mardi 25 septembre 2018

Festival des Nouvelles explorations/Royan : Sommes-nous assez intelligents pour sauver le monde ?


Du 4 au 7 octobre, le Festival des Nouvelles Explorations réunit pour la deuxième année les explorateurs de toutes les disciplines et embrasse l’exploration géographique, environnementale et climatique, l’intelligence artificielle, l’exploration comportementale... Notre credo, c’est que notre époque ressemble à la pré-Renaissance, qui voyait partir des explorateursà travers le monde, qui ne trouvaient pas forcément ce qu’ils cherchaient, mais découvraient d’autres contrées. Ils ont fondé la civilisation moderne. Aujourd’hui, les nouveaux explorateurs, venus de tous horizons, nous bousculent, anticipent, créent, inventent de nouvelles manières de penser, de se comporter en intégrant à notre quotidien des technologies de plus en plus innovantes. Ils nous aident à prendre conscience que le monde est fragile, mais nous rappellent aussi que l’Homme dispose de ressources immenses pour entreprendre et relever les défis. Nous espérons proposer cette année de nouveaux horizons d’explorations, vers l’Océan, vers le Cosmos, et vers notre Humanité pour donner à notre public du rêve, et l’envie de transformer les innovations de notre siècle en réalités viables... L’année dernière un grand témoin de notre époque est venu nous soutenir : Jean-Christophe Victor, ethnologue et explorateur infatigable de la géopolitique. C’était un de ses derniers voyages, il nous a quittés deux mois après cette soirée de clôture. Nous pensons à lui, c’est le parrain de cette deuxième édition. Merci à Virginie Raisson–Victor, son épouse, et à sa famille de l’avoir accepté. 

Bettina Laville et François Marot, fondateurs du Festival

 • Les Nouvelles Explorations se penchent particulièrement sur la conquête spatiale et ses conditions, les océans et leur préservation, notamment autour du « continent plastique », l’influence des nouvelles technologies dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse d’échelle individuelle ou collective, ou encore la ville de demain. Chaque jour, ces problématiques sont décryptées et débattues dans diverses rencontres et ateliers laissant la part belle à la participation du public.


Jonzac : Quoi de neuf au parti socialiste ?

La Section Jonzac-Mirambeau-Archiac du Parti Socialiste s’est réunie mercredi 19 septembre en mairie de Jonzac


Lors de cette réunion de rentrée, la section s’est dotée d’un nouveau bureau. Gilles Clavel en assurera  le secrétariat, secondé dans cette fonction par Gilles Dugué. La trésorerie sera assurée par Jean-Michel Audoire. Olivier Bricaud sera son adjoint.
Les militants haut-saintongeais du Parti Socialiste invitent tous les sympathisants de la Haute-Saintonge, attachés aux  valeurs  de la démocratie sociale, à s’associer à leurs travaux.
Les principes fondateurs de la République sont leur seule feuille de route. Ces principes doivent être les piliers de toutes actions politiques. La France est une république « indivisible, laïque, démocratique et sociale ».
Les Socialistes sont européens et à ce titre, soucieux des valeurs de la démocratie sociale et au fonctionnement de l’Europe, et ce pour la paix, la justice sociale, et la solidarité. A ce titre, le scrutin 2019 sera capital. Ils retiennent les leçons que l’histoire contemporaine du XXe siècle leur a enseignés. Ces leçons doivent rester dans la mémoire collective et justifier une construction de l’Europe fondée sur la tolérance. La montée des nationalismes de tous bords, portés par les souverainistes de tous horizons, est destructrice. « La gauche est l’avenir de l’Europe » estime Gilles Clavel.

Prochaine réunion de la section le 17 octobre à 20 h 30 à la mairie de Jonzac. Les personnes intéressées sont cordialement invitées.


Gérard Mounier

Jonzac : Récentes découvertes au sujet du château des Sainte-Maure

• Il y a sans aucun doute un château à Jonzac depuis 1000 ans, mais ce n’est pas le même, et on est bien loin du « poste militaire rendu fameux par la nature et par l’art »...

