vendredi 9 août 2024

Catastrophes naturelles : publication de deux arrêtés

Les arrêtés interministériels du 22 et 23 juillet 2024, publiés au Journal Officiel le 3 août 2024, ont permis de reconnaître l’état de catastrophe naturelle pour les communes suivantes de la Charente-Maritime :

• au titre du risque « vagues et submersions », sur la période du 10 au 12 février 2024, pour la commune de La Tremblade,

• au titre du risque « inondations », sur la période du 11 au 14 décembre 2023, pour la commune de Belluire et sur la période du 28 octobre au 19 novembre 2023 pour la commune de Bernay-Saint-Martin

Les arrêtés n’ont en revanche pas reconnu l’état de catastrophe naturelle pour les communes suivantes de la Charente-Maritime :

• au titre du risque « vagues et submersions », sur l’évènement du 1er novembre 2023 pour la commune de La Tremblade,

• au titre du risque « sécheresse et réhydratation des sol », sur des évènements parus au cours de l’année 2023, pour 50 communes (liste des communes ci-dessous

Les communes sont invitées à en informer leurs administrés.

Les sinistrés dont la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle, disposent d’un délai de 30 jours à compter de la publication des arrêtés au Journal Officiel pour déclarer auprès de leur compagnie d’assurance leurs sinistres, en vue d’obtenir réparation des préjudices subis.

Les communes non reconnues en état de catastrophe naturelle peuvent, quant à elles, faire un recours gracieux et contentieux à l’initiative des sinistrés ou des communes.

Vous pouvez consulter les arrêtés du 22 et 23 juillet 2024 sur le site de Légifrance : https://urlr.me/kVmYg et https://urlr.me/vsBS8

Montendre/Estivales : Projection cinéma en plein air, "Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary"

Dans le cadre des "Estivales de Haute-Saintonge", projection cinéma en plein air du film d'animation "Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary" de Rémi Chayé. A 22 h au Lac Baron Desqueyroux de Montendre vendredi 9 août

• Synopsis du film "Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary" :

1863, États-Unis d’Amérique. Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest avec l’espoir d’une vie meilleure, le père de Martha Jane se blesse. C’est elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. L’apprentissage est rude et pourtant Martha Jane ne s’est jamais sentie aussi libre. Et comme c’est plus pratique pour faire du cheval, elle n’hésite pas à passer un pantalon. C’est l’audace de trop pour Abraham, le chef du convoi. Accusée de vol, Martha est obligée de fuir. Habillée en garçon, à la recherche des preuves de son innocence, elle découvre un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure pleine de dangers et riche en rencontres qui, étape par étape, révélera la mythique Calamity Jane.

dimanche 4 août 2024

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire/Saintes : Festival "Désarmer pour vivre"

Communiqué d'ACDN : 

Le festival "Désarmer pour vivre" s’ouvrira avec une manifestation publique mardi 6 août à 10 h, devant le Palais de Justice de Saintes

Au programme : concert de piano à quatre mains par Alice Rosset et Yuko Hirota, pianiste et compositrice japonaise internationale ; cérémonie de la Flamme ; cortège et remise à la sous-préfecture d’une lettre au Président de la République lui demandant de négocier, conformément à ses obligations, aux exigences du droit international et aux engagements de la France, l’élimination complète, méthodique et contrôlée des armes nucléaires, avec les autres Etats qui en sont dotés.

Pour la première fois depuis 2001, le député de Saintes participera à l’allumage de la Flamme du désarmement nucléaire avec les édiles et les citoyens de la ville. Elle brûlera du 6 au 9 août pour commémorer 79 ans plus tard les victimes de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki et pour dire : « Plus jamais ça ! ».

Fabrice Barusseau et sa suppléante Françoise Mesnard, maire de Saint Jean d’Angély, élus le 7 juillet dernier, s’étaient engagés dans leur profession de foi à "travailler à la paix en Europe et dans le monde en demandant l’abolition des armes nucléaires". Ils sont les premiers à le faire dans la nouvelle Assemblée nationale. Comme sept Français sur dix, ils veulent que la France agisse pour abolir ces armes de malheur, criminelles, suicidaires, "fondamentalement dangereuses, extraordinairement coûteuses, militairement inefficaces et moralement indéfendables" selon le général US Lee Butler, ancien chef du Strategic Air Command. Il est temps que les Français le fassent entendre au chef de l’Etat comme au reste du monde. C’est une question de survie, de démocratie et de simple bon sens.

