samedi 14 mars 2009

Casino de Jonzac : il est enfin libre, Boujenah !


Michel Boujenah était au casino de Jonzac samedi soir où les histoires de la famille Boutboul ont conquis le public...

Il en faut de l’énergie pour tenir plusieurs heures sous les spotlight ! Michel Boujenah arrive sur la scène avec son costume gris, celui qu’aime sa mère. Silhouette allégée, il déroule le film de Maxo et Simone Boutboul, deux personnages qui allient sincérité, poésie, drôlerie et humour. Parce que le rire est souvent près du cœur et qu’à force de « naître, grandir, jouer, pleurer, parler, enfin vivre et puis mourir... mais pas tout de suite », les hommes écrivent leur véritable histoire. Celle dont les ratures sont effacées, les tâches séchées au buvard pour laisser place à la vérité. « Après pratiquement trente ans de scène en solitaire et après avoir découvert le plaisir de changer, d’improviser et d’inventer tous les soirs des prolongements au texte écrit, j’ai décidé de faire un nouveau spectacle où je serai en liberté » explique l’artiste.

Durant ce spectacle, il aborde les évolutions de la société, la difficulté d’être soi-même, de s’accepter tel qu’on est, tout en recherchant le graal, autrement dit « où se cache la véritable beauté d’un être humain ».
Les personnages imaginaires sont légion sur le pont du bateau. Embarquement immédiat pour les terres inconnues de l’existence, là où l’on peut s’écorcher vif, s’apitoyer sur son sort, se vanter, raconter son passé, se poser les vraies questions en entraînant le public dans une ronde dont le seul but est de pas tomber et de rester, avec la tête qui tourne parfois, dans un monde dont personne ne connaît les repères.
Michel Boujenah n’a jamais oublié sa terre natale, la Tunisie, où il a vécu jusqu’à l’âge de 11 ans. Son fameux accent juif tunisien, obstacle à son entrée à l’École Supérieure d’Art dramatique de Strasbourg, est aujourd’hui un atout. Charmeur d’accent, il le dompte du bout de son bâton ! Attentif, le public l’écoute, les « folles » comme il les appelle exprimant bruyamment leur contentement !

Si l’envie lui vient de lire un poème, il ne s’en prive pas. S’il vient à taquiner un spectateur, il le transforme en myope du cerveau (pourquoi a-t-il mis ses lunettes sur la tête ?) et s’il veut conduire la salle dans des prononciations parfaitement im-parfaites, il y parvient sans difficulté. C’est ça, le talent qui permet d’exister et de mourir, mais pas tout de suite !

Il est libre, Boujenah, dans les dédales de la lumière, du judaïsme et de l’amitié. On dit qu’il ne raconte pas sa famille, qu’il l’invente. Finalement, on n’est pas si loin de « trois hommes et un couffin », film pour lequel il a obtenu le César du meilleur second rôle masculin. La source ne tarit pas tant que l’eau de la création coule dans la veine des comédiens.

Michel Boujenah a remporté un vif succès au casino, espace qui offre une intimité et une proximité appréciables. Il a cependant exprimé un vœu : que la ville se dote d’une grande salle de spectacle. Gageons qu’il aimerait bien revenir chez les Jonzaquiens. Pardon, chez les Jonzacais qui ne regarderont plus “La nouvelle star“, ils l’ont promis !!!

Photos : Michel Boujenah à Jonzac "naître, grandir, jouer, pleurer, parler, enfin vivre et puis mourir... mais pas tout de suite ". On a tout le temps, en effet !

Opéra comique à Jonzac :
ne prenez jamais un perroquet pour une colombe !


Troisième spectacle de la manifestation « Prélude au Printemps », le Théâtre de Jonzac accueillait jeudi dernier la Symphonie des Ados, un orchestre composé de talents dont la valeur n’attend pas le nombre des années.



