Sandrine Hernandez : « Que chaque territoire puisse disposer d’un centre bourg vivant, fonctionnel et attractif »
Mardi dernier, Sandrine Hernandez, conseillère régionale en charge de la revitalisation des centres-bourgs, du foncier et de l’urbanisme, aux côtés de ses collaborateurs et de sa collègue Joëlle Marie-Reine Sciard, était en visite à Jonzac où elle a rencontré Christophe Cabri, maire, et Delphine Mattéï-Péteau, première adjointe. Jonzac fait partie des 36 communes lauréates de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Revitalisation des centres-bourgs et des centres-villes ». A une époque où les habitudes commerciales changent au profit des achats en ligne et des grandes surfaces, comment les petites villes peuvent-elles retrouver de la vitalité et attirer de nouveaux magasins ? Voilà bien la question sur laquelle planchent la Région et les élus.
Mardi matin à la mairie. La revitalisation est au centre de la rencontre avec la Région Nouvelle-Aquitaine. Comme dans de nombreuses cités, le cœur de ce bourg médiéval ne bat plus au même rythme. Le constat est visible dans la rue piétonne : l'artère est amputée de plusieurs commerces. Les vitrines vides sont temporairement occupées par un plan de la ville, des informations ou des tableaux. Fini l'époque où Jonzac était grouillante d'animation. La boutique de prêt-à-porter Chantal et ses arcades sont en vente depuis des années, le salon de beauté Frimousse s'est envolé avec les effluves de ses parfums, l'immeuble de Marina cherche un acquéreur, les locaux de la bijouterie accueille des activités éphémères et la boutique Smart'in s'est retirée après des années de bons et loyaux services.
| La rue de Verdun, piétonne à certaines occasions |
La nouvelle municipalité est confrontée à une situation devenue classique : comment insuffler une dynamique qui soit profitable à tous ? Chargée de ce dossier à la Région, Sandrine Hernandez annonce la couleur : « elle vient voir ce qui a été fait et profite à la ville ». En effet, dans le cadre d'une convention, la Région a financé 213.000 euros depuis 2021. Elle a notamment soutenu la réalisation d’un plan guide (23000 euros), une étude mobilité (7780 euros), une autre sur la végétalisation (34000 euros), le financement d’un poste de chef de projet revitalisation (89000 euros) ainsi que la modernisation du camping municipal (28000 euros).
Christophe Cabri énumère les actions concrétisées. Un chargé de mission PVD, un manager de commerce Valérie Nebout et une chargée de communication (venant de Lille) ont été recrutés. Le stationnement réglementé est opérationnel ainsi que l'étude de végétalisation. En cours, la rénovation des façades (OPAH), la révision du PLU, le développement de l'offre vélo, l'harmonisation de la signalétique, la charte graphique, le droit de préemption commerciale, la protection du linéaire commercial, les études d'attractivité du centre ville, de la place du marché et le dispositif d'aides à l'installation commerciale. Les travaux au centre culturel des Carmes sont achevés (à l'exception du jardin) ainsi que la mise en scène du château avec sa herse et son pont-levis. Le jardin public (square Leclerc) rue Denfert Rochereau, où se trouve le monument en hommage aux deux résistants de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Ruibet et Claude Gatineau, sera l'objet d'un nouvel aménagement avec un miroir d'eau. C'est un bel endroit où les habitants se retrouveront à l'heure du paseo (vu les chaleurs actuelles, le climat des Charentes ne devrait pas tarder à ressembler à celui de l'Espagne !).
Le quartier des halles est l'objet de toutes les attentions. La municipalité souhaite en faire une place agréable. Un rendez-vous supplémentaire sera organisé le samedi matin au marché (stands marchands et artisanaux) en juillet et août. Le plan de circulation pourrait être revu et une partie piétonne instaurée. Sandrine Hernandez préconise de se rendre à Marennes ou Coutras où les édiles ont fait preuve d'ingéniosité. Renforcer l'offre est bien sûr l'objectif recherché. Certaines villes investissent directement dans des locaux professionnels pour les louer ensuite. Une piste à étudier.
Développer la découverte historique et touristique : Près du marché, l'ancienne épicerie Robin est en cours de réfection (tout au moins une partie). Certaines maisons possèdent plusieurs niveaux de sous-sol qui témoignent de l'agencement de la ville au cours des siècles. Parmi les "curiosités", un abri préhistorique, la présence d'archères et des départs de souterrains. N'oublions pas que les environs de l'église était une vaste nécropole ! Pour preuve, les tombes mérovingiennes et du bas Moyen-Age fouillées en 2009 par l'archéologue Léopold Maurel et son équipe.
Ce secteur de Jonzac (appelé Mont Guimard) mériterait d'être étudié et mis en valeur historiquement. Il est riche en carrières et s'y trouvait la fuie (pigeonnier) de la Comtesse de Jonzac, Isabeau de Sainte-Maure. Si les publications sur le château de Jonzac (érigé sur le mont Baladier) sont nombreuses, il existe peu de documentation sur le périmètre des halles et de l'église, sinon les résultats des fouilles de 2009 et les écrits argumentés de l'historien Marc Seguin. L'immense front de taille, situé derrière une maison de la rue d'Alvy, est étonnant. Très peu de personnes le connaissent et pourtant, il est proche de l'édifice religieux...| Non loin de l'église, rue d'Alvy, cette immense carrière (©N. Bertin) |
• Autres sujets de réflexion : la requalification de la place Fillaudeau (où se tient un marché le dimanche matin), l'étude de faisabilité de la coopérative Ocealia (distillerie), l'avenir de l'ancienne maison de retraite, rue Saint-Gervais, propriété de l'hôpital, mise en vente au prix de 800.000 euros et un projet de tribunes couvertes.
« Les centres-villes et les centres-bourgs sont la porte d’entrée vers les services essentiels de la santé, de l’éducation, de l’accès au numérique ou de la culture, mais aussi les lieux du commerce de proximité et de la vie citoyenne. Devant la vulnérabilité de certains d'entre eux, il convient d’accompagner les territoires à la définition de projets globaux qui couvrent les enjeux de l’habitat, du commerce et de l’artisanat, des services essentiels, du tourisme ou de la mobilité » a rappelé Sandrine Hernandez.
| Sandrine Hernandez présente le sac "Jonzac" (en vente à l'office de tourisme) |
La réunion de travail s'est poursuivie par une visite des points stratégiques de la ville. Laquelle s'est parée d'immenses fleurs décoratives pour le plus grand plaisir des passants.
| Sandrine Hernandez, Delphine Matteï Péteau et Joëlle Marie-Reine Sciard devant le châtelet |
| Etape au village des artisans |
• Grande réunion sur la revitalisation des centres-bourgs en novembre prochain à Barbezieux.
• Après sept années de mise en œuvre de l'AMI, 36 territoires ont été accompagnés avec 91 études et plans guides réalisés, 15 chefs de projets financés et déjà 10 communes passées à l’opérationnel à travers le financement de 15 îlots dégradés.
• Lors de la séance plénière de la Région du 2 avril dernier, les élus ont validé la prolongation de ce dispositif jusqu’en 2028 afin de consolider l’accompagnement des communes n’ayant pas encore franchi l’opérationnel et garantir que chaque territoire puisse disposer d’un centre bourg vivant, fonctionnel et attractif.
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