mercredi 7 octobre 2026

Jonzac/Conseil Municipal/Ecoles : Sandra Pérot, adjointe au maire « laisser entendre que nos prédécesseurs et nous-mêmes n'aurions rien fait me paraît inapproprié. Cela ne correspond ni à la réalité, ni au travail engagé »

Elue en mars dernier sur la liste de Christophe Cabri, Sandra Pérot, adjointe chargée de l'enfance, de la jeunesse et des affaires scolaires, est intervenue lors du dernier conseil municipal pour répondre au chef de file de l'opposition, Jean-François Mougard, au sujet des affaires scolaires. Avoir une opposition musclée n'est pas un long fleuve tranquille, d'autant que Jean-François Mougard, ancien DGS de la ville de Jonzac et de la CDCHS, connaît les rouages du fonctionnement de ces collectivités ! Sur les écoles, elle est donc montée au créneau pour dire avec objectivité ce qui a été fait et expliquer sa manière de traiter les dossiers. Intervenir en public n'est pas facile car aucun conseiller récemment élu - à part les habitués des tribunes, donc engagés dans une cause depuis un certain temps - n'est habitué à ces exercices de style. « Nous menons une réflexion globale sur la sécurité, l'organisation, la rénovation énergétique, le confort d'été, la végétalisation. Des réflexions sont menées. L'avenir de nos écoles nous engage. Je considère qu'anticiper, c'est observer, étudier, adapter et construire. C'est dans cet esprit que je travaille » a-t-elle expliqué avant de recueillir une salve d'applaudissements. De la majorité. 

Jean-François Mougard a écouté. Le technocrate a laissé place au simple citoyen jonzacais, rappelant des chiffres imparables : le budget, la démographie et, en toile refond, les changements futurs qui s'opéreront. Ici et ailleurs.

• Sandra Pérot : « A l'avenir, des classes de Malraux pourraient notamment être accueillies à Saint-Exupéry »

De gauche à droite, Pierre-Jacques Rambeaud, Sandra Pérot, Thomas Masson,
Delphine Matteï-Péteau

« Je voudrais revenir sur vos propos afin d'apporter une réponse claire à l'opposition. Il est temps de mettre un peu de vérité dans l'information. Laisser entendre que nos prédécesseurs et nous-mêmes n'aurions rien fait pour les écoles me paraît inapproprié et ne correspond ni à la réalité, ni au travail engagé. Depuis notre élection, nous avons rencontré différents professionnels et acteurs afin de mieux connaître leurs besoins, leurs attentes et leurs difficultés. A partir de ces échanges, nous avons pu élaborer le projet éducatif communal dans le respect des choix et des préoccupations de chacun. 

Au niveau des écoles : nous avons revu la circulation et les accès aux établissement du Parc et de Sant-Exupéry afin de renforcer la sécurité lors des entées et des sorties des élèves. Ce travail a été mené avec les représentants des parents d'élèves, les enseignants, les agents du centre de loisirs et l'équipe mobile de sécurité de l'Education Nationale. Cette dernière a d'ailleurs salué une initiative engagée. Une nouvelle organisation est actuellement expérimentée et sera évaluée avant sa mise en place définitive. 

Concernant les effectifs scolaires, j'ai parfaitement conscience de la baisse démographique. Mais reconnaître cette baisse ne signifie pas que la seule réponse soit de fermer une école. Aujourd'hui, s'ouvrent de nouvelles possibilités avec le changement de locaux de l'Inspection académique. Une réorganisation des classes est à l'étude. Les classes de Malraux pourraient notamment être accueillies à Saint-Exupéry. Une réflexion quant à l'étage a été engagée afin de garantir un accès adapté, notamment aux personnes à mobilité réduite. 

Maternelle : Je réfléchis aux besoins des enfants et des familles. Nous accueillons notamment des enfants issus de familles non ou peu francophones et des enfants pour lesquels l'accès au langage peut être plus difficile. Pour eux, une scolarisation plus précoce pourrait être un levier. Je préfère étudier la possibilité de créer une toute petite section qui corresponde à un réel besoin éducatif. Cette idée n'est pas nouvelle puisqu'elle a été abordée avec l'inspectrice départementale l'an passé. Nous avons aujourd'hui une nouvelle inspectrice. J'ai simplement fait le choix de respecter sa prise de fonction, de lui laisser le temps de s'installer et de découvrir notre territoire avant de reprendre ce sujet avec elle. Ce n'est pas de l'inaction, ni un manque de travail, c'est une manière sérieuse et respectueuse de travailler avec nos partenaires. 

