dimanche 21 juin 2026

Vigilance rouge extrême en Charente-Maritime : Dès lundi 22 juin, les températures devraient atteindre 40°C l'après-midi

La Charente-Maritime est placée en vigilance rouge canicule en raison d’un épisode de chaleur exceptionnel, durable et particulièrement intense. Face à cette situation, l’ensemble des services de l’État, en lien étroit avec les collectivités, les services de secours, les établissements de santé et les acteurs de terrain, reste pleinement mobilisé afin de protéger la population, en particulier les personnes les plus vulnérables.

Cet épisode caniculaire fait peser des risques importants sur la santé publique et entraîne une vigilance maximale de l’ensemble des services engagés dans la gestion de crise.

POINT MÉTÉO : DES TEMPÉRATURES TOUJOURS EXTRÊMES

Les conditions météorologiques sont particulièrement préoccupantes.

Les températures nocturnes resteront très élevées, avec des minimales comprises entre 20 et 25°C, empêchant un rafraîchissement suffisant des organismes.

En journée, dès le lundi 22 juin, les températures devraient atteindre 40 à 42°C, exposant fortement la population aux risques de déshydratation, d’épuisement et de coups de chaleur.

• ALCOOL : DES MESURES D’INTERDICTION TOUJOURS EN VIGUEUR

Afin de limiter les comportements à risque dans un contexte de chaleur extrême, les arrêtés préfectoraux relatifs à l’interdiction de la consommation d’alcool sur la voie publique ainsi qu’à l’interdiction de la vente à emporter de boissons alcoolisées demeurent en vigueur jusqu’au lundi 22 juin, 6h. Ces mesures visent à limiter les risques sanitaires liés à la déshydratation et éviter toute pression supplémentaire sur les services de secours et de santé.

• ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES : SE RENSEIGNER AUPRÈS DES INTERLOCUTEURS COMPÉTENTS

Concernant les écoles maternelles et primaires, les décisions d’ouverture ou d’adaptation de fonctionnement sont prises localement, en lien avec les communes. Les parents sont invités à se rapprocher du maire de leur commune, qui pourra également les informer sur les modalités d’accueil du périscolaire et de la restauration scolaire.

Pour les établissements du second degré (collèges et lycées), les parents sont invités à consulter directement les chefs d’établissement ainsi que les canaux habituels de communication, en particulier "Pronote" et "École directe", afin de prendre connaissance des consignes et éventuelles adaptations.

• RESTER VIGILANTS ET ADOPTER LES BONS RÉFLEXES

Face à cet épisode caniculaire exceptionnel, la vigilance de chacun est essentielle. En adoptant les bons réflexes et un comportement responsable, chacun contribue à se protéger, à protéger les plus vulnérables et à préserver les capacités d’intervention des services de secours et de santé.

    • Buvez régulièrement de l’eau, sans attendre d’avoir soif.

    • Restez au frais et évitez les expositions prolongées au soleil.

    • Fermez volets et fenêtres durant la journée.

    • Limitez les efforts physiques aux heures les plus chaudes.

    • Décalez vos déplacements lorsque cela est possible.

    • Limitez votre consommation d’alcool, facteur aggravant de déshydratation.

    • Prenez régulièrement des nouvelles de vos proches, voisins ou personnes isolées.

    • Soyez très prudents lors des baignades et veillez toujours à la surveillance par des adultes des enfants dans les piscines privées.

Vigilance rouge canicule : les hôpitaux activent leur plan blanc

L’ÉTAT RENFORCE SA MOBILISATION


La Charente-Maritime fait face à un épisode de chaleur d’une intensité exceptionnelle, marqué par des températures exceptionnellement élevées et durables, conduisant au placement du département en vigilance rouge canicule.

Cette situation fait peser des risques importants sur la santé de la population, en particulier des personnes âgées, fragiles ou isolées, et entraîne une forte mobilisation de l’ensemble des acteurs de la sécurité, du secours et du soin.

