dimanche 13 février 2011

Cantonales sur Saintes Ouest :
Christian Schmitt
sur la ligne de départ


Christian Schmitt se présente aux Cantonales face à Isabelle Pichard (PS). Candidat de la majorité départementale,
il détaille ses objectifs de campagne.



Christian Schmitt, vous êtes candidat aux élections cantonales. Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à vous présenter ?


Elles sont nombreuses, mais j’en retiendrai principalement deux. Tout d’abord le goût de l’action, l’envie d’entreprendre et de me fixer des challenges. Pendant près de 30 ans, j’ai mis mon temps et mes capacités au service de l’entreprise que j’avais créée à Saintes. J’ai cédé cette entreprise à un de mes collaborateurs il y a quelques années et je me suis installé, seul à mon compte, dans un domaine très spécifique : la construction parasismique. Ce changement professionnel m’a ouvert un espace de temps libre.
Ma nature ayant horreur du vide, j’ai recherché le domaine dans lequel je pourrai être le plus utile avec une deuxième motivation : rendre service… Alors, j’ai fait le tour de mes engagements associatifs et citoyens et je me suis aperçu que l’engagement politique correspondait à mes motivations profondes. Et pourquoi les cantonales ? J’ai appris, grâce à mes responsabilités dans différentes associations au niveau départemental, à connaître les hommes et les femmes qui vivent en Charente Maritime. À les connaître et à les aimer. Si je peux être, par ces élections, un de leur relais, alors pourquoi pas ?

Votre épouse Bernadette a été maire durant un mandat. Quel enseignement avez-vous retenu de cette mandature ?

Mon épouse a été maire de Saintes pendant une mandature. J’ai assisté, comme témoin privilégié, à l’implication totale de sa personne au service des Saintais. J’ai assisté à ces moments intenses de bonheur ou de profonde tristesse devant les événements qui rythment la vie municipale.
L’enseignement que j’en retire c’est qu’en politique, on ne se donne pas à moitié.

Quels points forts allez-vous développer durant la campagne ?

Sur la forme : le contact et encore le contact. J’ai entrepris de faire le canton en porte à porte. Aujourd’hui, j’en suis à 1 500 sonnettes tirées. Je pense faire un “High score“ à 5 000. J’ai déjà parcouru 5 communes (sur 9). L’accueil y est partout très chaleureux, même si les personnes rencontrées ne voteront pas forcément pour moi.
Sur le fond : le canton de Saintes-Ouest est une zone blanche dans le développement et les investissements du département. Sa voix n’est pas suffisamment entendue au Conseil Général. À qui la faute ? Je ne cherche pas des responsables, mais j’essaie de me donner tous les moyens pour inverser la tendance.

Que pensez-vous d’Isabelle Pichard ?
Joker ! Je donne la parole aux électrices et électeurs du Canton.

Plus généralement, que manque-t-il à Saintes pour que cette ville tire plus amplement son épingle du jeu ?

Tout simplement une équipe municipale avec un vrai projet d’avenir.

Elections cantonales en Charente-Maritime


Les électrices et les électeurs sont convoqués dimanche 20 mars 2011 à l’effet de procéder au renouvellement des conseillers généraux sortants des 26 cantons suivants :
• Arrondissement de La  Rochelle : Marans, La Rochelle I, La Rochelle III, La Rochelle IV, La Rochelle V, La Rochelle VI, St Martin de Ré.
• Arrondissement de Rochefort : Aigrefeuille d’Aunis, Marennes, Rochefort Nord, Rochefort Sud, Royan Est, Royan Ouest, St-Pierre d’Oléron, Surgères.
• Arrondissement de Saintes : Burie, Pons, Saintes Ouest, Saujon.
• Arrondissement de Saint-Jean-d’Angély : Loulay, St Jean d’Angély, Tonnay Boutonne.
• Arrondissement de Jonzac : Archiac, Montendre, Montlieu la Garde, Saint-Genis de Saintonge.
Un second tour de scrutin aura lieu, le cas échéant, aux mêmes heures et lieux dimanche 27 mars 2011 dans les communes des cantons concernés, s’il est nécessaire d’y procéder.
Pour chaque tour, le scrutin est ouvert à huit heures et clos le même jour à dix-huit heures.

La campagne électorale :

La campagne électorale en vue du premier tour de scrutin est ouverte du lundi 7 mars 2011 à zéro heure et elle est close le samedi 19 mars 2011 à minuit.
En cas de second tour, la campagne est ouverte le lundi 21 mars  2011 à zéro heure et elle est close le samedi 26 mars  2011 à minuit.
Un second tour de scrutin aura lieu, le cas échéant, aux mêmes heures et lieux le dimanche 27 mars 2011 dans les communes des cantons concernés, s’il est nécessaire d’y procéder.
Pour chaque tour, le scrutin est ouvert à huit heures et clos le même jour à dix-huit heures.

