vendredi 17 octobre 2008

Benoît Perret fait la chasse aux papillons


Chasse photographique bien sûr ! Benoît Perret a reçu la médaille de l’Académie de Saintonge pour le livre recensant les papillons de Haute-Saintonge. Cet ouvrage a été publié par la Communauté de Communes que préside de Claude Belot.

Chargé d’études au service Patrimoine Naturel de la CDCHS, Benoît Perret a réalisé un livre très intéressant sur les papillons de jour. Quatre ans ont été nécessaires pour accomplir cet inventaire. Soixante et une espèces de papillons y sont détaillées. Deux cents photos d’illustration accompagnent les commentaires. Elles ont été faites avec son propre appareil, en macro.
Ces espèces vivent sur l’ensemble du territoire de la Haute-Saintonge et la Saintonge boisée en abrite de nombreuses. Parmi les espèces aujourd’hui protégées, le Fadet des Laîches bénéficie d’une protection nationale et européenne. Il est menacé pour plusieurs raisons : pesticides, destruction de son habitat situé dans les tourbières et les landes humides. S’y ajoute le Cuivré des marais dont l’habitat s’est considérablement réduit.
Le papillon est une espèce emblématique. Tout le monde l’aime ! C’est pourquoi il est un excellent ambassadeur quant à la sauvegarde et la protection de l’environnement. Sur les 240 espèces répertoriées en France, un tiers de ces lépidoptères environ se trouve en Haute Saintonge : c’est le signe d’une région riche où l’on remarque toutefois des changements climatiques. La Petite Tortue (Aglais urticae), très commune dans les années 1990, n’a pas été observée au cours de l’étude. En revanche, "sa cousine", la Grande Tortue (Nymphalis polychloros), rare jusqu’alors, a été repérée.
N’hésitez pas à vous procurer cet ouvrage superbement illustré auprès des Offices de tourisme ou de la Communauté de Communes de Jonzac. D’autres livres devraient suivre car les sujets d’études sont multiples et variés ! En attendant, rendez-vous à la Maison de la Forêt, à Montlieu la Garde, où se trouve une exposition sur la biodiversité.

Photo : Benoît Perret

samedi 11 octobre 2008

Politique jonzacaise...


• Le jeu du hasard et de la "cumulitude"…

La loi sur le cumul des mandats place certains élus dans l’embarras. Dur, dur de faire un choix...

Du côté de Pons, Daniel Laurent, devenu sénateur, a fait savoir à ses concitoyens qu’il laissait la mairie où Henri Méjean pourrait lui succéder. La présidence de la Communauté de communes, quant à elle, devrait être assurée par Jean-Paul Gilbert, actuel maire adjoint aux finances. La question sera donc bientôt réglée.
Il n’en est pas de même à Jonzac où Claude Belot orchestre le suspense. Sans doute fera-t-il part de son choix au dernier moment (avant le 21 octobre !) : ce silence a l’heur d’alimenter conversations, rumeurs et écrits journalistiques ! Goguenards, certains Jonzacais sont prêts à lancer les paris : « Et s’il quittait la mairie et l’abandonnait, comme la fois dernière, à Jean-Claude Texier ? Après tout, c’est son homme de confiance. Ainsi, il n’aurait pas à craindre la rivalité de la jeune génération ! Il n’a peut-être pas envie de laisser Bussereau diriger seul le Conseil général, qui a été son fief pendant de très nombreuses années, ou de voir Jean-Charles Chapuzet lui succéder sur le canton de Jonzac ».
Que fera t-il donc ? Malgré son importance sur l’échiquier politique départemental, la réponse à cette question ne résoudra en rien la dure crise financière qui frappe le monde.
À tout événement, il faut proportion garder et les derniers mandats d’un élu septuagénaire sont certes intéressants à observer par ceux qui relateront l’histoire régionale aux générations futures, mais ils ne doivent pas faire oublier les vraies priorités qui régissent le quotidien.
Quoique... les impôts locaux que les habitants vont acquitter - dont les taxes foncières - sont très élevés à Jonzac et dans ce cas précis, la faute n’en incombe pas à l’État puisque les taux sont fixés par les "gourmandes" collectivités territoriales que sont la commune, le département, la communauté de communes et la région Poitou-Charentes.
Devant cette accumulation de strates qui coûte des fortunes en fonctionnement (dont les indemnités versées aux élus), on comprend pourquoi Nicolas Sarkozy envisage de supprimer les départements pour ne constituer que de vastes Régions.
Dans un premier temps, les sous-préfectures seront visées : certaines perdront leurs sous-préfets qui seront remplacés par des conseillers d’administration. Les villes de Rochefort et Saint-Jean d’Angély seraient concernées. Quant à celle de Jonzac, sa présence se justifie dans un milieu rural riche en projets. À Cercoux en particulier, une vaste opération d’aménagement va commencer, dont nous parlerons dans une prochaine édition.

