que frappée durement par ce drame (toiture endommagée, eaux de ruissellement dans l'habitation), elle a décidé de rester sur place et de vivre - pour l'instant - sans électricité (elle a été coupée). « Sans prise qui fonctionne, c'est un peu difficile de recharger son téléphone et je n'aurai bientôt plus d'eau chaude. Ce sont des problèmes matériels. Par contre, ma toiture n’a pas encore été bâchée et il pleut »... 

Par chance, il n'y a pas eu de blessés, mais cet incendie rappelle qu'en ville, toutes les maisons se jouxtent : elles sont donc vulnérables. Et Anita Collier de conclure avec sa volonté habituelle : « il ne reste plus qu’à reconstruire ». Dès lors, la balle est dans le camp des assurances.

Anita Collier, dont l'immeuble a été endommagé par l'incendie (capture image France3)

• La gendarmerie a ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de l'incendie. 

Infos : Foires et marchés en Haute-Saintonge ; les débuts de la résistance dans l'arrondissement de Jonzac ; un blog sur Saint-Aigulin ; Cognac et pineau au cloître des Carmes ; passer son certificat d'études à Fléac session BAFA à Royan ; Frida Kahlo à Mortagne

•  Saint Aigulin : un blog sur l'histoire de la commune à découvrir

« J’ai créé un site consacré à l’histoire, aux habitants et au patrimoine de Saint-Aigulin, avec l’envie de faire découvrir et de transmettre la mémoire de cette commune. Un village ne meurt jamais tant que sa mémoire demeure. Saint-Aigulin est une commune singulière. Nichée à l'extrémité sud de la Charente-Maritime, au carrefour de quatre terroirs, la Saintonge, le Périgord, le Bordelais et le Sud-Angoumois, elle a forgé son identité au fil des influences qui ont façonné son histoire et son caractère » souligne Guy Lisoir. En effet, réunis en 19 chapitres, vous vivrez les grands moments de Saint-Aigulin : l'église, les chemins de fer et les gares, l'électrification, l'industrie, une promenade dans le passé, la manufacture, les ponts de la Dronne, les foires, le monument aux morts, le théâtre de verdure, le sport, autour au stade, des images d'ambiance, l'art du commerce et de l'industrie, l'apiculture au service de la santé, Les échos du passé, regards croisés, le sanatorium de Boscamnant, l'histoire musicale de Saint-Aigulin et sa mémoire vivante. Cliquez et le visite commence !

Repas à la manufacture en 1967 (blog GuyLisoir)
Longue vie à ce blog et beaucoup de succès dans cette belle aventure historique ! Le site permet de faire découvrir ou redécouvrir le passé, de partager des connaissances et de transmettre le flambeau aux générations futures : saint-aigulin.com 

• Jonzac/Conférence  : Les débuts de la résistance dans l'arrondissement de Jonzac (1940-1942)

Cette conférence de Denis Gandouet présentera les premières initiatives résistantes dans l’arrondissement de Jonzac jeudi 15 octobre aux Archives de Jonzac à 18 h 30. Entrée libre.

Juin 1940. Malgré la débâcle face à la Wehrmacht et la sidération de voir arriver les premières troupes d’occupation, des hommes et des femmes ne se résignent pas à vitre à l’heure allemande. Cette conférence propose de présenter les premières initiatives résistantes dans l’arrondissement de Jonzac, individuelles et désordonnées, dangereuses, de l’ordre du symbole. Elles ne changent pas le cours de la guerre, mais permettent de maintenir une fierté nationale jusqu’à la constitution des premiers groupes, réseaux et mouvements de résistance. Ils seront décimés par l’impitoyable répression de l’occupant au cours de l’été et de l'étroite collaboration des forces de police et de gendarmerie françaises aux ordres de Vichy. 


• Jonzac : Vignobles en scène !

• Dimanche 18 octobre à 15 h au cloître des Carmes, à l'occasion des journées du vignobles et découvertes en Haute-Saintonge, l'office de Tourisme de Jonzac organise une conférence sur le thème "Cognac et pineau : histoire et traditions culinaires, d'hier à aujourd'hui". Elle sera animée par Françoise Barbin-Lecrevisse, auteure et chroniqueuse culinaire. Entrée libre, venez nombreux !