Dirigée par Catherine Puig, directrice du Jeune Orchestre Atlantique de l’Abbaye aux Dames de Saintes, cette formation accompagnait les aventures de quatre chanteurs (soprano, tenor, mezzo soprano, baryton) ayant pour noms Sylvie, Horace, Mazet et Maître Jean.
Ce soir-là, les spectateurs avaient rendez-vous avec la gaîté de la Colombe, opéra comique écrit par Charles Gounod.
Revisitée, l’histoire, qui se déroule dans les environs de Florence, met en scène un homme séduit et abandonné – un pigeon, autrement dit ! - par une coquette comtesse qui l’a laissé pour mener grande vie après l’avoir plumé. Un beau jour, elle se met en tête de posséder le seul bien qui reste à son ex petit ami, une colombe aux atours divers et variés. Tout ça, la coquine, pour rivaliser avec la belle Amynte qui possède un perroquet fort avisé et épate la galerie.
Amusants, les tableaux se succèdent avec des roucoulades, des quiproquos et l’amour en toile de fond.



Sylvie, l’intrigante, finit par capituler : elle réalise que son Roméo n’est pas si mal. Après avoir failli manger la fameuse colombe en collation (en fait, il s‘agissait du perroquet !), elle tombe dans les bras d’Horace pour un happy end haut en couleurs et en voix !
Bravo à ces jeunes artistes qui ont donné à la colombe, version jonzacaise, des attraits prometteurs !



Prochain rendez-vous : Dimanche 15 mars à l’église de Jonzac avec le Grand Chœur de l’Abbaye aux Dames (16 h).

Photo 1 : Que faire pour une colombe ?

Photo 2 : Comment résister à un fessier aussi bien fait ? La comtesse Sylvie finit par en frémir…

Photo 3 : Les applaudissements aux artistes, aux chanteurs, à Catherine Puig et Florence Guignolet.

Photo 4 : Camille Slosse (Sylvie), Muriel Ferraro (Mazet), Jérémie Delvert (Maître Jean), Xavier Mauconduit (Horace).

Photo 5 : Présentation de Janine Belot

vendredi 6 mars 2009

Pierre Bergé, le rat et le petit lapin : Incident diplomatique entre la France et la Chine


La vente de la collection de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent fait parler d’elle.
D’une part par le montant des enchères (en trois jours, elles ont rapporté 373,5 millions d’euros), mais surtout parce que deux têtes d’animaux ornant l’ancien Palais d’été, à Pékin, sont à l’origine d’un sérieux différend entre Pierre Bergé et le gouvernement chinois. Le dernier rebondissement est cocasse. L’acheteur, qui s’est d’ailleurs révélé être Chinois, ne veut pas les payer. Il encourt les poursuites de Christie’s et des dommages à verser.
Désormais, le lapin et le rat, que Pierre Bergé déclare vouloir garder, sont invendables
sur le marché de l’art. Ambiance...

2009, année de crise et de baisse du pouvoir d’achat. On s’inquiète, on s’agite. En pleine morosité, voilà que surgit l’affaire Pierre Bergé, un homme pour qui la vie n’est pas une ennemie. Il a parcouru un long chemin depuis sa naissance, en 1930, dans l’Île d’Oléron et son baccalauréat passé à la Rochelle. Il est monté à Paris, comme on disait autrefois.
Bien inspiré, il a tracé sa voie et sa rencontre avec Yves Saint Laurent, a été déterminante. Conscient de son talent, il l’a aidé à se faire un nom dans l’univers feutré de la mode parisienne. Il ne s’est pas trompé. YSL a été le Vinci de la haute couture, celui qui suscitait l’émotion, la beauté, le mouvement. Toutes les femmes ont rêvé de porter ses modèles, symboles d’élégance.

