mercredi 14 octobre 2026

Académie de Saintonge : Le Prix de la Ville de Royan remis à Philippe Tranchet ; Le Prix de Surgères à la dessinatrice Pascaline Mitaranga

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de la Ville de Royan a été remis à Philippe Tranchet pour le célèbre festival Un Violon sur le Sable. Le Prix de Surgères a été attribué à la dessinatrice Pascaline Mitaranga pour ses ouvrages.

• Didier Colus présente Philippe Tranchet dont le nom est intimement lié au festival renommé Un Violon sur le sable 

Philippe Tranchet, Didier Colus (©NB)
Philippe Tranchet ? Qui à Royan ne connaît pas ce talentueux touche-à- tout ? Les moins jeunes se souviennent peut-être qu’il a joué au football avec Rocheteau, dont il organisa en 1990 le jubilé. Le stade d’honneur royannais n’a pas connu mieux depuis cette apothéose... Rappelez-vous, en 1981, la mythique radio libre Royan-Fréquence, patronnée par son fidèle copain J.-J. Goldman. Et certains, dans cette salle, n’ont-ils pas sur la plage tenté leur chance à un improbable Mondial-billes commenté par un Thierry Roland ? Combien ont vibré au rythme d’un de ces concerts de stars face à la gare ? Philippe faisait déjà claquer partout le nom de Royan, lui qui, à 14 ans et à la barbe de ses parents, avait en 1968 rallié Londres en mobylette pour acquérir le Double blanc des Beatles. Cet électron libre a le neurone fécond et l’esprit bondissant, ce dont, paraît-il, l’école s’est désolée tout au long de sa
scolarité…

Le meilleur était à venir, le plus inattendu aussi. Un violon. Un violon sur la plage ? quelle idée ! Offrir un air de classique à tous, surtout à ceux qui n’y ont jamais accès. Un violon seul, mais de l’Opéra de Paris ! Et d’année en année, quatre musiciens, puis 20, puis dès 1999, un orchestre symphonique : près de cent musiciens cheveux au vent, sous la baguette magistrale de Jérôme Pillement.

Chaque été, Royan accueille ainsi un festival gratuit où se pressent les plus grands artistes internationaux, car ce garçon modeste possède un carnet d’adresses plus lourd que lui... Trois soirées de grands concerts, une dizaine de spectacles semés dans les plus beaux sites de la côte, avec feux d’artifices de notre grand prix 2026. Des milliers de gens viennent s’asseoir sur le sable de juillet, s’émerveillant d’avoir droit à Mozart, à Bizet, à Chopin. Ces heures de généreux partage valent bien le prix de Royan, non ? Merci l’ami !

• Emmanuel de Fontainieu présente la dessinatrice Pascaline Mitaranga 

J.F. Girard, M.D. Montel, Pascaline Mitaranga, Emmanuel de Fontainieu

Née en 1974 à Madagascar, Pascaline a passé son enfance dans les paysages luxuriants de La Réunion, avant d’arriver, à l’âge de 12 ans, dans la campagne surgérienne à Landrais. Après des études aux Beaux-Arts de Poitiers, c’est au cœur de la nature, dans nos marais et tout autre lieu en plein air, entourée de la force des éléments, des oiseaux, et aussi grâce aux concordances des rencontres que Pascaline déploie son talent de peintre et dessinatrice avec enthousiasme et une grande liberté.

En 2003, elle publie son premier ouvrage, Au fil de l’eau, entre la Saintonge et l’Aunis, recueil de croquis à l’aquarelle. Son travail est également remarqué par ses mises en scène poétiques et fantasques d’animaux drôlement vêtus, illustrant des albums jeunesse, dont Dame cigogne, mission Terre d’Afrique qui lui a valu en 2016 le prix Saint-Exupéry.

Par ailleurs, elle réalise des fresques murales animant les murs, plus souvent de centres hospitaliers et aussi à l’école Jules Ferry de Surgères. Rien n’arrête sa créativité débordante : peintures de paysages, cartes postales, étiquettes de vin, papiers peints…

En 2025 pour une commande de la Communauté d’Agglomération Pays Rochefortais, dans le cadre du concours « Pratiques agro-écologiques-prairies » du Ministère de l’Agriculture, elle est choisie pour réaliser une série de pastels peints in situ traduisant l’esprit des lieux.

