lundi 26 octobre 2026

Jonzac : Une pétition pour dire non au projet de déremboursement des cures thermales

Le jonzacais Thomas Antoncznyk, propriétaire de locations thermales, tire la sonnette d'alarme et s'associe à la pétition lancée par Marie Costa, présidente de la Fédération Thermale Occitanie quant au déremboursement des cures thermales. Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 est actuellement examiné par les députés et un premier vote est prévu le 27 octobre. Face à la perspective de transfert de 200 millions d'euros de l'Assurance Maladie vers les mutuelles santé, la mobilisation s'organise. Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe d'études sur le thermalisme à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy de Dôme, et Julien Dubois, maire de Dax et président de l'Association nationale des maires des communes thermales, ont demandé au Gouvernement de maintenir les conditions actuelles de remboursement jusqu'aux conclusions de la Haute Autorité de santé (HAS). 

« Le thermalisme est essentiel à la santé des patients, à l'emploi et à la vitalité de nos territoires. En tant qu'établissement thermal, nous soutenons cette mobilisation pour préserver l'accès aux soins et l'avenir de nos stations thermales. Chaque soutien compte » souligne la station thermale de Jonzac sur son site.

A suivre...


Thomas Antoncznyk :
« Chaque signature compte. Le gouvernement envisage de transférer 200 millions d’euros de dépenses liées aux cures thermales de l’Assurance Maladie vers les complémentaires santé dès 2027. Mais qui paiera réellement la facture ? Les mutuelles prendront-elles le relais ? Et combien de curistes devront renoncer à leur cure si leur reste à charge augmente ? Les précédentes annonces de déremboursement en 2025 ont provoqué une baisse de fréquentation des stations thermales. Une baisse de 13 % du nombre de curistes a été évoquée au niveau national avec des conséquences pour les commerces, les emplois et l’économie locale. Fin 2025, la mobilisation avait permis de faire reculer cette même mesure gouvernementale. Aujourd’hui, une nouvelle menace se profile avec le projet de transfert de dépenses vers les complémentaires santé dans le cadre du PLFSS (Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale). Près de 500 000 patients suivent chaque année une cure thermale. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’une médecine de confort, mais d’une prise en charge de maladies chroniques, avec des bénéfices sur la douleur et la qualité de vie. Et l’impact ne s’arrête pas aux portes des Thermes.

À Jonzac comme dans les 88 autres stations thermales, les curistes font aussi vivre les commerces, les artisans, les restaurants, les hébergements et de nombreux emplois locaux. Selon les chiffres avancés par les défenseurs du thermalisme, la filière représente 4,5 milliards d’euros de retombées économiques annuelles et 25 000 emplois non délocalisables. Fragiliser l’accès aux cures, c’est risquer de fragiliser toute une économie locale : moins de curistes, c’est potentiellement moins de clients pour nos commerçants, moins d’activité pour nos entreprises et moins de recettes pour nos territoires. Le thermalisme est le poumon socio-économique de nos territoires. Ne le sacrifions pas pour une économie budgétaire qui pourrait coûter bien davantage à nos villes et à nos villages. Je vous invite à signer et à partager cette pétition pour défendre les cures thermales, les patients et tous ceux qui en dépendent économiquement » explique-t-il.

https://www.change.org/.../non-au-deremboursement-des...

Extraits de la pétition : 

« DITES NON AU DEREMBOURSEMENT DES CURES THERMALES

Non à la disparition des cures thermales et des territoires thermaux ! Non à un déremboursement qui ne dit pas son nom. Pour une économie estimée à 200 millions d’euros, serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale. De quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité. Avec nos eaux, durables, éternelles même, chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladies chroniques trouvent un traitement durable et naturel. Dans 90 % des cas, les cures présentent un service médical rendu démontré : elles réduisent la douleur, améliorent la qualité de vie et limitent le recours aux médicaments et aux hospitalisations. Les cures thermales représentent 0,1 % du budget de l’Assurance Maladie pour 8,3 millions de journées de soins. Un coût dérisoire pour un bénéfice inestimable.

L’économie espérée de 200 millions serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui s’y substitueraient. L’Etat se retrouverait avec 25000 personnes à indemniser durablement sans en percevoir les cotisations, ni l’impôt et 4,8 milliards d’euros de retombées économiques annuelles en moins ! Près de 70 % des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants : les fragiliser reviendrait à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes.

Non à la mort lente de notre économie, de notre santé, de nos territoires. Le plan de licenciement de 25000 personnes est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste. L’enterrement des communes, qui vivent de leurs eaux, est commandé. Ni fleurs, ni couronnes, juste une vague passe aux mutuelles. Ce diktat, nous le refusons ». 

Marie Costa, présidente de la Fédération Thermale Occitanie

Arrondissement de Jonzac/Les débuts de la résistance de 1940 à 1942 : Face à la terrible répression allemande, des hommes et des femmes courageux...

Le courage, le film en deux parties consacré au Général de Gaulle, le cite en exemple. En cette période agitée du monde où les contours de l'avenir sont auréolés d'un flou peu artistique, le message est puissant. La Seconde Guerre mondiale inspire les cinéastes puisque sont sortis entre autres Pressure, Les raisons et les ombres, Nuremberg, les enfants de la résistance, le Salut dont une partie a été tournée en Nouvelle-Aquitaine. Liste non exhaustive. Dans le contexte actuel où les consciences s'interrogent, le passé démontre une évidence : dans les périodes les plus difficiles, se dressent des hommes et des femmes qui font preuve d'audace et de pugnacité. Souvent au péril de leur vie quand d'autres, par confort, intérêt ou couardise, se rangent du côté du plus fort...

Invité par le Rotary-Club Jonzac Haute-Saintonge, l'historien Denis Gandouet a présenté récemment une conférence aux Archives sur "les débuts de la Résistance dans l’arrondissement de Jonzac entre 1940 et 1942". Au départ deux gendarmes, l'adjudant-chef Georges Bernard et le maréchal des logis-chef René Gibeau. Tous deux sont en poste à Jonzac. D'autres résistants les rejoignent... 

Denis Gandouet est professeur d’histoire-géographie au lycée Audouin-Dubreuil à Saint-Jean-d’Angély. Membre associé du CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique, universités de Nantes et de La Rochelle), vice-président de la Société rochelaise d’histoire moderne et contemporaine, il collabore à la revue d’histoire régionale Écrits d’Ouest

Nous sommes en Charente-Inférieure (qui deviendra plus tard la Charente-Maritime) après la débâcle de juin 1940. L'armistice est catastrophique : la France doit verser 400 millions de francs/or par jour et 1.800.000 soldats sont faits prisonniers. Dès lors, le pays est partagé par une ligne de démarcation. Les trois cinquièmes du territoire (Nord et Ouest, ainsi que l'Alsace-Moselle annexée et le Nord-Pas-de-Calais rattaché au commandement de Bruxelles) sont occupés par l'armée allemande. Le Sud forme la "zone libre", sous l'autorité du gouvernement de Vichy. C'est le coup de massue. En Haute-Saintonge, la résistance ne se constitue pas immédiatement sous la forme de maquis organisés. Elle se développe progressivement à travers des solidarités locales, la transmission des informations, des sabotages et l’aide aux personnes. La période 1940-1942 est avant tout celle de la formation des réseaux et des engagements clandestins. 