Une riche collection

Aimer Saint Laurent, c’est entrer dans le monde artistique. Au fil des ans, Pierre Bergé et YLS ont constitué une collection “coup de cœur”, reflet de leurs personnalités. Ornant leur appartement, elle a cimenté leurs souvenirs.
Anciens, certains objets sont parfois les héritiers d’une histoire mouvementée. Ainsi, deux statuettes chinoises de la dynastie des Qing, achetées par Pierre Bergé en 1980. Datant du XVIIIe siècle, elles faisaient partie des douze têtes animales qui décoraient une clepsydre zodiacale ornant le Pavillon de la Mer calme, dans l’ancien Palais d’été. Un lieu renommé de Pékin où les Empereurs venaient se reposer aux heures chaudes.
En 1860, alors que la deuxième guerre de l’opium fait rage, l’endroit est pillé par des troupes franco-anglaises qui emportent « des trésors de guerre ». À l’époque, l’écrivain Victor Hugo s’émeut et dénonce ces pratiques, si éloignées de l’humanisme et de la tolérance. Ainsi disparaissent des œuvres qui passent en d’autres mains. Sur le lac, reste le bateau de marbre immobile de Cixi : il est si lourd que nul ne peut le manœuvrer et donc l’emporter !
Le rat et le lapin, qui viennent de réapparaître, appartiennent à ce butin. Ils sont les rescapés d’un voyage qui les a conduits jusqu’en France. Comment sont-ils arrivés à Paris ? Voilà une énigme à résoudre, mais Pierre Bergé, qui en est le propriétaire actuel, les a acquis légalement.
La semaine dernière, ils faisaient partie des 733 pièces mises aux enchères par la maison Christie’s. En effet, à la mort d’YSL, Pierre Bergé a choisi de vendre le “passé”. Son objectif : soutenir la fondation YSL ainsi que des associations caritatives grâce aux fonds recueillis.

Rendez-nous les statuettes !

Si la vente n’avait pas été aussi médiatisée, nous n’aurions peut-être jamais entendu parler de l’affaire Bergé ! A leur apparition, le rat et le lapin, orphelins de naissance, attirent l’attention de la Chine, leur patrie originelle. Appartenant à son patrimoine, les dirigeants demandent aussitôt leur restitution, sans bourse délier.
S’ensuit un véritable bras de fer entre Christie’s, Pierre Bergé et la Chine. Qui s’inclinera ? Le pire qui puisse arriver à un Chinois est de perdre la face. Dans ce domaine, Pierre Bergé ne se laisse pas intimider. Ces deux têtes sont à lui et il ne perdra pas la sienne pour les beaux yeux de l’Empire du Milieu !
Les responsables de l’ancien Palais d’Eté de Beijing, le Yuanmingyuan, demandent à ce qu’on retire de la vente le rat et le lapin, requête assortie d’une menace de procès. Une équipe de plus de 80 avocats chinois adresse une lettre à la maison Christie’s.
Rien n’y fait puisque Pierre Bergé, n’étant pas né en 1860, ne se sent pas responsable de la disparition des objets. Il porte l’estocade en lançant un véritable défi aux Chinois : il offrira le rat et le lapin quand la Chine s’engagera à respecter les droits de l’homme et rendra son indépendance au Tibet. Dans le genre “pied de nez”, on a rarement fait mieux !
A Pékin, on bouillonne : « cette affaire porte atteinte aux droits culturels des citoyens chinois et heurte leurs sentiments ». La tension monte.
La vente se déroule et mercredi dernier en soirée, les deux animaux sont adjugés 15,7 millions d’euros chacun (au-dessus des 10 millions de leur estimation haute) à un mystérieux et courageux acheteur joint par téléphone.
La polémique, qui semble calmée, repart de plus belle quand l’identité de l’acquéreur est dévoilée. Il s’agit d’un Chinois, Cai Mingchao, représentant une fondation spécialisée dans la récupération d’œuvres d’art volées (Xiamen). En fait, la maison Christie’s aurait dû pressentir la tournure des événements selon le vieil adage : si tu ne peux pas parvenir au but, il faut le contourner !
M. Mingchao fait savoir qu’il ne paiera pas les statues. Sans doute contrarié, Pierre Bergé rétorque qu’elles resteront chez lui : « elles y étaient, elles y retourneront »...
Cette malheureuse aventure risque-t-elle de provoquer un incident diplomatique ? On pourrait en rire si, une fois de plus, elle ne manifestait un grave dissentiment entre France et la Chine à l’heure où cette dernière n’apprécie guère les commentaires français sur l’indépendance du Tibet et le Dalaï Lama. Que Pierre Bergé ait cru faire de l’esprit en liant la restitution des statues volées à la question tibétaine rend évidemment politique ce qui était une simple querelle privée, d’autant que tout le monde - y compris en Asie - sait que Pierre Bergé, grand ami de la famille Mitterrand, a une influence dans l’hexagone où il soutient Désirs d’avenir, l’association de Ségolène Royal, actuelle présidente de la région Poitou Charentes.
Pour la paix des états, souhaitons que ce « fait divers » puisse trouver un aboutissement heureux. Sinon, un jour ou l’autre, l’Egypte demandera à la France son obélisque et ses momies tandis que l’Inde pourrait agir de même avec l’Angleterre. Imaginez la Reine Elisabeth sans ses fameux diamants. Il ne resterait que Dieu pour la sauver...


