mardi 10 mars 2026

Municipales/Jonzac/Jean-François Mougard souhaite « une ville heureuse » en gardant un œil attentif sur les finances locales

Jean-François Mougard est le premier candidat à s’être lancé dans l’élection municipale du 15 mars prochain. Il y a deux ans déjà, il annonçait à la presse son intention de se présenter face à Christophe Cabri, élu maire en 2020. Quatre conseillers municipaux de l'équipe actuelle l’ont rejoint. DGS de la Ville de Jonzac, puis de la CDCHS, en poste actuellement à Niort, il est avant tout un gestionnaire. Chargé de la mise en œuvre de décisions politiques locales, attentif aux événements, les analysant avec lucidité. A travers ses déclarations, se révèle le sérieux de la fonction d’un directeur général des services. Il a eu un atout, celui d'avoir travaillé durant des lustres auprès de Claude Belot. Aux côtés d’un élu moins visionnaire, l’expérience acquise n’aurait pas atteint ce degré de "finesse" qu'apportent l’importance et l’originalité des dossiers traités. Poussé par une volonté exceptionnelle de faire de Jonzac - 3600 habitants seulement  - une ville dotée des meilleures structures, Claude Belot a concrétisé le « yes we can » d’outre Atlantique. Aujourd’hui, il se retire et la place est libre, pourrait-on dire, après un demi-siècle. Les Jonzacais sauront dimanche soir, après le dépouillement, qui lui succédera. 

En l’attente, Jean-François Mougard occupe le terrain et ce mardi 10 mars à 18 h 30, il tiendra une réunion publique dans la salle municipale. Cet homme discret est aujourd’hui sous les projecteurs de l’actualité. Il s'est adapté aux effets de manche et shows scéniques ! L’ère est à la communication et chaque candidat se trouve confronté à cette formule connue, être ou paraître, voilà bien la question. Ainsi le « paraître » du dernier compte administratif de la commune de Jonzac, voté lundi dernier. Il a choisi « d’être » celui qui décortique les chiffres pour les non initiés. Explications dans l’interview qui suit :

• L’examen du dernier compte administratif a donc attiré votre attention…

J.F. M : En effet, lundi dernier, Christophe Cabri a présenté au Conseil Municipal les comptes 2025 de Jonzac : c'est le bilan financier de sa mandature. J'ai alors analysé les comptes du « budget pivot » sur lequel presque tout repose et je les ai comparés avec les comptes 2024 de Pons. Pons est une ville de 4300 habitants avec des charges de centralité. Jonzac, également avec des charges de centralité, compte 3600 habitants. Leurs budgets sont comparables.

Ceci étant posé, attardons-nous sur les chiffres les plus importants : l'épargne et la dette. En 2024, Pons a dégagé une « épargne brute » de 1 246 649 € : il s'agit de la différence entre les recettes et les dépenses courantes. Après déduction du remboursement du capital de sa dette, Pons disposait d'une « épargne nette » de 1.019.148 € : c'est ce qui lui restait pour financer des investissements pour son avenir.

En 2025, Jonzac a dégagé une « épargne brute » de 1 514 038 €. Après déduction du remboursement du capital de notre dette, nous disposions d'une « épargne nette » de seulement 616 403 €.

Or, non seulement nous n'avons pas une piscine ou une médiathèque à payer, mais nous avons un casino qui a rapporté au moins 1.600.000 € tout compris. Cela signifie que, sans le casino, nos comptes courants seraient négatifs et notre capacité à investir est inférieure de 400.000 € à celle de Pons.

Pourquoi ? Parce que nos dépenses courantes sont supérieures de 1.200.000 € à celles de Pons : on gaspille ! Et pour investir, on s'endette : en 2025, la charge de la dette (capital et intérêts) était de 1.076.486 €, en hausse de 167.000 € par rapport à 2024. A Pons, cette charge était de 306.890 €, en baisse de 180.000 € par rapport à 2022. Pour finir, notre « cagnotte » (les excédents capitalisés) était de 553.399 € en 2025. Elle s'établissait à 2.230.070 € à Pons en 2024. Le mauvais bilan financier du Maire sortant conduit à une spirale d'endettement : nous allons dans le mur. Si je suis élu, je redresserai les comptes en 2026, c’est ma responsabilité en repensant certaines politiques publiques. 

La force d’une commune réside dans sa capacité à investir, donc à construire l’avenir. Les communes qui n’ont pas de casino, comme Pons, parviennent à dégager des excédents meilleurs que ceux de Jonzac. Chez nous, où passe l’argent ? Pour l’instant, c’est difficile à dire. Il faudrait étudier les budgets attentivement. Le compte administratif 2025, présenté lundi dernier, est important parce qu’il clôture le bilan du maire sortant. Quand une ville a un casino qui lui rapporte une manne importante constituant une recette extraordinaire mais aléatoire, elle doit être affectée à l’investissement. Or, si on l’utilise pour le fonctionnement, c’est préoccupant. En dépenses d’investissement, on a quasiment rien consacré aux écoles en 2025 alors que des travaux y sont nécessaires (sanitaires, isolation des bâtiments). Par contre, on a mis 500.000 euros dans la scénographie du châtelet et 80.000 euros pour la herse. C’est un choix politique. Cet argent aurait pu servir aux établissements scolaires qui sont, à mon sens, prioritaires. En voirie, 300.000 euros ont été investis en 2024, puis 1 million d’euros en 2025, avec de l’enrobé partout, y compris sur des trottoirs qui ne sont pas aux normes. Des travaux sont prévus au centre des loisirs qui fonctionne 16 semaines par an alors que les écoles accueillent les élèves 36 semaines par an. Là encore, où est l’équilibre ? 

