mercredi 6 juin 2018

Didier Rossard : de Montendre à Haïti !

Natif de Montendre où sa famille habite et où son père était assureur, Didier Rossard a fait toute sa carrière en Haïti où il est négociant en spiritueux. Un parcours original qui sort des sentiers battus. De passage à Montendre, il répond à nos questions

L'entreprise de Didier Rossard à Haïti compte une douzaine de salariés


• Didier Rossard, depuis quand êtes-vous installé en Haïti ?

J’ai fait mon service militaire à Point-à-Pitre en Guadeloupe et quand j’ai été démobilisé en 1973, je suis allé à Saint-Martin et à Haïti à partir de mai 1974. J’ai tout de suite aimé ce pays, j’y suis donc resté. Dans un premier temps, j’ai travaillé dans une agence de publicité. Ensuite, j'ai créé ma propre affaire de sérigraphie, textile, tee-shirts et vêtements en coton.
Comme j’étais Français, la clientèle de Saint-Domingue me demandait de lui fournir du Napoléon. J’ai alors développé une branche brandy qui a progressé rapidement. Ce sont les tout débuts ! Par la suite, j’ai élargi l’éventail des spiritueux proposés et je me rends régulièrement sur les différents salons de l’hexagone.

• Où est située votre entreprise  ?

Elle est située à Petion-Ville, à 12 km de Port-au-Prince. Cette ville porte le nom d’un héros de l’indépendance d’Haïti. Elle compte 12 employés. Actuellement, je travaille surtout avec Haïti car les taxes ont beaucoup augmenté avec la République Dominicaine. Sont recherchés les alcools forts à 40 degrés, comme le brandy ou le cognac. Je commercialise du cognac Hennessy, Rémi Martin et du Champagne, Moët et Chandon et la Veuve Clicquot. Chaque année, je traite une vingtaine de conteneurs, soit 30.000 caisses.

L'immeuble où est située l'entreprise de Didier Rossard
• La situation en Haïti est-elle stable ?

L’île a subi de nombreux traumatismes et une partie de la population rencontre des difficultés, d’où certaines manifestations. Par ailleurs, les organisations qui se trouvaient sur place depuis le tremblement de terre sont parties. De ce fait, l’île est un peu isolée. Toutefois, certaines entreprises marchent bien et les deux millions d’Haïtiens qui vivent à l’étranger et envoient de l’argent à leurs familles permettent à l’économie d’avancer. A l’étranger, on dit beaucoup de choses sur Haïti. On peut s’y rendre sans danger, mais en prenant des précautions, c’est-à-dire en faisant attention à certains endroits.

• Venez-vous régulièrement en France ?

En France, je rencontre mes fournisseurs à Epernay, Cognac et Paris. J’en profite pour rendre visite à ma famille qui habite Montendre, ma mère et les familles de mes deux sœurs. Je suis parti de Montendre depuis si longtemps que je suis toujours un peu surpris quand j’y reviens. J’ai le souvenir d’une petite ville animée et je retrouve des rues vides qui tranchent d’avec celles d’Haïti où il y a toujours du monde, marchands de légumes, de fruits, de vêtements, etc. Il y a du mouvement ! Avant de repartir, je vais essayer de me rendre au parc des labyrinthes qui vient d’ouvrir au Lac !

• Si c’était à refaire, vous choisiriez Haïti… ou ailleurs ? 


Je ne regrette pas Haïti où l’entreprise que j’ai créée offre des résultats positifs. Par contre, je n’ai pas de successeur et cela peut poser un problème à l’avenir. Il faut que j‘y pense sérieusement !

Didier Rossard avec son ami Philippe Michel (natif de Jonzac et demeurant à Esnandes) 
qui s'est longtemps occupé d'un orphelinat à Haïti

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