samedi 3 novembre 2007

« On veut tuer la côte royannaise » La société 4Gas face à plus de 2000 opposants...



Lundi dernier à Royan, la nouvelle réunion organisée par la commission du débat public que préside Louis-Julien Sourd avait attiré quelque 2500 habitants des deux rives, Charente-Maritime et Médoc. La salle était archi-comble et remontée ! Cette rencontre, très canalisée, n’a pas apporté les explications qu’attendaient les participants. Ils sont repartis comme ils étaient arrivés, chacun campant sur ses positions.



Non, ce n’est pas « Plus belle, la vie » ! Pour ceux qui entreraient dans ce feuilleton automnal, à l’origine du fort mécontentement de la population royannaise, il convient de faire un rappel des faits : la société hollandaise 4Gas, basée à Rotterdam, envisage de construire un port méthanier au Verdon, face à Saint-Georges de Didonne. Cette réalisation se concrétiserait sur le terrain par trois cuves de 47 mètres de hauteur, une torchère, une usine d’électricité à partir du gaz naturel liquéfié, une usine de regazéification de 35000 m2, une unité de production d’azote et la construction d’un gazoduc dont on ignore le tracé, plusieurs hypothèses ayant été émises. Ce site industriel, « situé à 400 m de la plage et à 800 mètres de l’école du Verdon, face à la perle de l’Atlantique » serait classé Seveso 2. Il a été choisi par 4Gas « en raison de sa disponibilité en eaux profondes et d’un appontement existant ».
Dès qu’elle a été connue, cette perspective a entraîné de vives réactions, la création de collectifs de défense et la mobilisation des élus - tous unis - pour défendre le plus grand Estuaire d’Europe, celui de la Gironde.

Un débat nécessaire

La réunion organisée lundi soir s’inscrit dans une large concertation orchestrée par la commission du débat public. « Ce projet semble impensable, mais tout peut arriver » souligne le maire de Saint-Georges, Jean-Michel Renu. À ses côtés, Jean-Pierre Tallieu, président de la CDA, n’est guère plus rassuré. Toutes les collectivités locales sont hostiles au projet. Toutefois, qu’en sera-t-il au final ? Nul ne le sait et il faudra attendre le printemps prochain pour connaître la décision des investisseurs. Auparavant, plusieurs étapes auront été franchies dont l’instruction du dossier par la DRIRE.
Pour l’instant, le projet est à l’étude et « les travaux ne sont pas commencés », déclare un responsable de 4Gas. Cette réalité ne suffit pas à apaiser les esprits, révoltés (c’est le mot) par ces structures qui présenteront un vrai danger. Au lendemain du Grenelle de l’environnement où une prise de conscience s’est opérée, un terminal méthanier met hors d’eux écologistes et simples amoureux de la nature qui apprécient la région, entre falaises crayeuses et plages de sable fin. De l’autre côté, il y a le Médoc, « plus célèbre pour ses caves que ses cuves »...



Trois hommes et un coup fin ?

Au perchoir, les trois représentants de 4gas, Henk Jonkman, directeur général, Olivier Bousquet, directeur du projet et Arjen Kruithof (architecture et ingénierie), semblent plutôt isolés. Hués, ils n’ont pas besoin d’un décodeur pour comprendre que la salle leur est totalement hostile. Cette dernière crie à l’arnaque, à l’irresponsabilité et autres insinuations fort désagréables. On évite tout de même les débordements, style « les Flamands, on les préfère à la Palmyre », une réflexion qui avait choqué la fois dernière. L’air un peu accablé, les intéressés se demandent ce qu’ils font dans cette galère, exposés aux 2500 personnes qui ont répondu présent. Et ce n’est pas pour applaudir le retour sur scène de Paul McCartney !
Louis-Julien Sourd tente de ramener l’ordre : « je vous demande une bonne conduite. La procédure du débat public est de discuter de l’opportunité d’un projet et d’en aborder les aspects. La commission n’émet pas d’avis, elle est neutre et transparente avec une égalité dans le traitement des deux parties ».

