dimanche 6 mai 2012

Communiqué de la fédération
du Parti socialiste
de Charente-Maritime


Ce soir, une majorité nette de Françaises et de Français a élu François Hollande à la Présidence de la République. Ils ont ainsi opté clairement pour le changement.

Au-delà de leurs inquiétudes légitimes face à l’avenir, ils ont eu le courage de faire le choix de l’espérance contre toutes les peurs agitées sans vergogne par la droite dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle.

Elu par une majorité d’électrices et d’électeurs, François Hollande est désormais le Président de tous les Français, dans le respect des engagements qu’il a pris devant eux et dans un esprit de rassemblement qui a si souvent fait défaut depuis cinq ans.

Il conviendra également, dès demain, de convaincre nos concitoyens que le changement qu’ils appellent de leurs vœux ne pourra se concrétiser que si une majorité de gauche est élue à l’Assemblée nationale les 10 et 17 juin 2012.

Emmanuel Arcobelli, Premier Secrétaire fédéral par intérim

samedi 5 mai 2012

Saintes : Un jardin en clin d’œil
à la Charente


Lundi dernier, était inauguré le “jardin“ qui accompagnera Saintes durant les vacances place Bassompierre. Cette structure, baptisé Arc et O’, a été imaginée par Laurent Couturon, chargé du fleurissement et des décors de la cité.


Depuis que la place Bassompierre est enfin réservée aux piétons (fini l’affreux parking, pourtant bien utile au stationnement), cet espace paraît immense. Conséquence, l’arc romain de Germanicus, qui en a vu d’autres au fil des siècles, finissait par se sentir seul !
L’an dernier, la municipalité a fait appel à un artiste qui a réalisé une fontaine éphémère. Benoît Hapiot avait déployé son talent, mais l’art est une discipline compliquée qui ravit les uns et contrarie les autres.
En 2012, les élus ont décidé d’innover, conscients que cette esplanade doit vivre et retenir l’attention du public. En effet, les passants se contentent de la traverser sans vraiment s’y intéresser.
Laurent Couturon, spécialiste du fleurissement, a été chargé d’imaginer un ensemble qui rappellerait la nature et le fleuve tout proche, en apportant une bouffée d’oxygène. Ne disposant pas d’un budget lui permettant de reconstituer la Fontaine de Trévise, il a bien étudié son dossier et réalisé des plans. Le projet a séduit le conseil municipal qui a donné son feu vert. Les travaux ont commencé fin mars.

Autour de Laurent Couturon, de nombreux membres des services techniques ont apporté leur aide (environnement, gestion urbaine de proximité, chantiers verts, électriciens, menuisiers), sans oublier l’association Aquario club 17.

Des plantes de berges


Le résultat a été présenté en début de semaine sous le regard attentif des passants. Qu’avons-nous découvert ? Une structure de 36,20 m de longueur et 7 mètres de largeur qui comporte des ondulations de couleur orange et brune en clin d’œil aux toits couverts de tuiles et d’ardoise. Ici, pas question de bleu turquoise pour symboliser l’élément liquide ! De chaque côté, dans des caissons conjuguant grillage et bois, ont été installées des plantes de berges qui devraient bien se comporter, même en cas de canicule ! Enfin, pour couronner l’ensemble, des jets d‘eau (au nombre de 32 de chaque côté) égaient cette composition. L’eau y circulera en circuit fermé. Bientôt, des éclairages seront installés ainsi que des bancs.

La présentation place Bassompierre

L‘objectif de la ville est de donner à la place Bassompierre un petit air de rambla, avenue à large terre-plein central, servant de promenade et de lieu de rencontres en Espagne en particulier.
L’enveloppe nécessaire à cette réalisation - qui sera démontée fin septembre - est de 15 000 euros. Sans doute la ville devrait-elle trouver des éléments de décor permanents, comme de grandes sculptures. Pourquoi ne pas lancer un concours à idées ?

Saintes, une jolie ville qui compte de nombreux vestiges dont l'arc romain de Germanicus

Pierre Lacasta :
de Paris à Persepolis


Rien n’arrête une 2 CV...
même pas ses freins !


