dimanche 26 février 2012

Saint-Pierre-du-Palais :
Deux champions du monde honorés


Une distinction peut en cacher une autre !

Une sympathique manifestation avait lieu dimanche matin à Saint-Pierre du Palais, commune dont Francis Savin est maire.



Quand on arrive à Saint-Pierre du Palais, on ne peut pas la manquer. L’armurerie Demay y siège en bonne place depuis des années. Nombreux y ont acheté leur premier fusil. Depuis sa création, en 1920, la situation a évolué et M. Gay veille désormais à ses destinées. Garant d‘un sérieux à toute épreuve, ce commerce draine une large clientèle qui n’hésite pas à venir des départements voisins, voire du Pays Basque.

Ayant grandi dans cette ambiance, on comprend aisément pourquoi Guillaume et Alexandre Gay se passionnent pour le tir. Jusqu’à participer aux plus grandes épreuves ! Aux Championnats du Monde organisés en Italie, ils ont tiré leur épingle du jeu.
La presse spécialisée a rapporté l’événement : « Lors de la dernière compétition de l’année 2011, les championnats du monde de compak sporting qui viennent de se tenir à Foligno, Guillaume et Alexandre Gay, 19 et 16 ans, tous les deux membres de l’équipe de France junior, ont remporté la médaille d’or par équipe. En compagnie de Jérémy Recurt, ils ont réussi à devancer les Italiens et les Danois, et à monter sur la plus haute marche du podium. Suprême consécration pour des sportifs. Lors de ce même championnat, Guillaume s’est classé 2e junior (191/200) à deux plateaux du champion, l’Italien Battisti, et 7e toutes catégories confondues (23 nations). Pour nos tireurs, ce fut une année faste, Guillaume étant champion de France junior CS, médaille de bronze par équipe aux championnats d’Europe en Estonie et médaille de bronze en individuel aux championnats du monde de parcours chasse à Orville (1 360 tireurs). Son frère n’était pas en reste, devenant également champion de France cadet CS à Signes (83) et deux fois classé 9e junior à l’Europe de parcours chasse en Espagne et à l’Europe de CS en Estonie. Bon sang ne saurait mentir car issu d’une famille spécialiste de la chasse et du ball-trap. Le grand-père Gérard Demay a été lui-même champion du monde ».

Les frères Gay décorés par Dominique Bussereau et Claude Belot

C’est avec joie que Francis Savin, maire et conseiller général, rendit hommage à ces deux “ambassadeurs“ lors d’une chaleureuse manifestation organisée dimanche matin à la mairie. À ses côtés, on notait la présidence de Dominique Bussereau, président du Conseil général, Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, Jean-Claude Beaulieu, conseiller général de Jonzac et Claude Augier, ancien conseiller général de Montendre. La valeur sportive de ces jeunes gens n’a pas attendu le nombre des années. Il faut dire « qu’ils sont tombés dans la marmite quand ils étaient petits », selon la formule consacrée !

Guillaume et Alexandre Gay utilisent des fusils Beretta et des cartouches La Nucléaire qui sont fabriquées localement. En effet, l’un de leurs aïeux, M. Jacopi, en a déposé le brevet en 1920. Sur cette photo, ils sont aux côtés de leurs parents, Jean-Michel et Monique, et grands-parents Gérard et Micheline. Pas si lointaine est l’époque où l’armurerie Demay tenait un stand sur les marchés de la région, les jours de foire…

“Francis“

Cette cérémonie aurait pu s‘arrêter là, mais la présence du colonel Peuch, responsable du SDIS (Service Départemental Incendie et Secours) et du commandant Verfaillie, chef du groupement Sud, cachait quelque surprise. Elle fut bientôt révélée à Francis Savin qui reçut la médaille régionale, départementale et communale d’argent pour son engagement en faveur de la collectivité.

Francis Savin est également le suppléant de Dominique Bussereau aux élections législatives de juin prochain.

Claude Augier dressa les grandes lignes de sa carrière : son installation en Haute Saintonge dans les années 1970, le Crédit Agricole à partir de 1973, puis la politique. Conseiller municipal, maire, Francis Savin est devenu conseiller général aux dernières Cantonales, après le départ de Pierre-Jean Daviaud. Depuis le printemps dernier, il est rapporteur général du budget au département. Administrateur du SDIS, il est chargé du dossier « caméras, feux de forêt » et de la politique forestière (où il a succédé à Gilbert Festal).

