L'information journalistique en Charente-Maritime : portraits, actualités politiques,
vie culturelle, artistique, patrimoine, histoire, voyages
samedi 14 juin 2008
Les infos du coin...
• Sénatoriales : Lalande et Belot ?
On sait que les deux hommes sont liés, bien que n’étant pas du même bord. Qu’importe, Lalande (PS), qui espère bien devenir président du Conseil Général, continue à jouer la carte Belot, président de la Communauté de Communes de Haute Saintonge. Aux prochaines Sénatoriales, les mauvaises langues disent qu’il pourrait apporter sa voix socialiste au maire UMP de Jonzac. Une réunion des maires et des conseillers municipaux du canton de Montendre devrait être organisée prochainement dont l’invité d’honneur serait Claude Belot. Sujet, le rôle de la CDCHS dans la région. Le seul hic est que Lalande n’est pas président du Sivom, les élus du secteur ayant désigné Chef, maire de Souméras. Quelle sera l’instance organisatrice ?
Dans la foulée, le grand projet du Lac de Montendre pourrait repartir, lui qui sommeille depuis des années, comme la belle aux pins dormant.
Si le projet Champlain avait vu le jour, il est évident que Montendre aurait tiré son épingle du jeu à l’occasion du 400ème anniversaire de la fondation de Québec. Certes, Montendre n’a rien à voir avec Champlain, ni avec Dugua de Mons. Toutefois, un centre d’interprétation est utile à la connaissance. À ce sujet, le professeur québécois Morissonneau se souvient du repas qu’il avait eu avec Lalande au Bois Saint Georges, il y a quelques années. Il a très vite compris que le dossier avait peu de chances d’aboutir…
Aurons-nous un renouveau en 2008 ? Montendre en aurait bien besoin.
• Arcobelli au Sénat…
Aux dernières nouvelles, les candidats de la Gauche aux prochaines Sénatoriales seraient deux femmes, Marylise Fleuret Pagnoux, conseiller général de la Rochelle, Françoise Ménard, conseillère régionale de Saint-Jean d’Angély et un homme, Emmanuel Arcobelli, conseiller municipal de l’opposition à Jonzac. On se demande bien pourquoi Bernard Lalande, qui est conseiller général, n’a pas été pressenti. Peut-être parce qu’il ne veut pas déplaire à Claude Belot ! Avec E. Arcobelli, le PS a choisi un élu très discret à l’échelon départemental qui ne devrait pas faire d’ombre aux candidats UMP. Bizarre, bizarre...
• Congrès des maires
C’est vendredi que sera élu le nouveau président de l’association des maires au Palais de Congrès de Royan. On aura donc "vue sur les maires" et ces derniers pourraient bien réélire Michel Doublet, sénateur maire de Trizay. Là encore, ce sera un moment important pour les Sénatoriales de septembre puisque la droite et le centre droit semblent aligner plus que de candidats que de postes à pourvoir. Pour l’instant, aucune investiture n’a été donné par les instances nationales qui n’ont pas pu se mettre d’accord entre Claude Belot et Xavier de Roux.
Champlain ou l’Eldorado poilu : Quand le castor rendait “toqué“ !
Samedi dernier, le professeur québécois Christian Morissoneau présentait à Brouage une conférence sur Champlain, fondateur de la ville de Québec. Ce rendez-vous, proposé dans le cadre des cérémonies du 400ème anniversaire, avait attiré un nombreux public, curieux de mieux connaître le parcours de cet aventurier né en Saintonge. Un livre est à paraître vers la fin août aux Éditions Hurtubise HMH.

