Lettre de la FED (Fédération Environnement Durable)
« Vous êtes candidats pour les prochaines élections municipales et nous vous demandons au nom de la Fédération Environnement Durable (FED) de bien vouloir informer vos concitoyens sur les décisions que vous pourriez être amenés à prendre si vous êtes élus afin de protéger la biodiversité, préserver les paysages, le patrimoine naturel et historique de la collectivité que vous aurez la charge de représenter.Imaginez ce même paysage avec six éoliennes...
Comme vous le savez, la loi du 10 mars 2023 (loi APER) a confié aux élus locaux le droit de décider s'ils souhaitent accueillir des énergies renouvelables sur le territoire communal et surtout quel type d'énergie renouvelable et sur quels emplacements ils autorisent leur implantation.
Ainsi, dans certaines communes, des zones d'accélération pour le développement des énergies renouvelables (ZADER) ont été autorisées, soit pour permettre l'installation de panneaux solaires sur toitures, friches industrielles ou anciennes décharges, soit pour favoriser la géothermie ou la biomasse.
Enfin, convaincus que leur acceptation apporterait des ressources nouvelles pour la commune, certains élus ont accepté l'implantation d'éoliennes sur le territoire communal sans savoir que la partie de taxe perçue par la commune entraînerait mécaniquement une baisse des dotations de l'État.
Ils n'avaient pas mesuré l'impact sur les paysages et le patrimoine historique de la commune.
Ils ignoraient les risques de destruction pour la biodiversité et notamment les oiseaux et les espèces protégées qui font la richesse de la commune.
Ils n'avaient pas connaissance des conséquences de ces implantations sur la dépréciation immobilière des habitations dans un rayon de 2 kilomètres et donc d'une diminution des recettes communales issues des taxes foncières.
Ils n'avaient pas évalué les effets de telles implantations sur le tourisme vert, gîtes ruraux, chemins de randonnée, qui font partie de l'attractivité de la commune.
Enfin, le développement de ces énergies renouvelables intermittentes a entraîné un doublement du prix de l'électricité en 10 ans - une facture d'électricité comporte 3 parts égales : tarif réglementé de vente (TRV), l'accise (qui sert à subventionner ces énergies renouvelables éolienne et solaire) et la taxe dite TURPE (qui finance le raccordement de ces mêmes énergies renouvelables) - La facture d'électricité payée par les ménages a même augmenté de 18% entre 2023 et 2024 et une hausse est encore prévue cette année.
C'est certainement pour toutes ces raisons que seulement 1% des communes de France ont décidé de créer des zones d'implantation pour les éoliennes. Pour des motifs similaires, seulement 3% des communes de France ont accepté de définir des zones d'implantation de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles.
Les SRADDET, celui de Nouvelle Aquitaine notamment, ont fixé des objectifs de développement des énergies renouvelables issues du vent et du soleil pour 2030 et 2050 et pour les départements de Poitou Charentes. Ces objectifs 2030 et même 2050 sont déjà atteints si on additionne tous les parcs installés et tous les parcs autorisés.
Pour l'ensemble de ces raisons, vos concitoyens sont aujourd'hui en droit de savoir :
- si vous envisagez, une fois élu, de vous opposer à toute implantation d'éoliennes sur le territoire communal,
- si vous entendez vous opposer à toute implantation de panneaux photovoltaïques sur les terres agricoles,
- si vous vous engagez à mettre en œuvre des règles d'urbanisme communales et communautaires qui traduisent clairement votre volonté de préserver les paysages, le patrimoine et la biodiversité de votre commune.
Je vous invite à rendre publiques vos réponses sur ces trois points qui intéressent particulièrement vos concitoyens et vous en remercie par avance ».
Bernard Largeau, président de l'APREVICA (Association "Préservons la vie de notre campagne")
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire