dimanche 12 février 2012

Unicognac : Une progression
en Chine de 135,97 %


Cette année, les ventes globales de cognac percent les plafonds avec 150 millions de bouteilles vendues dans le monde dégageant un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros. Un record historique ! Le cognac Jules Gautret, produit par l’entreprise jonzacaise Unicognac, poursuit sur sa lancée. Aucun signe de crise en 2011, bien au contraire. Entretien avec le directeur général, Michel Villemin.

L’univers des vins et des spiritueux n’a plus de secret pour Michel Villemin. L’entreprise qu’il dirige, Unicognac, est installée de longue date à Jonzac et l’une de ses marques - Jules Gautret - évoque une famille bien connue. Directeur général depuis sept ans, il observe avec attention les courbes qu’enregistrent les ventes du cognac. Un marché bien souvent en dents de scie ! D’aucuns se souviennent des vagues d’arrachage qui frappèrent la région pour cause de surproduction. Depuis plusieurs années, la situation s’est inversée : les eaux-de-vie, dont les ventes explosent, protègent les deux Charentes de la crise.

En ce début 2012, la traditionnelle question concerne le bilan de l’exercice écoulé. « Nous nous sommes bien comportés à l’exportation, comme l’ensemble de nos confrères » remarque Michel Villemin. Globalement, le marché a progressé de 6,7 %. Le chiffre d’affaires d’Unicognac, quant à lui, a fait un bond de 10 %. Soit 5 millions de bouteilles de cognac, pineaux, vins de pays et produits du négoce.
Pour obtenir ces bons résultats, Michel Villemin et ses collaborateurs ne restent pas « les deux pieds dans le même sabot », pour reprendre une expression patoisante. Lui-même passe quatre mois de l’année à l’étranger à visiter les différents marchés, de l’Asie aux USA.

Unicognac achète la quasi-totalité de sa production à la maison-mère, Charentes Alliance, qui regroupe 350 viticulteurs de Charente et Charente-Maritime. « Actuellement, notre activité est en pleine embellie. Les fournisseurs sont satisfaits des rémunérations, tous frais confondus, que propose Charentes Alliance. Elles sont proches de celles des grandes maisons ». Ces dernières achètent environ 85 % de la production totale. L’une des préoccupations actuelles concerne les stocks « dont le niveau est bas ». Si la demande évolue à ce rythme, ils seront insuffisants.

L'étiquette Napoléon

Une étiquette originale d’Unicognac, quand le premier homme a marché sur la Lune.

La Chine, deuxième pays à l’export


Si le marché français reste stable, il n’en est pas de même (et heureusement) pour l’étranger. « Nos meilleures ventes se trouvent aux USA, suivis de la Chine et de la Communauté européenne ». L’exercice 2010-2011 d’Unicognac fait apparaître une progression de 135,97 % dans l’Empire du Milieu !

Pour développer cette implantation, Michel Villemin a recruté une nouvelle collaboratrice. Jian Yu, qui possède un DESS « cadre des relations européennes », parle couramment le chinois, sa langue maternelle, et l’anglais. De solides atouts pour faire du business ! Elle travaille en étroite relation avec l’importateur d’Unicognac, la société C and D dont le siège social est à Xiamen, ville située au Sud Est de la Chine. Avec un CA de cinq milliards d’euros, c’est la première entreprise de la province de Fujian.

En décembre  2010, les représentants de cette honorable société sont venus à Jonzac où ils ont été reçus par la mairie. « Le groupe C and D International possède une force de vente et un réseau de distribution puissant. Avec plus de 17 millions de bouteilles vendues sur un total d’environ 150 millions, soit près de 11 % du marché mondial, la Chine est devenue le troisième débouché du cognac dans le monde, après les États-Unis et Singapour. La Chine n’importait que 2 millions de bouteilles en 2003. Unicognac s’investit dans cette partie du monde depuis plus de quatre ans. Jian Yu a pour mission de démarcher à plein-temps le marché chinois. Basée à Shanghai, elle appuie les actions de M. Yang. C and D distribue également les produits de la société Castel implantée près de Bordeaux » explique Michel Villemin qui se réjouit de ce partenariat « rentable au bout d’un an et demi ».

Sur cette bouteille de Cognac, une étiquette ancienne réactualisée du château de Jonzac. Cette présentation est destinée au marché anglais.

Sensibles à la qualité et au packaging

Actuellement, la demande de la Chine est forte, mais il faut raison garder. « En effet, en se basant sur les expériences passées, on s’aperçoit que la consommation peut se tourner rapidement vers la vodka ou le whisky ». Trouve-t-on sur le marché chinois des contrefaçons ? « Il existerait des mélanges réalisés à partir de cognac en vrac et de brandy. Toutefois, ces contrefaçons, contre lesquelles il faut lutter, ont un effet positif. Elles ont ouvert de nouveaux débouchés là où il n’y avait rien voilà quatre ou cinq ans ».

Connaisseurs, les Chinois privilégient un cognac élevé dans les règles de l’art (donc vieilli) tandis que les Américains préfèrent le boire jeune ! Sur le marché américain par exemple, des produits type Hypnotic ou Grey Goose ont généré des bénéfices énormes. «  Les marchés sont multiples et varient en fonction des goûts et des populations ciblées. Unicognac s’est fixé sur le cognac, le pineau et les vins de pays Thalassa et Père Fouras. Bien sûr, la Chine nous intéresse, mais nous ne délaissons pas pour autant les autres places asiatiques, Japon, Corée du Sud, Hong Kong, Singapour, le Vietman  ». De nouveaux pays retiennent actuellement l’attention des “commerciaux“ dont le Brésil et l’Inde.

Il y a quelques mois, les représentants de la société C and D ont été reçus à Jonzac. Unicognac (exercice 2010/2011), c’est 1,5 million de bouteilles de cognac, 1,2 million de pineau, 1,5 million de vins de pays.

Unicognac appartient aux entreprises fleurons de la Haute-Saintonge. Nous lui souhaitons une belle année 2012 !

• La crise dans la zone euro pourrait-elle avoir un impact ?

« Oui. Les transactions avec la Chine s’effectuent en euros. Que l’Europe achète moins aura un impact sur la croissance. Pour l’instant, celle des Chinois est de 8 %. D’ailleurs, ils investissent dans les vignobles du Bordelais. Si la situation se dégrade en Europe, le contexte pourrait changer ».
Autre problème, la majoration des taxes sur le cognac est applicable au 1er janvier. Cette disposition, prise par le Gouvernement, devrait faire augmenter la bouteille de cognac d’environ 3 %, le prix de l’hectolitre d’alcool pur passant de 1 471,75 euros à 1 514,47 euros…

• Moins de pineau blanc sur le marché ?

En effet, les viticulteurs préfèrent destiner leur production au cognac, plus rentable. Conséquence, le pineau blanc aurait tendance à se raréfier, contrairement au rouge. De prochaines mesures devraient inciter les producteurs à ne pas délaisser cette production “made in Saintonge“.

• Stockage : les viticulteurs ont des frais

En effet, en raison d’un roulement, les récoltes 2011, par exemple, ne seront payées que 3 ans plus tard, en 2014. Le récoltant doit également faire face à des frais : le stockage dans une distillerie extérieure à l’exploitation et les impôts qui taxent ces alcools immobilisés.

