samedi 14 février 2009

Jean-Claude Blanchon : « les machines à vapeur symbolisent la révolution industrielle » !


Le charentais Jean-Claude Blanchon a une passion :
il construit des machines à vapeur,
en modèles réduits, qui suscitent l’admiration par leur précision et leur finesse d’exécution. Désormais, il présente sa collection dans une salle aménagée de sa maison de Saint Brice, qu’il ouvre au public pour les journées du patrimoine. Sa dernière création est une machine à vapeur de James Watt dotée d’une structure en bois.


Ami de Jean-Paul Pinaud, qui organisait un rassemblement de machines agricoles à Saint Fort sur le Né, Jean-Claude Blanchon est un amoureux du passé.
Il se sent proche des pionniers, des inventeurs qui firent avancer le progrès en imaginant de nouveaux mécanismes. La machine à vapeur, qui révolutionna l’ère industrielle au XIXe siècle, est l’objet de toutes ses attentions. Son plaisir est de redonner vie à ces matériels en construisant des modèles réduits qui marchent, s’il vous plait ! C’est là que résident la subtilité et l’originalité de sa démarche dont l’aspect pédagogique est indéniable. En effet, rares ont les lieux où l’on peut voir réunis le Fardier de Cugnot, première voiture automobile à vapeur, et la première chaudière tubulaire de Marc Seguin.
Ces “reproductions” requièrent deux qualités :
« Il est préférable d’être précis et minutieux » souligne Jean-Claude Blanchon qui sait de quoi il parle. Depuis qu’il est retraité, cet ancien marchand de bois reconverti dans la mécanique, puis dans l’électronique - il a travaillé pour l’Aérospatiale - a cessé de courir plusieurs lièvres à la fois. Il s’adonne à sa passion et les journées ne sont pas assez longues.
Peu à peu, ses “créations” ont envahi les tables de sa maison de Saint Brice, près de Cognac, de la cuisine en passant par la salle à manger, sans oublier un local plus vaste, à l’extérieur. Conscient qu’il devait les présenter en un même lieu, il a aménagé une pièce d’exposition.


Pourquoi cette attirance ?

L’intéressé estime que c’est une vieille “histoire”. Il parle de son enfance et de sa rencontre avec une locomobile qui servait à actionner une batteuse agricole. Par ailleurs, la scierie de ses parents était située près de la voie ferrée Saintes Angoulême : « Je regardais passer les locomotives, je n’en manquais pas une ! ». Ses oncles, mécaniciens, entretenaient eux-mêmes le matériel : « Dans les années cinquante, réparer était possible à condition d’avoir un peu d’expérience. Nous ne baignions pas encore dans la société de consommation et les machines étaient conçues pour durer longtemps ! ».
Le jeune Jean-Claude est fasciné par cet environnement. Esprit vif et observateur, il apprend les gestes de ses aînés et approfondit ses connaissances en lisant des livres spécialisés, des “bibles” comme la “mécanique générale”, où sont données les “clés” indispensables.
Il réalise sa première machine à vapeur vers l’âge de 15 ans : « Il s’agissait d’une réplique de moteur de la Société française de Vierzon ».


Malheureusement, il ne peut guère continuer pour une raison simple : il faut bien gagner sa vie et sa famille a besoin de lui. Le temps passe...
C’est en 1983 qu’il reprend cette activité qui devient pour lui un véritable loisir. « J’avais enfin la liberté de faire ce qui me plaisait. Je suis revenu aux machines à vapeur qui ont disparu les unes après les autres. D’une certaine manière, j’avais envie de les faire revivre et de les mettre en valeur. Hormis certains modèles présentés dans les musées, celui des Arts et Métiers en particulier, elles appartiennent au domaine virtuel. Il est intéressant que le public puisse les découvrir »...

Vive les inventeurs de Denis Papin à James Watt !