Manifestation à la mairie de Saint-Pierre du Palais, dans le Sud Saintonge


Dans sa commune dont l’école a rouvert en 2007, un important travail de restauration a été réalisé.
Dominique Bussereau et Claude Belot félicitèrent “Francis“, un élu aussi actif dans sa commune qu’au département ou à la CDCHS où il préside la commission culture et patrimoine. Sa prochaine mission concernera l’organisation territoriale qui aboutira à l’élaboration du SCOT.

Ému, l’intéressé accepta cette gerbe de compliments, tout en gardant les pieds sur terre : « sans les autres, nous ne sommes rien » dit-il. C’est pourquoi il associa aux réjouissances sa secrétaire, Annie Vignaud, qui l’assiste dans sa mission d’élu de proximité.

• Annonce faite par Dominique Bussereau : Afin de mieux lutter contre les incendies, toutes les tours de guet seront équipées de caméras automatiques qui fonctionneront 24 h sur 24.

Faut-il avoir peur de la science ?


L’enthousiasme, l’engagement et le volontarisme, tels sont les qualités que le recteur de l’académie de Poitiers, Martine Daoust, souhaite développer chez les jeunes. Jeudi dernier à Jonzac, elle participait au premier café sciences du lycée.

Qu’est donc venu faire le recteur de l’académie de Poitiers au casino de Jonzac ? S’adonner au jeu ? D’une certaine manière… Il s‘agit, pour Martine Daoust, d’animer le premier café sciences organisé par le proviseur du lycée, Bernard Gorrin et un groupe de professeurs. Cet exercice a tout de suite tenté cette agrégée de pharmacie en sciences du médicament, engagée dans ses fonctions avec un seul objectif : servir la cause générale.

Martine Daoust, recteur de l'académie de Poitiers et Lila Echard, professeur de philosophie

Jeudi dernier, le thème choisi s’adresse aux deux classes de Terminale S. Ont été retenues des questions d’actualité telles que les cellules souches, les embryons, la génétique, les biotechnologies.

Science, magique et inquiétante ?


Tout d’abord, Martine Daoust dresse un constat. Les filières scientifiques ne sont plus aussi tentantes que par le passé : « dans les quinze ans qui viennent, nous manquerons de scientifiques et nous formons de moins en moins d‘ingénieurs ». Dans ces conditions, comment faire pour que les sciences fassent envie ?

Elle a, face à elle, des élèves qui incarnent l’avenir. Qu’en pensent-ils ? Le moment est venu de lancer le débat : Faut-il avoir peur de la science ?
Le dr Vilain rappelle la phrase célèbre de Rabelais, extraite de Pantagruel : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». En effet, alors que la science est censée faire progresser l’humanité par ses découvertes, les exemples de dérapage sont nombreux. Il en est ainsi du nucléaire, l’un des enjeux des Présidentielles. Devons-nous miser sur d‘autres formes d’énergies et fermer les centrales nucléaires - l’accident de Fukushima étant dans tous les esprits - ou apprécions-nous d’être indépendants ? Quant à la bombe, des incertitudes règnent sur l’usage que peuvent en faire l’Inde, le Pakistan, Israël et bientôt l’Iran, le Moyen-Orient étant devenu une poudrière.


Si la science est “magique“ par ses avancées, il plane autour d’elle un doute, une suspicion. « Ce n’est pas la technique qui fait peur, mais ce que nous en faisons » souligne Lila Echard, professeur de philosophie. Prenons le clonage, jusque-là expérimental sur les animaux et interdit, en France, sur l’être humain : jusqu’où peut-on aller dans le désir de “reproduction“ sans jouer les apprentis sorciers ?

Un échange intéressant s’engage sur les cellules souches porteuses d’un immense espoir. Le sang du cordon ombilical, par exemple, en abonde. Produisant des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes, elles peuvent être conservées et transplantées pour traiter des maladies incurables. Selon les scientifiques, on pourrait les utiliser pour enrayer ou traiter les maladies du cœur, le diabète, l’aplasie médullaire (absence de fonction de la moelle osseuse), la maladie de Parkinson, l’Alzheimer, les grandes brûlures et même le VIH et le sida.

Dans des domaines aussi pointus que la bioéthique, le législateur a beaucoup de mal à cerner les nouvelles propositions de la science et à les confronter à la morale du pays, issue du christianisme qui a des idées très arrêtées sur l’origine de la vie et sa transmission. La querelle de l’âme n’a jamais vraiment été réglée ! Le Comité national d’éthique (qui réunit d’éminents spécialistes ainsi que des membres des différents courants philosophiques et religieux) s’estime plus rigoureux, mais il est confronté à la culture de chacun de ses membres pour formuler ce qui est éthique et ce qui ne l’est pas. Au final, dans une démocratie, le Parlement tranche forcément au gré de l’air du temps !

