samedi 13 juin 2009

Européennes :
Des élections qui rendent vert...


Alors que l’UMP et les Verts jouent les grands gagnants de ce scrutin, ces élections européennes sont inquiétantes : six électeurs sur dix n’ont pas voté (de quoi saper le moral quand en Belgique, on atteint les 91 %. Il faut dire que le vote y est obligatoire !). Autrement dit, les résultats enregistrés ne sont qu’un reflet de l’opinion des Français. Les raisons sont nombreuses : trop de listes, une campagne lancée tardivement, des explications peu convaincantes qui pouvaient faire penser
à un scrutin tricolore, des candidats lointains, voire inconnus, des sortants qui n’ont jamais été très bavards quant à leurs interventions à Strasbourg (quand ils y étaient), des partis européens qui portent des noms différents des nôtres puisque l’Union compte 27 pays...
Qu’importe, les formations en lice font comme si tout était parfait ! Tant pis pour les abstentionnistes, ils n’avaient qu’à se déplacer.



Les Français ont mal à l’Europe. Ils tirent de la patte, ont voté non à la constitution. Beaucoup d’entre eux hésitent à la recevoir à la maison « car elle comporte des zones d’ombre ». Et pourtant, cette Europe n’est pas leur ennemie. Elle représente une force et une monnaie qui leur ont permis de mieux résister à la crise.
Alors pourquoi la compare-t-on à une pieuvre qui gommerait le caractère des états pour les uniformiser ? Qui sont les fautifs ? Les gouvernements sans doute qui se retranchent derrière elle quand les dispositions prises heurtent les habitudes des citoyens. Et pourtant le rôle de l’Union Européenne est simple : elle assume les compétences que les états membres lui ont déléguées. Dans ces conditions, les états ne peuvent pas dire qu’ils n’étaient pas au courant !

Au fil des années, nous aurions dû devenir des Eurocitoyens dans l’acceptation du terme, en faisant passer la notion d’appartenance européenne avant la terre natale. Or, l’effet contraire s’est produit.
Les pays ont freiné des quatre fers en privilégiant les nationalismes : la reconnaissance des patois est l’un des exemples de ce retour aux villages gaulois ! La concurrence de pays à main d’œuvre bon marché a lourdement influencé les attitudes. Rappelez-vous la peur qu’inspiraient les plombiers polonais ! On aurait dit l’arrivée de Dark Vador !

Si la construction avait reposé sur des bases solides, les Etats-Unis d’Europe auraient vu le jour. En effet, sur l’échiquier international, seule une entité importante peut dialoguer efficacement avec les USA ou la Chine. S’est alors instauré un double langage, en France comme ailleurs. D’un côté, on a sorti les attributs européens les jours de grande procession ; de l’autre, on a prôné les bienfaits de rester entre ses murs.


Le résultat des Européennes 2009 est révélateur de cet état d’esprit : une majorité d’électeurs ne se sentait pas concernée. A leur décharge, la campagne a été de courte durée, l’actualité étant monopolisée par la tragique affaire de l’Airbus. L’attention des citoyens s’est alors portée sur la table ronde télévisée qui s’est transformée en règlement de compte entre Daniel Cohn Bendit, attaqué sur des écrits passés (troublants d’ailleurs) et sur lesquels il s’est déjà expliqué, dit-il (se reporter à Wikipédia, “le grand bazar“ paru chez Belfond en 1975), François Bayrou sur la défensive et Marine Le Pen dénonçant des sondages truqués. Sous le regard des autres invités, plus réservés.
Arlette Chabot, pourtant excellente journaliste, faisait une tête de quinze pieds de long et elle avait raison.

Face à ces mauvais tirs d’artillerie politique, Boris Vian aurait pu déserter une seconde fois ! Que sont devenus les tribuns, les stratèges, les géopoliticiens, les fines pensées et les judicieux analystes ? Sont-ce là les héritiers de Chirac, Mitterrand, Pompidou ou de Giscard qui possédaient l’art de l’éloquence ? Ces personnalités auraient-elles coupé tant de têtes que seule subsisterait cette cour asexuée et sans envergure, uniquement soucieuse de son avenir ? « Les gens valables sont dans le privé. Beaucoup ont baissé les bras. Les élus qui veulent garder le pouvoir préfèrent s’entourer d’un cercle inodore. C’est au moment de leur succession qu’apparaissent les vraies carences » soulignent les observateurs.
Rendez-nous la vitalité des discussions, les bonnes phrases, la subtilité des échanges ! La France actuelle serait-elle à l’image des magazines people dont on regarde seulement les images ?