L'actuel château de Jonzac perché sur son éperon rocheux (© Nicole Bertin). La première structure, ruinée par la Guerre de Cent ans, se trouvait près de l'actuel chemin de ronde
Grâce aux recherches conduites aux archives, l'histoire avance lentement, mais sûrement. Entre l'ouvrage de Pierre Damien Rainguet traitant des "Etudes historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac" et "Les débuts des temps modernes 1480-1610", tome III de la série Histoire de l'Aunis et de la Saintonge écrit par Marc Seguin, on a fait un grand pas vers une connaissance approfondie des événements et des personnalités qui vivaient dans notre région à cette époque. Elle se poursuit au fil des découvertes, dans des actes notariés le plus souvent conservés aux Archives de Bordeaux. Ainsi, le passé du château de Jonzac s'éclaire-t-il peu à peu avec la présence d'une seconde porte de ville non loin de l'actuelle rue de Champagnac, un premier château ruiné près du chemin de ronde et la présence d'une fuie (pigeonnier) dans les environs immédiats. A noter également qu'au XVIIe siècle, c'est une femme qui possédait Jonzac. Il s'agit d'Isabeau de Sainte-Maure de 1584 à 1623, pendant près de 40 ans. Dommage qu'il soit si peu fait allusion à elle dans les commentaires qui entourent la visite du château ! 

Marc Seguin, historien
Laissons la parole à Marc Seguin, président des Archives Historiques de Charente-Maritime : 
« Le château de Jonzac a 1 000 ans » assure doctement une brochure récente, à la fois gratuite et superbement illustrée, témoignage parmi beaucoup d’autres de la générosité contrainte du contribuable local. C’est dans l’air du temps. L’Histoire, naguère domaine de l’objectivité, est en train de tomber dans une ornière. C’est désormais trop souvent le maître de l’argent public, qui décide ce que ses secrétaires vont mettre en lumière pour assurer la publicité touristique de sa circonscription, en accord, évidemment, avec les idéologies du moment. Qu’importe si la vérité historique se trouve un peu manipulée… N’avons-nous pas l’habitude de voir les beaux panneaux qui vantent les mérites (justifiés) de « l’abbaye de Trizay » alors que le public un peu cultivé n’ignore pas qu’il ne s’agit que d’un prieuré ? 
Faut-il rappeler qu’on ne devient pas « historien » par hasard ou par fantaisie, mais que cela nécessite de longues études et un indispensable apprentissage de la paléographie ? Ecrire l’Histoire, ce n’est pas plagier et déformer ce que d’autres ont déjà écrit. Les indispensables recherches en archives réservent pourtant de belles découvertes, ne modifient point les grandes lignes de nos connaissances, mais remettent parfois en cause de petites « certitudes » établies au XIXème siècle et recopiées depuis de génération en génération. 
Contester ces dernières devient une entreprise si téméraire qu’on peut la considérer comme désespérée tant sont bien ancrées les certitudes anciennes. C’est le cas à Jonzac où il paraîtrait inconvenant, stupide même, d’imaginer un autre emplacement pour un château si emblématique qu’il figure sur les armes dont la ville s’est dotée. 
L’existence des seigneurs, vassaux de la puissante abbaye parisienne de Saint-Germain des Prés, est attestée très tôt. Ils sont par définition propriétaires d’une châtellenie et de son château-fort, lequel aurait été érigé, selon la légende, sur une butte appelée Balaguier, un toponyme qui, s’il a jamais existé, est tombé dans l’oubli le plus absolu depuis des siècles. Ce que les Jonzacais savent de ce lointain passé, ils le doivent d’abord à l’inusable Pierre-Damien Rainguet qui publie, en 1864, ses Etudes historiques, littéraires et scientifiques sur l’arrondissement de Jonzac.

