vendredi 15 février 2008

Les petites infos du coin...


• Jonzac : Jean-Paul Tornier quitte la scène


“Le but de ma candidature à une liste d’union était de fédérer tous les acteurs de la vie publique jonzacaise en dehors de toute querelle de personnes. Je constate que cela est impossible, aussi je me retire purement et simplement de celle-ci. Je remercie vivement tous les nouveaux que j’avais réussi à rassembler près de nous et qui auraient formé avec certains anciens (dont Claude Belot) une liste exceptionnelle. Je les remercie encore de leur confiance. Le seul espoir qui me reste est de voir le bons sens et la sérénité revenir dans votre bonne ville de Jonzac.”

• La vie de château

La presse quotidienne aime beaucoup le château de Jonzac. Dès qu’il est question d’élection, il apparaît en illustration. Mieux, il était également présent quant aux chiffres de la population, établis par le recensement, que Jean Claude Texier conteste. Sous la photo du château, le maire de Jonzac servait de légende. C’est ce qu’on appelle la légende des siècles, notre noble édifice ayant plus de mille ans. Jean-Claude Texier est légèrement plus jeune !!!

• Plus belle la vie !

Y’a des mauvaise langues tout de même : la gauche est tellement sûre de remporter l’élection cantonale qu’elle serait déjà en train de se distribuer les rôles. Il paraît même que les indemnités versées aux vice-présidences et autres délégations seraient un grand centre d’intérêt. S’il vous reste une part du gâteau, vous pouvez toujours penser à nous, les copains !

• Saintes Est : P. Delacroix se retire

Philippe Delacroix, ancien directeur du Syndicat des Eaux, était candidat sur le canton de Saintes Est, sous la bannière de l’UMP. Il vient de déclarer forfait, si l’on peut dire, à la grande stupéfaction du conseiller général sortant Xavier de Roux. Des raisons personnelles et le stress lié à cette campagne sont à l’origine de sa décision. A droite, il reste sur la ligne de départ Frédéric Rateau, adjoint de Bernadette Schmitt face au socialiste Jean Yves Quéré et au radical de gauche Joël Joanny.

• Saintes : Jean-Claude Landreau jette l’éponge !

Finalement, Jean-Claude Landreau (radical valoisien) ne conduira pas de liste aux municipales de Saintes. Il n’est pas parvenu à réunir les candidatures nécessaires. Et puis il y a déjà six listes en lice, ça fait beaucoup de monde... « Nous allons jouer les observateurs » dit-il avec le sourire, cette affaire ne lui ayant pas fait perdre le moral !

• Philippe Callaud n’est pas content

Qui va à la chasse perd ses copies. Aux dernières nouvelles, le programme présenté par Jean Philippe Ardouin (Modem) ressemblerait étrangement aux propositions du MRG Philippe Callaud aux municipales. S’étant rencontrés pour une éventuelle fusion voici quelque temps, l’un se serait-il inspiré de l’autre ? Après tout...

• Du rififi chez Ardouin

Il y aurait des problèmes sur la liste de Jean Philippe Ardouin (MODEM). Sophie Garcia, par exemple, déclare être très déçue et ne pas pouvoir travailler avec la tête de liste. Elle se demande d’ailleurs si elle va maintenir sa candidature dans les circonstances actuelles. Elle ne serait pas la seule à vouloir quitter le navire. Affaire à suivre.

• Chaniers : “la famille cumulard”

Décidément, cette étiquette commence à coller à la peau de la famille Quéré. En effet, la députée, qui est grande donneuse de leçons en matière de cumul, a tout de même décidé de se présenter à la mairie tandis que son mari brigue le Conseil général sur Saintes Est. Ainsi, s’ils sont élus, ils n’auront aucun problème à se faire. On sait au moins de quoi ils parlent à la veillée !

• Montguyon : Craquants !

C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons découvert les portraits des candidats aux élections cantonales de Montguyon, réalisés par le (talentueux) studio Cuvillier. Nos couples sont absolument irrésistibles. La semaine dernière, nous avons vu Alain Chiron en version américaine, cheveux grisonnants magnifiques. Dans cette édition, Bernard Bordelais va faire craquer toutes les femmes pour la Saint Valentin, aux côtés de sa suppléante Nathalie à l’encolure fleurie. Enfin, Francis Savin semble un peu figé : la prochaine fois, sa compagne lui tirera la barbichette ! Bref, des duos dont on se souviendra.

Qui m'aime me suive !