Dans ce contexte, bien qu’il n’y ait aucun afflux dans les établissements hospitaliers du département, ces deniers ont activé leur plan blanc. Cette montée en puissance du système hospitalier permet d’anticiper toute dégradation de la situation sanitaire et de garantir une prise en charge rapide, coordonnée et adaptée des patients affectés par les fortes chaleurs.

• LES HÔPITAUX MOBILISÉS FACE À LA CANICULE

Sur l'ensemble du territoire de la Charente-Maritime, plusieurs établissements hospitaliers du département ont activé leur plan blanc : Groupe Hospitalier La Rochelle - Rochefort - Marennes - Oléron ; Centre hospitalier Saintes - Saint-Jean-d'Angély

Plus largement, des plans "canicule" avec mesures de prévention à l'attention des professionnels ont été mis en place dans tous les établissements de santé et EHPAD.

• COMPRENDRE LE PLAN BLANC : ANTICIPER POUR MIEUX SOIGNER

Le plan blanc est un dispositif de gestion de crise propre à chaque établissement de santé, activé en cas de situation sanitaire majeure ou d’afflux massif de patients. Il organise la mobilisation rapide des moyens humains, matériels, organisationnels et logistiques nécessaires afin d’assurer la continuité des soins et de garantir une prise en charge adaptée dans un contexte de forte tension sur le système de santé.

Face à cet épisode caniculaire exceptionnel, la mobilisation de chacun est essentielle. En adoptant les bons réflexes et un comportement responsable, chacun contribue à limiter l'impact sur les services de santé.

Montendre : La fête du solstice d'été annulée en raison de la canicule et reportée au 22 septembre

Communiqué du président de l'association Andronysiaque, Bruno Barthe : 

« Les températures prévues cette semaine nous amènent à annuler notre fête du solstice d'été programmée mardi 23 juin. Elle est reportée au mardi 22 septembre à l'occasion du passage à l'équinoxe d'automne. 

Les jeux et autres animations ont été rangés : les chevaux remis à l'écurie chez Philipe, les lampions déposés dans le grenier chez Lolo. Les "boîtes à souci" restent à disposition dans les commerces montendrais.  

Rendez-vous en Septembre ! ».


vendredi 19 juin 2026

Dix médaillés par le Département pour leur engagement public dans l'innovation, la culture, le sport et le civisme

©Dépt.17
Dix lauréats, proposés en commission par des conseillers départementaux, ayant contribué au développement et au rayonnement de la Charente-Maritime dans les domaines tels que l'esprit entrepreneurial et d'innovation, la culture, le sport ou encore le civisme et l'engagement public viennent de recevoir la médaille départementale

• Catégorie "esprit entrepreneurial et d'innovation" :

Marion Négrier : Née à Saintes en 1996, elle a obtenu le diplôme d’ingénieure en « Génie biologique, spécialité Chimie et bio-ingénierie » à l’Institut Polytechnique de Bordeaux, puis effectué sa thèse au Centre de Recherche Mines Paris situé à Sophia-Antipolis dans les Alpes-Maritimes. Elle développe un procédé propre et économique de recyclage chimique des fibres végétales afin de produire des matériaux applicables dans divers domaines (ameublement, mode, packaging, sport). Dans une société consumériste, elle souhaite contribuer à réduire l’impact des vêtements usagés sur l’environnement.

Yvan Robert : Né en 1933, surnommé « Le Capitaine » et figure emblématique de Mortagne-sur-Gironde, il représente la mémoire vivante de la pêche artisanale dans l’Estuaire de la Gironde. Avant gardiste, il utilise très tôt des techniques de pêche et du matériel novateur (vire-filet). Il a participé très tôt à des études menées par le Centre d’Etude du Machinisme Agricole et du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (CEMAGREF) portant sur la préservation des esturgeons. L’association « Misenval » créée par ses amis et connaissances a restauré la cabane de pêcheur héritée de son père pour la transformer en musée. L’inauguration de la cabane a eu lieu le 28 mars 2026.

