jeudi 13 octobre 2022

Chepniers : L'histoire de l'église entièrement restaurée « un bien patrimonial que les générations passées nous ont transmis et que les générations futures se doivent d'entretenir et de sauvegarder »

Samedi dernier, étaient inaugurés par la mairie de Chepniers les importants travaux de restauration réalisés dans cet édifice datant du XIIème siècle, construit sur des structures plus anciennes. Vaisseau d'éternité, portant en lui les espérances et les croyances des générations qui se sont succédé, il est le témoignage de la volonté des hommes d'ériger des monuments à la fois témoins et porteurs de leurs engagements. De l'An mil où le pays s'est couvert d'un blanc manteau d'églises (suite à la grande peur d'une apocalypse) selon Raoul Glaber, moine clunisien et chroniqueur du roi Robert le Pieux, aux périodes templières (croisades à Jérusalem) et hospitalières ; de la Révolution française à la séparation des Eglises et de l'Etat en 1905, l'eau a coulé sous les ponts pour aboutir à la liberté des cultes assurée par la République. 

Visiteur, j'orne un chapiteau situé en haut de la chaire. Je te regarde depuis des siècles et je viens de faire l'objet d'un "rajeunissement". N'oublie pas de venir me saluer !



L'architecture intérieure de l'église (© Nicole Bertin)

L'église, quant à elle, est restée debout, voyant passer les ferveurs et les fureurs du peuple avec humilité. Il y a quelques années, la municipalité s'est aperçue qu'elle était en grave danger. Son accès y était dès lors interdit pour des raisons de sécurité. Une mobilisation a eu lieu qui a porté ses fruits. Cette véritable chaîne de solidarité a abouti à sa restauration complète, faisant intervenir sur le chantier des hommes et des femmes de talent qu'ils soient architectes, compagnons, tailleurs de pierre, artisans, restaurateurs d'art. Tous, autour des élus, ont contribué à ce que l'église de Chepniers retrouve sa beauté d'antan. Qu'ils soient remerciés (ainsi que les financiers et les donateurs) pour leur implication et ce flambeau qu'ils transmettent aux génération futures. Ad lucem (pour la lumière) ! 

• Annie Lavaud, historienne, détaille l'histoire de l'église Saint-Etienne qui entre aujourd'hui dans une nouvelle ère :

Photos Nicole Bertin

L'église, à l'issue d'une restauration réussie après sept années de projets et de travaux importants, a retrouvé son éclat d'antan à l'intérieur comme à l'extérieur. Le travail des créateurs des XIIème, XIVème, XVème et XIXème siècles a été scrupuleusement respecté avec leurs marques singulières. Je pense plus précisément aux peintures décoratives des voûtes, des murs et du chœur de l'église.

Après la vague des grandes invasions des IXème et Xème siècles, une relative sécurité encourage les hommes à construire ou à reconstruire, sur des assises anciennes, des édifices qui accueillent une population croissante. L'essor démographique fournit une main d'œuvre plus abondante d'architectes, de tailleurs de pierres, de charpentiers, de sculpteurs et d'apprentis qui se déplacent de chantier en chantier et dotent la Saintonge « d'un blanc manteau d'églises », selon la jolie formule du moine Raoul Glaber.

Au XIIème siècle, l'église Saint-Etienne est construite à l'emplacement d'un sancruaire mérovingien à proximité du « pré de la chapelle » où le Service d'archéologie départementale a découvert, à l'issue de fouilles menées en 1991 et 2017, une nécropole mérovingienne qui compte une cinquantaine de sépultures en sarcophages. De même, l'occupation antique est avérée à travers le mobilier résiduel retrouvé sous les fondations de l'église Saint-Etienne selon le rapport de Céline Trezéguet en 2017. Les fondations du contrefort nord du chevet semblent faites à partir de blocs imposants issus d'une construction très ancienne.