Les déclarations de candidatures

La déclaration de candidature doit être déposée à la Préfecture par le candidat, son remplaçant
ou un mandataire porteur d’un mandat à cet effet, aux lieu et horaires fixés ci-après :
Préfecture de la Charente-Maritime - 38, rue Réaumur - 17000 La Rochelle au 1er tour :
- les lundi 14, mardi 15, mercredi 16, jeudi 17, vendredi 18 février 2011 de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30 ;
- le samedi 19  février 2011 de 8 h 30 à 12 h ;
- le lundi 21 février 2011 de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h (délai de rigueur).
•Au 2e tour :
- lundi 21 mars 2011 - de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30
- mardi 22 mars 2011 - de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h (délai de rigueur).
Un tirage au sort pour l’attribution des emplacements d’affichage électoral sera effectué dans les locaux de la Préfecture, le mardi 22 février 2011 à 9 h 30.
Les candidats pourront y assister personnellement ou s’y faire représenter par un mandataire
désigné par eux.
En cas de second tour de scrutin, l’ordre de présentation des candidatures retenu pour le premier tour sera conservé entre les candidats restant en présence.
Le site internet à l’usage des candidats.
L’attention des candidats est appelée sur la mise en ligne sur le site internet de la Préfecture à l’adresse suivante (dans Actualités - rubrique élections) http://www.charente-maritime.pref.gouv.fr :
- du mémento à l’usage des candidats pour ces élections cantonales,
- de l’arrêté fixant les horaires d’ouverture et de fermeture des bureaux de vote, d’ouverture et de clôture de la campagne électorale, ainsi que les lieux et les dates d’ouverture et de clôture du dépôt des déclarations de candidature et de tirage au sort pour l’attribution des emplacements d’affichage électoral.

L’arrêté préfectoral portant constitution des Commissions de propagande pour les élections cantonales sera également mis en ligne ultérieurement.

Les candidats sont invités à se reporter au mémento ainsi qu’aux autres documents qui seront mis en ligne.

samedi 5 février 2011

La première intronisation
de la confrérie
des Vins de Talmont


Ce samedi 22 janvier, ensoleillé et sec, laissait voir l’estuaire de la Gironde dérouler ses reflets argentés et moirés. Une foule importante arpentait les ruelles de Talmont, ordinairement bien calmes en ce mois de frimas, et les vignobles raisonnaient de mille rires et plaisanteries.

Les membres de la "Saint-Vincent Tournante de Virollet" et les enfants des écoles étaient dans les vignes pour des “vendanges à l’ancienne“. Saint-Vincent, le saint patron des vendangeurs, était venu et s’impatientait déjà de trouver pour un an une place bien au chaud en l’église Sainte-Radégonde de Talmont.
Après avoir créé et présidé l’Association de la Saint-Vincent dans les vignobles saintongeais à Virollet (près de Gémozac) en 2009, Jean-Guy Arrivé, en hommage au grand patron des vignerons, conduisit le Saint, de l’église de Virollet à celle de Talmont-sur-Gironde. Pour la première fois, la toute jeune “Confrérie des Vignobles de Talmont-sur-Gironde“ tint son premier chapitre, présidée par le Grand Maître, Michel Lis le Jardinier qui ne tarit pas d’éloges sur le vin de Talmont issu de ces « vignes au dos rebondi et parfumé, à quelques notes d’océan ».

Le journaliste et écrivain Michel Lis, maître de la confrérie, entouré de ses "disciples" et des deux bardes, Piqthiu et Birolut

Saint-Vincent vaut bien une messe

Un petit vignoble d’une dizaine d’hectares que se partagent Bruno Arrivé pour le Talmondais et Jean-Jacques Vallée pour les Hauts de Talmont, essentiellement composés de merlot et de colombard, et qui valait bien une messe ! Michel Lis est disert sur l’événement : « Le jour où Saint-Vincent est devenu saintongeais, il y avait une fanfare mouillée, un maire pour présider la fête, un curé pour célébrer la messe, des écoliers revêtus d’un tablier de vigneron, quelques ceps de vigne portant encore leur grappe en dépit de la saison tardive, une foule bruyante et enthousiaste, un ciel gris… et une pluie de Saintonge. De celles qui arrosent les ceps et font reverdir les sarments. Il y avait tout cela à Virollet, petite commune près de Gémozac comptant à peine 250 âmes - c’est le curé qui me l’a affirmé - pour célébrer le 22 janvier 2009 la première Saint-Vincent des vignerons charentais ».

