vendredi 28 mars 2008

Jean Rouger, maire de Saintes : La gauche reprend des couleurs.

Vendredi, avait lieu l’installation du nouveau conseil municipal de Saintes. Un grand moment pour Jean Rouger et son équipe.


En 2001, Jean Rouger, voyant Bernadette Schmitt occuper la place de Michel Baron, s’est forcément interrogé sur les raisons qui avaient conduit la gauche à se diviser, voire à se déchirer. D’où un échec cuisant.
Fort heureusement, le temps a une vertu précieuse, il cicatrise les blessures. Ayant retrouvé sa pugnacité, cherchant à relever un nouveau défi, l’ancien maire adjoint socialiste est revenu sur la scène. A l’occasion des Municipales de 2008, il a conduit une liste “plurielle“, aux côtés des Verts et des Communistes, parti qui compta beaucoup dans la cité santone. Pour lui, c’était une façon d’exorciser le passé et d’ouvrir les portes de l’avenir.
Finalement, après une campagne serrée, il est sorti vainqueur d’une triangulaire l’opposant au maire sortant et au Modem, les PRG (Radicaux) s’étant retirés.
Vendredi dernier, l’heure était venue d’installer le nouveau conseil municipal. La cour d’honneur grouillait d’une joyeuse animation, de celle qui précède les moments particuliers. Jean Rouger et ses amis avaient du mal à cacher leur émotion.
Dans la salle du conseil, ils furent accueillis par Bernadette Schmitt, ex maîtresse des lieux. L’instant était un peu douloureux pour elle : on ne quitte pas une telle fonction sans regret. Toutefois, il y a un titre qu’elle gardera à vie : celui d’avoir été la première femme maire de Saintes. Désormais, elle figure sur la grande plaque où se succèdent les noms des premiers magistrats.
Issue de la société civile, soucieuse de conserver la fraîcheur des “sans étiquette“, elle n’est pas parvenue à se positionner politiquement dans une ville très marquée. C’est peut-être là que le bât a blessé.
Sa défaite, dimanche 16 mars, l’a bouleversée. Le suffrage universel est une épreuve difficile : le subissant de plein fouet, les perdants, confrontés à un véritable examen de conscience, se mettent à douter quand leur cote d’amour chute dans l’isoloir...

Le maire et dix adjoints


Selon la tradition, l’élu le plus âgé, autrement dit Christian Couillaud, présida la séance et orchestra les opérations visant à désigner le maire. « Il y a longtemps que je ne me suis senti aussi jeune qu’à cet instant où l’on me dit que je suis vieux » dit-il joliment à l’assistance. C’était d’ailleurs son anniversaire, ce qui lui valut, en dehors de ce jour de gloire, quelques “happy birthday“ grappillés dans les rangs.
Il s’adressa à Bernadette Schmitt dont il souligna le sens du devoir, l’envie de servir et la parfaite courtoisie durant la période électorale. « Vos projets n’ont pas reçu l’assentiment de nos concitoyens, d’où l’élection de la liste conduite par Jean Rouger. La gauche ne peut que s’en réjouir » glissa-t-il sur son “vert“ nuage. Et d’enchaîner : « Nous comprenons votre déception, c’est la loi de la démocratie. Il faut s’y soumettre et accepter la sanction ». Sur ce chapitre, on ne peut guère faire autrement, à moins de tenter un coup d’état. Toutefois, même en portant un prénom miraculeux, Bernadet-te, certaines perspectives sont trop hasardeuses pour être tentées ! Durant les sept dernières années, « l’opposition a été sévère, parfois dure, mais toujours correcte. Le conseil municipal a évolué dans un climat propice à la réflexion et vous avez su, Madame Schmitt, garder le sourire quand le débat devenait difficile » souligna l’élu écologiste.
La nouvelle équipe issue des urnes a pour tâche de concrétiser les projets présentés durant la campagne : « nous souhaitons une ambiance de travail empreinte de confiance, dans le respect mutuel. La gauche est aujourd’hui rassemblée et nous espérons que l’opposition sera constructive dans l’intérêt des Saintais ».
Margarita Sola proposa alors Jean Rouger au poste de maire tandis que l’opposition afficha sa position : « Nous ne présenterons pas de candidat. Les Saintais ont déjà choisi, nous ne prendrons donc pas part au vote ». Contrairement à leurs proches voisins du Modem.
La collecte des bulletins fut opérée par le benjamin de l’assemblée, Frédéric Neveu, un des lieutenants de Bernadette Schmitt.
Jean Rouger fut élu par la majorité des voix (27), le Modem ayant voté blanc (2).
Prenant place dans le “fauteuil“, le nouvel édile de Saintes dédia cette réussite à ses parents, disparus : « ils ont fait de moi l’homme que je suis ».


