samedi 2 février 2013

Dominique Bussereau :
« Ce qui se passe me désole »


Elections municipales de Saint-Georges de Didonne

Les 3 et 10 février, les habitants de Saint-Georges de Didonne sont appelés à désigner leur nouveau conseil municipal. A un an de l’échéance de 2014, il est évident que ce vote, qui réunit trois listes, alimente les conversations. Dominique Bussereau, qui fut maire de Saint-Georges jusqu’en 2008 avant de devenir président du Conseil général, répond à nos questions :

Dominique Bussereau, député et président du Conseil général lors des vœux de la CDCHS la semaine dernière (aux côtés de Claude Belot, Jean Philippe Aurignac et Béatrice Abolliver)
• Quel regard portez-vous sur cette nouvelle élection ? 

Ce qui se passe me désole. Organiser une élection à un an du scrutin de mars 2014, c’est du temps, de l’énergie et de l’argent perdus. Ce vote résulte de la volonté désespérée de M. Bouffard d’être maire. Les Saint-Georgeais ne comprennent pas la nécessité de ce nouveau scrutin avant la date normale des élections municipales. Le taux d’abstention risque d’être important. Quel que soit le résultat, les choses ne rentreront pas d’ordre. Si M. Bouffard est élu, il aura une opposition et s’il n’est pas majoritaire, il critiquera l’équipe en place.

• Aviez-vous pressenti une succession aussi difficile ? 

Non. En 2008, je n’imaginais pas devenir président du Conseil général. Je pensais que Claude Belot souhaitait poursuivre son mandat. De plus, tout le monde disait que le département allait passer à gauche ! Quand j’ai été désigné à la tête du département, j’ai été atteint par le cumul des mandats et j’ai dû faire un choix. Jean-Michel Renu m’a alors remplacé à la mairie. Aux municipales, j’avais composé une équipe "arc-en-ciel" avec des élus de gauche venus rejoindre mon équipe. J’avais essayé de rassembler les forces vives de Saint-Georges de Didonne.
Pourquoi M. Bouffard n’y figurait-il pas ? Tout simplement parce qu’il souhaitait être adjoint de Didier Quentin à Royan. Or, il n’a pas été pris sur sa liste et quand il a frappé à la nôtre, elle était déjà bouclée. Il est entré dans l’opposition. J.M. Renu a souffert de ses attaques violentes. Il a fini par jeter l’éponge. C’est alors que Françoise Brouard, directrice juridique à la MSA, lui a succédé.
Il a continué avec elle et alimenté les tribunaux en permanence avec des plaintes au pénal et des enquêtes sur des malversations. Aucune n’a abouti et le directeur adjoint des services techniques a été innocenté par la Cour d’appel.
Le problème de Danièle Coudert est différent. Elle ne pouvait cumuler son poste d’adjointe et son travail pour une collectivité. Le Conseil d’Etat a tranché. Elle s’est inclinée et a démissionné. Elle tente sa chance en conduisant une nouvelle liste.

 • Il y a l’affaire des marchés publics avec Eurovia... 

Le dossier Eurovia est terminé. Il se trouve qu’un adjoint a signé des papiers qu’il n’aurait pas dû signer, mais il n’y a pas eu de quelconque malversation. La guérilla permanente entretenue par M. Bouffard depuis quatre ans pourrit l’ambiance de Saint-Georges. Il a créé, dans cette commune agréable, une atmosphère délétère avec distribution de tracts, des journaux dans les boîtes aux lettres. Sur son site internet, l’honnêteté du maire y est mise en cause. Pour moi qui aime bien Saint Georges, je reconnais que ce climat pourri est dommageable à la ville.


• Quelle liste soutenez-vous ? 

Personnellement, je soutiens la liste de Mme Brouard qui présente une formation renouvelée. C’est une femme qui travaille beaucoup. J’ai également de la sympathie pour Danièle Coudert. Je souhaite que ces deux listes s’entendent au second tour. Par contre, je n’apporte pas mon soutien à J.M. Bouffard...

Saint-Georges de Didonne :
ton univers impitoyable ?