Si Claude Belot n’avait pas été atteint par le cumul des mandats, la situation aurait été plus simple quant aux élections municipales de Jonzac. Or, il ne peut à la fois être maire, sénateur et président du Conseil général. C’est pour cette raison qu’en 2001, il a laissé les rênes de la ville à Jean-Claude Texier. Aujourd’hui, il a tranché en déclarant qu’il conduirait la liste aux municipales, qui va de pair avec la présidence de la Communauté de Communes. En conséquence, il ne devrait donc pas être candidat à la présidence du Conseil général...


Depuis quelques semaines, les élections municipales occupent le devant de la scène, telle une pièce de théâtre qui attire moult spectateurs aux premières loges.
« Mais que se passe-t-il dans la ville de Claude Belot ? » s’exclament les observateurs, étonnés par les « déballages de printemps ». Habituellement, c’est à Montendre que les campagnes électorales prennent de la verdeur. Pour ne pas dire autre chose. Cette fois-ci, la capitale de la Haute Saintonge est touchée et curieusement, c’est au maire de Montendre, Bernard Lalande, candidat socialiste au Conseil général que profite le
« malaise » jonzacais qui atteint son principal rival à la tête du Département... Claude Belot.

Mais qui sont les félons fielleux ???

En toute franchise, un décodeur serait nécessaire pour comprendre l’actuelle situation qui semble découler de rancœurs non exprimées. Méfiez-vous des humiliés, tous ne quittent pas la ville pour des cieux azurés, dit le vieil adage !
L’acte 1 avait pourtant bien commencé avec le retour de Jean-Paul Tornier qui fut maire adjoint de Jonzac durant dix huit ans. Dans une interview, il ne cachait pas ses intentions : il conduirait la future liste aux municipales, espérait devenir maire et ne démissionnerait pas de ses fonctions. Autrement dit, il ne cèderait pas sa place à Claude Belot si celui-ci manquait la présidence du Conseil Général (poste qu’il occupe depuis 1994). La langue n’était pas de bois et pour le citoyen lambda, cette formation était celle de la majorité sortante.
Bizarrement, alors qu’il avait le mérite de la franchise, cet entretien aurait mis le feu aux poudres. On parla alors de la fronde des adjoints qui auraient essayé d’écarter le « patron ». Exposer les choses au grand jour est, en effet, la meilleure façon pour préparer un coup d’état secret !!! Placé dans une situation désagréable, Jean-Paul Tornier fut déconcerté par la tournure que prirent les événements. Au cœur de l’acte II, il a décidé d’abandonner, purement et simplement, cette aventure municipale avortée. Pas la peine de prendre des coups inutilement !
Dès lors, on peut s’interroger sur les « turbulences » jonzacaises, sans apporter de réponses précises. Que s’est-il donc passé ? Plusieurs points reviennent dans les conversations. D’un côté, Claude Belot, ainsi que d’autres élus sortants, n’auraient pas été invités à la réunion des nouveaux colistiers, organisée chez Gérard Masson. De l’autre, il y a cette fameuse rencontre d’un certain mercredi soir dont furent exclus Gérard Masson, Pierre Jean Ravet et Christiane Proux.
S’estimant « écartés », ils préparèrent leurs lettres de démission, de même qu’un autre adjoint, Louis Chalié. Les quatre démissions furent d’ailleurs acceptées. La situation devenait tendue...
Une semaine après, l’horizon s’éclaircit avec le début de l’acte III. Claude Belot a « repris » la main et conduira la liste qui sera présentée la semaine prochaine (le dernier délai pour se rendre à la Préfecture étant le 21 février).
La troisième liste, un moment évoquée, ne devrait pas dépasser le stade de l’éventualité : l’élection de Gilles Clavel à la mairie, en raison de ces dissensions, serait la pire des claques. Samedi dernier, une bonne conversation entre Louis Chalié, Pierre Jean Ravet et Claude Belot aurait permis de décrisper l’atmosphère ou, tout au moins, de s’expliquer. Il est évident que face à une gauche active sur le terrain, Claude Belot a tout intérêt à fédérer rapidement une équipe porteuse de projets. Certains adjoints démissionnaires pourraient-ils le rejoindre ? Pourquoi pas ? On parle de Pierre Jean Ravet. Gérard Masson en fera-t-il partie ? Pour l’instant, la préparation des JO de Pékin retient toute l’attention du président de la Fédération Handisports (qui vient d’ailleurs de recevoir les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à Paris, cérémonie dont nous parlerons dans notre prochaine édition).
Elu depuis les années 70, Claude Belot est le poids lourd politique en Charente-Maritime et il peut donc imposer ses choix. Il n’a jamais manqué de courage et c’est ainsi qu’au tout début, à la surprise générale, il a battu Henri Chat Locussol, conseiller général du canton de Jonzac. Il avait alors l’âge de Jean-Charles Chapuzet ou presque ! Depuis, il a gravi les échelons sans faire de concession, devenant fin stratège à la poigne de fer. Son apparente fermeté, parfois cinglante, ne l’a pas empêché de tendre la main et d’avoir le geste du cœur quand une personne se trouvait sur le bord du chemin. Là est son jardin secret.
En vieillissant, comme Michel Baron, l’ancien maire de Saintes, il n’a guère pensé à préparer sa succession. Les prétendants ne manquaient pas, car tous se recommandaient du maître, mais il n’en a désigné aucun. C’est peut-être là que le bât a blessé. Le pouvoir isole, malheureusement. Il y eut aussi des départs attristants, dont ceux de Catherine Ménier, chargée de mission à la CDCHS ou de Valérie Delcroix, maire adjoint. Le temps passe, leur souvenir reste malgré la chape. Un jour ou l’autre, les langues se délieront...
A la veille d’une nouvelle échéance, il serait dommage que Jonzac souffre de problèmes qui, semblables aux alluvions que charrie la rivière, s’accumulent au point d’en réduire le courant. La ville a incontestablement tiré son épingle du jeu et les structures qui ont vu le jour (Antilles, casino, cinéma, médiathèque, thermes, etc) en sont le témoignage. Claude Belot a été le bâtisseur de Jonzac dans la seconde moitié du XXe siècle : c’est ainsi qu’il apparaît aux yeux des historiens. Désormais, ne pouvant plus reculer, il a une relève audacieuse à préparer.
Pour achever ce dernier mandat en « beauté », il devra être libre - comme il l’était au commencement, quand il affrontait le notable en place - en se débarrassant d’un certain nombre de pesanteurs !

