mercredi 14 octobre 2026

Académie de Saintonge : Le prix d'Aigrefreuille d'Aunis attribué à Corine Valade ; Le prix Jean de Latour de Geay à Didier Ellie

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le prix d'Aigrefreuille d'Aunis a été attribué à Corine Valade pour son livre "Danse, Néomaye, danse !" aux Editions Terres de l’Ouest. Le prix Jean de Latour de Geay a été remis à Didier Ellie pour son ouvrage "Le sauvetage en mer à l’embouchure de la Gironde – 1876-1919" paru chez Geste Editions.

• Eric Dépré présente Corine Valade, romancière et conférencière

Corine Valade aux côtés d'Eric Depré (©NB)

Corine Valade habite Aigrefeuille d’Aunis. C'est une romancière et conférencière engagée dans la vie associative et culturelle et la recherche historique. Ses romans mêlent fiction et réalité avec dextérité. Ils offrent une réflexion sur les moments marquants de notre société. Corine a reçu les médailles d’argent de l’Assemblée Nationale et de la SAAF en 2023. Danse Néomaye, danse ! (2023, réédité en 2025) est déjà auréolé de quatre prix.

6 juin 44 : des centaines d'Afro-américains débarquent sur les plages de Normandie, Willie est l’un d’eux. De Berlin au camp américain d'Aigrefeuille d'Aunis, il découvre des villes où tout est à reconstruire. Pianiste hors pair, la musique est son refuge. Maurice est creusois, maquisard. En 1945, il quitte sa région pour libérer le dernier bastion allemand de La Rochelle. Rochelaise, Néomaye est sage-femme. Prise au piège dans la poche de Royan en 1945, elle est l'une des rares survivantes du bombardement allié. Depuis, elle semble avoir perdu pied et tous l'appellent "la tabayot", la folle. L'arrivée des Américains sur le port de La Pallice va bousculer sa vie et celle des Charentais.

C’est une écriture directe et sans détour que dévoile cet ouvrage triste et violent, chargé d’histoire et d’amour. Il ne laisse pas le lecteur indifférent sur ces périodes de guerre et de l’après : il pense à Néo, telle une poupée de porcelaine errant sur les plages de Royan et La Rochelle, le regard perdu vers un ailleurs inconnu. Quel ailleurs ? Celui où cette femme extraordinaire a passé sa vie à donner la vie, mais pas seulement !

• Christine de Ponchalon présente Didier Ellie, écrivain

C’est un ouvrage passionnant que nous propose Didier Ellie : comment a été organisé, fort tardivement, à la fin du XIXème siècle, le sauvetage en mer à l’embouchure de la Gironde. La navigation a toujours été extrêmement périlleuse, tant pour les bateaux de pêche locaux que les grands navires transportant passagers et marchandises vers Bordeaux ou vers l’autre rive de l’océan Atlantique et l’Europe du nord. Les pertes humaines et commerciales coutaient très cher aux armateurs. Il a donc été décidé d’installer, au début de la IVème République, des embarcations pouvant porter secours aux bateaux en difficulté et aux naufragés. La rive nord de la Gironde n’intéressait guère le puissant et prestigieux port de Bordeaux. Mais c’était à l’embouchure que le sort du transport de marchandises de valeur se jouait.

La mise en place de ces installations ont été coûteuses, sans réelle stabilité ni continuité d’organisation. Les difficultés inhérentes à la géographie côtière, le faible peuplement de la zone, l’inadaptation des installations portuaires conjugués à absence d’infrastructures comme le téléphone, le télégramme, l’électricité ont longtemps amoindri l’efficacité de cet ancêtre de la SNSM.

En 1920, le naufrage du paquebot L’Afrique et ses 602 passagers a dramatiquement attiré l’attention des pouvoirs publics, sans améliorer l’efficacité des interventions. Mais c'est au lendemain de la seconde guerre mondiale que des postes de secours fixes seront installés sur les deux rives de l’estuaire. Impératif pour sécuriser l’augmentation et le renchérissement du trafic fluvial.

Didier Ellie (©NB)

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