Bref, cette élection européenne ne restera pas dans les annales. Que faut-il en retenir sinon la poussée très visible des partis conservateurs, une tendance à droite constatée non seulement en France, mais dans de nombreux états membres. Si le Parti Socialiste régresse, les Verts font une belle percée puisque l’écologie est dans l’air du temps ! Il est évident que le film magnifique de Yann Artus Bertrand a influencé les esprits. La Terre est en danger ? Non, ce sont les hommes qui l’habitent...

Désormais, reste à savoir si les Verts feront alliance avec la Gauche. Si l’accord aboutit, ce groupe pourrait devancer le PPE (Parti Populaire Européen) où siègeront Rachida Dati et Michel Barnier. Et dans la foulée, en France cette fois-ci, Nicolas Sarkozy prépare un remaniement ministériel. Voilà qui devrait animer les conversations dans les jours qui viennent. Une bonne façon de relancer le débat avec l’arrivée de Corinne Lepage, qui sait ?

• L'info en plus : 18,5 millions de votants sur 44 millions d’électeurs : de quoi se poser des questions ! Au niveau de l’Europe, il y aura 736 députés européens.

Photos 1, 2, 3 : le vote à Jonzac

samedi 6 juin 2009

Foire exposition de Saintes : Faire du salon photo un rendez-vous aussi prisé que celui de la BD d’Angoulême !


Gérard Aoustin rappelle que la SEMIS a organisé foire et salon photo…


Etalée sur quatre jours, cette foire expo a bénéficié d’une cure de plein été ! En offrant des airs de vacances, le soleil a donné le moral aux exposants, tout en présentant un inconvénient : il faisait chaud dans le hall Mendès France où la température avoisinait celle d’un sauna. Un peu dur pour faire des affaires dans ces conditions ! Quant à la fréquentation, elle est en baisse par rapport à l’an dernier.


A l’heure des bilans, ce traditionnel rendez-vous a été bon pour les uns, un peu moins pour les autres. Des affaires ont été traitées, c’est évident, mais la crise a freiné certains "gros" investissements.


Parmi les requêtes, figurent l’entrée gratuite (deux euros, c’est déjà beaucoup) et un plus grand nombre d’animations (spectacles) afin de mobiliser le public. Evidemment, on ne peut pas solliciter Adriana Karembeu chaque année, mais dans la série people, la liste est tout de même étoffée !


En organisant un vaste salon réunissant de talentueux chasseurs d’images et des professionnels (avec l’aide de Jean-Philippe Allart en particulier), la Semis et Jacques Aoustin, responsable des foires et salons, ont innové. Outre les expositions photographiques, la rencontre avec des créateurs graphiques était intéressante. Ce métier est dans l’air du temps puisque les campagnes de publicité commencent par la naissance d’un logo et d’un concept qui valoriseront les produits. Un monde passionnant à découvrir avec l’équipe de M. Souchon ou celle de Carpe Diem (cette société, chère à Frédéric Gadiou, a imaginé l’étiquette de la bière de Bercloux !). Par ailleurs, les grandes marques de la photo (Canon and Cie) étaient présentes, permettant aux passionnés de découvrir les nouveautés.






Parmi les stands extérieurs, la représentation importante des énergies nouvelles, dont les fameux panneaux photovoltaïques, est à souligner. A chaque époque ses innovations ou ses évolutions !


«Nous avons répondu à la demande de la mairie en créant un événementiel lors de cette foire expo. Il s’agit du salon photo que nous souhaitons pérenniser et rendre incontournable comme celui de la BD d’Angoulême. Créant une attraction, il a reçu 7 000 visiteurs environ» souligne Gérard Aoustin. Soucieux de vérité, il ajoute que la Semis a tout organisé et financé. En clair, il n’a guère apprécié certains commentaires : « La foire et le salon, c’est la Semis. Carpe Diem nous a aidés, ainsi que M. Allart, mais il s’agit d’un travail d’équipe. On ne peut pas dissocier les deux manifestations ».
Bref, les initiés comprendront. Et de conclure « 2009 a été une année de transition ». Nul doute que 2010 saura tirer les leçons de l’histoire...




Photos 1, 2, 3 : L'inauguration par les personnalités suivie de la visistes des stands

Photo 4 : Jacques Villégier, Michel Garnier et Fabrice Schäck, photographes.

Photos 5 et 6 : Carpe Diem, une société qui habille vos idées (et vos produits)

Photo 7 : Le studio labo Souchon, une équipe dynamique !

Photos 8 et 9 : Thierry Meaud, conseiller municipal, s’apprête à entrer dans l’affiche des Tontons Flingueurs (l'informatique n'a pas de limite) !