Une France coupée en deux


Parmi les premiers actes, citons André Ransac. Instituteur à Saint-Martial-sur-Né, il découvre à Lonzac, au début de l’été 1940, des armes abandonnées par l’armée belge en retraite. Avec René Gibeau, maréchal des logis à la gendarmerie de Jonzac, il cache une partie de ces munitions. Le principe est d'en laisser sur place afin de ne pas attirer l'attention des Allemands. Cet acte illustre l’une des préoccupations des premiers résistants : disposer de moyens matériels susceptibles de servir ultérieurement. « Ils ont agi de leur propre initiative » souligne le conférencier. A cette même période, l'occupant perquisitionne chez l'habitant, recherchant fusils de chasse et cartouches le plus souvent, à déposer en mairie. 

Dès l’été 1940, alors que l’armistice vient d’être signé, des Saintongeais commencent à réagir. Le caractère rural du secteur, ses relations avec les départements voisins, la présence de personnels des administrations et des services publics favorisent la constitution de petits réseaux de confiance. Des filières de "passages" s'organisent tant vers la Charente que la Gironde. Une aide est apportée notamment à 17 prisonniers évadés. Il s'agit également de fabriquer de faux papiers pour permettre de circuler et de rejoindre un territoire moins dangereux. Au sabotage des télécommunications, s'ajoute la collecte des renseignements sur les troupes allemandes, les déplacements et leurs installations. En novembre 1941, René Gibeau dérobe des documents à Saint-Genis-de-Saintonge. Un prisonnier évadé, René Roullet, est hébergé chez Georges Bernard à Jonzac. Il trouve un emploi au camp de réfugiés espagnols à Montendre (actuelle cité des Chaumes). « Les personnes engagées ne disposent ni d’un commandement unifié, ni de moyens importants. Leur action repose surtout sur des liens personnels, des relations professionnelles et des solidarités de proximité » remarque Denis Gandouet.

Les réseaux de Résistance se structurent : SR Kléber, Jade Amicol, CND Castille et OCM

Le groupe Bernard, par exemple, coupe 185 mètres du câble téléphonique reliant Royan à Bordeaux, entraînant une interruption de 18 heures ! A Châtenet, la maison d'Abel Sauvêtre, située en hauteur, permet d'observer les allées et venues des Allemands qui occupent l'habitation d'en face. Il cache des prisonniers dans son grenier et ne sera jamais pris. Des tracts contre Vichy sont imprimés et distribués. Les contacts entre militants, fonctionnaires, cheminots, gendarmes et autres citoyens permettent de mettre en place des activités régulières. Georges Bernard évite la mort de 6 otages en 1942 : « il a catégoriquement refusé de désigner six personnes aux Allemands qui finiront par abandonner leur funeste projet ». Les Juifs, peu nombreux dans la région, sont également protégés. Les gendarmes ont cet avantage d'être avertis parmi les premiers des personnes recherchées : ils peuvent donc les prévenir. Parallèlement, les lettres de dénonciation arrivent en grand nombre.

Membres du groupe Gibeau
En 1941, un groupe est créé par le Parti communiste français clandestin. Jusqu'à présent, le PC ne faisait pas parler de lui en raison de l'accord entre Hitler et Staline, lequel a volé en éclat quand l'Allemagne nazie a lancé l'opération Barbarossa, c'est-à-dire l'invasion militaire surprise de l'Union soviétique. 

Le jonzacais Guy Châtaignié, âgé de 16 ans, le rejoint en novembre. Il participe à des activités de renseignement, de collecte d’armes et de diffusion de tracts. Ce groupe s’inscrit dans la dynamique du Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France, mouvement de résistance associé aux communistes. 

L’année 1942 constitue un tournant. Les groupes locaux se sont renforcés, mais leur clandestinité les rend vulnérable : les communications, les déplacements et les réunions exposent leurs membres à la surveillance et à la délation. René Peltant est nommé chef du réseau PC de Jonzac et rencontre sa "supérieure", Madeleine Normand, tous les quinze jours au calvaire de Saint-Léger. Les dirigeants sont arrêtés et Peltant se retrouve seul. Pas pour longtemps avec la relève d'Alice Varrailhon et Maxime Bacquet, dit "Rolland". Le dynamisme revient avec la création de six sections dans le sud Saintonge. Guy Châtaigné appartient à ce mouvement. Arrêté par la Gestapo le 23 septembre 1942, il sera emprisonné à Lafond, à La Rochelle, puis transféré au camp de Compiègne et déporté à Sachsenhausen. Il ne sera libéré que le 2 mai 1945, après avoir survécu notamment à une marche forcée de 220 kilomètres en dix jours. 

Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France,
mouvement de résistance associé aux communistes

En juillet 1942, des imprimés sont tirés en grand nombre près de la Garenne et certains sont distribués à la sortie de la messe de Jonzac ! Le feu est mis à la LVF, située rue Laporte (Légion des volontaires français contre le bolchevisme, organisation armée collaborationniste française créée en juillet 1941 pour combattre l'Union soviétique aux côtés de l'Allemagne nazie. Elle a été dissoute en 1944 et ses membres intégrés dans la division SS Charlemagne). 

Chacun apporte sa pierre à l'édifice dont André Arrivé, Henri Bossuet, Paul Comte, Léopold Dussaigne, Maurice Chastang, Georges Rideau, Renée Manon, la fratrie Fradon, etc. 

Maxime Bacquet a été fusillé le 13 décembre 1943 à Belle-Beille, Angers.
Militant communiste, il était résistant OS-FTPF-Front national dans le Maine-et-Loire,
les Deux-Sèvres et la Gironde.
Sous l’Occupation, Alice Varrailhon loge des clandestins. Elle est également agent de liaison des Francs-Tireurs et Partisans (FTP), recueille des fonds et des vivres pour les camarades emprisonnés. Arrêtée, elle trouvera la mort en camp de concentration

Deux jeunes résistants jonzacais. Denis Gandouet a consacré un ouvrage
aux témoignages de Guy Châtaigné. 

Comme on s'en doute, les Allemands ne restent pas inactifs. Les résistants et la cellule communiste sont traqués. La répression ne touche pas seulement des saboteurs et des groupes armés : elle vise également les militants chargés du renseignement, de la propagande clandestine et de la coordination locale. Les enquêtes s'effectuent avec la participation des services français du régime de Vichy. Les réseaux sont fragiles et les personnes interrogées sont torturées. Ainsi, Roger Peltant est arrêté à Saint-Jean-d’Angély et déporté. « Il faut éviter de considérer tous les groupes du territoire jonzacais comme une organisation unique. Les militants communistes, les réseaux de renseignement et les groupes qui se rapprochent de l’OCM (Organisation civile et militaire) et de la Résistance départementale ont des origines et des modes d’action différents. Leur rapprochement progressif appartient à une histoire qui se poursuivra en 1943 » mentionne le conférencier. 

Les premiers résistants du secteur ont payé un lourd tribut. Sur 50, 26 ont été déportés et 16 sont morts. Deux ont été fusillés. « Un résistant sur deux a été transféré dans un camp durant cette période et un sur trois est décédé ». Ayons une pensée affectueuse et reconnaissante envers ces hommes et ces femmes qui se sont élevés pour combattre l'intolérance. 

