vendredi 7 mars 2008

Duel Belot/Clavel : Dimanche, Claude Belot testera sa cote d'amour...


Quelle sera l’influence des “absents“ de la liste Belot sur le vote du 9 mars prochain ? Telle est la question que se posent de nombreux Jonzacais, dans l’attente du dépouillement.
Pour la première fois depuis des lustres, ces dernières semaines ont été agitées. Non pas du côté de la gauche avec une liste conduite “calmement“ par Gilles Clavel, mais dans les rangs de la majorité sortante où les turbulences ont laissé supposer, l’espace d’un moment, la présence d’une troisième liste.
De ce passé récent, une seule phrase est à retenir, celle prononcée par Jean-Paul Tornier dans un entretien : « Si Claude Belot venait à perdre la présidence du Conseil général, je ne démissionnerais pas de mes fonctions de maire ».
Cette déclaration, avec tout ce qu’elle comporte, aurait mis le feu aux poudres. Un ticket pour l’échafaud ? Subitement, Claude Belot, subissant la loi sur le cumul des mandats, aurait-il réalisé qu’il risquait de perdre la main ? Il n’est pas interdit de le penser, d’autant que les premiers comptages, quant au nombre de sièges gauche/droite au prochain Conseil général, laissaient (et laissent encore) supposer un score très serré, voire une victoire du parti socialiste.
Un Conseil général basculant à gauche ? Claude Belot, actuel président UMP du Départe-ment, ne peut pas ne pas y avoir pensé. Il était donc plus judicieux de concentrer ses efforts sur la mairie de Jonzac en conduisant la liste. D’autant que ce mandat va de pair avec la direction de la Communauté de communes de Haute Saintonge et la préparation des Sénato-riales, en septembre prochain.
La crise qui a suivi est entourée d’une brume d’incompréhension. En effet, elle a abouti à quatre départs “étonnants“ : celui de Jean-Paul Tornier, pressenti pour conduire la formation, auquel s’ajouta un différend opposant Claude Belot à quatre de ses adjoints, Gérard Masson (affaires sociales), Christiane Proux (éducation), Louis Chalié (culture) et Pierre Jean Ravet (environnement). Trois hommes et une femme qui l’ont accompagné durant des années... Christiane Proux, en particulier, s’est investie dans de nombreuses campagnes électorales. Elle fut l’un des plus solides remparts de Claude Belot dont elle a admiré l’action. Idem pour Louis Chalié qui a suivi l’éclosion des Thermes de Jonzac.
Que se passait-il donc ? Était-ce une fronde de leur part (dans ce cas, leur émancipation a échoué) ou de leur élimination pure et simple de la scène publique ? La question reste posée et seuls les historiens écriront peut-être un jour la vérité. Encore que... Pour l’instant, les journalistes “contemporains“ sont incapables d’apporter une réponse rationnelle. Il reste la désinformation et le qu’en dira-t-on qui marche assez bien, il faut l’avouer. À moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle version de la fable du scorpion et de la grenouille (1) ?...
On parla alors d’une troisième liste conduite par Pierre Jean Ravet. Toutefois, un phénomène de lassitude s’installant, ce dernier revint dans le sérail aux côtés de Jean-Charles Chapu-zet, un “novice“ en politique de terrain. Ce sympathique écrivain a découvert un aspect mouvementé de la vie municipale. Pourrait-elle lui inspirer un roman ?
En récompense de leur attitude compréhensive, deux postes d’adjoints leur furent proposés, sous le regard indécis de certains colistiers qui virent d’un mauvais œil le retour du grand blond à la chaussure verte et l’arrivée d’un brillant jeune premier, classés selon eux parmi les dissidents. Le calme revint enfin (du moins en apparence) et la liste Belot fut présentée officiellement.
De l’ancienne garde, il ne reste que Christian Balout, toujours fidèle, et Jean-Claude Texier, maire sortant dont le travail a été apprécié durant ce dernier mandat.
Deux arrivées ont toutefois intrigué les observateurs, celle de l’ancienne secrétaire générale de mairie, Madeleine Perrin (collaboratrice de Claude Belot comme le fut Christiane Proux) et surtout celle du communiste Pierre Jacques Rambeaud. Dans un entretien publié dans cette même édition, ce gaillard au grand cœur explique les raisons de sa présence aux côtés de Claude Belot dont il n’a pas toujours partagé les opinions. En y regardant de plus près, il suit le même chemin que Pierre-Jean Ravet issu, quant à lui, des phalanges socialistes.