La bataille de l’environnement

Le cadre étant planté, la parole est laissée aux élus qui l’attendent avec impatience.
À quelques mois des municipales, il est des sujets qu’on ne peut occulter. Le premier à ouvrir le bal des allocutions est le maire de Royan, Henri le Gueut. Costume noir, cravate rose, il critique crûment cette construction : « nous ne devons pas nous endormir. 4Gas doit se décider vite, cette société n’a rien à faire ici ».
Didier Quentin lui emboîte le pas. Il a sorti ses souliers vernis et sur le parquet, ses paroles glissent d’amertume : « tout le monde est contre ce projet, les professionnels, le Conseil Général, les maires en congrès samedi dernier, les élus de Gironde, la population, Henri Giscard d’Estaing, président du Club Med »... S’y ajoute Nicolas Hulot et Thalassa serait sur la brèche. Pour le député, cette phrase de Nicolas Sarkozy est claire : « tout projet, au coût environnemental trop lourd, sera refusé ».
« Pourquoi le Verdon quand d’autres villes seraient preneuses, Dunkerque et le Havre ? Deux autres sites sont déjà opérationnels, Fos sur Mer et Montoir-Saint Nazaire. Pourquoi créer un nouvel emplacement dans un lieu protégé ? Je ne vois là que des intérêts spéculatifs et financiers » s’indigne-t-il.
François Patsouris et Régine Jolly, vice-présidents du Conseil régional, passent bientôt à l’action. Pas besoin de mettre leurs habits verts, ils ont l’épée des mots et le choc des propos. François Patsouris s’interroge sur le trafic dans l’estuaire avec le passage d’énormes méthaniers de 250 mètres de longueur : « le pôle économique du Verdon permettra à Bordeaux de rivaliser avec les grands ports européens. Il ne faut pas chercher plus loin. Personnellement, j’arrive de Florence où la CEE nous demande de protéger les milieux marins. Ici, j’assiste exactement au contraire. Il serait grand temps que Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, vienne nous rejoindre » ! Et pourquoi pas ? Il insiste sur les effets que pourrait avoir une grande tempête sur de telles installations : « un méthanier peut-il résister aux vents violents ? Je crois qu’il faut laisser passer l’envie de fric qui anime certaines personnes ».
Trois grands volets sont ensuite développés par un système de questions/réponses : les impacts sur l’environnement, le tourisme, les dangers et la maîtrise des risques.
Est-il nécessaire de le rappeler, la côte royannaise est un espace agréable et prisé des touristes. Le long cordon d’argent qu’est l’estuaire abrite civelles, lamproies et esturgeons. Ce monde à part fait le bonheur des artistes et de ceux qui cherchent la sérénité. M. Fuentes l’a parfaitement compris : prenant le micro, il lit un beau poème de sa composition. Ce flot de tendresse décrispe l’atmosphère et l’assistance en oublie un instant ses griefs. ...
Toute poésie mise à part, il est évident que cette activité industrielle aura des retombées sur le paysage. Outre les rejets, la vue, des conches de Meschers, Saint-Georges de Didonne et Royan, sera modifiée. Et enlaidie.



Un coup dur pour le tourisme

La nature des questions démontre bien les craintes ressenties. Parmi elles, la durée de vie du terminal : cinquante ans, le nombre d’emplois créés : de 38 à 52 (quelle précision !), les retombées sur l’air, l’effet de serre, les répercussions liées aux rejets de chlore dans l’estuaire (l’avis d’Ifremer sera sollicité), la préservation des espèces, de l’éco-système et des paysages, l’usine de cogénération qui alimentera le site en électricité.
Soudain, un jeune chercheur du CNRS s’irrite quant aux risques de fuite de gaz naturel liquéfié : « on nage dans le flou, l’imprécision totale. Dire qu’un risque est nul est débile, il y a toujours un risque résiduel. De plus, nous sommes en zone Natura 2000 ». On l’avait presque oublié...
La réaction la plus touchante est celle de Claude Caillé, le “père“ du zoo de la Palmyre, l’un des plus importants d’Europe : « toute cette histoire va tuer Royan. Les agents immobiliers le ressentent déjà avec une baisse des ventes des terrains et maisons. Personne n’a envie de venir en vacances ou d’acheter à proximité d’un port méthanier. Toute l’activité touristique sera touchée, à commencer par les campings. Le zoo et le club Med ne seront pas épargnés ». Et d’ajouter : « nous venons d’avoir un petit gorille et j’ai choisi de l’envoyer dans un parc allemand pour qu’il ait une vie plus saine ».
Le deuxième département touristique français en nombre de nuitées est inquiet pour son avenir. Tout bouleversement pourrait lui être fatal, les estivants choisissant d’autres destinations (ce qui est facile avec internet). On imagine alors les retombées sur l’emploi, d’où la réflexion de cet habitant : « Royan a déjà connu un bombardement totalement injustifié. Une seconde charge lui arrive maintenant sur la tête. Avec la centrale nucléaire de Braud Saint-Louis, la boucle est bouclée ». Ce n’est pas tout : en ville, on parle de l’arrivée hypothétique d’un gazoduc chargé de transporter le gaz vers le réseau national. Ce tracé, cependant, est improbable car onéreux en investissement (il devra franchir la Gironde).
Bref, qu’adviendra-t-il de « ce bel estuaire à la robe sombre et ombragée ? ». Les deux rives disent « non aux fonds de pension Carlyle Riverstone qui veulent lui voler son âme ».
La dernière réunion, synthèse des différents débats, est attendue avec impatience...

Méthaniers et plaisanciers dans l’estuaire : La cohabitation est-elle possible ?