Depuis qu’il est maître de son temps, Jean-Claude Blanchon s’isole dans son “jardin secret”. Son atelier est rangé impeccablement : « L’ordre est indispensable pour s’y retrouver » dit-il. En général, il travaille à partir de plans achetés en Angleterre. Il existe aussi des kits dont les pièces peuvent être assemblées. Toutefois, il n’apprécie guère cette “facilité”. Perfectionniste, il fabrique lui-même ses éléments, de la plus grosse pièce au plus petit boulon : « Chaque étape rapproche de l’inventeur. On pense comme lui en partageant son objectif. C’est un moment exaltant ».
Il a une affection réelle pour Marc Seguin. Le neveu de J. de Montgolfier, qui dota les locomotives de chaudières tubulaires, est à l’origine des ponts suspendus à câbles comme celui du Martrou, à Rochefort. A cette époque, les ingénieurs n’avaient qu’une motivation en tête : inventer des systèmes qui faciliteraient le développement et l’essor du monde économique.
« Certains ont commis des erreurs de conception et il est facile de comprendre pourquoi leurs machines n’ont pas donné grande satisfaction ! Dans notre jargon, nous disons que ce sont des délires d’ingénieurs ».


Comment Jean-Claude Blan-chon est-il parvenu à ces conclusions ? Tout simplement parce que chacun de ses modèles réduits est en état de fonctionnement, des essais étant obligatoires avant de passer aux finitions.
« Si le mécanisme présente un défaut, je suis dans l’obligation d’apporter des corrections. Quand je ne dispose pas de plan pour me guider, j’établis les proportions à partir d’une photographie ou d’un croquis. Je fais mes calculs et si j’ai un doute, je me déplace. Je suis allé par exemple à Paris, au musée des Arts et Métiers, pour observer de plus près le fameux Fardier de Cugnot ».
À ses côtés, Jean-Paul Pinaud, l’un des anciens responsables de l’association « machinisme et tradition en Grande Champagne», ne se lasse pas de regarder ces “miniatures” semblables à des jouets, mais qui n’en sont pas ! « La machine à vapeur symbolise la révolution industrielle. Elle est, en tout cas, le prélude à une révolution énergétique d’une immense ampleur car, pour la première fois, l’homme a produit de l’énergie motrice indépendamment des éléments naturels, moulin à eau, à vent ou à marée » souligne-t-il.
Depuis plus de vingt-cinq ans, Jean-Claude Blanchon a construit une soixantaine de modèles qui ont nécessité 33.000 heures de travail. Il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il a en projet un moteur Atkinson. « Son travail est remarquable » reconnaît Jean-Paul Pinaud qui aimerait concrétiser un vieux rêve : réaliser une “vraie” routière dans son atelier de Saint Fort !
Qu’ajouter de plus sinon que l’intelligence de la main, conjuguée à un vrai talent, mérite toute notre admiration...


Infos en plus

• Ils ont eu des “vapeurs” !

L’histoire est longue et elle commence avec Héron d’Alexandrie, mathématicien et mécanicien grec qui vivait au 1er siècle de notre ère. Il est le père de l’éolipyle. Cette première turbine à réaction transformait la chaleur en énergie mécanique en utilisant la force de deux jets de vapeur.
« Par la suite, il y eut un grand silence au Moyen-Âge. L’église n’encourageait guère les chercheurs » déplore Jean-Claude Blanchon. Et il rappelle les malheurs de Galilée « victime de l’Inquisition ».
Au XVIIème siècle, Denis Papin fait évoluer les techniques. Il imagine un “digesteur” doté d’une soupape de sécurité, ancêtre de l’autoclave. Cette cocotte-minute numéro un est « capable de faire cuire toutes sortes de viande en fort peu de temps et à peu de frais ». En 1690, il présente à Leipzig, en Allemagne, une machine à vapeur à piston. De l’autre côté de la Manche, Thomas Savery met au point une pompe qui aspire les eaux de mines.
T. Newcomen améliore les découvertes de ses collègues. Il commercialise la première machine à vapeur vraiment utilisable par les entreprises, qui active les pompes à eaux ordinaires. Ce principe est repris par James Watt qui ajoute le condenseur, l’action alternative de la vapeur sur les deux faces du piston, le régulateur à boules, le manomètre, le système de bielle manivelle.
Le physicien français Sadi Carnot, père de la thermodynamique, voit en la machine à vapeur le moyen d’accroître les transports maritimes :
« La navigation sûre et rapide des bâtiments à vapeur peut être regardée comme un art nouveau dû aux machines à feu » écrit-il. Au XIXe siècle, la locomotion sans chevaux voit le jour avec l’apparition des chemins de fer (un sacré bouleversement !). Les Britanniques planchent sur la question et la ligne Manchester - Liverpool est restée célèbre en matière d’expérimentation.