Bernadette : la crainte du “coma profond“ ?

Suivit la désignation des dix adjoints qui aideront le maire à “gouverner la cité“. Cette fois-ci, l’opposition participa et le résultat fut le suivant : 27 voix pour, 6 contre et 2 blancs. Ont été élus, dans l’ordre, Margarita Sola, Frédéric Mahaud, Michèle Carmouse, Christian Couillaud, Sylvie Barre, Pierre Dietz, Martine Tiberj, Joël Cardin, Annie Delaï-Mettas et Thierry Leblan.
Pourquoi l’opposition a-t-elle tenu à voter contre ces adjoints, d’où une première manifestation “d’hostilité“ ?
Bernadette Schmitt apporta la réponse : « nos valeurs sont fondées sur l’honnêteté et le service aux autres. Nous craignions qu’elles ne soient mises à mal et qu’il y ait un décalage entre vos déclarations et vos actes. Nous n’avons pas apprécié les insinuations de M. Sola qui a déclaré, dans la presse, que nous avions découvert les quartiers entre les deux tours. C’est une injure envers Michel Foubert, conseiller municipal, délégué aux centres sociaux et à la vie des quartiers, et à son équipe ». Cette précision jeta un froid. Jean Rouger s’empressa de répondre que les valeurs qu’elle venait de décrire étaient indispensables à tous : « si les élus présents en ce vendredi ne les possédaient pas, ils ne seraient pas ici »...


Photo 1 : Bernadette Schmitt accueille son successeur, Jean Rouger.

Photo 2 : Le maire et une partie de ses adjoints.

Photo 3 : Jean Rouger vient d’être élu maire : Margarita Sola explose de joie !

Photo 4 : Une nombreuse assistance.

La toile se referme sur Bruno Guigue : le sous-préfet aurait oublié son devoir de réserve...

On ne s’attendait guère à pareille nouvelle durant le week-end pascal. Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes depuis septembre dernier, a été révoqué par sa direction pour avoir manqué à son devoir de réserve en publiant une rubrique “violemment anti-israëlienne“ sur internet. Les Saintais n’en sont encore pas revenus.


La nouvelle, tombée en fin de semaine, a été rapidement relayée. Le sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue, venait d’être limogé par Michèle Alliot Marie pour avoir tenu sur le site internet oumma.com, des propos anti-israéliens dont certains passages auraient provoqué de vives réactions dans les hautes sphères du Gouvernement, dit-on.
À cette annonce, les Saintais eurent un moment de stupéfaction. Connaissant Bruno Guigue depuis plusieurs mois, ils en apprécient l’intelligence et les qualités humaines. Quelle était donc cette histoire et s’agissait-il de la même personne ? Sur le petit écran, la réaction de Jean Rouger a été révélatrice de l’effet produit : surpris par l’événement, le nouveau maire s’est montré fort discret dans ses explications.
Il est vrai qu’en quelques heures, Bruno Guigue s’est taillé une belle part dans les journaux télévisés nationaux. Il a bénéficié d’un temps d’antenne aussi long que s’il avait braqué une banque ou kidnappé trois gendarmes. C’est ça, la télé : entre les problèmes de la Chine et du Tibet, la difficulté qu’a la flamme olympique à éclairer le monde, l’éventuel boycott des Jeux de Pékin et les analyses géopolitiques d’un sous-préfet de Charente-Maritime, les Français ont été gâtés en informations… Eux qui étaient déjà confrontés à un problème de taille : les fortes giboulées de printemps !

Au sujet des Droits de l’Homme

Le Ministère de l’Intérieur reproche donc au sous-préfet de Saintes d’avoir écrit un long article intitulé « quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’Onu » sur oumma.com, « site web créé en septembre 1999 qui se définit lui-même comme une initiative indépendante de nature culturelle, civique et informative destinée à la communauté musulmane francophone » (1). À la question : Pourquoi vous êtes-vous exprimé sur ce site que d’aucuns qualifient « d’islamiste ? », Bruno Guigue souligne qu’il s’agit « d’un site de grande audience qui permet de s’adresser à une partie de la population qui ne se retrouve pas dans les medias officiels et la pensée dominante ». Par ailleurs, ajoute-t-il « les grands titres n’ont jamais publié mes chroniques, sauf une fois dans Libération ».
L’article incriminé est, en fait, une réaction à un commentaire paru dans le Monde où plusieurs personnalités s’érigeaient contre les décisions du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. En effet, depuis le début de l’année, ce dernier tire régulièrement la sonnette d’alarme contre Israël « en raison de ses constantes attaques et incursions dans le territoire palestinien occupé, et particulièrement les plus récentes dans la Bande de Gaza qui se sont soldées par la perte de plus de 125 vies et des blessés parmi les civils palestiniens, dont des femmes, des enfants et des bébés ». En même temps, Louise Arbour, haut commissaire de l’ONU et ancien procureur général près le Tribunal international pour l’ex Yougoslavie, a condamné devant les 47 pays membres « les tirs de roquettes de militants palestiniens contre des cibles israéliennes civiles ».
S’intéressant aux problèmes du Proche Orient depuis plus de vingt ans, Bruno Guigue, normalien et énarque de 46 ans, a laissé sa plume courir sur le papier, dans un style direct et argumenté qui a fait sortir de leurs gonds les “intellectuels“ auxquels il s’adressait. Plusieurs phrases se passent de commentaires : « Israël, seul état au monde où les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles ... Les odieux attentats du 11 septembre ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouth par les forces de défense israéliennes en 1982... Les admirateurs occidentaux doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes où, grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat ».
Il est évident que le CRIF (Conseil des Institutions Juives de France) ne pouvait que réagir à de telles déclarations.
À aucun moment, Bruno Guigue, dans ce texte mis en ligne le 13 mars, ne mentionne qu’il est sous préfet de Saintes. Seules les grandes écoles dont il est issu - École Normale Supérieure et l’ENA - apparaissent. « Ces analyses sont faites en dehors de mes fonctions. Il s’agit d’une matière qui n’a rien à voir avec l’activité professionnelle qui est la mienne et les responsabilités que j’exerce localement » a-t-il confié au journal “Le Parisien“.

Des propos “inacceptables”

La toile étant minutieusement observée, elle s’est rapidement refermée. Vendredi dernier, Michèle Alliot-Marie a révoqué Bruno Guigue au motif qu’il y avait là « un manquement caractérisé à l’obligation de réserve auquel est soumis tout fonctionnaire ». Par ailleurs, elle a été choquée par des « propos inacceptables ». Jacques Reiller, préfet de Charente-Maritime, rappelle quant à lui que « la fonction publique repose sur une impartialité et une neutralité qui correspondent à l’égalité de traitement de tous les citoyens ».
Autrement dit, vu ses fonctions actuelles, Bruno Guigue ne pouvait exposer ses points de vue personnels sur un sujet qui fait d’ailleurs couler beaucoup d’encre. Toutefois, si le fonctionnaire a manqué de prudence, il semble que l’universitaire, sensible aux équilibres orchestrés par les grandes puissances, ait éprouvé le nécessaire besoin d’écrire. Malheureusement pour lui, c’était une ligne jaune à ne pas dépasser.
À Saintes, l’émotion est grande. Ne vivant pas de plein fouet le conflit israélo-palestinien, les habitants, plus attentifs aux crues de la Charente qu’aux actions du Hamas, n’ont pas vraiment saisi toutes les subtilités de l’affaire. Les témoignages de sympathie envoyés à Bruno Guigue ont été nombreux. Évidence, la cité santone aimait son sous-préfet qui faisait preuve d’humanité et de compréhension dans sa manière de gérer les dossiers. Ce dernier devrait retrouver un poste dans une collectivité territoriale.
Isabelle Duhamel Costes, sous-préfet de Jonzac, assurera l’intérim en attendant la nomination (rapide) de son successeur. Du travail en plus pour cette femme efficace dont le passe-temps est la peinture, une discipline qui ne contrarie en rien le devoir de réserve !