Le nouveau terrain d’exploration de Pascaline Mitaranga est la création d’un duo avec un plasticien sonore, Les Instantanés : sur scène faire dialoguer geste graphique et geste musical, l’emprunte sensible de la nature, saisir l’éphémère. Le 10 octobre 2026, elle s'est produite à la Microfolie de Surgères pour un concert dessiné.

Pascaline Mitaranga, Emmanuel de Fontainieu (©NB)

Académie de Saintonge : Le prix d'Aigrefreuille d'Aunis attribué à Corine Valade ; Le prix Jean de Latour de Geay à Didier Ellie

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le prix d'Aigrefreuille d'Aunis a été attribué à Corine Valade pour son livre "Danse, Néomaye, danse !" aux Editions Terres de l’Ouest. Le prix Jean de Latour de Geay a été remis à Didier Ellie pour son ouvrage "Le sauvetage en mer à l’embouchure de la Gironde – 1876-1919" paru chez Geste Editions.

• Eric Dépré présente Corine Valade, romancière et conférencière

Corine Valade aux côtés d'Eric Depré (©NB)

Corine Valade habite Aigrefeuille d’Aunis. C'est une romancière et conférencière engagée dans la vie associative et culturelle et la recherche historique. Ses romans mêlent fiction et réalité avec dextérité. Ils offrent une réflexion sur les moments marquants de notre société. Corine a reçu les médailles d’argent de l’Assemblée Nationale et de la SAAF en 2023. Danse Néomaye, danse ! (2023, réédité en 2025) est déjà auréolé de quatre prix.

6 juin 44 : des centaines d'Afro-américains débarquent sur les plages de Normandie, Willie est l’un d’eux. De Berlin au camp américain d'Aigrefeuille d'Aunis, il découvre des villes où tout est à reconstruire. Pianiste hors pair, la musique est son refuge. Maurice est creusois, maquisard. En 1945, il quitte sa région pour libérer le dernier bastion allemand de La Rochelle. Rochelaise, Néomaye est sage-femme. Prise au piège dans la poche de Royan en 1945, elle est l'une des rares survivantes du bombardement allié. Depuis, elle semble avoir perdu pied et tous l'appellent "la tabayot", la folle. L'arrivée des Américains sur le port de La Pallice va bousculer sa vie et celle des Charentais.

C’est une écriture directe et sans détour que dévoile cet ouvrage triste et violent, chargé d’histoire et d’amour. Il ne laisse pas le lecteur indifférent sur ces périodes de guerre et de l’après : il pense à Néo, telle une poupée de porcelaine errant sur les plages de Royan et La Rochelle, le regard perdu vers un ailleurs inconnu. Quel ailleurs ? Celui où cette femme extraordinaire a passé sa vie à donner la vie, mais pas seulement !

• Christine de Ponchalon présente Didier Ellie, écrivain

C’est un ouvrage passionnant que nous propose Didier Ellie : comment a été organisé, fort tardivement, à la fin du XIXème siècle, le sauvetage en mer à l’embouchure de la Gironde. La navigation a toujours été extrêmement périlleuse, tant pour les bateaux de pêche locaux que les grands navires transportant passagers et marchandises vers Bordeaux ou vers l’autre rive de l’océan Atlantique et l’Europe du nord. Les pertes humaines et commerciales coutaient très cher aux armateurs. Il a donc été décidé d’installer, au début de la IVème République, des embarcations pouvant porter secours aux bateaux en difficulté et aux naufragés. La rive nord de la Gironde n’intéressait guère le puissant et prestigieux port de Bordeaux. Mais c’était à l’embouchure que le sort du transport de marchandises de valeur se jouait.

La mise en place de ces installations ont été coûteuses, sans réelle stabilité ni continuité d’organisation. Les difficultés inhérentes à la géographie côtière, le faible peuplement de la zone, l’inadaptation des installations portuaires conjugués à absence d’infrastructures comme le téléphone, le télégramme, l’électricité ont longtemps amoindri l’efficacité de cet ancêtre de la SNSM.