L'église, classée Monument historique en 1935, est dédiée à Saint-Etienne, martyr de l'église au 1er siècle et lapidé à Jérusalem. Jusqu'à la Révolution, Chepniers était le siège d'une commanderie de l'ordre des Chevaliers de Malte issus de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Une commanderie comprenait généralement l’habitation des commandeurs, un logis pour les chevaliers, une chapelle et un cimetière. La maison de Chepniers dépendait de la commanderie de Bussac, puis des Epeaux de Meursac. Des maisons templières semblables existaient aussi au Deffend près de Baignes et à Civrac à Mirambeau.

Par son chevet, à l'extérieur, l'empreinte des Templiers est bien présente dans l'architecture de l'église. Ainsi, le chevet est plat, flanqué aux extrémités de contreforts avec, au centre du chevet, trois ouvertures verticales en plein cintre formant un triplet surmonté d'une ouverture ronde et, à la partie supérieure, un fronton triangulaire.

L'église entièrement rénovée. A voir ses décors peints du XIXe siècle, d'une très grande richesse

Le travail des restaurateurs d'art
L'une des stations du chemin de croix rénové

En façade, à l'ouest, le portail du XIVème siècle est roman. Il est surmonté d’une arcature en arc brisé formant l'archivolte. Chacune des voussures est sculptée ; on y distingue des feuillages et des oiseaux pour celle qui encadre le portail et des moulures en tore pour les autres. Au-dessus, une fenêtre gothique géminée. La façade est couronnée d'un fronton triangulaire et l'ensemble est encadré de contreforts.

Quand on découvre l'édifice puissamment soutenu par des contreforts massifs sur ses quatre côtés, on est frappé par son imposante silhouette et par l'éclat ocré de la pierre. Depuis le XIlème siècle, l’édifice n'a pas connu de restauration majeure sur la structure architecturale primitive et dégage toujours autant de force.

L'église a un plan simple, elle comprend une nef surmontée d'un clocher carré aux ouvertures géminées. Aux extrémités du transept, deux chapelles, l'une dédiée à la Vierge et l'autre à Joseph. Le plafond de la nef du XVème siècle est sur croisées d'ogives. Les clefs de voûtes sont ornées de sculptures. Ainsi un agneau posant une patte sur la croix, symbolisant le sacrifice du christ.

A la croisée du transept, une ravissante coupole sur pendentifs peinte au XIXème siècle est ornée de médaillons représentant les quatre évangélistes Luc, Marc, Matthieu et Jean.

A l'intérieur, le riche décor du XIXème siècle peint à l'huile sur l'ensemble des élévations retient toute notre attention. Il a fait l'objet d'une restauration longue et soignée. Les vestiges du décor médiéval retrouvé étaient dans un état de conservation souvent mauvais. Les infiltrations et les remontées capillaires favorisant la croissance des mousses en sont responsables. Mais il y a eu peu de pertes sur les peintures du XIXème siècle malgré les nombreuses fissures, le décollement des enduits, l'estompage des motifs et les lacunes.

Les restaurateurs ont dépoussiéré, éliminé les tâches, fixé les parties du décor qui n'étaient plus adhérentes et restitué les parties de frises effacées. Et le résultat est bluffant !

La chaire à prêcher - en chêne pour les marches et contremarches et en noyer pour la balustre - a été restaurée à l'identique après un traitement à base de fongicide et d'insecticide. Les bois trop altérés ont été remplacés.

La voûte étoilée dédiée à Marie
La coupole est ornée des quatre évangélistes
Profusion d'entrelacs, de fleurs, de figures géométriques
L'autel à la Vierge

La statue de la Vierge à bras ouverts écrase un serpent croquant un fruit : « Je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents « peut-on lire dans l’Evangile selon Saint Luc. La statue est en bois recouverte d'un enduit en plâtre sur lequel a été appliqué un décor polychrome. Il a été procédé au nettoyage de la statue et au fixage des plaques décollées. Les mains ont été remises en état ainsi que la base de la statue.

La chaire et la statue de la Vierge ont été placées à leur emplacement initial en juillet 2021. Les vitraux ont été nettoyés, certains filets de bordure en plomb ont été changés. Les soudures et l'étanchéité des panneaux ont été revues. Enfin les tableaux du chemin de croix ont été restaurés.

