dimanche 2 septembre 2018

Artisanat d’art : Sophie Duvois et Yasser Hati, artisans potiers en Saintonge et en Tunisie préparent une exposition avec Ahmed Attaher, orfèvre au Niger

Début 2018, deux artistes ont élaboré un projet : proposer une exposition qui sortirait des sentiers battus en conjuguant leurs talents respectifs. Artisan potier à Rouffignac, Sophie Duvois a choisi de concevoir de nouvelles créations (vases, coupes, vasques), ornées de motifs en argent par l’orfèvre nigérien Ahmed Attaher. Cette alliance s’est élargie avec la venue de Yasser Hali qui appartient à une lignée de céramistes travaillant à Nabeul en Tunisie.

Sophie Duvois dans son jardin aux côtés de Yasser Hati et d'Ahmed Attaher
Ce matin, le soleil brille sur Rouffignac (près de Montendre) où Sophie Duvois a son atelier. Un havre au cœur de la campagne saintongeaise. C’est là qu’elle s’est lancée un défi. Sortir de la voie traditionnelle pour accomplir une mutation, perspective qu’elle a souvent touchée du doigt sans oser franchir le pas. Parce que le moment n’était pas encore venu.
Sa rencontre avec Ahmed Attaher, que lui a présenté une amie Jo Neuvy, a changé quelque chose dans sa façon de voir les choses. L’heure d‘une métamorphose avait sonné sans savoir où elle la conduirait. Révélant en elle une volonté qu’elle gardait secrète, Ahmed Attaher, membre d'une famille d’orfèvres touaregs dont les œuvres sont exposées au musée du quai Branly à Paris, lui a ouvert les portes d’un autre monde. Celui de l’inspiration souveraine où tout est permis à condition que l’élégance et la pureté de lignes soient respectées. Une nouvelle dimension que Sophie espérait de longue date ! L’idée d’une exposition commune est alors apparue comme une évidence.

Des œuvres du père et du grand-père d'Ahmed Attaher sont exposées 
au musée du quai Branly à Paris
Façonner l'argent
Echange entre les trois artistes
Au Niger, il n’existe pas de poterie ornementale où elle est destinée au cadre alimentaire. « J’ai été attiré par la forme de l’un des vases de Sophie. J’ai tout de suite pensé aux décorations qui pourraient le mettre en valeur » souligne Ahmed Attaher. Tous deux correspondent afin de mener à bien leur aventure commune : « Ahmed devant rentrer dans son pays, nous travaillons par internet. Je lui fais parvenir les croquis des modèles et nous sélectionnons ensemble. Une fois la pièce terminée, je laisse des emplacements pour qu’Ahmed puisse intervenir à son tour quand il sera de retour en France ». La terre, l’argent, l’ébène sont mis en scène.

Potier à Nabeul, Yasser Hati est le neveu de Mongi dont l'atelier est situé à Jonzac
Démonstration en direct ! Yasser Hati réalise un travail basé 
sur l’émotion et le partage
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, cette collaboration s’est enrichie par la venue de Yasser Hati. En juillet dernier, il a rencontré Sophie alors qu’il était chez son oncle Mongi, dont l'atelier est situé à Jonzac. Des liens se sont tissés. Maîtrisant l’art du feu, artiste comme ses ancêtres, Yasser entretient avec ses créations une complicité particulière faite d’émotion et d’un plaisir qu’il aime partager. Elles sortent de l’ordinaire, une particularité qu’il privilégie.
Avec Sophie, il a établi une entente bienveillante basée sur la transmission de leurs connaissances réciproques. De leurs énergies réunies, sont nées des pièces que le public aura la joie de découvrir. Sophie reconnaît que Yasser l’ai aidée dans sa recherche : il a insufflé à son travail un éveil qui ne demandait qu’à prendre son envol ! Les parures d'Ahmed, quant à elles, révèlent et agrémentent superbement la matière.

Sophie : un travail recherché. Sur cette photo, elle façonne un relief
Les œuvres de Sophie, Ahmed et Yasser seront présentées en mai prochain. D'abord à La Rochelle au Relais Dar dont sont responsables Anne et Jacques Lebaud-David rue Fleuriau, puis dans des galeries de Saintonge. C'est à Paris qu'on devrait les retrouver en fin d'année. Une collection d'accessoires en cuir (sacs, ceintures, etc), inspirés de l'art touareg, accompagnera ce rendez-vous dans la capitale.

Ahmed, Sophie et Yasser
• Ahmed excelle dans les ciselures héritées de ses ancêtres. Par leurs dessins géométriques, ces gravures racontent la vie de ces hommes libres que sont les Touaregs, les dunes, le chemin des caravanes, les sources, le puits, le village et les étoiles indiquant les quatre points cardinaux, repères immuables dans le ciel du désert. On y trouve aussi des animaux, la trace du serpent dans le sable ou du mille-pattes qui symbolise le lieu où se trouve la vie, la tente, le dromadaire, le caméléon et le chacal qui représente à la fois l’intelligence et la joie.

Photos © Nicole Bertin

1 commentaire:

Annie L.17360. a dit…

Merci pour ce bel hommage à ces artistes talentueux.j'espère pouvoir visiter cette expo a Paris.BRAVO pour cet excellent reportage.