mardi 1 mai 2012

Disparition d’archives
à l’Evêché de Liège
et dans des Maisons de Cognac :
Suite…


Il y a quelques années, nous relations la disparition d’archives dont avaient été victimes des Maisons de la région de Cognac, Martell, Otard, Hine, Delamain...
Quittant la France, certaines se retrouvèrent chez un brocanteur demeurant en Belgique. Ironie du sort, alors qu’elle recherchait les archives de l’Évêché de Liège qui avaient mystérieusement disparu, la police belge y découvrit les fameux documents charentais. Remontant la filière, elle localisa celui qui les avait proposés.
Il s’agit d’un fonctionnaire européen qui vient de comparaître devant la justice au sujet des Archives de l’Evêché de Liège. Durant le procès, il a également été question des maisons de Cognac…

• Compte-rendu d’audience de Paul Vaute, mis en ligne le 25 avril dernier 


 L’évêché de Liège bataille pour retrouver ses documents de valeur volés. Ses avocats ont croisé le fer avec celui du prévenu, haut gradé de l’Europe. « C’est une affaire complexe » a déclaré d’entrée de jeu la présidente de la quatrième Chambre de la Cour d’Appel de Liège, appelée mardi à examiner l’affaire des archives disparues de l’évêché de Liège.
Les avocats ont confronté leurs arguments, favorables ou non au jugement rendu par le tribunal correctionnel de Liège qui, le 30 mars 2009, avait acquitté le prévenu. Affaire complexe, mais aussi singulière. Celui qui sera, au bout du chemin, déclaré coupable de vols ou victime de sept années de martyre judiciaire, s’appelle Olivier Dandoy, né en 1961, diplômé en politique et relations internationales de l’ULB, aujourd’hui haut gradé de la Commission européenne, membre de l’équipe du président José Manuel Barroso. C’est un passionné d’en-têtes et d’iconographie. « Il en a fait un hobby de commerce exercé parallèlement à ses fonctions, mais délictueux quant à l’origine des pièces » estime l’avocat des Archives diocésaines, Me Jean-Marie Discry.

Les pièces mentionnées comme « dérobées » sont au nombre d’une soixantaine. Elles comprennent deux lettres de Léopold Ier, datées de 1853 et 1859, ainsi qu’une lettre de Marie-Amélie, épouse du Roi des Français Louis-Philippe et belle-mère de notre premier Souverain. Selon l’accusation, ces trois documents proviennent du Fonds de Montpellier, du nom de celui qui était alors évêque de Liège et dont un tableau, conservé à l’Hôtel de Ville, relate, sur le mode romantique, l’affrontement avec le bourgmestre Piercot.
Olivier Dandoy a-t-il volé ces écrits à l’Evêché ? C’est en tout cas chez lui qu’ils ont été retrouvés au cours d’une perquisition.
Parmi les autres pièces manquantes, 35 appartiennent au Fonds Philippe-Joseph Boucquéau (1773-1834), que personne, hormis Olivier Dandoy, n’aurait consulté ces dernières décennies selon le registre tenu aux Archives. Boucquéau était un avocat, mandataire politique, propriétaire de la Fabrique de Céramiques d’Andenne (gérée par son épouse), devenu plus tard chanoine, puis doyen du chapitre de la Cathédrale de Liège.
Ces papiers-là n’ont pas été retrouvés chez Olivier Dandoy. Ils ont atterri chez l’une de ses connaissances, le second prévenu (pour recel), un marchand qui a déjà eu maille à partir avec la justice, mais qui nie avoir agi frauduleusement. Pour corser le tout, l’enquête a également permis de retrouver chez ce dernier des documents appartenant à des entreprises du Sud-Ouest de la France auxquelles Olivier Dandoy rendit visite naguère.

Oui, mais « il n’y a pas d’inventaire complet, ni précis du contenu des fonds de l’Evêché » objecte Me Alain Vergauwen, qui défend le haut fonctionnaire dont « on a voulu avoir la peau » en s’étendant notamment sur les conditions de conservation des Archives épiscopales. Il est impossible, pour lui, de démontrer que son client fut seul à consulter le Fonds Boucquéau. Quant au Fonds de Montpellier, il ne l’aurait jamais ouvert. Les trois lettres « royales », assure-t-il, lui ont été cédées avec d’autres vieux dossiers par un notaire honoraire anversois décédé depuis. Son fils, interrogé, émet pourtant les plus grands doutes. Mais qu’en savait-il ?