Briller sur les stades, c’est bien. Faire briller la paix et la justice dans le monde, c’est encore mieux. Tel devrait être le sens de la Trêve olympique, malheureusement bafouée en tant de lieux que ravage la guerre. Tel sera le sens que les Saintais et leurs hôtes de passage lui donneront en déclarant leur Flamme à la paix, au désarmement et à la joie de vivre. 

 • Accueil du public Place Foch (Palais de Justice) mardi 6 août à partir de 9h 30 dans la limite des places disponibles.

samedi 3 août 2024

Moulin de Constance/Pons : "Des prêts dans les près", le projet artistique de François des Ligneris dans l’ancienne minoterie

François des Ligneris aime les challenges. Quasi olympiques ! Après avoir dirigé un restaurant à Saint-Emilion, il s'est installé à Pons en bordure de Seugne, dans une ancienne minoterie, où il s'adonne à sa passion pour l'art et la promotion des artistes. Avec son projet artistique "des prêts dans les prés", il invite le public à découvrir des œuvres de styles variés, originales, audacieuses et attachantes, exposées jusqu’à fin septembre au Moulin de Constance. 

Incroyables effets que cette "Galipette" !
Les mystérieux reflets de Dominique de Varine

Jean-Louis Gatineau (œuvres au premier étage) et Dominique de Varine

François des Ligneris répond à nos questions :

Le Moulin de Constance
Comment se déroule cette saison ?

J’ai été très heureux et honoré d’accueillir les galeristes et les artistes que j’avais invités. J’ai beaucoup apprécié la qualité de leur travail pour l’accrochage des œuvres, leur disponibilité, la chaleur de nos relations et leur soutien amical. Je tiens aussi à remercier les personnes qui m’ont transmis des messages chaleureux et enthousiastes concernant les œuvres présentées. Après des mois d’intenses travaux, ils ont été pour moi une récompense inestimable. Cet été, je concrétise mon projet « Des prêts dans les près » : des prêts d’œuvres par des artistes dans les près du Moulin de Constance ! Vous pourrez donc découvrir une grande œuvre majestueuse sculptée dans un tronc de chêne par Christophe Doucet et des œuvres de Dominique de Varine disposées contre des troncs d’arbres entre l’ancienne minoterie et la rivière. Je suis présent tous les jours de l’été jusqu’à la fin du mois de septembre. C'est avec plaisir que je guiderai les visiteurs intéressés dans les différentes salles et étages du Moulin de Constance et à l'extérieur.

Parmi les visiteurs, Philippe Ravon, membre de l'Académie de Saintonge

Les bols à thé et céramiques de Maryse Thibaud
Votre démarche de promotion de l'art dans la région est intéressante. Vous serez d'ailleurs distingué par l'Académie de Saintonge en octobre prochain. Avez-vous des soutiens publics

Le Moulin de Constance demeure un espace privé non subventionné ayant pour seule ambition d’aider les artistes. Toutes les œuvres exposées sont proposées à la vente et le règlement des œuvres se fait directement au nom des artistes. Je ne peux qu'encourager les lecteurs ce blog à soutenir les artistes que j’ai le bonheur d’accueillir. 

• Outre la présentation d'œuvres, vous proposez également de pique-niquer en bordure de rivière ?

Effectivement, vous pouvez venir avec votre casse-croûte. Je mettrai des tables et des chaises à votre disposition à l’ombre, en bordure du bief, et ferai tout mon possible pour vous accueillir au mieux. Je garde en moi pour toujours l’âme du vigneron-aubergiste que j’ai été pendant ma vie professionnelle…

Infos pratiques : L'été au Moulin de Constance jusqu'à fin septembre sur rendez-vous au 06.22.39.38.25, rue Chante Grenouille à Pons (Charente-Maritime) - fmx.desligneris@gmail.com

Le lapin totem de Christophe Doucet
Rendez-vous avec les artistes :

 • Marie Losier

Marie Losier construit son univers artistique en conviant amis, famille et idoles dans un maelström indiscipliné. Connue principalement pour sa carrière de cinéaste, l’artiste expose depuis quelques années dessins et installations, en regard de ses films.