Nous avons posé la question à un responsable de la Capitainerie du port autonome de Bordeaux. « Il n’y aura pas de perturbation dans la cohabitation des différentes activités » estime-t-il. Déjà, le bac cède la priorité aux navires de commerce qui empruntent l’estuaire. Au nombre actuel de 1 500 environ, ils sont soumis aux règles de navigation internationales. « Le méthanier transporte du gaz naturel liquéfié, matière moins dangereuse que le pétrole ou le gaz comprimé » explique-t-il. Selon les tailles des bateaux, des mesures supplémentaires peuvent être appliquées : plus grand nombre de remorqueurs, deux pilotes au lieu d’un seul, etc.
Les plaisanciers et autres écoles de voile ne devraient pas avoir à souffrir de la présence de ces « grosses structures », sauf qu’à leur arrivée, elles ne passeront pas inaperçues et provoqueront des remous.
Cette réponse, plutôt optimiste, ne fait pas l’unanimité. Le directeur de la station nautique de Royan, par exemple, pense que le chenal sera forcément bloqué par ces immenses embarcations. Reste à connaître la fréquence du trafic et un autre problème : « un méthanier qui s’envaserait sur la passe de la Mauvaise y resterait indéfiniment et finirait par couler. La passe est inabordable » soulignent les marins.



Didier Quentin interpelle le premier Ministre F. Fillon

Permettez-moi d'appeler votre attention, avec une particulière solennité, sur le projet de terminal méthanier au Vcrdon-sur-Mer, dans le nord-Médoc, présenté par la société néerlandaise 4Gas.
Celui-ci suscite, en effet, une très vive émotion sur les deux rives de la Gironde. En raison de son impact environnemental dévastateur, il rencontre en Charente-Maritime une opposition croissante et déterminée des élus. des associations et de la population, comme en témoignent les différentes motions adoptées à l'unanimité par le Conseil général, le Conseil régional de Poitou-Charentes, la Communauté d'Agglomération de Royaii-Atlantique, et tous les conseils municipaux concernés, ainsi que le “non“ ferme de la Section Régionale Conchylicole de Poitou-Charentes.
L'hostilité à ce projet commence même à prendre une ampleur nationale, comme l'atteste, par exemple, le soutien exprimé par Nicolas Hulot.
Une Commission particulière du débat-public a été créée. Celui-ci se déroule dans des conditions peu satisfaisantes, en raison notamment de la disparité du nombre de réunions entre les deux rives de l'estuaire de la Gironde. Il est aussi, en grande partie, faussé par le manque de rigueur des réponses apportées par l'opérateur. Mais surtout, il ne nous a encore jamais été dit si un tel projet s'inscrit bien dans le cadre défini par la loi programme de 2005 qui fixe les objectifs de notre pays en matière de stockage de gaz. Il nous est encore moins indiqué s'il présente un intérêt national majeur pour l’approvisionnement énergétique de la France à cet endroit précis du littoral atlantique à la richesse exceptionnelle en matière environnementale, tant pour la qualité des paysages que pour la biodiversité.
Beaucoup s'interrogent aussi sur l'utilité et la pertinence d'un tel équipement, car il existe déjà deux terminaux en cours d'extension à Fos et à Montoire, et deux autres sont en projet, sans poser de problème, à Dunkerque et à Antifer.
La vocation de l'estuaire de la Gironde, plus grand estuaire d'Europe et dernier estuaire naturel, me paraît donc résider dans le développement d'un tourisme durable, ce que l'on appelle l’éco-tourisme, plutôt que de le transformer en un Fos-sur-Gironde...
C'est dans cet esprit que j'ai proposé la création d'une « aire marine protégée » qui deviendrait pilote en la matière et qui a reçu un accueil favorable de la Secrétaire d'État à l’Écologie.
C'est pourquoi, le premier Ministre, je vous serais très obligé de me faire connaître la position du Gouvernement à cet égard, alors que Monsieur le Président de la République a déclaré, le jeudi 25 octobre dernier, lors des conclusions du Grenelle de l'Environnement : « Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé ».



• L’absence des représentants du Port autonome de Bordeaux :
Lors d’une précédente réunion, à Soulac, l’un d’eux a été agressé verbalement et physiquement par un “excité“. Lundi à Royan, le PAB était absent en raison de ce malheureux incident.
Par ailleurs, dans un courrier adressé à M. Sourd, Didier Quentin regrette le caractère tumultueux de la réunion du 8 octobre dernier et condamne les propos xénophobes qui y auraient été tenus : « la vigueur de certaines réactions s’explique par le manque de rigueur des réponses apportées par les représentants de 4Gas. La sérénité du dialogue ne reviendra qu’au prix d’un plus grand sérieux dans les réponses dont la principale est : y a-t-il un intérêt national majeur et bien démontré pour un tel équipement à cet endroit précis ?».

• Réunion de clôture : Bordeaux ou Royan ?
Celle-ci devrait avoir lieu au Palais des Congrès de Bordeaux, le 29 novembre prochain. Elle sera la synthèse de l’ensemble des réunions du débat public en Gironde et en Charente-Maritime.
Didier Quentin s’étonne du choix de Bordeaux : « nous tenons à ce qu’elle ait lieu à Royan ou à Soulac » dit-il sous un tonnerre d’applaudissements. Jean-Pierre Tallieu est prêt à louer un tivoli (encore plus vaste) pour accueillir cette rencontre.