Quant aux entreprises françaises évoquées, « trois firmes de Cognac m’ont remercié pour ce que j’ai fait » assure Olivier Dandoy qui les a débarrassées de leurs archives. Et les 4/5e des pièces retrouvées chez le prévenu pour recel proviendraient de firmes qu’il n’a jamais visitées.

Pour l’Avocat général comme pour celui de la Défense, il n’y a pas lieu de réviser le jugement rendu en correctionnelle. Ce n’est évidemment pas l’avis des représentants de l’Evêché. La Cour rendra son arrêt le 22 mai.

Cet article provient de http://www.lalibre.be

lundi 30 avril 2012

Django Reinhardt à Expiremont

On pensait que Swing Home Trio ferait passer un très bon moment aux spectateurs des Culturales d'Expiremont pour ce concert du 21 avril. On s'était trompé ! 



Ce fut un évènement d'une très grande qualité et les qualificatifs entendus en fin de concert étaient "époustouflants", "fantastiques" ou "exceptionnels". Et pourtant, le public venu en nombre malgré le temps peu clément, était composé de fins connaisseurs du jazz manouche. Il fut littéralement transporté pendant une heure et demie par la virtuosité et le brio de Bruno Debord à la guitare, Frédéric Lemoussu à la guitare rythmique et Hugues Mathe à la contrebasse, ce dernier étant à plusieurs reprises applaudi pour ses solos "extra-terrestres". Tous les morceaux joués étaient signés Bruno Devord, soit sur des arrangements de Django Reinhardt, soit sur des compositions originales, largement inspirées par le grand guitariste gitan.

Non, Django Reinhardt n'est pas mort, il est vivant : la preuve, il était samedi soir 21 avril à Expiremont !!! Une très belle première pour la saison 2012 des Culturales.

M. Blier, Président des Culturales


Montée du Front National
en Haute-Saintonge

Globalement, en Charente-Maritime, Nicolas Sarkozy (28,12%) et François Hollande (28,45%) sont au coude à coude. Jean-Luc Mélenchon (10,38%) est largement devancé par sa rivale du FN, Marine Le Pen (17,44%). En 2007, c’est François Bayrou qui avait enregistré 17%. Cette fois-ci, il n’est qu’à 9%. Les Verts sont à niveau très bas (2,21%), un score intimement lié à la candidate Eva Joly. L’ancienne magistrate n’a pas vraiment convaincu les électeurs écologistes. 



Pas d'âge pour assister aux élections !
• Saintes : Les trois cantons de Saintes sont favorables à François Hollande, ce qui est habituel (moyenne de 30%). Sarkozy fait son meilleur score sur Saintes Nord (25,72%) et Marine Le Pen sur Saintes Ouest (17,48%). Sur Saintes Est, Chaniers, la commune de Xavier de Roux mais aussi de Catherine et Jean-Yves Quéré (PS), a donné la préférence à Nicolas Sarkozy (674) contre 629 voix à François Hollande. Marine Le Pen y obtient 482 voix.

• Pons : Canton globalement favorable à l’UMP. A Pons, François Hollande (686) devance Nicolas Sarkozy (624) et Marine de Pen (491). Dans les communes de Belluire, Bougneau, Brives, Fléac, le Front National obtient le meilleur score. Nicolas Sarkozy arrive en tête dans dix communes ; François Hollande dans cinq (Avy, Pons, Saint-Seurin de Palenne, Saint-Sever, Salignac sur Charente). A Bougneau, Hollande et Sarkozy sont à égalité (83).

• Jonzac : Canton globalement favorable à François Hollande avec une majorité socialiste dans les communes de Jonzac, Agudelle, Ozillac, Saint-Germain de Lusignan, Saint Médard et Saint-Simon de Bordes. Marine Le Pen arrive en tête à Chaunac, Fontaines d’Ozillac et Moings. Nicolas Sarkozy est majoritaire dans onze communes.