• Nouvelle élection municipale
Trois listes pour convaincre 


A un an de la date officielle des élections municipales, une nouvelle élection se déroulera les 3 et 10 février sur la commune de Saint-Georges de Didonne, célèbre pour ses plages. La seule chose dont on puisse être certain, c’est que l’équipe victorieuse devra tout faire pour colmater les failles apparues ces dernières années…

En quittant la mairie parce qu’il devenait président du Conseil général, Dominique Bussereau ignorait que sa succession entraînerait un véritable champ de "batailles".
 Courageux mais pas téméraire, son successeur, Jean-Michel Renu, a préféré quitter son poste de maire et sa remplaçante, Françoise Brouard, se trouve confrontée à une situation surprenante. En effet, une nouvelle élection municipale aura lieu début février ! Une vraie, grandeur nature.
 Au sein du conseil, on ne compte plus les procédures conduites par le chef de l’opposition, Jean-Marc Bouffard, cet élu ayant lui-même donné sa démission l’an dernier.


Dimanche 3 février, les habitants seront donc appelés à élire leurs 29 conseillers municipaux, lesquels désigneront futur magistrat et adjoints. En 2009, en acceptant les rênes, Françoise Brouard savait que la partie serait difficile, mais sûrement pas à ce point. Elle déclarait alors : « Notre ville mérite qu'on travaille à son service pour maintenir le cadre de vie que nous aimons. Je compte sur tous les membres du conseil : une équipe structurée et solidaire décidée à servir, à construire. Seule, je ne peux rien. Avec vous tous, je me sens la force de poursuivre le chantier. J'ai personnellement la conviction que la résolution des problèmes ne passe pas par de longs discours, mais par le travail. Je crois en cette valeur fondamentale et j'entends m'y consacrer ». Elle ignorait la suite des événements.
L’opposition ne lui a pas laissé une minute de répit, analysant scrupuleusement toutes les décisions et les marchés publics passés par la mairie. Des attaques ont souvent fusé, assorties de qualificatifs peu flatteurs. Début 2012, Françoise Brouard n’excluait pas de porter plainte contre l'opposition pour « diffamation et harcèlement ».
Elle repart donc au combat et mène la liste « Saint-Georges de Didonne aujourd’hui et demain » composée d’une équipe renouvelée aux côtés de 13 "anciens". Si elle sort victorieuse des urnes, elle souhaite concrétiser les projets en cours. « L’opposition nous a fait perdre beaucoup de temps » estime-t-elle. Elle se dit prête à poursuivre son travail pendant un an, dans la sérénité de préférence !

 Danièle Coudert : Dynamisme et jeunesse


 La seconde  liste, conduite par Danièle Coudert, s’appelle « Saint-Georges d’abord ». Cette femme aussi a connu des vagues. Elue en 2008, elle a été rendue inéligible en 2010 sur décision du Conseil d’Etat. Elle ne pouvait pas cumuler les fonctions de conseiller municipal (elle était adjointe à la jeunesse et aux sports) et de responsable d‘un service au Conseil Général, à la Maison départementale de l’emploi saisonnier. Conséquence, elle a tiré sa révérence…
 Profitant de ce nouveau scrutin, elle a constitué une liste composée de « personnes motivées ». La moyenne d’âge y est de 56 ans. « L’ambiance au conseil municipal est très difficile. Même Jean-Michel Renu, élu de longue date, a rendu son tablier ! Personnellement, je mise sur le dynamisme et la jeunesse. Les trois listes en lice sont au moins d’accord sur un point commun, nous devons attirer sur la commune de jeunes actifs. Notre population est vieillissante et le renouvellement ne s’opère pas. On le voit au niveau des écoles. Des classes ont déjà fermé dans une maternelle construite récemment » explique la candidate. Elle met l’accent sur deux points, l’emploi et le logement : « la zone d’aménagement concerté doit se poursuivre afin que des entreprises artisanales et commerciales s’y installent. D’autre part, nous devons proposer des terrains à construire à des prix abordables ». 