Néanmoins, il serait injuste d’écarter de la course au progrès le français Joseph Cugnot qui présenta, en 1771, un véhicule à vapeur baptisé “fardier” employant un moteur atmosphérique et roulant à 6 Km/h. Il était destiné au transport des pièces d’artillerie. Seul hic, en raison d’un défaut de freinage, le conducteur emboutit un mur et rendit des comptes à la justice. On l’accusa même d’être « un danger public »...
En 1802, au Royaume-Uni, Trevithick fait breveter un prototype de locomotive à vapeur. Un peu plus tard, Stephenson propose un nouveau concept, celui de la voie ferrée. En 1825, est inaugurée la première ligne de transport de frêt entre Stockton et Darlington. Les voyageurs suivront ! Dans l’hexagone, deux inventeurs venant de Nantes, Brisonneau et Lootz, sont les “ancêtres” de l’actuelle société Alsthom qui construit des TGV à la Rochelle !
« Suivre les découvertes qui conduisent de la machine à vapeur au moteur à explosion est une longue aventure, riche en tâtonnements et en rebondissements » explique Jean-Claude Blanchon. Ingénieurs et savants se sont succédé, rivalisant d’imagination.
Ils possédaient ce “plus” qui fait avancer le progrès et donc l’humanité. Certains ont connu des désillusions, d’autres ont remporté des “victoires” et contribué aux avancées techniques qui ont marqué les XIXe et XXe siècles. «Aujourd’hui, le principe de la machine à vapeur se retrouve dans les centrales nucléaires et thermiques avec la chaudière, la turbine et l’alternateur» remarque Jean-Claude Blanchon. Les idées géniales des uns ont fait entrer les autres dans la modernité : Héron d’Alexandrie était la première pierre de l’édifice !

Photo 1 : Une belle collection de machines à vapeur, modèles réduits, allant des inventions d’Héron d’Alexandrie (IIe siècle avant J.C.) aux flash steam (vaporisation instantanée dans un serpentin).

Photo 2 : Les machines sont composées d’acier, d’aluminium, de laiton, de bronze et de cuivre. Jean-Claude Blanchon fait tout de A à Z : il coule les grosses pièces, tourne, assemble, peint et teste. Il utilise même de l’os pour certains petits détails. Il achète ses vis en Suisse, du côté de Zurich.

Photo 3 : Machine à vapeur conçue par James Watt (mécanicien écossais vivant au XVIIIe siècle). Il est l’inventeur du régulateur en 1774. Ce modèle réduit a nécessité 700 heures de travail.

Photos 4,5 et 6 : modèles à découvrir chez Jean-Claude Blanchon.

Deuxième “grande” tempête en quinze jours : 140.000 foyers privés d’électricité


Elles ne nous lâchent plus, ces tempêtes hivernales, qui provoquent dégâts et frayeur. Malgré des vents violents et de nombreuses coupures d’électricité, la seconde édition du 9 février n’a pas été destructrice. En ce qui concerne les inondations, seule la Seudre suscite des inquiétudes...


