jeudi 5 février 2026

Saintes/Municipales : « Ferrocampus, école d'ingénieurs, entreprises sous-traitantes : ce centre unique sera unique en Europe » déclare Jean-Philippe Machon, candidat

Ancien maire de Saintes, Jean-Philippe Machon se présente aux élections municipales de mars prochain. Candidat malchanceux en 2020, il revient sur le devant de la scène après avoir vécu des années « assez difficiles » dans l'une des oppositions à Bruno Drapron. Le slogan de la liste qu'il conduit "J'aime Saintes " résonne comme une déclaration en cette période favorable au rapprochement (Saint-Valentin le 14 février !). Le Ferrocampus est le projet phare de la ville : « avec cette école d'ingénieurs et des entreprises sous-traitantes qui s'installeront, on va unir la recherche, la formation à l'emploi. Ce sera un centre unique en Europe, indispensable au développement et au rayonnement de Saintes. La Ville doit en être partenaire aux côtes de la Région Nouvelle-Aquitaine » souligne-t-il.

Il répond à nos questions : 

Philippe Machon et une partie de son équipe lors de l'inauguration de son local
de campagne rue Saint-Pierre

• Jean-Philippe Machon, vous avez été élu en 2014 succédant à Jean Rouger. En 2020, Bruno Drapron est devenu premier magistrat à son tour et vous êtes alors entré dans l’une de ses oppositions. Comment avez-vous vécu cette période qui tranchait d’avec la première ?

Je préfère parler de l’avenir que du passé, mais l’expérience tirée du passé compte beaucoup. En effet, j'ai été élu maire en 2014 et c'était mon premier mandat d’élu. Moi qui venait du monde de l’entreprise, j’avais donc beaucoup de choses à découvrir sur le fonctionnement d'une municipalité. En 2020, j'ai rejoint l'opposition au maire actuel en tant que conseiller municipal. J’ai beaucoup appris durant ces deux mandats et j’ai tiré les leçons. Par exemple, quand le maire actuel déclare publiquement : "le conseil municipal n’est pas un lieu de débat", cela me surprend car la libre expression est le pilier de la démocratie locale. Le débat est nécessaire pour faire avancer les idées, faire des propositions et œuvrer pour le bien-être des Saintais. Le maire actuel a tout de même réussi à réunir contre lui l’ensemble des oppositions siégeant au conseil. A l'exception de Pierre Dietz. Certains de ses colistiers l'ont quitté en cours et en fin de mandat. Je me souviens également de termes ou propos tenus lors de séances qui n'ont pas leur place dans le conseil municipal de la seconde ville du département. La leçon majeure à retenir est la nécessité du respect et de l’écoute, c’est fondamental. Si les Saintais me font confiance en mars prochain en votant pour la liste «J’aime Saintes»,  je travaillerai avec l’opposition pour gérer la ville.

• Précisément, lors de votre mandat de maire, avez-vous travaillé avec l’opposition ?

Je prends un exemple parmi d‘autres. Compte-tenu de leurs connaissances, j’avais des membres de l’opposition qui appartenaient aux groupes de travail sur l’aménagement de la Palu ou sur la rénovation de l’amphithéâtre . Je pense qu’une fois le conseil municipal élu, il doit se rassembler et travailler pour l’ensemble des habitants, ce qui n’a pas été le cas lors du mandat actuel. Même si nous avons des points de vue ou des approches différentes, nous devons être à l’écoute, échanger et nous respecter. C’est comme cela qu’on enrichit les projets au bénéfice de la population.

Conseil municipal durant la période covid. Jean-Philippe Machon
est alors dans l'opposition 

• Vous estimez que vous n’avez pas été suffisamment respecté durant ce dernier mandat ?

Je le pense, mais nous ne sommes pas les seuls ! D’autres comme Pierre Maudoux ou François Ehlinger, ont vécu des moments difficiles. C’est inacceptable !

• Revenons à votre premier mandat. Vainqueur d’une division de la gauche entre Jean Rouger et Isabelle Pichard, vous attendiez-vous après cette victoire à ce que Bruno Drapron et Marie-Line Cheminade entre autres, se désolidarisent de vous pour des motifs divers et variés ?

Sait-on de quoi l'avenir sera fait ? Durant mon mandat de maire, j'ai été la cible de cabales politiques qui n’avaient qu’un seul objectif, me déstabiliser pour que je démissionne. Il y en a eu plusieurs dont la principale qu’on m’a reprochée, et que je souhaite éclaircir, concerne l’achat par la Ville d’une voiture d’occasion qui ne m’a jamais appartenu, que je n’ai jamais rachetée, et avec laquelle je n’ai eu aucun lien financier ou de propriété. ll n’y a donc eu aucune malversation, aucune prise illégale d’intérêt, aucun détournement ou enrichissement personnel. Simplement l’idée de faire des économies à la Ville en achetant un véhicule d’occasion qui était en leasing. L’erreur résidait dans la marque BMW ; une Peugeot ou une Renault n’auraient pas posé de problème !  Finalement une voiture neuve a été achetée par la Ville qui a coûté plus cher. L’argent du contribuable a-t-il été bien géré ? Je ne le pense pas ! Cette soi-disant « affaire » a été tranchée, mais j’ai été bouleversé et meurtri qu’on puisse publiquement créer un doute sur ma probité. Et je reconnais m’être très mal défendu par inexpérience. Je constate que certains en parlent encore et s’en servent contre moi. 