L'église Saint-Etienne de Chepniers restaurée et assainie, dotée d'un réseau électrique entièrement refait et d'un système de chauffage moderne, est sauvée pour le XXIème siècle. Constructions pérennes, les églises étaient, dans l'Ancien Régime, des lieux réservés au culte mais pas seulement. Les assemblées de la communauté villageoise s'y tenaient très régulièrement et parfois des marchés. C'était un lieu de vie et d'espace convivial. Cette ancienne destination revient de plus en plus aujourd'hui : on vient y écouler des concerts ou voir des expositions d'artistes. C’est bien sûr là que se réunissent traditionnellement les chrétiens, que l'on vient célébrer les moments heureux à l'occasion des mariages ou des baptêmes ou plus tristement que l'on se rassemble lors des funérailles de ceux qu'on aime.

L'église est un bien patrimonial que les générations passées nous ont transmis et que les générations futures se doivent d'entretenir et de sauvegarder ».

Admirez la finesse des drapés...
Par le trou de la serrure ?
Détails des ornementations
Agneau posant une patte sur la croix
Le baptistère
L'office célébré par le père Veillon mercredi après-midi en l'église Saint-Etienne

mercredi 12 octobre 2022

Académie de Saintonge : Jean-Charles Chapuzet reçoit le prix de la Haute-Saintonge

Dimanche dernier à Royan, l'Académie de Saintonge a remis le prix de la Haute-Saintonge à Jean-Charles Chapuzet pour "Du bleu dans la nuit" (éd. Marchialy). Originaire de Jonzac, romancier, journaliste, Jean-Charles Chapuzet publie depuis une vingtaine d'années. Récemment, on lui doit un ouvrage inspiré d’un fait divers se déroulant en Hongrie : Le Cri de la cigogne. Il est aussi l'auteur de la BD Cognac en trois tomes ainsi que de deux nouvelles BD, Vergès avec Guillaume Martinez "une nuit avec le diable" et "Le Matin de Sarajevo" avec Christophe Girard (Editions Glénat). A suivre !

Christophe Lucet et Jean Charles Chapuzet

 Le rapport était présenté par Christophe Lucet :

 « Installé à Jonzac où il naquit en 1976, Jean-Charles Chapuzet pratique avec un égal bonheur des genres très différents : le journalisme de reportage ou d’enquête, l’histoire, le scénario de bande dessinée, le roman policier, la critique viticole. D’une curiosité joyeuse, toujours en éveil, à la recherche des bonnes histoires, il cultive à la fois l’ancrage charentais, le goût de l’aventure et celui de la littérature.

Emblématique de son talent est « Mauvais plan sur la comète » (2018) où Chapuzet part sur les pas de Jean-Claude Ladrat, ce Charentais qui construisit une soucoupe dans son jardin pour rencontrer les extra-terrestres et qui, encouragé dans sa folie douce par sa mère, connut une incroyable et éphémère fortune médiatique. Empathique sans s’aveugler sur les ombres du personnage, l’auteur emporte le lecteur sur son porte-bagage d’enquêteur qui sait manier l’autodérision.

L’historien a le goût des personnalités fortes – le général Boulanger, Émile Zola, Jacques Vergès - des idées qui les animent, des courants historiques où ils évoluent. Son dernier roman, « Le Cri de la cigogne » (2021), où il emprunte la voix d’une adolescente, est une plongée magistrale dans l’univers trouble de la Hongrie de Viktor Orban. Humour et sens de l’observation rendent irrésistibles certains textes de Chapuzet, comme ces brèves de comptoir recueillies dans les bars PMU du canton de Montendre durant la récente campagne présidentielle.

Et son goût du fait divers le porte vers les humbles : on admire comment « Du Bleu dans la nuit » (2020) traite finement de la misère sociale malgré le contexte sordide et angoissant du récit de cet enlèvement d’une enfant à Jarnac-Charente. Avec des bonheurs d’écriture et un style qui atteint désormais sa maturité sans rien perdre de sa fraîcheur ».

Cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge dimanche dernier à Royan
Félicitations à Jean-Charles Chapuzet pour ce prix qui honore la ville de Jonzac

Emmanuel de Fontainieu et Christophe Lucet, reçus à l'Académie de Saintonge

Dimanche dernier à Royan, l'Académie de Saintonge, que dirige Marie-Dominique Montel, avait le plaisir d'accueillir deux nouveaux membres, Emmanuel de Fontainieu, directeur du Centre international de la mer à Rochefort (13ème siège), et Christophe Lucet, éditorialiste au journal Sud-Ouest (18ème siège). Nous souhaitons la bienvenue à ces personnalités qui viennent enrichir les rangs de la docte assemblée.

Emmanuel de Fontainieu aux côtés d'Alain Quella-Villéger 
Christophe Lucet, reçu au 18ème siège, succède à Jean Combes

• Réception d’Emmanuel de Fontainieu par Alain Quella-Villéger

« À Tahiti, où l’on s’attend volontiers à rencontrer Pierre Loti, parce que, près d’une cascade sauvage, veille sa statue en jeune marin, il suffit, sur la route y conduisant de croiser une belle bâtisse nommée ‘‘Saintonge’’ pour se demander ce que fait, près de Papeete cette Saintonge de style colonial à belles balustrades blanches ? Victor Raoulx, marin et commerçant oléronais né à Dolus (1842-1914), inconnu du si exhaustif Dictionnaire biographique des Charentais (Le Croît Vif, 2005), ayant contracté sur place fortune et mariage, fit en effet construire cette demeure pour attester de ces deux réussites. Cette image, cette anecdote, pour rappeler que la Saintonge, pour partie immatérielle, est volontiers vouée au grand large et à l’exotisme, ce que l’histoire de l’Hermione nous raconte aussi à sa façon, version nord-américaine cette fois.

Or, c’est sans doute cette fragrance hauturière que vient nous apporter aujourd’hui la présence d’Emmanuel de Fontainieu. Son itinéraire porte d’ailleurs sa part de Pacifique puisqu’il a fait son service militaire dans la Marine, à Nouméa.

Que je vous explique : Fontainieu n’est pas d’ici ; c’est un immigré qui a été victime consentante de deux processus : la maritimisation et la « saintongisation » – j’ose le néologisme ! - Il est en effet né loin de tout littoral, en Alsace, a quitté les bords du Rhin pour ceux de la Seine, le temps de brillantes études (ENS, Institut d’études politiques, licence de lettres modernes, maîtrise et DEA d’histoire période Révolution française, agrégation de Sciences éco), puis il s’est rapproché de la Loire (étape chez Léonard de Vinci au Clos Lucé), avant enfin d’aborder le fleuve Charente.

Cela se passe à Rochefort : notre officier de Marine de réserve devient en 1993 directeur du Centre International de la Mer créé en 1985 dans l’ancienne Corderie Royale, et l’est toujours. Le néo-Rochefortais loge longtemps à La Rochelle, mais finit par quitter ces Aunis par s’installer à Cozes. Le processus de « saintongisation » est achevé : Emmanuel de Fontainieu est définitivement passé du Riesling et du Sylvaner aux terroirs qui produisent le cognac et le pineau...

Notre homme est désormais atteint par le goût des églises romanes, par la lumière blanche de la côte, par la pureté poétique du marais, par le charme de Rochefort, « ville rare » et « arsenal des roseaux », et le revendique non comme le symptôme d’une pathologie incurable, mais comme identité nouvelle, choisie comme une « doctrine » même, c’est son mot... La Saintonge n’est pas seulement un territoire (dont les contours font parfois débat), ni seulement un imaginaire qui sent l’iode, elle est une pensée dynamique et ouverte sur le vaste monde. Un défi peut-être, parce que même en absence visible du large, la mer est là partout prégnante. Quand l’arsenal de Rochefort fut fermé en 1927, « la mer fut en quelque sorte répudiée par décret » dit-il joliment. Oui, mais la mer, justement, ce « grand amour impossible de Rochefort » (cette fois, c’est Orsenna qui parle), répudiée ou pas, visible ou pas, est partout omniprésente. Oserai-je dire qu’il en est ainsi de la Saintonge ?