« On crée des psychoses »

Sur les questions de santé qui divisent les Français, il y a légion ! Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, en sait quelque chose : « La loi reste nationale. Sénat et Assemblée nationale ne peuvent pas interdire les recherches faites par la Chine ou les USA ».


Souvent, le public trouve que les choses n’avancent pas assez vite et les représentants du peuple sont accusés de frilosité. La raison ? « Un temps est nécessaire à la réflexion collective ». Quand la situation s’accélère, les critiques fusent pareillement. On pourrait reprocher à Roselyne Bachelot d’avoir dépensé des sommes importantes dans l’achat de vaccins contre la grippe H1N1. La démarche était discutable puisque cette grippe n’a pas eu l’ampleur annoncée. Toutefois, si le gouvernement avait négligé les recommandations de l’OMS et le principe de précaution, qu’aurait-on entendu ?


Les sujets s’enchaînent. Le vaccin contre le cancer de l’utérus (chasse aux papillomavirus) suscite des inquiétudes chez les jeunes filles. Certains témoignages sont troublants, en effet. Martine Daoust se veut rassurante : « de nos jours, on entend dire que tous les vaccins rendent malades. Fort heureusement, les accidents sont rares. Grâce à eux, on ne meurt plus de la tuberculose ou de rougeole. Chacun est libre d‘agir selon ses propres convictions ».

Pour Claude Belot, « on crée des psychoses en permanence chez les gens ». Et de citer les OGM, interdits en France, mais autorisés au Brésil et aux USA, ou l’extraction des gaz de schistes. « Elle est montrée comme un objet de terreur universelle. Nous avons assisté à des débats surréalistes sur la pollution des nappes profondes ». L’un des points soulevés a particulièrement retenu l’attention : le sous-sol saintongeais contiendrait des schistes. Sera-t-il l’objet d’une future exploitation ?...

Professeur d’université, Martine Daoust a participé très activement à l’information, auprès des femmes enceintes, des dangers de la consommation d’alcool. Cet engagement a abouti, en octobre 2007, à l’apposition d’un pictogramme d’information sur toutes les bouteilles d’alcool.

Les projets de Martine Daoust : lutter contre le décrochage scolaire, accompagner les familles et les élèves vers des projets ambitieux, donner de l’espoir aux jeunes et développer l’orientation vers les filières scientifiques.

« La science est adossée à la cohérence intellectuelle et à la pertinence. Gare aux gourous qui veulent s‘emparer d’elle » conclut Martine Daoust en remerciant organisateurs et lycéens. Ce débat, loin du positivisme du XIXe siècle, souligne combien nos sociétés se sont mises à redouter l’avenir et à douter d’elles-mêmes. Dans ces conditions, comment donner du lustre à nos scientifiques et à leurs métiers ?..

• Dans le domaine médical, de nombreuses questions entourent la prescription des médicaments, les derniers scandales (Médiator, etc) ayant affolé les patients.
Si les laboratoires sont parfois critiqués, on ne peut nier les avancées qu’ils permettent. « Évaluer le bénéfice et le risque fait partie des étapes de réflexions du scientifique » souligne le recteur. Et de mentionner l’aspirine. Aujourd’hui, compte-tenu des risques, la mettrait-on sur le marché ?

Et pendant ce temps-là, toujours au Casino de Jonzac, les aînés jouent à la belote !

Démission au conseil municipal de Saintes :
Quand un Vert voit rouge…


Vendredi, la démission de Christian Couillaud, maire adjoint écologiste chargé de l’urbanisme et des espaces verts à la mairie de Saintes, a provoqué remous et étonnement. Y aurait-il des craquements au sein de la gauche plurielle de Jean Rouger ?

En se présentant aux Municipales, en 2008, Jean Rouger avait deux défis à relever. Il s’agissait pour lui de battre la droite, alors aux commandes, et surtout de prouver à l’équipe de Michel Baron, maire socialiste de Saintes durant des lustres, qu’il pouvait tirer son épingle du jeu. Il s’inspira de Lionel Jospin en proposant de réunir les différentes forces de gauche, socialistes, communistes et écologistes. Tous les candidats s’accordèrent sur un programme à appliquer si la liste remportait l’élection. Ce fut le cas.