Duel classique

Le duel est donc classique entre les listes Belot et Clavel, comme au bon vieux temps (sauf que le contexte a changé) ! Dans un journal bien fait, Claude Belot expose ses réalisations et présente le Jonzac de demain : « je suis plein de projets » dit-il. Il a été le bâtisseur de Jonzac durant ces quarante dernières années et compte bien finir en beauté. On lui doit des structures importantes et sur ce chapitre, nombreux reconnaissent son esprit d’entreprise et sa volonté d’avancer. Il a su faire la différence avec les villes des alentours !
Dans un proche avenir, s’il retrouve son poste de premier magistrat, il aura la charge de former un successeur (homme ou femme ?). À une époque, Louis Chalié, jeune médecin, apparaissait comme un “fils“ potentiel. Depuis, les choses ont évolué. En l’attente, Jean-Claude Texier - qui ne peut incarner la relève puisqu’il est septuagénaire - accepterait un nouveau poste de maire si Claude Belot avait, subitement, d’autres perspectives en vue.
À gauche, Gilles Clavel pourrait tirer parti des tensions qui ont agité l’équipe Belot. On ignore, en effet, comment voteront les amis des adjoints “remerciés“ ? Pourrait-il y avoir un vote sanction ou, comme le disent certains, « une liste de gauche serait nécessaire pendant six ans pour calmer le jeu ». Gilles Clavel, en tout cas, admet que l’opportunité de remporter la victoire n’a jamais été aussi prometteuse.
Dimanche soir, on saura donc si Claude Belot a conservé sa cote d’amour intacte, celle qui lui a valu de belles élections à chaque scrutin. Objectivement, Il a de très grandes chances de remporter l’élection cantonale. Par contre, les municipales devraient être plus serrées. Le panachage, qui rend le bulletin nul dans les villes soumises à la proportionnelle, est malheureusement à craindre.
Bref, qui l’emportera entre Claude Belot, responsable d’une liste de rassemblement renouvelée, et Gilles Clavel, médecin humaniste qui conduit depuis longtemps l’opposition.
Réponse dimanche soir. Si ça buffe, Monique Doucet pourrait en perdre son fameux chapeau !

La fable du scorpion et de la grenouille


C’est la période des crues aux Antilles et la route est envahie par les eaux. Le scorpion demande à la grenouille de le prendre sur son dos afin qu’il traverse. Le batracien refuse et dit : « tu vas me piquer et je mourrai ». « Non, si je te pique, tu couleras et je me noierai » argumente-t-il.
Finalement, la grenouille accepte. Or, au milieu du transport, le scorpion la pique. Pourquoi as-tu fait cela ? gémit-elle. Parce que je suis un scorpion, lui répond-il...

Photo 1 : Claude Belot et Gilles Clavel, lors des dernières élections.

Gilles Clavel, tête de liste "vivre à Jonzac" : L'alternance en toute quiétude

Dans les rangs de la gauche jonzacaise, on s’active. Et si, dimanche soir, les résultats lui étaient favorables pour la première fois ? En effet, la gauche n’a pas encore tenu les rênes de la ville de Jonzac, dirigée de longue date par Claude Belot. Gilles Clavel et ses colistiers, très mobilisés, veulent y croire.Gilles Clavel répond à nos questions :

Vous faites une campagne de terrain : quelles sont les priorités actuelles des habitants de Jonzac et surtout leurs préoccupations ?

J’ai eu le souci avec l’ensemble de mes colistiers de réévaluer en permanence au cours de cette campagne la réalité des besoins de nos concitoyens. Malgré les paillettes médiatiques dont nos adversaires s’emploient à couvrir notre cité, les Jonzacaises et les Jonzacais sont surtout préoccupés par le quotidien de leur vie à Jonzac. Et c’est normal ! Leurs préoccupations sont essentiellement orientées par une forte demande de requalification de leur environnement immédiat : état des trottoirs, éclairage public , rénovation des façades, modulation de la vitesse des véhicules en centre-ville, aménagement pour les personnes à mobilité réduite dans les espaces publics, dynamisation du commerce de proximité, accessibilité des équipements collectifs avec des tarifs abordables pour tous (Complexe des Antilles, Moulin de chez Bret etc.), réalisation d’un mode de transport collectif avec des navettes permettant des liaisons plus faciles entre les quartiers périphériques et les différentes zones d’activités ainsi qu’avec le centre bourg, une exigence particulière pour la propreté de leur ville. Tous ces sujets ont été longuement abordés et développés tout au long de notre campagne et en particulier lors de la réunion publique que “Vivre à Jonzac“ a tenu vendredi dernier. Nous ne voulons plus d’une ville fantôme. Jonzac a perdu plus de 1000 habitants en 30 ans : il faut stopper l’hémorragie et se recentrer sur l’essentiel : les Jonzacaises et les Jonzacais.