Photo 10 : Panneaux photovoltaïques et énergies nouvelles

Photo 11 : Les rêveries téléphoniques d'un visiteur solitaire !

Photos 12 et 13 : Deux conseillers municipaux, Thierry Menaud et Corinne Gacel, à la rencontre du photographe Benjamin Caillaud qui a suivi la campagne de Barack Obama

Saintes :
Le jour de foire est arrivé !


Lundi, la foire mensuelle de Saintes, telle qu’elle existe depuis des lustres, vivait sa dernière édition. Début juillet, elle connaîtra un nouvel agencement. Cependant le débat reste ouvert et la mairie pourrait faire des concessions.


Le soleil brille sur la cité santone. En ce lundi de foire, 1er de chaque mois, les commerces ambulants ont envahi le cours, enjambé la Charente pour se masser sur l’avenue Gambetta et les rues adjacentes. La place Bassompierre en accueille un grand nombre et la route est réduite à une seule voie, les camions occupant l’autre partie de la chaussée.
Il en est ainsi depuis des lustres et la renommée de la foire de Saintes n’est plus à faire. Moment agréable, les passants flânent sur ce vaste marché où l’on trouve de tout, comme à la Samaritaine !



En ce lundi, il règne toutefois une légère inquiétude. Une commerçante, fidèle à la place Bassompierre depuis vingt cinq ans, ne cache pas ses craintes : « la mairie veut nous supprimer cet espace et nous répartir de la Banque de France à la gare. Nous ne savons pas plus. Que vont faire nos clients s’ils ne nous trouvent plus ? Il est fort probable que nous en perdions une partie ». Même réaction de la part de ses voisins.


Sur l’avenue, la plupart des personnes ayant un stand avouent tout ignorer du prochain agencement. Pour l’instant, elles attendent et verront. Il est évident que le prochain rendez-vous sera intéressant car les “coutumes“ étant modifiées, une animation pourrait naître des nouvelles dispositions. « Que vont devenir les producteurs fermiers dont les étalages vont quasiment jusqu’à l’Abbaye aux Dames ? » s’interroge une passante. La question reste posée...

En ce qui concerne le stationnement, il faut savoir que les voitures se “posant“ le long de la Charente devront opter pour une autre solution. Le parking Pelletan par exemple. Le parking de la place Blair, quant à lui, deviendra payant.


Puisqu’il est question de circulation, les parcmètres restent très cher à Saintes et il y a pire : certains automobilistes glissent leur carte bancaire dans la fente pensant que la machine les accepte. Or, elle ne reçoit que les “pass“ destinés à cet usage. « Il n’est pas rare de voir des gens débouler dans nos magasins pour demander une pince afin d’extraire leur carte » souligne une commerçante. Une autre fait remarquer qu’au temps de Bernadette Schmitt, des jetons avaient été émis pour favoriser le commerce en offrant un temps de stationnement. Or, il semblerait que des poches entières n’aient jamais été distribuées : « Pourtant, elles nous seraient bien utiles » remarque-t-elle.


Bref, la partie semble un peu compliquée entre les commerçants (sédentaires et non sédentaires) et la municipalité qui souhaite tout simplement apporter des améliorations en faisant de Saintes « une ville durable ». Affaire à suivre...

Parmi les projets de la municipalité, réduire le nombre de "voitures ventouses"

• Pour le commerce
Une nouvelle politique de stationnement cohérente sera mise en place à Saintes, le 1er juillet 2009, afin de renforcer l’accessibilité et l’attractivité du centre ville.
Extension de la zone de stationnement payant pour limiter le phénomène des voitures ventouses et faciliter le stationnement de la clientèle (Place Blair, place du Cloître ou Cuvilliers, rue du jardin public, rue du Communal).
Augmentation des tarifs de stationnement sur la voirie, pour accélérer la rotation des véhicules dans les zones très fréquentées
Diminution du tarif de stationnement dans le parking Pelletan et le maintien des tarifs au parking du Bois d’Amour, pour inciter les automobilistes à se garer dans les parcs prévus à cet effet
Renforcement du contrôle en zone payante, pour garantir l’efficacité de ces mesures.