Donc, avec le Centre international de la Mer, il ne s’agit pas au sens terrien de la Saintonge maritime, mais de la Saintonge des mers et des océans, des grands vents et des bouts du monde, de celle qui se vit sur le pont des navires et en haut des vergues.

De droite à gauche, Emmanuel de Fontainieu, Alain Quella-Villéger, Marie-Dominique Montel, Jean-François Girard, Philippe Ravon

Il suffit de se remémorer les expositions présentées chaque année par le CIM pour s’en convaincre. Ont été au rendez-vous : bateaux vikings, pirates et flibustiers, grande pêche, phares, abysses, art balnéaire, oiseaux marins et d’Audubon, tempêtes, cap Horn, canal de Panama, expéditions polaires, ostréiculture, cartes marines, bande dessinée et j’en passe, sans oublier de citer Conrad, Stevenson, Monfreid, Cendrars (tiens, pas Loti ?!), et même une femme navigatrice qui s’attacha si bien à Oléron : Anita Conti. Au besoin le Centre international de la Mer est partenaire d’expositions qui se tiennent en d’autres lieux, pour évoquer la tempête Xynthia, les villes coloniales ou les ponts transbordeurs.

Mais la grande aventure qu’Emmanuel de Fontainieu accompagna comme membre du bureau de l’association et comme directeur du Centre international de la Mer, c’est bien sûr celle que j’ai mentionnée en préambule : l’Hermione. Est-il besoin de la raconter ? Fontainieu l’a fait et le rappellera sans doute et d’ailleurs son ouvrage L’Hermione, de Rochefort à la gloire américaine a reçu en 2003 le prix Champlain de l’Académie de Saintonge.

Car Emmanuel de Fontainieu est aussi auteur ou directeur d’ouvrages collectifs : citons, par exemple, Les Outils du navigateur avec Richard Texier en 1998, Rochefort et l'estuaire de la Charente, illustré des belles aquarelles de Denis Clavreul en 2008 ; La Mer à l'encre : trois siècles de cartes marines du Moyen Âge au siècle des Lumières en 2010 ; Peurs bleues : prendre la mer à la Renaissance, avec notamment Mickaël Augeron en 2007, etc.

Voilà donc en quelques lignes le rapide portrait de notre nouvel académicien dont on aura compris combien sa présence parmi nous relève d’une évidence et d’une promesse : cette sorte d’axiome glané dans ses pages : « convertir la mémoire à des usages nouveaux. Loin de toute nostalgie, mais toujours à la poursuite du réenchantement des lieux ». Réenchanter la Saintonge, toujours recommencée comme la mer, voilà un beau et fier programme !

Pour ce faire, Emmanuel de Fontainieu embarque aujourd’hui à bord d’une frégate qui a pour nom Académie de Saintonge. Et son équipage le salue chaleureusement et lui crie : « Bienvenu à bord et hissons haut les voiles ! ».

• Réception de Christophe Lucet par Nicole Bertin et Christine de Ponchalon

« En ce 9 octobre, l’Académie de Saintonge est heureuse d’accueillir Christophe Lucet, journaliste à "Sud Ouest" et écrivain. A travers son regard, qu’éclaire une belle humanité, apparaissent deux hommes qui lui sont intimement liés et que l’Académie de Saintonge a compté dans ses rangs.

Tout d’abord Pierre-Henri Simon, né à Saint-Fort-sur-Gironde en 1903 et à qui nous rendrons un vibrant hommage, en partenariat avec la Ville de Saintes, en 2023. Intellectuel engagé, historien de la littérature, essayiste, romancier, poète et critique littéraire, il a été élu à l'Académie française en 1966 et reçu sous la Coupole en novembre 1967. « La Saintonge est l'endroit où, mieux qu'ailleurs, je fixe mes souvenirs et mes songes » disait celui qui fut co-fondateur et directeur de l'Académie de Saintonge, concluant par cette phrase touchante peu avant son décès la séance publique du 27 août 1972 tenue à l’Abbaye aux Dames de Saintes. 