Christian Morissonneau pourrait faire sienne la devise de la Haute Saintonge. Comme ce territoire, il est haut en couleurs tant par sa verve que ses connaissances historiques et géographiques. Qu’il soit face à des étudiants ou un public soucieux de se « déniaiser », il enseigne avec le même humour ! Samedi dernier, il était l’invité de la CDC du bassin de Marennes-Oléron qui organisait une journée d’animation à Brouage en l’honneur de Champlain.
À cette occasion, la citadelle prisonnière des terres, gardée fidèlement par ses échauguettes, a révélé son passé avec fierté. Il fut un temps où cette ville prospère attirait moult nationalités et faisait des envieux. On y armait les bateaux partant pêcher la morue à Terre Neuve. Grâce à l’or salant, son gouverneur, le cardinal de Richelieu en fit un port de commerce renommé ainsi qu’un lieu stratégique capable de contrer la rebelle Rochelle. En vain, cette dernière finit par “ l’ensevelir“. Après ses riches heures, l’eau, qui léchait ses remparts, l’abandonna et Brouage devint un repère fantôme, engoncé dans le marais.
Quand on découvre ce lieu fortifié par Vauban et restauré par le Conseil Général au siècle dernier, on a du mal à imaginer l’activité qui régnait entre ses murs quand il portait le joli nom de Jacopolis (de son créateur, Jacques de Pons qui le fonda en 1555). Le gros bourg entouré de murailles est devenu une étape touristique, fière de son escalier que descendit l’amour de Louis XIV, Marie Mancini.
Diplomate et courageux
Dans les rues de Brouage, Christian Morissonneau se sent comme chez lui. Il vient parler de Champlain à qui il a consacré un bel ouvrage.
Champlain, qui serait né dans cette région vers 1575, est son éminence grise. Mieux, il “occupe“ son esprit : « Il est bien présent dans ma tête. J’imagine la façon dont il vivait et les lieux tels qu’ils devaient être à l’époque où il est arrivé en Nouvelle France » avoue-t-il avec un sourire malicieux. Québec, la capitale, n’était pas son premier choix. Il aurait préféré les Trois Rivières, un endroit propice au commerce des fourrures puisque l’enjeu de la présence française gravitait autour de ces échanges. À cette époque, en effet, les gentilshommes arboraient fièrement des chapeaux en castor. C’était chic et troc ! Or, pour être élégant à la cour, il fallait acheminer en France ces pelages venant d’animaux qui n’y vivaient pas.
En s’embarquant pour ces terres inconnues (ou presque), Samuel Champlain (ne pas dire « de Champlain » car il n’a jamais été anobli) a deux objectifs : les affaires et, qui sait, découvrir une route vers la Chine. Outre la fabuleuse épopée de Marco Polo, gravée dans les mémoires, le souvenir de Jacques Cartier, découvreur du Canada, est récent.
En 1603, année de son premier séjour en Nouvelle-France, Champlain est envoyé comme observateur par le gouverneur de Dieppe à la tête d’une association de marchands, avec l’assentiment du roi Henri IV. Ce militaire ne part pas par hasard.
Le royannais Pierre Dugua de Mons (1) a obtenu le monopole du commerce des fourrures en Nouvelle-France dont il est lieutenant général et créé une compagnie. En 1604, une première habitation voit le jour en Acadie, sur l’île de Sainte-Croix (aujourd’hui dans le Maine) avant Port-Royal.
Sur place, la vie n’est guère réjouissante : il fait froid et la première année, vingt personnes trouvent la mort. On comprend pourquoi Gilles Vignaud chante « mon pays, c’est l’hiver ! » Dugua lui-même tombe malade à Tadoussac et à sa mort, en 1628, il ne sera jamais revenu en ce lieu inhospitalier. Pour point d’ancrage, il boude Québec, dont le climat est trop rude, et préférerait des cieux plus cléments.
Champlain est donc un cartographe avisé, doublé d’un homme de terrain et d’action. Partir à l’aventure, marcher sur de longues distances, faire du bateau, chasser, entrer en contact avec les peuples autochtones, faire des alliances, cela ne lui fait pas peur. Le but est de créer une colonie qui fera souche, mission qu’il remplira.
Il marche dans les pas maritimes de son oncle, Guillaume Allène, baptisé le “corsaire provençal“. Avec lui, il a rapatrié les Espagnols dans leur pays après la paix de Vervins, signée entre Henri IV et Philippe II d’Espagne. « Son oncle a été successivement catholique et protestant, sans état d’âme » souligne Christian Morissonneau qui voit en ce comportement une souplesse liée aux circonstances.

Champlain a sans doute admiré cet homme qui l’épaule, mais en possède-t-il l’audace ? Il aime la navigation puisqu’il est allé au Mexique et aux Antilles. Braver la « peau du diable » ne l’inquiète pas. Il ne cherche pas non plus à se donner bonne conscience en brandissant le prétexte religieux de l’évangélisation. Si l’esprit d’entreprise de Champlain rappelle celui de Cortès, on ne trouve en lui aucune violence, mais stratégie et diplomatie. N’oublions pas que Cortès, qui s’empara de l’empire aztèque pour le compte de Charles Quint, roi de Castille et empereur romain germanique, détruisit purement et simplement cette civilisation. Pizarro en fit autant au Pérou avec les Incas. Dans sa grande mansuétude, Jésus avait bon dos et ces conquistadors, cupides, avaient oublié l’un des commandements « tu ne tueras point ».
Champlain, quant à lui, n’est pas une brute. Nullement empreint de bigoterie hypocrite, il préfère composer avec les Indiens pour organiser la fameuse traite des fourrures qui succède au juteux commerce de la morue. « Au début, il y a la morue » clame l’orateur en riant !
Après ce poisson qu’on peut conserver avec le sel de Brouage, entre en scène le castor, cet « eldorado poilu » qui fait le bonheur et la coquetterie des Occidentaux. S’y ajoutent le lynx et la loutre.
Se crée alors une véritable filière : les Indiens ont des peaux, du maïs (blé d’Inde), du tabac ; les Blancs possèdent des marmites et des tas d’objets qui simplifient la vie.
Ils sont faits pour se rencontrer !
Il rêve de la Chine
Le lieu propice au commerce des peaux est Tadoussac. Une alliance se crée d’ailleurs avec les Montagnais, grands fournisseurs de fourrures. L’accord est de défendre Montagnais, Hurons et Algonquins contre les Iroquois, avec la bénédiction du roi, s’entend. Champlain respecte les alliances avec les Amérindiens. Durant de nombreuses années, il fait des allers et retours entre la France et la Nouvelle France, 23 au total. La traversée dure deux mois environ. La plupart du temps, il part de Dieppe, Honfleur, le Havre ou Saint Malo.

La Rochelle ne le voit qu’une seule fois. De retour à son “domicile“, il se livre à des repérages, explore les fleuves, fait des relevés. Il ignore la réalité des grands lacs et se met à rêver d’un passage vers la Chine et ses trésors...
Au fil du temps, le site de Québec « signature des Français dans la vallée du Saint Laurent » a fini par s’imposer. Les textes sont révélateurs : « Cependant Champlain, après avoir soigneusement examiné en quel lieu l’on pouvait fixer l’établissement que la Cour désirait sur le Fleuve, se détermina pour celui où l’on a bâti la Ville de Québec ; nom formé ou corrompu de celui de Quebeio, ou Quelibec, que les Sauvages donnaient déjà au même canton, qui signifie dans leur langue, rétrécissement, parce que le Fleuve s’y rétrécit jusqu’à n’avoir plus qu’un mille de large ; quoique dix lieues au dessous, il reprenne encore quatre ou cinq lieues de largeur. On compte, de là, vingt lieues jusqu’à la mer. Champlain y étant arrivé le 3 Juillet 1608, y construisit quelques baraques et s’attacha aussitôt à faire défricher les terres. Ainsi, c’est à cette année qu’on peut rapporter la première fondation de Québec ».
Champlain y pousse son dernier soupir en 1635, sans avoir trouvé de réponses à ses questions. Les habitants n’y sont pas bien nombreux, moins de 300, dit-on. Quelques années auparavant, en 1629, Québec a été prise par des corsaires anglais avant de revenir dans le giron français...
Dans son prochain ouvrage, Christian Morissonneau vous livrera le fruit ses nouvelles recherches. Un livre à ne pas manquer !
Dis-le-moi dans l'oreille :
• 30 % de Saintongeais
Au XVIIe siècle, la colonisation de la vallée du Saint Laurent fut lente. Parmi les 7000 Français immigrés, les Saintongeais partis de La Rochelle sont les plus nombreux. Ils représentant près de 30 % de la totalité, suivis des Normands, 25 %, et des colons provenant de l’Ile-de-France, de la Normandie et du Perche (un peu plus de 15 %). Une majorité était des paysans ou artisans. Dans son ouvrage intitulé « La population du Canada en 1663 », l’historien Marcel Trudel (1973) démontre que le clergé formait à peine 2,5 % de la population, la noblesse 3,2 % et le tiers état 94, 3%. Dans ce dernier ordre, la bourgeoisie comptait pour 26,3 % de l’effectif avec un taux d’analphabétisme aux environs de 20%, tandis que les « petites gens» constituaient 60 % du même effectif avec un taux d’analphabétisme de presque 53 %. « Voici donc une population où 30 % sont des ruraux analphabètes et 56 % sont dialectophones » ajoute le professeur Gauthier.
• 600 mots du patois saintongeais survivent au Québec
Christian Morissoneau évoque des mots du vocabulaire québécois issus tout droit du patois : “voyagerie“ pour décrire l’état de voyage, la “découverture“ pour parler de découverte en incluant l’action.
A-t-on déjà comparé les mots du parler québécois actuel et ceux de notre patois ? Nous avons posé la question à James Poirier qui écrivait, voici quelques années dans ce journal , l’excellente chronique “les mots pour zou dire“ : « Les Saintongeais n’ont pas été les seuls à peupler le Canada français mais, majoritaires parmi les émigrants de l’Ouest de la France, ils ont laissé un héritage aisément reconnaissable que l’on retrouve aussi bien dans la phonologie, les intonations et l’esprit gaulois pince-sans-rire des Québécois que dans leur vocabulaire ordinaire, à commencer par notre emblématique «chéti», exactement conservé dans le sens que nous lui connaissons. On pourrait aussi bien citer des mots comme «asteure, dret, fret, âchet, mouiller, siler « toujours utilisés par nos cousins d’outre-Atlantique pour dire «maintenant, droit, froid, ver de terre, pleuvoir, bourdonner». La seule étude systématique de comparaison linguistique que je connaisse est celle du Professeur Gauthier qui, en 1994, estimait à 600 le nombre de mots saintongeais conservés dans les parlers québécois et acadiens. Ol est pas reun ! Rappelons enfin que le «jh» bien de chez nous, signature indiscutable de l’origine proprement saintongeaise, est toujours vivant dans le parler acadien de Nouvelle-Ecosse ».