Un échange avec le public (nombreux) a clôturé cette présentation. Un participant s'est étonné de ne pas entendre les noms de Pierre Ruibet et Claude Gatineau, liés à l'explosion des carrières d'Heurtebise. Cet évènement est plus tardif, en 1944. Un prochain sujet pour Denis Gandouet ?

Denis Gandouet et Brigitte Rokvam, du Rotary club Jonzac Haute-Saintonge


• Raymond Bouchet et Roger Faraud : Ces deux instituteurs, engagés dans la vie politique et sociale locale, ont contribué à mettre en relation des groupes du sud du département avec des organisations de résistance plus structurées. Malgré les mesures administratives qui les éloignaient de Jonzac, ils conservaient des contacts et contribuaient au recrutement. Roger Faraud s’appuyait notamment sur ses relations dans le secteur de Clérac. 

Séance de dédicaces
• Le Réseau Kléber (ou SR Kléber) est l'un des services de renseignements militaires clandestins les plus importants de la Résistance française. Issu des services spéciaux de l'armée française d'Armistice (Vichy) après l'armistice de 1940, il a opéré dans la clandestinité la plus totale pour fournir des informations stratégiques cruciales aux Alliés et à la France libre.

• Jade-Amicol est un réseau de la Résistance intérieure française entre 1940 et 1944. Le réseau s'est développé dans le Sud-Ouest de la France et travaillait pour les Anglais de l'Intelligence Service (MI6)

• La Confrérie Notre-Dame (CND), devenue plus tard le réseau CND-Castille, est l'un des plus importants réseaux de renseignement de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, fondé à l'été 1940 par Gilbert Renault, connu sous le pseudonyme du colonel Rémy.

L'OCM (Organisation Civile et Militaire) est un mouvement de résistance français né en décembre 1940, dirigé notamment par le colonel Maxime Touny.

dimanche 25 octobre 2026

Mouvement du samedi 24 octobre : Circulation perturbée à La Rochelle et Saintes A La Rochelle, les forces de l'ordre protègent des commerces de la zone de Beaulieu

La mobilisation contre la vie chère a réuni environ 3 600 personnes en Charente-Maritime, dont près de 3000 à La Rochelle.

Six sites de rassemblement ont été recensés dans le département. Si les mobilisations se sont déroulées globalement dans le calme, des blocages ont perturbé la circulation à La Rochelle et à Saintes. Il est à noter, toutefois, que près de 400 manifestants ont essayé de s'attaquer aux commerces de la zone commerciale de Beaulieu, qui a été protégée par les forces de l'ordre. Les forces de sécurité intérieure ont ainsi été mobilisées tout au long de la journée pour assurer la sécurité des personnes et préserver l’ordre public.


• LES CHIFFRES CLÉS : Environ 3 600 manifestants recensés dans le département ; 5 interpellations avec garde à vue ; 6 sites de mobilisation recensés dans le département ; 2 feux ont été éteints à proximité de la rocade par les sapeurs-pompiers.

• DES RASSEMBLEMENTS DANS LE CALME MALGRÉ QUELQUES HEURTS

À La Rochelle et son agglomération

Après une première déambulation dans le centre-ville, le cortège s’est dirigé vers la rocade rochelaise, dont la circulation a été bloquée dans les deux sens de circulation, avant de regagner le centre-ville. En parallèle, un groupe de 400 manifestants s’est dirigé vers le centre commercial Beaulieu, où les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles en protégeant la zone afin qu'aucune dégradation et aucun pillage ne soient perpétrés.

Les autres rassemblements ont concerné Rochefort (max 250) ; Saintes (max 230) ; Royan (max 20 ; Jonzac (max 85) ; Montendre (5). Ces mobilisations se sont déroulées dans le calme.

UN DISPOSITIF DE SÉCURITÉ MOBILISÉ TOUTE LA JOURNÉE

Activé dès 8 h, le Centre opérationnel départemental (COD) a assuré la coordination des services et le suivi de la situation sur l’ensemble du département. Cinq interpellations (3 majeurs et 2 mineurs) ont été réalisées pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences, dissimulation de son visage, participation à une manifestation interdite, jet de projectiles envers les forces de l’ordre, outrage, et transport d'arme de catégorie D.

Le COD a été levé à 19 h après la fin des rassemblements et alors que la situation était redevenue normale dans l’ensemble du département.

Le préfet de la Charente-Maritime rappelle que les manifestations déclarées ont été autorisées. Les forces de l'ordre avaient pour mission de protéger la sécurité des personnes et des biens, y compris les manifestants. Il condamne, toutefois, fermement les agissements des manifestants qui ont affronté les forces de l’ordre.

vendredi 23 octobre 2026

Mouvements sociaux en Charente-Maritime : « Après les blocages, dégradations et incidents survenus lors de la mobilisation du 17 octobre, l’État mobilise pleinement les forces de sécurité »

À la veille de nouveaux mouvements sociaux annoncés en Charente-Maritime, le préfet, Michel Prosic, renforce le dispositif de sécurité afin de prévenir tout trouble à l’ordre public. Après les blocages, dégradations et incidents survenus lors de la mobilisation du 17 octobre, l’État mobilise pleinement les forces de sécurité et rappelle les règles applicables aux rassemblements. L'État fera preuve de la plus grande fermeté et sera intraitable face aux casseurs, aux auteurs de dégradations et à toute personne qui se livrerait à des violences ou à des exactions

• MANIFESTATIONS NON DÉCLARÉES : LES INTERDICTIONS RAPPELÉES

À ce jour, une seule manifestation a fait l’objet d’une déclaration préalable en Charente-Maritime, à Jonzac. Par ailleurs, de nombreux appels à se rassembler samedi 24 octobre circulent sur les réseaux sociaux. Le préfet rappelle que toute manifestation non déclarée est par nature illégale. De ce fait, les rassemblements annoncés mais non déclarés auprès des services de l’État, dans les conditions prévues par la loi, sont interdits. Le préfet appelle chacun à prendre ses responsabilités, à respecter strictement ces interdictions et à renoncer à toute participation à un rassemblement interdit. En revanche, les manifestations qui ont fait l’objet d'une déclaration sont bien évidemment autorisées.

• UN DISPOSITIF DE SÉCURITÉ RENFORCÉ

Les forces de sécurité seront pleinement mobilisées pour prévenir les troubles à l'ordre public, protéger les personnes et les biens et faire respecter les mesures en vigueur. Le Centre Opérationnel Départemental (COD) sera activé samedi 24 octobre afin de coordonner l’action des services de l’État et de garantir une réponse rapide à l’évolution de la situation.

Des mesures complémentaires applicables samedi 24 octobre

Interdiction des manifestations, attroupements et rassemblements revendicatifs non déclarés à : Saintes, Rochefort, Royan, Bourcefranc le Chapus, La Rochelle, Puilboreau et Montendre.

Objets dangereux : le préfet a pris, dans les communes où les manifestations non déclarées sont interdites, un arrêté interdisant temporairement : la détention, le transport et l’usage, sans motif légitime, d’armes et d’objets pouvant constituer une arme par destination ; la détention, le transport et l’utilisation de fusées et d’artifices de toute nature ; le port, sans motif légitime, d’équipements de protection individuelle sur la voie publique.