• À chaque pays, son flacon

Les goûts et les couleurs varient ! Pour le marché chinois, Unicognac étudie un nouveau flacon haut de gamme. Cette belle carafe sera fabriquée en Tchèquie. Pour la Corée du Sud, un taureau, qui représente la force, a été choisi. Dans la vitrine de l’entreprise, on aperçoit un flacon Napoléon. « À une certaine époque, il plaisait beaucoup sur le marché asiatique » remarque Michel Villemin. Les collectionneurs pourraient l’ajouter à l’eau de Cologne Napoléon commercialisée par une société de Fouras.
Pour la France, outre la gamme traditionnelle, Michel Villemin propose le coffret de cognac 2011 “quizz“ dont l’originalité est de comporter des questions gravées sur l’étui avec les réponses au dos de la bouteille.

Une histoire de chapelle
entre Jean-Michel Méchain
et la mairie de Saint-Savinien

Alors qu’il a entrepris de construire à ses frais un monument en mémoire de la chapelle d’Agonnay, aujourd’hui disparue, Jean-Michel Méchain se heurte à la mairie de Saint-Savinien qui ne semble pas être aussi sensible que lui à l’histoire et au patrimoine.

C’est une belle aventure que raconte Jean-Michel Méchain, colonel de gendarmerie à la retraite. Après avoir été en poste par monts et par vaux, de la Guyane au Kosovo, il a posé ses valises à Saintes où il a renoué avec le passé. Ses racines familiales se trouvent en Saintonge, près de Saint-Savinien. « Quand j’étais enfant, mon père racontait qu’un souterrain partait du château d‘Agonnay pour rejoindre une mystérieuse chapelle » se souvient-il. De quoi susciter sa curiosité !
Il n’a jamais oublié cette histoire qui aurait pu disparaître dans les méandres du temps. En effet, après avoir fait Saint-Cyr, la vie l’a conduit en d’autres lieux.

En 2008, quand il revient dans la cité santone, il est retraité. Voyons, que disait cette fameuse légende ? Il se met en quête du côté d’Agonnay, commune où plusieurs parcelles portent le nom de “chapelle“. Pas de doute, elle a existé, mais il n’en reste rien. Au XIXe siècle, elle était en ruine. Où était-elle ? Il a bien une petite idée. Un jour de novembre, alors qu’il arpente un champ, une heureuse fortune le place face à un élément (une monnaie) qui l’intrigue. « Par la suite, j’y ai collecté des tessons de poterie blanche que j’ai montrés à Éric Normand de la Drac. Il a fait une déclaration de découverte de site. La grande chapelle se trouvait là, sur un emplacement signalé par une sorte de tertre ».
Jean-Michel Méchain en est tout ému. Évidemment, il ne découvre aucun souterrain (le château d’Agonnay est trop éloigné !), mais cet édifice dont lui parlait son aïeul est enfin localisé.

Jean-Michel Méchain est un ancien colonel de gendarmerie passionné d’histoire et de patrimoine. Il a publié un ouvrage très documenté sur « le serment d’Agonnay et la chapelle de Pied Gautru ».

Le vœu de Benoît d’Agonnay

Jean-Michel Méchain se met alors en quête : Qui a fait construire ce monument ? « Je gratte » dit-il. Aux Archives, il trouve des documents fort intéressants. Il en arrive à la conclusion que Benoît d’Agonnay, envoyé par son suzerain Geoffroy de Rancon, seigneur de Taillebourg à la septième croisade, en est le père fondateur. Fait prisonnier, il a fait un vœu à Marie : « S’il survit et revoit sa terre natale, il fera construire une chapelle dans le secteur dit du Puy Gauthrel ». Édifiée vers 1255, elle est confiée aux moines du prieuré de Saint-Savin de Taillebourg, lequel dépend de l’Abbaye de Saint-Savin de Gartempe, près de Poitiers. Par la suite, le domaine, d’environ 85 ha, est ravagé par les guerres de religion et finit ruiné. La mémoire s’estompe peu à peu.