Le réchauffement climatique est désormais perceptible dans le quotidien des Français. Les tempêtes hivernales qui se succèdent sur la façade Ouest depuis le début de l’année en sont le signe. Les vents, d’ailleurs, franchissent les frontières de l’hexagone, contrairement au nuage de Tchernobyl qui, rappelez-vous, s’était curieusement arrêté en apercevant le drapeau bleu blanc rouge !
Lundi dernier, l’alerte était donc donnée en Charente-Maritime puisqu’une nouvelle tempête était annoncée,
« avec des vents violents » selon Météo France. De nombreux départements avaient été placés en vigilance orange et, chez nous, la région d’Aunis semblait la plus exposée.
Dans la journée, la cellule de crise a été activée par le Préfet, Henri Masse, dans la perspective d’une nuit agitée. En effet, les tempêtes peuvent entraîner de graves dommages, sans oublier les coupures d’électricité, chutes d’arbres sur les chaussées, bateaux chahutés et autres préoccupations.
« En Haute Saintonge, nous étions attentifs à l’estuaire de la Gironde » souligne Isabelle Duhamel Costes, sous-préfet de Jonzac. Le coefficient de la marée étant de 104, un nouvelle “vague” était à craindre, semblable à celle de décembre 1999 où ce “tsunami” local avait submergé les terres et envahi les habitations. Les chaussées risquant d’être recouvertes, un Zodiac avait été placé à la mairie de Saint Fort. Dans le marais, la chasse à la tonne avait été interdite.
En Gironde, le plan d’urgence interne avait été déclenché à la centrale nucléaire de Braud Saint Louis pour parer à une éventuelle inondation (depuis 1999, les digues protégeant cette structure ont été rehaussées).
Sur le secteur, une trentaine de sapeurs-pompiers étaient mobilisés autour du Lieutenant Carré, responsable du centre de secours de Jonzac. Par mesure de prudence, la circulation routière avait été fermée à la circulation sur l’A 10, la RN 10, l’A 837, la RD 137 ainsi que sur les ponts de Ré et d’Oléron.

Plus de peur que de mal

Fort heureusement et malgré une certaine intensité, la seconde tempête du siècle n’a pas occasionné d’importants dégâts, le nombre d’interventions des sapeurs-pompiers se limitant à 150. Aucune victime n’est à déplorer. Les habitants, qui commencent à en avoir l’habitude, ont écouté que les sages conseils de Météo France, en évitant de prendre des risques inutiles.
Bien que secouée par les éléments, la Gironde a bien voulu rester dans son lit, chassant les angoisses liées à ses débordements. Par contre, les coupures d’électricité ont été nombreuses, quelque 140.000 sur l’ensemble du département. 90.000 foyers ont pu être réalimentés rapidement. Mardi, 49.000 habitations étaient encore dans le noir. Les 300 agents ERDF et les 80 prestataires engagés ont mis les bouchées doubles pour rétablir la situation, dans les maisons de retraite en particulier. Certains usagers, privés de courant, se sont plaints de n’avoir pas pu joindre ERDF dont les lignes étaient toujours occupées.
Des difficultés ont également été signalées sur le réseau téléphonique fixe ainsi que sur les mobiles (Bouygues). Quatre relais ont été privés de service, dépourvus d’alimentation en énergie à Soubise, Echillais, Saint-Ciers Champagne et Thairé.
A la SCNF, 20 trains ont été annulés. Le rétablissement de la circulation ferroviaire entre La Rochelle et Rochefort a eu lieu dans la journée de mardi (n’oublions pas que les passages à niveau fonctionnent à l’électricité). La ligne La Rochelle - Niort, connaissant de grosses difficultés de circulation, des bus de substitution ont été mis en place.
Si aucun accident grave n’a été signalé dans le port de la Rochelle (des navires et un ponton ont été malmenés aux Minimes), des dégâts matériels ont été recensés en bord de mer à Fouras.
Bref, encore une fois, la tempête a sévi avec son cortège de tracasseries. Espérons que cette seconde tempête ne sera pas suivie d’une troisième, selon le dicton...

Infos en plus

• On a relevé des rafales soufflant à 137 km/h aux îles de Ré et d’Oléron. Des vents moins violents que les prévisions qui étaient de 160 km/h. Soulagement...

• Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a déployé sur le terrain les forces nécessaires : sapeurs pompiers, sécurité civile, peloton de gendarmerie, militaires, remorqueur venant de Brest, etc.