Infos en plus

• Christie’s et François Pinault ont-ils du souci à se faire ?

La Chine a averti la société de ventes aux enchères des « graves conséquences » qui découleront de cette vente sur son développement en Chine. Le Bureau d’Etat des Musées et des Découvertes archéologiques a d’ailleurs exprimé son fort mécontentement. « La Chine et la France ont toutes deux signé la Convention d’Unidroit sur les biens culturels volés ou illicitement exportés de 1995, selon laquelle tous les biens culturels volés ou perdus à cause de la guerre doivent être restitués sans délais à leur pays d’origine » déclarent les spécialistes.
Le célèbre homme d’affaires, François Pinault est l’un des principaux actionnaires de Christie’s. Il soutient le peuple tibétain et ne s’en est jamais caché. La presse chinoise, qui ne fait pas les choses à moitié, rappelle également qu’il contrôle un magazine national où Christie’s a exprimé sa position. « Les deux têtes d’animaux en bronze seront rendues si les droits de l’homme sont améliorés en Chine et le feu vert donné à l’indépendance du Tibet » a dit P. Bergé. Une telle déclaration a fait des ronds dans l’eau.
On en saura plus sur cette affaire dans quelques semaines…

• Il manque encore 5 têtes

La Chine est parvenue à récupérer cinq des 12 têtes d’animaux : le bœuf, le singe, le tigre, le cochon et le cheval. Le lapin et le rat sont la propriété de Pierre Bergé qui pourrait être amené à des transactions avec la Chine si la pression entre France et Empire du Milieu devient trop « pressante ». Une intervention du Quai d’Orsay en ce sens n’est pas à exclure. Restent les cinq autres têtes. On ignore où elles se trouvent (dragon, serpent, chèvre, coq et chien).


• Autre polémique : le financement de Ségolène Royal par Pierre Bergé ?

Décidément, du moins s’il croit en l’astrologie, les planètes sont en révolution dans la ciel de Pierre Bergé !
Cette fois-ci, il s’agit de politique. Tout a commencé quand Pierre Bergé, « compagnon de route du parti socialiste », a déclaré « qu’il mettait à disposition de l’association Désirs d’avenir des locaux à Paris ». Information d’ailleurs confirmée par Wikipédia : « Pierre Bergé a soutenu Ségolène Royal pour la présidentielle 2007 et était présent à Villepinte lors de la présentation de son pacte présidentiel, le 11 février 2007. Il finance également le nouveau siège de l’ex-candidate à l’élection présidentielle (un appartement de 150 m, boulevard Saint Germain, dans le 6e arrondissement de Paris). Pierre Bergé est aussi président du Bureau de l’Association des amis de l’Institut François Mitterrand ».
En fait, Ségolène Royal, qui n’a pas souhaité cohabiter avec Martine Aubry au siège officiel du PS, préfère être dans ses propres murs avec son association. Une façon de prouver son indépendance...
Seul hic, Éric Woerth, ministre du budget, s’est alors interrogé sur le financement de Désirs d’avenir. Ce mouvement est-il une simple association qui peut être soutenue par n’importe quel mécène ou, au contraire, un parti politique qui doit obéir à la loi sur la transparence financière ? La question reste ouverte, d’où des explications musclées sur le sujet qui ont alimenté les chroniques durant plusieurs semaines.