• Lu dans La Lettre A

« Amis cumulards : l’élection sénatoriale a renforcé la position de Dominique Bussereau en Charente-Maritime. Le secrétaire d’État aux Transports, qui est aussi président du Conseil général, s’est en effet beaucoup démené pour la réélection du sortant Claude Belot. Et pour cause : cet élu lui sera précieux en raison de son influence dans la 4e circonscription lorsqu’il tentera de retrouver son siège de député à sa sortie du gouvernement. Et tant pis si Belot, vainqueur de l’avocat et ex député UMP Xavier de Roux le 21 septembre, cumule désormais trois mandats, ceux de maire, vice président du Conseil général et sénateur »...

Source : www.lalettrea.fr

François Julien Labruyère :


« Retirer ses fonds ou vendre ses titres aujourd’hui me semble une erreur »

François Julien Labruyère est bien connu à Jonzac où il a passé une partie de sa jeunesse. Il est entré au Cetelem en septembre 1968 : « quand j’ai quitté cette société, fin 2003, elle était présente dans plus de vingt pays et comptait plus de 11000 employés » dit-il. Actuellement, elle fait partie des leaders mondiaux de sa spécialité, le crédit à la consommation. Auteur d’un ouvrage sur « l’histoire du crédit à la consommation, doctrine et pratiques » publié aux éditions la Découverte, cet ex banquier, directeur d’une maison d’édition (le Croît Vif), répond à nos questions concernant la crise financière actuelle. Quel regard porte-t-il sur elle ? Réponses...

François Julien Labruyère, vous connaissez bien le monde de la finance pour y avoir occupé des responsabilités importantes. Cette crise était-elle prévisible ?

Oui, cette crise était prévisible et certains l’avaient envisagée depuis plusieurs mois. Mais ce qu’ils prévoyaient était plus modéré que ce que nous vivons actuellement. Pour essayer de comprendre ce qui se passe, il faut remonter à ses origines. Tout le monde parle des subprimes, c’est-à-dire des crédits immobiliers ou de consommation (achat d’une auto, d’un meuble ou carte de crédit) faits à des particuliers. Or, ce mode de financement a toujours existé, il correspond d’ailleurs à une nécessité sociale, celle de l’équipement des ménages à faibles revenus afin qu’ils ne restent pas en marge de la société. Ce qui s’est passé ces dix ou quinze dernières années, un peu partout dans le monde, n’est pas tant le développement des "subprimes" que leur titrisation. Derrière ce mot barbare, se cache une technique financière qui consiste, pour un établissement de crédit, à vendre à une banque un ou plusieurs lots de "subprimes" pour obtenir ainsi un refinancement de ses activités.
Jusque-là, tout est identifiable. Mais lorsque la banque en question revend à son tour tout ou partie de ce lot à une autre banque en associant son nom et sa réputation à ce lot pour obtenir un meilleur prix et qu’ainsi de suite et très rapidement ce lot va de banque en banque, à la façon d’une cavalerie - comme on dit en jargon bancaire - sans qu’on puisse réellement en vérifier la traçabilité, on arrive à une situation où les banques sont incapables de savoir ce qui est réellement dans leur bilan. Il suffit alors d’une petite étincelle pour que s’installe la méfiance. C’est ce qui s’est passé avec la montée du risque sur les crédits immobiliers en Amérique, mais aussi en Europe, notamment en Angleterre et en Espagne.
Du coup, depuis août 2007, les banques ont commencé à nettoyer leurs bilans et surtout à se méfier les unes des autres et à progressivement bloquer le marché interbancaire. Au bout du compte, on aboutit à la situation actuelle où personne ne veut plus prêter à personne : les banques les plus exposées sont amenées à demander de l’aide publique ou à perdre leur indépendance en étant rachetées par des banques plus grosses et surtout moins exposées.