 

• Saintes : Concours de dessins organisé par la librairie Peiro-Caillaud

Concours de dessin sur le thème d'Halloween : A vos crayons, pinceaux et place à l'imagination ! Petits et grands artistes, c'est à vous de jouer ! Que vous ayez 7 ou 107 ans, laissez parler votre créativité et tentez de remporter l'un de nos 3 bons cadeaux ! 1er prix : 100 € ; 2e prix: 75 € ; 3e prix: 50 €

• REGLEMENT DU CONCOURS :

Le concours est ouvert à toutes les personnes âgées de 7 à 107 ans. Halloween ! Citrouilles, sorcières, fantômes, monstres rigolos, maisons hantées... Toutes les idées sont les bienvenues ! Toutes les techniques artistiques sont acceptées : dessin, peinture, collage, techniques mixtes, etc. Tous les supports sont acceptés, dans la limite du format A3 maximum. Réalisez votre œuvre sur le thème d'Halloween et déposez-la directement dans notre magasin Peiro-Caillaud, 7 boulevard de Recouvrance à Saintes, au plus tard le 24 octobre inclus. Les œuvres seront exposées en magasin et soumises au vote du public pendant la dernière semaine d'octobre. Les visiteurs pourront ainsi voter pour leurs créations préférées ! Les résultats seront annoncés le 4 novembre.


• Royan : Nouvelle session de formation au BAFA pour des jeunes du territoire

Pour la seconde année consécutive, une session de formation au brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (BAFA) sera organisée pour les jeunes de 16 ans et plus, du samedi 17 au samedi 24 octobre à l'école de la Clairière à Royan. Cette formation a pour objectif de répondre aux besoins de recrutement des acteurs locaux en permettant aux jeunes du territoire d’y rester pour travailler.

Le diplôme BAFA permet en effet d'encadrer des enfants et des adolescents en accueils collectifs de mineurs (centres de loisirs, colonies de vacances). Cette formation locale a été lancée en 2025, par le biais de la convention territoriale globale (convention de partenariat entre la Caisse d’allocations familiales, les communes, les Sivom et la Communauté d'agglomération Royan Atlantique). Elle a été élaborée avec les responsables des centres de loisirs, dont les besoins ont été recensés par le service enfance jeunesse de la CARA et le bureau information jeunesse (BIJ).

Au cours de l'été 2026, 65 travailleurs saisonniers ont été recrutés dans l'animation sur le territoire, dont 37 stagiaires achevant localement leur formation générale au BAFA. Afin de réduire le coût financier nécessaire à la formation des stagiaires, la Ligue de l’enseignement et la Caisse d’allocations familiales ont été sollicitées pour que cette prise en charge soit directement versée à l’organisme de formation et que les frais de demi-pension soient assurés par l'Info Jeunes Royan Atlantique (IJ). En contrepartie, les nouveaux diplômés se sont engagés à effectuer leur stage pratique et leur premier emploi dans un accueil collectif de mineurs du territoire.

Renseignements complémentaires auprès d'Ophélie Rogatien : 05 46 06 60 70 / 06 81 58 48 31 / ophelie.rogatien@bij-ara.co. Bureau information jeunesse 69, rue Paul Doumer à Royan. 

• Publication : Foires et marchés en Haute Saintonge du Moyen Age au XXIème siècle

Vendredi dernier à la Civette, Jean-Hugues Favereau a présenté et dédicacé son dernier livre publié "Au passage des heures". Ce scientifique passionné d'histoire entraîne le lecteur dans le temps d'avant : « S'intéresser aux foires et marchés de Haute-Saintonge sur une longue durée permet d’appréhender l’un des mécanismes de structuration économique et territoriale de cet espace rural. En effet, les foires qui peuvent être perçus au départ comme de simples lieux d'échange, constituent en fait l'un des instruments que les pouvoirs seigneuriaux puis les municipalités, utilisèrent pour aménager le territoire et en tirer des revenus. De plus, leur rôle social est non négligeable car ils participent à la mise en relation des populations et créent des rituels rythmant le calendrier annuel. La Haute-Saintonge présente la caractéristique de ne pas posséder un grand centre urbain dominant et donc, de ce fait. de ne pas avoir de centre d'échange commercial prépondérant par rapport aux autres. Cela a permis à un réseau dense de bourgs marchands, en particulier le long des grands axes de communication, de se développer. Pour ces bourgs, les foires et marchés constituent l'un des principaux moteurs économiques de développement ».

Jonzac/La Civette : Jean Hugues Favreau aux côtés de l'historien Marc Seguin

• Jarnac/Charente : Café mémoire du 19 octobre 

L'association France Alzheimer Charente Maritime organise un café mémoire lundi 19 octobre à 14 h à la Maison des associations, place de la mairie à Jarnac-Champagne. Thème de la rencontre : "Mandat de protection future". Les personnes intéressées sont cordialement invitées. 

•  Mortagne-sur-Gironde : Conférence consacrée à Frida Kahlo dimanche 18 octobre  à 15 h

« Frida Kahlo et la Fridamania : Décryptage d'un phénomène culturel et commercial ». Rendez-vous à l'ancien cinéma « L’Étoile » à Mortagne-sur-Gironde. Tarif : 3 € (gratuit pour les adhérents)


• Fléac-sur-Seugne : Et si on passait son certificat d'études ?