• Catégorie "Culture et Sport" : 

Sarah Steyaert : Née en 1986 et vit à Saint-Ouen d’Aunis. En 2024, elle se distingue par son palmarès aux Jeux Olympiques d’été de Paris en décrochant une médaille de bronze à la Voile avec sa coéquipière, Charline Picon.

Martine Fontanille : Née en 1959, metteure en scène (29 % de femmes au regard de la profession), comédienne et animatrice, elle se fait connaître par la création de la compagnie de théâtre « Haute Tension » en 1996 et en 2021, du collectif du « 4 de la rue du vélodrome » à La Rochelle. Ses thèmes de prédilection sont : la place de la femme dans la société, la transmission, l’inconscient et l’intime.

Michelle Lallement : Originaire de Saintes, elle est née en 1944. Professeure de piano, musicienne, historienne, autrice et guide, elle est également Présidente de la « Société d’Histoire du Canton de Marennes et des Environs » (SHCM). Elle signe de nombreux articles dans la revue « De la Seudre à la Charente ». A travers ses conférences et écrits, elle tisse un lien profond entre le passé et le présent. En tant que guide locale, elle fait découvrir les trésors architecturaux de Marennes et le parcours des personnalités emblématiques de la commune (Samuel de Champlain et Prosper de Chasseloup-Laubat).

• Catégorie "Acte de civisme et engagement public" :

Bernard Châteaugiron : Né en 1950. Maire de la commune de Varzay (833 habitants) pendant 49 ans soit 8 mandats, il est également depuis 1978, licencié dirigeant bénévole du club « Es Saintes Football ». Une longévité au service de l’engagement public.

Marc Dufour : Né en 1954 et vit à Saint-Palais-sur-Mer. Déficient visuel, il est membre de l’association « AVNV Amitiés Voyants Non-Voyants » depuis 2018 et vice-président depuis 2020. Très actif, bénévole dans plusieurs associations : « Amitié Sport Loisirs » à Saint-Palais-sur-Mer, « Lasses Marennaises » à Marennes, il se distingue par son implication dans la recherche d’activités nouvelles pour les Non-Voyants (activités voile, tir à l’arc) et son accompagnement et soutien auprès d’eux. Il œuvre pour une meilleure mobilité des Non-Voyants afin d’améliorer leur insertion dans la société.

Jean-Baptiste Hayreaud : Né en 1953 et vit à Saujon. Présenté pour son engagement associatif et les actions culturelles, caritatives et cultuelles mises en place en faveur de la population de Saujon.

Denis Minot : Né en 1962. En 2008, il devient Directeur général des Services du Syndicat des Eaux de Charente-Maritime. Depuis 2006, il est engagé au sein de l’ONG « Charente-Maritime Coopération » dans des projets entre le Département de la Charente-Maritime et la Préfecture de Boffa (Guinée). Le domaine d’intervention est l’accès à l’eau potable et l’assainissement avec des constructions de bornes fontaines, de caniveaux et de fosses septiques dans les zones rurales. Cela inclut la formation sur place des gestionnaires via les Agences communales de l’Eau.

Guillem Texier : Né en 1973 et vit à Châtelaillon-Plage. Président du Comité Départemental du Sport Adapté (CDSA 17), il a joué un rôle déterminant dans son développement en renforçant son action auprès des associations et des clubs.

Saintes/Tribunal de Commerce : Me Béatrice Mafioly-Binnié et Me Marc Binnié partagent les grands moments qui ont ponctué leur carrière de greffiers

Lundi, au palais de justice, les juges du Tribunal de Commerce, entourés de magistrats, avocats, notaires et personnalités de la région, ont salué le départ des greffiers, Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binné. « 70 ans à vous deux » a souligné en plaisantant la présidente, Verlaine Renou. Lors du verre de l’amitié qui succédait à la prestation de serment de leur successeur, Me Zoé Damitzian, le couple a évoqué les moments professionnels et plus personnels qui ont marqué leur carrière. 