• Le bus, pensez-y !
Plusieurs interventions interviendront à partir du 1er juillet, sur le réseau de transports en commun saintais BUSS : Désormais, à partir de 9 h 05, les bus passeront toutes les 30 minutes sur les lignes 1 et 2, et toutes les heures sur la ligne 3, même pendant les vacances scolaires.
La desserte des pôles d’attractivité importants (Gare, Boiffiers-Bellevue, centre ville...) sera renforcée.
De nouveaux arrêts sont créés autour de la Guyarderie, de l’hôpital et de la zone de Recouvrance. Ainsi, la ligne 2 propose une liaison directe entre la gare et le nouvel hôpital. Tous les abris bus seront progressivement remplacés, ainsi que les bus pour permettre une meilleure accessibilité, notamment aux personnes à mobilité réduite.
Le prix du ticket passe à l’unité de 0,95 euros à 1 euros, mais le prix du carnet de 10 tickets reste inchangé.

• Une heure de stationnement gratuit
Pour tous les usagers, les plages horaires de stationnement payant vont passer de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 h 30, soit une heure de gratuité supplémentaire le matin entre 9 et 10 heures.
La Ville a obtenu par ailleurs du délégataire qu’il baisse ses tarifs du parking Eugène Pelletan, le tarif horaire passant de 0,80 à 0,50 euros.
De nombreux parkings gratuits permettent en outre de rejoindre le centre-ville en quelques minutes à pied : hall Mendès-France, Geoffroy Martel, Eugène Fromentin, parking du Crédit agricole les samedis, place du 11 Novembre, place de l’Aubarée, Emile Combes.



• Une navette gratuite
Avec la suppression du stationnement quai de Verdun et le passage au stationnement payant sur la place Blair, les salariés de la mairie, de la sous-préfecture, de la Caisse d’Epargne et des commerces du centre-ville seront désormais invités à garer leurs véhicules sur le parking Pierre Mendes France, d’où une navette gratuite les conduira à proximité de leur lieu de travail. Il est également prévu une participation de l’employeur à l’abonnement transport en commun, le stationnement deux roues aux abords des établissements publics (pour la mairie à l’intérieur, abri couvert) et le développement du covoiturage.

• Avis aux automobilistes
Suppression du stationnement place Bassompierre et quai de Verdun.
Extension du secteur piétonnier à la rue de l’Arc de Triomphe (circulation restreinte), et dans les rue de la Poste, rue du Rempart, rue André Lemoyne, rue de l’Abreuvoir, place aux Herbes et rue du Bois d’Amour où le stationnement sera désormais interdit.


Réunion : Jeudi 18 juin à 17 h, réunion à l’Hôtel de Ville, entre les élus et les représentants des commerçants non sédentaires.


Photo 1 : La foire franchit la Charente et se poursuit avenue Gambetta

Photos 2 t 3 : La foire de Saintes, le 1er lundi de chaque mois, est une institution !

Photo 4 : L'objectif de ce vendeur "blagueur" : attirer la clientèle par de petits cadeaux pour leur vendre ensuite une marchandise plus importante...

Photo 5 : Au gré des stands

Photos 6 : Les forains, massés place Bassompierre, devraient avoir un nouvel emplacement pour la foire de juillet, la mairie souhaitant regrouper l'nesemble des stands de la Banque de France (haut du Cours Lemercier) à la gare.

Photo 7 : Bientôt, le stationnement en bordure de Charente sera interdit

Photos 8 et 9 : Les jours de foire, la circulation est difficile près de la place Bassompierre. La chaussée est réduite à une seule voie.

Photo 10 : Elle est pas bien, la vie à Saintes !!!

vendredi 5 juin 2009

Catastrophe aérienne :
Jérôme et Aline Néraud étaient dans l’Airbus


Depuis lundi dernier, toute la presse ne parle que de l’Airbus 330 qui s’est abîmé dans l’Atlantique sud. Parmi les passagers français, se trouvaient Jérôme et Aline Néraud,demeurant à Luchat, près de Saintes en Charente Maritime.
Ils étaient les parents d’une petite fille de huit mois. Traumatisée, la région est sous le choc.



Depuis le crash de l’Airbus, les recherches suivent leur cours pour “comprendre“. Les premiers débris, localisés au milieu de l’Atlantique, n’appartiennent pas à l’avion qui s’est abîmé en mer dans la nuit de dimanche à lundi. Ces "témoignages" n’ont donc pas confirmé les tâches orange - pièces en feu ? - signalées par un avion de la compagnie TAM.
« Tous les éléments susceptibles de faire avancer l’enquête seront récupérés et examinés pour voir s’ils correspondent à l’Airbus » souligne Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports.

Lundi matin, il est parti « en catastrophe » de Rochefort pour se rendre à Roissy. Avec le président Sarkozy, il a essayé de réconforter les familles bouleversées. La semaine prochaine, il les recevra avec Jean-Louis Borloo : « Nous allons organiser un voyage à leur intention, là où l’avion est tombé, comme Hervé Morin l’a fait pour les proches des militaires morts en Afghanistan. Il est important que chacun puisse se recueillir. Le Brésil a décrété trois jours de deuil national à partir de mardi » ajoute-t-il.