1 - Sur l’ancien forum d’oumma.com, se trouvaient des chroniques de Tariq Ramadan, intellectuel suisse et prédicateur populaire chez les musulmans français. Ce dernier est loin de faire l’unanimité. Oumma.com est traité de site “islamiste“ par ses détracteurs, ce que contestent bien évidemment ses responsables.

Réactions :

Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports

« Bruno Guigue a pris ses fonctions en septembre dernier et il m’a rendu une visite de courtoisie à son arrivée. Je l’ai trouvé sympathique et intelligent, présent sur le terrain avec un bon contact avec les élus. La récente décision de Michèle Alliot Marie est justifiée en ce sens où tout fonctionnaire se doit d’être neutre. En tant que sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue ne pouvait à la fois exprimer ses opinions sur internet et représenter l’Etat. Comme l’a souligné le journal la Croix dans ses colonnes, le plus étonnant est que personne ne semblait être au courant. En effet, Bruno Guigue écrivait bien avant d’être nommé à Saintes. Y aurait-il eu un problème de gestion des ressources humaines au Ministère de l’Intérieur ?
Bruno Guigue appartenant à l’administration, il devrait retrouver un poste dans une collectivité, mais il est évident que désormais, son expression sera attentivement contrôlée ».


Cette révocation a, bien entendu, déchaîné des réactions sur internet où Bruno Guigue est devenu l’objet de toutes les attentions. Il ne s’attendait pas devenir célèbre de cette façon ! Il y a bien sûr ceux qui condamnent ses écrits et ceux qui les cautionnent.
Quelques extraits de ces chroniques où les défenseurs des causes israéliennes et palestiniennes s’affrontent : « Les écrits de Bruno Guigue étaient connus de tous, antérieurement à sa prise de fonction à Saintes en septembre 2007. D’où provient alors l’émoi politique qui entoure son dernier article ? Sur Radio J, Luc Rosenzweig, ancien rédacteur en chef du Monde, a fait part du scandale provoqué par cette tribune libre », « La thèse que défend Bruno Guigue n’est pas nouvelle. La proclamation de l’état d’Israël, il y a cinquante ans, a été une injustice flagrante envers la population palestinienne sur laquelle l’Occident a transféré la charge de réparer le mal fait aux Juifs par l’antisémitisme », « La sanction contre le sous-préfet de Saintes est un acte autoritaire. Le courage dont il a fait preuve est exemplaire », «Il arrive que justice soit faite : Guigue passe à la trappe qu’il avait préparée pour Israël. Hommage à ceux qui ont rigoureusement élevé la voix les premiers », « La question est posée aujourd’hui : quels sont les moyens auxquels le sous-préfet a eu recours pour obtenir, de sources sérieuses et recoupées, des éléments d’information lui permettant d’accuser une démocratie de donner ordre à ses soldats de tirer sur des fillettes ? », « Je ne suis ni juif, ni musulman. L’article de M. Guigue reflète globalement l’agacement ressenti par de nombreuses personnes au sujet des amalgames de la politique et du religieux lorsque ceux-ci touchent l’organisation d’un état, Israël, Iran », « Le peuple israélien veut vivre en paix et les habitants ne sont responsables des actes commis par leurs militaires »...
Bref, le sujet est épineux et épidermique, comme vous pouvez le constater. Il aura eu un effet inattendu en apportant, en pleine période de Pâques, un éclairage particulier sur le Proche Orient. Une région du monde où Jésus vécut sa passion et mourut, précisément...