Depuis plusieurs semaines, la bourse fait du yoyo et le plan Paulson semble ne pas avoir totalement rassuré. Quels sont les risques des fluctuations actuelles sur l’économie mondiale ?

Dans un climat de méfiance interbancaire, l’essentiel est de ramener le calme et la sérénité dans les salles de marché car les bases des sociétés cotées restent saines et les mouvements à la baisse qui affectent le cours de leurs actions sont parfois totalement injustifiés. Mais ramener le calme ne se fait pas du jour au lendemain. Et ceci pour deux raisons majeures : la première et la plus sensible est que la seule source de liquidités aujourd’hui disponible reste celle des actions car toutes les autres se sont asséchées pendant ces derniers mois pour brusquement se tarir ces derniers jours. D’autre part, les hésitations des organes politiques, pour ne pas parler de leurs faux-pas alarmistes, n’aident nullement à résoudre cette crise de confiance.
Quant aux risques de débordement de la finance vers l’économie réelle, ils existent et s’accroissent avec le temps : plus la crise de liquidité mettra de temps à se résoudre, plus le risque d’une véritable crise économique deviendra sérieux. En effet, si le marché interbancaire continue de rester gelé, il est clair que les crédits aux entreprises et aux particuliers vont en pâtir. Et à partir de là, les sociétés et les ménages les plus exposés seront pris dans le même blocage que celui qui affecte les banques aujourd’hui. Déjà, on annonce une récession à venir en Amérique et en Europe, ce qui n’est pas fait pour rassurer les établissements prêteurs ! J’espère toutefois que la raison l’emportera grâce notamment à la mise en place de lignes importantes de financement public destinées d’abord à calmer le jeu, puis à relancer la dynamique des crédits. Entre temps, on aura assisté à une forte restructuration du système bancaire, et cela dans le monde entier.

De nombreux épargnants se précipitent actuellement dans leurs banques. Quels conseils leur donneriez-vous ?

Il est toujours difficile de donner un conseil en de telles circonstances. Tout dépend de la situation personnelle de chacun. Je ne crois pas au risque d’effondrement des grandes banques françaises et, s’il devait se produire, l’État vient de renforcer sa garantie quant aux dépôts. Ceci concerne les comptes courants et les livrets. Quant aux produits financiers, ils sont pour la plupart hors des bilans bancaires, donc protégés du risque de défaillance d’une banque (mais évidemment pas protégés des baisses boursières).
Dans la situation actuelle, je crois que la meilleure solution est de faire le gros dos : il n’y a, à mon sens, aucun risque pour les dépôts habituels. Il faudra, en revanche, attendre plus longtemps pour récupérer les cours du début de l’année 2008 en ce qui concerne les actions et obligations, soit détenues directement, soit par l’intermédiaire de sicav ou de plans d’assurance-vie. Mais retirer ses fonds ou vendre ses titres aujourd’hui me semble une erreur à la fois parce qu’elle contribue à accroître la crise et parce qu’on ne se dégage pas au pire moment. Le seul problème qui se pose réellement est celui des ménages et des entreprises qui, pour une raison ou pour une autre, ont un besoin rapide de liquidités. Le lien personnel qu’ils entretiennent avec leur banque reste leur meilleur atout...

Photo 1 : Au Cetelem, François Julien Labruyère a introduit le concept d’usines clefs en main et implanté cette société bancaire dans une vingtaine de pays dont le Maroc où il a lancé le crédit revolving. Aujourd’hui retraité, François Julien Labruyère veille aux destinées du Festival de Musique ancienne de Saintes et dirige une société d’édition qui publie de nombreux ouvrages régionaux. Il a été directeur de l’Académie de Saintonge.