Photo 1 : Pierre Bergé

Photos 2 et 3 : Les deux bronzes, une tête de rat et une tête de lapin. L’acheteur chinois a un mois pour honorer son enchère. À l’expiration de ce délai, si la somme n’a pas été payée, Pierre Bergé a deux solutions : soit il récupère les statuettes et les conserve, soit il les remet en vente. Si le prix de cette nouvelle enchère n’est pas aussi élevé que le premier, M. Mingchao devra payer la différence (loi 2000).

Photo 4 : Le Palais d'Été

Photo 5 : L’encyclopédie des Antiquités et de la Brocante de Maurice Rheims annonce la couleur : cette armoire vient vraisemblablement du pillage du Palais d’Eté... De nombreux objets et du mobilier ont ainsi disparu. Certains réapparaissent de temps en temps.

Unicognac - Michel Villemin : L’objectif ? 10 millions de bouteilles en dix ans



Installée sur la zone industrielle de Jonzac-Saint Germain, dans un vaste bâtiment dessiné par M. Foulon, architecte, Unicognac, spécialisée dans les spiritueux (cognac, pineau) et les vins de pays, connaît une belle progression. 70% de ses produits sont exportés, aux USA, Europe, Russie et Asie en particulier. En quittant l’avenue Foch dont les locaux étaient peu fonctionnels, cette société a tourné une page de son existence. Dans la région, elle est bien connue. En effet, sa marque “phare”, Jules Gautret, est intimement liée à une famille installée de longue date dans la capitale de Haute Saintonge, dont plusieurs membres se sont illustrés (René Gautret a été maire de Jonzac). Unicognac, qui compte une cinquantaine de salariés, est dirigée par Michel Villemin, un homme ouvert et cosmopolite. Avec une mère vietnamienne, un père suisse et une épouse d’origine italienne, il ne peut pas en être autrement ! Il fait partie de ces dirigeants humanistes et entreprenants qui connaissent bien le monde des affaires et savent s’adapter en fonction de leur clientèle. Plusieurs fois par an, il se transforme en ambassadeur des marques d’Unicognac. Son objectif : multiplier par deux la production de bouteilles en dix ans. Il répond à nos questions.


Au premier trimestre 2009, comment se porte Unicognac ? Les ventes de votre société sont-elles affectées par la crise, notamment aux USA et en Asie ou, au contraire, constate-on une certaine stabilité ?

UNICOGNAC S.A. se porte bien. Le deuxième semestre 2008 a vu nos ventes progresser de près de 6 % en volume. Nous anticipons cependant une année 2009 plus difficile non seulement à cause de la crise financière et économique, mais aussi en raison des prix des matières premières pratiqués ces dernières années. À la fin janvier 2009 et en année pleine, la région était à moins 8 %. Tous nos marchés export sont affectés par les turbulences actuelles.

Quelle est l’importance de vos diversifications et quels produits dérivés vous semblent toucher le mieux de nouveaux marchés ?