• Nature Environnement 17 se mobilise :
Vous pouvez contacter cette association à la Rochelle et Saintes. En vue, la mise en réserve naturelle de Bonne Anse et la protection des espèces, dont fait partie la fameuse tortue cistude.

• L’influence du port de Bordeaux ? Mais qui est derrière 4Gas ?
« Le port autonome de Bor-deaux qui ne veut surtout pas voir les méthaniers remonter jusqu’à Bordeaux » : c’est la réponse la plus évidente. Ce projet est un vrai danger pour l´estuaire qui est un secteur privilégié de mélange des eaux et donc de reproduction des poissons. Le pompage des eaux (10 m3/seconde pour le refroidissement du gaz) et le rejet de cette eau chlorée et javellisée dans l’estuaire, constituerait une pollution permanente. « Pas question de d’altérer nos eaux pour sauver financièrement l’activité du port autonome de Bordeaux » dénoncent les opposants.

mercredi 31 octobre 2007

Nos vies commencent à s’éteindre le jour où nous restons silencieux...

Lundi dernier, l’institut Yad Vashem a décerné à titre posthume la médaille des Justes à Gilbert Denis qui sauva la vie de Michel Slitinsky durant la seconde guerre mondiale. Venant de Bordeaux, ce jeune homme, d’origine juive, avait miraculeusement échappé à une rafle de la Gestapo. Durant quelques mois, Il trouva refuge dans une ferme située à Coux, près de Montendre, avant de rejoindre le maquis.

Depuis longtemps, l’idée d’une reconnaissance officielle de Gilbert Denis trottait dans la tête de Louis Élias.
C’est en recueillant les confidences des habitants de Coux, regroupées en un livre mémoire, que l’ancien maire adjoint a découvert cette belle histoire de fraternité. Elle lui fut contée par Annette, l’épouse de Gilbert Denis, disparu voici quelques années. « Intéressé par ces événements, j’ai cherché à en savoir plus. Je suis entré en contact avec Michel Slitinsky qui m’a confirmé les faits. Nous avons alors pu constituer le dossier qui a été remis à l’institut Yad Vashem dont le mémorial rend hommage aux personnes qui ont aidé des Juifs à échapper aux Nazis. Gilbert Denis était un homme courageux et il le fallait. Durant la guerre, le maire de Coux était pétainiste et que dire du zélé M. Peuch, sous-préfet de Jonzac »... Réalité confirmée par l’historien James Pitaud.

Que s’est-il donc passé à Coux, durant le second conflit mondial, pour qu’une importante manifestation y soit organisée en présence de délégués français pour Yad Vashem ? Présent, Michel Slitinsky était le mieux placé pour évoquer les faits qui se sont déroulés quand il avait 17 ans. Une époque bouleversée par la guerre, la répression et ces signes distinctifs -l’étoile jaune imposée aux Juifs - qui précipitent les êtres dans la différence et la cruauté. On ne choisit pas sa famille, dit la chanson, on choisit rarement sa religion, ni ceux qui vont la combattre au nom de leur idéologie. Au cours des siècles, les Juifs ont connu de nombreuses persécutions. La guerre 1939-1945 et son cortège d’atrocités ont, une nouvelle fois, démontré que l’homme reste un loup pour l’homme et c’est pourquoi les voix ne doivent jamais s’éteindre.
Si Michel Slitinsky a survécu, c’est parce que des mains se sont tendues sur un chemin jonché d’ornières. Son témoignage, qu’écoutèrent attentivement les enfants des écoles et l’assistance, était poignant.

« Mon prénom, c’est tout »

Du regard de Michel Slitinsky, émane une grande douceur. Il porte en lui la dimension du pardon, celle qu’on atteint quand s’est installé le nécessaire détachement. L’horizon n’est qu’une ligne mouvante et personne ne sait quand il se transforme en immense filet. La peur, il l’a regardée en face. Il peut donc raconter aux élèves, à mille lieues de ces horreurs, ce que fut sa jeunesse quand il se cachait pour échapper aux camps de concentration.
Ayant travaillé sur ce sujet bien particulier de l’histoire contemporaine, les jeunes sont attentifs : ils essaient de comprendre pourquoi l’homme, qu’on dit civilisé, peut se transformer en machine à tuer. Retour en arrière. Dans les années quarante, il ne fait pas bon être juif sous le soleil de France. Pliant l’échine sous l’occupant allemand, Vichy cautionne sa politique. S’ensuit « tout un arsenal des décrets pour bien identifier les Juifs qui se voient interdire certains métiers ». En octobre 1942, quand la Gestapo frappe à la porte des Slitinsky, à Bordeaux, ils savent ce qui les attend. Par chance, leur fils Michel réussit à s’enfuir par les toits.
Dans un premier temps, des amis le dissimulent puis l’un d’eux, Gérard Jacopy, a une idée : il pourrait aller à la campagne, du côté de Coux en Charente-Maritime, dans le cadre d’un retour à la terre. Sur place, il a un relais sur lequel il peut compter, son oncle Gilbert Denis. Cet instituteur dévoué connaît bien les Deveaux, des agriculteurs qu’il n’a aucun mal à convaincre.
Quand Michel Slitinsky arrive à la gare de Montendre, Gilbert Denis l’attend et l’accompagne chez ceux qui vont l’héberger pendant plusieurs mois sans poser de questions : « mes interlocuteurs n’étaient pas bavards. Les ordres étaient donnés en mauvais français et les discussions se faisaient en patois que j’appréciais pour son rythme chantant. Ils m’ont demandé mon prénom, c’est tout » se souvient-il. Le soir, il s’échappe pour écouter la BBC chez les Bourdeleau qui tiennent l’épicerie. La vie suit son cours.
Arrive le moment où il lui faut des papiers en bonne et due forme : il se rend à la mairie où il déclare qu’il a perdu sa carte d’identité. Il en demande une autre au nom de Jean Jean, étudiant, né en 1926 à Bordeaux. Et ça marche !
Huit jours après, il reçoit le précieux document. Sauvé par l’état-civil et des appuis amicaux, il parvient à rejoindre le mouvement Mur qui compte une filière dans le Puy de Dôme. « Nous avons vécu plus de deux ans dans les bois, la neige, le froid, la pluie. C’était le prix de la liberté » avoue-t-il. Dans cette tourmente qui finit en Alsace, il n’oubliera jamais l’aide de Gilbert Denis.