 • Guillaume Pinard


Depuis longtemps, la question du portrait obsède Guillaume Pinard, qui multiplie à ce sujet les commentaires et les interrogations : quels régimes de vitalité s’appliquent à la représentation du visage ? « Dans toutes mes peintures, le regard revient de façon permanente. Comme un réflexe. Quand je ne sais pas quoi peindre, je fais une tête. J’aime bien cette façon d’être regardé par ce qu’on regarde ».

« Faire un portrait doit consister à matérialiser un certain type d’absence »

« Au fond, toute œuvre est un visage et c’est à ce vis-à-vis que je veux pouvoir me confronter. Je veux répondre à un signal. Ces dessins sont une façon de répondre à qui me parle depuis un au-delà, sans que je sache vraiment à quoi correspond cette localité ».

 • Alun Williams


Dans la série qui sera présentée, Alun Williams rend hommage aux femmes arrivées à Montréal, au milieu du XVIIe siècle, pour peupler la nouvelle France. Elles sont représentées par des citations de tableaux puisées dans l’histoire de l’art, où les modèles utilisés par les peintres furent de jeunes femmes françaises. Pendant les siècles où Paris tenait la place de capitale mondiale de l’art, les modèles des peintres étaient souvent des jeunes femmes en situation relativement précaire, tout comme ces femmes qui se lancèrent vers l’inconnu d’une nouvelle vie au Québec ! 

• Marius Buet

Marius Buet, jeune diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2022, se distingue par ses peintures figuratives mêlant ironie et questionnements. Buet nous rappelle les atmosphères lumineuses de Georges de La Tour, où la lumière et l'ombre jouent un rôle aussi important que la scène qui semble se jouer devant nous. Ses tableaux étranges paraissent attendre notre regard pour reprendre leur rôle dans une scène inachevée.


• Vanessa Fanuele

 À travers la série SUB (sous en latin), Vanessa Fanuele explore des thématiques ancrées dans l'éphémère, la fragilité, le déplacement, et la précarité des habitats. Les œuvres de cette série présentent des abris hybrides, entre la construction de fortune, faites de branches, de feuilles de palmiers et d’autres arbres exotiques, sortis de l’imagination de l’artiste. Elles suggèrent autant la tanière animale, que l'extension du corps humain. Devant ce procédé subtil de rapports chromatiques, réalisés par petites touches superposées, le spectateur semble flotter dans un espace indéterminé, pour entrer dans une sorte de communion parfaite avec la nature environnante, calme et mystérieuse.

Franck Piovesan (galerie La Mauvaise Réputation Bordeaux) et Philippe Fangeaux

• Philippe Fangeaux

Les toiles de Philippe Fangeaux empruntent leur composition au montage cinématographique. La configuration aléatoire de séquences extraites de souvenirs personnels ajoutée à des images puisées dans les sources du quotidien, cumulée avec l’absence de narration, la distorsion des perspectives et un savant cocktail de techniques picturales, peuvent déconcerter, mais elle ne manque pas non plus, de provoquer l’ivresse de la joie et la douceur de la dérive.


 • Thierry Lagalla

Thierry Lagalla est un artiste plasticien et vidéaste. C’est avec finesse et habilité qu’il réussit à faire se côtoyer l’humour et le burlesque. Ce réel qui constitue son œuvre se retrouve dans ses dessins et ses peintures. Parfois issus des vidéos, ils sont un retour à l’image fixe, au « Pantaï » originel de l’univers Lagallien. Le trait est simple, épuré, il évite tout bavardage formel pour offrir au spectateur l’image de l’essentielle réalité de l’art, celle de la création.


• Manuel Ocampo

Manuel Ocampo est un artiste peintre philippin qui utilise impeccablement les signes de la religion judéo-chrétienne ou vernaculaire, la culture underground, la science-fiction, l’art naïf, le burlesque, la satire de l’Histoire et de la morale pour tirer à boulets rouges sur tous les dogmes : religieux, politique, économiques. Il est l’idéal populaire de la figure de l’artiste insoumis nous offrant une peinture d’une énergie vitale saisissante. Il s’empare et brasse avec une incroyable dextérité et désinvolture la grande Histoire et l’humanité.

• Artistes invités par le Moulin de Constance

L’exposition, qui présente les travaux de Marc Ronet, Cédric Carré et Philippe Baryga au Moulin de Constance, répond à l’origine à une logique très simple : ils sont tous trois originaires du Nord. Mais au delà de ce prétexte géographique, on voudrait ici invoquer une dimension plus particulière à cette confrontation.