Rainguet et le château de Jonzac

En 1864, la région connaît une belle prospérité agricole, et les « propriétaires », qui ont fait de longues études classiques et bénéficient d’interminables loisirs, se penchent sur leur passé à condition cependant qu’il soit glorieux. Rainguet a conservé l’amour que les Romantiques portaient au Moyen-âge ; il recrée celui-ci et le peuple de nobles vertueux et courageux, de prêtres dignes et dévoués, de paysans travailleurs, pieux et obéissants. La guerre de Cent-Ans est un sujet inépuisable ; négligeant la suite des défaites humiliantes, il met l’accent sur les victoires remportées par les chevaliers sur l’ennemi de toujours, l’Anglais. Rappelant le traité de 1258-59, il observe sans difficulté que « les différentes places de guerre passèrent tantôt sous la domination de la France, et tantôt sous celle de l’Angleterre ». Du coup, le château de Jonzac, mal placé dans une zone frontière, « fut perpétuellement en éveil ». Peut-être n’était-il pas judicieux d’insister aussi fortement : « en 1451, sous Charles VII, Jonzac était un poste militaire rendu fameux par la nature et par l’art, et il était avec Montendre et Chalais, occupé par les Anglo-Gascons... la campagne s’ouvrit par la prise de Jonzac qui mérita cette même année 1451 les honneurs d’un si beau déploiement militaire ». Peut-être le souci de l’objectivité aurait-il dû le pousser à rappeler que les sujets du roi-duc reviennent tout aussitôt après et remettent avec une facilité déplorable la main sur une si puissante forteresse, de sorte qu’il faut encore les chasser en 1453, définitivement.
De ce « poste militaire rendu fameux par la nature et par l’art », nous ne savons rien. L’édifice actuel date de la seconde moitié du XVe siècle et, pour l’essentiel, du XVIIe siècle ; on a toujours pensé qu’il succédait à une structure plus ancienne. On aurait pu s’étonner de ne jamais rencontrer de vestiges médiévaux, mais nul ne paraît y avoir prêté attention : pouvait-on imaginer meilleur site que la butte qui nous est familière ? A-t-on même le droit de contester une vérité depuis longtemps « officielle » ?

Le « vieulx chasteau dudict Jonzac »

Je ne me serais jamais interrogé non plus si le hasard ne m’avait mis en présence d’un acte notarié bordelais sans grand intérêt apparent, du 14 février 1559 (1560, pour nous, puisqu’alors, l’année s’achève le 25 mars). Le registre s’appelle 3E 848 et s’échelonne entre 1540 et 1560. C’est une goutte d’eau dans l’océan des richesses bordelaises ; il est énorme, mal relié et un peu déchiré, il a subi l’épreuve des gouttières et des souris, mais il conserve, en bon état, un contrat jonzacais. Devant ce notaire Béchemil qui doit être d’origine saintongeaise, donc francophone dans une ville où tous ne maîtrisent pas la langue du roi, se présentent les frères Pineau,  jonzacais et ex-jonzacais. Cette famille est originaire de Meux comme le rappelle le toponyme « La Pinaudière », une propriété qui leur appartient encore au XVIIe siècle. 
Le premier, Maître Jean Pineau, est notaire royal dans le bourg (ses descendants possèdent encore son étude au temps de Louis XV) ; le second, Guillaume, est « bourgeois et marchant de Bourdeaulx » : c’est un immigré qui a réussi. 
Dans le grand port aquitain, on le remarque à peine tant les Saintongeais y sont nombreux; comme tant d’autres, il achète et revend du vin et du pastel. Ses affaires se portent plutôt bien puisqu’il se dit « bourgeois », ce qui signifie qu’il est assez riche pour participer à l’élection de la jurade (la municipalité). Me Jean Pineau s’est déplacé pour un échange avec son frère ; il lui cède « une certaine maison... située et assise aud. bourg de Jonzac, confrontant d’ung cousté à la maison de Sebastien Grollon, marchant dud. Jonzac, et d’autre cousté à la maison de Françoise de La Cousture, vefve de feu Jehan Le Blanc, et d’ung bout à la grand halle dud. Jonzac, le chemin entre deux, et d’autre bout aux doues du vieulx chasteau dud. Jonzac ». 