• Montendre : Canton très favorable à François Hollande. Sarkozy arrive en tête à Chartuzac, Pommiers Moulons, Rouffignac, Sousmoulins. A Chamouillac et Corignac, le Front National devance l’UMP. • Montlieu : Même cas de figure qu’à Montendre avec une nette avance pour la gauche. Seule la commune d’Orignolles donne la majorité à l’UMP. Par contre, Bédenac et Bussac-Forêt affichent leur préférence pour Marine Le Pen.




• Montguyon : Grosse percée du Front National à La Barde, La Clotte, La Génétouze, Le Fouilloux et Saint Pierre du Palais. Globalement, le Front national obtient un pourcentage plus important que l’UMP (22,83% contre 25,25%). François Hollande est en tête à 27,41%.

• Cozes : Avance incontestable de Nicolas Sarkozy (32,52%) contre François Hollande (22,28%). Marine Le Pen est juste derrière (22,17%). • Saint-Genis de Saintonge : Là encore, grosse avance de Nicolas Sarkozy (28,79%) sur François Hollande (23,76%). A Saint-Genis, François Hollande est majoritaire, de même qu’à Clion. Saint-Fort reste fidèle à Nicolas Sarkozy.

• Mirambeau : Beau score de Marine Le Pen (24,88%) qui arrive en tête à Boisredon, Courpignac, Mirambeau, Saint-Dizant du Bois, Soubran, Sainte-Ramée, Saint-Georges des Agouts, Semillac et Semoussac. Nicolas Sarkozy y est globalement majoritaire (26,74%). François Hollande atteint 23,10% avec une majorité à Nieul le Virouil.

• Archiac : Avance de Nicolas Sarkozy (28,77%) sur François Hollande (23,73%). Bizarrerie, la commune de l’ancien conseiller général Michel Lachaize place Marine Le Pen en tête avec 98 voix.

• Gémozac : Majorité pour Nicolas Sarkozy (29,05%) contre François Hollande (24,01%). Marine Le Pen arrive en tête à Villars en Pons.

Hollande, premier de cordée
Sarkozy se fait un bleu Marine

Les sondages pensaient avoir tout révélé. Résultats affichés sur la toile avant même le dépouillement. Ils n’avaient prévu ni la participation, massive, ni une arrivée aussi fracassante de Marine le Pen sur la scène politique.  

Il a sauvé les meubles. 1,4 point derrière François Hollande, celui que les Français désabusés voulaient chasser a limité la casse. En 2007, il était arrivé sur l’estrade en semant des paroles d’espoir, dont la plus célèbre est restée dans les mémoires : « mes chers compatriotes, vous travaillerez plus pour gagner plus ». On aurait dit une oraison jaculatoire !
Le candidat Sarkozy les avait convaincus qu’il pouvait, d’un coup de baguette magique, améliorer leur ordinaire. Ils l’avaient cru. Depuis, les crédules ont déchanté : ils ont travaillé plus et se sont appauvris. La crise est passée par ici et repassera par là, dit-on. Conséquence, dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a perdu 1,69 million de voix. Disparues au coin de la rue ! Loin des 31,18 % enregistrés en 2007, il n’a réuni que 27,18 % des suffrages au premier tour. En tombant, il s’est fait un bleu Marine, mais il participera au second tour. Pour l’UMP, n’est-ce pas l’essentiel ?

Et par ordre d'arrivée au premier tour : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
Marine Le Pen frôle les 18 %. Souriante, la fille de son père a décomplexé le Front National en le présentant comme un parti acceptable. Elle a recueilli les voix des mécontents, de ceux qui « n’en peuvent plus de la grande finance et du diktat européen ». La Gauche a pourtant tout essayé pour diaboliser le Front National qu’elle qualifie régulièrement de fasciste. Rien n’y fait, il se renforce. La cause en est simple : tous les électeurs du Front National ne sont pas des admirateurs de l’extrême droite détestant les étrangers. Loin s’en faut !
Parmi eux, il y a les nostalgiques des Trente Glorieuses, des ruraux qui verraient d’un mauvais œil l’arrivée de kolzhozes, des habitants de banlieues qui craquent devant la violence et les trafics de drogue, des jeunes qui triment pour subsister, des salariés qui ont perdu leur travail et des gens aisés qui ont peur d’être dépossédés. Finalement, une France ordinaire qui craint des lendemains difficiles. « L’avenir semble bouché et le vote FN n’est pas étonnant. Pendant des décades, les Français ont vécu sur un petit nuage en ne se privant de rien. Ils se sont endettés. Depuis, la croissance n’est plus au rendez-vous. On leur parle de rigueur, d‘augmenter les impôts, de se serrer la ceinture comme les Grecs ou les Espagnols qui vivent un vrai drame. Ils réagissent par un vote contestataire » souligne Caroline, une trentenaire.
Le 26 avril, Marine le Pen est apparue comme une réponse plausible à leurs angoisses : avec 6,42 millions de voix, elle fait presque le double de son père en 2007 et dépasse le score qu’il avait obtenu en 2002 (4,8 millions de voix) quand il a devancé Lionel Jospin (PS).