Auguste Herbin, natif du Cateau-Cambrésis, comme Matisse rappelons-le, avait eu cette réflexion lors d’une interview dans laquelle un critique l’interrogeait sur son rapport à la couleur : «il paraît que les peintres du Nord sont très coloristes ». Ce ne sont pas les récentes expositions Van Eyck au Louvre ou Van Gogh au Musée d’Orsay qui vont le contredire. Comme pour prolonger ce propos, cette exposition ambitionne de se situer dans cette perspective, en présentant les travaux de trois artistes issus de deux générations respectivement nés en 1937 pour Ronet, 1968 et 1967 pour Carré et Baryga : ils partageraient ce fameux « sens de la couleur » propre aux artistes septentrionaux. Un itinéraire qui peut passer chez chacun du cru au chatoyant, du tyrien au fuligineux, du rose au blond, risquant aussi bien le lisse que l’empâté, le glauque, le céruléum, l’olivâtre, le citron, l’orange ou pourquoi pas : le zinzolin. (Jean-Etienne Grislain)

• Marc Ronet

« A la base de mon travail, il y a la matière. C'est avec elle que je trouve ma force, mon énergie, une matière chaotique, une zone de brouillard. Je pars, bâton à la main, sans itinéraire préconçu. C'est une marche qui libère, qui me laisse le temps de respirer, tentant d'effleurer la peinture, sans avoir la prétention de la toucher ». 

 • Cédric Carré

« Au fond du jardin les garages ont été détruits. Le terrain restera en friche.  Je devais avoir six ans et c’est là, dans cet îlot, que j’ai construit des cabanes, un navire , creusé des fleuves, traversé des mers et déplacé des montagnes.  À dix-sept ans, je commençais à faire des peintures. J’ai découvert « Le bateau ivre » de Rimbaud et j’ai tout retrouvé.  Aujourd’hui je pousse la porte de l’atelier. C’est mon terrain vague au bout du jardin. Je m’y arrange un monde à ma façon. Alors j’ai à nouveau six ans, six ans et des millions d’années ».

 • Philippe Baryga

« Quand j’étais Lillois, je peignais des tableaux animaliers avec une pointe de malice conceptuelle. J’aimais déjà beaucoup Frans Snyders, un peintre de natures mortes anversois du XVIIe siècle. Depuis que j’ai quitté le Nord, je passe beaucoup de temps à copier de la peinture ancienne ; flamande, mais pas seulement. Je fais ça comme un orchestre de bal reprend des succès populaires. C’est une manière de comprendre comment fonctionnent les tableaux, bien sûr. Mais aussi un moyen de réactiver leur possible actualité ».


 • Deux artistes dans les prés, autour de la Minoterie : Christophe Doucet et Dominique de Varine.

Jonzac : Bernard Lévêque, créateur de l'hebdomadaire La Haute-Saintonge, nous a quittés

C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de Bernard Lévêque, décédé cette nuit à l'Ehpad de Bourg Nouveau à Jonzac à l'âge de 77 ans. Souffrant depuis des années, la maladie l'avait confiné dans un silence qui tranchait d'avec sa vie d'avant, si active et si dense. Héritier d'un hebdomadaire qu'avaient eux-mêmes dirigé son grand-père père Gaston (Le Courrier de Jonzac) et son père Pierre (La Voix Jonzacaise), il avait donné à ce journal un nouveau titre "La Haute-Saintonge", ainsi qu'une envergure qui le plaçait parmi les premiers tirages des hebdos du département. Novateur, il l'avait doté des premiers Macintosh, passant de la saisie sur photocomposeuse au numérique dans les années 80. A ses côtés, une équipe qu'il savait motiver et qu'il animait à l'ancienne, dans une ambiance familiale. Touche à tout, il est à l'origine d'un autre journal à Blaye, La Haute-Gironde qui a fait son chemin. 