De nombreuses questions sont en suspens et les causes de cet accident qui a provoqué la mort de 228 passagers de 33 nationalités, dont 61 Français, 58 Brésiliens et 26 Allemands, restent inconnues. L’équipage était au nombre de douze.
L’avion avait quitté Rio dimanche à 19 heures locales et devait se poser lundi à 11 h 10 à Paris, à l’aéroport de Roissy. Vers 8 h, les écrans de contrôle ne l’ont plus détecté alors qu’il survolait l’Atlantique et la zone de turbulences du Pot au noir. La disparition de l’avion s’est produite après sa sortie de la zone de couverture des radars brésiliens et avant son entrée dans l’espace aérien du Sénégal. Des problèmes électriques avaient été signalés lors de la dernière transmission automatique et des SMS, qui auraient été envoyés par des passagers, auraient exprimé « la peur ». Ensuite, c’est le silence radio.
On n’en sait guère plus et la prudence est nécessaire quant aux hypothèses avancées. Aucune piste ne sera négligée, y compris celle de l’attentat. L’acte n’ayant pas été revendiqué, certains sont sceptiques face à cette éventualité. Laurent Le Mesle, Procureur général de Paris, aurait saisi la cellule antiterroriste.

En plein désarroi, les familles souhaiteraient savoir - et c’est légitime - ce qui s’est passé. Aujourd’hui, elles semblent bien démunies et les expertises du BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses) sont attendues avec intérêt. Malheureusement, la récupération des fameuses boîtes noires devrait être longue et compliquée (la France a décidé d'envoyer sur les lieux un sous-marin d’attaque). Un premier rapport sera rendu à la fin du mois.

Parmi les passagers, un couple de Saintongeais

Jérôme Néraud et Aline, son épouse, figuraient parmi les passagers de ce vol maudit. Et pourtant, cette escapade de quatre jours à Rio se promettait d’être un beau souvenir dont ils rapportaient de nombreuses photographies.
Commercial à la CGED, société spécialisée dans la distribution de matériel électrique, Jérôme avait gagné ce voyage pour ses bons résultats. Chaque année, l’entreprise, dont le siège est à Limoges, récompense en effet ses meilleurs salariés par un séjour vers une agréable destination. Rio, avec son pain de sucre et la plage de Copacabana, fait rêver.

Jeudi dernier, ils étaient donc neuf commerciaux et un cadre de la CGED à s’envoler vers cette ville emblématique. Si le vol aller s’est déroulé dans de bonnes conditions, on ne peut en dire autant du retour...


Funeste destin, Jérôme et Aline ne reverront jamais leur terre natale. À l’agence CGED de Saintes qui compte cinq salariés, la disparition de Jérôme a provoqué la consternation.
Clinique Pasteur à Royan où travaillait Aline, la peine est grande. « Infirmière en salle de réveil, au bloc opératoire, elle était proche des malades et unanimement appréciée » souligne une collègue. Une chaîne de solidarité s’est nouée autour de la mère d’Aline, employée à la Poste de Saint Genis et Saint Fort sur Gironde.

À la Chapelle des Pots dont la mère de Jérôme, Christine Bertaud, est secrétaire de mairie, c’est l’abattement. Le maire, Jean-Claude Couprie, a bien du mal à cacher son émotion : « Ce qui s’est passé est affreux. Ce jeune couple était heureux de partir et tout s’effondre subitement. La commune est choquée et mercredi soir, nous avons organisé une veillée funèbre à l’église en mémoire de Jérôme et d’Aline ». L’élu est accablé car cette disparition à laquelle s’ajoutent des accidents de la route et un suicide : « Depuis quelques semaines, ce ne sont que mauvaises nouvelles et drames dans le secteur ». Trop, c’est trop et parfois, le cœur a si mal que les mots viennent à manquer.

Une cérémonie religieuse a été célébrée mercredi après-midi en la cathédrale Notre Dame de Paris pour les victimes du crash de l’Airbus. « Nous sommes dans la main de Dieu » disent les Brésiliens qui joignent leurs prières à celles des familles frappées par ces morts brutales, si douloureuses car certains corps ne seront probablement jamais retrouvés. Ceux qui l'ont été vont être autopsiés en l'attente d'une identification par l'ADN. Saurons-nous bientôt ce qui s'est réellement passé ?...
Nos très sincères condoléances aux proches de Jérôme et d’Aline Néraud. Qu’ils reposent en paix. Ils laissent derrière eux une petite fille de huit mois.