Si vous êtes élu, quelles sont les actions que vous mettrez en place rapidement ?

La vie municipale à Jonzac souffre cruellement d’un déficit de démocratie. La pesanteur dont souffre le débat local doit rapidement disparaître. Il n’est pas normal que l’expression citoyenne soit en permanence bridée, voire sanctionnée. Dès la mise en place du futur conseil municipal que je présiderai, je ferai de ma priorité la parution d’un bulletin d’information municipal, de l’accueil des nouveaux Jonzacais, de la mise en place de permanences régulières du maire et de ses adjoints au service de tous, de réunions d’informations sur tous les projets que fera la nouvelle municipalité. La nouvelle équipe que je mettrai en place devra agir avec le seul souci de servir nos concitoyennes et nos concitoyens en les associant le plus largement possible au travail des commissions, en tant que membres extra-municipaux de celles-ci.

Pensez-vous que la politique politicienne se soit emparée de ces élections ou bien, au contraire, restent-elles de proximité ?

Je retiendrai que Claude Belot, sénateur UMP pro-sarkozyste, a pratiqué une ouverture très osée de sa liste à un militant communiste (enfin supposé tel !). À ce titre la politique politicienne s’est donc immiscée dans le débat, mais c’est le fait de Claude Belot, pas le nôtre. Nous, nous avons tenu au contraire à rester au plus près des préoccupations des Jonzacaises et des Jonzacais.

Que pensez-vous des soubresauts qui ont agité l’équipe municipale sortante et du départ des trois adjoints, Gérard Masson, Christiane Proux et Louis Chalié ?

J’avais cru comprendre, lors de cette agitation qui a secoué la majorité actuelle, que même Pierre-Jean Ravet était lui aussi donné partant ! Sa réintégration dans la liste de Claude Belot est pour le moins surprenante. Mais nous sommes habitués à ses revirements à 360° ! Courage, fuyons ! Je respecte par contre l’attitude de Gérard Masson, Christiane Proux et Louis Chalié qui ont mis en accord leurs discours avec leurs actes. « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ! » disait Jean-Pierre Chevènement.

Quels sont, à votre avis, les principaux atouts de votre liste ?

Nous formons une équipe soudée, insensible aux compromissions, aux arrangements d’arrière boutique. Nous préférons la transparence dans la façon de mener une campagne électorale et de gérer une commune.
Cette liste associe des femmes et des hommes aux compétences variées et soucieux de l’intérêt général. Elle permet aux Jonzacaises et aux Jonzacais de choisir l’alternance en toute quiétude.

Photo 1 : Gilles Clavel

Qui sera le prochain maire ? Les réactions de Bernadette Schmitt, Jean Rouger, Philippe Callaud, Pierre Maudoux et Daniel Métraud...


Cette semaine, à quelques heures du jour J, nous avons interrogé ces cinq têtes de liste sur la campagne qu’ils viennent de mener. Dimanche soir, rendez-vous dans la salle centrale pour les résultats !


Vous faites une campagne de terrain : quelles sont les priorités actuelles des habitants de Saintes et surtout leurs préoccupations ?

• Bernadette Schmitt :


Même si les élections municipales sont avant tout des élections locales, qui traitent par conséquent de problèmes spécifiques à Saintes et sa périphérie, les préoccupations des Saintais restent globalement semblables à celles des autres Français. Que souhaitent les habitants ? Comme dans toutes les villes : des déplacements et une offre de stationnement améliorés ; des comportements urbains plus respectueux de l’autre, par exemple en matière de propreté et de sécurité publique ; un meilleur respect de l’environnement et, surtout, une saine gestion des finances publiques. J’ajouterais, concernant Saintes, une attente particulière liée à l’importance du fleuve : la lutte contre les inondations. Mais je crois que la préoccupation la plus forte porte sur l’évolution de la fiscalité locale. Dans ce domaine comme dans tous les autres, les Saintais attendent que nous affichions le même sens des responsabilités que durant notre précédent mandat.

• Philippe Callaud :

Effectivement, notre équipe s’est lancée dans une vraie démarche de proximité avec les habitants. Nous les rencontrons dans leur quartier, leur maison, leur immeuble pour tenter de les voir tous. Nous avons ainsi pu nous rendre compte que certains secteurs de notre ville avaient été véritablement abandonnés !
Les habitants attendent que la ville les écoute, les entende dans leurs aspirations, leurs recherches d’emploi, pour un logement digne, pour des transports adaptés aux besoins et surtout que leur quotidien (rues, trottoirs, commerces de proximité) fasse l’objet d’une attention particulière, tout en restant vigilant quant au pouvoir d’achat à travers la pression fiscale locale.