Captation d’images par drone à La Rochelle : les opérations de captation, d’enregistrement et de transmission d’images au bénéfice de la direction interdépartementale de la police nationale sont autorisées.

• INFRACTIONS : UNE RÉPONSE FERME SUR LE TERRAIN ET DEVANT LA JUSTICE

Les parquets sont d'ores et déjà mobilisés afin que les infractions constatées soient traitées avec diligence. Les organisateurs de manifestations non déclarées et les personnes qui enfreindraient les interdictions s’exposent aux sanctions prévues par la loi, selon les faits commis. Violences, dégradations, pillages ou autres infractions : les auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice. Le préfet rappelle que les forces de sécurité interviendront pour faire respecter les mesures en vigueur et prévenir tout débordement.

Le préfet appelle à la responsabilité de chacun

Le préfet de la Charente-Maritime appelle chacun à respecter les interdictions et les consignes de sécurité. La liberté de manifester ne saurait servir de prétexte aux violences et aux dégradations. L’État prendra les mesures nécessaires pour garantir l’ordre public et faire respecter la loi.

mardi 20 octobre 2026

Jonzac/Expo Cloître des Carmes : Philem ou l'imaginaire de la réalité

Jusqu'au 25 octobre, Philipe Dernet, alias Philem, présente ses toiles au cloître des Carmes. Un monde coloré tel que le perçoit l'artiste, un univers libéré de ses contraintes où s'exprime la paix, sans retouches...

L'exposition de Philippe Dernet tombe à point. Par ses couleurs, ses harmonies et sa précision, elle écarte la violence qui déferle aujourd'hui sur la France. Elle constitue ce havre que nombreux recherchent : l'équilibre et cette volonté qui guide les artistes à créer des plages de sérénité quand, ailleurs, les esprits s'échauffent pour ne générer que du vide. 

Après nous avoir régalé avec la "Galette réaulaise", Philippe Dernet a rejoint la Barbouille en 2011, association qui lui a fait découvrir un univers qu'il connaissait peu. Celui de la palette, du trait, de l'inspiration ! En 2015, il vole de ses propres ailes et présente sa première exposition. Depuis, il poursuit sur sa lancée, utilisant plusieurs techniques :  « Ce que je présente sont des réalités que je transforme en imaginaire » dit-il. Esprit en mouvement, il aime l'œuvre de Dali, mais pas seulement : « je suis attentif au travail des autres peintres et je m'inspire des scènes qu'offre la vie quotidienne ». A suivre !

Philippe Dernet, alias Philem (©NB)
Lors du vernissage, Nathalie Sablon, adjointe à la culture, présente Philem

• A découvrir jusqu'a u 25 octobre, tous les jours de 14h30 à 18h30

Un aperçu des toiles de Philem

Le château de Jonzac

Les lavandières
L'Eglise de Royan

Hôpital de Saintes : Ouverture d'un centre de vaccination départemental

Une nouvelle offre de vaccination accessible dès 6 ans est déployée progressivement à l’échelle du département

Le centre départemental de vaccination de Charente-Maritime vient d'ouvrir sur le site hospitalier de Saintes. L’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine a confié au Groupe Hospitalier Saintes – Saint-Jean-d’Angély la mise en œuvre de cette nouvelle mission. Accessible à partir de 6 ans, ce centre propose des consultations de vaccination trois demi-journées par semaine. Il complète l’offre de vaccination existante et développera également des actions « d’aller-vers » auprès des populations les plus éloignées du système de soins. Son déploiement se poursuivra à l’échelle départementale avec l’ouverture d’une antenne sur le secteur rochelais, envisagée début 2027.


Une nouvelle offre de vaccination en Charente-Maritime

Le centre départemental de vaccination a pour mission de renforcer l’offre vaccinale en Charente-Maritime et de faciliter l’accès à la vaccination et à la prévention. Il propose les vaccinations obligatoires et recommandées conformément au calendrier vaccinal en vigueur (DTP, coqueluche, ROR, HPV, Pneumocoque, Méningite, Hépatites, Grippe, COVID).

Lors des consultations, les professionnels réalisent une évaluation du statut vaccinal, apportent une information personnalisée, vérifient les éventuelles contre-indications et réalisent la vaccination lorsqu’elle est indiquée. Le centre de vaccination participe également aux campagnes de vaccination organisées par les pouvoirs publics, notamment les campagnes nationales et régionales, et peut être mobilisé dans le cadre de campagnes vaccinales exceptionnelles.

Une offre complémentaire aux possibilités de vaccination existantes

La création du centre de vaccination départemental ne se substitue pas aux possibilités de vaccination proposées par les professionnels de santé du territoire. Des actions communes de prévention et de vaccination seront organisées avec ces partenaires. Le centre de vaccination travaille d’ailleurs déjà conjointement avec la CPTS de Saintonge Romane sur des actions de prévention autour de la vaccination.

En complément des consultations organisées sur le site hospitalier de Saintes, des actions seront organisées hors les murs afin d’intervenir directement auprès des populations identifiées comme prioritaires. Ces interventions pourront prendre la forme d’actions d’information et de sensibilisation ou de séances de vaccination. Elles pourront notamment être organisées dans des structures de soins, PASS, CeGIDD, établissements médico-sociaux, structures d’hébergement, établissements pénitentiaires, centres de formation ou établissements scolaires. A terme, une demi-journée par semaine sera consacrée aux actions d’information et de vaccination hors les murs.

Un déploiement progressif à l’échelle départementale

L’implantation du centre de vaccination à Saintes est la première étape du dispositif. Une antenne sur le secteur rochelais est envisagée début 2027. Elle sera rattachée au centre départemental et fonctionnera comme une antenne de proximité, avec une organisation coordonnée avec le site de Saintes. Associées aux actions « aller-vers », ces deux implantations doivent étendre progressivement l’offre de vaccination sur le territoire départemental. Le projet prévoit une montée en charge progressive de l’activité, avec un objectif de 1 000 vaccinations par an.

Une équipe appelée à se renforcer

Le centre de vaccination s’appuie à son ouverture sur une équipe associant des compétences médicales en vaccination, prévention et santé publique, une compétence infirmière formée à la vaccination ainsi qu’un secrétariat administratif mutualisé avec le CeGIDD. Pour les actions hors les murs, une équipe mobile composée d’un médecin et d’un infirmier est prévue. Des recrutements sont en cours afin de renforcer progressivement l’équipe et d’accompagner le développement de l’activité.

Informer et sensibiliser à la vaccination

Au-delà des consultations et des vaccinations, le centre de vaccination a également une mission d’information et de sensibilisation. Il participera à des actions de promotion de la vaccination auprès de la population et des professionnels de santé, en cohérence avec les recommandations nationales et régionales de santé publique. Ce projet prévoit notamment des actions d’information sur les différentes vaccinations, des interventions auprès des professionnels de santé et des actions de prévention organisées avec des partenaires du territoire.