Danièle Coudert admet que Saint-Georges de Didonne n’est pas Biarritz, ni La Baule : « nous sommes une station touristique familiale ». Habitant cette commune depuis une quarantaine d’années, elle sait de quoi elle parle, s’étant largement investie dans la vie associative. « Notre liste est sans étiquette. Nous sommes d’abord des républicains » dit-elle.  Pour l’instant, elle ignore s’il y aura fusion de sa liste avec celle de Françoise Brouard au second tour : «  si le cas de figure venait à se présenter, ce serait à l’ensemble de l’équipe de faire ce choix». 

« Entre 2001 et 2012, la taxe d’habitation a augmenté de 123% » 


L’homme par qui tout est arrivé est Jean-Marc Bouffard, ancien directeur technique chez EDF. Dans la comptabilité publique de Saint-Georges de Didonne, il a relevé « un certain nombre d'erreurs et de dysfonctionnements graves » souligne-t-il (Eurovia ?). « Mon seul objectif est la bonne utilisation des deniers publics. Je ne suis pas là pour égorger qui que ce soit ! Quand je vois mes feuilles d'impôts locaux, je pense que toute collectivité doit être transparente ».
A la tête d’Emergence Saint-Georges, il espérait que ce nouveau scrutin, qui résulte de démissions massives et successives, aurait lieu plus tôt : « Quel est le constat actuel ? La commune est dans un état lamentable, voirie, réseaux, bâtiments communaux. Il est temps pour Saint-Georges de retrouver espoir et croissance. Les chiffres du recensement sont révélateurs, la population n’a pas augmenté. Pendant que Saint-Sulpice ouvre une nouvelle classe, une troisième a fermé chez nous en 5 ans. Tout est verrouillé ». Pire, il estime que la fiscalité est un repoussoir qui incite à s’installer ailleurs, dans des localités plus modérées telles que Vaux. « Entre 2001 et 2012, les impôts communaux ont progressé de 82% pour la taxe foncière et de 123% pour la taxe d’habitation. Durant le présent mandat, la part communale de la taxe foncière a augmenté de 21% entre 2008 et 2012. Celle de la taxe d’habitation a fait un bond de 31% sur la même période. Si je suis élu, je figerai la fiscalité. Elle n’est plus acceptable à ce niveau ». Il souhaite également valoriser les atouts touristiques du secteur et attirer de jeunes ménages.

Autre élément à prendre en compte, le torchon brûle toujours entre lui et Dominique Bussereau (dont il a pourtant été proche). En 2010, le journal l’Express révélait cette opposition de manière assez crue. « C'est quelqu'un chez qui le mensonge est pathologique. Il est capable de dire blanc avec assurance le lundi et noir le mardi, chaque fois avec le même aplomb. Et quand ça ne va pas, ce n'est jamais de sa faute » avait déclaré Jean-Marc Bouffard au sujet de Dominique Bussereau. La réponse de l’intéressé avait été immédiate : « Bouffard ? C'est un con. Celui-là, il aurait été lavaliste pendant la guerre »…  

Vous l’avez compris, ces élections ne manqueront pas d’être animées compte tenu des contentieux personnels sous-jacents. Avec vue sur l’amer, qui sait ?

dimanche 27 janvier 2013

Bussereau en Russie,
Belot au Pérou,
les Antilles à Jonzac

  
Vendredi, aux Antilles de Jonzac, le président Belot, généralement optimiste, a dit ses craintes quant au manque de compétitivité des entreprises françaises à l‘étranger…


C’est désormais la coutume. Le sous-préfet de Jonzac et le président de la Communauté de Communes de Haute Saintonge organisent ensemble la cérémonie des vœux. Point d’ancrage, les Antilles !

Jean-Philippe Aurignac, en poste à Jonzac depuis l’an dernier, a montré aux maires, réunis devant lui, qu’il avait une qualité première : le talent oratoire. Dans un discours "fourni", il exhorta les troupes saintongeaises ne pas courber l’échine. On dit que 2013 sera « une année à oublier » : le représentant de l’Etat estime au contraire que le territoire de Haute-Saintonge, fort d’une grande intercommunalité, a des atouts pour traverser cette période de crise. « Faisons de 2013 une année utile ! Grâce aux dispositifs proposés, nous avons des armes pour combattre le chômage dont la situation s’est dégradée. Celui des jeunes est maîtrisé. 153 emplois d’avenir ont été signés et 600 jeunes sont potentiellement concernés dans la région. Par contre, avec une progression de plus 23%, les 50 ans restent une préoccupation ».
Problème récurrent, de nombreuses offres restent insatisfaites alors que le nombre de demandeurs est en hausse. Ainsi, certains exploitants agricoles font désormais appel à des Roumains pour le travail des vignes. Idem dans la restauration où la main d’œuvre est de plus en plus difficile à trouver et surtout à conserver.