Réunion animée par Jean-François Mougard

• La ville de Jonzac aurait-elle un certain train de vie ?

Elle a pris l’habitude de vivre sur un certain train de vie en effet. Si vous dépensez ce que vous avez gagné, il ne vous reste plus rien pour investir. Quand il reste peu, on réalise des emprunts. C’est ce que fait Jonzac. La charge des emprunts - ligne 16 du budget - a augmenté en un an de 170.000 euros alors que celle de Pons a diminué. En conséquence, l’argent public que perçoit la Ville - impôts, etc - sert à rembourser les banquiers. La cagnotte - excédent reporté au 31 décembre 2025 - de 500.000 euros est en stagnation. A Pons, elle était de 2,2 millions d’euros en 2024. Nous avons des voisins qui non seulement dégagent un excédent de fonctionnement supérieur au nôtre et réussissent à investir, mais qui augmentent leur « trésor de guerre » pour préparer l’avenir. A Jonzac, on dépense trop. C’est le constat d’un gestionnaire public. Ce que je dis n’est pas politique. Si je deviens maire, je vais me pencher de près sur le grand livre comptable.

• Durant cette mandature, Claude Belot a été premier adjoint de Christophe Cabri, donc à ses côtés pour le conseiller...

Le premier adjoint, comme les autres adjoints, n’est pas l’ordonnateur de la collectivité. Le maire, c’est le patron, le chef de l’administration. Il présente le budget et les comptes. Ces dernières années, Claude Belot s’est intéressé au nouveau forage, aux énergies, à l’eau minérale, au thermalisme. Ce sont les dossiers qu’il a portés. En 2020, il a remis les clés de la mairie à Christophe Cabri. Ce dernier s’est alors chargé de la gérer pendant que Claude Belot tenait les rênes de la Communauté de Communes. En apprentissage à ses côtés pendant dix ans, Christophe Cabri pouvait voler de ses propres ailes, d’autant qu’il possède une expérience à la CDCHS et au Conseil départemental. En 2023, le président Belot s’est aperçu que la gestion de l’eau potable et de l’assainissement, confiée à la ville de Jonzac, ne fonctionnait pas correctement. La CDCHS a donc mis fin à cette délégation le 1er janvier 2024. Par ailleurs, il a également remarqué que le dossier de la mise en service du nouveau forage n’avait pas avancé au point que les services de l’Etat ont adressé une mise en demeure à la Ville en 2023. Il s’agissait de la DDTM et de la DREAL. Rien n’avait été fait pendant trois ans par rapport aux arrêtés délivrés en novembre 2020. Logiquement, le forage aurait dû être mis en service en 2023 pour alimenter la station thermale. Claude Belot a donc relancé les opérations en négociant avec les services de l’Etat. Une dérogation a été accordée et la mise en service du forage a eu lieu par la suite. A Jonzac, il y a trois forages. Lomega, le forage situé route de Champagnac, ne fonctionne plus et le plus ancien est obsolète (foré en 1979). Avec un débit d’une centaine de m3, l'actuel forage, route d'Ozillac, satisfait à la fois les besoins des Antilles et des Thermes.

• Quel est votre point de vue sur la zone bleue de Jonzac qui fait couler de l’encre ?

D’abord, ce n'est pas une opération rentable : la Ville paie un agent pour verbaliser les automobilistes et le produit des contraventions ne revient pas à la municipalité. D’autre part, l’attractivité commerciale en est-elle renforcée ? Deux boutiques ont fermé. Les cabinets d’études vendent aux collectivités un copié-collé de ce qu’ils ont fait ailleurs en l’adaptant au contexte local. Ils sont seulement des prestataires. Au maire d’appliquer leurs propositions ou pas. Je suis personnellement choqué par les panneaux placés dans le centre ville : « Après deux heures, c’est 35 euros ». Bienvenue à Jonzac ! C’est une communication négative et agressive. Combien de procès-verbaux ont-ils été dressés depuis l’application de cette zone bleue ?  Elle est inefficace et coûte cher : nous la supprimerons. Si nous sommes élus, nous créerons du stationnement et des bornes de recharge pour les véhicules électriques. Nous investirons pour que chacun se sente bien et en sécurité dans le centre ville.

• Comment vivez-vous cette campagne électorale ? 

Elle est assez conforme à ce que j’imaginais. La vivre sur le terrain est une expérience. Nous arrivons dans la dernière ligne droite et le stress ressenti est positif. Il nous fait avancer !