• Mais où se trouve la tombe de Champlain ?
À Québec, personne ne l’a jamais localisée. Certains “accros“ ont passé plus de quarante ans à chercher celui qui mourut le jour de Noël, le 25 décembre 1635. Christian Morissonneau pense que ses ossements auraient été dispersés à la suite de travaux. En effet, lors de la construction d’un bâtiment fédéral, des tombes auraient été mises à jour. Et s’il avait reposé là ? Sa naissance, quant à elle, a sûrement eu lieu à Brouage où cet homme de la mer venait prier, peut-on lire dans l’église. Mercredi dernier, un vitrail de l’artiste Nicolas Sollogoud y a été inauguré par l’Ambassadeur de France au Canada.
• Saintes : Si on jumelait les rivières Charente et Richelieu ?
Mardi soir, à l’Abbaye aux Dames, Christian Morissonneau était l’invité de l’Institution pour l’aménagement du fleuve Charente et de la mairie de Saintes. L’objectif est de jumeler, via le Covabar - Comité de concertation et de la valorisation de la rivière Richelieu - ces deux fleuves emblématiques de régions amies. Plusieurs échanges ont déjà eu lieu et l’historien géographe s’est fait un plaisir de rappeler la vie de Champlain, le Saintongeais, dont la mission était d’installer un comptoir dans la vallée du Saint Laurent. Québec fut fondée en 1608. Depuis l’eau a coulé sous les ponts, mais des liens subsistent..
Durant cette réunion, de nombreux partenariats ont été évoqués. Des activités autour des gabares (Saintes, Saint Simon en Charente) sont envisagées ainsi que des échanges en des domaines variés. Nous en reparlerons.
Infos en plus : La rivière Richelieu possède 124 km de voies navigables dont 83 km en Acadie. Elle arrose un territoire composé à 71 % de terres agricoles, 18 % de forêts, 6 % de zones urbaines et 5 % de zones humides. On y remarque des forts (dont Chambly qui permettait de contrôler les Iroquois, puis les Anglais des États-uniens). Il est à noter que lors d’une bataille dont il sortit vainqueur contre les Iroquois, Champlain reçut une flèche qui lui coupa l’oreille et perça le cou à l’embouchure de la rivière Richelieu... Autrefois, les villages jumeaux situés de chaque côté des rives communiquaient, les gens traversant sur la glace solide en hiver. De nombreux mariages étaient ainsi célébrés. Désormais, en raison des brise-glace, fini l’amour du voisin d’en face !

Photo 1 : Christian Morissonneau, dans les rues de Brouage.
Photos 2 et 5 : Un public soucieux de se "déniaiser".
Photo 3 : Gravure de St Malo, l’un des ports d’où partit Champlain vers la Nouvelle France.
Mariant l’histoire à la géographie, Christian Morissonneau a rappelé que Champlain avait toute sa place à côté de Jacques Cartier, le fameux marin de Saint-Malo qui remonta la Grande Rivière du Saint-Laurent dans la première moitié du XVIe siècle. Si Champlain a laissé moult notes, cartes et croquis, on ne possède aucun portrait de lui. De plus, on ignore sa date exacte de naissance (1570 ?) et où se trouve sa sépulture.
Photo 4 : Christian Morissonneau lors de la conférence
1 - Marié à Judith Chesnel, dame de Meux, Dugua de Mons repose sous un if au château d’Ardennes, à Fléac sur Seugne

Christian Morissonneau pourrait faire sienne la devise de la Haute Saintonge. Comme ce territoire, il est haut en couleurs tant par sa verve que ses connaissances historiques et géographiques. Qu’il soit face à des étudiants ou un public soucieux de se « déniaiser », il enseigne avec le même humour ! Samedi dernier, il était l’invité de la CDC du bassin de Marennes-Oléron qui organisait une journée d’animation à Brouage en l’honneur de Champlain.
À cette occasion, la citadelle prisonnière des terres, gardée fidèlement par ses échauguettes, a révélé son passé avec fierté. Il fut un temps où cette ville prospère attirait moult nationalités et faisait des envieux. On y armait les bateaux partant pêcher la morue à Terre Neuve. Grâce à l’or salant, son gouverneur, le cardinal de Richelieu en fit un port de commerce renommé ainsi qu’un lieu stratégique capable de contrer la rebelle Rochelle. En vain, cette dernière finit par “ l’ensevelir“. Après ses riches heures, l’eau, qui léchait ses remparts, l’abandonna et Brouage devint un repère fantôme, engoncé dans le marais.
Quand on découvre ce lieu fortifié par Vauban et restauré par le Conseil Général au siècle dernier, on a du mal à imaginer l’activité qui régnait entre ses murs quand il portait le joli nom de Jacopolis (de son créateur, Jacques de Pons qui le fonda en 1555). Le gros bourg entouré de murailles est devenu une étape touristique, fière de son escalier que descendit l’amour de Louis XIV, Marie Mancini.
Diplomate et courageux
Dans les rues de Brouage, Christian Morissonneau se sent comme chez lui. Il vient parler de Champlain à qui il a consacré un bel ouvrage.
Champlain, qui serait né dans cette région vers 1575, est son éminence grise. Mieux, il “occupe“ son esprit : « Il est bien présent dans ma tête. J’imagine la façon dont il vivait et les lieux tels qu’ils devaient être à l’époque où il est arrivé en Nouvelle France » avoue-t-il avec un sourire malicieux. Québec, la capitale, n’était pas son premier choix. Il aurait préféré les Trois Rivières, un endroit propice au commerce des fourrures puisque l’enjeu de la présence française gravitait autour de ces échanges. À cette époque, en effet, les gentilshommes arboraient fièrement des chapeaux en castor. C’était chic et troc ! Or, pour être élégant à la cour, il fallait acheminer en France ces pelages venant d’animaux qui n’y vivaient pas.
En s’embarquant pour ces terres inconnues (ou presque), Samuel Champlain (ne pas dire « de Champlain » car il n’a jamais été anobli) a deux objectifs : les affaires et, qui sait, découvrir une route vers la Chine. Outre la fabuleuse épopée de Marco Polo, gravée dans les mémoires, le souvenir de Jacques Cartier, découvreur du Canada, est récent.
En 1603, année de son premier séjour en Nouvelle-France, Champlain est envoyé comme observateur par le gouverneur de Dieppe à la tête d’une association de marchands, avec l’assentiment du roi Henri IV. Ce militaire ne part pas par hasard.
Le royannais Pierre Dugua de Mons (1) a obtenu le monopole du commerce des fourrures en Nouvelle-France dont il est lieutenant général et créé une compagnie. En 1604, une première habitation voit le jour en Acadie, sur l’île de Sainte-Croix (aujourd’hui dans le Maine) avant Port-Royal.
Sur place, la vie n’est guère réjouissante : il fait froid et la première année, vingt personnes trouvent la mort. On comprend pourquoi Gilles Vignaud chante « mon pays, c’est l’hiver ! » Dugua lui-même tombe malade à Tadoussac et à sa mort, en 1628, il ne sera jamais revenu en ce lieu inhospitalier. Pour point d’ancrage, il boude Québec, dont le climat est trop rude, et préférerait des cieux plus cléments.
Champlain est donc un cartographe avisé, doublé d’un homme de terrain et d’action. Partir à l’aventure, marcher sur de longues distances, faire du bateau, chasser, entrer en contact avec les peuples autochtones, faire des alliances, cela ne lui fait pas peur. Le but est de créer une colonie qui fera souche, mission qu’il remplira.
Il marche dans les pas maritimes de son oncle, Guillaume Allène, baptisé le “corsaire provençal“. Avec lui, il a rapatrié les Espagnols dans leur pays après la paix de Vervins, signée entre Henri IV et Philippe II d’Espagne. « Son oncle a été successivement catholique et protestant, sans état d’âme » souligne Christian Morissonneau qui voit en ce comportement une souplesse liée aux circonstances.