C’est précisément parce qu’il est un ardent défenseur du patrimoine que Jean-Michel Méchain veut sortir de l’ombre cette grande chapelle qui a connu ses heures de gloire.
À sa façon, il a engagé une “croisade“ en réhabilitant le souvenir de cet édifice qui appartient à une autre époque. En l’attente de fouilles sur la parcelle même de l’église (qu’exploite actuellement un agriculteur), il souhaite concrétiser un projet. Pour y parvenir, il a acquis un bois situé non loin. « Je l’ai nettoyé et mon souhait est d ‘y ériger, à mes frais, une petite structure en souvenir de ce lieu de culte ».
Seul hic, c’est que le terrain n’est pas constructible et qu’une révision du Plu est nécessaire. Par ailleurs, le maire de Saint-Savinien, Jean-Claude Godineau et l’un de ses adjoints, M.  Prouteau, ne semblent pas sur la même longueur d’ondes que lui. Là où Jean-Michel Méchain voit une évocation du passé et un geste en faveur du patrimoine, la mairie jette un regard sceptique. Conséquence, contrairement à l’ancien Préfet Henri Masse et au sous-préfet de Saint-Jean d’Angély Frédéric Brassac qui, tous deux, soutenaient l’action de Jean-Michel Méchain, la municipalité de Saint-Savinien ne l’encourage guère et son initiative est au point mort (la préparation du dossier de révision simplifiée vient d'être bloquée. Nous irions vers une révision générale, pas avant 2015, au motif que le projet ne serait pas d'intérêt général).


Dans son bois, Jean-Michel Méchain souhaite ériger un monument, symbole de la chapelle de Pied Gautru. Les travaux ont été arrêtés par la mairie de Saint-Savinien car le PLU doit être révisé. Cette affaire n’est pas sans rappeler les malheureux démêlés qu’ont eus Daniel Moulinet (bâtisseur de la chapelle de Font Loraud à Colombiers, près de Pons) et le maire de Colombiers quand il a voulu édifier un petit dolmen sur son champ. Évidemment, la démarche peut surprendre ! La mairie s’y opposa et déposa un dossier devant le Tribunal administratif de Poitiers. Au final, la justice a donné raison à Daniel Moulinet.

Garder espoir

« Je ne comprends pas où le bât blesse. Mon bois est en face du dépôt municipal de matériaux qui forme une friche. La structure que j’envisage sera de taille très limitée. Elle ne pourra guère entraîner de pollution ou de nuisances, sa fréquentation étant celle des promeneurs et des randonneurs. Ce projet respecte dans sa réalisation les principes qui fondent la législation et la réglementation subséquente à l’environnement en vigueur en matière de protection de l’environnement ».

Jean-Michel Méchain aimerait bien que 2012 puisse correspondre au renouveau de la chapelle ou, tout au moins, à la structure qui la symbolisera. La chapelle d’Agonnay « du Pied Gautru » nous replonge dans le XIIIe  siècle. Elle est le fruit d’un vœu, c’est pourquoi lui rendre une place dans l’histoire locale serait une action juste et pertinente pour les nouvelles générations.

Café sciences à Jonzac


Jeudi 16 février au casino, un café “sciences“ est organisé par le lycée de Jonzac

Rappelez-vous, l'an dernier, un café philo était organisé au casino dans le cadre des “Feuillets d'automne“. La formule est maintenant rôdée. En présence d’un professeur de philo et d’élèves - des terminales ES en 2011 - les participants sont invités à débattre sur un thème choisi. Cette année, ils ont planché sur le travail et la liberté, un vaste sujet !

Lors de sa visite au lycée Jean Hyppolite, Martine Daoust, recteur de l’Académie de Poitiers, a été sensible à cette manifestation originale. S’adressant au proviseur, elle lui suggéra d’organiser une nouvelle rencontre, scientifique cette fois-ci. “J’y viendrai“ ajouta-t-elle.