Comme vous le savez, nous sommes la filiale vitivinicole du groupe Syntéane dont le siège social est basé à Saintes. Les adhérents viticulteurs de la coopérative sont producteurs de cognac, pineau des Charentes et vins de pays. Nous avons nous en charge à Unicognac la mise en bouteille et la commercialisation des produits que je viens de citer.
Avant de nous diversifier, il nous faut penser avant tout à écouler la production de nos adhérents. L’idée n’est toutefois pas saugrenue et n’est pas écartée bien au contraire, mais nous avons d’autres chantiers prioritaires : développer les ventes à l’export des produits existants, asseoir nos marques en France et à l’international, optimiser notre nouvel outil de production de Saint Germain de Lusignan.
En tout état de cause, la diversification chez nous devra prendre en compte les intérêts de nos adhérents.

Peut-on espérer, à côté de l’eau-de-vie de cognac et du pineau, “piliers” de la production viticole régionale, développer par exemple des vins mousseux alors qu’on expédie en Allemagne des quantités considérables de vins blancs pour cette destination ?

Pour pouvoir espérer développer “un produit dérivé” quel qu’il soit, il faut avoir derrière la capacité de le promouvoir. Toutes les “success stories” que l’on a connues dans la région ont au moins un facteur commun : les entreprises avaient et ont mis les moyens nécessaires pour communiquer. Malgré tous les efforts louables de certaines interprofessions régionales, les produits qu’elles défendent ont, faute de moyens, peu de notoriété hors de nos frontières.


Vous êtes souvent appelé à vous déplacer à l’étranger afin de promouvoir les produits Unicognac. Les approches commerciales sont différentes d’un pays à l’autre. Comment négocie-t-on en Chine ? En Inde ? aux USA ?

Je ne connais pas l’Inde. Nous n’avons pas encore la chance de commercer avec ce pays. Nous savons que c’est un débouché potentiel pour le cognac, mais malgré son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce, les droits sur les alcools sont encore trop élevés.
Les négociations en Chine sont plus longues qu’aux USA. Il faut toujours garder en mémoire que les Chinois n’aiment pas perdre la face. Il faut donc aborder les discussions avec plus de diplomatie qu’avec les Américains. Il faut aussi savoir décrypter les non-dits. Avec les Américains, c’est plus limpide, oui c’est oui, non c’est non. Sauf à parler chinois, les négociations se font souvent en anglais directement ou via un interprète. C’est une autre difficulté : la maîtrise de la langue.

À ce sujet, quel est votre meilleur souvenir ? Et le plus mauvais ?

Il y a une douzaine d’années, j’ai pu remettre les pieds sur le sol vietnamien, pays où je suis né. J’y ai découvert un autre univers, des nuées de bicyclettes, un peuple en plein désarroi, mais d’une extrême gentillesse et une volonté énorme de s’en sortir. C’est un souvenir inoubliable.
Je n’ai pas de mauvais souvenir. Le commerce international m’a permis de découvrir des pays, des hommes et des cultures différentes. Ce n’est pas toujours simple, mais cela me permet aujourd’hui d’apprécier notre beau pays. Nous n’avons pas à rougir des valeurs de la France. Contrairement aux stéréotypes que nous sommes malheureusement les premiers à véhiculer, la France, ce n’est pas l’image des grèves à répétition. J’ai eu la chance, tout au long de mon parcours professionnel, de rencontrer en France et à l’étranger, des gens remarquables et dans le lot, beaucoup de Français.

En ce qui concerne les ventes en France et en Europe, êtes-vous inféodé aux circuits de la grande distribution ?

Le terme inféodé est un peu fort, mais il est évident qu’aujourd’hui, la grande distribution européenne est incontournable.


Selon vous, comment pourrait-on relancer la consommation de cognac en France face aux alcools de grain ? La publicité faite par le BNIC est-elle suffisante ?