Pour les directeurs et directrice qui lui ont succédé, « il n’existe pas meilleure introduction à ce qu'est l'Académie de Saintonge : une compagnie dédiée au rayonnement de sa région et à l'expression de l'attachement qu'on lui porte ». Pierre Henri Simon, nous en reparlerons prochainement grâce à l’exposition qui se met en place. Parmi ses nombreux engagements, sa prise de position « contre la torture », écrite à une époque - celle de la guerre d'Algérie - où il était osé d’aborder le sujet, ne manquera pas d’intéresser le public. Fait prisonnier en 1940, il fonda avec ses camarades d'infortune en Allemagne une petite université. Il y prononça notamment une conférence « Ma Saintonge » et rédigea un roman d'analyse psychologique « L’Affût » paru aux éditions du Seuil.

Le père de Christophe, Jean-Louis Lucet, fut au cours de sa carrière diplomatique ambassadeur de France au Sénégal, en Israël, en Italie et auprès du Saint-Siège. Ancien vice-président du Secours catholique et ancien président de France-Italie, il participe au conseil d’administration de l’Œuvre d’Orient et fait partie de l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Il est membre honoraire de l’Académie de Saintonge et nous le remercions d’avoir travaillé parmi nous. Gendre de Pierre-Henri Simon, il a valorisé l’œuvre de son beau-père, pour qui il avait une grande affection, par des expositions, colloques, conférences et présentations d’ouvrages. « Mon père a découvert la Saintonge qu’il a épousée en même temps que ma mère Jacqueline, surnommée Jacotte », souligne Christophe Lucet.

Celui-ci est le digne héritier de cette lignée empreinte d’humanisme, talentueuse, soucieuse de la transmission de la connaissance, toujours prête à s’interroger sur le monde qui l’entoure. Enfant, son esprit s’est ouvert au gré des postes occupés par son père à l’étranger. Sa voie est bientôt tracée. Après avoir suivi des études de lettres, il entre à Paris au Centre de formation des journalistes. Le voici en poste à Aden au Yémen du Sud, détaché auprès de l’ambassade de France en tant que conseiller culturel, après avoir travaillé pour Radio France internationale. En 1986, il rejoint les rangs du journal Sud-Ouest aux agences de Périgueux, Agen, La Rochelle, Bordeaux. Il est nommé à Sud-Ouest Dimanche en 1999. Éditorialiste depuis 2010, il a rejoint la rédaction générale où il est responsable de la rubrique "international" de Sud-Ouest. « La géopolitique m’intéresse. Le Moyen-Orient, les relations Ouest-Est, la Chine, le conflit en Ukraine », explique-t-il. Il est aussi l’auteur de plusieurs préfaces dont l’une consacrée à la réédition du roman de Pierre Henri Simon « Elsinfor » par les éditions du Croît Vif.

De nombreux sujets retiennent son attention comme la littérature ou la poésie. Il fait partie du conseil d'administration du Festival international du film d'histoire de Pessac organisé depuis 1989 autour d'une sélection thématique. L'édition 2022 se déroulera en novembre sur le thème "Masculin-féminin, toute une histoire". Un vaste programme en effet !

Christophe Lucet occupera le 18ème siège de l’Académie de Saintonge, succédant à Jean Combes : « je suis heureux de faire partie de ce réseau académique composé de personnalités venant d’horizons différents, qui ont du vécu et sont ancrées, comme moi, en Saintonge » avoue-t-il. Bienvenu à vous, Christophe Lucet ! ».

Christophe Lucet et Annie Libaud, fidèle de l'Académie de Saintonge !

mardi 11 octobre 2022

Chepniers : Renaissance de l'église Saint-Etienne après six ans de chantier

Samedi dernier, la mairie de Chepniers a inauguré la fin des travaux de restauration de l’église Saint-Etienne. Figurant parmi les plus remarquables de Haute-Saintonge, sa renaissance extérieure et intérieure s’est étalée sur plusieurs années. Originalité : des peintures murales couvrent l'ensemble des élévations. Remontant à la fin du XIXe siècle, elles la distinguent parmi les autres édifices du Sud du département. Scènes religieuses et motifs ont ainsi été "rajeunis". Compagnons, artistes et artisans sont intervenus pour redonner à cette « aïeule » sa beauté initiale. Les municipalités successives, conduites par Michel Louassier et Thierry Clémenceau - élu depuis 2020 - peuvent être fières : elles ont relevé le défi grâce à leur détermination à sauver ce monument gravement menacé. Remercions les généreux donateurs, les collectivités (l'Etat, le Département, la Région, la CDCHS via le fonds leader), la Sauvegarde de l’Art français, le Crédit Agricole ainsi que des particuliers qui ont apporté leur pierre à l’édifice sous l'égide de la Fondation du Patrimoine.