L’émotion de Bruno Denis

Lundi, la médaille des Justes ainsi qu’un diplôme ont été remis à Bruno, fils de Gilbert Denis, par Anita Mazor, ministre de la Culture auprès de l’ambassade d’Israël, en présence de Gérard et Élisabeth Goldenberg, délégués du comité Yad Vashem et de M. Alimi, vice-président du Consis-toire à Bordeaux. Dans la salle municipale, les habitants de Coux étaient présents aux côtés des personnalités et de leur maire, Joël Carré. Le nom de Gilbert Denis, un homme droit, défenseur des valeurs républicaines, figurera désormais sur le grand monument édifié sur la colline du souvenir à Jérusalem. « Qui sauve une vie sauve le monde entier » dit le Talmud. À ce jour, Yad Vashem a désigné 2700 justes en France et 100 dossiers sont en cours. Au 1er janvier dernier, 21758 Justes parmi les Nations de 41 pays ont été honorés. « Ces hommes et ces femmes, non juifs, sont des éclats de lumière dans l’univers infernal de la barbarie nazie » souligna Anita Major.
Ému, Bruno Denis adressa de chaleureux remerciements aux représentants de la fondation Yad Vashem et, devant l’assemblée réunie, il lança : « votre présence me fait chaud au cœur ». Si l’invisible pouvait parler, son père aurait sans doute ajouté semblable compliment. Isabelle Duhamel-Costes, quant à elle, remarqua une coïncidence : celle de la lecture de la lettre de Guy Môquet - le plus jeune des vingt-sept otages du camp de Châteaubriant en Loire-Atlan-tique, fusillés en représailles après la mort de Karl Hotz - et cette remise de distinction. Elle insista sur la transmission de la connaissance auprès des jeunes générations qui permet d’éveiller les esprits. C’est précisément l’instruction, dans le vrai sens du terme, qui favorise les prises de conscience. Pour sa part, Claude Belot évoqua des souvenirs quand, petit garçon avec sa mère et sa grand-mère, il vit arriver les Allemands à Jonzac, durant l’été 40. « Les habitants ont fait semblant de se soumettre, mais en fait, ils préparaient la riposte » .
Durant cette période, le maire, René Gautret, délivrait de faux papiers pour les Juifs et les résistants. « Ici, nous avons des valeurs et c’est la Haute-Saintonge qui a porté les mouvements de résistance ». Il suffit de penser à Pierre Ruibet, qui fit sauter les carrières d’Heurtebise, à Claude Gatineau et à des hommes de l’ombre dont Gilbert Denis...

« Quand les étoiles tombent du ciel, tends la main pour les sauver et réchauffer ton cœur » : l’humanité peut ainsi se reconstruire en disant « non à l’inacceptable »...




1942 : la descente aux enfers
• 1er janvier : 130000 juifs vivent encore en Allemagne.
• 10 janvier : Confiscation de tous les lainages et de toutes les fourrures des juifs.
• 17 février : Les juifs ne peuvent s’abonner ni à un journal, ni à une revue.
• 26 mars : Une étoile juive marque toutes les maisons habitées par des juifs.
• 24 avril : Les juifs ne peuvent utiliser les transports en communs.
• 15 mai : Interdiction aux juifs de posséder chiens, chats, oiseaux...
• 29 mai : Les juifs n’ont plus le droit d’aller chez un coiffeur.
• 9 juin : Les juifs doivent remettre aux autorités tous les vêtements qui ne leur sont pas indispensables.
• 11 juin : Pas de carte de tabac pour les juifs.
• 19 juin : Confiscation des appareils électriques et optiques, des machines à écrire et des bicyclettes.
• 20 juin : Toutes les écoles juives sont fermées.
• 17 juillet : Les juifs aveugles ou sourds n’ont plus le droit de porter un brassard pour les signaler à l’attention des automobilistes.
• 18 septembre : Plus de viande, d’œufs ou de lait pour les juifs.
• 4 octobre : Tous les juifs des camps de concentration allemands sont envoyés à Auschwitz.