L’Académie de Saintonge s’offre un voyage de cent millions d’années !


Dimanche, la salle Saintonge était pleine à craquer à l’occasion de la traditionnelle séance de l’Académie de Saintonge que préside Marie-Dominique Montel. Après la réception de Didier Néraudeau, professeur à l’Université de Rennes, le grand prix a été décerné au professeur Bruno Dubois pour ses travaux sur la maladie d’Alzheimer.


L’Académie de Saintonge, qui vient de fêter ses 50 ans, se porte comme un charme ! Elle l’a prouvé lors de la traditionnelle remise des prix qui avait attiré public et personnalités dont Jean Rouger, maire de Saintes, Sylvie Barre, adjointe à la culture, Bernadette Schmitt et le député-maire Didier Quentin qui souhaite créer, en 2009, un prix de la ville de Royan.

Si cette docte assemblée que préside Marie Dominique Montel se veut moderne et entreprenante, il lui arrive de faire un bond prodigieux dans le temps. Ce fut le cas avec la réception de Didier Néraudeau. Grâce à un diaporama précis et détaillé, ce paléontologue distingué fit découvrir à l’assistance ce qu’était la région il y a cent millions d’années.
À l’époque du Cénomanien, le niveau des océans était plus élevé de 150 mètres (d’où la présence de coquillages fossiles dans les champs et de végétaux dans certaines couches de terrain). La température était également plus chaude de cinq degrés. Bref, c’était le club Med avant l’heure avec climat agréable, îlots, forêts d’araucarias et mangroves !
Comment rester insensible à cette évocation d’un monde où l’homme n’existait pas encore, mais où vivaient moult espèces ? Mieux connaître cet environnement est le travail de Didier Néraudeau « dont les publications témoignent de sa haute valeur scientifique » souligna Pascal Even, chargé de le présenter. Dans ce professeur avisé, n’y aurait-il pas quelque chose d’Alcide d’Orbigny, qui fut membre correspondant de l’Académie, ou de Clément Lafaille dont le cabinet de curiosités, au Museum d’Histoire Naturelle de la Rochelle, réunit de superbes collections ? En élisant un scientifique de réputation internationale en son sein, « l’Académie de Saintonge distingue des personnes qui, au-delà de leurs savantes recherches, peuvent participer à la mise en valeur de notre héritage et de notre patrimoine » remarqua le directeur adjoint.

Professeur Bruno Dubois : Le grand prix pour ses travaux sur la maladie d’Alzheimer

Suivit la proclamation du palmarès : en effet, chaque année, l’Académie distingue les travaux de personnalités s’étant illustrées dans des domaines variés.

Le grand prix a été décerné au professeur Bruno Dubois dont la famille de médecins est bien connue à Saujon. Professeur de neurologie à la Salpétrière, directeur de recherches à l’Inserm, il a conduit des travaux qui vont permettre de faire un diagnostic plus précoce de la maladie Alzheimer. L’étude du cerveau est l’un des grands enjeux du XXIe siècle : « il reste une structure mystérieuse. Avec l’espace, c’est une énigme ! Il s’agit d’une masse un peu flasque qui contient 80 % d’eau, mais à l’intérieur, se trouvent 100 milliards de neurones et des milliers de connexions. Nous essayons de comprendre cet enchevêtrement et surtout comment surviennent les dégénérescences. Le cerveau est fragile. Cerner les raisons de son dysfonctionnement est important » expliqua le professeur Dubois.
Aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer, la plus répandue des affections neurodégénératives, est aussi la plus mal connue. Si toutes les étapes de la "cascade biologique" sont identifiées, la cause de son apparition reste floue. Selon le professeur Dubois, il existe un faisceau de preuves qui indiquent que les processus d’altération du cerveau sont en marche. On les repère grâce à des moyens d’investigation médicale récents comme l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) et la tomographie par émission de positons ou TEP. L’association de ces examens, avec des tests de mémoire très précis, permet désormais de déceler bien plus tôt l’enchaînement des lésions cérébrales. Ce progrès très encourageant qui a été salué unanimement par la Communauté médicale internationale. Il était naturel que l’Académie de Saintonge s’associe à cette reconnaissance.