Si les premiers temps furent sereins, des clivages ne tardèrent pas à apparaître. La goutte d’eau qui vient de faire déborder le vase concerne justement la distribution de l’eau potable. Quand, en conseil municipal, Jean Rouger a annoncé qu’il était favorable à une gestion intéressée confiée à une entreprise privée, Christian Couillaud n’y a pas tenu. Il a exprimé publiquement sa désapprobation. « Depuis un an et demi, nous avons des réunions à ce sujet. Nous, écologistes, avons toujours été clairs et conformes à nos engagements, à savoir une régie municipale. Nous avons exposé nos arguments. Nous avons eu beau défendre nos idées, elles n’ont pas été prises en compte ».

Christian Couillaud en avait gros sur le cœur, comme on dit : « Mes paroles ont sans doute surpris, mais je ne suis pas au conseil pour faire dans la dentelle. J’ai été élu pour défendre les valeurs de la gauche ! Après la séance, j’ai entendu des quolibets dans mon dos et j’ai dit au maire : si ça pose problème, je rendrai mon tablier. Le maire, avec un sourire, m’a alors répondu que cette question n’était pas d’actualité ».

En général, quand les échanges ont été vifs, la nuit porte conseil et le soufflé retombe. Eh bien non ! Jeudi matin, Christian Couillaud a été convoqué par le maire qui lui a demandé de confirmer sa démission par écrit. L’intéressé n’ayant qu’une parole, il a remis ce fameux courrier vendredi matin. La messe était dite ! À sa place, d’aucuns auraient cherché une médiation. « Je suis droit dans mes bottes » explique Christian Couillaud qui n‘aime guère les compromissions. L’une de ses collègues, Évelyne Nigon, pourrait le rejoindre tandis que Jacques Boisset et Brigitte Arnaud, Verts également, devraient poursuivre leurs mandats respectifs.

« Je suis déçu »

« Bien sûr que je suis déçu parce que j’attendais de la mairie qu’elle aille plus loin en matière d’énergies renouvelables, capteurs solaires, éoliennes, économies d’énergie. Notre facture d’électricité atteint 528 000 euros par an. Elle est importante, mais elle était plus élevée autrefois. Nous aurions pu engager un ingénieur spécialiste de ces questions qui aurait travaillé pour la ville et, pourquoi pas, pour la CDC. Sur ce chapitre, il y a beaucoup à faire. Ma démission représente peu de chose. Je regrette que Jean Rouger ne tienne pas ou néglige ses promesses électorales. Suite à ma démission, j’ai reçu de nombreux courriers de collègues et de personnes extérieures que je ne connais pas. Ce n’est pas simple d’abandonner un mandat en cours de route » avoue cet ancien professeur de mathématiques, attentif au devenir des générations futures et à la planète Terre.

Qui remplacera Christian Couillaud à la mairie ? Pour l’instant, on l’ignore. Il n’en garde pas moins un pied dans la politique, suivant de près les élections présidentielles, Eva Jolly, et les Législatives qui suivront.

Une large majorité de conseillers est favorable à la régie intéressée. Les écologistes et les communistes y sont opposés car la gestion de l’eau potable sera confiée à une entreprise privée. Elle aura deux parts de rémunération, l’une fixe et l’autre liée aux résultats de gestion.

Borloo tombe à l’eau…


Depuis qu’il a quitté les ors de la République, Jean-Louis Borloo a un rêve : retrouver un poste important dans le privé et, pourquoi pas, présider une très grande entreprise. Ancien ministre de l‘Écologie, le groupe Veolia spécialisée dans l’eau, l’assainissement, le traitement des déchets et la fourniture d’énergies alternatives, lui a toujours semblé être le point de chute idéal.

Lorsque Henri Proglio quitta la présidence de Veolia pour prendre celle d’EDF, Jean-Louis Borloo tenta déjà sa chance. Se sentant menacé, le numéro deux du groupe, Antoine Frérot, lui coupa l’herbe sous le pied. Jean-Louis Borloo retourna donc à la politique avec la velléité d’être candidat à la présidence de la République. Il entraîna beaucoup de ses amis dans son aventure pour annoncer, un beau soir à TF1, qu’il renonçait à cette ambition. Retour de piste. Il entraîna les troupes radicales vers la seule élection qui compte, “les Législatives“ disait-il.