Photo 1 : Universitaire, Bruno Guigue redeviendra administrateur civil après son (bref) passage à la sous-préfecture de Saintes. Il pourrait alors intégrer une collectivité territoriale. Il est à noter qu’il a travaillé durant plusieurs années à la Réunion auprès de Paul Vergès, président de Région et ancien membre du parti communiste.
Bruno Guigue est l’auteur de plusieurs ouvrages parus chez l’Harmattan : Aux origines du conflit israélo-arabe, Économie solidaire : alternative ou palliatif, Faut-il brûler Lénine ? Proche Orient : la guerre de mots, Les raisons de l’esclavage.


Photo 2 : Non loin du préfet Jacques Reiller, Isabelle Duhamel-Costes, sous-préfet de Jonzac, assurera l’intérim de Saintes, en l’attente du successeur de Bruno Guigue.

William, Jacques et Gérard Boilevin, les baptisés de la veillée pascale




Samedi soir, les paroissiens du Sud Saintonge étaient invités à une belle veillée pascale en l’église de Montlieu la Garde. À cette occasion, la cérémonie était célébrée par Monseigneur Housset, venu tout spécialement de la Rochelle pour baptiser trois frères, William, Jacques et Gérard Boilevin.
Cette rencontre était placée sous le signe de la lumière et de la joie, cette main tendue par le Christ aux hommes et aux femmes de bonne volonté pour les aider à accomplir le long chemin de l’existence. Cette estime du Créateur, ces hommes l’ont ressentie et éprouvée, c’est pourquoi ils ont choisi de recevoir l’eau du baptême qui viendra éclairer leur route et leurs sentiments. S’y préparant depuis plusieurs années, samedi constituait pour eux une étape. Ils ont également reçu le sacrement de la confirmation, de même que Chantal et son fils Dan, demeurant à Souméras.
Les fleurs de l’espérance ont germé en leurs cœurs. « On peut naître et aussi renaître quand les yeux s’ouvrent vers l’autre » souligne la communauté chrétienne, fière d’accueillir ses frères et sœurs en ses rangs.
A une époque où de nombreuses questions restent sans réponse et que la souffrance est issue d’une évidente désorientation, retrouver de solides piliers, symboles d’espoir et d’apaisement, est une richesse véritable.

Photo 1 : Samedi, Bernard Housset, évêque de la Rochelle et Saintes, a célébré les baptêmes de trois adultes, William, Jacques et Gérard aux côtés des Pères André, Lucas, Gaudin, Thirion et d’un Frère de la Mission de France.

vendredi 21 mars 2008

Dominique Bussereau : "Succéder à Claude Belot est un challenge"...

Depuis quelques mois, on parlait de plus en plus de Dominique Bussereau - qui fait partie des hommes de la côte avec le nouveau maire de Royan, Didier Quentin - à la présidence du Conseil Général. Encore fallait-il une victoire de l’UMP qui était loin d’être acquise ! D’ailleurs, pour la presse parisienne, il était évident que la Charente-Maritime allait basculer à gauche. Dimanche, les résultats ont démontré le contraire et, jeudi matin, Dominique Bussereau a pris les rênes du département, succédant à Claude Belot. Il répond à nos questions :


Dominique Bussereau, vos commentaires sur les résultats en Charente-Maritime ?