• Bois : le lycée agricole Saint-Antoine dans la nuit…

En effet, à la suite d’une coupure intervenue lundi soir vers 23 h, le lycée s’est réveillé sans électricité mardi matin, avec toutes les difficultés qu’entraîne ce genre de situation dans un établissement qui accueille de nombreux élèves. Le proviseur, Jean Philippe Gérard, et son équipe ont fait face, utilisant le groupe électrogène de l’école (branché sur un tracteur) tour à tour dans les différents bâtiments. Ainsi, ont été alimentés en chauffage l’internat, les salles de classe, sans oublier les cuisines pour la préparation des repas. Bref, on s’est débrouillé avec les moyens du bord, situation qui a permis aux internes de ne pas rentrer chez eux.
Le courant été rétabli mardi vers 20 h.
La tempête a fait des dégâts sur l’établissement, sur les toits et les ventilations hautes.

Photo 1 : Heureusement, les Antilles de Jonzac ont résisté aux intempéries.

Cédric Burgelin et Roman Orlov sous les feux de la rampe…


Dimanche en l’église Saint-Gervais, Cédric Burgelin et Roman Orlov, invités des Préludes au printemps, ont démontré que l’orgue et la clarinette combinés se prêtaient aux musiques de films. « Eternally », morceau extrait des « Feux de rampe » de Charlie Chaplin,
en est un bel exemple...



Afin de rendre inoubliable ce concert, les deux musiciens sont sortis des sentiers battus. Le public, nombreux, a vécu un moment “magique” en écoutant l’orgue qui s’est exprimé de fort belle façon grâce à l’agilité et au professionnalisme de Cédric Burgelin. Il est vrai que la ville de Jonzac ne possédant pas d’organiste attitré, cet instrument monumental vit le plus souvent dans la discrétion !
Roman Orlov, quant à lui, a démontré que la clarinette était un instrument plein de vivacité, combinant la gaîté à l’émotion.
Le programme choisi par ce duo de talent était à la fois audacieux et savamment étudié. En effet, on associe trop souvent l’orgue aux cérémonies magistrales, délivrant dans l’espace limpide la sublime Toccata de Bach. Or, rien n’est plus tentant que la recherche qui conduit à l’étonnement, voire au dépaysement. Autrement dit, on peut associer le chapitre classique à d’autres formes d’expression musicale.


Dimanche, l’évasion était au rendez-vous avec l’interprétation de morceaux populaires roumains ou le “tango étude” de Piazzola. L’orgue épousant la cambrure de cette danse argentine, il fallait oser, et que dire de la valse de Chostakovitch !
Le clin d’œil aux films - Mission d’E. Morricone, Les feux de la rampe de Charlie Chaplin, la musique du Grand blond de Cosma - constituait un univers à découvrir dans ce jeu de hors piste.
Après l’entracte, la seconde partie était consacrée à un répertoire traditionnel (Mozart, Schu-mann, Bach, Françaix) agrémenté, vibrante idée, de La petite abeille de Schubert. Le morceau final « No body knows », célèbre Gospel, était un hymne à la spiritualité, chant que l’humanité adresse à son créateur. Cette communion finale donna à la « Fête du cœur » une touche intime et fraternelle...



Photo 1 : Cédric Burgelin - physique “romantique” avec sa silhouette élancée et ses longs cheveux - et Roman Orlov - le charme slave - ont enchanté le public tout en l’instruisant. En effet, Cédric Burgelin, professeur de clavecin et d’orgue à Saintes et Niort, a expliqué chacun des morceaux interprétés ainsi que le fonctionnement de l’orgue qui réunit dix-sept jeux qui peuvent être combinés.

Photo 2 : Les deux musiciens (dont la renommée a dépassé nos frontières) sont aux côtés de l’Evêque de la Rochelle et Saintes, Monseigneur Housset et du père Samoride. Présent également, le père Pascal Delage.

Photo 3 : Des passionnées de musique !

Photo 4 : Le public de l’église St Gervais sous le charme de Cédric Burgelin et Roman Orlov.

Médiathèque de Jonzac : Yaël Hassan, la raconteuse d’histoires


Récemment, la Médiathèque de Jonzac recevait l’auteur Yaël Hassan en partenariat avec l’association Larochellelivre et le collège de Pons.