Archives 2014 : La liste de Jean-Philippe Machon, aux côtés de Bruno Drapron,
 a remporté les élections (©NB)

L'installation du conseil municipal en 2014 (©NB)

Poignée de main entre Jean Rouger et le nouveau maire (©NB)

• Vous avez également démissionné de la présidence de la CDA où Jean-Claude Classique vous a succédé ?

Je le répète. Dans un territoire comme le nôtre, il faut savoir travailler avec l’opposition.  En 2014, je n’ai pas voulu changer mon équipe et intégrer des élus d’opposition. Car les intérêts politiques de certains ont prévalu sur l’intérêt des habitants du territoire. Certains ne souhaitaient pas que l’on ouvre la majorité. C’était une erreur et c’était prêter le flanc à une cabale politique. Comme l‘affaire de la voiture avait échoué et que je n’avais pas démissionné, une autre cabale s'est formée à la CDA au sujet de la mutualisation, c’est à dire la mise en commun des services entre la ville et la CDA. La mutualisation avait pour but de faire des économies. Je venais de la société civile et je voulais des résultats rapidement. Mais j’ai appris que  le temps administratif n’est pas le même que celui de l’entreprise. Lorsqu'on est maire, il faut prendre le temps d’abord de discuter avec tout le monde, de faire accepter les idées, les nouveaux projets. C’est ainsi qu’on parvient à les concrétiser. Sinon, on se fait sanctionner...

Par la suite, Jean-Claude Classique deviendra président de la CDA

• Le projet du site Saint-Louis, tel que vous l'avez conçu, a été complètement relégué par l'équipe actuelle. En êtes-vous déçu ?

Très déçu ! C’est une grave erreur de la municipalité actuelle et l’argent du contribuable a été jeté par les fenêtres. Nous avons mené toutes les études, réalisé tous les sondages, le projet architectural était ficelé et l’opérateur choisi. Nous étions prêts et moyennant une correction juridique lors du conseil de septembre 2020, les travaux pouvaient commencer. Le maire actuel aurait dû faire ce que j’ai fait avec le Plan de Rénovation Urbaine, c’est-à-dire poursuivre notre projet parce qu’on respecte ce qui a été engagé avant et l’argent du contribuable déjà dépensé. S’il avait poursuivi le projet, les 3/4 du site seraient aménagés et urbanisés pour le centre ville de Saintes. Qu'avons-nous aujourd'hui ? Un projet de construction de 4 tours pour des logements sociaux. Même la Chambre Régionale des Comptes a souligné le manque de vision claire et globale sur l’ensemble de la réhabilitation du site. Que veut-on en faire ? Des espaces de coworking, nous dit-on ? Mais on a déjà une cité entrepreneuriale… Si nous sommes élus, nous utiliserons les études existantes pour aménager et urbaniser ce site et réaliser tous les travaux durant le mandat.

• Avez-vous souffert des fractures apparues avec certains de vos colistiers entre 2014 et 2020 ?

J’avais le sentiment que le maire actuel et quelques autres ne me portaient pas dans leur cœur, mais je n’ai pas enlevé leurs délégations. Peut-être aurais-je dû le faire comme lui l’a fait ? Ce n’était pas ma vision de la gestion collective d’une ville. Mais tout cela est du passé. Tournons nous vers l’avenir , vers l’amélioration de la vie quotidienne  avec la sécurité, l’accès aux soins, la propreté, l’entretien des rues et des trottoirs, le stationnement… et aussi avec de beaux projets comme le Ferrocampus ou la plaine des sports à co-construire avec tous les clubs sportifs . Compte-tenu des finances dont nous disposions en 2014 - je rappelle que nous avons hérité d’une ville très endettée - nous avons fait ce que nous pouvions. Aujourd’hui, il faut poursuivre les rénovations en le faisant équitablement notamment entre les différents clubs sportifs. Mettre 7 millions d’euros dans un dojo qui a certes besoin d’être modernisé, ou près d’un million € dans des vestiaires qui ont certes besoin d’être refaits, c’est beaucoup quand on voit qu’on ne met pas un seul euro dans un projet d’avenir comme le Ferrocampus ou bien dans d’autres clubs sportifs comme la natation , le football, le BMX ou les archers. Il ne faut pas avoir deux poids, deux mesures !

• Vous avez également été attaqué sur l'amphithéâtre, en particulier l'aménagement des gradins ?