À Saintes, je regrette bien sûr la défaite de Bernadette Schmitt parce que son équipe a bien travaillé et qu’elle avait des projets. Le nombre important de listes a rendu le premier tour incompréhensible. Au second tour, la triangulaire n’a pas favorisé l’équipe sortante, d’autant que l’union n’avait pas eu lieu avec le Modem de Jean Philippe Ardouin. En politique, toute désunion entraîne la défaite. On ne gagne que si les électeurs identifient clairement leurs candidats! À Rochefort, où la victoire était à portée de la main, c’est encore la désunion qui est à l’origine de la défaite. Avec élégance, Dominique Rabelle a appelé à voter pour Gérard Pons au second tour. Toutefois, ce geste n’a pas suffi à gommer certaines rivalités. À Saint Jean d’Angély, par contre, un tout nouveau candidat, Paul Henri Denieull, a été capable d’unifier la droite et le centre. En effet, des disputes historiques opposaient ces deux courants. Le score de 58 % obtenu par sa liste est porteur d’espoir. Saint-Jean d’Angély, qui était à la traîne économiquement, va pouvoir devenir une ville leader.
En ce qui concerne les Cantonales, les résultats sont bons pour la majorité départementale. C’est une belle victoire de nos candidats, en particulier des nouveaux qui ont marqué leurs empreintes sur le terrain. Je pense, entre autres, à Corinne Imbert à Matha et à Francis Savin à Montguyon. Nous avons amélioré notre nombre de sièges. Devant cette réalité, je pense que l’opposition souffre d’avoir beaucoup fanfaronné. En effet, depuis la dernière élection de 2004, à chaque séance, Bernard Lalande rappelle que Claude Belot occupe le siège de président par accident et qu’au prochain renouvellement, les choses seront différentes.
Aujourd’hui, les résultats démontrent qu’il avait tort de tenir ces propos. En politique, il y a une règle basique, celle de ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Dimanche dernier, les électeurs ont validé le bilan de Claude Belot et de la majorité départementale...


Comment se sont déroulées les opérations de “succession“ au Conseil général ?

Lundi à la Rochelle, Claude Belot a proposé ma candidature à la présidence lors d’une réunion qui regroupait les vingt-huit conseillers généraux de la majorité. C’est un immense honneur pour moi de succéder à un grand patron comme lui. C’est aussi un challenge. Dans un premier temps, une interrogation logique se posait : Claude Belot, en effet, pouvait garder le fauteuil qu’il occupe depuis 1994. Quand on est en poste depuis bientôt quatorze ans, faire un choix doit être un énorme dilemme personnel. Dimanche soir, il m’a dit qu’il allait réfléchir à sa position. Lundi matin, sa décision était prise.
Dans mes fonctions, je travaillerai étroitement avec lui. Il connaît bien les rouages administratifs et son expérience sera précieuse. Toute l’équipe, dont feront partie les nouveaux élus, sera associée. Ces élus, fraîchement arrivés, apporteront leurs nouveautés. Les quinze vice-présidents auront des responsabilités et de vraies délégations. Je les réunirai très régulièrement à la manière un peu du Gouvernement.

Pensiez-vous garder la majorité du Conseil général ?

Cela me semblait difficile. D’ailleurs, toute la presse régionale et nationale donnait la Charente Maritime basculant à gauche. J’ai senti que la situation s’inversait à la veille du premier tour des cantonales. Les réunions organisées à Matha, à Saint Savinien ont attiré un très nombreux public. Tous les élus se sont mobilisés. Élisabeth Delorme et Alexis Blanc nous ont apporté le soutien du Modem ainsi que Bernard Goursaud à Matha. Cette campagne s’est faite dans l’esprit qui animait François Blaizot, c’est-à-dire ensemble. J’ai senti un mouvement d’union qui me plaisait bien !

Votre réaction quant aux résultats obtenus en Haute Saintonge ?