Bien que (très) déçu face au Front National, Jean-Luc Mélenchon ait ravivé les forces du parti communiste. Il n’a pas changé l’eau en vin, mais il a ressuscité la fameuse société des égaux qui séduisait les intellectuels dans les années 60. Depuis, le mur de Berlin est tombé…
Avec 3,98 millions d’électeurs (11,11 %), le tribun du Front de Gauche a multiplié par 5 les résultats enregistrés par Marie-George Buffet en 2007 et largué ses petits camarades, Nathalie Artaud et Jacques Poutou.

Le grand perdant de ce scrutin est François Bayrou. En passant de 18,57 % en 2007 à 9,13 %, la chute est dure. Son programme, pourtant intéressant, n’a pas convaincu en cette période de doute. Par ailleurs, le flou qui entoure le Modem quant à ses futures alliances a pu détourner certains électeurs qui se demandent si ce parti est à gauche ou à droite. F. Bayrou n’est donc plus le troisième homme de la campagne. Cependant, ses voix ne sont pas à négliger pour le second tour…

Le grand gagnant, par contre, est François Hollande. S’il est élu le 6 mai, il achèvera une longue tournée électorale commencée avec les Primaires socialistes. Critiqué par son propre camp à cette époque, il aura démontré à ceux qui en doutaient que sa « mollesse » n’était qu’une apparence ! Sa vraie performance tient surtout dans la réconciliation ou plutôt dans « la fédération » des courants du Parti socialiste, qui ont barré le chemin à son ex-compagne en 2007. Les éléphants, ça trompe énormément. Ségolène Royal s’en est aperçue…
En totalisant 28,63 % des suffrages, François Hollande est le premier de cordée. Au second tour, il bénéficiera, entre autres, du soutien des Verts, des Radicaux de gauche et d’une grande partie de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon. Rien n’est jamais joué, c’est pourquoi il fait preuve de prudence malgré le bon score annoncé par les sondages.

« Le second tour reste ouvert » assurent les militants UMP. Les deux camps battent donc la campagne avec un rendez-vous qui pourrait être tumultueux le 1er mai à Paris. Le muguet ne sera pas seul à y faire tinter ses clochettes !

• Commentaires électoraux 

• La stratégie du FN, faire battre l’UMP ?
Le Front National risque de jouer les trouble-fêtes aux Législatives. En se maintenant sur les circonscriptions quand il en aura la possibilité, les triangulaires favoriseront l’élection des candidats socialistes. La Gauche aura tous les pouvoirs, Gouvernement, Assemblée, Sénat. Si elle vient à mécontenter les Français, le FN pourrait alors apparaître aux yeux de certains électeurs comme une alternative possible.

 • En 2012, l’abstention a été plus forte qu’il y a cinq ans : 20,53 %, soit 9,4 millions de personnes, contre 16,03 %, soit 7,13 millions. Au final, il y a eu légèrement moins de votants en 2012 (36,58 millions) qu’en 2007 (37,25 millions).

• L’important, c’est le report !
Les électeurs du Front National voteraient à 60 % pour Nicolas Sarkozy, 18 % pour François Hollande et 22 % s’abstiendraient. 86 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se reporteraient sur François Hollande, 1 % sur Nicolas Sarkozy, 11 % s’abstiendraient. Les électeurs du Modem se répartiraient en trois parties, un tiers pour le parti socialiste (33 %), un tiers pour l’UMP (32 %) et un tiers s’abstiendrait (35 %).