Gérard Desrente, Jean-Claude Landreau : La fusion !

Difficile de faire une liste aux élections municipales quand celle-ci doit réunir 35 noms. Gérard Desrente vient de s’en apercevoir et c’est pourquoi il s’est rapproché de Jean-Claude Landreau et de Philipe Delacroix, également sur la ligne de départ. Une fusion va avoir lieu. Pour l’effusion, on verra plus tard...

Il y a quelques mois, Gérard Desrente, qui fut adjoint de Michel Baron, maire socialiste de Saintes, a annoncé qu’il se présentait aux élections municipales avec l’avocat Pierre Sarfaty. L’annonce étant faite aux Saintais, il se lança dans le recrutement de ses futurs colistiers. Et il se rendit à l’évidence : on ne trouve pas 35 personnes sous le sabot d’un cheval ! « Nous n’avons pas réussi à concrétiser ce que nous souhaitions » avoue-t-il avec la franchise qui le caractérise. Ce qui ne l’empêche pas de garder une véritable passion pour la cité santone !
Il a donc pris contact avec une autre liste, celle que conduit Jean-Claude Landreau, afin de travailler ensemble. Apparemment, les deux hommes, qui se connaissaient déjà, sont tombés d’accord. Bien qu’issus de familles politiques différentes, ils partagent des points de vue communs sur de nombreux sujets.

L’union fait la force

La fusion aura donc lieu avec un schéma directeur qui gravitera autour du renouveau économique saintais. Aux acquisitions de terrains qui permettront une véritable politique foncière, indispensable à l’installation d’entreprises, s’ajouteront l’animation commerciale du centre ville ainsi qu’un vrai coup de pouce en direction des jeunes et de la culture. « Saintes a tout d’une grande » dit-il en fournissant des détails : « en comptant les villes que sont Cognac, Bordeaux, Royan, Angoulême, nous avons un potentiel à drainer de deux millions d’habitants. Ça change tout ! Nous pourrions créer un Romanoscope autour du patrimoine roman et des vestiges gallo-romains. On peut conjuguer culturel et ludique, Saintes ne doit pas être une ville musée ». D’ailleurs, ce concept est démodé : aujourd’hui, on recherche l’interactif et des effets spéciaux ! Aux dernières nouvelles, cette liste - qui n’est pas encore baptisée - compterait une bonne vingtaine de candidats : « ils viennent d’horizons différents, ont une certaine éthique, de la rigueur et sont soucieux d’une bonne gestion. Je la sens bien, cette liste ! » déclare Gérard Desrente !

Tir sur le quartier général et sur le flanc gauche

Si Gérard Desrente se présente, c’est sans doute qu’il a quelque chose à reprocher à Bernadette Schmitt ... « Je n’ai rien contre elle personnellement. Par contre, elle a une incapacité à prendre des décisions et passe trop de temps dans les études. Or, les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Les finances sont dégradées. Depuis douze ans, la ville ne bouge plus ».
Bizarre, Bernadette Schmitt n’est pas élue depuis douze ans ! Explications : Dans cette constatation, Gérard Desrente inclut le dernier mandat de Michel Baron : « On a fait du sur place. Avec le recul, on s’aperçoit que Bernard l’Hostis, son chef de cabinet et Philippe Callaud n’ont pas beaucoup réagi sur le Gallia »... Il est vrai que ce théâtre a coûté fort cher !
Mais revenons à Bernadette : « elle a échoué sur Bassompierre et je voudrais bien savoir où en est le financement du plan de rénovation urbaine. Quant au stationnement, c’est une catastrophe, on a hypothéqué l’avenir de Saintes avec des négociations mal verrouillées ». Et de poursuivre avec un témoignage “maison“ : « en fin d’année dernière, Pays Santon Entreprises, auquel j’appartiens, a rencontré la mairie pour dresser le bilan du développement économique. La zone des Charriers est mal entretenue. Nous lui avons proposé de réfléchir ensemble et un plan a été dressé. Nous devions nous revoir. Nous attendons toujours de leurs nouvelles ». On voit bien où iront les tirs d’artillerie en mars 2008...
Côté gauche, Gérard Desrentes fait preuve d’humour : « Quand je vois ce que passe au PS de Saintes, je me demande comment Catherine Quéré va faire pour l’encadrer. Où en est le parti socialiste aujourd’hui ? Jean Rouger a été incapable de prendre une décision à l’époque où nous avions le manche ensemble. La seule à avoir une logique est Margarita Sola. Quant à Dominique Barella, était-il vraiment intéressé par cette municipale ? Il a démissionné avant même d’être candidat. J’ai rarement vu cela »...
Ces petites remarques sur ses anciens copains n’empêchent pas l’amitié. Gérard Desrente voit toujours Michel Baron qui se partage entre la Tremblade et la petite île de E’ghor, en face de Dakar. « Je crois pouvoir dire qu’il n’a pas mandaté Bernard L’Hostis pour dire du mal de Jean Rouger, comme on l’a prétendu ! Je vois souvent Michel et nous entretenons des liens cordiaux ».
À la question : l’ancien maire pourrait-il vous soutenir aux municipales ? Gérard Desrente lance un regard sans ambiguïté : « compte tenu de mon choix, je ne m’y attends pas vraiment »... Effectivement, il semblerait que Michel Baron n’ait pas les mêmes valeurs que Philippe Delacroix par exemple !
Dans un proche avenir, la liste Desrente-Landreau organisera cinq groupes de travail qui rendront leurs copies en fin d’année. Les grands axes seront alors définis. Ensuite, la campagne battra son plein et les débats devraient être animés : Sonnez hautbois, sortez cuirasses !