Bernard Gorrin, proviseur, Lila Echard et Agnès Carbonel

Bernard Gorrin a relevé le défi en proposant un premier café scientifique jeudi 16 février de 14 h à 16 h 30 au casino de Jonzac. Le sujet retenu gravitera autour de questions d’actualité telles que les cellules souches, les embryons, la génétique, les biotechnologies. La législation de ce domaine qui touche chacun d’entre nous évoluera forcément. Nous ne doutons pas que ces sujets intéresseront le recteur. Agrégée de pharmacie en sciences du médicament, elle a exercé plusieurs activités pédagogiques et de recherche au sein de l’université.

Autour de Bernard Gorrin, plusieurs professeurs travaillent à la bonne organisation de ce rendez-vous, dont Lila Echard, professeur de philosophie, en poste à Jonzac depuis la rentrée dernière, Agnès Carbonnel et Isabelle Desormes, professeurs de SVT. Deux classes de Terminale S seront présentes aux côtés du sénateur-maire de Jonzac, Claude Belot, de son épouse, des chefs d’établissements de la région, des maires des 57 communes dont les enfants fréquentent le lycée de Jonzac, sans oublier le dr Vilain et d’autres praticiens s’ils le souhaitent. L’entrée est libre.

Toutes les personnes intéressées sont cordialement invitées à ce café scientifique qui se promet riche en échanges.

L'info en plus

• Bonne retraite : Nous profitons de cet article pour souhaiter une bonne retraite (qu’il prendra prochainement) à Paul Fouquet, professeur de SVT qui a su communiquer à ses élèves sa passion pour les sciences de la Terre. M. Desmercières lui succédera.

• En raison des difficultés de déplacement, plus de 800 élèves étaient absents du lycée en début de semaine. Une cinquantaine avaient répondu présent.

Jonzac : La Poste
entièrement détruite par le feu


Dans la nuit de mercredi à jeudi, un incendie d’une rare violence s’est déclaré dans les locaux de la poste de Jonzac, située près de la place du champ de foire.



Vers 4 h 45, la société qui en assure la surveillance a été alertée. Une alarme venait de se déclencher. Au téléphone, il y avait beaucoup de bruit et ce que l’interlocuteur a pris pour une intrusion était en fait des crépitements. La gendarmerie a aussitôt été prévenue, bientôt suivie par les sapeurs-pompiers. À leur arrivée, ils ont constaté l’ampleur du sinistre et ont alors prévenu les habitants du quartier par sirène et haut-parleur. Comme vous vous en doutez, l’émoi était grand dans le quartier. Le sinistre a détruit l’ensemble des bâtiments qui, ironie du sort, venaient de faire l’objet d’une rénovation, l’accueil en particulier.

Outre les sapeurs-pompiers de Jonzac, des renforts sont venus de Montendre, Archiac, Mirambeau, Royan, Saint-Genis, Matha. Un poste de commandement a été installé sur place du Champ de foire et l’ensemble des moyens a été coordonné par le commandant Verfailli, responsable du Groupement Sud du Service Départemental d’Incendie et Secours.


Afin de pouvoir disposer d’une quantité d’eau suffisante, une moto-pompe a été placée à proximité de l’ancien centre de loisirs, en bordure de Seugne. Pendant des heures, les soldats du feu ont lutté et ce n’est qu’au matin que l’incendie a été maîtrisé.

Les véhicules, stationnés derrière les locaux, n'ont pas été épargnés

Une catastrophe


Le lieutenant colonel Guittard et le commandant Verfaillli, responsable du Groupement sud du service départemental d'incendie et de secours.

Pour Richard Grasa, directeur territorial de la Poste, cet incendie est « une catastrophe ». Le bureau de Jonzac avait été inauguré le 18 novembre dernier après cinq semaines de travaux. Aujourd’hui, il est réduit en cendres. Quatre véhicules ont été endommagés et ceux qui ont échappé au pire ont perdu leurs clés, celles-ci se trouvant à l’intérieur des locaux. Un garagiste fait le nécessaire afin de pallier cette délicate situation. Des lettres ont été détruites ainsi que des paquets, documents à livrer, etc.

