Elles sont quatre montgolfières à voler dans le ciel saintongeais (et d’ailleurs), aux couleurs du Conseil Départemental, des Antilles de Jonzac et de la Haute-Saintonge. Si vous n’êtes jamais monté en ballon, l’été est le moment idéal pour effectuer ce voyage dans le monde d’en haut et découvrir la nature environnante !
| Avant l'envol, les préparatifs |
| Lors du vol, si le pilote chauffe beaucoup, le ballon s’élève ; s’il réduit l’apport thermique, il redescend |
La montgolfière décolle. Il est sept heures passées. Elle avance doucement, saluant les Antilles, dont le vélum ressemble à un gros coquillage, le centre des congrès et le château de la Dixmerie. Direction Archiac, Baignes. Les courants déterminent la direction et dresser un itinéraire est impossible. En cette inconnue, réside le charme de la sortie.
L’altitude gomme le temps. Seul le bruit des brûleurs vient troubler, à espaces réguliers, le silence de l’aube estivale. Le soleil se lève. L’astre du jour révèle peu à peu les reliefs et les bosquets semblent familiers. Observer la cime des arbres sent bon l’aventure. Suivent des vignes en alignement parfait, des cultures de céréales et des chevreuils effarouchés par les intrus. Quelques chiens jappent tandis que des habitants, des lève-tôt, adressent des signes aux occupants d’en haut, une présence originale à laquelle ils se sont habitués.
| Le complexe aquatique des Antilles |
| Le centre des congrès |
| Le château de la Dixmerie |
L’équipage vogue avec légèreté, goûtant à la sérénité de l’instant et à la beauté de la nature environnante. En bas, sur des routes et petits chemins, Francis Ravon suit la montgolfière avec son véhicule. Une fois le vol accompli, il récupérera les voyageurs et le matériel.
« Ô temps, suspends ton vol ! » ! Personne ne regarde sa montre. Pourtant, l’escapade s’achève. Un champ est recherché pour l’atterrissage, en prenant garde aux lignes électriques, très dangereuses, et à ne pas effrayer les animaux, des chevaux par exemple.
En voici un qui fait l’affaire. La montgolfière revient sur terre. Une voisine n’en croit pas ses yeux et sort son smartphone. Un tel spectacle n’arrive pas tous les jours dans son village ! Francis Ravon rejoint l’équipage. Le ballon est dégonflé et rangé dans un énorme sac. Avec la nacelle, il est chargé dans la voiture. Retour au point de départ. Dans la joie, la bonne humeur… et cette sensation particulière d’avoir tutoyé la liberté !
| L'atterrissage. Le ballon est ensuite dégonflé, rangé, ainsi que la nacelle dans la remorque du 4 x 4 |
| La montgolfière est unique en ce sens où personne ne sait quelle orientation elle prendra, ni où elle se posera. Quel que soit l’endroit survolé, le dépaysement est réel |
| Dégonfler le ballon : toute une technique ! |
La rencontre de Philippe Foubert et de Claude Belot
Brigitte, élève pilote, est aux commandes du ballon sous le regard attentif de son instructeur. Elle prenait des cours de pilotage quand elle s’est laissé tenter par la montgolfière. Depuis, elle est conquise : « Les connaissances requises s’approchent de celles de l’avion. Pour obtenir une licence de pilote de ballon libre, de nombreuses heures de pratique sont nécessaires : préparer le vol, contrôler le décollage, l’atterrissage ». Son objectif est d’organiser des balades, de faire des meetings, de découvrir d‘autres régions. « J’aime voir la nature depuis le ciel » dit-elle.
Philippe Foubert, quant à lui, est aéronaute et pilote instructeur à l’aéroclub de Jonzac Haute Saintonge. Breveté depuis 1987, il totalise plus de 2 250 heures de vol sur de nombreux types de montgolfières et a participé à plus de 450 rassemblements de ballons. En 1995, à Paris, sa route croise celle du président du Conseil général, Claude Belot. Il accepte de piloter bénévolement la montgolfière Charente-Maritime jusqu’en 2009 avant de partir vers d’autres cieux, Québec, Europe, Canada. « Je suis devenu instructeur et Claude Belot l’a appris. Il cherchait un pilote pour la coupe d’Europe de 2013. Il m’a demandé de participer et d'encadrer un élève, Christophe Arnaud. C’est ainsi que l’histoire jonzacaise a commencé ». Dès lors, il assure la formation, les sorties et poursuit de nombreuses activités. Il est l’auteur de trois ouvrages : Le guide pratique du pilote de montgolfière ; le guide du passager en montgolfière, l’essentiel pour bien préparer son baptême ; la méthode pédagogique du pilote de montgolfière, manuel théorique et pratique, parus aux éditions Cépaduès.
Parmi les vols qui l’ont le plus marqué, figure Fort Boyard : « j’ai été le premier à l’avoir tenté en 1996 et j’aimerais bien le refaire. Je suis resté un mois sur place pour deux heures de créneau, c’était très compliqué… La nacelle a touché l’eau, mais je suis parvenu à remonter ! ». Il se souvient également d’un atterrissage dans une réserve indienne aux États-Unis. Epique avec une issue heureuse ! Il y a aussi les Alpes, le décollage près du Mont Blanc, le Brésil à la frontière avec l’Argentine, le Sahara, etc. Une expérience professionnelle riche et variée.
| Dominique Guicheteau, Philippe Foubert, Brigitte Bertrand, Francis Ravon |
Vous êtes tenté par un vol en montgolfière ? Se faire inscrire auprès de l’Aéro-club de Jonzac (Ph. Foubert 06 08 60 62 35) ou de l’office de tourisme de Jonzac 05 46 48 49 29.
Université d'été : Philippe Foubert animera une conférence "La fabuleuse histoire des montgolfières de 1783 à nos jours" jeudi 16 juillet à 18 h 30 au cloître des Carmes.
L'info en plus
• La meilleure saison pour voler est l’été et l’automne, riche d’une belle palette de couleurs. Le printemps peut poser problème en raison des turbulences (giboulées, vents, etc) qui créent une instabilité.
• Les caractéristiques d’une montgolfière : La taille des ballons qui volent à Jonzac est d’environ 2300 m3 (on peut atteindre jusqu’à 8000 m3 !). La surface en tissu nylon est de 1500 m2, l’ensemble est recouvert en polyuréthane afin d’assurer l’étanchéité. La nacelle est en osier ou en rotin en raison de leur souplesse. La vie d‘un ballon en vol libre est de 600/700 heures. Cette durée est réduite si l’utilisation est importante. L’enveloppe devient alors poreuse. Une montgolfière coûte environ 50.000 euros. L’autonomie des bouteilles (propane) est de deux heures et demie environ.
• La force du vent ? Le soir entre 15 et 20 km/h, le matin 5 km/h (idéal pour voler).
• Nombreux rêvent de survoler l’estuaire de la Gironde en ballon. Philippe Foubert reste prudent « la difficulté réside dans l'atterrissage en plein marais. Mieux vaut ne pas s’approcher de ce secteur. Après Mirambeau, c’est un peu compliqué ».
• La montgolfière s’adresse à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite. « Nous pouvons leur assurer un vol en toute sécurité ».
Reportage/Photos Nicole Bertin