 Les projets de la liste " Jonzac Cœur Battant" 

• Des logements 

Il est difficile de se loger à Jonzac. La commune va rénover et construire des logements à louer à l'année et à vendre ; elle soutiendra les bailleurs privés (défiscalisation et aides directes) ainsi que les primo-accédants.

• Pouvoir d'achat

À la cantine, un tarif à partir de 1€ pour les élèves de la Ville ; un "pass sport et culture" pour les jeunes Jonzacais adhérents à une association locale ; une mutuelle négociée par la commune pour que chacun ait accès à une complémentaire moins chère ; un mandat sans augmenter les taux des impôts locaux.

• Un accès facilité en centre ville

Une navette gratuite pour tous, entre la gare, les thermes, le centre ville et les Antilles. Tout compris, la dépense est estimée à 150.000 euros dont une partie sera à la charge de la ville de Jonzac. .

• Propreté urbaine et lutte contre les incivilités

Rénovation des espaces publics au travers d'un programme pluriannuel, co-construit avec les riverains ; augmentation de la fréquence de nettoyage des trottoirs et des espaces publics ; actions de sensibilisation contre les incivilités. 

• La santé, une priorité absolue

Trois médecins ont quitté Jonzac en 6 ans. Investissement dans une maison de santé pluridisciplinaire pour garder les professionnels de santé et en attirer de nouveaux. Aides aux médecins à s'installer (logement, recherche d'emploi pour le conjoint, incitations). Travail étroit avec l'hôpital et les professionnels de santé. Aider les étudiants à médecine à se loger durant leurs études avec, en contre-partie, une installation à Jonzac.

Karine Faustin et le dr Anne-Marie Nivet


• Jonzac, ville thermale

Mise en valeur des espaces publics : ombragés, agréables, avec des bancs et des fontaines. Développement du tourisme 4 saisons pour une ville vivante à l'année et soutien au thermalisme.

• Les halles, cœur battant du centre ville : 

Un grand projet pour les halles, plus ouvertes el plus gourmandes. Un lieu de rencontre, d'échanges et d'animation au contre ville.

• Plan d'eau de la base de loisirs

Moderniser le plan d'eau qui n'est plus entretenu et mettre au goût du jour l'aire de jeux.

• Acteurs économiques et création d'emplois

En renforçant la marque « Jonzac » autour de l'eau thermale (qui sera bientôt embouteillée) et de l'énergie ; en investissant dans l'économie circulaire pour manger local, pour soutenir nos productions et en créer de nouvelles ; en aidant à l'installation de nouveaux commerces (baux municipaux, boutiques éphémères), en accompagnant le développement du pôle aéronautique et l'installation des salariés à Jonzac.

• Grand projet pour la culture

Création d'un grand hall d'accueil commun au théâtre et à la salle des fêtes. Cette grande entrée, ouverte sur la place du château, offrira un nouvel écrin au théâtre et une nouvelle vie à une salle des fêtes désuète à rénover. La réunion de ces deux équipements constituera un pôle culturel complémentaire au centre des congrès.

• Des lieux plus ouverts, plus accueillants, plus fréquentés ; une programmation à l'année ; faire des Carmes un centre culturel pour tous.

• Vie scolaire

Les écoles étant primordiales, rassemblement des écoles pour faciliter la vie des parents et des enfants, tout en faisant d'importantes économies ; concentrer les investissements sur ce pôle scolaire pour améliorer le confort et réduire les factures d'énergie ; manger mieux et local à la cantine ; repenser les espaces de récréation.

• Politique pour la petite enfance

Mise en place d'un relais petite enfance pour soutenir les assistantes maternelles et les parents. En complément, création d'un lieu d'accueil enfants/parents.

• Au stade municipal

Stade repensé à la hauteur de la vie sportive et de l'ambition des clubs phares. Un « espace partenaires », ouvert aux associations, pour soutenir le sport de haut niveau.

• Une coopérative citoyenne d'énergies

Qu'est-ce que c'est ? Une énergie produite localement, renouvelable et qui permet aux habitants d'être actionnaires de la transition el de l'autonomie énergétique. Un rapport aux citoyens qui investiront et des économies à ceux qui achèteront l'électricité.

• Lieux pour les jeunes

Un skatepark couvert, sur un site identifié et éloigné de tout voisinage ; un espace dédié au gaming. D'autres projets à travailler en concertation avec les ados.

• Adapter la ville au changement climatique

En la végétalisant et en l'ombrageant ; en gérant mieux les eaux de pluie ; en préservant la vallée de la Seugne.

• Participation citoyenne

Création de commissions citoyennes thématiques pour permettre aux habitants de faire des propositions et donner leur avis sur les projets d'envergure. Mise en place d'un conseil municipal des jeunes.

• Budget  participatif

Mise en place d'un budget participatit pour que les habitants puissent proposer des actions d'amélioration de leur cadre de vie. Toutes les bonnes idées pour la commune.

• La transparence

Les débats du conseil municipal seront filmés pour être diffusés et mis en ligne sur le site de la ville. Facilitation de l'accès aux documents administratifs (décisions, délibérations, études).

• Respect des urnes : un poste d'adjoint sera proposé à l'opposition.

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