Sans un accident d’automobile qui l’immobilisa, Yaël Hassan aurait-elle pris la plume ? L’écriture courait bien dans sa tête, mais elle n’avait pas le temps de s’asseoir. «Il y avait longtemps que je voulais écrire des histoires» avoue-t-elle. C’est maintenant chose faite. Dernièrement, à la médiathèque de Jonzac, elle a raconté son aventure au public venu l’écouter.
Cette femme aux yeux noirs porte en elle un secret. Lourd comme les chaînes dont il faut un jour se débarrasser, sans pour autant les oublier. Des fois qu’elles reviennent entraver la marche du monde...
D’origine juive, elle a hérité d’un passé dramatique, celui de la Shoah. Enfant, elle entendait ses parents en parler en yiddish, la langue de la douleur. Ils pensaient qu’elle ne les comprenait pas. Erreur. « Je me disais : mais pourquoi ils n’oublient pas ? » se souvient-elle. Bientôt, elle réalisa que c’était peut-être à elle de chasser ces fantômes en brisant le silence familial.
« Mon frère et moi, nous nous sommes battus pour recueillir la mémoire. Je savais que cette tragédie les avait façonnés et que je me devais de la rapporter. Durant la guerre, mes parents ont été cachés par les bonnes personnes au bon moment. C’est pourquoi je suis là aujourd’hui ».


Investie d’une sorte de “mission”, elle a rapidement destiné ses livres à la jeunesse. Elle sait l’approcher, elle trouve le ton juste. Depuis des années, les publications s’enchaînent, graines qu’elle sème au vent.
Connue, elle garde une certaine candeur : « J’ai appris que des professeurs de lettres étudiaient mes livres en classe. Je n’écris pas pour qu’on m’étudie. J’ai des émotions que je libère sur le papier. Tout est spontané. J’évoque souvent le paranormal de l’écriture. C’est un mystère »...
Les idées jaillissent et s’alignent comme une armée prête à séduire. Elle a même relevé le défi lancé par Bernard Pivot en utilisant, dans l’un de ses livres, cent mots oubliés de notre vocabulaire.


Elle répond aux questions avec une attention particulière et beaucoup de sincérité. Les rencontres avec les élèves sont, pour elle, des moments d’échanges et d’inspiration.
Yaël Hassan a le désir d’être vraie dans un monde dont elle pourrait, à volonté, changer les rubans du chapeau. « Je ne suis pas écrivain. Je suis un auteur, une raconteuse d’histoires » explique-t-elle avec un sourire. Et elle a la plume facile...


Photo 1 : Après avoir vécu en Israël et en Belgique, Yaël Hassan est venue en France dans les années 80. Après vingt ans de travail dans le tourisme, elle a rédigé son premier roman « Un grand-père tombé du ciel » qui a obtenu plusieurs prix. La plupart de ses ouvrages sont édités par Casterman. A Jonzac, ils sont en vente à la Civette, en face de la Médiathèque (où l’on peut les consulter également).

Photos 2 et 3 : La médiathèque de Jonzac était partenaire de cette rencontre.

Photo 4 : Débat avec Yaël Hassan

vendredi 6 février 2009

Casino Barrière de Jonzac


Jean-Michel Landy : Développer l’offre de jeux en installant tables de poker et roulette électronique…

Vendredi, devant un parterre d'amis et de connaissances, Jean-Michel Landy a fait ses adieux au casino de Jonzac qu'il a porté sur les fonts baptismaux. Il quitte le "paradis terrestre" haut saintongeais pour la Bretagne, une région qui a la tête dure, comme ses habitants, mais qui ne manque ni d’atouts, ni de de charme ! De la Charente-Maritime, il gardera le souvenir du "pionnier", car il en fut un dans le vrai sens du terme. En effet, il a lancé cet établissement qui en était à ses balbutiements et contribué à sa renommée :
un vrai challenge qu'il a réussi avec une équipe motivée. Jean-Michel Landy répond à nos questions.



