mercredi 31 mai 2023

Eglise de Consac/Travaux : L'édifice religieux révèle ses secrets !

Mercredi dernier, le Préfet de Charente-Maritime, Nicolas Basselier, accompagné d'Estelle Leprêtre, sous préfète de Jonzac, ont visité le chantier de restauration de l’église de Consac aux côtés du maire, Marie-Hélène Vallier, de l'architecte du Patrimoine Marie-Pierre Niguez, Lionel Mottin, chef de l’unité départementale de l'Architecture et du Patrimoine, Raphaël Gérard, député, Evelyne Delaunay, sa suppléante et des conseillers municipaux. Les travaux ont débuté en février 2022 afin de procéder à la remise en état du monument par une réfection totale de la couverture, le rejointoiement des pierres de taille, la consolidation des murs, la remise aux normes de l’électricité, la rénovation de l’ensemble des vitraux et des décors peints.

Des chapiteaux aux décors géométriques

L’État participe financièrement à la réalisation de ce projet, notamment au titre de la dotation de soutien à l'investissement local et par la Direction régionale des Affaires culturelles. La première tranche atteint 300.000 euros. Participation de l'Etat, la DREAL, la Région, le Département, la Sauvegarde de l'Art français, la Fondation du Patrimoine. A charge de la commune 20% environ.

Une belle charpente ancienne
Marie Pierre Niguez, architecte, et Nicolas Basselier, préfet
Les travaux présentés par Marie Hélène Vallier, maire de Consac

L'ensemble de l'intervention comprendra quatre tranches pour un montant de 1 million d'euros. Cette église, remaniée au fil des siècles et inscrite aux Monuments Historiques en 2003, comprend plusieurs périodes, des XIe et XIIe siècles au XVIe siècle, période où l'édifice a été doublé d'une chapelle latérale par les Seigneurs des lieux. A noter la présence de litres funéraires (bande noire en hommage à un défunt). Originalité, la partie la plus ancienne présente des chapiteaux primitifs de type byzantin avec des décors géométriques, des entrelacs qui pourraient appartenir à une construction antérieure. Ont-ils été réutilisés ? Enigme à résoudre !

Litre funéraire
Première tranche de travaux
Une découverte intéressante du patrimoine religieux saintongeais
 Parmi les particularités, une charpente du XVe qui comporte des poutres en chêne d'un seul tenant de 16 mètres de longueur, des modillons extérieurs intéressants, mais aussi des modillons intérieurs en parfait état à inventorier, une maçonnerie souple réalisée par les Compagnons de l'époque qui ont tenu compte des mouvements du sol ; dans le chœur, des peintures exécutées en 1873 par le peintre Augustin Zabalza, jeune artiste espagnol installé à Mirambeau (il a également travaillé sur notre Notre-Dame de l'Assomption dans le bourg de Mirambeau) ; enfin découverts dans un mur à l'abri des regards, deux morceaux de sculptures superposés (personnages inconnus !).

Ces travaux de rénovation prendront quatre ans dans leur globalité
Lorsque cette église sera entièrement restaurée, elle sera à n'en pas douter l'un des beaux édifices religieux de la Haute-Saintonge. 

• Historique (Rainguet) :

L'église paroissiale Saint-Pierre était environnée d'un cimetière définitivement fermé en 1876. Les deux absides sont voûtées en pierre, avec nervures dans le style ogival du XVe siècle, les deux travées consacrées à la chapelle de Notre-Dame reposent sur six consoles cylindriques et se terminent en cul-de-lampe, aux sculptures variées et différentes pour chaque pièce. Dans le mur nord, se trouve une petite porte très basse, par laquelle les anciens seigneurs pénétraient dans cette partie de l'édifice qui leur était réservée et qu'ils passaient pour avoir rebâtie. Ce même mur présente à l'extérieur, les restes d'une litre funèbre, avec écusson peint à l’huile. 

L'abside de la nef principale est dans le même style que la précédente, avec fenêtre ornée de rinceaux prismatiques portés par deux meneaux. Le chœur de cette même nef est surmonté d'un clocher carré, assez élevé, couvert d'un toit élégamment décoré d'une trentaine de colonnes du XIIIe siècle, aux chapiteaux ornés, dont quatre principales, aux quatre angles, marquent les quatre points cardinaux. La voûte du clocher présente, à son intrados, une coupole octogone qui ne manque pas d'une certaine élégance, et repose sur des groupes de colonnes et de pilastres alternant, dont les chapiteaux sont chargés d'entrelacs, de dents de scie, de volutes, de fleurons épanouis, de feuilles, etc. Quant au reste des deux nefs, repris postérieurement, il est couvert d'un plafond en charpente. Les deux portes principales, refaites, sont dépourvues de caractère architectural bien que l'ouvrier ait construit une sorte de damier au-dessus de la grande porte. La porte latérale est surmontée d'une imposte avec tour d'équerre. Par dessous, se voient les bustes, grossièrement sculptés, du Seigneur du lieu et de sa dame, restaurateurs de la chapelle, dit-on, et entre les deux, un écusson fruste, environné d'une couronne de lauriers.

La cloche, qui pèse environ 300 kilogrammes, a succédé à une plus forte de 400 kilogrammes environ, qui avait été fondue à Consac en 1770 et que l’on aurait brisée dans la Révolution. 

L'église de Consac abrite plusieurs tableaux : un Crucifiement, une Annonciation, un Sacré-Cœur de Jésus et de Marie, une Résurrection de Lazare. On remarque, à côté de la porte, un bénitier en pierre qui a été creusé dans une clef de voûte ornée du XVe siècle et renversée la tête en bas. Un testament fait en 1699 par Angélique de Guinanson démontre qu'il existait alors, dans cette paroisse, une maison de religieux des Carmes relevant de celle de Jonzac.


 • Avant de quitter Consac, le préfet a fait étape à l'ATEL, association de l'économie sociale et solidaire qui propose des parcours d'insertion socioprofessionnelle aux personnes les plus éloignées de l'emploi. Plusieurs prestations sont proposées : travaux viticoles, espaces verts, espaces naturels, entretien du bâti, ressources humaines. Tél. 05 46 49 72 42

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