En 1920, le naufrage du paquebot L’Afrique et ses 602 passagers a dramatiquement attiré l’attention des pouvoirs publics, sans améliorer l’efficacité des interventions. Mais c'est au lendemain de la seconde guerre mondiale que des postes de secours fixes seront installés sur les deux rives de l’estuaire. Impératif pour sécuriser l’augmentation et le renchérissement du trafic fluvial.

Didier Ellie (©NB)

Académie de Saintonge : Le prix de la Ville de Saintes attribué à Géraldine Mosna-Savoye ; le prix Claire Belon à Jean-Pierre Dussaillant

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de la la ville de Sainte a été remis à Géraldine Mosna-Savoye, philosophe et productrice radio, pour ses émissions sur France Culture. Le prix Claire Belon (coup de cœur du jury), a été attribué à Jean-Pierre Dussaillant, artiste-peintre et sculpteur

Christophe Lucet présente Géraldine Mosna-Savoye, philosophe et productrice radio

Une pensée, un enthousiasme, une voix : Géraldine Mosna-Savoye a choisi les ondes pour partager son goût de la philosophie. Sur France-Culture, ses émissions et chroniques, diffusées depuis 2013, ne sont pas une chaire mais un dialogue au cours duquel cette Saintaise emprunte avec son auditoire les « chemins de la philosophie », allusion à l’émission à laquelle Géraldine a collaboré aux côtés de ses aînés Adèle Van Reeth et Raphaël Enthoven. Son propre chemin est passé par un bac littéraire suivi d’études de philosophie et de communication politique à l’université de Bordeaux. La jeune femme a rejoint l’exigeante chaîne du service public en 2010.

Là, sa curiosité et sa vivacité d’esprit se sont épanouies tant dans ses chroniques (« Deux minutes papillon », « Le Journal de la philo », « Le Carnet philo ») que dans des émissions de culture générale (« Sans oser le demander ») et de pure philosophie (« Le Souffle de la pensée »). Philosopher avec les jeunes est aussi à son programme : « A quoi tu penses ? » et « Qu’est-ce qui t’arrive ? », leur demande-t-elle dans deux ouvrages (2023 et 2026 à l’Ecole des loisirs) co-écrits avec Clémentine du Pontavice.

A la rentrée 2026, Géraldine sera sur le pont tous les matins pour animer « Avec philosophie », en usant de sa formule préférée : conversation avec un invité, place au texte et examen de questions qui nous concernent tous. Permettant à la philo de se déployer au quotidien, ce qui est sa mission peut-être la plus essentielle, Géraldine, de retour au pays natal, mérite pleinement ce prix de Saintes.

• Christian Vernou présente Jean-Pierre Dussaillant, artiste-peintre et sculpteur

C. Lucet, JF. Girard. M.D. Montel et J.P. Dessaillant (©NB)

Le coup de cœur de l’Académie de Saintonge, le prix Claire Belon, est attribué en 2026, à Jean-Pierre Dussaillant. Originaire de la région lyonnaise, cet artiste aux ressources intarissables, s’est installé dans l’île de Ré depuis le début des années 1970. Ce fut tout d’abord une période de formation auprès de Marcelle Bertola et de deux grands prix de Rome, P. Ducos de la Haille (1922) et L. Bertola (1923). Puis, s’inspirant du patrimoine charentais, il a développé des séries originales de grandes toiles peintes figurant des poissons. Ensuite, il décline le thème du vin et des buveuses qu’il agrémente par des bas-reliefs en acier peint.

C’est un artiste complet qui maîtrise toutes les techniques des arts plastiques : peinture, sculpture, gravure, mais aussi la création de bijoux au succès international, ainsi que des réalisations originales en matière de design, tant pour l’intérieur que pour les espaces de plein air. C’est aussi des commandes publiques ou de grands groupes privés.

Mais Jean-Pierre Dussaillant est un homme qui aime la vie et tente de la sublimer par son expression plastique joyeuse dont il cherche à nous faire bénéficier, comme la série très touchante des Baisers, au lyrisme et à la volupté assumés. Enfin, il est aussi à l’origine de la création de la Société d’Archéologie de l’île de Ré au début des années 1980, démontrant ainsi son intérêt pour le patrimoine historique.

Ce prix lui est donc attribué pour l’ensemble de son œuvre, à l’occasion de l’édition d’un ouvrage de 436 pages dont il est l’auteur et qui englobe près de cinquante ans de création artistique.