Dans leurs discours, sont apparus en filigrane des souvenirs que le temps a tendance à gommer. L’époque où Jonzac avait un Tribunal de Commerce par exemple ! S’y ajoutent les différentes réformes, entre autres la carte judiciaire et la loi de sauvegarde des entreprises à laquelle avaient contribué Gérard Saliba, alors président du TC, et Xavier de Roux, vice-président de la commission des lois et député-maire de Chaniers. 

De par les décisions gouvernementales, les tribunaux de commerce - dont la naissance date d'un édit de 1563 du roi Charles IX qui souhaitait donner aux marchands un outil souple de règlement de leurs litiges - n'ont cessé d'évoluer au fil du temps. A l'avenir, ils auront à s’adapter aux nouvelles technologies, l’Intelligence Artificielle en particulier. Une grande partie de nos structures sont concernées et la question est au cœur des débats actuels. En ce sens, les témoignages de Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binné sur une période donnée, fruits d’une précieuse observation et d’une analyse empreinte d’objectivité, pourraient constituer les éléments d’un futur livre. D'autant qu'ils ont pensé et créé, à Saintes, le dispositif Apesa qui vient en aide aux chefs d'entreprise en difficulté. Aujourd'hui présent dans 110 juridictions, il rassemble près de 6500 sentinelles, quelque 2000 psychologues et a pris en charge 15000 personnes. 

Me Béatrice Mafioly Binnié, Me Marc Binnié, Me Zoé Damitzian et l'équipe du greffe
Me Béatrice Mafioly-Binnié : « Comment ne pas évoquer des figures du tribunal de commerce qui ont été des phares tant pour les justiciables que pour nous-mêmes ? Lucien Doré, Dominique de la Taste, Jean-Claude Barbot, Henri Lathière et Gérard Saliba »...

• « A Jonzac, je suis accueillie par des juges de grande valeur morale, Jean Grandmoursel, Henri Lathière, Michel Belot, Jacques Roger »

« Le téléphone sonne. Mon père alors greffier du TC de Saintes m'interroge : « ça te plairait de faire un stage à Jonzac, je viens d'en être nommé administrateur et j'ai besoin de toi ». J’ai 26 ans, fini mes études de droit et pourquoi ne pas devenir greffier de commerce ? J'arrive au minuscule greffe de Jonzac accueillie par une dame de 86 ans, Mme Cluzel, à qui je rends hommage aujourd’hui car elle fut un remarquable maître de stage. Je commence ma carrière au milieu d’un fatras de registres ouverts sur une grande table, de machines à écrire à rubans et ronéotyper ! La loi de 1967 concernant les procédures collectives s'applique encore. Je suis accueillie comme la providence par des juges simples et de grande valeur morale, Jean Grandmoursel, Henri Lathière, Michel Belot, Jacques Roger. Ils me font immédiatement confiance et avec eux, je réalise la modernisation du greffe.

1985 : Réforme des procédures collectives, exit la masse des créanciers, le concordat, les syndics ! Le législateur se veut plus clément avec le débiteur. Le redressement judiciaire simplifié à tout prix voit le jour. Les sacrifices imposés aux créanciers sont majeurs.

Février 1986 : je prête serment et devient associée de la SCP Béatrice et Rémi Mafioly 

En 1994, Marc Binnié devient alors mon associé. Il l’était déjà dans la vie. Il le devient professionnellement et nous passons de longues heures au sein des greffes. L’informatique est à ses débuts et c'est un monde de possibilités incroyables qui s’offre à nous.

2000 : Première réforme de la carte judiciaire avec les regroupements définitifs de Saintes, Saint-Jean d’Angely et Jonzac. Nous quittons à regret ces deux tribunaux qui sont si chers à nos cœurs. La salle d'audience où nous avons siégé devient un énorme bureau des archives. Les dossiers s'empilent, le plancher se délite... 


• 2006 : « notre regretté président Gérard Saliba ouvre cette année-là le plus grand nombre de sauvegardes de France »

Voilà 2006 et la nouvelle réforme de la loi de sauvegarde. Quel joli nom ! Notre Tribunal, sous l’égide de notre regretté président Gérard Saliba, ouvre cette année-là le plus grand nombre de sauvegardes de France. Nous en sommes particulièrement fiers. 