Obsolète, le Conseil Général ?

Gérard Desrente n’est pas intéressé par le Département pour deux raisons : d’une part, il est contre le cumul de deux mandats locaux et d’autre part, il estime que « le Conseil Général est obsolète ». En effet, les strates n’en finissent pas de s’accumuler : « il serait bon de donner plus du pouvoir aux Régions et de confier les compétences restantes aux CDC ou CDA. Les structures actuelles se font concurrence et coûtent cher aux contribuables ».
Par ailleurs, il se dit favorable au rapprochement des villes de Saintes et Cognac qui forment un véritable bassin de vie. Avis que ne partagent pas forcément les préfets de deux départements.

lundi 22 octobre 2007

Réenchanter Dampierre

Après avoir été détruit par un violent incendie en août 2002, le château de Dampierre, connu pour sa célèbre galerie des alchimistes, a retrouvé son apparence d’antan. Néanmoins, pour survivre, l’édifice a besoin d’un nouvel élan. Soucieux de promouvoir ce site qui reçut François 1er en d’autres temps, les propriétaires, Marine et Jean-Louis Hédelin, envisagent plusieurs pistes...

Il est des lieux qui attirent les foudres du destin. Confronté à l’adversité, le château de Dampierre en fait malheureusement partie. Les observateurs vont plus loin en invoquant les quatre éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu. Curieusement, il a été victime de la tempête, la sécheresse, les inondations et enfin, le feu a failli l’anéantir voici quelques années.
Au lendemain du sinistre, sa carcasse décharnée faisait peine à voir et les spécialistes craignaient fort pour la galerie des alchimistes dont les mystérieux symboles étaient endommagés.
Comme un spectre, l’étrange demeure gisait au milieu de la suie et ses propriétaires ne savaient que faire. Comment relever la tête quand le sort s’acharne ? Pourquoi cette demeure philosophale, où un alchimiste aurait laissé un grimoire secret au XVIe siècle, subissait-elle, une fois encore, les assauts de la destruction ? Aujourd’hui, beaucoup de questions restent posées, mais ne dit-on pas qu’il faut toujours regarder de l’avant ?
La première restauration entreprise par Philippe Oudin, architecte des Monuments Histori-ques, concerna les précieux caissons. Certains avaient explosé en centaines de morceaux. Comme des puzzles, il fallut donc les reconstituer. Cette tâche délicate fut confiée à une société spécialisée dont il faut saluer le travail et la patience.
Au fil des mois, d’autres travaux furent engagés. La tragédie se transforma peu à peu en histoire grâce au talent de Ghislaine Escande. Faisant preuve d’une véritable imagination, cette artiste mit en scène les livres calcinés de la bibliothèque qui devinrent les témoins privilégiés de cette terrible épreuve. En complément, un film retraça le travail effectué par les Compagnons pour restaurer les quatre-vingt-treize caissons sculptés de la galerie alchimique.
Récemment, la toiture en ardoise a été refaite. « Désormais, le gros œuvre est terminé, les échafaudages ont été enlevés en septembre » souligne Marine Hédelin.
Si l’édifice a retrouvé son apparence architecturale, il reste malheureusement vide de tout mobilier puisque les pièces n’ont pas été restaurées. Seule la cheminée monumentale du premier étage, qui s’était effondrée, a été reconstruite grâce à un don d’Europa Nostra, complété par celui des Amis du Château. Cette opération a été réalisée par Sylvain Raud, meilleur ouvrier de France et sculpteur à Lozay. Quant à son ancien décor, plutôt que de le repeindre, il pourrait être projeté sur la pierre. Ce procédé est du meilleur effet, dit-on.

Un cabinet de curiosités...