Voici la transcription, du moins celle de la première page, la seule qui nous intéresse : 

« Saichent tous presens et advenir que aujourduy, date de ces presantes, par devant moy Jehan Bechemil, not. et tabellion royal en la ville et cité de Bourdeaulx et seneschaucée de Guyenne, et en presance des tesmoings soubznommez et escriptz, ont esté pres. et personnellement establys Maistre Jehan Pinauld, not., demeurant au bourg de Jonzac en Xonge (= Xainctonge), d’une part, et Sr Guillaume Pinauld, son frere, merchant et bourgeoys de la ville de Bourd. et y demeurant, d’autre part.
Entre lesquelles parties ont esté faictz les permutations et eschanges qui s’ensuyvent. C’est ascavoir que led. Maistre Jehan Pinauld a bailhé, permuté, ceddé et transporté aud. tiltre d’eschange par particulier aud. Sr Guill. Pinauld, sond. frere, à ce present, stippullant et acceptant pour luy et les syeins et quy de luy auront droict et cause à l’advenyr, une certaine maison avecques ses fondz, solle, entrées, aysines et apartenances quelzconques, laquelle maison est située et assise aud . bourg de Jonzac, confrontant d’ung cousté à la maison de Sebastien Grollon, merchant dud. Jonzac, et d’autre cousté à la maison de Françoise de La Cousture, vefue de feu Jehan Le Blanc, de l’ung bout à la Grand-Halle dud. Jonzac, le chemyn entre deux, et d’autre bout aux doues du vieulx chasteau dud. Jonzac. Laquelle maison est tenue du seig. de la chastellanye dud. Jonzac de rante foncière deue par chascun an à la recepte de lad. chastellanie pour la somme de quinze solz tournois… »

On voit que le propriétaire était tenu de payer chaque année, à Noël, sans doute, un cens de 15 sols, somme alors non négligeable, ce qui indique qu’il s’agit d’un bel emplacement. La maison est séparée de la halle par un « chemin », sans doute une ruelle étroite. La halle, nous savons la replacer : elle occupe l’angle inférieur du triangle qui constitue aujourd’hui la Place du Château, alors plus étroite qu’aujourd’hui. C’est en 1759 que le comte (beaucoup plus parisien que jonzacais), soucieux de bailler à rente de nouveaux étals et d’améliorer ses revenus obérés, la fait transporter à proximité de l’église. La maison en question se situait donc sur la face nord-est de l’actuelle rue James Sclafer, quelque part entre les n° 30 et 36. Que le marchand Sébastien Grollon et la veuve Le Blanc habitent de part et d’autre n’a guère d’importance; par contre, la dernière confrontation retient l’attention : « les doues du vieulx chasteau dud. Jonzac ». Des « doues » sont des douves, des fossés ; elles font penser à la rivière qui est toute proche et au maigre ruisseau aujourd’hui mal alimenté par une fontaine beaucoup plus abondante autrefois. 

A l'entrée du chemin de ronde (qui se poursuit par les galeries noires), on remarque 
les vestiges d'une ancienne tour et des pans de murs
Qu'un château initial ait été situé en face de la rivière s'explique stratégiquement
Si on éprouve le besoin de mentionner « le vieulx chasteau », c’est évidemment par opposition à un nouveau, à un « neuf », le nôtre, dont le portail d’entrée date de la fin du XVe siècle. En 1560, on connaissait encore l’emplacement d’une forteresse abandonnée dont les matériaux avaient été réutilisés dans la nouvelle construction. La maison Pineau, comme ses voisines, était érigée à proximité immédiate ou, plus sûrement, sur les fondations et les caves. Il y a des chance pour que ce «vieulx chasteau »  ait occupé la plus grande partie de l’espace aujourd’hui couvert par les immeubles du n° 26 au n° 37. Avec un peu d’imagination, ne peut-on pas, aujourd’hui encore, repérer, à la pointe sud de cet ensemble les bases d’une tour ? L’archéologie serait d’un grand secours, à condition de ne pas oublier qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, les maisons et les ateliers (« adouberies ») des « blanchers » (tanneurs) ont modifié les lieux.