Au centre Jean-Pierre Dussaillant aux côtés de Ch. Vernou (©NB)

mardi 13 octobre 2026

Académie de Saintonge : Claude Belot reçoit le prix de la Haute Saintonge

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix de la Haute-Saintonge a été attribué à Claude Belot pour son engagement au service de la culture. A Jonzac, sa ville natale, ce professeur d'université a souhaité que circule et se transmette la connaissance. Ainsi, devenu maire, il est à l'origine de l'Université d'été aux côtés de l'historien Jean Glénisson qui en fut le premier président. Depuis 1977, sans aucun arrêt, des conférences animées par des personnalités renommées sont proposées au public sur des thèmes variés en juillet et août. Gratuites comme le veut la tradition ! Ajoutons les troupes théâtrales, les musiciens, les orchestres qui se sont succédé au théâtre du château et au centre des congrès. Et puisqu'il est question d'animation, Jonzac a été ville d'accueil du Téléthon et étape du Tour de France. La liste est longue dont son soutien à la médiathèque de Haute-Saintonge (donc à la lecture), à l'école de musique et aux Eurochestries chères à Claude Révolte

De gauche à droite, Christophe Lucet, Jean-François Girard,
Marie-Dominique Montel, directrice de l'Académie de Saintonge, 
Claude Belot, Nicole Bertin (©C.R)
Présentation de Claude Belot par Nicole Bertin

« Claude Belot, qui ne vous connaît pas dans le Département et bien au-delà tant vos mandats au sein du Conseil Général dont vous avez été président, au Sénat, à la Communauté de communes de Haute Saintonge et à la mairie de Jonzac, s’étalent sur plusieurs décennies. 

Attachons-nous à Jonzac dont vous avez été maire jusqu’en 2022. Vous pourriez entrer dans le livre des records puisque vous avez veillé aux destinées de la capitale de la Haute-Saintonge durant 36 ans ! 

Il a d’abord fallu combattre l’exode rural, sortir ce gros bourg de sa léthargie, y créer des activités, innover et surtout inventer. En 1977, quand vous êtes élu premier magistrat pour la première fois, vous enseignez la géographie à l’Université de Poitiers tout en vous consacrant à la ville de votre enfance. Une page blanche à remplir, un challenge à relever ! 

Le patrimoine avait vieilli et c’était à l’époque où l’on préférait le raser. Le cloître des Carmes, édifié au début du XVIIe siècle, devait accueillir la caserne de pompiers. Vous choisissez de le restaurer pour le transformer en centre culturel. Aujourd’hui, il accueille non seulement des expositions, les conférences de l’Université d’Eté, des concerts de jazz, mais aussi les Microfolies. Les derniers travaux ont permis à cet édifice de retrouver sa quatrième galerie et d’être doté de nouvelles salles de réunion. Au château, vous avez valorisé un petit théâtre aménagé au XIXème siècle pour en faire un lieu où les artistes et les associations aiment se produire. Le châtelet, dont la restauration a été confiée à Philippe Villeneuve, l’architecte de Notre-Dame de Paris, abrite un musée à la scénographie originale ainsi qu’un chemin de ronde unique dans la région. A l’église, la mise en valeur du parvis, où ont été mises au jour des tombes mérovingiennes, est à souligner aux côtés du marché de style Baltard, lui aussi restauré. Vous avez aussi rénové la rue de Champagnac et le chemin de ronde. 

Sur l‘ensemble de la Haute-Saintonge, vous avez contribué entre autres à la sauvegarde des édifices religieux, soucieux de la transmission du patrimoine aux générations futures. L’ancienne école de la Sagesse accueille, quant à elle, une annexe des Archives de La Rochelle, baptisée du nom de Jean Glénisson, historien chercheur qui présida l’Académie de Saintonge, et les locaux de la CDCHS. A la sortie de Jonzac, vous avez mis hors d'eau la petite chapelle de la Maladrerie qui recevait autrefois les lépreux. Elle fait actuellement l'objet d'une campagne de sensibilisation afin de la sauvegarder et la présenter au public.