Bernard Lévêque : Quarante ans dans la presse
hebdomadaire régionale (@ Nicole Bertin) 
Imaginatif quant aux animations, il avait mis en place une Tracto-Broc à Consac, s'était associé à la brocante "le Bonheur est dans le pré" au parc des Expos de Jonzac et avait tenu durant quelques années une broc avenue Gambetta. Grand lecteur, il s'intéressait à l'actualité, la commentait avec ses amis et ne manquait jamais d'acheter Le Canard Enchaîné chaque mercredi. Sportif, il s'était distingué dans sa jeunesse au tennis de table et appréciait le tennis qu'il a longtemps pratiqué. Il était aussi passionné par les voitures et surtout les motos ! Le temps avançant, il n'a pas profité pleinement de sa retraite, des problèmes de santé l'empêchant de goûter aux joies simples de la vie. En 2017, la perte de l'un de ses enfants, Jean-Baptiste, âgé de 33 ans, a été une douloureuse épreuve. 

Enfin libéré des contraintes physiques, puisse Bernard Lévêque retrouver cet enthousiasme qu'il aimait partager. Nos sincères condoléances à son épouse Delphine, ses enfants Elisa et Nathan, et toute la parenté. Ses obsèques seront célébrées mardi 6 août à 15 h en l'église Saint-Gervais, suivies de l'inhumation au cimetière de Jonzac.

• Article publié en avril 2012 lors de son départ à la retraite

 «  Avec la Haute-Saintonge, j’ai vécu une belle aventure professionnelle  » !

Avec l’édition numéro 17 du journal La Haute Saintonge, se termine la carrière professionnelle de Bernard Lévêque, directeur de cet hebdomadaire depuis près de quarante ans. Une belle réussite dans la presse de province puisque ce titre est le premier en tirage des hebdomadaires du groupe Sud-Ouest. 

L’heure de la retraite a sonné. Difficile à croire. On se dit que ce n’est pas encore fini, que le temps retiendra son souffle. Et pourtant, le 30 avril, Bernard Levêque, directeur du journal la Haute Saintonge, fera valoir ses droits à la retraite. Retour sur cette belle aventure faite de courage et de détermination.

Une famille d’imprimeurs 

Bernard Lévêque est né après la deuxième Guerre Mondiale, dans une famille d’imprimeurs. À Jonzac, qui ne connaît pas l’imprimerie Lévêque implantée boulevard Denfert Rochereau, en face de la Caisse d’Épargne ? En 1909, Gaston, son grand-père, a racheté «  l’Écho de Jonzac  », l’ancien organe bonapartiste du baron Echassériaux, un élu qui a largement compté dans le paysage politique saintongeais. Il l’a débaptisé pour l’appeler «  Le courrier de Jonzac  ».

Son fils Pierre en a hérité. Soucieux de le moderniser, il l’a transformé en «  Voix Jonzacaise  ». Bernard, l’un de ses fils, lui succède en 1974. Il a abandonné son métier (contrôleur dans les PTT) pour reprendre l’entreprise familiale. Un acte à souligner car ce courage, teinté d’audace, a souvent caractérisé son comportement. Il tente l’aventure du privé quand d’autres auraient privilégié la sécurité qu’offre la fonction publique !

Il revient donc à Jonzac où il retrouve cette imprimerie chère à son cœur. Il faut avoir connu ces ambiances particulières, le bruit rythmé des Ofmi, les grincements de la presse Heidelberg, les odeurs d’encre flottant dans l’air et les papiers jonchant le sol près du massicot pour comprendre combien cet univers est passionnant.

Avez-vous déjà vu des casses contenant de minuscules lettres en plomb ? Assemblées une à une (les typographes avaient une étonnante dextérité), elles formaient des phrases, puis des articles entiers. Quand l’ensemble était composé, on posait " les formes " sur le marbre pour effectuer les corrections. Il en était de même pour les affiches et autres documents.

La Haute-Saintonge 

Quand il reprend le journal familial, Bernard Levêque voit éclore le nouveau territoire de Haute-Saintonge qui s’étend de Jonzac à Saint-Aigulin. Il est porté sur les fonts baptismaux par le conseiller général de Jonzac, Claude Belot. Historiquement, cette entité géographique n’existe pas, sa création remonte donc au XXe siècle !

Pour coller à l’actualité, le nouveau titre du journal coule de source : ce sera " La Haute Saintonge " et les informations seront étendues à ce périmètre. Jusque-là, le journal de l’imprimerie Lévêque n’allait guère au-delà de la région de Jonzac ! Autrement dit, la surface rédactionnelle est appelée à s’agrandir.