Champlain a sans doute admiré cet homme qui l’épaule, mais en possède-t-il l’audace ? Il aime la navigation puisqu’il est allé au Mexique et aux Antilles. Braver la « peau du diable » ne l’inquiète pas. Il ne cherche pas non plus à se donner bonne conscience en brandissant le prétexte religieux de l’évangélisation. Si l’esprit d’entreprise de Champlain rappelle celui de Cortès, on ne trouve en lui aucune violence, mais stratégie et diplomatie. N’oublions pas que Cortès, qui s’empara de l’empire aztèque pour le compte de Charles Quint, roi de Castille et empereur romain germanique, détruisit purement et simplement cette civilisation. Pizarro en fit autant au Pérou avec les Incas. Dans sa grande mansuétude, Jésus avait bon dos et ces conquistadors, cupides, avaient oublié l’un des commandements « tu ne tueras point ».
Champlain, quant à lui, n’est pas une brute. Nullement empreint de bigoterie hypocrite, il préfère composer avec les Indiens pour organiser la fameuse traite des fourrures qui succède au juteux commerce de la morue. « Au début, il y a la morue » clame l’orateur en riant !
Après ce poisson qu’on peut conserver avec le sel de Brouage, entre en scène le castor, cet « eldorado poilu » qui fait le bonheur et la coquetterie des Occidentaux. S’y ajoutent le lynx et la loutre.
Se crée alors une véritable filière : les Indiens ont des peaux, du maïs (blé d’Inde), du tabac ; les Blancs possèdent des marmites et des tas d’objets qui simplifient la vie.
Ils sont faits pour se rencontrer !
Il rêve de la Chine
Le lieu propice au commerce des peaux est Tadoussac. Une alliance se crée d’ailleurs avec les Montagnais, grands fournisseurs de fourrures. L’accord est de défendre Montagnais, Hurons et Algonquins contre les Iroquois, avec la bénédiction du roi, s’entend. Champlain respecte les alliances avec les Amérindiens. Durant de nombreuses années, il fait des allers et retours entre la France et la Nouvelle France, 23 au total. La traversée dure deux mois environ. La plupart du temps, il part de Dieppe, Honfleur, le Havre ou Saint Malo.