Un an après, le 22 janvier 2010, tout était prêt pour transporter le saint des vignerons à Talmont. Après une messe des plus appréciées, près de 500 convives s’attablèrent sous un immense tivoli pour le repas des vendanges et l’intronisation de huit personnalités.

Une intronisation et un engagement

L'allocution de Dominique Bussereau, président du Conseil Général

De gauche à droite : Jean-Pierre Tallieu, président de la CDA de Royan, Bernard Mounier, ancien maire de Talmont, Nicholas Faith, écrivain, Nicole Bertin, journaliste, Marc Rivière, maire adjoint de Talmont et Dominique Bussereau, président du Conseil Général.

Animée par Piqthiu et Birolut qui mirent la Saintonge à l’honneur tout au long de la soirée, la cérémonie d’intronisation donna l’occasion à tous les impétrants de satisfaire aux épreuves et de promettre « de défendre les vins du vignoble de Talmont en tous lieux et toutes circonstances ». Leurs mérites étant reconnus, ils furent déclarés “vignerons d’honneur“ et se virent remettre le tablier de la Confrérie des vignobles de Talmont ainsi que la “douelle“ d’or. Quelques belles formules furent échangées comme celle de Dominique Bussereau qui rappela son attachement à ce petit bout de la Saintonge : « J’ai été marié à la mairie de Royan par Pierre Lis, le père du Grand Maître ici présent et à l’église de Sainte-Radégonde toute proche. Je suis sensible à cette distinction qui me touche particulièrement ».
Jean-Jacques Vallée des Hauts de Talmont rapportait un récent entretien avec un producteur de vins de Bordeaux : « L’eau nous sépare, nous divise, mais le vin nous rassemble ».

La table du maire de Talmont, François Lo Duca

Une vente aux enchères de deux tonneaux, de 30 litres chacun, de ce désormais réputé vin de Talmont grimpa à des sommets inespérés pour la trésorerie de la toute jeune association qui se vit ainsi portée sur les fonts baptismaux de la renommée. À charge pour elle de continuer sur cette voie, sans attendre la prochaine Saint-Vincent !
Les touristes, qui se précipitent tout l’été à Talmont, devraient être sensibles à cette Confrérie et à sa volonté de faire mieux connaître le “divin nectar“. Salvador Dali, le Grand Maître de la peinture, assurait que « qui sait déguster, ne boit plus jamais de vin, mais goûte des secrets ». “Bonum vinum Talmondo factum“ aurait-il pu ajouter, car telle est la devise de la Confrérie.

Michel Lis, sa famille et ses amis !


Didier Catineau

Mais qui est Saint-Vincent ?


Pour Michel Lis, c’est un saint que rien ne prédestinait à cet honneur. On sait de lui qu’il fut diacre de l’évêque de Saragosse au IIe siècle et que ses qualités d’orateur et de défenseur de la foi firent tellement peur à l’occupant romain que Vincent - et son évêque - furent martyrisés en 304, leur chair arrachée par lambeaux et leurs corps roulés sur des tessons de bouteilles. Ce qu’affirme du moins une tradition orale.

Jean-Guy Arrivé, maire de Virollet

Ce martyr ne suffit pas à faire de Vincent le saint patron des vignerons, et cela depuis le Ve siècle ! C’est peut-être parce que les reliques de ce saint espagnol furent translatées en Bourgogne ? Peut-être à cause des tessons de bouteilles utilisés par ses tortionnaires ? Personne ne peut l’affirmer… Mais pourquoi les vignerons ont-ils choisi saint Vincent comme patron ? Il y a très longtemps de cela, les vignerons travaillaient la vigne dans le plus grand désordre. Ils décidèrent un jour d’un patron qui commanderait la vendange et ce dernier accepta la charge. Lors de la première vendange, un visiteur se présenta inconnu : c’était le Bon Dieu déguisé, venu sur la Terre pour voir ce que devenaient les hommes. Les vignerons lui offrirent de goûter la nouvelle récolte, proposition qu’il accepta avec modération. Un verre en poussant un autre, le Bon Dieu finit par se retirer d’un pas incertain au milieu des rires des vignerons rassemblés autour d’un bon bouillon avec lequel ils avaient fait godaille !