Le centre de vaccination départemental en pratique :

Ouverture : Depuis le mercredi 19 octobre 2026

Lieu : Site hospitalier de Saintes - 11 boulevard Ambroise-Paré, 17100 Saintes - niveau 0 – accès par le hall principal, derrière le comptoir des admissions

Horaires des consultations :

- lundi de 9h à 12h30

- mardi de 13h30 à 17h

- mercredi de 9h à 12h30

Public : dès 6 ans

Permanence téléphonique et prise de rendez-vous au 05 46 95 15 18, du lundi au vendredi, de 9h à 17h ou par mail à prevention-et-sante@gh-saintesangely.fr

lundi 19 octobre 2026

Après les violences du 17 octobre, les maires se rassemblent devant la mairie de Jonzac

Christophe Cabri : « Ne laissons jamais la violence prendre la place du dialogue, ni la colère détruire ce que nous avons construit ensemble. Notre force, c’est notre capacité à vivre ensemble, à nous entraider, à nous respecter et à préparer collectivement l’avenir de notre territoire »

Suite de l'appel de l'Association des maires de France, Christophe Cabri a invité les maires, habitants et acteurs du territoire, à se retrouver lundi à 12 h devant la mairie de Jonzac. Les violences du samedi 17 octobre ont choqué les Français. Grave, l'heure est à l'unité. Nul ne sait quel sera l'avenir puisque de nouvelles mobilisations sont annoncées...

 

Allocution de Christophe Cabri, maire de Jonzac : 

« Si nous sommes réunis aujourd’hui devant notre mairie, c’est pour affirmer avec force et conviction, notre attachement à nos institutions républicaines, à nos valeurs démocratiques et aux libertés publiques.

L’Association des Maires de France a appelé les élus et les citoyens à se rassembler devant les mairies, à la suite des violences, des incendies et des dégradations qui ont visé plusieurs bâtiments publics et commerces dans notre pays. Ces actes sont graves. Ils sont inacceptables. Ils ne peuvent être ni banalisés, ni justifiés. Dans nos communes, la mairie est au cœur de la vie collective. J’ai en cet instant, une pensée particulière pour mon collègue Guillaume Guérin, Maire de Limoges.

Une mairie, c’est un lieu de dialogue, de service public et de démocratie. Elle doit rester un lieu ouvert, accessible à tous, où les désaccords peuvent s’exprimer librement, mais toujours dans le respect des personnes, des biens et des institutions.

Rien ne peut justifier que la violence se substitue au dialogue, que la destruction remplace le débat ou que l’intimidation cherche à faire taire la démocratie. Nous condamnons donc avec la plus grande fermeté les attaques et les violences commises contre les mairies, les bâtiments publics, les commerces et, plus largement, contre celles et ceux qui font vivre notre République.

On peut être en colère. On peut contester une décision gouvernementale. On peut manifester, faire grève, exprimer son désaccord avec force. C’est un droit fondamental dans notre démocratie. Mais rien, absolument rien, ne justifie de brûler une mairie, de saccager un commerce, de menacer un élu ou de s’en prendre à ceux qui assurent les services publics.

La colère ne donne pas tous les droits. La contestation n’autorise pas la violence. Et la République ne doit jamais céder devant ceux qui veulent imposer leur loi par la force.

Je pense notamment à certains responsables politiques A ceux qui incitent à la violence, à ceux qui la justifient et lui donnent de la légitimité, à tous ceux, qui, par leurs déclarations ou leurs comportements, contribuent à entretenir un climat de confrontation.

La responsabilité politique existe. Personne ne devrait pouvoir jouer avec les tensions, attiser les affrontements ou banaliser les violences sans avoir à rendre de comptes sur ses propres paroles et ses propres actes. Les élus ont une responsabilité particulière. Ils ont le devoir de respecter les institutions et de condamner sans ambiguïté les violences. La même exigence de responsabilité doit s’appliquer à tous.

Aujourd’hui, nous exprimons notre solidarité envers les maires, les élus, les agents publics et les habitants des communes touchées. Nous pensons également aux forces de l’ordre et aux services de secours, mobilisés pour protéger les personnes, préserver les biens et rétablir la sécurité. Je veux également rappeler une conviction essentielle : défendre nos institutions ne signifie pas ignorer les difficultés de nos concitoyens. Je pense aux lycéens, aux étudiants, aux soignants, aux services de secours, aux forces de l’ordre, aux actifs, aux retraités, aux viticulteurs qui traversent une crise profonde ; à tous ceux qui portent des revendications légitimes. Leurs difficultés sont réelles et ne doivent pas être ignorées.

Je refuse que notre discours républicain nous éloigne de la réalité vécue par des milliers de personnes. La fermeté face à la violence est pleinement compatible avec l’attention portée aux souffrances humaines. Condamner les dégradations et les atteintes aux institutions ne doit jamais nous conduire à détourner le regard des difficultés sociales qui traversent notre société. Au contraire, c’est parce que nous sommes attachés à la République que nous devons faire vivre ses valeurs au quotidien : la solidarité, la dignité, l’égalité et le respect de chacun.

À Jonzac, nous savons combien le service public local repose sur l’engagement quotidien des élus et des agents. Derrière chaque porte ouverte, chaque démarche accompagnée, chaque service rendu, il y a des femmes et des hommes qui travaillent au service de l’intérêt général. Les prendre pour cible, c’est méconnaître ce qu’ils représentent et ce qu’ils accomplissent au quotidien pour la population. Notre rassemblement n’est dirigé contre personne. Il ne vise ni à opposer les citoyens entre eux, ni à nier les difficultés, les colères ou les désaccords qui peuvent traverser notre société. Dans une démocratie, chacun doit pouvoir exprimer ses convictions, contester une décision et faire entendre ses revendications. Mais cette liberté ne peut s’exercer au détriment de celle des autres. Elle ne peut autoriser les violences, les dégradations ou les atteintes aux institutions démocratiques. Notre responsabilité collective est donc claire : préserver les lieux du dialogue, protéger les services publics et défendre les principes qui nous permettent de vivre ensemble.

Aujourd’hui, devant la mairie de Jonzac, nous rappelons que la République ne se résume pas à des symboles ou à des textes. Elle se construit chaque jour dans nos communes, dans nos écoles, dans nos services publics et dans nos lieux de vie. Elle se construit par le respect, par l’écoute, par la solidarité et par la volonté de régler nos différends autrement que par la violence.

Notre mairie est celle de tous les Jonzacais. Elle est la maison du peuple, pour le peuple et au service du peuple. Elle n’appartient à aucun camp, à aucune sensibilité, à aucun intérêt particulier : elle appartient à la collectivité tout entière. La défendre, c’est défendre notre capacité à faire société. C’est défendre le droit de chacun à être entendu, la liberté de chacun à s’exprimer et la possibilité, pour tous, de participer à la vie démocratique.

En nous rassemblant, nous affirmons notre attachement à notre République Une république riche de ses communes, proche de ses habitants et fidèle à ses valeurs. Nous affirmons que nos mairies doivent demeurer des lieux de paix, de dialogue et de confiance. Et nous affirmons, ensemble, que rien ne doit nous détourner de notre mission : servir l’intérêt général et faire vivre, chaque jour, les valeurs de la République. Aujourd’hui, montrons que notre ville sait se rassembler lorsqu’il s’agit de défendre l’essentiel. Montrons que nous pouvons être différents dans nos opinions, nos parcours et nos convictions, tout en restant unis autour de ce qui nous rassemble : faisons entendre une voix claire, une voix digne, une voix républicaine.

Ne laissons jamais la violence prendre la place du dialogue, ni la colère détruire ce que nous avons construit ensemble. Notre force, c’est notre capacité à vivre ensemble, à nous entraider, à nous respecter et à préparer collectivement l’avenir de notre territoire.