Tri dans la salle municipale



Afin de maintenir le service, plusieurs dispositions ont été prises immédiatement. Le tri du courrier a été effectué jeudi matin dans la salle municipale de Jonzac. Il se fera peut-être ultérieurement dans un ancien commerce de la rue Faidherbe. Au niveau des guichets complètement anéantis, l’utilisation de l’ancienne perception, située près de la Médiathèque, est effective. Les usagers peuvent y déposer leur courrier jusqu’à 14 h 45.

Dominique Busserau, président du Conseil général, Claude Belot, sénateur-maire, Philippe Brugnot, sous-préfet, Jean-Claude Beaulieu, conseiller général, Christophe Cabri, premier adjoint ont rencontré les responsables de la Poste afin de mettre en action les moyens nécessaires au maintien de ce service indispensable à la vie du territoire de la Haute-Saintonge. Ces moyens seront communiqués dans les meilleurs délais.

Dominique Bussereau sur les lieux

En attendant, la vie continue malgré cette terrible épreuve pour l’équipe. Jeudi matin, deux salariés n’ont pas hésité à prendre leurs voitures personnelles pour récupérer, à Mirambeau, le courrier à distribuer.

Quant à l’origine du sinistre, on s’interroge bien sûr. Ce n’est pas un acte de vandalisme. Y a-t-il eu un court-circuit ? Le chauffage central, auquel s’ajoutaient des climatisations réversibles, peut-il avoir eu un problème ? Un appareil électrique d'appoint était-il resté allumé ? Autant de questions sur lesquelles plancheront les experts. Pour l’instant, le préjudice n‘est pas chiffré, mais il est très important. D'ailleurs, si l'on en croit les bruits qui circulent actuellement, il n'est pas sûr que la Poste soit reconstruite au même endroit...



Les boites postales, anéanties...

Photos Nicole Bertin

dimanche 5 février 2012

Pessines :
Un chêne vieux de 2000 ans…


Comment ne pas être intimidé quand on a rendez-vous avec un témoin si âgé qu’il est en lui-même un livre d’histoire ? À Pessines, près de Saintes, le fameux chêne de Montravail est un "patriarche" qui inspire le respect et retient l’attention des spécialistes.


Auprès de sa mare où s’ébattent des canards, il vit peinard, étend ses branches qui portent des bourgeons, signe évident du réchauffement climatique. Il trône comme un vieux monarque dont la mémoire est si grande qu’il a promis d’en préserver les secrets. Déjà gardien en son lopin quand le logis a été construit, il traverse le temps avec une détermination propre à cette variété d’arbres, connus pour symboliser la virilité, la force et l’endurance.

Rescapé des aléas, il a souffert et sa circonférence a perdu en importance. Les tempêtes, en particulier, l’ont bouleversé. Son tronc laisse apparaître des creux et des blessures semblables à celles d’un soldat valeureux qui aurait combattu au champ d’honneur.
Il n’en reste pas moins fidèle à sa mission. Aux beaux jours, ses feuilles se parent d’un vert tendre, aussi douces que la mousse qui entoure ses flancs. À l’automne, il offre ses fruits. Ses glands sont autant de petites graines qu’il donne à la postérité.


Par sa forme et son allure, on le croirait sorti d’une estampe japonaise ! Estropié d’un côté, ses membres desséchés témoignent d’une époque révolue. Il est moins spectaculaire que sur les cartes postales du XIXe  siècle, quand son corps abritait, dit-on, plus de dix personnes.
Ses propriétaires actuels, M. et Mme  Loiseau, en prennent soin : « nous éprouvons de l’admiration pour lui ».