Il n’est pas impossible de trouver d’autres allusions à ce premier château dans les minutiers des notaires jonzacais du XVIIe siècle. Sur la demi-douzaine (royaux et seigneuriaux) qui travaillaient alors en même temps dans la « ville », deux seulement ont survécu en partie : Jean Couillaud (1617-1669) qui est très lacunaire, et Jean Huteau (1662-1705) qui paraît à peu près complet. Les documents sont rares parce que les habitants de ce quartier plutôt aisé appartenaient à un ensemble de familles stables qui vendaient rarement, et, quand d’aventure cela se produisait, on n’éprouvait pas le besoin d’insister sur des confrontations connues de tous. Cependant, nous repérons en 1635 Paul Delage, écuyer, seigneur de Tirac (Lorignac), qui vend au marchand Jacques Champaigne une maison et son petit jardin, « au devant la grande halle dud. lieu, confrontant icelle maison d’un bout à la ruhe, la susd. maison et lad. halle, d’un costé à la maison de Domenique Dimbaud et d’autre bout joignant les douhes antiennes dud. Jonzac… ». 
En 1668, ces « vieilles douhes » partiellement comblées par des ordures diverses, sont parfois devenues sentier. Me René Paige, sergent royal, fait observer à son voisin Jean Arbouin « qu’il a mis dans le derriere de sa maison et dans le passage que led. Paige et autres ont pour aller et venir dans les vieilles douhes avec un cheval chargé avec arasses (des paniers) nombre de fians quy occupent presque tout le passage et impossible de pouvoir passer un cheval chargé. Et d’autant que led. expozant est sur le point de faire syer ces grains (moissonner) et qu’il luy est necessité de les passer dans led. passage pour aller à sa grange. A ces causes, il a sommé et somme led. Arbouin de tost et sans delay faire hoster led. fiant et laisser le passage libre ». Faut-il y voir là l’origine des « allées noires » ? 
En juin 1686, un procès, qui aboutit, comme presque toujours, à une transaction, oppose le forgeron Elie Boyvert au serger Pierre Bellet. Ce dernier est contraint de renoncer à une maison « sithuée en la grande ruhe de la presente ville (c’est à dire celle qui joint le château à la porte de ville et, au-delà, à l’église), confrontant icelle maison par le devant à la grande ruhe, d’un costé au jardrin des heritiers du feu sieur Chaussé, la gallerie d’autre bout aux dhoues de l’antien chasteau de la presente ville ». Le procès-verbal qui fait suite constate que « la porte qui sort du jardrin dans les dhoues est toute pourrie ».

L'actuel château de Jonzac est occupé par la mairie, la sous-préfecture 
et un propriétaire privé, Philippe Gautret
Pour un château, c’était une position très singulière, au fond tellement absurde à nos yeux qu’on comprend tout à fait qu’elle n’ait jamais attiré l’attention. Absurde ? Là réside l’une des grandes difficultés du métier d’historien : éviter l’anachronisme, essayer – je dis bien « essayer » - de percevoir les motivations de nos prédécesseurs, de percer leurs mentalités qui n’étaient pas les nôtres et de connaître aussi bien que possible leur environnement. Tâche malaisée qui impose à la fois beaucoup d’humilité et des études interminables ! Les hommes qui ont décidé de l’implantation de ce « chasteau » - sans doute modeste - avaient leurs raisons qui étaient suffisantes. Nous pensons château-fort, donc guerre, parce que nous connaissons la suite des évènements depuis l’an mil, mais eux n’en savaient rien, n’avaient probablement pas les moyens de faire plus et ne poursuivaient pas des objectifs ambitieux. Tenir un gué de la Seugne et percevoir un péage ? Le seul avantage visible était une fontaine alors abondante qui pouvait alimenter les fossés. La présence de « doues » parallèles à la rivière montre que le danger était supposé venir du côté sud pourtant naturellement défendu. 