Alors, faisons de ce rassemblement un message d’unité et d’espérance. Un message adressé à nos concitoyens, mais aussi à toutes les communes de France : nos mairies resteront debout, ouvertes et au service de tous. Parce que nous croyons en la démocratie, parce que nous croyons en la République et parce que nous croyons en notre capacité à vivre ensemble malgré nos différences. Voilà le message que nous portons. Nos communes choisiront toujours le respect plutôt que la violence, le dialogue plutôt que la confrontation et la solidarité plutôt que la division ».

Macron, le Prince lointain ?

« Il ne suffit pas de se demander : Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Il faut se demander : Quels enfants allons-nous laisser à notre planète ? » Pierre Rabhi, écrivain

Les événements du samedi 17 octobre ont bouleversé le pays. Les manifestations contre la crise et le pouvoir d'achat ont été éclipsées par une déferlante d'agressivité, inattendue par son intensité. La violence est passée, le souvenir reste : affrontements, magasins vandalisés, incendies, jusqu'à la mairie de Limoges détruite par les flammes, celle de Marseille assiégée de même que la préfecture de Bordeaux. Que sont devenues les doléances légitimes des lycéens, des familles qui ne parviennent plus à joindre les deux bouts, des agriculteurs ? Liste non exhaustive. La France souffre et avec elle, ceux qui protègent les populations, forces de l'ordre, policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers. 

Le séisme est de forte magnitude. Dans la presse, les commentaires sont multiples selon la couleur politique de l'invité interrogé. Les plateaux succèdent aux plateaux. Inlassablement. Des responsables sont pointés du doigt. Dimanche soir, Emmanuel Macron s'est exprimé à la télévision, sans faire de grandes annonces. Le lendemain, il s'est envolé pour les pays du Golfe en voyage officiel. Parmi les discussions, le prix des carburants à la pompe et le moyen « d'acheminer les hydrocarbures liquides par des voies alternatives et de contournement ». Son second quinquennat s'achève et sans doute publiera-t-il, dans quelque temps, un livre sur ses deux mandats. A six mois des prochaines élections présidentielles, il semble loin des meetings et de l'énergie déployée au printemps 2017 dans la course à l'Elysée...

1789, mai 1968, 17 octobre 2026

L’histoire ne se répète jamais tout à fait, mais elle a parfois de curieuses façons de nous rappeler ses leçons. De 1789 à mai 1968, jusqu’à cette journée du 17 octobre 2026, la France a connu des colères populaires dont les causes, les formes et les conséquences diffèrent, mais qui posent toujours la même question : que devient la parole du peuple lorsqu’il estime ne plus être entendu ? Le prix de la vie, les inquiétudes des lycéens, les difficultés des salariés, la détresse de nombreux agriculteurs et le sentiment de déclassement d’une partie des citoyens ne sont ni des inventions, ni des caprices. Ce sont des réalités qui appellent des réponses politiques. Pourtant, lorsque les revendications sont éclipsées par les vitrines brisées, les commerces pillés, les voitures incendiées et les bâtiments publics attaqués, la colère perd sa lisibilité et les premières victimes sont souvent ceux-là mêmes au nom desquels elle prétend s’exprimer. L’incendie de la mairie de Limoges symbolise tragiquement ce basculement : s’en prendre aux lieux de la démocratie locale, c’est atteindre un patrimoine commun destiné à servir tous les habitants. 

En 1789 comme en mai 1968, les mouvements populaires ont laissé un héritage complexe, fait de conquêtes, de fractures et de désillusions. Mais une évidence demeure : la légitimité d’une revendication ne saurait absoudre la violence, pas plus que la condamnation des violences ne saurait dispenser l'Etat d’écouter les revendications. 

Macron : de Jupiter aux pays du Golfe

Emmanuel Macron avait promis de transformer la vie politique française, de réconcilier efficacité et confiance, de renouer le lien entre les citoyens et leurs institutions. L’image du président jupitérien, maître du temps et gardien de la verticalité du pouvoir, se heurte aujourd’hui à cette interrogation : gouverner, est-ce seulement diriger le pays, ou est-ce encore parvenir à être entendu par lui ? Dans son allocution du 18 octobre, le chef de l’État a condamné les violences, promis que les auteurs seraient poursuivis et demandé que toute la lumière soit faite sur le dispositif de maintien de l’ordre. Il a également distingué les requêtes légitimes des actes de destruction. 

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, doivent désormais répondre à deux questions : rétablir la sécurité et expliquer comment des violences d’une telle ampleur ont pu se déployer dans plusieurs villes. Les critiques venues de différentes sensibilités politiques montrent que le sujet dépasse les clivages habituels. Dans ce contexte délicat, le président a maintenu son déplacement dans des pays du Golfe, au moment où la France panse ses plaies. 

Quand des commerçants découvrent leurs vitrines détruites, quand des élus constatent les dégâts infligés à leurs communes et quand des familles redoutent de nouvelles violences, l’autorité gouvernementale se mesure autant à sa présence politique qu’à ses déclarations. À l’approche des prochaines manifestations, la fermeté devra s’accompagner d’anticipation. Faute de quoi, chaque nouvelle journée de mobilisation risque de devenir un test de force plutôt qu’une occasion de répondre aux préoccupations actuelles. 

Et maintenant, qu’allons-nous faire ?

Il reste les victimes, celles dont on parle trop peu lorsque les images spectaculaires ont disparu des écrans : les commerçants qui devront reconstruire leur activité, les salariés dont l’emploi est menacé, les contribuables qui auront à supporter le coût des destructions. Il reste aussi les communes meurtries, les préfectures attaquées et les symboles républicains pris pour cible. Face aux casseurs, aux pillards et aux groupes organisés qui cherchent à imposer leur loi, l’État doit être ferme et identifier les responsables. 

Que peuvent faire les citoyens de bonne volonté ? Leurs marges restent les mêmes, quelle que soit la situation : soutenir les victimes, participer aux initiatives de solidarité, demander des enquêtes transparentes, défendre le droit de manifester pacifiquement, refuser toute complaisance envers ceux qui confondent contestation et destruction. Et puis, il leur faut aussi encaisser l'uppercut qu'ils ont reçu samedi. Il laissera des traces dans les mémoires. Pour certains, on parlera de "syndrome de stress post-traumatique". Parfois, la douce France perd son charme pour dresser des barricades et livrer des batailles. Les générations et les modus vivendi se heurtent. « Il ne suffit pas de se demander : Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Il faut se demander : Quels enfants allons-nous laisser à notre planète ? » déclarait avec justesse Pierre Rabhi, écrivain et pionnier de l'agroécologie.

Les prochaines mobilisations devront être l’occasion de réaffirmer une règle simple : on peut combattre une politique sans saccager une ville, réclamer justice sans attaquer les institutions et dénoncer les injustices sans en créer de nouvelles. Mais les hommes en noir cagoulés, au dress code affirmé, entendront-ils le message ? Rien n'est moins sûr. L'avenir nous le dira...

dimanche 18 octobre 2026

Soutien de l'Association des maires et présidents d'intercommunalités de Charente-Maritime au maire de Limoges et à ses habitants

L’Association des Maires et des Présidents d’intercommunalité de Charente-Maritime (AMF17) condamne avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations perpétrées à l’encontre de l’Hôtel de Ville de Limoges

La mairie de Limoges a été détruite par les flammes samedi 17 octobre

Comme l’a rappelé Guillaume Guérin, maire de Limoges :

« Notre mairie n’est pas un simple bâtiment : c’est la maison commune, le cœur battant de notre ville et le visage de la République au plus près de chacun. S’en prendre à elle, c’est s’en prendre à la République, à nos services publics et à l’ensemble des Limougeauds ».