Parmi les autres prix remis lors de cet après-midi riche en rencontres, la venue de l’architecte designer canadien, Nicolas Sollogoub et de son épouse, n’est pas passée inaperçue. Il a réalisé six vitraux pour l’église de Brouage, selon un procédé exceptionnel qu’il a fait breveter aux USA. Traverser l’Atlantique a été pour lui un plaisir ! Dans la distinction reçue, peut-être a-t-il vu un clin d’œil de Champlain, le fondateur de Québec dont le bras droit était Dugua de Mons, gouverneur de Pons ?

Deux prestations furent particulièrement appréciées, dont le chœur d’enfants de Saintes dirigé par Manuel Coley. Des voix superbes et légères, semblables aux papillons qu’immortalise Benoit Perret, chargé de mission à la Communauté de Communes de Haute Saintonge, dont le travail a été récompensé par une médaille de l’Académie.
La venue sur scène de grognards en costumes d’époque fut un autre moment fort, d’autant qu’ils entonnèrent un couplet du répertoire de l’armée napoléonienne. Un peu plus tard et dans un autre registre, Pierre Péronneau, petit-fils de Goulebezène, prit le relais musical pour évoquer, en patois, la mémoire de son grand-père ! Enfin, comment ne pas mentionner le livre de Bernard Giraudeau (malheureusement retenu pour cause de santé), Emmanuel Priou qui a suivi de près « la marche de l’Empereur » et le superbe travail effectué par Dominique Chaussat, artisan d’art.
Comme vous pouvez en juger, les domaines primés sont tous différents, mais ô combien intéressants. Marchant dans les pas de son prédécesseur, François Julien Labruyère, Marie Dominique Montel, femme de presse et de télévision, a su donner à cette assemblée une diversité et une richesse qui lui ont valu de chaleureuses félicitations. « L’Académie doit saluer, comme ils le méritent, les nombreux talents qui prennent naissance dans notre belle Saintonge » aime-t-elle à rappeler. Pari tenu !

Prix et médailles


Le professeur Dubois a reçu le grand prix de l’Académie, le prix de la ville de Saintes a été décerné au chœur d’enfants et d’adolescents dirigé par Manuel Coley, le Prix Chapsal à Bernard Giraudeau pour Les dames de nage et la bande dessinée R 97, le prix de la Haute Saintonge à Emmanuel Priou pour son activité de producteur de cinéma et de télévision, le prix Madeleine La Bruyère à Olivier Lebleu pour "Les avatars de Zarafa", la première girafe de France, le prix de la Ville de Saint-Jean-d’Angély à Pierre Péronneau pour ses recherches sur Goulebenèze, le prix Jean de La Tour de Geay à Daniel Dieu pour « Le Garde Chauvin », reconstitution historique de l’époque napoléonienne, le prix de l’Agglomération Royan Atlantique à Nicolas Sollogoub, architecte designer pour ses vitraux de l’église de Brouage, le prix de La Saintonge Romane à Jean-Bernard Papi pour ses "Balades insolites", éditions du Croît Vif, le prix du Patrimoine à Dominique Chaussat pour la restauration du médailler du cabinet Lafaille au Muséum d’Histoire Naturelle de la Rochelle.
Médailles de l’Académie : Yvette Renaud pour ses ouvrages d’érudition, Benoît Perret pour son ouvrage sur les papillons de Haute Saintonge, Raymond Machefert pour le site internet "Autrefois Breuillet".

Galerie photos :





Photo 1 : Les grognards de Rochefort montent la garde.

Photo 2 : Dans son allocution, la directrice a évoqué ce qu’était, pour elle, la bibliothèque idéale du Charentais Maritime du XXIe siècle. Y figurent la collection de l’Aunis et de la Saintonge publiée sous la direction de Jean Glénisson, le dictionnaire biographique des Saintongeais, le livre sur Goulebenèze, sans oublier des publications dont celles de l’Académie !

Photo 3 : Le professeur Dubois.

Photo 4 : Nicolas Sollogoub.

Photo 5 : Benoît Perret.