Il y a donc sans aucun doute un château à Jonzac depuis 1 000 ans, mais ce n’est pas le même, et on est bien loin du « poste militaire rendu fameux par la nature et par l’art » qui n’a existé que sous la plume de Rainguet et de ceux qui l’ont recopié... 

Le castelet va faire l'objet d'une restauration. Les travaux sont suivis par 
l'architecte en chef des Monuments Historiques Philippe Villeneuve

lundi 24 septembre 2018

Marignac/Moulin du Chilleau : Une rencontre pour changer une vie entre Jean-Claude Moreau et Jocelyn Esterel

Au micro, Jean-Claude Moreau, propriétaire du Moulin du Chilleau
A Marignac, Jean-Claude Moreau, président de l’association culturelle l’ECUM, a restauré le moulin du Chilleau. L’auteur Jocelyn Esterel a conté cette belle aventure dans un ouvrage intitulé « Les ailes de mon moulin ». Pour les Journées du Patrimoine, le moulin avait attiré un nombreux public.

Un nombreux public réuni le 15 septembre au Moulin du Chilleau. 
En premier plan, l'une des meules
Jocelyn Esterel dédicace l'ouvrage "les ailes de mon moulin"
Situé au cœur d’une exploitation viticole, le moulin du Chilleau était abandonné au milieu des ronces. C’est souvent le cas quand les propriétaires ne trouvent aucun intérêt à ces constructions d’un autre temps. Fini l’époque où les paysans apportaient leur blé pour en faire de la farine. Depuis, le progrès est passé par là et ces témoins, désormais relégués aux oubliettes, ne sont plus que des silhouettes au milieu des champs, réduites à leur plus simple expression. Constructions cylindriques sans toit endormies sur la colline. Ces dernières décennies, de nombreuses restaurations ont eu lieu, les propriétaires étant désormais regroupés au sein de l’Association départementale des Amis des Moulins (A.D.A.M. 17).
Soucieux de transmettre ce patrimoine aux générations futures, Jean-Claude Moreau, agriculteur, a entrepris la rénovation de son moulin avec une volonté bienveillante. D’une part celle de permettre la découverte d’un moulin tel qu’il était au XIXe siècle (sans les meules) et d’autre part, léguer cet héritage à ses trois neveux afin que la mémoire se perpétue. Ainsi tourne la roue…

Les différentes phases du chantier (images extraites du film de présentation)

Les ailes en préparation
Une fois posées ! « Un toit sans ailes, ça ne veut rien dire ! » plaisante jean-Claude Moreau. Il a également rénové un four à pain qui a fonctionné 
durant les Journées du Patrimoine, régalant son entourage.
Le remettre en état était un vaste chantier. Un film retrace les grandes heures de ce travail dans les années 2000. Des chênes et peupliers abattus et sciés à Mosnac à la réalisation des pièces par Arnaud Lutard, de la maçonnerie à la pose des ailes, que d’heures passées selon des gestes ancestraux. Et même si des améliorations ont été apportées dont l’extrémité de la toiture, en inox plutôt qu’en zinc, l’assemblage recomposé est fidèle à l’original. « Chacun s’est fait confiance » explique le propriétaire. C’est en ce lien que réside l’alchimie de la renaissance.  Jean-Claude Moreau a rencontré les bonnes personnes au moment opportun. Ainsi, il a confié la rédaction de son entreprise à Jocelyn Esterel. Avec Jacques Gaultier (de la Meauffe en Normandie), créateur du blason associant raisin et pomme, spécialement conçu, il partage cette phrase de Pythagore : « les amis sont des compagnons qui vous aident à avancer sur le chemin d’une vie plus heureuse ».