2008 : Nouvelle réforme de la carte judiciaire. Le greffe de Marennes est supprimé et nous héritons des secteurs de Royan, Saint-Georges de Didonne, Vaux-sur-Mer et Saint-Palais. Les palais se ferment au détriment des justiciables, des relations humaines. Nous sommes à l’ère de l'informatique et des regroupements. Les années suivantes nous apportent leurs lots de changement de réformes auxquelles il faut bien s'adapter.

2018 : La Chancellerie confie le registre des bénéficiaires effectifs aux greffiers des tribunaux de commerce. C’est un challenge considérable pour la profession et nous relevons le gant, finalement félicités par la Commission européenne !

La dernière réforme : OUN ou guichet unique. Un seul point d’entrée pour tous les ressortissants qu'ils soient E.l, société commerciale, commerçant, artisan, agriculteur. Nous nous arrachons les cheveux, si je puis dire, tant la réforme est kafkaïenne. 

Toutes ces données chronologiques peuvent paraître fastidieuses. Elles sont là pour démontrer qu'être greffier du Tribunal de Commerce, ce n'est pas uniquement avoir un rôle statique et prendre des notes. C'est aussi s'investir au quotidien, être indépendant, prendre à bras le corps les différentes réformes, savoir s'adapter, être moteur et mettre en face des challenges imposés, des collaborateurs motivés. C'est aussi gérer une équipe, être polyvalent, essayer de donner le meilleur de soi-même. C'est un métier de passion, de réaction. On peut l'exercer sur le terrain en toute simplicité, s’investir au niveau national en prenant des fonctions au sein des différentes commissions du CNG ainsi qu'à un niveau international. C'est un champ infini d'engagements au service de la profession !

« Pour ma part, j'ai choisi d'être sur le terrain, au plus près des juges, des mandataires, des administrateurs et surtout des justiciables »

Les enjeux sont immenses dans une salle d'audience. On touche du doigt la fragilité des êtres à travers les procédures mises en place. Tout cela ne pourrait se faire sans des juges bénévoles au service du justiciables. Ils donnent le meilleur d'eux-mêmes chaque jour avec abnégation, impartialité, fierté, indépendance et humanité. Comment ne pas évoquer des figures de ce tribunal qui ont été des phares tant pour les justiciables que pour nous-mêmes ? Lucien Doré, Dominique de la Taste, Jean-Claude Barbot, Henri Lathière et Gérard Saliba. Des chefs d'entreprise hors normes doués d'une personnalité exceptionnelle, des croqueurs de vie. Des juges, mais aussi des hommes avec un grand H, si humbles et si dévoués ! Ils m'ont beaucoup appris sur les relations humaines. 

Tout cela ne pourrait se faire sans une équipe réactive et professionnelle. Une équipe, c'est un microcosme humain. Tout peut toujours arriver et je crois qu'au greffe de Saintes, nous sommes passés par des phases de doute, d’abattement, de colère, de partage, de convivialité, de tristesse et de grands éclats de rire ! 

« Je voudrais remercier chacune de nos collaboratrices et les mettre à l’honneur »

Marie-Jo, entrée en 1977 au greffe de Saintes, m'a aidée et tant appris sur le registre du commerce et des sociétés, fidèle à nos côtés pendant toute sa carrière ; Patricia, recrutée à Jonzac en septembre 1985, avec qui j’ai passé des moments mémorables et qui prendra bientôt une retraite méritée ; Murielle, Violaine, Annie, Anne, nos anciennes collaboratrices parties vers d’autres destinées professionnelles, mais aujourd’hui présentes à Saintes pour fêter cet évènement ; Fabienne, pilier du greffe, avec qui nous travaillons ardemment au contentieux depuis juillet 1990, reconnue de tous les avocats pour ses talents et son sens de l'accueil ; Marion, Christelle aux procédures collectives accueillent chaque jour les justiciables-débiteurs avec une grande humanité, mais ne badinent pas avec les procédures ; Marie depuis juin 2019 veille sur les dépôts des comptes et accueille des personnes - pas toujours aimables - avec bienveillance ; notre dernière recrue au RCS Katia fait des merveilles tant son écoute, son flegme, sa gentillesse et ses connaissances sont excellentes ; Mélanie veille sur la propreté des locaux pour le bien-être de tous ; Caroline depuis avril 2008 assure toute la comptabilité du greffe mais pas que... Caroline multi-tâches, multi-adaptable, trouve-tout, joie de vivre, directe et réactive. Merci à toutes pour votre confiance, votre disponibilité pour ces années partagées. 