Relancer la consommation de cognac en France est un travail de longue haleine. Le BNIC a eu un certain succès dans son fief, sa communication a été moins efficace en région parisienne, c’est un constat personnel. Je pense que cette instance est confrontée à des questions budgétaires, mais aussi réglementaires avec la fameuse loi Evin qui ne permet pas toujours de communiquer efficacement.
S’il me semble essentiel de continuer, la priorité me paraît être toutefois la Chine et la Russie, voire les pays de l’Est. Ce sont ces pays qui nous ont permis, il y a quelques années, de sortir du marasme. Le potentiel demeure.

Les agriculteurs de la région ont-ils à craindre une nouvelle “crise” des ventes de cognac ?

Une nouvelle crise est en effet à craindre si nous n’ajustons pas le tir rapidement, ou si nous ne nous accordons pas sur la politique à mettre en place.
Il nous faut tenir compte des erreurs commises dans le passé et essayer de ne pas les renouveler.

Plus généralement, comment envisagez-vous l’avenir d’une société comme la vôtre ?

Je suis de nature optimiste. Même en temps de crise, nous avons toujours réussi à tirer notre épingle du jeu. Nous avons un outil de travail certifié ISO 22000 depuis le 3 novembre 2008, des équipes qualifiées et motivées. Avec l’aide de notre maison mère, nous espérons que d’ici 10 ans, nous aurons multiplié notre activité par deux, soit 10 millions de bouteilles.



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• Histoire

La maison Gautret a été fondée à Jonzac en 1847 par Louis François Jules Gautret. Il s’agissait d’une société de négoce qui comprenait une distillerie. « Les Gautret sont arrivés dans la région vers 1780. Avant Jules, la famille devait déjà travailler dans ce créneau d’activités » estime Philipe Gautret, dont Jules était l’arrière grand-père.
L’affaire a été vendue en 1959 à la coopérative Unicognac. Elle a racheté les marques, dont J. Gautret et fils, ainsi que les bâtiments.
C’est pourquoi on retrouve “Jules Gautret” sur les étiquettes actuelles, même si la dénomination a été modifiée par rapport à la version première.

Principaux marchés du pineau : Outre la France, le Bénélux et le Québec.

Ventes globales : 70 % à l’export, 30 % en France.

Photo 1 : Après des études universitaires d’anglais, Michel Villemin a travaillé deux ans en Angleterre pour un transitaire (intermédiaire du commerce international). Depuis trente ans, il n’a eu de cesse de parfaire ses connaissances des marchés export en travaillant pour des sociétés à vocation internationale.

Photo 2 : La photo de groupe autour Michel Villemin, directeur général délégué.

Photo 3 : (Les marques Unicognac) : Jules Gautret (cognac et pineau), Ansac sur le marché américain essentiellement, Quest of venture, Montigny (cognac), Pourquoi pas (cocktail), Thalassa et Père Fouras (vins de pays).
Ces produits sont vendus dans la grande distribution ainsi que dans certaines boutiques (caves de Didonne).

Photo 4 : Organisation : Unicognac (embouteillage, ventes) est une filiale du groupe Syntéane qui encadre la production.

Photo 5 : Alain Baron, commercial.

Photo 6 : Jacques Boismier, directeur commercial.

Nager avec Philippe Lucas :
« La cerise sur le gâteau ! »


La semaine dernière, des nageurs du Club aquatique de Haute Saintonge se sont entraînés à La Rochelle. Qui y ont-ils rencontré ? Le célèbre Philippe Lucas, dont le nom est intimement lié à Laure Manaudou. Etre dans le sillage de ce “personnage” médiatique, qui n’a pas la langue dans sa poche, fut un grand moment...