La liberté de manifester est un droit fondamental. La violence, les destructions et les menaces n’ont, elles, aucune place dans notre République.

Au nom de l’ensemble des élus de Charente-Maritime, Alexandre Grenot, président de l’AMF17, exprime son soutien plein et entier à Guillaume Guérin, aux élus municipaux, aux agents territoriaux et à tous les habitants de Limoges. Toucher à une mairie, c’est toucher à un symbole de notre démocratie locale. L’AMF17 réaffirme sa solidarité indéfectible avec tous les élus confrontés à la violence et aux intimidations.

samedi 17 octobre 2026

Réaction du président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset

Mobilisation du 17 octobre : « Rien ne saurait justifier le recours au saccage et à la violence »

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, condamne avec force la dégradation de la résidence de la préfète de région à Bordeaux, de l’incendie à la mairie de Limoges, et aux vitres cassées de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux survenus ce jour à l’occasion de la mobilisation du 17 octobre.

 « Rien ne saurait justifier le recours à la violence, rien ne légitime que la résidence préfectorale, l’hôtel de ville de Limoges ou encore les vitrines de la CCI Bordeaux soient ainsi saccagés, dégradés, vandalisés et brûlés. Ces actes sont le fait d'individus isolés et n'ont rien à voir avec la mobilisation citoyenne et syndicale de cette journée. Le message de la jeunesse, notamment, ne doit pas être terni par la lâcheté des casseurs. Toute contestation doit se dérouler de façon démocratique et dans le respect des personnes et des biens d'autrui. La violence contre les bâtiments publics et institutionnels est inacceptable : elle touche de plein fouet notre démocratie et l’essence même de notre République. C’est pourquoi j’apporte tout mon soutien à Sophie Brocas, préfète de région, à Philippe Lassalle Saint-Jean, président de la Chambre régionale d’industrie, et à Guillaume Guérin, maire de Limoges, à l’ensemble des conseillers municipaux, ainsi qu’aux agents municipaux. Il faut urgemment ouvrir une véritable séquence de dialogue, seule issue possible pour qu’advienne l’apaisement général. Il est plus urgent que jamais que nous nous écoutions ».


Journée du 17 octobre : Environ 8 000 manifestants dans le département

MOUVEMENTS SOCIAUX EN CHARENTE-MARITIME       

Bilan départemental de la journée du samedi 17 octobre 2026

La mobilisation contre la vie chère a rassemblé environ 8 000 personnes en Charente-Maritime, dont près de 7 000 à La Rochelle. La journée a été marquée par des blocages de circulation et des tensions importantes dans l’agglomération rochelaise, notamment aux abords de la zone commerciale de Puilboreau. Les forces de sécurité intérieure ont été fortement mobilisées pour protéger les personnes, prévenir les dégradations et maintenir l’ordre public. Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé dès 6h30.

Bilan : Environ 8 000 manifestants recensés dans le département. 316 personnels des forces de sécurité intérieure (FSI) mobilisés.11 interpellations : 10 à La Rochelle et 1 à Rochefort. 5 gardes à vue à l’issue de ces interpellations. 7 sites de mobilisation recensés dans le département.

UNE MOBILISATION SUR SEPT SITES, DES PERTURBATIONS ET DES TENSIONS PONCTUELLES

• À La Rochelle

Près de 7 000 personnes ont participé à la mobilisation.

Après une déambulation globalement calme dans le centre-ville, des tensions ont été constatées avec une centaine d'individus cagoulés, à plusieurs reprises au contact des forces de l’ordre. Des tags ont été relevés sur l’hôtel de ville. Des feux de poubelles ont été allumés puis éteints, les sapeurs-pompiers intervenant sous la protection des FSI.

Les deux sens de circulation de la rocade ont été bloqués. Aux abords de la zone commerciale de Puilboreau, environ 500 manifestants hostiles ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre et allumé des feux. Les unités déployées pour protéger le site et prévenir tout pillage ou dégradation ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour les éloigner.

La dispersion s'est faite au centre-ville après de nouveaux heurts, provoqués par une centaine d'individus violents.

Les autres rassemblements ont concerné : Rochefort (environ 400 manifestants) ; Saintes (300 manifestants) ; Royan (50) ; Bourcefranc-le-Chapus (30) ; Tonnay-Charente (30) ; Saint-Genis-de-Saintonge (10).


Ces mobilisations se sont déroulées dans le calme.

UNE MOBILISATION SOUTENUE DES FORCES DE SÉCURITÉ

Activé dès 6h30, le COD assure la coordination et le suivi de la situation sur l’ensemble du département. 316 personnels des forces de sécurité intérieure ont été engagés. Leur mobilisation a nécessité des redéploiements successifs pour faire face à l’évolution des rassemblements, sécuriser les axes de circulation et protéger les personnes, les commerces et les biens.

Au total, 11 interpellations (dont 2 mineurs) ont été réalisées : 10 à La Rochelle et 1 à Rochefort pour port de cagoules, détention de mortiers, outrage et/ou participation à un attroupement armé. 5 de ces interpellations ont conduit à une garde à vue. Le COD a été levé à 20h40.

• Michel Prosic, préfet, « condamne tous les actes malveillants et provocateurs à l'encontre des forces de l'ordre commis par des individus au visage souvent dissimulé »

« Malgré l’ampleur de la mobilisation, la multiplicité des sites et les déplacements rapides des manifestants sur un large périmètre, les forces de sécurité intérieure ont su faire preuve de professionnalisme et de réactivité pour assurer leurs missions de protection et de maintien de l’ordre. Je tiens à saluer leur engagement, qui a permis de maîtriser les tensions et de préserver la sécurité des personnes et des biens. Je condamne tous les actes malveillants et provocateurs à l'encontre des forces de l'ordre commis par des individus au visage souvent dissimulé » souligne Michel Prosic, préfet de la Charente-Maritime

mercredi 14 octobre 2026

Académie de Saintonge/Prix La Rochelle Université : Cécile Jollet « une réputation mondiale dans le domaine du neutrino »

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix La Rochelle Université a été remis à Cécile Jollet pour le projet JUNO sur les neutrinos. Des recherches passionnantes menées en Chine, à l’Observatoire souterrain de Jiangmen en service depuis un an

• Jean-François Girard présente Cécile Jollet, physicienne et enseignante-chercheuse

Jean-François Girard aux côtés de Cécile Jollet (©NB)

Cécile Jollet, née à Saint-Jean d’Angely, a fait ses études à l’Université de La Rochelle puis de Bordeaux, et soutenu, à 26 ans, sa thèse de doctorat en physique dans la spécialité Noyaux, atomes, agrégats, plasma. Aujourd’hui maître de conférences à l’université de Bordeaux, elle a acquis une réputation internationale dans le domaine du neutrino. Le neutrino est une particule élémentaire (indivisible en fractions plus petites) constitutive de la matière à côté des protons, neutrons et électrons. Son existence suspectée dès 1930, est l’objet de recherches internationales sur ses propriétés et son rôle.