L’idée de retrouver un grand poste dans le privé ne le quitta pas pour autant. Il y a quelques semaines, lorsqu’Henri Proglio se fâcha brutalement avec son successeur à la tête de Veolia (la situation qu’il a laissée ne serait pas aussi brillante qu’on l’a prétendu, soit 400 millions de pertes annoncées après amortissement d’investissements risqués aux États-Unis et en Calabre), une nouvelle chance se profila.
Borloo fit une seconde tentative, tentant de prendre la place d’un Frérot que l’on voulait démissionner. Le premier tour des administrateurs laissa espérer une majorité pour Borloo. Irrité, le président en exercice, qui n’est pas tombé du premier cocotier, lança via Euro RSCG, une campagne de communication sur le thème « Proglio veut imposer Borloo à ma place à la demande de Nicolas Sarkozy qui obtiendra ainsi son ralliement ». Cette campagne remplit très vite la une des journaux, dont celle de Libération, sur le thème bien connu des petits arrangements entre amis.

Cette malheureuse histoire déséquilibra tout ce beau monde. Aux premières loges, Sarkozy fit connaître sa fureur. Borloo s’empressa de publier un communiqué assurant que son avenir n’était que politique et qu’il ne pensait qu’au rôle qu’il pourrait avoir dans le futur de la France.

Il y a tout de lieu de penser que le conseil d‘administration de Veolia, déstabilisé par cette querelle, redonnera la semaine prochaine sa confiance à Antoine Frérot. La pierre aura donc fait plusieurs coups, Borloo et Proglio déstabilisés, Sarkozy caricaturé tandis que Frérot tente de sauver son siège.

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se casse ?

À Chamouillac : un chêne vert
contemporain de Fortin de la Hoguette ?


Non loin du château de la Hoguette, ce chêne vert, répertorié parmi les arbres remarquables de Charente-Maritime, frappe par sa « majesté ». Il serait contemporain d’un personnage, Fortin de La Hoguette, qui habitait Chamouillac au XVIIe siècle. Retour sur ce militaire philosophe qui a retenu l’attention des historiens.


Il y a quelques années, Jonzac et sa région ont accueilli un important colloque consacré à un homme que Jean Glénisson, alors président de l’Université d’Été de Jonzac, avait tiré de l’oubli : Fortin de la Hoguette. Ce « militaire philosophe » a vécu une grande partie de sa vie à Chamouillac, près de Montendre. Giuliano Ferreti, professeur à l’université de Grenoble, a consacré un important travail à la correspondance qu’il a entretenue avec le cabinet parisien des frères Dupuy, dont l’un fut bibliothécaire du roi. Ces échanges épistolaires éclairent la France du XVIIe siècle.

L’honnête homme

Gentilhomme de petite noblesse, Fortin de la Hoguette est né en Normandie en 1585. Il est le témoin d’une longue suite d’événements : la régence de Marie de Médicis, le règne de Louis XIII, la domination de Richelieu, la régence d’Anne d’Autriche, le pouvoir de Mazarin, la fronde des Princes et une partie du règne de Louis XIV.
Intelligent, doté d’un esprit curieux, Fortin commence sa carrière dans les armes sous Henri IV. Il sert comme officier, commande Brouage, puis la citadelle de Blaye. Il participe au siège de La Rochelle. Son existence ne se limite pas à l’art militaire. Cette réflexion, écrite en 1631, est révélatrice de sa quête intellectuelle : « Je vous avoue que je vis en un lieu où je ne puis trouver satisfaction en dehors de moi-même tant les esprits semblent éloignés. Je ne vois que la pauvreté ». Pour faire circuler des idées, il faut être plus d’un, d’où la nécessité d’établir des correspondances !
Par son mariage avec la sœur de l’Archevêque de Paris, Beaumont de Peréfixe, en 1650, Fortin conforte ses « positions » dans le monde. Son beau-frère n’a-t-il pas été le précepteur du jeune Louis XIV ?

L’entrée de l’église de Chamouillac où se trouvent les bustes de Fortin de la Hoguette et de son épouse. L’auvent en bois, qui semble victime d’une gouttière, aurait besoin d’une restauration.

Depuis 1637, Fortin vit à Chamouillac, près de Montendre où se trouve sa propriété tandis qu’il exerce les fonctions de sergent-major à Blaye. Si la province est commandée de Paris, il y a des autorités locales. Dans la région, citons le Duc d’Epernon, dont la résidence saintongeaise est Plassac, près de Saint-Genis ; le duc de Montausier, originaire de la région de Baignes ; le marquis des Salles à Saint-Fort ; le Marquis de Saint-Maigrin ou le Maréchal d’Albret à Pons. La grande famille reste celle des La Rochefoucauld. S’y ajoutent des personnalités religieuses, Louis de Bassompierre et l’Abbesse de l’Abbaye aux Dames à Saintes.