Béatrice Abollivier, préfet, Jean-Philippe Aurignac, sous préfet de Jonzac, Claude Belot, sénateur, pérsident de la CDCHS et Dominique Bussereau, pérsident du Conseil général
Toute une série de mesures a été lancée par le Gouvernement à destination des entreprises. Parmi elles, la banque publique d’investissement facilitera leurs projets. Les grands chantiers, comme celui de la LGV, dynamisent le sud du département. Autre domaine qui relève de la compétence du sous-préfet, la sécurité routière et des citoyens. Il salua le travail effectué par la gendarmerie qui a du pain sur la planche par les temps qui courent.
 

Claude Belot : « En France, les charges sont trop lourdes » 

En vieux routier de la politique (il a été élu conseiller général pour la première fois en 1970), Claude Belot a pour lui l’expérience du temps, de Georges Pompidou à François Hollande. « En France, nous avons un vieux problème, nous sommes dans le toujours plus. Cela peut avoir des conséquences néfastes. Comment soutenir l’emploi si nous n’avons pas d’argent ? ».
 Rentrant d’un voyage au Pérou où habite la famille de son fils aîné, il a réalisé que l’image de la France à l’étranger n’était plus ce qu’elle avait été. Il prend pour exemple Alstom qui a remporté un contrat de 130 millions d’euros pour la fourniture de 19 rames Metropolis à la ville de Lima. Elles seront fabriquées et installées par les sites d’Alstom en Europe, l’Espagne en particulier. Quant à la maintenance, elle sera exercée par un consortium sud américain. 

Claude Belot après la longue allocution de Jean Philippe Aurignac : « Il aurait été dommage de ne pas lui donner l’occasion de parler » !
Une situation que regrette le président de la CDCHS : « la France n’est plus compétitive en raison de ses charges excessives » estime-t-il. Quand le produit fini est trop élevé, il est évident que les industriels cherchent des solutions ailleurs par le biais de multinationales. Les sites de production sont alors délocalisés. « Une Clio sur dix est construite dans l’hexagone. Il faut avoir le courage de regarder la vérité en face ».
L’élu compte sur l’Etat pour créer les conditions de la confiance : « Pour leur part, les collectivités savent qu’elles doivent utiliser l’argent public avec parcimonie. La Communauté de communes de Haute Saintonge a vu le jour il y a vingt ans. Elle permet de concrétiser des projets que les communes seules ne pourraient pas conduire à bien. Ensemble, nous avons vécu une belle aventure. En gérant au plus près, nous avons la capacité de ne pas emprunter. Les Antilles, centre aquatique bénéficiaire, représentent cette volonté. Si nous devions financer tous les investissements réalisés sur notre territoire, il nous faudrait 5 millions d’euros ». 

Deux conseillers départementaux par canton,
une femme et un homme


Dominique Bussereau, président du Conseil général, abonda dans le sens de Claude Belot. Lui-même rentre de Russie où il a fait les mêmes constatations. « Alstom, associé à une société russe, y produit sur place avec le savoir-faire français ».
Il enchaîna sur un sujet national qui anime les débats, non pas le mariage gay, mais les rythmes scolaires. Avec une demi-journée supplémentaire, les transports seront davantage sollicités : « il en coûtera 2.600.000 euros, soit deux points de fiscalité sans aucune compensation de l’Etat ». En ce qui concerne internet, l’installation du haut débit se poursuit : « Avec 757 km de fibre optique, nous avons une longueur d’avance. À la rentrée prochaine, 51 écoles seront connectées ». Dans le domaine ferroviaire, l’électrification de la ligne Angoulême/Cognac/Saintes/Royan est sur les rails. Quant à la carte intercommunale de Charente-Maritime, elle est enfin bouclée avec la mise en place de grandes structures. La CDCHS sera « fortifiée » avec l’arrivée (en grande partie) du canton de Pons.