Pierre Lacasta a le sourire. Aux salons du livre, il attire les lecteurs épris de voyages et de dépaysement. Il a matière à raconter ! En effet, en 1971, à peine âgé de 21 ans, il est sur la ligne de départ du grand raid Paris-Persepolis-Paris organisé par Citroën avec un copain, Jean-Paul Martin. À peine revenu d’une virée de 10 000 kilomètres jusqu’au cercle polaire, il ne laisse pas refroidir le moteur de sa célèbre 2 CV !
Le 31 juillet, les deux amateurs de sensations fortes s’élancent pour un périple de 13 788 km à travers la France, l’Italie, la Yougoslavie, le Grèce, la Turquie et l’Iran où se préparent les festivités du 2500e anniversaire de l’Empire perse. Leur deudeuche ne passe pas inaperçue. Joseph, le père Lacasta, mécanicien de son état, l’a peinte en jaune, la couleur de la R 8 Gordini qu’on ne peut guère confondre avec les fraises des bois ! Sur les 5 000 candidats, 1 500 sont sélectionnés. Le tandem Lacasta-Martin termine septième, sans connaître une panne ! Cette place les comble de joie.
De cette épopée, Pierre Lacasta, qui réside aujourd’hui à Saintes, a fait un livre qu’il a édité à compte d’auteur : « Encore une nouvelle grande aventure et pas seulement financière ! Mon livre est entièrement made in France et même made in Poitou-Charentes » plaisante-t-il. La préface a été écrite de Jean-Pierre Beltoise.

Pierre Lacasta avec son ami Jean-Paul Martin

• Bien avant le 4 L Trophy, les raids en 2 CV ont connu leurs heures de gloire. Dans quelles circonstances vous êtes-vous engagé dans le Paris-Persopolis-Paris en 1971 ?

Fin août 1970, je me trouvais dans le sud de Paris quand j’ai vu arriver plusieurs 2 CV bariolées et bardées de protections diverses. J’ai appris qu’elles arrivaient de Kaboul dans le cadre d’un raid organisé par Citroën. Plus tard, j’ai pris contact avec la marque aux chevrons et j’ai pu être informé à temps de la préparation du raid 1971. J’ai posé ma candidature avec mon coéquipier et nous avons été dans les équipages retenus parmi 5 000 candidatures.

• Quels souvenirs marquants gardez-vous de la découverte des pays traversés, dont l’Iran ?

Mes souvenirs ? Des paysages et des sites superbes de la côte Adriatique, Dubrovnik, puis Istanbul, mosquées, palais et rives du Bosphore, ensuite la surprenante Cappadoce avec ses cheminées de fées et églises troglodytes. Enfin, en Iran, merveilles d’Ispahan et Chiraz dans des jardins de fraîcheur au sortir de déserts et Persépolis au bout de la route. Des ruines, mais un site impressionnant. D’autre part, dans ces pays, nous avons été frappés par l’ambiance étonnante d’Istanbul, bruyante et bouillonnante mais ô combien fascinante et sa circulation démente. En Iran, un accueil triomphal dès la frontière, puis la grande réception dans les jardins de Chiraz, sans oublier les applaudissements ou les menus cadeaux de la population dans les moindres villages, le long du parcours.


• On prétend que la moitié des participants ignorait tout de la mécanique, ce qui n’était pas votre cas puisque fils de garagiste. Est-ce vrai ?

Parmi les 1 500 jeunes sélectionnés, il y avait de tout, des fanas de la mécanique aux doux rêveurs qui ne savaient pas trop ce qui se cachait sous le capot, ceux qui emportaient des stocks de pièces détachées, ceux qui n’avaient rien…
Nous possédions quelques rudiments de mécanique et une petite formation accélérée. Juste de quoi changer les cardans et faire un diagnostic, mais nous n’aurions pas osé tomber le moteur et ouvrir la boîte de vitesses sur la piste !

• À l’époque, qu’est-ce qui faisait rêver la jeune génération ?

Trop de réponses possibles ! Pour nous, c’était les voyages qui nous faisaient rêver.

• La 2 CV reste-t-elle pour vous une voiture mythique ?