Dans les combles, l’objectif de Marine et de Jean-Louis Hédelin est d’aménager un cabinet utopique (dans l’idée des cabinets de curiosités) où seront exposés des portulans, grandes planches qui représenteront des cartes maritimes et célestes.
L’ensemble sera orchestré - vous l’avez deviné - par Ghislaine Escande qui conduira les visiteurs dans l’espace privé de ses créations. « Nous devons réenchancher ce lieu » admet Marine Hédelin. Seuls, les grands murs ne pas suffisent pas à provoquer un nouvel élan qui sensibilisera le public. Bien sûr, il y a les jardins aux thèmes mythologiques, les jachères fleuries qui content le monde magique de Merlin, mais ce château, que les flammes ont inanimé, doit retrouver son âme. « En fait, nous aimerions devenir Site en scène comme la Roche-Courbon. Ainsi, nous pourrions exister pleinement. Bien sûr, nous avons obtenu des subventions pour rebâtir le château, mais à quoi bon le restaurer s’il ne vit pas pleinement ce renouveau ? C’est un lieu ouvert à tous » ajoute cette universitaire, géographe de formation. En effet, Dampierre ne peut pas se transformer en sarcophage !
Cette année, les chiffres de fréquentation sont bons, comme pour l’ensemble des sites.
Malgré les difficultés, Dampier-re n’a jamais fermé ses portes, même aux heures les plus sombres. Après avoir reçu quelque 10 000 visiteurs par an, ce chiffre est tombé à 2 500 après l’incendie pour revenir à 6 000 en 2007. Parmi la clientèle, les Anglais sont les plus tolérants : « ils nous comprennent et voient les efforts que nous déployons pour l’animation ». Parmi les projets, une pièce de théâtre (Don Juan) sera présentée en août 2008 par la compagnie de Serge Dangleterre qui vient de s’installer dans la région. Les expositions, quant à elles, se poursuivent et vous pouvez découvrir les jolies toiles de Colette Privat (natures mortes, bouquets).
Dampierre renaît doucement de ses cendres et ses propriétaires ont le moral : « nous durons et endurons » avouent-ils avec un sourire qui en dit long sur leur volonté !

Philippe Delacroix : Pourquoi il a rompu avec Bernadette...

Depuis le temps qu’il voit la Charente couler sous les ponts, cet ingénieur, responsable du Syndicat des Eaux de Charente-Maritime, a décidé de surfer sur la vague des Municipales saintaises. Proche de Bernadette Schmitt, il affiche aujourd’hui ses différences et dit pourquoi il ne partage pas les axes qu’elle a défendus durant son mandat. D’où la constitution d’une autre liste. Il est également candidat au Conseil Général sur le canton de Saintes Est.

Saintes se prépare aux élections municipales saintaises. C’est maintenant sûr, vous allez vous présenter sur une autre liste de droite que celle conduite par Bernadette Schmitt. Quelles sont les raisons de ce choix ?

Notre objectif est de proposer un choix aux Saintais, pour un autre mode de gestion de la ville.
Il s’agit d’une primaire loyale et sincère. Notre intention est d’appliquer la règle républicaine au second tour. Nous attendons la réciproque de la part de Bernadette Schmitt.

Vous êtes monté au créneau lors du futur aménagement de la place Bassompierre. À l’époque, cette attitude a “peiné“ Bernadette Schmitt qui vous comptait parmi ses proches amis. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

J’ai bien vécu cette période. De nombreux Saintais ont pu manifester leur opposition à un projet dispendieux et dangereux. Ce qui a montré une bonne réactivité de la population sur un sujet qui les touchait.

La liste que vous allez soutenir est conduite par J.C. Landreau. Pensez-vous qu’il ait l’étoffe nécessaire pour s’engager dans cette élection locale qui ne sera pas facile ? En effet, on sait que les instances UMP du département souhaitent une seule liste sur Saintes...

Ce n’est pas sans raison que nous avons choisi Jean-Claude Landreau comme tête de liste : il a une longue expérience de l’entreprise, il a été directeur de sociétés pendant plusieurs années. Il est entouré d’une équipe compétente et soudée.

Quel regard portez-vous sur l’action conduite par Berna-dette Schmitt lors ce premier mandat ?

L’action conduite par Bernadette Schimtt a déçu beaucoup de Saintais qui n’ont pas aperçu le soleil sur la ville. Plusieurs dossiers ont été mal gérés, des dépenses inutiles ont été engagées et certains projets prioritaires n’ont pas été réalisés. L’absence d’une politique foncière a porté préjudice à la construction de logements sociaux et à l’implantation de nouvelles entreprises.

Quels sont les projets que vous allez développer durant la campagne ?

Nous travaillons à l’élaboration d’un programme adapté aux possibilités budgétaires. Des choix devront se faire selon les priorités que nous aurons définies.Bien sûr, nous ne manquerons pas de nous exprimer sur des projets importants, comme ceux de l’espace Saint-Louis, de la piscine et du programme de Rénovation Urbaine qui fera l’objet d’un suivi très attentif.

Enfin, vous allez vous présenter au Conseil Général sur le canton de Saintes Est (Xavier de Roux ne se représentant pas), par ailleurs convoité par Frédéric Rateau ? N’est-ce pas un peu risqué puisque vous vous présentez aussi à la municipale ? Votre point de vue...

J’ai postulé à la candidature pour le canton de Saintes-Est. Si le vote des militants est confirmé, je me soumettrai au suffrage universel et les citoyens choisiront. Je ne vois pas le risque que vous évoquez du fait de la présence de Frédéric Rateau…