Photos 1 et 2 : Airbus 330 et cockpit. L’avion avait quitté Rio dimanche à destination de Roissy. Il a disparu vers 8 heures alors qu’il survolait l’Atlantique. Il avait à son bord 216 passagers (126 hommes, 82 femmes, 7 enfants et un bébé) et 12 membres d’équipage. Parmi eux, Jérôme et Aline Néraud demeurant à Luchat.

photo 3 : La société CGED, qui possède une agence à Saintes, avait offert à ses neuf meilleurs commerciaux un voyage à Rio.

• Point de vue

Questions à André Turcat,
ancien pilote d’essai du Concorde

« Une explosion a pu survenir »…



André Turcat, pensez-vous que la foudre puisse être responsable du crash ?

Aujourd’hui, je suis à la retraite. Certes, je sais piloter, mais les nouveaux avions disposent de technologies qui n’existaient pas à mon époque. Cependant, en ce qui concerne l’accident de l’Airbus, je crois assez peu au foudroiement. Le foudroiement peut avoir des conséquences, mais il ne me semble pas qu’il puisse être la cause d’un crash. Pour l’instant, une enquête est ouverte pour en chercher les causes. Personnellement, j’ai traversé cette zone dite du Pot au noir. Avec Concorde, je volais à 17 000 mètres d’altitude, j’étais donc au-dessus de toutes les perturbations. Le héros de l’Aérospatiale, Jean Mermoz, a disparu dans cette région le 7 décembre 1936 pour des raisons qui n’étaient d’ailleurs pas dues au foudroiement.
Je crois avoir entendu que, dans les transmissions automatiques faites par l’avion, sa vitesse de descente était excessive : il me semble étrange que cette information puisse avoir été communiquée par ce biais. Comme le pilote n’a parlé que de problèmes électriques, nous sommes au stade des hypothèses. Parmi elles, une explosion a pu survenir pour des raisons qu’on ignore. On ne peut pas non plus écarter l’hypothèse de l’attentat. La probabilité existe...

Le Pot au Noir est une zone très difficile ?

Lorsqu’on pilote à haute altitude, comme c’était le cas avec Concorde, le survol du Pot au Noir ne pose pas de problème. En tant que passager, je me souviens avoir été à bord d’un Boeing 707. Nous étions à 9 000 - 10 000 mètres d’altitude et le vol s’est déroulé dans de bonnes conditions. Les gens qui traversent quotidiennement cette zone ne sont pas autrement éprouvés. En ce qui concerne ce crash, je pense qu’il ne faut pas uniquement se concentrer sur les perturbations du Pot au Noir.

En tant que pilote, avez-vous connu de grosses frayeurs ?

Une fois ! Je raconte cette histoire dans mon livre “Pilote d’essai, mémoires“. Dans notre métier, nous avons tous en mémoire des crashes. Je me rappelle d’une explosion qui était survenue sur le réservoir central d’un Boeing 747 de la TWA. Je pense aussi à un accident sur un Boeing 707. L’avion avait reçu la foudre sur une mise à l’air d’un réservoir contenant du kérosène. Un incendie s’était alors déclaré. Le pilote a perdu le contrôle et l’avion est descendu en flammes. Après ce drame, les constructeurs ont installé de petits balais métalliques destinés à éliminer les charges électrostatiques.

Dans le cas de l’Airbus, le pilote n’a transmis aucun message au moment du crash...

Effectivement, le pilote n’a pas dit ce qui se passait. Autrefois, sur l’Atlantique, les communications étaient difficiles et nous travaillions sur des liaisons HF un peu aléatoires car la VHF ne porte pas sur les océans. Actuellement, à l’époque des satellites, nous devrions disposer de systèmes permettant la liaison continue.

• L'info en plus

Un témoignage intéressant

Un pilote espagnol de la compagnie Air Comet, qui se trouvait dans la zone du crash de l’Airbus, a déclaré avoir vu un phénomène inhabituel : « Tout à coup, nous avons observé au loin un éclat fort et intense de lumière blanche, qui a suivi une trajectoire descendante et verticale et s’est dissipé en six segments ». Voilà qui laisse méditatif...
Selon l’analyse des SMS envoyés, une dépressurisation (entrée de l’air dans l’avion) aurait pu avoir lieu, entraînant dans ce cas une désintégration. Frappés par des grêlons énormes, des hublots auraient-ils cédé ? Par ailleurs, le givre aurait pu endommager les sondes extérieures de l’avion qui auraient alors fourni des informations erronées au système central de l’avion...
Pour sa part, Nelson Jobim, ministre de la Défense brésilien, ne penche pas pour la thèse de l’explosion, en raison de la présence de carburant à la surface de l’océan.