Elus, personnalités et salariés de la CDCHS réunis aux Antilles de Jonzac
Mais c’est surtout la modification des modes électoraux qui retient l’attention. Aux Municipales, le scrutin à la proportionnelle s’appliquera dès 1000 habitants et les conseillers généraux seront remplacés par des conseillers départementaux. Les cantons seront remaniés et leur nombre réduit. Ils auront pour eux deux représentants, un homme et une femme. Une couple en conséquence.
Si la gent féminine se réjouit de cette avancée significative, on imagine déjà la tête de certains élus machos qui devront composer avec leur collègue. Qui coupera le ruban tricolore en premier lors des manifestations ? Ambiance feutrée de susceptibilités qui font de notre délicieux pays le charme assuré…

Cette rencontre se termina par le traditionnel verre de l’amitié assorti d’un buffet copieusement doté.


On reconnaît l'ancien conseiller général de Montguyon, Pierre Jean Daviaud


• La blessure « Rouffiac » 

Claude Belot exprima son regret de voir Rouffiac, commune historiquement dans le giron de la CDCHS, partir dans la CDA de Saintes. Pour lui, c’est bien sûr la faute aux communes dissidentes du canton de Pons et surtout à Montils qui, fuyant Jonzac, fait désormais partie de la mouvance saintaise. « Si le maire, qui n’a pas été coopératif, avait accepté de céder une minuscule bande de terrain pour faire une continuité territoriale avec la CDCHS, Rouffiac aurait pu rester avec nous ». Oui, mais, il a refusé. S’il perd Rouffiac, Claude Belot y gagne deux communes, Salignac et Brives sur Charente…

• Jean-Philippe Aurignac insista sur le soutien à apporter à la jeunesse par la vie associative, la culture et le sport. Et de citer ce proverbe chinois : « l’argent est une richesse morte ; nos enfants sont une richesse vivante ».


Reportage/Photos Nicole Bertin

mardi 22 janvier 2013

Gémozac : Il s’enfuit de l’hôpital
psychiatrique de Jonzac
et percute une voiture,
faisant deux blessés.


Lundi matin, l’hôpital des fossés, qui accueille à Saint-Martial de Vitaterne les patients en psychiatrie, est en effervescence. En effet, l’un des malades, qui se trouve depuis trois jours en isolement, a échappé à la surveillance du personnel. Il a quitté les lieux en volant d’une Opel stationnée dans son environnement immédiat.
Prévenu, le groupement de gendarmerie de Charente-Maritime déploie alors le plan Epervier. En effet, ce jeune homme de 24 ans, natif de Dordogne et possédant une adresse sur Royan, est considéré par son médecin comme « dangereux ». Il va d’ailleurs le prouver la suite.

 A la sortie de Gémozac, sur la RD 6, il fait marche arrière pour échapper à une patrouille de gendarmerie. Poursuivi, il prend la fuite et les témoins le voient alors se déporter sur la gauche au moment où arrive une voiture. La collision est tellement brutale que les deux voitures se retrouvent à 80 mètres l'une dans l'autre.

Si le conducteur s’en tire à bon compte, les deux occupantes du véhicule, par contre, sont grièvement blessées. Les pompiers des centres de secours de Gémozac, Pons, Cozes et Saintes mettent en œuvre d'importants moyens de désincarcération et transportent les victimes au CH de Saintes. L’une souffre de blessures à la jambe et au bassin, l’autre aux côtes et au thorax. Agées d’une quarantaine d‘années, elles demeurent à Gémozac.

