Conservation et restauration des œuvres d’art
Non seulement la mairie de Saintes ne veut plus vendre le Présidial, mais elle a de l’ambition pour ce musée qu’on appelait autrefois la maison Henri IV…




L’hôtel particulier fait actuellement l’objet d’une restauration importante et d’une mise en conformité. Comme l’ont rappelé mercredi dernier Sylvie Barre, maire adjoint à la culture, et Sylvie Leperge, directrice du centre technique municipal, ce musée va connaître une nouvelle existence en jouant un double jeu. Il sera à la fois “réserve“ et “clinique“.


Pour mémoire, rappelons que le Présidial, avant sa fermeture, abritait de nombreuses toiles venant d’un legs du comte Louis Lemercier au XIXe siècle. S’y ajoutaient des dépôts d’État ayant alimenté les musées de province, des dons de particuliers et des acquisitions faites par la municipalité. Outre des céramiques intéressantes (nous sommes dans la ville de Bernard Palissy !), les collections comprenaient des tableaux issus des écoles françaises, hollandaises, italiennes ou flamandes des XVIIe et XVIIIe siècles, des estampes, des aquarelles, des sculptures et des photographies. De grands artistes y étaient présents : D. de Heem, Van de Poel, Charles François de la Traverse, Étienne Allegrain, Gaspard Rigaud, Floris Van Schooten. Deux toiles retenaient l’attention, "Allégorie de la Terre" de Jan Bruegel, dit de Velours, réalisée vers 1615 ; la seconde de Gillis Coignet mettant en scène Mars et Vénus. Le plus ancien panneau sur bois datait du XVe espagnol (descente de croix de Martorell). Toutes ces “beautés“ sont stockées temporairement.




En l’attente d’un grand centre artistique et culturel qui pourrait voir le jour vers la Salle centrale (dans le périmètre de l’hostellerie Saint Julien), les trois autres musées (Archéologique, de l’Echevinage et Dupuy Mestreau) attendent les visiteurs. Ils peuvent d’ores et déjà noter ce rendez-vous : dimanche 21 mars à 15 h, au musée de l’Echevinage, Gaby Scaon leur proposera une visite guidée autour du fauvisme...
• L'info en plus
Un président du Présidial, ami de Rabelais
Appelé Maison Henri IV, le Présidial, qui voit le jour au XVIIe siècle, est la demeure des présidents du tribunal. La juridiction criminelle constitue alors la Cour d’appel de la province de Saintonge. « À cette époque, la justice réunit un personnel considérable sur la ville de Saintes » soulignent les spécialistes. Les procès entre Catholiques et Protestants sont légion. Parmi les magistrats qui habitent le Présidial, figure un homme que l’histoire a retenu, Briand de Vallée, seigneur du Douhet. Il deviendra conseiller éminent au Parlement de Bordeaux. Nous retiendrons surtout qu’il fut l’ami de Rabelais qui le cite dans ses écrits (Quart livre XXXVII).




Photo 4 : Mars et Vénus
Photos 5, 6, 7, 8 : Sandrine Jadot et Xavier Jallais, deux restaurateurs d’art dont l’atelier est situé dans la Vienne, ont pour mission d’estimer l’état des tableaux entreposés. Ceux qui nécessitent une restauration feront l’objet de soins particuliers. Les parasites seront traités par anoxie (réduction de l’apport d’oxygène). Une salle spéciale, dite de quarantaine, sera réservée aux objets “contaminés“.
Photo 9, 10 : Escalier et plafond en bois du XVIIe siècle
Photo 11 : Explications de Gaby Scaon, conservatrice des musées de Saintes
Photos 12 et 13 : Cave voûtée et travaux
Photo 14 : Conserver les toiles dans de bonnes conditions et intervenir si besoin est...
(Photos Nicole Bertin)
1 commentaire:
passionnant, étant un peu loin des rumeurs saintaises j'ignorais toutes ces péripéties, mais suis ravie d'apprendre que ce magnifique bâtiment va retrouver une âme et une utilité !
Enregistrer un commentaire