C’est évidemment un grand bonheur. Dans le canton de Montguyon, après le long parcours réussi du PRG, Pierre-Jean Daviaud, Francis Savin a remporté la victoire. Les électeurs ont apprécié sa joie de vivre et son dynamisme. Il est à noter que sur ce secteur, j’avais obtenu la majorité aux dernières Législatives. À Mirambeau, la position politique ambiguë de Roland Caillé a sans doute joué en sa défaveur. Pour sa part, Bernard Louis Joseph a fait une campagne efficace, avec l’appui de Maurice Marzal et de Farouk Dermoch qui se sont retirés au second tour. Notre prochain objectif, dans trois ans, est de reprendre Archiac, canton que nous avons perdu bêtement, ainsi que de gagner Montendre. Les cinq élus issus du dernier scrutin vont constituer une opposition constructive.
Au Conseil général, j’observerai trois règles. En premier lieu, la Maison du Département est celle de tous les Charentais Maritimes, pas celle d’un clan, ni d’un parti politique. Les aides seront les mêmes pour tout le monde, dans un pluralisme complet, ouverture et transparence. D’autre part, le Département contribue à l’aménagement du territoire et il a pour mission de rétablir les équilibres entre les villes et les petites communes qui disposent de moyens financiers modestes. Après François Blaizot et Claude Belot, j’aimerais porter des grands projets d’infrastructures. Outre l’électrification de la ligne Poitiers La Rochelle et de l’étoile de Saintes, je ferai tout pour que le TGV desserve Saint-Jean, Saintes, Royan. Mes efforts porteront aussi sur la formation, le développement de l’université de la Rochelle et bien d’autres sujets. Ce département doit continuer à offrir une image dynamique. Après le désenclavement de l’Aunis, il est également temps d’agir pour les Saintongeais !


Comment allez-vous concilier vos différentes fonctions ?

Atteint par le cumul des mandats, j’abandonnerai mes fonctions de maire de Saint Georges de Didonne et je resterai conseiller municipal. En effet, on ne peut pas cumuler deux exécutifs. En ce qui concerne mes différentes fonctions, le secrétariat d’État aux transports en particulier, tout est une question d’organisation. Comment je disais plus haut, je travaille en équipe avec mon cabinet ministériel de Paris, celui de Saint Georges et maintenant de la Rochelle. S’appuyer sur des gens de qualité est essentiel. Comme à l’habitude, je serai en Charente Maritime du vendredi au lundi. Aujourd’hui, les distances ne veulent plus rien dire. Grâce au TGV, Paris est très proche de la région. En ce qui concerne la transmission des documents, les fax et surtout internet facilitent grandement la tâche.
Je souhaite une présence forte du Conseil général dans les manifestations départementales. La Charente-Maritime, c’est notre département et nous devons poursuivre son développement dans un esprit d’entreprise !

Infos en plus...

Dominique Bussereau a été élu député en 1986. Battu en 88 par Philippe Marchand, il a retrouvé son siège en 1993. Lors des deux derniers mandats, nommé dans le Gouvernement, son suppléant Jean-Claude Beaulieu lui a succédé. Il est devenu conseiller général de Royan en 85, à la même époque que Xavier de Roux, Alain Bougeret ou Bernard Rocher. Au Gouvernement, il a eu la charge de plusieurs domaines : les transports et la mer, le budget (avec N. Sarkozy, alors ministre), l’agriculture et la pêche. Il est actuellement secrétaire d’État aux Transports dans le Ministère du développement et de l’aménagement du territoire.

Photo 1 : Dominique Bussereau lors de l’inauguration de la halle de Chaunac.

Photo 2 : Manifestation à la MSA de Jonzac avec Huguette Begouin.

Photo 3 : Au début de sa carrière avec Claude Belot, François Blaizot, François Robin, Didier Quentin…

Dominique Bussereau : "Une action publique au-dessus de la mêlée politique"

Jeudi matin, les conseillers généraux étaient donc réunis au grand complet à La Rochelle et les petits nouveaux cherchaient leurs marques dans l’hémicycle. Jean-Louis Frot, l’aîné de l’assemblée et David Baudon, le benjamin, prirent place à la tribune officielle pour superviser les opérations de vote. Jour particulier, il s’agissait d’élire le nouveau président !
Certes, tous savaient que Dominique Bussereau sortirait des urnes, encore fallait-il accomplir cette opération.


Dans son discours, Jean-Louis Frot souligna préalablement le travail réalisé par Claude Belot au Département : « il a superbement managé ce territoire de 600.000 habitants »...
Pour le public nombreux massé dans les tribunes, apercevoir le maire de Jonzac siégeant au milieu de ses collègues sudistes (Michel Lachaize, Bernard Louis Joseph, Bernard Lalande, Francis Savin) avait quelque chose d’inattendu. Habituellement, il se tenait sur l’estrade ! C’est lui qui proposa, à sa succession, le nom de Dominique Bussereau tandis que Gilles Gautronneau avançait, pour la gauche, celui de Bernard Lalande.