Le fuyard est, quant à lui, appréhendé par les forces de l’ordre qui le ramènent à l’hôpital psychiatrique où il reçoit les soins que nécessite son état.

dimanche 20 janvier 2013

Saintonge : Le tribunal
de commerce
selon Gérard Saliba


« Un cabinet médical 
à la disposition des entreprises malades » 

Une page s’est tournée vient de tourner au tribunal de commerce de Saintes avec le départ de Gérard Saliba, l’un de ses piliers « historiques »… 

Le tribunal de commerce, M. et Mme Binnié, greffiers
Lundi dernier, cinq nouveaux juges ont fait leur entrée lors de l’audience solennelle du tribunal de commerce. Une femme, Hélène Berthier, et quatre hommes, Hervé Coppin, Stéphane Germaine, Thibault de Feligonde et Guy Penot. Tous vont suivre une formation de treize jours à l’École de la Magistrature de Bordeaux. En prêtant serment, ils se sont engagés à être disponibles, équitables et bénévoles « car non seulement vous ne serez pas dédommagés, mais vous devrez assurer à titre personnel les frais résultant de votre fonction de juge ». Les voici donc avertis par Roland Tevels, prêts à assumer leurs fonctions avec rigueur et loyauté et à affronter des situations qui seront forcément difficiles. Dépôts de bilan, plans sociaux, chômage, multinationales indifférentes : ces termes sont malheureusement familiers dans l’actualité.
Quatre juges ont quitté le tribunal : Outre MM. Renaud et Beaufils partis dès septembre dernier, Jean-Pierre Faurio vit sa retraite en Espagne tandis que Bertrand Arcadias « veut s’occuper plus intensément de son entreprise ». 
Quant à Gérard Saliba, il abandonne sa robe noire au blanc jabot après quatorze ans de présidence. « Mon cher Gérard, vous laisserez à ce tribunal votre empreinte d’humanité. Permettez-moi de vous rendre hommage » déclara Roland Tevels avant de “conter“ la vie de son prédécesseur.

Gérard Saliba aux côtés de Roland Tevels, président
 De Tunis à Saintes 

 En effet, l’histoire de Gérard Saliba n’est pas banale. Né en Tunisie où son père possédait trois librairies, il a fait ses études en Suisse dans un collège marianiste. Bac philo en poche obtenu à Tunis, il effectua son service militaire, puis intégra le Cadre noir de Saumur. C’est à cette époque qu’il rencontra sa future épouse Silvana dont il a eu deux filles, Arielle et Karine.
Les émeutes de Bizerte l’obligèrent à quitter la Tunisie, cette terre où il avait grandi et qu’il n’oubliera jamais. Les révolutions ne parviennent pas à balayer les souvenirs et le temps d’avant ! Gérard Saliba perdit la chaleur du Sud pour retrouver le soleil du Nord de la France, celui des cœurs. Il ouvrit à Denan sa première librairie. Plus tard, il s’installa à Saintes, en Charente-Maritime, où il veilla aux destinées de la Maison de la Presse de 1970 à 1994. À Saintes, aujourd’hui encore, la “librairie Saliba“ est restée dans le vocabulaire courant !

Gérard Saliba a été élu juge consulaire pour la première fois en janvier 1988. Il occupa les fonctions de président de 1995 à 1999. Après une courte absence, il retrouva son fauteuil en 2002, responsabilité qu’il assuma jusqu’en juillet 2012, date à laquelle il passa le flambeau à Roland Tevels.
Il a également été conseiller municipal à Chaniers de 1995 à 2008 dans l’équipe de Xavier de Roux.

Touché, l’intéressé eut du mal à cacher son émotion. « J’ai passionnément aimé exercer ces fonctions. C’est une richesse extraordinaire qui restera, comme un formidable cadeau, pendant ma retraite. À la fin de mon mandat, redevenir simple juge m’a permis de vivre ce que je souhaitais faire dans les meilleures conditions pour l’avenir de notre institution saintaise : passer le relais ». Qu’ajouter de plus sinon ce petit clin d’œil qu’il adressa à Lucien Pasquet. Ce responsable haut en couleurs lui enseigna fort judicieusement qu’en tout homme doit exister une part de doute. « Quand il avait trois dépôts de bilan dans l’année, il m’assurait que c’était une année noire. Que dirait-il aujourd’hui ? »
Gérard Saliba avoue qu’il n’a pas vu le temps passer : « j’étais heureux ». Et d’ajouter : « contrairement à d’autres greffes, nous n’avons jamais apposé sur notre porte "défense d’entrer". Que peut penser un employeur dans la peine quand il voit un tel panneau ? À Saintes, nous sommes toujours disponibles. Le tribunal de commerce est comme un cabinet médical à la disposition des entreprises malades »
Des larmes perlèrent-elles dans les yeux de Gérard Saliba ? Il fut longuement applaudi par ses pairs. Le bâtonnier Marie-Ange Lamoureux et le procureur Philippe Coindeau saluèrent le travail effectué par celui qu’on nomme désormais « l’homme de la porte ouverte ».

