Vendredi dernier, les avocats ont laissé vide l’espace qu’ils occupent habituellement au Tribunal de Grande Instance, y déposant seulement leurs longues robes noires. Non pas en signe de deuil, mais de mécontentement…

Lors de l’audience mise en place par ses pairs, le bâtonnier peut exprimer librement ses sentiments, voire ne pas mâcher ses mots… sur la réforme de la carte judiciaire par exemple.
Dans les petites villes, les choses sont différentes car une seule audience de rentrée a lieu, encadrée par les Tribunaux. Les avocats sont alors "invités" et le bâtonnier prononce généralement une allocution faisant suite à celles du Président et du Procureur.
Récemment, la teneur « virulente » de certains discours aurait vivement déplu, dit-on, et l’affaire serait remontée en haut lieu. En conséquence, et sans doute par prudence, M. Main, Premier Président de la Cour d’Appel de Poitiers, a demandé aux avocats de ne pas pendre la parole, vendredi dernier au TGI de Saintes.

Ce geste restera symbolique car le Barreau n’a pas pour habitude de faire des histoires. D’ailleurs, les avocats pouvaient assister au vin d’honneur s’ils le souhaitaient. Ceci dit, les gens de robe entendent préserver leur liberté d’opinion…


Photo 2 : Me Huberdeau face aux journalistes
Photos 3 et 4 : Situation plus souple au Tribunal de Commerce où le Bâtonnier de Saintes s'est exprimé librement à l'occasion des vœux
• L'info en plus
En novembre 2009, une histoire "contraire" s’est produite à Mulhouse où le Barreau fêtait le 150e anniversaire de sa création. De nombreuses personnalités étaient présentes dont le maire de la ville, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la justice. Non seulement, il essuya les critiques des avocats, inquiets du « tsunami de réformes » entreprises par le Gouvernement, mais il ne put leur répondre, n’y étant pas invité…
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