À l’époque, la 2 CV n’était qu’un moyen de locomotion économique pour voyager. Quand nous rêvions de voitures, nous pensions aux décapotables anglaises. La 2 CV était juste mieux que le Solex !
Elle avait plus d’autonomie pour les voyages. Ce n’est que dans les années 90, après l’arrêt de sa fabrication, qu’elle a commencé à devenir mythique pour le grand public. Les Anciens la regardaient avec nostalgie et les jeunes les redécouvraient pour les restaurer et sauvegarder un patrimoine.
Comme elle m’avait permis de vivre cette aventure et que j’avais été classé 7e, elle a gardé en mon cœur une place de choix. Il faut ajouter que j’ai eu la chance de pouvoir la conserver !
Avant gagné une voiture neuve offerte par Citroën aux dix premiers lauréats, je n’ai pas été obligé de la revendre quelques mois plus tard, comme la plupart des autres jeunes…

• Aujourd’hui, referiez-vous ce périple si vous en aviez la possibilité ?

Aujourd’hui, il est moins facile d’aller en Iran en voiture et sûrement impossible avec 500 véhicules ! Néanmoins, ayant rencontré récemment une Iranienne lors d’une séance de signatures, j’ai eu la confirmation que la population était toujours très accueillante !
Après ce raid, lors de soirées projections consacrées à cette aventure, j’ai connu ma femme. À bord d’une Méhari, nous sommes allés jusqu’au Cap Nord, puis nous avons traversé le Sahara jusqu’à Tamanrasset et effectué d’autres périples en Europe. Ne pouvant aller plus au Nord, ni plus au Sud avec ce type de véhicule pendant nos vacances, nous avons changé de moyen de locomotion et commencé à randonner entre la France et l’Espagne par les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Ainsi, nous allions avoir le plaisir du voyage à celui de la découverte du pays voisin dont j’enseignais la langue.

• Vous venez de publier un livre sur ce fameux Paris-Persopolis-Paris que vous présentez lors de salons du livre comme celui de Thénac. La curiosité des lecteurs pour les voyages exceptionnels est-elle restée intacte ?

Absolument  ! C’est un plaisir de rencontrer ces futurs lecteurs lors des salons du livre, de Brive à Thénac en passant par Marly la Ville ou lors des grands salons de voitures anciennes, de Rétromobile à Paris au salon de Lyon en passant par celui de Reims. À chaque fois, je rencontre des gens passionnés par des aventures humaines, friands de ce type de récit ou de carnets de voyage. Ils viennent à ma rencontre et discutent. Nombreux ont aussi vécu de passionnantes aventures : ces échanges nous enrichissent mutuellement.

Au salon du livre de Thénac

Débat Sarkozy/Hollande :
Devine qui vient dîner
dimanche soir ?


Mercredi soir, Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient présents dans de nombreux foyers. Un record d’audimat ! Dans l’arène télévisée, ils ont expliqué aux Français leurs programmes et points de vue respectifs. Via leurs représentants, les grandes familles du PS et de l’UMP se sont opposées sans jamais mordre la poussière. Qui est sorti gagnant de ce duel ? Question d’appréciation !

Débat animé par Laurence Ferrari et David Pujadas

Ce face à face, de nombreux Français l’attendaient. Pour diverses raisons. Les uns voulaient entendre les propositions des candidats, leurs "fameux modèles de société" ; les autres attendaient une confrontation qui aurait pu tourner au pugilat. Et la “castagne“ en direct, ça les amuse, les téléspectateurs dont certains n’hésitaient pas à dire « c’est comme au football, on verra bien qui marque le plus grand nombre de buts » !
On pensait Nicolas Sarkozy plus pugnace que François Hollande. Il n’en fut rien. François Hollande, formaté au rude climat corrézien (comme Jacques Chirac) a riposté à chaque attaque de son adversaire. Conséquence, ce long débat, qui s’est achevé aux alentours de minuit, ne semble pas avoir déplacé les curseurs des intentions de vote. Valeureux et déterminés, les deux candidats ont démontré à leurs électeurs qu’ils avaient capacité à gouverner. Pour le reste, tout est une question de sensibilité… et de report de voix.

• Retour sur les principaux moments
de cette soirée


« Le vote de dimanche sera historique » : François Hollande et Nicolas Sarkozy en sont persuadés, même s’ils n’ont pas la même approche de la gouvernance  ! Si les deux candidats prônent le rassemblement, François Hollande conteste l’attitude de son adversaire : « les Français ont eu le sentiment d’être soumis à des clivages ». Ce que dénonce Nicolas Sarkozy qui fut l’homme critiqué de l’ouverture : « Je n’ai pas eu de violence durant les cinq ans de mon quinquennat, y compris pendant la réforme des retraites, et je suis le seul président à ne pas avoir retiré un texte de loi. La France a avancé, c’est une fierté pour moi ».
« Pas de violence, heureusement ! Le mérite en revient à toute la société, partenaires sociaux, interlocuteurs » rétorque François Hollande.