Bernard se pique au jeu : ce journal l’intéresse, il a envie de le faire vivre et prospérer. Dire que tout se déroule selon ses plans serait erroné. En effet, à cette même époque et fait rarissime dans la presse de province, un autre titre voit le jour sur Jonzac. Il s’agit de " Saintonge hebdo " que lance Serge Cecarello, un ancien apprenti de Pierre Lévêque. Durant des décades, les deux titres concurrents se livrent une bataille acharnée. En découle une émulation qui, loin de les affaiblir, leur donne l’envie de progresser. Aujourd’hui, Serge Cecarello sourit à l’évocation de ce passé tumultueux : «  quand on est jeune, on déplace des montagnes ! Malgré cette rivalité, j’ai toujours eu le plus grand respect pour la famille Lévêque  ».

Précurseur, Bernard avait bien senti que d’importants changements allaient s’opérer autour de la saisie des textes et de l’impression. Il achète une linotype, combinaison de machine à écrire et de micro fonderie imaginée aux États-Unis (composition chaude). Un clavier permet de composer une ligne de texte complète en un seul bloc de plomb. La révolution technologique est en marche. Elle se poursuit avec les photocomposeuses qui offrent des textes impeccables sur le papier après développement. Ils sont ensuite filmés au laboratoire pour le montage. Ce dernier s’effectuait généralement le mercredi soir dans une joyeuse ambiance boulevard Denfert Rochereau. Le tirage et la mise sous bandes des journaux avaient lieu dans les locaux de l’imprimerie.

L’étape suivante, importante, salue l’arrivée des premiers ordinateurs en 1986. Novateur, Bernard réalise que l’imprimerie, qui n’avait guère évolué depuis Gutenberg, est en profonde mutation. Quand les premiers Macintosh sont installés à Jonzac, le journal entre dans l’ère de la modernité. Certes, nous ne sommes pas encore aux écrans plats ! L’ordinateur est gris, il ressemble à une boîte avec un écran. Son avantage est de posséder une mémoire de sauvegarde (disquette utilitaire), ce qui évite aux journalistes de perdre leur travail. Durant toute sa carrière, Bernard Lévêque est resté fidèle à la pomme de Steve Jobs ! Aujourd’hui encore, le journal est équipé avec du matériel Apple.

Un tirage multiplié par 20 depuis 1974 

Avec le temps, la Haute Saintonge a pris son envol et son nombre de pages s’est étoffé. En 1974, le journal ne tirait qu’à 500 exemplaires. Son rachat, par le groupe Sud-Ouest à la fin des années 80, lui a permis de s’étendre et de disposer de moyens indispensables à son essor. Chaque canton dispose d’un correspondant sur les secteurs de Jonzac, Saint-Genis, Archiac, Mirambeau, Cozes, Montguyon, Montlieu, Montendre, Gémozac, Saintes et Pons.

Au sein du groupe SEPL, la Haute Saintonge a conservé le tirage le plus important. Deux ans de suite, elle a eu la chance de dépasser les 10 000 exemplaires vendus par semaine. Aujourd’hui et même si la crise a affecté de nombreux titres, Bernard Lévêque peut être satisfait de quitter un journal qui garde la tête hors de l’eau au sein des hebdos que dirige Philippe Delavaud. En effet, ce groupe réunit l’Hebdo de Charente-Maritime, le Journal du Médoc, le Résistant à Libourne et La Haute Gironde à Blaye (qui a d’ailleurs été créée par Bernard Lévêque en 1988).

Avec le départ de Bernard Lévêque, une page se tourne. Pas seulement parce qu’il quitte un titre bien connu, mais aussi parce qu’il y a laissé une empreinte. Sa patte, sa plume, vraie, originale et talentueuse, celle qu’on avait plaisir à lire.

Photo de famille de la Haute Saintonge lors du départ en retraite
de Bernard Lévêque (au centre de la photo)

L’équipe de La Haute-Saintonge - dont certains membres l’accompagnent depuis un bon bout de chemin - le remercie pour son engagement au sein d'un journal dans lequel elle s’est toujours sentie à sa place et à l’aise. Bernard Lévêque était un patron à part, celui qui souhaitait d’abord accomplir son projet dans une ambiance fraternelle, comme l’avaient fait avant lui ceux qui lui avaient transmis le flambeau, son grand-père, Gaston, et son père, Pierre.

Nicole Bertin