• A Me Zoé Damitzian :  « Nous te laissons avec une excellente équipe, des juges bienveillants, et un environnement professionnel que beaucoup nous envie tant les relations avec le Tribunal judiciaire, le barreau, les experts-comptables, les notaires et les différents professionnels sont de qualité. Puisses-tu t'accomplir professionnellement au sein du Greffe de Saintes ».

Me Marc Binnié et Me Béatrice Mafioly-Binné ont remercié leurs consœurs et confrères présents
 à Saintes à l’occasion de leur départ. Certains sont venus de Créteil,
Évry, Bourges, La Roche-sur Yon, Le Mans.

Me Zoé Damitzian, nouvelle greffière du TC de Saintes

Me Marc Binnié : « La profession de greffier conjugue tant de missions complètes et complexes qu'elle passionne jusqu'au bout d'une vie professionnelle »

« Délégataire d'une mission de service public, au service de la justice économique, le greffier apporte une assistance aux justiciables et aux juges, c'est aussi une autorité de contrôle, notamment du registre du commerce, et un instrument de plus en plus souvent recherché de lutte contre les fraudes. Les déboires du guichet unique ont récemment rappelé que la création d'outils juridiques numériques n'avait qu'une apparente facilité.

Etre greffier de tribunal de commerce, c'est mesurer au quotidien la solitude extrême des chefs d'entreprise et savoir être une écoute attentive et objective de leurs difficultés. Sans craindre l'oxymore, je dirais que le principe qui exprime le mieux notre sens du service, c'est notre indépendance, car c'est elle qui permet d'offrir outre ce qui est exigé, ce qui est tout simplement attendu et qui devient si rare. Etre greffier, c'est avoir la chance d'exercer un métier au sein de l'institution judiciaire et d'en être pour la part qui nous revient, l'une de ses expressions. Dans la durée, les institutions ne sont pas solides parce qu'elles sont abritées au sein de murs épais, mais parce qu'elles sont composées d'hommes et de femmes qui, au quotidien, savent faire la démonstration qu'ils incarnent cette fonction de tiers neutre, de confiance, habitués à embrasser d'un même regard la légitimité du créancier et celle du débiteur.

Cette profession, c'est bien entendu par hasard que je l'ai embrassée, après l'avoir fait pour mon épouse, dont je suis devenu l'associé ! Trente-deux années de travail quotidien, dans la même profession, les mêmes locaux. Cela pourrait passer pour exceptionnel, mais à Saintes, un autre couple de greffiers, au tribunal judiciaire, M. et Mme Sabourault, et d'autres, dans cette juridiction, ont connu la même longévité professionnelle et personnelle.


• « Quand une équipe est bonne, on ne la change pas! »

Le greffier explique, oriente, traite, communique, met en forme, rassure, transmet... en veillant comme le disait Edgar Morin, à ne pas oublier l'urgence de l'essentiel en sacrifiant à l'urgence. Et quand une équipe est bonne, à la différence du sport, on ne la change pas. Patricia 41 ans d'ancienneté, Fabienne, 36 ans, Caroline, 18 ans, Marion 15 ans et toutes les autres citées par mon épouse. C'est aussi cela la continuité du service public. Merci pour toutes ces années passées ensemble durant lesquelles le droit qui n'avait qu'un support papier, est aujourd'hui numérisé, signé électroniquement, déposé dans des coffres électroniques, et récemment assisté par l'intelligence artificielle. Être greffier d'un tribunal de commerce, c'est avoir le sens du local, du territoire, avec sa sensibilité, son histoire, sa richesse et sa complexité. Mais être local n'est pas nécessairement synonyme d'étroitesse d'esprit, de limitation. La Saintonge, terre d'accueil est donc une terre de rencontres. Je voudrais rappeler ceux qui ont contribué à son rayonnement juridique en créant les fameux Entretiens de Saintes, Xavier de Roux, Patrice de Charrette, Dominique Barella, Michel Rouger, dont l'esprit frondeur et visionnaire contribuait tous les ans à alimenter le débat juridico-politique national.