François Hollande, prêt à affronter Nicolas Sarkozy

Comment relancer l’économie ? Pour François Hollande, le taux du chômage est alarmant (+ 700.000) alors que Nicolas Sarkozy avait promis de le stabiliser aux alentours de 5 % (sinon « ce serait un échec »). Aujourd’hui, il atteint 10 % quand l’Allemagne est à 6,5 %.
La recette du candidat PS pour relancer l’emploi : « créer une banque publique d‘investissement, mobiliser l’argent des ménages, mettre en place un contrat de génération où l’entreprise qui gardera un senior et embauchera un jeune en CDI sera exonérée de charges sociales sur les deux salariés ».
Nicolas Sarkozy estime que les chiffres avancés par François Hollande sont faux (durant la soirée, il le traitera plusieurs fois de « menteur »). « Nous avons 42 000 chômeurs en plus entre 2007 et 2011 et notre taux de chômage est bien inférieur à l’Espagne ou aux États-Unis, voire à la zone euro ». Quant à l’idée d’un contrat de génération, il ferait perdre les cotisations déjà perçues sur le senior. « Je veux m’attaquer au gigantesque problème du coup du travail et aux délocalisations » lance-t-il en soulignant l’importance de la formation et de l’innovation.

« Vous êtes au pouvoir depuis dix ans et le déficit commercial est de 70 milliards d’euros. La TVA sociale va dégrader la croissance en ponctionnant 300 euros sur un ménage touchant le SMIC. Par ailleurs, seuls 10 % des demandeurs d‘emploi se voient proposer des formations » renchérit François Hollande. Nicolas Sarkozy n’est pas d’accord, ce qui lui vaut cette réplique de son adversaire « quelle que soit la situation, ce n’est jamais votre faute ! ».
S’ensuit une prise de bec au sujet de la réussite allemande. De quoi ravir Angela Merkel qui n’en demande pas tant ! « L’Allemagne fait le contraire de ce que vous proposez dans votre programme. Aucun pays n’opère de tels choix actuellement » ironise Nicolas Sarkozy. Et d’ajouter : « En France, il n’y a pas eu un trimestre de récession depuis 2009 ». François Hollande est agacé : « quoiqu’il arrive, vous êtes content » !

Comment réduire la dette
de 1758 milliards d’euros ?


François Hollande détaille certaines propositions telles que le blocage du prix de l’essence pendant trois mois, des forfaits de base “énergie“ pour les ménages modestes et une augmentation de 25 % de l’allocation de rentrée scolaire.
Deux visions s’affrontent même si le but poursuivi est la réduction de la dette (28 573 € par habitant, soit 85,8 % du PIB). Pour rétablir les équilibres, François Hollande est favorable à une augmentation de la fiscalité sur les hauts revenus et aux économies tous azimuts.
« Comment ferez-vous pour financer 61 000 fonctionnaires supplémentaires dans l’Éducation Nationale ? »
s’étonne Nicolas Sarkozy. Pour mémoire, les fiscalités française et suédoise sont parmi les plus importantes.

Nicolas Sarkozy : Il avait proposé trois débats. Ils auraient été nécessaires car les principales questions sur l'avenir de la France dans le changement mondial n'ont, finalement, pas été abordées.

Chacun campe sur ses positions. Et c’est encore plus vrai quand il s‘agit d’Europe. Nicolas Sarkozy est opposé aux “eurobonds“ : « Qui les garantira ? Ce sera encore la France et l’Allemagne ? ». Ne nous voilons pas la face, au lendemain de la Présidentielle, les turbulences que traverse la zone euro reviendront sur le devant de la scène. Pour François Hollande : « La France n’est pas sortie de la crise. Il faut changer les orientations de l’Europe ». Voulons-nous vivre ce qu’endurent les Grecs ? D'où l'importance de la croissance période de rigueur.

Le débat s‘achève sur la façon dont les deux candidats conduiront leur mandat de président. François Hollande veut prendre de la hauteur en apportant de la transparence dans la vie politique, sans esprit partisan. Il explique « qu’il ne veut pas être président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien ». Nicolas Sarkozy répond que « rien n’est normal dans la vie d‘un président et que la normalité dont veut faire preuve François Hollande ne sera pas à la hauteur des enjeux ».