lundi 1 juin 2009

Le dinosaure américain était aussi charentais ! Questions à Jean-Michel Mazin, paléontogue


À une époque reculée, l’actuelle carrière de Cherves (près de Cognac en Charente) était une vaste lagune tropicale où vivaient de nombreuses espèces. La plupart ont disparu et seule l’image de synthèse permet d’imaginer leurs apparences respectives. L’histoire remonte, il est vrai, à 135 millions d’années avant notre ère, à la jointure entre le Jurassique et le Crétacé...
De 2000 à 2007, des scientifiques ont fouillé ce site à la recherche d’une découverte, d’un “maillon“ qui apporterait un éclairage nouveau. L’une d’elles concerne la présence d’un dinosaure que l’on croyait uniquement américain. La découverte d’une vertèbre de camarasaure en atteste. Par ailleurs, dans ces couches du Crétacé, des restes de petits mammifères ont été trouvés. L’évolution était donc en marche.
Vendredi soir, Jean-Michel Mazin, directeur de recherches au CNRS de Lyon était au Paléosite de Saint-Césaire. Durant la conférence, il a fait le point sur les travaux conduits sur ce site, unique par l’abondance de ses témoignages fossiles.
Il répond à nos questions :


Jean-Michel Mazin, en quoi la carrière de Cherves est-elle unique ?

Nous sommes au Berrassien, c’est-à-dire au tout début du Crétacé, vers 135 millions d’années. La mer s’est retirée. Elle a laissé derrière elle une immense lagune d’eau salée, peu large mais très allongée, qui s’étend d’Angoulême à la Rochelle environ, soit une centaine de kilomètres. Sous l’effet du soleil, l’eau salée commence à s’évaporer, d’où la précipitation du gypse que la société Garandeau exploite dans la carrière de Cherves actuellement.
Peu à peu, cette lagune un peu desséchée, qu’on peut imaginer à mi-chemin entre la mer d’Aral et les chotts d’Afrique du Nord, commence à recevoir de l’eau douce continentale en provenance du Massif Vendéen et du Massif Central. Au fil du temps, nous assistons à un phénomène de dessalure.
Lors des fouilles que nous avons effectuées, les restes de fossiles, trouvés dans les niveaux salés, venaient de deux provenances : soit ils avaient été apportés par les rivières qui venaient s’y jeter, soit il s’agissait d’espèces qui vivaient en milieu aquatique, crustacés, mollusques, poissons ou requins.
Cette petite mer intérieure, qui s’est transformée progressivement, est un milieu unique à observer. L’un des épisodes à souligner correspond probablement à un lessivage continental. Il a dû pleuvoir énormément sur une longue période. Ce régime de pluies soutenues a tout entraîné sur son passage. La lagune est alors devenue une sorte de dépotoir biologique. Grâce à la carrière, nous avons eu la chance de tomber sur ce “gisement“.

Au départ, l’intérêt du lieu avait été signalé par Thierry Lenglet, un habitant de Mirambeau...

En effet, dès les années 80, le site est fouillé par des amateurs. A l’époque, aucun universitaire ne s’est vraiment intéressé à Cherves. Nommé à Poitiers en 1994, j’ai été contacté par Thierry Lenglet en 1999. Le premier chantier a eu lieu en 2000 avec des étudiants. Par la suite, des fouilles ont été régulièrement organisées, plusieurs fois par an, jusqu’en 2007.

Une première synthèse des découvertes a-t-elle été réalisée ?

Actuellement, la synthèse des recherches n’a pas été publiée car nous sommes une trentaine à travailler sur le site. Tout ce que nous avons extrait à Cherves a été réparti entre différents spécialistes, en Europe et dans le monde. Un collège américain travaille sur les œufs fossiles (nous avons retrouvé des fragments de coquilles), un Suédois et un Danois sur les requins, un Suisse sur les poissons. Personnellement, je me penche sur le cas des crocodiles et des dinosaures. C’est un travail d’équipe.


Ces fouilles ont révélé l’existence d’un dinosaure que l’on croyait uniquement américain...