Les municipalités qui se sont succédé, conduites par les maires Michel Louassier et Thierry Clémenceau, ont contribué à la renaissance de l'église Saint-Etienne
Propriété des Templiers, puis des Hospitaliers, l'église de Chepniers a traversé le temps jusqu'à sa restauration complète au XXIe siècle

Cette inauguration s'est déroulée en présence de nombreuses personnalités, Thierry Clémenceau, maire, les élus de la commune de Chepniers, Jeanne Blanc et Yves Poujade, conseillers départementaux, des représentants du Conseil régional, la Communauté de Communes de Haute Saintonge, la Fondation du Patrimoine, la Sauvegarde de l’art Français, le Crédit Agricole, Marie-Pierre Niguès, architecte du patrimoine, la société Verre Jade et Sandrine Jadot-Pivet, restauratrice du chemin de croix, la société Arthema, chargée des peintures murales, Mgr Colomb, évêque de la Rochelle et Saintes, le père Veillon, curé de Montlieu la Garde, Annie Lavaud, historienne, et tous ceux et celles pour qui cette restauration incarne une valeur de transmission aux générations futures.  

Les allocutions (ici la Sauvegarde de l'art français)


Deux maires réunis, Michel Louassier et Thierry Clémenceau

En effet, l’église de Chepniers a traversé le temps jusqu’à un rapport inquiétant établi en 2013 par l’Architecte des Bâtiments de France. L’édifice était en péril et des travaux d’urgence s’imposaient. Un choix grave pour la municipalité. En 2014, suivant les recommandations de l’ABF, elle ouvrait le processus de sauvegarde et de restauration de l’église : elle faisait alors un appel à candidatures auprès de maîtres d’œuvre pour la réalisation d’un audit de l’état du bâtiment. Le cabinet Niguès était choisi pour effectuer le diagnostic complet. Conclusion : l’édifice n’était vraiment pas en bonne santé ! En 2016, ce même cabinet présentait son rapport devant le conseil municipal et la population lors d’une grande réunion. Le budget prévisionnel atteignait un million d’euros. Un choc pour les responsables qui se demandaient comment une commune de moins de 700 habitants pouvait honorer une telle dépense ! 

Et c’est là que se sont produits quelques « miracles » permettant la concrétisation des travaux. Il a fallu être patient et convaincant pour que le dossier puisse suivre son cours. On dit souvent que pour trouver leur accomplissement, les justes causes doivent se situer au bon endroit au bon moment ! L’église de Chepniers, que le maire qualifie de « notre château », a bénéficié de cette heureuse conjoncture. 

Oubliée la période délicate où l’église était jugée trop dangereuse pour être ouverte au public ! Après six ans de fermeture, elle célèbre sa renaissance avec une sérénité qui touche le cœur de chacun, quels que soient ses engagements. Pour les habitants, c’est un fleuron local, une richesse dont ils sont les gardiens ; pour les amoureux du passé, ce sera un endroit où les étudiants en histoire de l’art pourront s’attarder et les conférenciers échanger ; pour les croyants, un lieu de culte et de recueillement ; pour tous enfin, un symbole de la volonté des municipalités de sauvegarder leur patrimoine et l'héritage des anciens. Quatre tranches de travaux ont été nécessaires. 

Philippe Jounet, ancien élu s'étant largement impliqué dans la restauration de l'église, a rendu hommage à Claude Lataste qui a contribué à la renaissance du monument
Le dévoilement des deux plaques

Après le dévoilement des deux plaques commémoratives et les allocutions d’usage, la manifestation s’est poursuivie par la visite de l’église et les commentaires de l’architecte du patrimoine qui a expliqué les restaurations réalisées dans un esprit de continuité. La longue chaîne de la main qui se tend vers une autre « in secula secularum ». 

