Dimanche à Royan, avait lieu la traditionnelle remise des prix de l'Académie de Saintonge. Dix-sept au total dont un grand prix attribué à David Proteau, directeur artistique des feux d'artifice Ruggieri. L'Académie de Saintonge, qui vient de fêter ses 70 ans à travers une exposition présentée à la Maison du Département (avant de rejoindre d'autres villes, Saintes, Jonzac), possède de nombreuses facettes. « Le travail des académiciens consiste à repérer tout au long de l’année des personnes de la région qui font des choses extraordinaires, à étudier leurs travaux qu’ils soient littéraires, scientifiques ou artistiques. Un vote final détermine les lauréats. Sont valorisés et récompensés les talents » a rappelé Marie-Dominique Montel, directrice.
Elle a une passion pour le cinéma, qu'elle partage avec Christophe et Blake Jones. Ainsi, le public a la chance de découvrir d'anciens films dont l'un sur le peintre Gaston Balande présenté il y a quelques années. En 2026, elle a réservé à l'assistance une belle et émouvante surprise : des scènes tournées en Charente par Ernest Normandin vers 1896, dans la cour d'une ferme à Campagnères, près de Jarnac. Un bond de 130 ans en arrière pour se retrouver juste avant 1900, au temps des pionniers ! « C’est l’un des plus anciens films du monde, les toutes premières images animées charentaises » dit-elle. Un moment attendrissant où ont évolué, sous nos yeux, des femmes et des enfants tirés de l'oubli pour entrer dans la lumière...
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| Les toutes premières images animées charentaises |
Marie-Dominique Montel, directrice de l’Académie de Saintonge :
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| Marie-Dominique Montel présente le livre sorti pour les 70 ans de l'Académie (©N.Bertin) |
« Merci d’être si nombreux pour notre anniversaire. Nous aurons tous le cœur à la fête pendant cette cérémonie dont, je crois, nos lauréats 2026 sauront faire un vrai feu d’artifice !
Dès cet été, en avance de quelques mois sur ses 70 ans, l’Académie a reçu son premier cadeau d’anniversaire, cette grande et belle exposition offerte par le département de Charente-Maritime, et qui vient de se terminer. Tous nos remerciements au conseil départemental et à sa présidente, Sylvie Marcilly, aux équipes et aux graphistes du CD 17 qui ont mené à bien la réalisation et l’installation des 52 panneaux, de l’affiche, des écrans et des vitrines relatant notre histoire et nos travaux… Et à la bonne fée (dans les contes, la marraine est toujours une bonne fée), celle qui en a eu l’idée et dont l’enthousiasme communicatif su emporter l’adhésion générale, Marie-Pierre Quentin.
Dans cette exposition, amenée à voyager dans plusieurs villes, le contenu et les textes sont l’œuvre des académiciens qui ont ainsi donné une vision d’ensemble de nos activités. Un merci spécial à Eric Dépré et sa merveilleuse collection de fossiles, merci aux musées qui nous ont prêté des trésors, le musée de Saintes, la Corderie Royale, l’aquarium de la Rochelle, la collection Roquefeuil, la collection Glénisson et les archives de Charente-Maritime. Et je rends hommage au grand chef d’orchestre, celui sans qui l’enthousiasme se serait éparpillé ou n’aurait pas duré, notre collègue Christian Vernou qui a l’expérience professionnelle des musées et qui a su canaliser nos premières idées, nos créativités diverses, pour élaborer une véritable exposition.
Dans celle-ci figuraient, dès l’entrée, deux messages qui nous ont beaucoup touchés, de Sylvie Marcilly, présidente du Département, et d’Alain Rousset président de la Région Nouvelle-Aquitaine, soulignant tous les deux l’action de l’académie en faveur du rayonnement de la culture régionale.