Dans ce milieu d’érudits, il y a des écrivains, dont Guez de Balzac, Burgaud des Marets, et des esprits éclairés, M. de Saint-Seurin, Henri de la Motte Fouqué (dont le château est toujours visible à Saint-Seurin d’Uzet), « homme plein de naturel et de simplicité », et Mme d’Anguitard, l’épouse de Jean Poussard, seigneur de Moings, « un peu extravagante, mais fort appréciée ».
Fortin de la Hoguette est catholique. Il est opposé au désordre et se rallie à l’absolutisme. Il ne conteste pas Richelieu et incarne ce qu’il convient d’appeler « l’honnête homme ». En voici la description : « cultivé sans être pédant, distingué sans être précieux, réfléchi, mesuré, discret, galant sans fadeur, brave sans forfanterie, l’honnête homme se caractérise par une élégance à la fois extérieure et morale qui ne se conçoit que dans une société civilisée et disciplinée ».
Il a écrit plusieurs livres dont le plus célèbre est son « testament ou conseils fidèles d’un bon père à ses enfants » (il en existe vingt éditions). Pour Fortin, « un père doit faire éclore ses enfants comme une tortue ses œufs ». En matière d’éducation, il exorcise les passions nuisibles à l’épanouissement. Pour les « maîtriser », il conseille d’en abuser et de les transformer en vertus thérapeutiques.

Le chêne vert de Chamouillac est âgé de plusieurs siècles. Son houppier, compact et équilibré, mesure une vingtaine de mètres de diamètre. Son tronc approche les 6 mètres de circonférence. Bien qu’en bordure de route, il est situé sur le domaine privé de la Hoguette.

Correspondance avec les frères Dupuy


La rencontre de Fortin de la Hoguette avec les frères Dupuy a lieu en 1622. Un lien durable va se créer. Durant de nombreuses années, ils échangent leurs impressions sur le monde qui les entoure en privilégiant les faits marquants. Érudits, Jacques et Pierre Dupuy ont regroupé autour d’eux écrivains et gens bien pensants.
Fortin est enthousiasmé par ces hommes de talent qui portent un regard nouveau sur la littérature, la science, la psychologie, l’histoire. « La correspondance des frères Dupuy est l’un des principaux réseaux de la République des lettres » estime Jérôme Delatour, archiviste paléographe. Figure majeure de la fin de la Renaissance, leur père, Claude, était avocat. Il avait épousé Mademoiselle de Thou. Sa bibliothèque abritait une collection de livres rares dont le premier manuscrit de Tite-Live !

En héritant du cabinet, ses fils lui donnent une orientation nouvelle : Information est le maître mot. Jacques et Pierre veulent être les premiers à savoir. Pour cela, ils s’entourent de puissants relais, dont le Nonce de Rome. Devenir correspondant des frères Dupuy est une marque d’honorabilité.

L’inventaire fait apparaître 6 200 lettres. Dans la majorité des cas, elles viennent de France, des Pays-Bas (université de Leyde), d’Italie, de Belgique ou d’Allemagne. En France, les principaux correspondants habitent Toulouse, Sens, Angers, Fontenay, Aix-en-Provence où vit Peiresc, parlementaire et protecteur de gens de lettres. À Chamouillac, demeure l’ami Fortin. Les plus assidus écrivent une trentaine des lettres par an.
Isolé en Saintonge, Fortin attend avec impatience les missives qui rompent son isolement. Ces écrits du « simple quotidien » constituent un éclairage tant sur les affaires nationales qu’européennes.
Voltaire avait pressenti la grande richesse de la vie intellectuelle française du XVIIe siècle : « Ce temps ne se retrouvera plus où un duc de la Rochefoucault, l’auteur des Maximes, au sortir de la conversation d’un Pascal ou d’un Arnauld, allait au théâtre avec Corneille ».

Le chêne vert de Chamouillac se souvient-il de Fortin de la Hoguette ? Ah, s’il pouvait parler…

Le château de la Hoguette rendu célèbre par Fortin. Au fil des siècles, les occupants s’y sont succédé. Après avoir appartenu à M. Lechâtre qui possédait des élevages de gibier, il est actuellement la propriété de la famille Lorin. La demeure a été mise en vente. Avis aux acquéreurs !