Sans surprise, le vote donna 28 voix pour Dominique Bussereau et 23 pour Bernard Lalande.
Ému, sous les flashs des photographes, il se leva pour rejoindre le fauteuil qui sera désormais le sien.
Après avoir salué le travail de ses prédécesseurs, il rappela que la Charente-Maritime était en pleine expansion (son taux de croissance démographique est presque deux fois supérieur à la moyenne nationale sur les dix dernières années) et de nombreux secteurs économiques y sont prospères. D’où une baisse du chômage.
« Le Conseil Général doit se situer au-dessus des clivages politiques. Aussi je serai ouvert à toutes les propositions, d’où qu’elles viennent » dit-il. Un appel à l’unité, vers la gauche en particulier. Les vice-présidents, quant à eux, seront réunis régulièrement.
Comme Claude Belot, Dominique Bussereau « veut être le président de tous les Charentais Maritimes » et poursuivre les aménagements en cours : rechercher les équilibres entre villes et secteurs ruraux, développer la formation, doter l’ensemble des cantons de l’internet haut débit, étendre le désenclavement routier et ferroviaire, mener une politique de la petite enfance forte, irriguer les petites communes par un réseau de transports publics adapté. Enfin, il compte étendre la mise en place du Revenu de solidarité active.


Selon la tradition, la parole fut ensuite laissée à l’opposition dont la déception était grande. Après avoir félicité le nouveau président, Bernard Lalande précisa la position de la gauche durant les trois ans à venir, « face à une société juridico marchande » qui entraîne, par « des pressions hégémoniq-ues », une précarisation de la vie professionnelle et la fragilité des plus démunis. Pour le représentant de la gauche, Dominique Bussereau a démontré, de par ses fonctions au Gouvernement, qu’il menait « une politique claire, ferme et volontaire » : « dans cette assemblée, nous sommes porteurs de valeurs républicaines et nous confronterons nos idées. Nous sommes les résistants de la cause humaine » lança t-il. Ces mots marquants démontrent, en filigrane, les craintes de la gauche de voir s’installer une droite rigide... Attentif, Dominique Bussereau prit acte de cette déclaration. Il souhaite « travailler dans de bonnes conditions avec le PS et les MRG ». La suite nous dira si cette entente est possible (Claude Belot l’avait réalisée avec les MRG du Sud, P.J. Daviaud et M. Rigou).
Suivit l’élection des vice-présidents qui seront au nombre de quinze avec, pour chef de file, Claude Belot.
Nos compliments à Dominique Bussereau à qui nous souhaitons bon vent dans cette nouvelle étape de sa carrière politique.


• Vice-présidents :

1) Claude Belot, 2), Jean Louis Frot - Bernard Rochet, Michel Doublet, Léon Gendre, Jean Paul Peyry, Daniel Laurent, Michel Parent, Jean-Pierre Taillieu, Jean-Marie Roustit, Domique Morvant, Marc Pellacœur, Gilbert Festal, Stéphane Villain, Corinne Imbert. Rapporteur général du budget, Jacky Quesson. La commission permanente comprend les 51 conseillers généraux.


Photo 1 : Jeudi, les vingt-huit conseillers généraux de la majorité ont élu Dominique Bussereau à la présidence.

Photo 2 : Dominique Bussereau a voté ! - Parmi les visiteurs réunis dans les tribunes, se trouvaient les Saintais Frédéric Rateau et Thierry Faure.

Photo 3 : Les nouveaux du Sud : Francis Savin et Bernard Louis-Joseph.

Photo 4 : Claude Belot a rejoint l’hémicycle, aux côtés de Michel Lachaise, conseiller général d’Archiac.

Photo 5 : Des tribunes, vue plongeante sur les conseillers généraux.

Photo 6 : Le Conseil Général au grand complet.