Il y a des tactiques politiques qui consistent à jeter des balles et voir comment elles rebondissent, même si ce sont des mensonges. Ainsi naissent les polémiques. Il n’a jamais été question du bétonnage de l’amphithéâtre, j'en veux pour témoins les gens qui travaillaient avec moi comme Jean-Pierre Roudier ou les cabinets d’architectes du patrimoine. Une solution avait été trouvée qui permettait de garder tout l’aspect verduré de l’amphithéâtre. À l’époque, organiser des spectacles en ce lieu était le vœu de la DRAC et du Ministère de la Culture. Ces manifestations nous auraient aidé au financement de la réhabilitation du site. La rénovation de Saint-Eutrope et de l’amphithéâtre, nous l’avons commencée en 2016. Le préfet l’a rappelé lors de l’inauguration de la Porte des morts. Le maire actuel a poursuivi ce projet de restauration et sur ce point-là, il a bien fait. Nous proposons dans notre programme de travailler avec les associations et acteurs impliqués dans le patrimoine pour établir un plan de rénovation de tout le patrimoine saintais avec des investissements par étapes étalés et réalisés sur 10-12 ans .

2026 : Vous êtes donc candidat aux Municipales de mars prochain. Quels sont vos projets pour la Ville ?

J’aime Saintes ! Avec l’équipe «  J’aime Saintes », nous ne pouvons pas rester indifférents au déclin de la ville. Notre équipe est formidable, jeune, dynamique, compétente , déterminée et elle s’engage pour un vrai changement. Nous partageons une vision optimiste pour le développement de la Ville. Cette liste  associe le dynamisme de la jeunesse à l’expérience concrète. 

Dans notre programme, d'abord une ville sûre : renforcer la police municipale sur le terrain. L’insécurité est grandissante sur la ville. On augmentera les effectifs, soit un policier municipal pour 1000 habitants. Ils auront des équipements, voitures, motos légères, vélos électriques et même des chevaux. Nous organiserons leur présence sur le terrain, le jour, la nuit, le week-end. Ces policiers municipaux seront aussi formés à la médiation. La police nationale est en sous-effectif, il faut donc compenser. Des mesures sont à prendre. Arrêter les incivilités dans la rue par exemple, qu’on puisse traverser la passerelle le soir sans se faire aborder, lutter contre les narco-trafics. En plein centre ville, quand on a une présence de proximité suffisante, on y arrive. Toutes les rues seront éclairées la nuit.

Nous œuvrerons également au cadre de vie, à l'entretien de la ville. Certains trottoirs sont dangereux. Il y a des chutes ; en résultent des accidents et même des plaintes. S'y ajoutent la propreté, tout ce qui fait le quotidien de la population.

Autre volet, la santé : dans une ville où les seniors représentent 37% de la population, l’offre de soins doit être large et surtout facilitée. Nous nous sommes battus pour que le Centre hospitalier ait des matériels, robots, ainsi qu'à la réduction de son déficit. Nous manquons de médecins, sur la rive droite en particulier. Grâce aux relations avec les CHU de Poitiers et Bordeaux, nous pouvons attirer de nouveaux praticiens. Des incitations existent. Nous agirons pour la santé.

• Quels sont vos trois grands projets structurants ?

Le premier est le Ferrocampus, centre de recherche, d’innovation et de formation sur les technologies ferroviaires que nous avons lancé avec la Région en 2017. Il est situé sur la route de Cognac, à côté du Technicentre SNCF.  Une école d‘ingénieurs ouvrira en 2028 avec 300 élèves. C’est l'avenir de Saintes. Des entreprises sous-traitantes de grands groupes ferroviaires vont s’implanter et développer une filière ferroviaire. Les travaux ont commencé. Comment accepter que la municipalité n’ait pas investi un euro pendant six ans dans ce grand projet d’avenir où la Région met 50 millions ? C’est une opportunité unique pour Saintes. Où seront les logements nécessaires aux élèves ? Certains parents cherchent déjà et n’en trouvent pas. C’est à la Ville de penser et d'investir dans ce qui va être le nouveau Saintes ! Autour du Ferrocampus, il y a de l’espace pour construire du locatif et une belle cité universitaire intergénérationnelle et durable. Ce centre unique en Europe proposera une formation supérieure et de l’emploi. C'est une opportunité formidable pour le territoire.

Au sujet du site Saint-Louis, nous utiliserons ce qui a été fait pour un aménagement rapide avec une transparence de l'information.

Le centre ville sera l'objet de toutes nos attentions avec une dynamisation et des réhabilitations. Nous relancerons le plan « Action Cœur de Ville » que nous avions signé avec l’Etat en 2018 et qui a été stoppé net en juillet 2020. Dans l’histoire, Saintes a toujours été une ville commerçante ! Notre objectif est de rendre le centre ville attractif, de travailler avec les commerçants, de revoir le stationnement avec plus de gratuité. Certains loyers sont trop élevés, d'où des difficultés. A la Ville de permettre aux commerçants d'avoir des locaux accessibles. Nous ferons également des propositions pour répondre aux préoccupations sur le logement et pour réduire la pression fiscale avec une baisse des impôts locaux.

Avec la liste « J’aime Saintes », soyons à nouveau fiers d’être Saintais et retrouvons cette douceur de vivre qui fait le charme de notre belle cité !

• Les prochaines réunions

• Le 24 février présentation de l’équipe à 19 h Hall Mendès France

• 11 mars 19 h Hall Mendès France

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