Bref, qui l’emportera entre François Hollande qui veut changer de politique en rassurant les Français et Nicolas Sarkozy qui souhaite conduire la nation « sans pince à linge sur le nez » ? Réponse dimanche soir !

L'info en plus


• Le congrès UMP comparé à un rassemblement nazi ?

Dans un tweet, le généticien Axel Kahn, candidat pour le PS dans la 2e circonscription de Paris face à François Fillon, a comparé le meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro « aux rassemblements nazis de Nuremberg », avant de s’excuser. La liste ne s’est pas arrêtée là puisque le président sortant a été traité de « Franco, Laval, Pétain » et Martine Aubry a été jusqu’à Madoff (qui a écopé de 150 ans de prison). « Et pourquoi pas Hitler ? » lance Nicolas Sarkozy. Choqué, il aurait souhaité que François Hollande condamnât publiquement de tels propos.
Ce dernier réagit vivement « M. Sarkozy, vous aurez du mal à vous faire passer pour une victime. Moi-même, j’ai eu droit à tous les noms d’oiseaux et à des expressions peu flatteuses. Je condamne tous les excès ». Il est vrai qu’au moment des primaires socialistes, François Hollande a été largement égratigné et ces attaques ne venaient pas de l’UMP…

• Sarkozy favorable à un Islam de France et non à un Islam en France 

L’immigration, voilà bien un sujet qui divise. François Hollande envisage de donner le droit de vote aux étrangers (hors CEE) aux municipales, choix que conteste le candidat UMP. Nicolas Sarkozy fait la différence entre les immigrés qui veulent s’intégrer et ceux qui sont attirés par les prestations sociales (appel du pied aux électeurs du FN ?) : « ces prestations ne seront versées qu’après dix ans en France et 5 ans de cotisations ». Sur la question purement religieuse (l’Islam est la deuxième religion de France), les deux candidats prônent les valeurs de la République. « Si je suis élu président, il n’y aura aucune dérogation aux règles de la laïcité » assure François Hollande.

• Sur le nucléaire

Nicolas Sarkozy rappelle que la France possède une indépendance énergétique grâce aux centrales. François Hollande veut fermer celle de Fessenheim en raison de son ancienneté et de sa construction sur une zone sismique. « Il faudra 8 000 éoliennes pour la remplacer » rétorque Nicolas Sarkozy. Le sujet est complexe et Fukushima est dans tous les esprits.

• Toujours en scène !

Mercredi soir, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont déployé de formidables qualités d’acteurs. Ce fut particulièrement vrai quand ils ont dit quel président de la République ils voulaient être. Dans leur façon de poser la voix, d’y mettre les accents de la conviction en y mêlant une émotion certaine, François Hollande n’avait rien à envier à Pierre Arditi et Nicolas Sarkozy à Gérard Depardieu. Comme l’un d’eux ne sera pas élu dimanche prochain, une possibilité de reconversion ?

• le point de vue de Ségolène Royal

La présidente de la Région Poitou-Charentes a, elle aussi, affronté Nicolas Sarkozy en 2007. Au sujet des enfants handicapés, elle avait monté d’un ton. Pour elle, le nouveau face à face, via son ex-compagnon, était-il une forme de revanche ? En tout cas, le moment était venu, pour Nicolas Sarkozy, « de rendre des comptes aux Français » et, pour François Hollande, « de rappeler les promesses non tenues durant ce quinquennat » a-t-elle déclaré…

mardi 1 mai 2012

Disparition d’archives
à l’Evêché de Liège
et dans des Maisons de Cognac :
Suite…


Il y a quelques années, nous relations la disparition d’archives dont avaient été victimes des Maisons de la région de Cognac, Martell, Otard, Hine, Delamain...
Quittant la France, certaines se retrouvèrent chez un brocanteur demeurant en Belgique. Ironie du sort, alors qu’elle recherchait les archives de l’Évêché de Liège qui avaient mystérieusement disparu, la police belge y découvrit les fameux documents charentais. Remontant la filière, elle localisa celui qui les avait proposés.
Il s’agit d’un fonctionnaire européen qui vient de comparaître devant la justice au sujet des Archives de l’Evêché de Liège. Durant le procès, il a également été question des maisons de Cognac…