La Rochelle ne le voit qu’une seule fois. De retour à son “domicile“, il se livre à des repérages, explore les fleuves, fait des relevés. Il ignore la réalité des grands lacs et se met à rêver d’un passage vers la Chine et ses trésors...
Au fil du temps, le site de Québec « signature des Français dans la vallée du Saint Laurent » a fini par s’imposer. Les textes sont révélateurs : « Cependant Champlain, après avoir soigneusement examiné en quel lieu l’on pouvait fixer l’établissement que la Cour désirait sur le Fleuve, se détermina pour celui où l’on a bâti la Ville de Québec ; nom formé ou corrompu de celui de Quebeio, ou Quelibec, que les Sauvages donnaient déjà au même canton, qui signifie dans leur langue, rétrécissement, parce que le Fleuve s’y rétrécit jusqu’à n’avoir plus qu’un mille de large ; quoique dix lieues au dessous, il reprenne encore quatre ou cinq lieues de largeur. On compte, de là, vingt lieues jusqu’à la mer. Champlain y étant arrivé le 3 Juillet 1608, y construisit quelques baraques et s’attacha aussitôt à faire défricher les terres. Ainsi, c’est à cette année qu’on peut rapporter la première fondation de Québec ».
Champlain y pousse son dernier soupir en 1635, sans avoir trouvé de réponses à ses questions. Les habitants n’y sont pas bien nombreux, moins de 300, dit-on. Quelques années auparavant, en 1629, Québec a été prise par des corsaires anglais avant de revenir dans le giron français...
Dans son prochain ouvrage, Christian Morissonneau vous livrera le fruit ses nouvelles recherches. Un livre à ne pas manquer !
Dis-le-moi dans l'oreille :
• 30 % de Saintongeais
Au XVIIe siècle, la colonisation de la vallée du Saint Laurent fut lente. Parmi les 7000 Français immigrés, les Saintongeais partis de La Rochelle sont les plus nombreux. Ils représentant près de 30 % de la totalité, suivis des Normands, 25 %, et des colons provenant de l’Ile-de-France, de la Normandie et du Perche (un peu plus de 15 %). Une majorité était des paysans ou artisans. Dans son ouvrage intitulé « La population du Canada en 1663 », l’historien Marcel Trudel (1973) démontre que le clergé formait à peine 2,5 % de la population, la noblesse 3,2 % et le tiers état 94, 3%. Dans ce dernier ordre, la bourgeoisie comptait pour 26,3 % de l’effectif avec un taux d’analphabétisme aux environs de 20%, tandis que les « petites gens» constituaient 60 % du même effectif avec un taux d’analphabétisme de presque 53 %. « Voici donc une population où 30 % sont des ruraux analphabètes et 56 % sont dialectophones » ajoute le professeur Gauthier.
• 600 mots du patois saintongeais survivent au Québec
Christian Morissoneau évoque des mots du vocabulaire québécois issus tout droit du patois : “voyagerie“ pour décrire l’état de voyage, la “découverture“ pour parler de découverte en incluant l’action.
A-t-on déjà comparé les mots du parler québécois actuel et ceux de notre patois ? Nous avons posé la question à James Poirier qui écrivait, voici quelques années dans ce journal , l’excellente chronique “les mots pour zou dire“ : « Les Saintongeais n’ont pas été les seuls à peupler le Canada français mais, majoritaires parmi les émigrants de l’Ouest de la France, ils ont laissé un héritage aisément reconnaissable que l’on retrouve aussi bien dans la phonologie, les intonations et l’esprit gaulois pince-sans-rire des Québécois que dans leur vocabulaire ordinaire, à commencer par notre emblématique «chéti», exactement conservé dans le sens que nous lui connaissons. On pourrait aussi bien citer des mots comme «asteure, dret, fret, âchet, mouiller, siler « toujours utilisés par nos cousins d’outre-Atlantique pour dire «maintenant, droit, froid, ver de terre, pleuvoir, bourdonner». La seule étude systématique de comparaison linguistique que je connaisse est celle du Professeur Gauthier qui, en 1994, estimait à 600 le nombre de mots saintongeais conservés dans les parlers québécois et acadiens. Ol est pas reun ! Rappelons enfin que le «jh» bien de chez nous, signature indiscutable de l’origine proprement saintongeaise, est toujours vivant dans le parler acadien de Nouvelle-Ecosse ».

• Mais où se trouve la tombe de Champlain ?
À Québec, personne ne l’a jamais localisée. Certains “accros“ ont passé plus de quarante ans à chercher celui qui mourut le jour de Noël, le 25 décembre 1635. Christian Morissonneau pense que ses ossements auraient été dispersés à la suite de travaux. En effet, lors de la construction d’un bâtiment fédéral, des tombes auraient été mises à jour. Et s’il avait reposé là ? Sa naissance, quant à elle, a sûrement eu lieu à Brouage où cet homme de la mer venait prier, peut-on lire dans l’église. Mercredi dernier, un vitrail de l’artiste Nicolas Sollogoud y a été inauguré par l’Ambassadeur de France au Canada.
• Saintes : Si on jumelait les rivières Charente et Richelieu ?
Mardi soir, à l’Abbaye aux Dames, Christian Morissonneau était l’invité de l’Institution pour l’aménagement du fleuve Charente et de la mairie de Saintes. L’objectif est de jumeler, via le Covabar - Comité de concertation et de la valorisation de la rivière Richelieu - ces deux fleuves emblématiques de régions amies. Plusieurs échanges ont déjà eu lieu et l’historien géographe s’est fait un plaisir de rappeler la vie de Champlain, le Saintongeais, dont la mission était d’installer un comptoir dans la vallée du Saint Laurent. Québec fut fondée en 1608. Depuis l’eau a coulé sous les ponts, mais des liens subsistent..
Durant cette réunion, de nombreux partenariats ont été évoqués. Des activités autour des gabares (Saintes, Saint Simon en Charente) sont envisagées ainsi que des échanges en des domaines variés. Nous en reparlerons.
Infos en plus : La rivière Richelieu possède 124 km de voies navigables dont 83 km en Acadie. Elle arrose un territoire composé à 71 % de terres agricoles, 18 % de forêts, 6 % de zones urbaines et 5 % de zones humides. On y remarque des forts (dont Chambly qui permettait de contrôler les Iroquois, puis les Anglais des États-uniens). Il est à noter que lors d’une bataille dont il sortit vainqueur contre les Iroquois, Champlain reçut une flèche qui lui coupa l’oreille et perça le cou à l’embouchure de la rivière Richelieu... Autrefois, les villages jumeaux situés de chaque côté des rives communiquaient, les gens traversant sur la glace solide en hiver. De nombreux mariages étaient ainsi célébrés. Désormais, en raison des brise-glace, fini l’amour du voisin d’en face !