Photo 6 : Le prix de la Ville de Saintes a été remis au chœur d’enfants saintais dirigé par Manuel Coley.

Photo 7 : Une entrée très impériale pour Marc Seguin !

Photo 8 : Le député-maire de Royan, Didier Quentin va créer un prix "ville de Royan" en 2009

Photo 9 : Une séance en chansons !

Photo 10 : La salle Saintonge était pleine.

Tchad : La situation sanitaire est critique…


Tous les ans, le député Jean-Claude Beaulieu, médecin colonel de réserve, accomplit une mission humanitaire. Après la Bosnie, la Roumanie, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire et Djibouti, il se trouvait au Tchad en juillet dernier.


Dans la tradition humaniste, Jean-Claude Beaulieu possède plus d’une corde à son arc. La politique, il la pratique à l’Assemblée Nationale depuis qu’il a succédé à Dominique Bussereau, membre du Gouvernement.
Dans l’hémicycle, il siège à la Commission de la Défense que préside Guy Tessier, sans perdre de vue le serment qu’il a prêté quand il a consacré sa vie à la chirurgie : « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux ».
Cet engagement, Jean-Claude Beaulieu le vit d’une manière particulière chaque année quand il se rend à l’étranger, dans l’un des foyers ardents de la planète. En tant que médecin colonel de la Réserve opérationnelle, il apporte sa pierre à l’édifice en opérant durant plusieurs semaines dans un hôpital militaire. En juillet dernier, il était en Afrique, à N’djamena.
En effet, dans le cadre de l’opération Épervier, l’armée française assure au Tchad un certain nombre de missions conformes à l’accord de coopération bilatérale signé entre les deux pays, dont une aide sanitaire.


À N’djamena, l’hôpital militaire bénéficie d’un équipement relativement important dont deux salles d’opération. L’établissement présente un avantage : il accueille toute la population, soldats et civils.
Les accidents de la circulation étant légion, les blessés, victimes de fractures diverses et variées, y affluent. Chez les femmes, les cas d’hyperthyroïdie, maladie résultant d’une mauvaise alimentation, sont également nombreux. S’y ajoutent les interventions habituelles...
Le travail ne manque pas, comme on s’en doute, d’autant que ce centre est doté d’aménagements modernes dont ne disposent pas les dispensaires plus éloignés. Appelé sur d’autres sites, Jean-Claude Beaulieu a remarqué cette évidente réalité... « Partout, il règne une grande misère » souligne-t-il.


Au Tchad, la situation reste incertaine en raison de problèmes ethniques internes et du proche Darfour, région située à l’Ouest du Soudan. C’est pourquoi l’armée est sur ses gardes depuis les événements du printemps dernier qui ont provoqué plus de 1000 morts, lorsque les rebelles tchadiens ont attaqué. Les ressortissants européens sont alors partis au Gabon ou retournés dans leurs pays respectifs. La situation s’étant stabilisée, la plupart d’entre eux sont revenus. Cependant, le climat est tendu.
Récemment, une employée de la Croix-Rouge a été mitraillée et il n’est pas rare que les étrangers reçoivent des jets de pierre...

Le roi pétrole

En toile de fond, il y a bien sûr les réserves pétrolières qu’abrite cette partie du continent noir. Détail qui a son importance, la présence de la Chine y est importante. Par la société China National Petroleum Corporation (CNPC), l’Empire du Milieu vient d’investir dans une raffinerie et signé un accord avec le gouvernement tchadien pour une seconde, au nord de N’Djamena.
Le Tchad a découvert treize champs pétrolifères depuis une quinzaine d’années. « Depuis sa première coopération dans l’exploration pétrolière avec le Soudan en 1996, la Chine a investi dans vingt-sept grands projets de pétrole et de gaz naturel dans quatorze pays africains incluant le Soudan, l’Algérie, l’Angola et le Nigeria. Abritant 9 % des réserves pétrolières mondiales et assurant 11 % de la production, l’Afrique est la terre promise dont rêve la Chine pour diversifier ses approvisionnements » remarquent les observateurs. On comprend alors tous les enjeux !