Par ailleurs, l'organisation des écoles et du RPI nous invitent à la réflexion. Personne ne peut actuellement affirmer quelle sera la prochaine carte scolaire. Notre responsabilité est de conserver plusieurs possibilités ouvertes et de ne pas prendre des décisions hâtives. Jonzac se trouve dans une situation particulière : nos écoles accueillent des classes spécialisées et certains enfants ne résident pas à Jonzac, venant parfois de loin. En tant que ville centre, Jonzac dispose de services et de professionnels de santé indispensables à leur scolarisation. On ne peut donc pas réduire nos écoles à un simple ratio entre le nombre de classes et le nombre d'enfants domiciliés à Jonzac. L'arrivée prochaine d'un chargé de coopération territoriale doit nous permettre d'avoir une vision plus large des besoins du territoire quant à la petite enfance, l'enfance, la jeunesse et la parentalité, en lien avec les communes voisines. Je m'appuierai sur ces données objectives avant de prendre des décisions. 

Canicule : Ce sujet n'a été en aucun cas ignoré. Dès 2024, Annick Thibault avait demandé la réalisation d'un diagnostic énergétique. Un chantier important a été réalisé au centre de loisirs :  isolation, combles, raccordement à la géothermie. Le coût en est de 389.000 euros HT. Dans les écoles, des pistes d'amélioration ont été recherchées. Nous sommes allés plus loin en demandant un diagnostic spécifique dans le cadre de "l'Urgence Canicule" afin d'obtenir des solutions concrètes et des aides. Après trois relances auprès des services de l'Etat et des appels téléphoniques, cette demande a été acceptée. Ajoutons qu'en mai dernier, le confort d'été a été inscrit à l'ordre du jour de la Commission Jeunesse afin d'en définir les priorités. Nous avons recherché d'autres financements, la CAF en particulier, qui a donné une réponse négative. 

Notre action de sensibilisation inscrit un partenariat avec les élèves et les parents d'élèves. Ainsi, une journée culture et patrimoine a été organisée dernièrement en les rendant acteurs des projets qui les concernent. 

Une végétalisation a été réalisée à la crèche ; suivra le centre de loisirs en 2027 ». 

• Jean-François Mougard : « A Jonzac, il y a plus d'octogénaires que d'enfants de moins de 15 ans ! »

Jean-François Mougard aux côtés d'Hélène Dubus-Héraud  et Christophe Gadrat.

« Il convient de dissocier les écoles et ce qui relève du péri-scolaire, crèche et centre de loisirs. Le budget est le document de la réalité. On ne mélange pas tout. Le centre de loisirs et les écoles ne sont pas le même sujet. Mon propos porte sur ce qui n' a pas été fait et qui doit être fait. Quand on travaille sur la question des écoles, on se penche forcément sur la démographie : combien d'enfants Jonzacais scolarisés, combien de non Jonzacais, ceux qui viennent des communes voisines ? La question est : comment prépare-t-on l'avenir ? Face à la baisse de la démographie, des écoles fermeront, c'est une évidence, une certitude. Et ce n'est pas un argument de campagne électorale, elle est passée ! Des communes alentours ont les mêmes problèmes que nous. Nous pourrions travailler ensemble sur ce sujet. A Jonzac, il y a plus d'octogénaires que d'enfants de moins de 15 ans ! C'est une tendance nationale. Une réflexion commune est à mener en élaborant un programme pour améliorer la situation des écoles ». 

S'adressant à Sandra Pérot : « Vous êtes élue depuis mars dernier. Je ne vous fait pas grief de supporter ce qui n'a pas été fait auparavant. Je vous fait confiance et en même temps, je suis exigeant, j'attends une stratégie. Je suis une personne simple, je ne cherche pas à sous-étendre quoi que ce soit. N'y voyez pas malice ! L'avenir des Jonzacais est concerné : comment on garde nos effectifs, comment on se projette ? Il y a une certaine lourdeur dans la tendance démographique. Les enfants qui n'ont pas été faits, ils ne sont pas là !!! Quant à la canicule, le Gouvernement aurait dû l'anticiper. Elle sera durable et violente. Nos bâtiments ne sont pas adaptés et nous devrons les aménager ». 

Tout le monde s'accorde sur ce point.

Pour éviter que l'échange ne se termine en un tie-break majorité/opposition, Julien Glémet clôt la discussion en invitant les amateurs de rugby à un match féminin amical qui opposera, le dimanche suivant, le Stade Rochelais au Stade Bordelais...

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