Contrairement à une idée reçue, greffier de tribunal de commerce, ce n'est pas seulement une fonction statique. Les inspections, les participations à des réunions internationales sur l'interconnexion des registres du commerce en Europe, ont été l'occasion de prendre conscience de la contribution de notre profession à l'image de la France à l'étranger, notamment à l'occasion de la création des bénéficiaires effectifs.

Dispositif APESA : « Il faut agir car l'urgence est humaine »

• « Une femme chef d'entreprise en fin d'audience m'a dit : « si Apesa n'avait pas existé,  je ne serai plus là »...

Le dispositif APESA est né en septembre 2013, à la suite de la rencontre avec le psychologue Jean-Luc Douillard, mais qui n'aurait pas connu un tel essor sans l'aide quotidienne de Sophie Veillault que je salue. Je remercie ma profession, notamment l'ancien président du Conseil national des greffiers, Me Victor Geneste, présent aujourd'hui, pour son soutien dans le déploiement de ce dispositif, qui m'a fait voyager de Lille à Marseille et de Strasbourg à Saint-Brieuc, et de Nouméa à Cayenne et rencontrer Philippe Roussel-Galle, Christophe Delattre, Natalie Fricero et François Xavier Lucas.

Ce dispositif, qui a séduit l'ENM avant le CNB et les magistrats du Parquet avant ceux du siège, est aujourd'hui présent dans 110 juridictions. Il rassemble près de 6500 sentinelles, près de 2000 psychologues et a pris en charge près de 15000 personnes qui envisageaient de découvrir un monde meilleur. Quel est le rapport avec le métier de greffier ? Rien a priori, hormis l'accueil, mais on voit bien à quel type d'accueil on a réellement affaire lorsque l'on entend « je sais ce qu'il me reste à faire ». Quelques souvenirs que le temps n'effacera pas. La femme d'un boulanger m'a appelé et m'a dit : « j'ai appris que le tribunal de commerce de Saintes s'intéressait à la souffrance des entrepreneurs. Mon mari est en face de moi, il pleure et me dit qu'il va se suicider, que puis-je faire ? ». En pleine crise du covid, à la demande du Gouvernement, nous avions créé un numéro vert à la disposition des entrepreneurs confinés, et tombe ce communiqué de presse indiquant : « le Gouvernement s'appuie sur Apesa ! ». Un dernier témoignage, celui d'une femme chef d'entreprise qui me confie en fin d'audience : « si Apesa n'avait pas existé, je ne serai plus là ». On ne regrette pas alors les nuits d'insomnie, les week-ends amputés à travailler sur le sujet. Je ne crois pas m'éloigner du sujet car la phrase clé du dispositif APESA est : « comment allez-vous ? ». Une phrase banale mais qui, prononcée dans une enceinte judiciaire et même si c'est dans un couloir, produit des effets protecteurs, des effets que les Anglo-Saxons osent appeler thérapeutiques.

Un tribunal de commerce, avec ses juges élus et bénévoles, son greffe indépendant, aidé par des auxiliaires de justice compétents et disponibles, est un assemblage hétéroclite d'éléments disparates en équilibre instable, fragile, mais c'est ce qui fait sa force et sa pérennité. Vous allez nous manquer, mais nous saurons provoquer le hasard pour que le plaisir de vous voir et d'échanger, persiste par-delà la régularité des calendriers de procédure ».

Remise de cadeau. Verlaine Renou aux côtés de Marc Binnié
Après les allocutions, un verre de l'amitié a réuni les participants