Photo 1 : L’époque où Claude Belot était en pleine ascension : on le reconnaît aux côtés de Marie José Veyrac (RPR), Bernard Ranson (UDF), René Monory, président de la Région Poitou-Charentes, Jean Harel (RPR) et la regrettée Françoise Clerc.

Hôpital de Saintes : les inquiétudes de Robert Grand face au mécontentement des usagers


Robert Grand est candidat aux élections sur le canton de Saintes nord. Là où se trouve le nouvel hôpital. C’est d’ailleurs l’un des sujets qui retient son attention. «Suite aux multiples problèmes concernant le fonctionnement du nouvel hôpital de Saintes, manque d’effectifs, personnel stressé, mais aussi et surtout un fort mécontentement des usagers rencontré depuis quelque temps, je tiens à porter à la connaissance des électeurs les deux démarches que j’ai effectuées dernièrement» explique-t-il. La semaine dernière, il a été reçu par Daniel Levyfve, premier adjoint, et Bernadette Schmitt, maire de Saintes et présidente de l’hôpital de Saintes.
Ensemble, ils ont énuméré les améliorations rapides à apporter afin d’assurer une meilleure qualité de service public. « Les problèmes viennent des trente-cinq heures. Je voudrais bien connaître les détails de cet accord et surtout qui l’a signé. Cependant, tous les hôpitaux de France connaissent des difficultés liées au manque de personnel » souligne-t-il. Il a également contacté Jean-Pierre Avril , secrétaire de l’Union locale Force Ouvrière pour lui faire état de la situation ainsi que Jacky Dessed, secrétaire de l’union départementale Force Ouvrière à La Rochelle, qu’il a eus au téléphone : « Les problèmes internes de fonctionnement à l’hôpital de Saintes ne sont un secret pour personne. Le personnel est méritant et fait beaucoup d’efforts, mais il y a des choses dont il n’est pas responsable ».
Robert Grand envisage d’aller plus loin « car il en va de la qualité du service public et de la santé de notre population, mais aussi des conditions de travail d’un personnel valeureux qui réalise un travail difficile ».
Il a contacté Dominique Bussereau afin qu’il informe Roselyne Bachelot, ministre de la santé. Il préconise par ailleurs un audit de l’hôpital de Saintes. Mieux vaut prévenir que guérir ?

Dis-le-moi dans l'oreille...

Robert Grand n’est pas content des propos de Philippe Lavalard, délégué FO de l’hôpital de Saintes qui lui reproche d’être candidat UMP. «Et moi, est ce que je lui reproche d’être socialiste ? De toutes les manières, je suis candidat de la majorité départementale» rétorque-t-il. Et si, en plus, on y ajoute les éventuelles malfaçons de l’hôpital dont il est actuellement question dans les conversations, la coupe sera pleine ! Ambiance...

Photo 1 : Robert Grand et Xavier de Roux, discutant de l’hôpital.