Plus de 400 convives avaient répondu à l'invitation

Le lendemain, le Bon Dieu revint, toujours déguisé et dégrisé, pour demander à Saint Vincent quel était ce divin breuvage qu’il avait bu la veille. Le saint, qui avait reconnu l’Éternel, se troubla et lui répondit : « C’est la ronce ». Le Bon Dieu, ravi de ce secret, s’empressa de faire que la ronce pousse par les deux bouts. C’est depuis ce temps-là que les vignerons luttent contre la ronce qui envahit aussi bien leurs vignes que les palisses. On pratique, dans certaines régions, la Saint Vincent tournante. Cet usage consiste à promener la statue du saint de village en village - et surtout de chai en chai - accompagnée de forces libations. Lors de la Révolution, Vincent ne fut pas oublié. Au lieu de le conduire à l’église, il fut transporté jusqu’à la mairie où le maire le couronna de pampres. C’était une Saint Vincent citoyenne !

• La confrérie des vignobles de Talmont sur Gironde

Basée au 58, avenue de l’Estuaire à 17120 Talmont sur Gironde, son but est de faire connaître les vignobles de la presqu’île de Talmont sur Gironde. Déclarée association loi 1901 depuis octobre 2009 sous la présidence de Michel Lis, notre saintongeais jardinier, également Grand Maître de la Confrérie, il est entouré des cinq vice-présidents que sont : Marc Rivière, commerçant – Jean-Jacques Vallée, consultant – François Mornet, œnologue – Yves Stervinou, commerçant – Olivier Geffray, directeur artistique. Le secrétariat est assuré par Bruno Arrivé, pépiniériste. François Lo Duca, commerçant et maire de Talmont en est le trésorier, son adjoint est Jean-Philippe Pricart, œnologue.

Premier Chapitre de la confrérie des Vignobles de Talmont samedi 22 janvier 2011 Les intronisés :

• Dominique Bussereau - président du Conseil Général de la Charente-Maritime ;
• Jean-Pierre Tallieu - président de l’Agglomération de Royan Atlantique ;
• Nicole Bertin - rédactrice en chef adjointe de l’Hebdomadaire “Haute-Saintonge“ ;
• Bernard Mounier - ancien maire de Talmont sur Gironde ;
• Nicholas Faith - écrivain d'origine anglaise, spécialisé sur les grands vins et le cognac ;
• François Lo Duca - maire de Talmont sur Gironde ;
• Jean-Guy Arrivé - maire de Virollet ;
• Jean-Yves Homo - restaurateur

Pour le journaliste britannique Nicholas Faith, tout est dans le chapeau qu'il convient d'ajuster !

Les premiers intronisés de la confrérie se sont engagés à promouvoir la renommée des vins de Talmont (à consommer avec modération)

Talmont :
Une sacrée vendange en hiver !


Samedi 22 janvier, dans une mise en scène de l’association “La Saint-Vincent tournante de Virollet“, présidée par son maire Jean-Guy Arrivé, on a ramassé le raisin à l’ancienne dans le vignoble de Talmont-sur-Gironde.


Hue Olga hue ! Cela doit faire longtemps qu’une charrette, surmontée d’une ovale, n’était pas passée par Talmont. Une seulement a-t-elle roulé dans cette commune, proche de l'estuaire de la Gironde, où il y a maintenant plus de pieds de vigne que de roses trémières... mais moins de bassiots que de paniers de pêche ! Le maire, François Lo Duca, a promis de vérifier dans les registres à quand remonte la première déclaration de vin. À moins qu’à l’époque de Novioregum, les Gallo-Romains n'aient eu leur propre récolte…


La batterie fanfare Saint-Fortaise en tête, une longue procession entourant la statue de Saint-Vincent, patron des vignerons, a cheminé jusqu'à la falaise où s’alignent les vignobles du Talmondais et des Hauts de Talmont. Là, de petites mains ont coupé les grappes miraculeusement protégées (merci Saint-Vincent). La cueillette “bassiottée“ et “hottée“ a fini par remplir l’ovale où Jean-Guy Arrivé avait planté un bouquet sur le dôme de raisins. Birolut et Piqthiu, échauffés, sont “allés de zeu goules“ pour commenter la récolte.


Si l’érudit gémozacais Pierre Jônain était encore de ce monde, il aurait pu nous chanter :
Ton panier, ta sarpette
À ton rang, Fanchounette !

P’r avoir ghente amourette
O faut bin vendangher.

La statue de Saint-Vincent portée par les membres de la confrérie

Tout en dégustant le vin chaud ou le bourru, chacun attendait l’écoulement du moût au chai de la place du village. Le conseiller général de Saint-Genis-de-Saintonge, Jacky Quesson, participait à la manifestation.