Photo 1 : Christian Morissonneau, dans les rues de Brouage.
Photos 2 et 5 : Un public soucieux de se "déniaiser".
Photo 3 : Gravure de St Malo, l’un des ports d’où partit Champlain vers la Nouvelle France.
Mariant l’histoire à la géographie, Christian Morissonneau a rappelé que Champlain avait toute sa place à côté de Jacques Cartier, le fameux marin de Saint-Malo qui remonta la Grande Rivière du Saint-Laurent dans la première moitié du XVIe siècle. Si Champlain a laissé moult notes, cartes et croquis, on ne possède aucun portrait de lui. De plus, on ignore sa date exacte de naissance (1570 ?) et où se trouve sa sépulture.
Photo 4 : Christian Morissonneau lors de la conférence
1 - Marié à Judith Chesnel, dame de Meux, Dugua de Mons repose sous un if au château d’Ardennes, à Fléac sur Seugne
Deux noms qui vont très bien ensemble !
Bernard Mounier, qui vient d’organiser à la Rochelle les manifestations du 400e anniversaire de la fondation de Québec, revient de Québec précisément, où le grand livre de Champlain a été officiellement remis aux autorités. Un moment très émouvant... Il répond à nos questions.

Bernard Mounier, vous arrivez de Québec où l’exposition du Grand Livre de Champlain a été inaugurée. Quel a été le moment fort de cette manifestation ?
Ce fut l’instant où Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada, et son mari Jean-Daniel Lafond ont dévoilé le Grand Livre aux dignitaires québécois et canadiens, en présence notamment de Max Groslouis, grand chef de la nation huronne-wendat. Le Livre est exposé dans la Redoute de la citadelle, et il s’agit de la plus ancienne construction française dans cette citadelle anglaise. La Redoute a été restaurée pour l’occasion et, ce fait, donne une valeur ajoutée considérable à la venue du Grand Livre à Québec.
Aujourd’hui, comment Cham-plain est-il célébré à Québec ? Aux yeux des habitants, est-il un géographe né en Saintonge qui a apporté sa pierre à l’édifice ou un grand pionnier fondateur ?
On peut parler d’une certaine "glorification" du personnage de Champlain, tant il est célébré non seulement comme le fondateur né à Brouage et père de la Nouvelle France, mais comme le symbole d’un peuple aspirant à exister aujourd’hui comme « nation », la nation québécoise.
Dugua de Mons est-il reconnu à ses côtés ?
Dugua, protestant natif de Royan et commanditaire des expéditions de Champlain et en particulier celle qui devait donner lieu à la fondation de Québec en 1608, a été pratiquement gommé - parce que protestant - de l’histoire officielle du Québec écrite par les Jésuites. Ces temps sont révolus. Dugua a désormais son buste, dominant le Saint Laurent, grâce à l’acharnement de certains historiens québécois, dont Jean-Yves Grenon, ancien ambassadeur du Canada ayant des attaches dans notre région. Le comité Dugua de Mons de Royan a joué également un rôle fondamental pour cette reconnaissance tardive ô combien nécessaire. Le voilier N°1 de la Grande Traversée de l’Atlantique, le Tarapaca de Jean-Paul Vignon, a été baptisé “Dugua de Mons“ pour la durée de la croisière et sa voile en porte l’effigie.
Après ces cérémonies, quels sont les liens à développer entre Québec et la Charente-Maritime? Les historiens soulignent que Champlain n’est venu qu’une seule fois à la Rochelle (pour des raisons de commodité car Dugua de Mons était gouverneur de Pons) et que la maison de Champlain, à Brouage, pourrait être plus active. Votre sentiment à ce sujet ?
La Charente-Maritime est maintenant dotée d’un nouvel établissement qui porte haut et fort l’histoire reliant la Nouvelle France et les ancien-nes provinces de Saintonge et d’Aunis : la tour de la Chaîne est, depuis le 8 mai, ouverte au public et devenue centre d’interprétation de l’émigration au XVIIe siècle depuis le port de La Rochelle. Avec le Musée du Nouveau Monde et la Maison Champlain à Brouage, existe maintenant un maillage dynamique, duquel doit naître une synergie au service d’une meilleure connaissance de notre histoire commune avec le peuple québécois et, au-delà, avec les communautés d’origine française dans les autres provinces du Canada et en Amérique du Nord.
L’intérêt public et l’élan populaire suscités par les fêtes du 8 mai 2008 à La Rochelle, montre le chemin. Il faut reprendre à notre compte la devise du Québec : « Je me souviens »...

Photo 1 : Bernard Mounier aux côtés de Michaëlle Jean, gouverneure générale et Jean-François Fountaine, vice-président du Conseil Régional.
Photo 2 : Inauguration du Grand Livre de Champlain.
Château de Didonne : Tout l'estuaire que j'ai pour toi !
Vendredi dernier, Nicole Bertin a laissé temporairement sa plume pour la photographie. Au château de Didonne, non loin de Royan, avait lieu le vernissage de son exposition baptisée «tout l’estuaire que j’ai pour toi», titre annonciateur d’un cadeau qui vient du cœur.