Un arbre d’un tel âge est un ancêtre, c’est pourquoi il ne correspond pas forcément aux canons de la beauté qu’imaginent certains visiteurs. Ils pénètrent dans la propriété (privée), pensant y trouver un phénomène ou pourquoi pas le colosse de Rhodes ! Certes, le chêne est imposant, mais c’est en le regardant de près qu’on partage son histoire. Émouvante est le mot juste. Il faut prendre le temps de l’écouter. Pour les uns, il serait contemporain de l’empereur romain Antonin. Il aurait été un jeunot à l’époque de Medialanum Santonum  ! Pour les autres, il n’aurait que 1 000 ans, période où fleurirent les premières églises romanes. Qui sait s’il n’a pas accueilli, en ses ramées, un druide à la serpe d‘or ?
Qu’importe les rides, il conserve une sorte de majesté qui le transforme en compagnon d’éternité.

14 mètres de circonférence

Le 25  juillet 1883, Hippolyte de Tilly, maire de Pessines, membre de la Société des Archives Historiques de l’Aunis et de la Saintonge (aujourd’hui présidée par le jonzacais Marc Seguin) publie un long article sur le chêne de Montravail. Cette description est fort intéressante car elle réunit moult informations.

Il avait été question d’abattre l’arbre : « On avait répandu le bruit que cet arbre, aux proportions phénoménales, allait tomber sous le tranchant de la cognée, pour être débité en bois de feu. Nous sommes heureux maintenant de démentir cette nouvelle. Le propriétaire de ce vénérable doyen de nos forêts paraît décidé à respecter son âge qui se compte par près de vingt siècles ».
On y apprend que « la partie intérieure du tronc, creuse, a été transformée en salle circulaire de deux mètres de diamètre. Une banquette en pierre établie à l’entour permet à 12 personnes de s’y asseoir commodément. Une ouverture carrée pratiquée dans l’écorce sert de porte à ce cabinet d’un nouveau genre ». Le chêne de Montravail mesure 14,10 mètres de circonférence à ras de terre et 10,85 mètres à un mètre au-dessus du sol.

« Dans l’intérieur, on peut remarquer un fragment du tronc de 20 centimètres d’épaisseur, sur lequel il serait facile, à l’aide d’une loupe, de distinguer les couches concentriques que chaque année de croissance a formées et de les compter exactement, après avoir poli la tranche de ce morceau de bois. En établissant une proportion entre l’épaisseur de ce fragment et le rayon de la circonférence de l’arbre, on déterminerait approximativement le nombre de couches concentriques qu’il contient. Ce serait le moyen de connaître à peu près son âge et de contrôler l’exactitude des calculs de M. d’Orbigny qui lui assigne, peut-être avec raison, 2 000 ans d’existence »
souligne l’auteur.

Effectivement, ce chêne fait impression !

Et de conclure : « Cet arbre est certainement l’un des plus vieux et des plus remarquables qu’il y ait en France. Il n’a guère de rivaux que le chêne d’Allouville en Seine-Inférieure et celui de La Grange, commune de Villedieu dans le Maine-et-Loire, dont le tronc est tellement gros qu’on a pu établir dans sa cavité une chapelle connue sous le nom de sanctuaire de Saint-Joseph-du-Chêne ».

En ce début 2012, que souhaiter à notre chêne ? Qu’il vive encore longtemps en fredonnant cette belle chanson de Brassens : Au pied de mon arbre, je vivais heureux…


• L'info en plus

Une porte vitrée…


Les excès de zèle des anciens propriétaires ont sans aucun doute détérioré le chêne : « On a creusé dans le bois mort de l’intérieur du tronc, un salon de trois à quatre mètres de diamètre, sur trois mètres de hauteur, et on y a aménagé un banc circulaire taillé en plein bois. On place au besoin une table ronde au milieu et douze convives peuvent facilement s’asseoir autour ; enfin une fenêtre et une porte vitrée donnent du jour à cette salle à manger d’un nouveau genre ». Le chêne a longtemps été la propriété de la famille Pitard, dont certains étaient échevins à Saintes, puis des Fonteneau.