Cette rencontre s’est achevée par le verre de l’amitié offert par la municipalité

La contribution de la Fondation du Patrimoine
Les explications de Marie-Pierre Niguès, architecte du patrimoine


 • Le financement global de la restauration est de 857.400 euros (Etat, Région, Département, Fonds leader via la CDCHS, Fondation du patrimoine, donateurs privés, Sauvegarde de l’art français, Crédit agricole).

• Texte la plaque située à l'entrée : L'église Saint Étienne a fait l'objet d'une importante campagne de rénovation dont les travaux se sont réalisés de 2018 à 2022. C'est grâce au soutien de l'État (DRAC), de la Région Nouvelle Aquitaine, du Département de la Charente-Maritime, de la Communauté des Communes de Haute-Saintonge mais aussi à la générosité de mécènes, la Sauvegarde de l'Art Français, le Crédit Agricole ainsi qu'aux 145 dons de particuliers et d'entreprises sous l'égide de la Fondation du Patrimoine que ce projet a pu voir le jour. Nos sincères remerciements - Le Conseil Municipal de Chepniers

• Messe en l'église de Chepniers mercredi 12 octobre à 18 h 30 célébrée par le père Veillon.

lundi 10 octobre 2022

Centre des congrès/Jonzac : "Very Math Trip" avec Manu Houdart

Dans le cadre des Journées Nationales de l'APMEP (Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public) qui se déroulent du 22 au 25 octobre au Centre des Congrès de Haute-Saintonge, venez découvrir le spectacle phénomène qui vous réconcilie avec les maths : "Very Math Trip" interprété par Manu Houdart !

Quel pari fou d’avoir décidé de nous faire aimer cette matière fascinante et presque effrayante que sont les mathématiques ! Un spectacle qui s’adresse même à ceux qui pensent être des cancres. Avec une énergie débordante, Manu Houdart s’amuse à nous démontrer qu’elles se cachent partout dans nos vies, que le théorème de Pythagore peut se glisser (incognito) dans une partie de foot, que le bonheur et l’amour peuvent dépendre d’une simple équation...

Sous la direction de Thomas le Douarec, metteur en scène du célèbre spectacle "Les Hommes viennent de Mars et les Femmes de Vénus", Manu Houdart offre un "one-math-show" aussi inédit qu’inoubliable. On en ressort émerveillé. "Very Math Trip", un show familial drôle, truffé d’anecdotes et de moments "Waooh" qui nous embarque pour un voyage ludique, pédagogique, et à la passion joyeusement contagieuse.

Manu Houdart, passionné d’histoire des maths et de vulgarisation, agrégé de mathématiques, s’est lancé dans une folle aventure : transmettre son amour de la discipline à un large public. Alors jeune enseignant au profil déjà atypique, il s’est vu remettre en 2003, des mains de la Reine belge Paola, le prix de l’Innovation Pédagogique après avoir fondé une association pour soutenir les élèves en difficulté. De là, surgit la Maison des Maths (MdM) en Belgique, avec un objectif simple : donner (du) goût aux mathématiques afin de les « humaniser ». Mais son humour et son talent pour raconter des histoires vont le faire basculer vers le spectacle en 2017. Avec son « one-math-show » qui a déjà séduit près de 50 000 spectateurs, le pari semble bel et bien réussi. Avec beaucoup d’humour, d’enthousiasme et de pédagogie, Manu Houdart nous démontre que les maths se cachent partout dans nos vies, ne sont pas forcément complexes et surtout qu’on peut les aimer ! Après Paris, Lille, Strasbourg, Rouen, Caen et Avignon, c’est avec une grande joie que nous l’accueillerons à Jonzac le 22 octobre prochain pour présenter au grand public son spectacle "Very math trip". A ne pas manquer !

• Samedi 22 octobre 2022 de 21 h à 22 h 30

Adulte à partir de 15 €, Enfant à partir de 6 €, Tarif réduit à partir de 10 €, 40€ par famille (2 adultes et 2 enfants).