Les réquisitions de Philippe Coindeau, procureur
• Les nouveaux juges

Hélène Berthier dirige la société Berflex implantée à Saintes, spécialisée dans la fabrication, la vente de tuyaux et raccords hydrauliques. Effectifs 35 personnes dont 2 dans la région parisienne.
Hervé Coppin est responsable d’une société d’ambulances à Saintes. Effectifs : 45 salariés. Il gère également une société de taxis dans le sud du département
Stéphane Germaine assure la direction administrative et financière dans le groupe Lucien Barrière Hôtels et Casinos. Il siège à la CCI de Saintonge.
Thibault de Feligonde est saint-cyrien. Après une carrière d’officier, il a rejoint le monde de l’entreprise avant de créer sa propre structure qui consiste à apporter une expérience en management aux PME et TPE.
Guy Penot est expert-comptable au cabinet Soregor dont il a dirigé les cabinets à Royan, Rochefort et Saintes.


• Pas d’effondrement général de l’économie ! 

Comme il est coutume de le faire lors de l’audience solennelle de rentrée, le président Tevels présenta le bilan de l’année écoulée avec ce chiffre : « 370 affaires nouvelles en contentieux, soit une augmentation de 14 % ». Le total des immatriculations au registre du commerce et des sociétés est en régression par rapport à 2011 (1 440 contre 1 559). Le total des radiations par contre est inférieur (310 contre 478). Les procédures collectives ont été plus nombreuses en 2012 (282 contre 247 en 2011). « Il n’y a donc pas d’effondrement général de l’économie » souligna Yanick Martin, chargé de détecter les entreprises en difficulté (sur ce chapitre, les procédures de sauvegarde ont permis une avancée importante).

 • La modernisation du tribunal 

Les audiences publiques se tiendront le premier et le troisième jeudis à 9 h 30. La plaidoirie aura lieu le jeudi après-midi du mois suivant. Les assignations en référé seront rendues deux fois par mois. Les deux chambres seront présidées par Roland Tevels et Dominique Amblard. L’information est donnée par Infogreffe. Elle permet d’avoir accès aux rapports et différentes enquêtes. Les dossiers de contentieux général et procédures collectives sont consultables durant les audiences sur les tablettes que le greffe met à disposition. Ont également été ouverts les coffres-forts électroniques qui permettent de déposer de manière sécurisée des informations. Des panneaux d’accueil ont été installés dans la salle des pas perdus (grâce à une initiative de M. Binnié), donnant l’heure et le lieu des audiences.

• Pas de réforme des tribunaux
  de commerce 

Compte tenu de leur mode de fonctionnement, ils sont souvent pointés du doigt. Le garde des sceaux n’envisage aucune réforme les concernant (pour l’instant ?).

 • Une cellule pour prévenir les suicides

Depuis plusieurs années, les juges du tribunal de commerce œuvrent afin que les employeurs en difficulté les avertissent rapidement. Ainsi, par une meilleure approche de leurs difficultés, on peut éviter des situations dramatiques. « Les mécanismes des procédures sont complexes, mais nous nous attachons à les expliquer et à les dédramatiser. Tous, juges consulaires, mandataires, administrateurs judiciaires, sommes à l’écoute » souligna Roland Caillet. « Notre mission n’est pas l’accompagnement psychologique des justiciables. Les juges commissaires ne doivent pas non plus, par des propos mal formulés, aggraver le désespoir et conduire l’individu à l’irrémédiable. C’est pourquoi nous avons constitué un groupe de réflexion avec des spécialistes de la prévention du suicide, Nathalie Delabarrre et Denis Boiteux, entourés par M. Douillard, psychologue clinicien. C’est une action véritablement humaniste que conduit cette juridiction ». 


• Remarque de Gérard Saliba au maire Jean Rouger : « c’est bien d’avoir des musées, mais une ville riche en commerces et entreprises est indispensable au dynamisme de Saintes ».