Bref, il existe un véritable contraste entre les richesses du sous-sol et le niveau de vie d’un Tchadien moyen. Et que dire de son état de santé, intimement lié à la pauvreté de son environnement. Sur place, Jean-Claude Beaulieu l’a constatée et ne peut que déplorer cet état des lieux, même si l’Europe finance des équipements pour améliorer les unités de soins.
En théorie, le Tchad possède des gisements qui devraient lui permettre de dégager une économie propice à son développement. Dans la pratique, c’est autre chose...
À l’avenir, les déséquilibres devraient encore s’accentuer, comme l’a souligné Hervé Morin, Ministre de la Défense : « Le contexte géostratégique est instable. De nouveaux acteurs dangereux émergent, qui ignorent les frontières nationales, comme les organisations terroristes et les mafias, qui peuvent d’ailleurs s’appuyer sur l’aide de certains États. La Russie, la Chine et l’Inde deviennent ou redeviennent des acteurs militaires majeurs ; le monde, plus généralement, se réarme, à l’exception notable de l’Europe. L’accès aux matières premières et aux sources d’énergie provoque de fortes tensions et en générera de plus en plus »...
Courage... On peut simplement s’étonner que la France ait laissé filer l’essentiel des ressources pétrolières tchadiennes aux Américains et aux Chinois alors qu’elles étaient déjà connues de l’ancienne puissance coloniale.
La France, il est vrai, avait fort à faire avec les méandres de la politique intérieure tchadienne et la défense de l’existence même de ce pays menacé par la Libye...


Infos en plus :

• Le dispositif Épervier de la France au Tchad

Le dispositif Épervier déployé au Tchad compte 1100 militaires sous le commandement du Christophe de Cugnac. Il comprend un état-major interarmées, un groupement tactique, un détachement de l’aviation légère de l’armée de terre (3 hélicoptères Puma), un groupement de l’armée de l’air (six appareils Mirage F1, un appareil de ravitaillement en vol C-135, trois appareils de transport C-160). Il est ponctuellement renforcé par un Atlantique II de la Marine nationale. Les deux bases principales sont le camp Kosseï à N’djamena, non loin de l’aéroport, et le camp Croci à Abéché.

• L’Afghanistan et l’opium...

Jean-Claude Beaulieu porte un regard objectif sur ces pays qui n’en finissent de panser leurs blessures et qui, pourtant, pourraient tirer leur épingle du jeu. En Afghanistan, par exemple, des progrès sont visibles avec la formation de médecins, des équipements financés par l’Europe, une université qui a rouvert ses portes et des écoles qui fonctionnent. Toutefois, ces avancées ne doivent pas faire perdre de vue que la principale économie du pays résulte du trafic de l’opium. Une drogue destinée aux pays dits développés. Autrement dit, tout est pure hypocrisie. S’il n’y avait pas de consommateurs, les paysans afghans reviendraient peut-être à la culture des céréales. Il faudrait pour cela refaire les réseaux hydrauliques gravement endommagés par les Russes.

• Le développement des écoles coraniques...

Selon les spécialistes, « les conflits au Tchad ont surtout été causés par les populations sahariennes musulmanes, de tradition guerrière, alors que les Chrétiens sont essentiellement des agriculteurs sédentaires. La rébellion vient du Nord. Le gouvernement en place est soutenu par la France tandis que les rebelles seraient financés par les Soudanais »...
Le développement économique du Tchad laisse à désirer. Il est vrai que les deux derniers chefs d’état ont peu de chance d’être canonisés. Hissène Habré a été condamné à mort par contumace le 15 août dernier pour crimes contre l’humanité par le tribunal de N’djamena. Deby, au pouvoir depuis 1990, traîne un certain nombre de casseroles derrière lui et, le 7 février dernier, il a échappé de justesse à une tentative de renversement. La vie au Tchad n’est pas un long fleuve tranquille d’autant que les écoles coraniques s’y développent largement. Inch Allah !

Photo 1 : À gauche, Jean-Claude Beaulieu en tenue militaire.

Photos 2 et 3 : Transport de blessé.

Photo 4 : Photo souvenir de la base de N’Djamena.

Photo 5 : Carte géographique du Tchad.