lundi 9 février 2026

Saintes/Feu d'artifice de la Saint-Valentin Rémy Catrou : « Peut-on célébrer l'amour sans jamais parler des violences faites aux femmes qui entourent cette date ? »

La liste Saintes Solidaire et Citoyenne, que conduisent Rémy Catrou et Estelle Clinckemaillié, adhérents LFI, aux prochaines élections municipales s'enflamme sur les réseaux sociaux au sujet du feu d'artifice qui sera tiré samedi 14 février, jour de la Saint-Valentin, au jardin public. Loin d'y voir des gerbes illuminées chuchotant des roucoulades à l'oreille de l'être cher, ils dénoncent au contraire « le manque d'intérêt de l'actuelle municipalité face à certaines réalités quotidiennes que vivent les couples, les violences faites aux femmes en particulier. Ces 34000 euros pourraient être utilisés pour des actions bien plus urgentes : prévention, protection, accompagnement des femmes battues, soutien aux collectifs qui agissent déjà sur le terrain » soulignent-ils. En conséquence, ils condamnent la somme dépensée dans ce spectacle pyrotechnique visant à célébrer l'amour et émerveiller les cœurs battants. Somme qui aurait pu trouver une autre destination selon eux...


Voici leurs arguments : 

« Le feu d'artifice "romantique" de la mairie : 34 000 € pour les artifices, rien contre les violences faites aux femmes. A Saintes, pour la troisième fois, la municipalité organise un feu d'artifice à l'occasion de la Saint-Valentin. Un événement financé par l'argent public à hauteur de 34 000 euros. Ce choix n'est pas anodin. Il avait déjà suscité un débat vif en conseil municipal en février 2024, lorsque, à la demande des Féministes Insoumises, Rémy Catrou avait interrogé la majorité :

- « Peut-on célébrer l'amour sans jamais parler des violences faites aux femmes qui entourent cette date ? ». La réponse du maire Bruno Drapron avait alors sidéré : « Je fais toujours attention à ce que ma femme m'offre plus de cadeaux que moi. Ma réponse est aussi ridicule que ce qui vient d'être dit » (Sud Ouest du 14 février 2024). Cette phrase résume tout : la banalisation, le refus de regarder la réalité en face.

Car la Saint-Valentin n'est pas une fête neutre. Pour de nombreuses femmes, elle rime avec pressions, injonctions au « devoir conjugal », violences psychologiques, physiques et sexuelles. Les associations féministes le documentent depuis des années. Les violences sexistes et sexuelles sont une réalité quotidienne. Les chiffres de 2025 sont accablants. Selon le collectif Nous Toutes, 167 féminicides ont été recensés. Ce décompte ne se limite pas aux chiffres judiciaires : il vise à rendre visibles toutes les violences, trop souvent minimisées ou ignorées. Derrière chaque chiffre, il y a une vie, une histoire, une famille détruite. Ces vies doivent être reconnues. Face à cela, continuer à investir 34 000 euros dans un feu d'artifice relève d'un choix politique clair. Ces 34 000 euros pourraient être utilisés pour des actions bien plus urgentes : prévention, protection, accompagnement des femmes victimes de violences, soutien aux collectifs qui agissent déjà sur le terrain. La municipalité actuelle a choisi de ne rien faire. Nous sommes Saintes solidaire et citoyenne, une liste citoyenne engagée, qui porte les valeurs de l'écologie, de la solidarité, de la démocratie participative, de la laïcité, de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de la sororité, du féminisme, de l'antiracisme et de l'antifascisme. Nous portons un projet municipal qui protège, qui anticipe et qui agit.

Notre programme pour Saintes

• Une carte municipale pour les familles monoparentales, afin de garantir un accès facilité aux services municipaux, à la culture, aux transports et aux aides locales.

• La création d'un observatoire municipal des discriminations et des violences sexistes et sexuelles, pour mesurer, prévenir, coordonner et rendre des comptes publiquement.

• L'ouverture de foyers d'urgence pour les femmes victimes de violences, en lien avec les associations, pour qu'aucune femme ne soit contrainte de rester avec son agresseur faute de solution immédiate.

• Une politique municipale cohérente toute l'année, et non des opérations de communication déconnectées des urgences sociales.

Nous affirmons aussi des choix symboliques forts, à l'inverse des artifices :

• 8 mars - Journée internationale des droits des femmes

• 25 novembre - Lutte contre les violences faites aux femmes

• Mois des fiertés - Égalité et lutte contre les discriminations

• 1er mai - Droits des travailleurs et des travailleuses

Le 8 mars n'est pas un symbole vide. C'est une journée de lutte. En 2026, il doit s'inscrire dans un véritable programme municipal féministe, avec des moyens concrets et un soutien clair aux collectifs qui agissent déjà à Saintes, en particulier le Collectif féministe saintais. Rendez-vous le samedi 7 mars à 10 h 30, devant le Palais de justice, aux côtés du Collectif féministe saintais ».

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