Pour les journées du patrimoine, occasion d’un grand rassemblement autour du moulin, Joceleyn Esterel a rappelé combien cet édifice l’avait conquis : « pour moi, c’est le plus beau de France. Il est en pierres de taille et non en moellons et ses ailes sont particulières. La pièce centrale est en deux morceaux associés par un assemblage. On l’appelle l’assemblage Jupiter ! Le vrillage a été respecté au centième de degré près. C’est splendide ». 

« Je n’ai jamais eu l’ambition de faire de la farine » souligne Jean-Claude Moreau. Son souhait ? Que son "protégé" devienne tout simplement une étape sur les chemins du patrimoine saintongeais. Que les randonneurs, les promeneurs s’y rendent avec le plaisir d’y retrouver un jour une table d’orientation. Il l'a dédié à ses trois neveux : « prenez-en soin, ce moulin est mon enfant. Il est donc votre cousin germain ! » dit-il.

Jean-Claude Moreau transmettra le relais à ses neveux
Jocelyn Esterel aux côtés de Jean-Claude Moreau, ses neveux et d'Arnaud Lutard (artisan). Pourquoi une telle situation sur la colline ? 
Parce que les ailes avaient besoin du vent pour tourner ! 
Pour en savoir plus, vous pouvez prendre rendez-vous avec le propriétaire pour une visite et lire l’ouvrage de Jocelyn Esterel sur cet édifice qui comporte deux niveaux, le rez-de-chaussée étant consacré à une exposition d’outils anciens. « Mon souhait est que les propriétaires futurs prennent le relais pour l’entretenir et lui fassent traverser le XXIe siècle avec la même passion que celle qui m’a animée tout au long de cette réalisation » confie Jean -Claude Moreau. 
Bravo pour cette initiative concrétisée sans solliciter aucune subvention…

Les différents bois utlisés
Le mécanisme
Au milieu des vignes
Une cheminée à l'ancienne
Au premier étage, un lit pour le meunier !
• Les différents propriétaires du Moulin: Familles Belloteau, Audouin, Beurcq, Potut, Bourget, Jonchère, Gautier, Hillairet, Moreau

© Nicole Bertin

Jonzac : une navette électrique pour se déplacer

Depuis l'été, la navette thermale de Jonzac sillonne toute la ville pour faciliter la vie des curistes, mais aussi de tous ceux qui ont besoin de se déplacer que ce soit pour se rendre à la station thermale, faire des courses, visiter le château ou le cœur de ville, se détendre au casino ou aux Antilles de Jonzac. La navette permet donc à chacun de se déplacer facilement,  en évitant de chercher une place pour se garer et de polluer l'atmosphère : plus rapide, plus pratique et plus écologique !
Deux navettes couvrent l'ensemble de Jonzac. D'autres arrêts complémentaires peuvent être demandés directement aux autocars Chaintrier.

La navette électrique, un nouveau moyen de transport !
La fréquence de passage est de 30 minutes. Le service est assuré du lundi au samedi de 6 heures à 18 heures pendant toute la saison thermale. En dehors de cette période, contacter les transports Chaintrier / Agence Cap Atlantique. Dans tous les cas, il est conseillé de réserver au 06 83 54 81 54. 

• Le tarif est de 4 €/billet. Chaque billet est valable pendant toute la journée d'achat : il est donc possible de se rendre aux thermes le matin, d'en revenir puis d'aller faire des courses, d'aller au Casino ou de se rendre en ville pour la visite du château.
Les billets sont en vente à bord de la navette ou auprès de l'office de tourisme de Jonzac à l'unité ou par lot de 6 tickets.

•  Pour bénéficier des services de la navette thermale, il vous suffit de joindre les Autocars Chaintrier au 05 46 70 73 61 ou 06.83.54.81.54 ou par mail chaintrierautocars@orange.fr en indiquant les dates de votre séjour, les horaires de vos soins thermaux et  l'adresse de votre hébergement.
Si vous ne vous êtes pas inscrit au préalable, faites bien signe au chauffeur de la navette pour lui indiquer votre souhait d'y monter ! 

• Renseignements à l'Office de Tourisme de Jonzac 05 46 48 49 29