Rencontre avec Yves Jouteux : "À notre époque, il y avait une autre ambiance"


Longtemps conseiller municipal de l’opposition, Me Yves Jouteur, l’homme à l’écriture violette, n’a pas sa langue dans sa poche. Pourtant, l’élection jonzacaise 2008 ne l’emballe guère malgré l’animation qui l’entoure. « Pourquoi pas une troisième liste, mais avec des gens nouveaux et audacieux ? » dit-il. Voilà bien la question...


Yves Jouteux, vous avez été conseiller municipal de Jonzac durant de nombreuses années. Que vous inspirent les problèmes actuels ?


Vous savez, je suis dans mon rôle de vieux sage, vieux singe et je suis assez retiré du monde et de ses fureurs ! Je trouve cette campagne électorale maussade, elle manque d’allant et de santé. Nous avons une équipe sortante qui a assuré une gestion paisible et une équipe nouvelle qui prétend prendre le pouvoir en donnant l’exemple de la résignation. Au conseil municipal, l’opposition participe à la morosité générale, c’est l’effet que j’en ai.

Pensiez-vous que la majorité allait connaître des tiraillements ?

Non. Je connais tout le monde et je n’ai pas d’a priori. Je n’irai pas jusqu’à appeler Jonzac Neuilly sur Seugne ! A quelques semaines du scrutin, j’aimerais que les candidats aient des projets, des plans. Aujourd’hui, Jonzac est pour moi une sorte de « nécropole ». Je m’explique : quand j’y suis arrivé, il y a 45 ans environ, la ville comptait 4998 habitants. A deux habitants près, nous étions à 5000 ! Maintenant, nous sommes tombés à moins de 4000, signe d’un appauvrissement humain. Il est vrai que beaucoup de jeunes ménages ont fait construire dans les communes environnantes, Saint-Germain, Saint-Martial, Ozillac. Question d’espace et de fiscalité locale. Il n’empêche que le cœur de ville de Jonzac manque de vitalité. Le commerce souffre.

Jonzac a tout de même de grandes structures !

Je reconnais que des réalisations ont été faites. Qu’on les aime ou non, elles ont le mérite d’exister. La géothermie, les thermes ont été des démarches très originales.

Combien de temps êtes-vous resté conseiller municipal ?

Je suis resté douze ans au conseil et j’étais dans l’opposition de Claude Belot. Je repense à un mot un peu cruel d’Henri Chat Locussol à son sujet. Dans un article, il avait déclaré : « pour vous, les Jonzacais sont un escabeau que vous ne manquerez pas de repousser du pied ». Effectivement, d’autres mandats l’ont conduit à l’extérieur de Jonzac, mais il veut garder son influence sur la mairie...

Allez, je la pose ! Pour qui allez-vous voter ?

Je suis un homme de gauche, donc je vais voter pour la liste Clavel alors qu’elle est loin de m’enthousiasmer. Ils sont trop résignés ! A mon époque, il y avait une ambiance véritable. Les échanges verbaux étaient nombreux, nous faisions part de nos positions respectives et les frictions ne nous faisaient pas peur. C’était vraiment un autre climat qu’aujourd’hui !

Quel est votre meilleur souvenir d’élu ?

Je me souviens de l’époque où Claude Belot a battu le « père » Chat, comme nous l’appelions, au Conseil Général. C’était en 1970. A la surprise de tous et de Chat en premier lieu ! Henri Chat Locussol a alors démissionné de la mairie et M. Seguin a assuré l’intérim. En se retirant, il a démontré qu’il avait le sens de l’honneur. À l’époque, cette qualité existait encore !
Il a repris la mairie avec une équipe à laquelle j’appartenais. Par la suite, il s’est rapproché de Claude Belot. Aux élections municipales suivantes, nous avons donc constitué une liste de gauche. Claude Belot a été maire. Face à lui, dans l’opposition, nous étions quatre avec René Marty, Jacques Gaillard et Henri Chenu qui se demandait parfois ce qu’il faisait avec nous ! Dans les années 80, la gauche et la droite se cherchaient méchamment, la concurrence était acharnée. Désormais, c’est le consensus général. L’exemple vient d’ailleurs d’en haut : Sarkozy prend à droite et à gauche et personne ne trouve à y redire.
Bref, pour en revenir à 2008 à Jonzac, il serait intéressant que des personnes, non motivées par l’intérêt, se manifestent pour apporter des idées nouvelles et constituer une troisième liste. Le débat et la démocratie y gagneraient.


Photo 1 : L’époque où Yves Jouteux présidait les Bitons de Jonzac !

Photo 2 : Henri Chat Locussol, qui fut maire et conseiller général de Jonzac, fut battu par Claude Belot en 1970, sur des arguments économiques.