• Que pèse l’Extrême droite en Europe ? L’extrême droite en Europe : Autriche 28,2 %, Suisse 26,6 %, Norvège 23 %, Finlande 19 %, Hongrie 16,67 %, Pays-Bas 15,45 %, France 17,90 %.

Bernard Lévêque :
« Avec la Haute Saintonge,
j’ai vécu une belle aventure professionnelle » !

Avec l’édition numéro 17 du journal La Haute Saintonge, se termine la carrière professionnelle de Bernard Lévêque, directeur de cet hebdomadaire depuis près de quarante ans. Une belle réussite dans la presse de province puisque ce titre est le premier en tirage des hebdomadaires du groupe Sud-Ouest. 

 L’heure de la retraite a sonné. Difficile à croire. On se dit que ce n’est pas encore fini, que le temps retiendra son souffle. Et pourtant, le 30 avril, Bernard Levêque, directeur du journal la Haute Saintonge, fera valoir ses droits à la retraite. Retour sur cette belle aventure faite de courage et de détermination.
 
Bernard Lévêque : Quarante ans dans la presse hebdomadaire régionale !
Une famille d’imprimeurs 

Bernard Lévêque est né après la deuxième Guerre Mondiale, dans une famille d’imprimeurs. À Jonzac, qui ne connaît pas l’imprimerie Lévêque implantée boulevard Denfert Rochereau, en face de la Caisse d’Épargne ? En 1909, Gaston, son grand-père, a racheté « l’Écho de Jonzac », l’ancien organe bonapartiste du baron Echassériaux, un élu qui a largement compté dans le paysage politique saintongeais. Il l’a débaptisé pour l’appeler « Le courrier de Jonzac ».
 Son fils Pierre en a hérité. Soucieux de le moderniser, il l’a transformé en « Voix Jonzacaise ». Bernard, l’un de ses fils, lui succède en 1974. Il a abandonné son métier (contrôleur dans les PTT) pour reprendre l’entreprise familiale. Un acte à souligner car ce courage, teinté d’audace, a souvent caractérisé son comportement. Il tente l’aventure du privé quand d’autres auraient privilégié la sécurité qu’offre le fonctionnariat !

 Il revient donc à Jonzac où il retrouve cette imprimerie chère à son cœur. Il faut avoir connu ces ambiances particulières, le bruit rythmé des Ofmi, les grincements de la presse Heidelberg, les odeurs d’encre flottant dans l’air et les papiers jonchant le sol près du massicot pour comprendre combien cet univers est passionnant.
Avez-vous déjà vu des casses contenant de minuscules lettres en plomb ? Assemblées une à une (les typographes avaient une étonnante dextérité), elles formaient des phrases, puis des articles entiers. Quand l’ensemble était composé, on posait « les formes » sur le marbre pour effectuer les corrections. Il en était de même pour les affiches et autres documents.

 La Haute-Saintonge 

Quand il reprend le journal familial, Bernard Levêque voit éclore le nouveau territoire de Haute-Saintonge qui s’étend de Jonzac à Saint-Aigulin. Il est porté sur les fonts baptismaux par le conseiller général de Jonzac, Claude Belot. Historiquement, cette entité géographique n’existe pas, sa création remonte donc au XXe siècle !
Pour coller à l’actualité, le nouveau titre du journal coule de source : ce sera « La Haute Saintonge » et les informations seront étendues à ce périmètre. Jusque-là, le journal de l’imprimerie Lévêque n’allait guère au-delà de la région de Jonzac ! Autrement dit, la surface rédactionnelle est appelée à s’agrandir.
Bernard se pique au jeu : ce journal l’intéresse, il a envie de le faire vivre et prospérer. Dire que tout se déroule selon ses plans serait erroné. En effet, à cette même époque et fait rarissime dans la presse de province, un autre titre voit le jour sur Jonzac. Il s’agit de « Saintonge hebdo » que lance Serge Cecarello, un ancien apprenti de Pierre Lévêque. Durant des décades, les deux titres concurrents se livrent une bataille acharnée. En découle une émulation qui, loin de les affaiblir, leur donne l’envie de progresser. Aujourd’hui, Serge Cecarello sourit à l’évocation de ce passé tumultueux : « quand on est jeune, on déplace des montagnes ! Malgré cette rivalité, j’ai toujours eu le plus grand respect pour la famille Lévêque ».