Notre travail en effet, le travail des académiciens, consiste à repérer tout au long de l’année des personnes de la région qui font des choses extraordinaires, à étudier leurs travaux qu’ils soient littéraires, scientifiques ou artistiques, au fil de réunions qui aboutiront à un vote final pour déterminer les lauréats. Et nous sommes les seuls depuis 70 ans (avec un peu de renouvellement dans nos rangs, mais ne dit-on pas que les académiciens sont immortels ?) à mettre ainsi en valeur et à récompenser les talents, les cerveaux de chez nous, « ces Charentais que le monde nous envie »…
Christopher Jones, l’excellent réalisateur de films documentaires (et de cette cérémonie), a recherché un cadeau d’anniversaire dans son Amérique natale. Il nous rapporte une œuvre de Kelly Boesch, une artiste américaine qui utilise l’intelligence artificielle. Elle a créé cette vision onirique qui pourrait évoquer non sans humour les académiciens scrutant le paysage culturel charentais. On peut y voir aussi l’avenir de l’académie quand nous aurons tous été remplacés par des intelligences artificielles académiques… A vous de juger ! Je vous propose d’applaudir Kelly Boesch dont vous pourrez voir des réalisations sur YouTube et qui, j’espère, regardera la retransmission de cette cérémonie.
J’ouvre une parenthèse à propos de YouTube et de la fréquentation remarquable de la chaine de l’académie de Saintonge qui a dépassé cette année les 33000 téléspectateurs, c’est une façon de mesurer l’intérêt qu’on nous porte. Et j’invite ceux qui ne les connaissent pas encore à regarder nos vidéos et à s’abonner.
Il y a deux personnes qui auraient tant voulu être avec nous pour cet anniversaire et qui nous ont quittés cet hiver, François Julien Labruyère et Bernard Mounier. François était mon prédécesseur qui a dirigé pendant 11 ans l’académie avec panache, et a fêté en 2006 son cinquantenaire avec un livre indispensable sur notre institution et son historique. Bernard Mounier, homme de télévision, de culture (et de la maison de la culture de la Rochelle), était l’enthousiasme de l’académie, un défricheur et un fédérateur de talent. A eux deux, ils ont insufflé beaucoup de l’esprit et de l’énergie qui nous animent. Pour moi, ils sont encore un peu avec nous cet après-midi.
Alors en leur nom et au nom de tous les académiciens, j’ai décidé de vous offrir un cadeau à mon tour, une surprise préparée en secret avec Blake Jones de la société Cloud studio qui signe nos réalisations audio-visuelles. Nous allons passer des avant-gardes et de l’intelligence artificielle à une excursion dans le passé, un bond de 130 ans en arrière, pour nous retrouver juste avant 1900, au moment de la naissance du cinéma. Le film que vous allez voir est rarissime. C’est l’œuvre d’ Ernest Normandin, un Saintongeais né à Jarnac en 1862. C’est surtout le plus ancien film tourné en Charentes, en 1896 probablement, comme les tous premiers films des frères Lumière. D’ailleurs l’invention du cinéma aurait pu revenir à ce Saintongeais. Cela s’est jouée à quelques mois près. Les frères Lumière ont présenté leur appareil en décembre 1895. Ernest Normandin et son associé Henry Joly ont breveté le leur au printemps suivant, en 1896. La différence la plus visible avec les films Lumière, c’est que ceux de Joly-Normandin ont un cadre carré et non rectangulaire. Ils sont en noir et blanc, parfois colorés à la main, image par image. C’est le cas de ce film saintongeais tourné par Ernest Normandin lui-même dans la cour de sa ferme de Campagnères près de Jarnac et dont les acteurs sont sa mère, sa femme et leurs enfants. C’est l’un des plus anciens films du monde, les toutes premières images animées charentaises.
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| Ces images ont été stabilisées, nettoyées, aux couleurs ravivées et même sonorisées |
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| Retour dans le temps ! |
Ce petit film a plus de 100 ans, et ça se voit, mais, tel un magicien des techniques de restauration, Blake Jones a fait fonctionner sa machine à remonter le temps pour nous faire partager l’émerveillement des premiers spectateurs de 1897 en regardant ces images stabilisées, nettoyées, aux couleurs ravivées et même sonorisées. Ce film est aussi un clin d’œil à notre nouvelle académicienne, Claire Laporte-Bisquit qui vient de Jarnac, comme Normandin. Elue en mai, elle est reçue officiellement à l’Académie aujourd’hui par Olivier Dubois ».
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| Le public réuni salle Jean Gabin à Royan |