• Compte-rendu d’audience de Paul Vaute, mis en ligne le 25 avril dernier 


 L’évêché de Liège bataille pour retrouver ses documents de valeur volés. Ses avocats ont croisé le fer avec celui du prévenu, haut gradé de l’Europe. « C’est une affaire complexe » a déclaré d’entrée de jeu la présidente de la quatrième Chambre de la Cour d’Appel de Liège, appelée mardi à examiner l’affaire des archives disparues de l’évêché de Liège.
Les avocats ont confronté leurs arguments, favorables ou non au jugement rendu par le tribunal correctionnel de Liège qui, le 30 mars 2009, avait acquitté le prévenu. Affaire complexe, mais aussi singulière. Celui qui sera, au bout du chemin, déclaré coupable de vols ou victime de sept années de martyre judiciaire, s’appelle Olivier Dandoy, né en 1961, diplômé en politique et relations internationales de l’ULB, aujourd’hui haut gradé de la Commission européenne, membre de l’équipe du président José Manuel Barroso. C’est un passionné d’en-têtes et d’iconographie. « Il en a fait un hobby de commerce exercé parallèlement à ses fonctions, mais délictueux quant à l’origine des pièces » estime l’avocat des Archives diocésaines, Me Jean-Marie Discry.

Les pièces mentionnées comme « dérobées » sont au nombre d’une soixantaine. Elles comprennent deux lettres de Léopold Ier, datées de 1853 et 1859, ainsi qu’une lettre de Marie-Amélie, épouse du Roi des Français Louis-Philippe et belle-mère de notre premier Souverain. Selon l’accusation, ces trois documents proviennent du Fonds de Montpellier, du nom de celui qui était alors évêque de Liège et dont un tableau, conservé à l’Hôtel de Ville, relate, sur le mode romantique, l’affrontement avec le bourgmestre Piercot.
Olivier Dandoy a-t-il volé ces écrits à l’Evêché ? C’est en tout cas chez lui qu’ils ont été retrouvés au cours d’une perquisition.
Parmi les autres pièces manquantes, 35 appartiennent au Fonds Philippe-Joseph Boucquéau (1773-1834), que personne, hormis Olivier Dandoy, n’aurait consulté ces dernières décennies selon le registre tenu aux Archives. Boucquéau était un avocat, mandataire politique, propriétaire de la Fabrique de Céramiques d’Andenne (gérée par son épouse), devenu plus tard chanoine, puis doyen du chapitre de la Cathédrale de Liège.
Ces papiers-là n’ont pas été retrouvés chez Olivier Dandoy. Ils ont atterri chez l’une de ses connaissances, le second prévenu (pour recel), un marchand qui a déjà eu maille à partir avec la justice, mais qui nie avoir agi frauduleusement. Pour corser le tout, l’enquête a également permis de retrouver chez ce dernier des documents appartenant à des entreprises du Sud-Ouest de la France auxquelles Olivier Dandoy rendit visite naguère.

Oui, mais « il n’y a pas d’inventaire complet, ni précis du contenu des fonds de l’Evêché » objecte Me Alain Vergauwen, qui défend le haut fonctionnaire dont « on a voulu avoir la peau » en s’étendant notamment sur les conditions de conservation des Archives épiscopales. Il est impossible, pour lui, de démontrer que son client fut seul à consulter le Fonds Boucquéau. Quant au Fonds de Montpellier, il ne l’aurait jamais ouvert. Les trois lettres « royales », assure-t-il, lui ont été cédées avec d’autres vieux dossiers par un notaire honoraire anversois décédé depuis. Son fils, interrogé, émet pourtant les plus grands doutes. Mais qu’en savait-il ?

Quant aux entreprises françaises évoquées, « trois firmes de Cognac m’ont remercié pour ce que j’ai fait » assure Olivier Dandoy qui les a débarrassées de leurs archives. Et les 4/5e des pièces retrouvées chez le prévenu pour recel proviendraient de firmes qu’il n’a jamais visitées.

Pour l’Avocat général comme pour celui de la Défense, il n’y a pas lieu de réviser le jugement rendu en correctionnelle. Ce n’est évidemment pas l’avis des représentants de l’Evêché. La Cour rendra son arrêt le 22 mai.

Cet article provient de http://www.lalibre.be