Précurseur, Bernard avait bien senti que d’importants changements allaient s’opérer autour de la saisie des textes et de l’impression. Il achète une linotype, combinaison de machine à écrire et de micro fonderie imaginée aux États-Unis (composition chaude). Un clavier permet de composer une ligne de texte complète en un seul bloc de plomb. La révolution technologique est en marche. Elle se poursuit avec les photocomposeuses qui offrent des textes impeccables sur le papier après développement. Ils sont ensuite filmés au laboratoire pour le montage. Ce dernier s’effectuait généralement le mercredi soir dans une joyeuse ambiance boulevard Denfert Rochereau. Le tirage et la mise sous bandes des journaux avaient lieu dans les locaux de l’imprimerie.

L’étape suivante, importante, salue l’arrivée des premiers ordinateurs en 1986. Novateur, Bernard réalise que l’imprimerie, qui n’avait guère évolué depuis Gutenberg, est en profonde mutation. Quand les premiers Macintosh sont installés à Jonzac, le journal entre dans l’ère de la modernité. Certes, nous ne sommes pas encore aux écrans plats ! L’ordinateur est gris, il ressemble à une boîte avec un écran. Son avantage est de posséder une mémoire de sauvegarde (disquette utilitaire), ce qui évite aux journalistes de perdre leur travail. Durant toute sa carrière, Bernard Lévêque est resté fidèle à la pomme de Steve Jobs ! Aujourd’hui encore, le journal est équipé avec du matériel Apple.

Un tirage multiplié par 20 depuis 1974 

Avec le temps, la Haute Saintonge a pris son envol et son nombre de pages s’est étoffé. En 1974, le journal ne tirait qu’à 500 exemplaires. Son rachat, par le groupe Sud-Ouest à la fin des années 80, lui a permis de s’étendre et de disposer de moyens indispensables à son essor. Chaque canton dispose d’un correspondant sur les secteurs de Jonzac, Saint-Genis, Archiac, Mirambeau, Cozes, Montguyon, Montlieu, Montendre, Gémozac, Saintes et Pons.

Au sein du groupe SEPL, la Haute Saintonge a conservé le tirage le plus important. Deux ans de suite, elle a eu la chance de dépasser les 10 000 exemplaires vendus par semaine. Aujourd’hui et même si la crise a affecté de nombreux titres, Bernard Lévêque peut être satisfait de quitter un journal qui garde la tête hors de l’eau au sein des hebdos que dirige Philippe Delavaud. En effet, ce groupe réunit l’Hebdo de Charente-Maritime, le Journal du Médoc, le Résistant à Libourne et La Haute Gironde à Blaye (qui a d’ailleurs été créée par Bernard Lévêque en 1988).

Avec le départ de Bernard Lévêque, une page se tourne. Pas seulement parce qu’il quitte un titre bien connu, mais aussi parce qu’il y a laissé une empreinte. Sa patte, sa plume, vraie, originale et talentueuse, celle qu’on avait plaisir à lire.

L’équipe de La Haute-Saintonge - dont certains membres l’accompagnent depuis un bon bout de chemin - le remercie pour son engagement au sein d'un journal dans lequel elle s’est toujours sentie à sa place et à l’aise. Bernard Lévêque était un patron à part, celui qui souhaitait d’abord accomplir son projet dans une ambiance fraternelle, comme l’avaient fait avant lui ceux qui lui avaient transmis le flambeau, son grand-père, Gaston, et son père, Pierre.

Nicole Bertin


 Avec les correspondants de la Haute Saintonge. On reconnaît de gauche à droite Rémi Marquizeau (Montendre), Gérard Mounier (Mirambeau), Daniel Bougès (Archiac), Michel Richard (Pons), François des Mesnards (Saintes), Joëlle Daoudal (Montlieu), J. Isambert (Saint-Genis), Gilbert Chevallier (Gémozac), Bernard Lévêque, directeur de la publication et rédacteur en chef, Daniel Salmon (Jonzac). Manquent sur cette photo Nicole Bertin, rédactrice en chef adjointe, Sophie Charrier-Tardy (Saintes), Armelle Sageot-Chomel (Montendre), Jacky Berthelot (Saint-Genis) et François Hubert (Cozes).