• Plusieurs légendes gravitent autour du chêne qui aurait été le lieu de rendez-vous des chats. Les nuits de sabbat, les matous tenaient audience à son pied et faisaient ripaille. Ils allaient jusqu’à se faire les griffes sur son tronc.


• Les noces de chêne se célèbrent après 80 ans de mariage. Les mariés du domaine de Montravail entraient en son tronc creux pour y échanger leurs serments.


Le chêne a été très endommagé lors de la tempête de décembre 99, où il a perdu une partie de son tronc. Dans les années 2000, la mairie a planté l’un de ses “enfants“ devant l’église. À Pessines, tous les habitants sont solides comme des chênes, à commencer par le maire Jean-Paul Boucard !



• Point de vue avec Jean-Luc Thébault, technicien à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer

Jean-Luc Thébault, quelles sont les espèces d’arbres qui sont connues, en Charente-Maritime, pour avoir la plus grande longévité ?

Les chênes, ifs, châtaigniers et tilleuls.

• Quels facteurs favorisent cette longévité ?

Elle réside très certainement dans leurs gênes. D’autres facteurs favorisent cette longévité. Il faut que l’arbre soit dans de bonnes conditions de sol et de climat, qu’il ne subisse pas trop de grands aléas climatiques (tempêtes, sécheresse), ni d’attaques diverses, insectes, maladie et agressions humaines.

Comment dater exactement l’âge des arbres ? En ce qui concerne le chêne de Pessines, on dit qu’il pourrait avoir 2 000 ans. D’autres avancent le chiffre déjà honorable de 1 000 ans. Où est la vérité ?

La taille et la grosseur peuvent être des indicateurs de l’âge d’un arbre. Toutefois, il faut savoir qu’entre un arbre qui va pousser tout seul au milieu d’un champ et un autre au milieu de la forêt, à âge égal, celui qui aura poussé dans le champ sans concurrence de ses congénères sera plus gros en tronc et son houppier sera plus développé. Et pourtant, ils auront le même âge !
Un moyen de connaître l’âge d’un arbre est d’avoir une coupe transversale du tronc où l’on voit apparaître alternativement un cerne de couleur clair et foncé. Le cerne de couleur clair correspond à la pousse de printemps et le foncé à la pousse d’été. On compte donc les cernes foncés et le nombre obtenu donne l’âge de l’arbre. Seul inconvénient de cette méthode, l’arbre doit être abattu. Il existe une tarière spéciale qui permet de prélever une carotte (sans dommage pour l’arbre) et de compter les cernes avant de la replacer dans le tronc.

Comment préserver un arbre “ancien“ quand on a la chance d’en avoir un dans son environnement ?

En évitant de changer son environnement. Un vieil arbre est habitué à prospecter son eau et sa nourriture dans un certain volume. Si ce volume est modifié par des travaux de proximité, l’arbre aura beaucoup de mal à réagir et à s’adapter aux nouvelles conditions.
Les blessures (branches cassées, pollution, écorces arrachées), volontaires ou non, sont des portes ouvertes aux parasites et maladies qui affaiblissent l’arbre. Il faut éviter de colmater ces blessures avec du ciment, des tôles ou autres produits sous prétexte d’empêcher l’eau de pénétrer dans la blessure. Bien souvent, ces colmatages favorisent des pourritures internes. L’arbre possède ses propres moyens de défense contre les attaques extérieures qu’il est préférable de laisser se développer.
Mais il ne faut pas oublier que l’arbre est un être vivant et que malheureusement, il est mortel…

Personnellement, quel est le plus bel arbre que vous ayez rencontré sur votre chemin ?

Les arbres les plus imposants que j’ai rencontrés sont certainement des chênes, mais j’ai le souvenir d’avoir croisé une ou deux thalles de châtaigniers remarquables autant par leur taille que leur aspect, et aussi de magnifiques Douglas dans le Limousin.

Propos recueillis par Nicole Bertin