Grâce à la Communauté de Communes créée en 1993 et dont vous avez été président jusqu’en mars 2026, vous avez concrétisé de nombreux projets. Parmi eux, deux structures s’inscrivent dans l’architecture contemporaine : le complexe aquatique des Antilles et le Centre des congrès dont la forme avant-gardiste s’insère dans une future guerre des étoiles ! 

Je vous cite : « Jonzac est une ville particulière. Quand vous en avez la responsabilité, il faut intégrer la dimension historique dans vos réflexions. Le patrimoine que nous possédons est une chance, il fait notre richesse ». S’y ajoute la culture que vous avez toujours soutenue en publiant des brochures sur les curiosités du territoire et en organisant des spectacles de qualité avec votre épouse Jeanine, Les Feuillets d’automne et Prélude au printemps. 

En conclusion, comment ne pas faire un clin d’œil au 57ème Régiment d'infanterie dont l'origine est jonzacaise. En effet, créé en 1627 par le comte de Sainte-Maure, il a été présent sur tous les lieux de bataille, en Europe comme dans les colonies, en Guadeloupe en particulier. Sa devise était « Le Terrible que rien n’arrête ». Cette devise vous va comme un gant ! ».

Claude Belot, un homme engagé pour son territoire

Touché, Claude Belot a salué le travail de l'Académie de Saintonge et l'intérêt porté par l'association à ceux et celles qui valorisent le territoire à travers leurs écrits, leurs recherches scientifiques, leur implication dans des domaines divers et variés. Elu conseiller général en 1970, président de la Communauté de Communes de Haute-Saintonge jusqu'en mars 2026, Claude Belot compte plus d'un demi-siècle d'engagement au service de la collectivité. Il a incontestablement marqué de son empreinte la Charente-Maritime.

Après l'incendie de Montendre, Anita Collier mise en demeure « d'effectuer des travaux sur sa maison dans les trois mois » par la mairie

Il y a des jours où le ciel est pesant. C'est le cas pour une habitante de Montendre, Anita Collier, dont la toiture du domicile a été endommagée par un incendie qui s'est déclaré samedi matin dans un appartement voisin. Incendie dont elle n'est pas responsable. Enquête et assurances sont chargées de déterminer les causes du sinistre et les responsabilités. 

Lundi matin, Anita Collier déclarait vouloir rester dans la partie habitable de sa maison (c'est-à-dire non touchée par le feu et les eaux). Or, en fin de journée, la mairie de Montendre a pris un arrêté lui demandant de quitter son habitation « considérant que les immeubles présentent un caractère de dangerosité du fait de l'éboulement d'une toiture consécutif à l'intervention des pompiers suite à l'incendie et que cette situation compromet la sécurité ou la santé des occupants ou des tiers ». Arrêté comportant une mise en demeure d'effectuer des travaux personnels (sécurisation de son bâtiment, réparation de la toiture, reprise de la charpente) dans les trois mois qui viennent, « le non-respect des prescriptions du présent arrêté étant passible de sanctions pénales ». 

Un coup dur pour cette propriétaire déjà bien éprouvée. « Je vais être hébergée par des amis le temps que les réparations soient effectuées. La mairie m'a écrit que je pourrai réintégrer mon logement dès lors qu'un expert aura jugé qu'il ne comporte pas de danger pour moi » dit-elle. Encore faut-il trouver un artisan couvreur dont le planning soit libre entre la mi-octobre, date de l'arrêté, et la mi-janvier 2027. Elle s'interroge également sur les causes de l'incendie et a porté plainte auprès de la gendarmerie de Montendre pour « destruction de bien d'autrui ». Et d'ajouter : « Je n'exclus pas de faire un recours gracieux et une demande de réexamen de cet arrêté municipal auprès du Tribunal administratif ».

Le feu a pris samedi au petit matin. Les sapeurs-pompiers sont restés sur les lieux
jusqu'au soir afin de surveiller les éventuelles reprises
Souhaitons que les travaux soient effectués rapidement, et pour Anita Collier, et pour ceux qui se trouvaient en location dans le quartier, six d'entre eux ayant été relogés par la mairie. 

• Le problème des squatters : Il revient souvent dans les conversations. Malheureusement, nul propriétaire n'est à l'abri de ces situations dont la presse se fait régulièrement l'écho.