Le résultat global de cette fouille est une grande trouvaille. Il s’agit d’une véritable pépinière. Nous avons identifié deux nouvelles espèces, de crocodile et dinosaure. Ce travail est en cours de publication.
La découverte du camarasaure a fait évoluer la connaissance. En effet, ce dinosaure, très présent en Amérique, vivait aussi en Europe. Nous étions nombreux à le pressentir, mais personne n’avait pu en apporter la preuve. Dans le cas de Cherves, la présence de ce spécimen de la famille des camarasauridés est pleinement démontrée. Il s’agit de grands dinosaures herbivores. Nous avons également retrouvé des dents de dinosaures carnivores.
Au total, nous avons récolté près de 2 000 macro-spécimens et environ 45 000 micro-restes, telles que de petites dents millimétriques. Et 30 tonnes de sédiments n’ont pas encore été fouillées !
En décidant de travailler très finement, nous avons privilégié l’exploitation des micro-restes qui, en général, n’est pas faite dans les gisements. Ces éléments ont servi de support à la thèse de doctorat que Joane Pouech a soutenue, il y a trois mois. Elle a fait une étude de biodiversité quantitative, une approche mathématique des similitudes de faune sur les 81 niveaux successifs qu’abrite la carrière de Cherves.
Ces 81 strates sont les pages d’un livre qui raconte l’histoire de cette lagune, d’abord salée pour devenir un lac d’eau douce. Entre ces deux moments, combien de temps s’écoule-t-il ? Il est difficile de faire des estimations précises. Des centaines de milliers d’années sans doute. Le “livre“ est forcément imprécis car il manque des pages ! Imaginez un delta. Dans ce delta, il y a de la boue qui se dépose et transporte des restes d’animaux. Dans cette série sédimentaire, nous avons plus d’informations sur le continent que sur la mer qui est à proximité ou sur la lagune elle-même.

Que peut-on dire de la flore ?

Deux chercheurs suisse et français travaillent sur les graines de pollen et les micro algues. On a également trouvé un tronc d’arbre qui est actuellement au musée d’Angoulême. Cet araucaria a été identifié par un paléo botaniste de Lyon. Les sept années de fouilles conduites à Cherves nous ont permis d’extraire, dans les meilleures conditions et avec des méthodes nouvelles, un gisement très important.

Avez-vous trouvé de l’ambre ?

Non. Il n’y a pas d’ambre car, à Cherves, nous ne sommes pas en présence de grandes forêts de conifères.

En dehors de Cherves, sur quels projets travaillez-vous ?

Avant Cherves, j’ai conduit un chantier de fouilles à Crayssac, dans le Lot. Un musée, en cours de construction, mettra en scène la fameuse plage des ptérosaures. Il s’agit d’un site exceptionnel datant du Jurassique - cinq millions d’années avant Cherves - où nous avons travaillé sur des empreintes d’animaux parfaitement conservées dans le calcaire. Une superficie de 1 500 m2 a été fouillée, mais l’ensemble est très vaste. L’ouverture au public devrait avoir lieu en septembre 2010.
Prochainement, je vais étudier des pistes laissées par de très gros dinosaures dans le Jura. Pour vous donner une idée, leurs pattes faisaient environ 1,60 m de diamètre ! Il y a d’autres sites en cours au Maroc et dans le Dakota avec les Américains, l’année prochaine. Mon emploi du temps est bien rempli...


Photo 1 : Jean Michel Mazin, directeur de recherches au CNRS de Lyon

Photo 2 : Des camarasaures de ce type vivaient du côté de Cognac. L’animal mesurait 18 mètres de long pour environ 6 à 8 m de haut et pesait 20 tonnes : charmant comme animal de compagnie…

Photo 3 : Ce que pouvait être la plage de Crayssac... sans êtres humains : ils n'existaient pas encore !

L’info en plus

• En France, neuf fois sur dix, les découvertes sont faites par des chercheurs amateurs. C’est le cas pour Cherves et Crayssac.

• A Crayssac, on a observé des ptérosaures (reptiles volants), des dinosaures, des crocodiles, des tortues, des poissons, des mollusques, des crustacés. Pendant que toutes ces espèces vivaient leur vie, l’homme n’existait pas. Pas plus qu’à Cherves d’ailleurs...

• Pendant l’ère secondaire, au Mésozoïque, certains poissons, comme les Lepidotes trouvés à Cherves, possédaient une forte écaillure. Ils étaient caparaçonnés en raison de leurs nombreux prédateurs. Les écailles des poissons actuels sont totalement différentes !

• La paléontolgie reste très attractive auprès des étudiants, même s’il y a peu de débouchés. 15 doctorats sont soutenus en France chaque année.

• Jean Michel Mazin était étudiant quand Bernard Vandermeersch a fouillé le site de Saint Césaire. A l’époque, on parlait de la découverte d’un homme et pas encore de Pierrette !