Aux Antilles de Jonzac, la population s’émeut quand elle croise le président du Sénat, Gérard Larcher. À La Rochelle, les nageurs de Haute Saintonge ont le cœur qui s’emballe quand ils aperçoivent, debout près du bassin, un homme athlétique, maillot jaune et lunettes blanches.
Pas de doute, c’est bien Philippe Lucas ! Un look qu’on ne peut pas manquer, un brin provocateur et surtout un vocabulaire qui va droit au but. Pour preuve, le club de Canet-en-Roussillon vient de le remercier à la suite de déclarations faites à la presse, du style « les nageurs sont dans la merde faute de moyens »…
La rencontre entre Philippe Lucas et les Saintongeais a eu lieu la semaine dernière. Que faisait-il donc en Charente-Maritime ? Sensible à ses problèmes, un ami rochelais lui a tout simplement proposé une ligne d’eau afin qu’il entraîne la dizaine de nageurs l’ayant suivi dans son “exode”.
L’occasion de bavarder était idéale. Laurent Barraud, qui encadre l’équipe jonzacaise, en a pleinement profité. En fait, les objectifs poursuivis par les responsables, qu’ils habitent le Sud ou l’Ouest de la France, sont les mêmes : il s’agit de faire évoluer la natation pour avoir de très bons éléments sur les podiums. Ce sport a le vent en poupe depuis qu’Alain Bernard a décroché l’or aux Jeux Olympiques de Pékin !


« Philippe Lucas est un éleveur de champions. Il détecte les meilleurs et leur offre toutes les chances de progresser. Par ailleurs, on entend beaucoup de choses à son sujet. Personnel-lement, je trouve très accessible » souligne Jean-Luc Dodin qui préside le club de Haute Saintonge pour la deuxième année.

Graines de champions !

Avec ses 243 licenciés, ce club se porte bien. Il compte de nombreuses sections, des plus jeunes aux seniors. Plusieurs nageurs tirent leur épingle du jeu dans la perspective des championnats de France, épreuves régionales, interrégionales et Natatlhon.
Afin d’évoluer dans des conditions optimales, un bassin de 50 mètres est nécessaire, celui de Jonzac ne faisant que 25 mètres. Dans ce cas, il faut aller à Angoulême, Poitiers ou Bordeaux. Une opportunité est apparue à La Rochelle, en février durant la première semaine de vacances.
Huit nageurs prometteurs, filles et garçons, s’y sont donc retrouvés avec leur coach.
« L’expérience est importante car elle leur a fait prendre conscience des réalités. Nager en grand bassin les a placés dans les conditions d’une compétition. Bien sûr, c’est dur, il y a parfois des courbatures, mais l’objectif est que chacun améliore ses prestations. Et si en plus, Philippe Lucas est dans les environs, la cerise est sur le gâteau ! » déclare Jean Luc Dodin qui ajoute, conscient des efforts à fournir : « Il ne faut jamais se contenter de ce qui est acquis ».
Bref, le club aquatique s’active pour réussir la prochaine saison en décrochant des victoires. Un grand bravo à cette jeune association qui file, à la vitesse des dauphins, vers de nouveaux podiums !


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• Antilles - Plan d’occupation des sols ?

Les entraînements habituels ont lieu aux Antilles de Jonzac où le bassin est mis gracieusement à la disposition du club. Ils se déroulent tous les jours, du lundi au samedi. En période d’affluence, les nageurs disposent d’un créneau entre 19 h et 21 h.
On se souvient du billet d’humeur de Jean Luc Dodin quand les entraînements avaient été annulés, un certain lundi, en raison de la venue de Gérard Larcher. « Nous aurions très bien pu nous entraîner car nous ne sommes pas bruyants et n’aurions pas gêné les débats se déroulant dans l’auditorium » explique-t-il. La prochaine fois, une meilleure concertation semble nécessaire...


Photos 1 et 3 : Ont participé aux entraînements à la Rochelle : Romane Archaimbault, Fanny Marquiseau, Pauline Laurent, Clément Komarniki, Bastien Chapeau, Maxime Dodin, Sébastien Berger et Romain Ouvrard. Nous leur adressons tous nos encouragements pour les prochaines compétitions ainsi qu’aux autres nageurs du club aquatique de Haute Saintonge !

Photo 2 : Laurent Barraud et Philippe Lucas.

Photo 4 : Ph. Lucas est désormais au club de Dunkerque.