Ce présent, Nicole Bertin a tenu à le faire découvrir à ses proches et amis de la Côte de Beauté. L’eau, la mer, le sable, le soleil et ces étranges poissons...
Lors du vin d’honneur, le propriétaire des lieux, Stéphane Rabeau, a expliqué comment sa famille a restauré le château de Didonne après douze d’abandon et de pillages. Aujourd’hui, il revit et s’ouvre aux expositions.
A cette manifestation, Nicole Bertin avait convié de nombreuses connaissances. Son "maître", Jean Glénisson, figure emblématique de Jonzac, a présenté son travail. « Vous avez magnifié l’estuaire dans son cadre naturel et sauvage » a-t-il souligné. Il est vrai que la nature y occupe une large place. L’absence de toute présence humaine rend à cet espace liquide une authenticité, voire une intimité. Certaines prises de vues ressemblent à un baiser volé à l’immensité, à la fois doux et tumultueux. On est loin du port méthanier du Verdon qui, selon le député maire de Royan, Didier Quentin, ne devrait pas voir le jour. On respire...
Cet hommage à l’estuaire de la Gironde mérite le détour.
L’exposition est ouverte jusqu’au 30 juin dans le cadre agréable du château de Didonne.



Photo 1 :De gauche à droite : Stephane Rabeau, Francis Caillaud, Nicole Bertin et Jean Glénisson.
Photo 2 : Ces photos vont être regroupées dans un livre, hommage à l’estuaire.
Photo 3 :Une visite qui a fait bougrement plaisir, celle de Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports.
Photo 4 : Avec Didier Quentin, député maire de Royan, ardent défenseur de l’Estuaire.
Exposition ouverte tous les jours de 15 h à 18 h 30 jusqu’au 30 juin. Le château de Didonne est situé entre Cozes et Royan.
Château de Didonne : Un peu d'histoire...
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Le château de Didonne connaît une nouvelle jeunesse avec la réalisation de chambres d’hôtes agréablement meublées et la vente de produits du terroir, pineau et cognac. Le site est très agréable avec un parc immense. Fêtes de familles, séminaires, réceptions peuvent y être organisés. L’endroit est élégant et tranquille.
Retour en arrière :
Construit durant la première moitié du XVIIIème siècle, le château de Didonne fut la résidence de campagne du marquis Jean-Charles de Sennecterre, devenu Maréchal de France en 1757. Après une vie militaire bien remplie, il mourut à Didonne le 23 février 1771 à l’âge de 85 ans, laissant un fils. Ce dernier n’ayant pas de descendant masculin, le domaine fut légué à sa fille Marie Charlotte d’Armentières.

À la Révolution, la propriétaire connut une bien mauvaise destinée : elle eut la tête tranchée. Le Château de Didonne fut vendu comme bien national au citoyen Étienne Raboteau, négociant de Bordeaux, pour la somme de 295 339 livres 16 sols.
Par la suite, il changea souvent de main (MM Lambert et Boyer, Alfred de la Grandière, maire de Royan, MM. Cocq, Delézinier, banquier à Cognac et Paul Firino Martell qui en fit une exploitation modèle).
En 1979, le domaine fut acheté par une coopérative agricole avant d’être acquis par M. et Mme Rabeau de Limoges qui l’ont restauré et aménagé en chambres d’hôtes. Leur fils Stéphane (dont la passion est la photographie) en assure le fonctionnement. Souhaitant valoriser le volet culturel, il a ouvert la grande salle de réception aux expositions.

Photo 1 : L'une des façades du château.
Photo 2 : Salon de réception.
Photo 3 : Dégustation de pineau et de cognac avec M. Rabeau père.

Le château de Didonne connaît une nouvelle jeunesse avec la réalisation de chambres d’hôtes agréablement meublées et la vente de produits du terroir, pineau et cognac. Le site est très agréable avec un parc immense. Fêtes de familles, séminaires, réceptions peuvent y être organisés. L’endroit est élégant et tranquille.
Retour en arrière :
Construit durant la première moitié du XVIIIème siècle, le château de Didonne fut la résidence de campagne du marquis Jean-Charles de Sennecterre, devenu Maréchal de France en 1757. Après une vie militaire bien remplie, il mourut à Didonne le 23 février 1771 à l’âge de 85 ans, laissant un fils. Ce dernier n’ayant pas de descendant masculin, le domaine fut légué à sa fille Marie Charlotte d’Armentières.

À la Révolution, la propriétaire connut une bien mauvaise destinée : elle eut la tête tranchée. Le Château de Didonne fut vendu comme bien national au citoyen Étienne Raboteau, négociant de Bordeaux, pour la somme de 295 339 livres 16 sols.
Par la suite, il changea souvent de main (MM Lambert et Boyer, Alfred de la Grandière, maire de Royan, MM. Cocq, Delézinier, banquier à Cognac et Paul Firino Martell qui en fit une exploitation modèle).
En 1979, le domaine fut acheté par une coopérative agricole avant d’être acquis par M. et Mme Rabeau de Limoges qui l’ont restauré et aménagé en chambres d’hôtes. Leur fils Stéphane (dont la passion est la photographie) en assure le fonctionnement. Souhaitant valoriser le volet culturel, il a ouvert la grande salle de réception aux expositions.

Photo 1 : L'une des façades du château.
Photo 2 : Salon de réception.
Photo 3 : Dégustation de pineau et de cognac avec M. Rabeau père.
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