La messe célébrée dans l'église Sainte-Radégonde


Le père Pascal Delage donne sa bénédiction


A la nuit, des lampions ont illuminé les ruelles de ce "plus beau village de France" jusqu’à l’église Sainte-Radegonde où fut déposée la statue de Saint Vincent. Une remarquable messe, dite par le Père Pascal Delage, en présence de la Confrérie des vins de Talmont, précédait les intronisations et agapes.
“Bonum vinum talmondo factum“.
On fait du bon vin à Talmont (1).
Gilbert Chevallier

1 - A consommer avec modération


La photo de famille immortalisant cette journée particulière. Généralement organisée à Virollet, la Saint-Vincent a été célébrée cette année à Talmont, près de Royan. En 2012, Gémozac devrait l'accueillir.


Photos N. Bertin et G. Chevallier

Les débuts
des vins de Talmont !


Aucune des bouteilles de Talmondais jetées dans l’estuaire de la Gironde par la famille Arrivé n’a été repêchée…


Retour en arrière avec cet article publié en 2006 :


- Ben quoi, t’as vendangé avec la télé sous le nez ? Farceur, t’as dû boire un côt !
- Ben non, j’accertaine qu’o m’est arrivé à Talmont la semaine dournière !
Telle pourrait être la réflexion de deux patoisants se croisant sur la foire de Saintes ou de Jonzac, après avoir coupé le raisin du Talmondais mercredi dernier. La veille, les propriétaires de la parcelle, Jean-Guy Arrivé et son fils Bruno, avaient invoqué Apollon, maître du Fâ. Seul ce dieu pouvait faire venir l’astre triomphant. Leur vœu a été exaucé !

Le jour J, le soleil dardait ses rayons, éclairant la falaise blanche d’une douce lumière. En bordure d’estuaire, l’endroit est superbe et l’on comprend pourquoi cette région est habitée depuis la plus haute Antiquité. La Gironde apporte sa fraîcheur et son indolence aux terres hautes qui la surplombent. L’horizon magnifique - à l’exception des grues du bec d’Ambès qui n’existaient pas à l’époque de Jules César - incite à la rêverie.


La rêverie ? C’est un grand mot puisque l’heure de la vendange a sonné. Pas question de folâtrer ! Dans les vignes, une joyeuse équipe s’active. Si un quad transporte désormais le hotteur, la cueillette s’accomplit dans la pure tradition. La machine saccagerait les jolies grappes, c’est pourquoi elles sont collectées à la main par des “experts” ne craignant pas le mal aux reins.

La qualité avant tout

Planté en 2003, ce vignoble, d’une surface de 10 ha, réunit les meilleurs cépages français. Pour effectuer des plantations non loin de l’église classée de Talmont, une autorisation a été nécessaire. Le Conseil Général a apporté son soutien.
Le terroir et l’exposition sont exceptionnels : « le rocher agit comme une éponge. Il absorbe l‘eau des précipitations et garde au sol la chaleur. Quand la température monte fortement, il restitue sans excès l’humidité dont la plante a besoin. Par ailleurs, nous ne constatons aucune maladie, les traitements sont donc limités » explique Bruno Arrivé.
Les conditions sont idéales, c’est pourquoi la première cuvée rouge 2005 a été récompensée d’une Médaille d’or au concours général de Paris. « Depuis, nous n’avons pas changé le mode de vinification » souligne B. Arrivé.


Sur place, le raisin, après avoir été récolté, est trié manuellement et pressé. Le vin est mis en fût selon un procédé unique élaboré par la tonnellerie Baron, puis il est élevé en barriques de chêne jusqu’au printemps. Vous l’avez compris, ses “pères” l’entourent avec soin.

Durant l’après-midi, les six premières bouteilles du Talmondais 2005 numérotées, placées dans un étui scellé, ont été jetées dans l’estuaire en divers endroits stratégiques. Ceux qui les “repêcheront” se verront remettre six bouteilles (1). Aubaine, ils recevront ce cadeau tout au long de leur vie, chaque année. Ce moment unique a été immortalisé par les photographes et la télévision.
Ce fut une belle journée, faite de rencontres agréables dans un des plus jolis coins de Charente-Maritime. Les Arrivé ont bien de la chance.

Certes, ils travaillent dur pour y “arriver“, mais ils disposent d’atouts importants, dont ce vignoble qui devrait figurer sur la liste du patrimoine végétal saintongeais à protéger…


1 - Bouteilles à la mer ! Des tubes en inox protègent ces “amphores” jetées dans l’estuaire. Ils ont été fabriqués à Pons par les Ets Montel, professionnels du matériel vinicole inox et fabricant d’alambics charentais. À ce jour, aucune bouteille n’a été retrouvée ou remontée dans les filets des pêcheurs.

(photos collection privée Arrivé)