Jean-Michel Landy, le casino de Jonzac était donc une création. Comment avez-vous vécu ce lancement ?

Une grande aventure ! Je suis arrivé lors de l'été 2003 en pleine canicule. Mon bureau : un cabanon de chantier installé sur le parking, sans électricité, ni téléphone dans les premiers temps.,Premier contact avec l'ANPE pour créer l'école des jeux destinée à former les futurs croupiers du casino. 1er novembre 2003 à 20 heures : l'ouverture, mes premiers clients dont Claude et Jeannine Belot.
Minuit ! La centaine de clients venus découvrir le casino était partie et là je me suis dit : "Ce sera dur". Il me fallait expliquer ce qu'est un casino et que ce lieu de divertissement était destiné à tous.

Jonzac démontre qu'une "petite" ville peut avoir un casino. Quelles sont les "recettes" pour que ce type d'établissement puisse y fonctionner ?

Convivialité, simplicité et sincérité. Participer aux soirées en qualité de clients est la meilleure approche pour connaître les besoins et les envies de la clientèle. Lors du cocktail de départ, certains clients mon dit :
« Ce que l'on retiendra de vous, c'est le premier réveillon au casino quand vous êtes arrivé avec votre épouse et votre fille ». J'étais monsieur tout le monde, celui qui nous ressemble. Moins mythique sûrement, mais plus réaliste...

Actuellement, comment les clients réagissent-ils vis-à-vis de la crise. Ont-ils changé leurs habitudes de jeux ?

Depuis plusieurs années, les casinos subissent des changements importants : contrôle aux entrées, interdiction de fumer et, depuis ces derniers mois, la crise économique. La fréquentation du casino de Jonzac est toujours aussi importante (un peu plus de 100.000 clients par an). Elle est en constante progression. Simplement, la clientèle est plus attentive à ses dépenses, sachant que les dépenses de loisirs ne sont pas des dépenses prioritaires.


Lors des discours qui ont été prononcés pour votre départ, vendredi dernier, il a été dit que les municipalités entretenaient souvent des relations difficiles avec leur casino. Ce n'est pas le cas à Jonzac, semble-t-il...

Rapidement, le casino et la municipalité ont fait front commun dans un seul but, l'intérêt de Jonzac. Il est vrai que mes relations avec Claude Belot ont toujours été excellentes.
Claude Belot a toujours soutenu le casino et toujours défendu nos dossiers, notamment lors des commissions de jeux à Paris. Je ne peux que l'en remercier.

Quels sont les projets concernant le casino de Jonzac à réaliser dans les années à venir ?

Tout d'abord, continuer à développer l'offre de jeux en installant les tables de poker et la roulette électronique qui devrait être autorisée dans les prochains mois, sans oublier les machines à sous. Il faudra envisager de porter leur nombre à une centaine. Augmenter aussi la capacité de notre restaurant car, victime de son succès, nous sommes complet tous les week-end.
L'ouverture le midi pendant la saison estivale sera reconduite cette année.


Pour conclure, quel est votre prochain poste et quel souvenir garderez-vous de Jonzac ?

Je viens de prendre la direction du casino de Bénodet, station balnéaire du Finistère. Jonzac, un petit paradis sur terre, sûrement, une qualité de vie, un climat d'exception (vous allez me dire que venant du Nord, ce n'est pas difficile !), la sincérité des gens que j'ai pu côtoyer.
Une page de ma vie se tourne, mais Jonzac restera toujours dans mon cœur.

Photo 1 : À droite, Jean-Michel Landy, un homme unanimement apprécié.

Photo 2 : Pendant le discours de Claude Belot, qui fit l’éloge de Jean-Michel Landy. À droite Jean-Michel Landy, Claude Belot et à sa gauche, Éric Darago, son successeur, 42 ans, marié, père de 3 enfants. Il avait auparavant d’importantes fonctions au siège à Paris, en charge de l'ensemble du service de restauration des casinos du groupe Barrière, ainsi que des perspectives de développement.

Photo 3 : De nombreux clients avaient été invités lors de ce pot de départ, auxquels s’étaient joints beaucoup d’élus.