Le neutrino est si petite taille qu’on a cru longtemps que sa masse était nulle. Il est électriquement neutre et ne peut interagir avec les champs électromagnétiques, ce qui le rend très difficile à détecter. Et puis, le neutrino traverse la matière sans être arrêté. Ainsi, des milliards de neutrinos traversent notre corps à chaque seconde sans qu’on les ressente !

Si leur rôle reste encore débattu, les neutrinos trouvent leur "utilité" en astrophysique comme marqueurs d’événements et en physique des particules pour comprendre les lois fondamentales de la nature. On explore aussi leur usage comme source d’énergie ou de communication.

Compte-tenu des difficultés de sa détection, les recherches sur le neutrino imposent des installations coûteuses tel l’Observatoire souterrain de Jiangmen en Chine en service depuis un an. C’est le projet JUNO qui fédère 700 scientifiques pour un budget d’un demi-milliard par an. Sous la coordination de Cécile Jollet, la France y participe avec 20 chercheurs du CNRS et un budget annuel de 300 K€.

A la recherche des neutrinos...

Cécile Jollet au sujet du neutrino, une nature invisible et furtive

« Vous vous attendez à ce que je vous parle des neutrinos ? » a enchaîné Cécile Jollet. Effectivement, ce monde invisible fascine et intrigue. « Nous sommes dans un feu d'artifice de neutrinos. On ne les voit pas, mais il y en a plus d'un milliard qui nous traversent ! Ils sont partout dans l'atmosphère. C'est une particule fondamentale créée par le Soleil, la Terre. Il est intéressant d'étudier leurs propriétés parce qu'ils pourraient être la clé pour comprendre la symétrie matière - anti-matière. En clair, si on veut comprendre pourquoi la matière a gagné, pourquoi nous sommes ici, le neutrino peut l'expliquer. Pour aller chercher la particule, un énorme détecteur est nécessaire. Nous nous sommes donc regroupés en coopération internationale et travaillons ensemble sur des projets certes coûteux, mais qui répondront à de nombreuses questions fondamentales dans un avenir proche». 

Nous sommes impatients de connaître la suite ! 

Académie de Saintonge : Le prix Xavier de Roux remis à Isabelle Crèvecœur, paléoanthropologue ; Le prix Jean-Claude Dubois à Corinne Pelluchon, philosophe

La cérémonie de remise des prix de l'Académie de Saintonge s'est déroulée dimanche 4 octobre, salle Jean Gabin à Royan. Le Prix Xavier de Roux a été attribué à Isabelle Crèvecoeur, paléoanthropologue, pour ses découvertes sur les Néandertaliens à Saint-Césaire ; Le Prix Jean-Claude Dubois a été remis à Corinne Pelluchon, philosophe, pour L’être et la mer (Presses Universitaires de France)

• Alain Michaud présente la paléoanthropologue Isabelle Crèvecœur pour ses découvertes sur le site de Saint-Césaire

Isabelle Crèvecœur, Alain Michaud (©NB)

Jusqu’en 1979, rien ne prédisposait la vallée du Coran à devenir un haut-lieu de la préhistoire nationale et même internationale.

Cette année-là, au lieu-dit la Roche-à-Pierrot, près du village de Saint-Césaire, le préhistorien François Lévêque mettait au jour dans un abri sous roche, les vestiges d’un crâne d’homme ou de femme néandertalien, dans une couche archéologique datée de 35000 ans environ, époque où l’on pensait ce type humain remplacé par celui dit de Cro-Magnon. Cette découverte d’importance a motivé la création du Paléosite à Saint-Césaire.

Cette situation, au carrefour de deux cultures, a déclenché la poursuite des investigations et le réexamen des découvertes anciennes, un travail coordonné par une jeune chercheuse, volontaire et méthodique, Isabelle Crevecoeur, paléoanthropologue à l’université de Bordeaux, directeur de recherches au CNRS.

Les résultats ont été à la hauteur. Le 24 juin 2024, l’équipe d’Isabelle a fait une découverte rarissime : une dent de lait, une incisive d’un enfant de 6-8 ans, datant de 55000 ans. Or, il y a moins de dix dents d’enfants néandertaliens retrouvés à l’échelle de l’Europe ! Depuis, en 2025, une seconde dent d’enfant a été découverte. L’usure de leur couronne dentaire montre que les jeunes enfants utilisaient leurs dents comme un outil ; comme une troisième main pour tanner des peaux ? Décharner la viande ?...

L’Académie félicite Isabelle Crèvecoeur d’avoir permis, dans le sillage de François Lévêque de plonger dans les racines de plus en plus profondes de notre histoire saintongeaise.

• Isabelle Crèvecœur : « La Saintonge possède un patrimoine préhistorique exceptionnel »

« Cette distinction honore le travail d'une équipe. une vingtaine de chercheurs et de spécialistes. Parler de ces dents, c'est entrer dans un contexte particulier. Elles ont été retrouvées dans un ensemble de déchets résultant d'activités préhistoriques, boucherie et séchage de viande. Ces dents, que des enfants ont perdues, établissent une connexion directe avec la vie d'un collectif. Ils participaient aux côtés des adultes. D'ailleurs, les individus avaient le sens de la famille puisque le groupe réunissait à la fois jeunes et personnes âgées. Il y avait un tissu social, un vivre ensemble. La Saintonge possède un patrimoine préhistorique exceptionnel avec la vallée du Coran, Saint-Césaire, le site de chez Pinaud à Jonzac. Les recherches effectuées apportent des contributions majeures à la vie des Néandertaliens à l'échelle de la France et de l'Europe ».

• Olivier Dubois présente Corinne Pelluchon, philosophe

Corinne Pelluchon, Olivier Dubois (©NB)

Corine Pelluchon est philosophe et originaire de Barbezieux où elle revient souvent passer quelques temps en famille. Elle est spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée (médicale, environnementale et animale).

Elle a enseigné comme professeure agrégée en lycée avant d’être nommée maîtresse de conférences à l’université de Poitiers en 2008, puis professeure à l’université de Franche-Comté en 2013. Depuis 2016, elle est professeure à l’université Gustave Eiffel.

Elle a enseigné l’éthique médicale à l’université de Boston et effectué des recherches à Hambourg et à l’institut Max Planck de Berlin. Elle est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages qui font référence. Dans L’Être et la mer. Pour un existentialisme écologique (Presses Universitaires de France), Corine Pelluchon pense l’humain à partir de la mer, qui est associée à la vie, à la mort ainsi qu’à la maternité. Cette approche décentre notre regard et invite à remettre en question notre imaginaire territorial. Elle décrit l’existence comme immersion, flottaison et submersion, éclairant le lien entre conscience et inconscient. Montrant les contradictions du droit international de la mer qui est partagé entre un idéal de protection de l’océan et une logique d’appropriation, elle propose une philosophie de la vie marine qui renouvelle notre manière de penser l’écologie et la politique.

Un livre à méditer sur nos terres maritimes et océanes et pour lequel l’Académie lui décerne le prix Jean-Claude Dubois.