• Daniel Métraud :

Les principales préoccupations sont : obtenir un logement, le prix des loyers et trouver un emploi de qualité (salaire et conditions de travail).
En sept ans, nous sommes descendus à 17 % de logements sociaux. Pourtant, le solde global du PRU pour le logement social est de 400 démolitions pour 340 créations sur Saintes et 60 logements sociaux à l’extérieur.
C’est une grande injustice de voir ceux qui n’ont plus les moyens de se loger à Saintes partir, parfois assez loin. Déjà fragiles, ils doivent subir des coûts de transport très élevés.
Le nombre de personnes concernées par le logement social est beaucoup plus important que l’on pourrait le croire. Le droit au logement social peut concerner une famille avec deux enfants dont le revenu annuel dépasse 30.000 euros. Les Saintais qui se trouvent dans la tranche immédiatement supérieure sont, eux aussi, victimes car la pénurie de logements sociaux entraîne la hausse de tous les loyers et la flambée de l’immobilier. La tendance actuelle est de faire de Saintes un deuxième Royan. Une ville pour les riches retraités qui cherchent le soleil et dont le développement économique est uniquement pensé autour du tourisme. La structure de l’emploi qui en résulte est dominée par des emplois de services, peu qualifiés, mal payés, avec une grande précarité et des horaires dispersés. Il faut rétablir un équilibre et penser une ville pour tous.

• Pierre Maudoux :

Aujourd’hui les Saintais veulent avant tout trouver de la compétence et de la stabilité aux commandes de leur ville. Terminé les diktats de potentats locaux, l’improvisation permanente, l’argent gaspillé. Constatez l’échec de Bassompierre, le rejet d’un plan de circulation bâclé, les problèmes de stationnement et de parking, la perte de crédibilité vis-à-vis des entrepreneurs.
Un chef de moyenne entreprise me disait qu’il n’a jamais été invité à la mairie depuis 15 ans pour prendre un verre et un petit gâteau en discutant de l’avenir de Saintes ! Et que dire de la déconsidération choquante des questions d’environnement ? Ou encore de l’absence totale de politique foncière... Dans n’importe quelle entreprise, les responsables de tant de légèreté auraient été renvoyés. Les Saintais veulent que nous réalisions six projets et que nous le fassions bien : L’implantation d’entreprises grâce à un nouveau souffle de l’intercommunalité pour créer des emplois et augmenter le pouvoir d’achat des familles ; la maîtrise foncière, à la fois pour l’économie, mais aussi pour des logements accessibles ; dans la cohérence et la concertation, nous bâtirons au Site Saint-Louis et ses alentours un écoquartier ouvert sur la ville : logements, équipements économiques et culturels et nous valoriserons ses atouts patrimoniaux et géographiques ; contenir les inondations grâce, entre autres, à des travaux place Bassompierre ; Bassompierre sera le cœur du triptyque des projets structurants, constitués du site Saint-Louis et du nouveau pôle de transport sur le site de la gare SNCF ; les déplacements ensuite, qui ne sont pas les mêmes aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Or, en 25 ans rien n’a changé. Un Plan de Déplacement Urbain permettra de prendre en compte l’ensemble des besoins, y compris les besoins de mobilité des personnes âgées et des personnes handicapées.
Les Saintais veulent enfin faire revivre leur ville pour toutes les générations, avec des animations festives, une patinoire amovible et écologique dès l’hiver prochain, une base de loisirs autour de la piscine d’hiver, au plus tard pour l’été 2009 et une salle permanente de création et de rencontre du public pour tous les artistes, amateurs et professionnels, peintres et sculpteurs, musiciens et acteurs, etc...

Si vous êtes élu, quelles sont les actions que vous mettrez en place rapidement ?

• Bernadette Schmitt :

Nous avons des priorités, elles sont clairement affichées dans mon programme, mais je ne crois pas qu’il soit bon de tout précipiter au lendemain d’une élection. Nous faisons avancer nos dossiers depuis 7 ans maintenant, avec patience et détermination. Vous savez la compétence et l’énergie nécessaires pour porter un dossier de bout en bout, dans un environnement administratif de plus en plus complexe ! Si nous sommes élus, nous continuerons dans ce sens, avec les valeurs qui sont les nôtres et dans l’objectif de relever les six défis que nous nous sommes fixés. Mais je crois que certaines de nos propositions vont enthousiasmer les Saintais. Nous voulons ainsi, par exemple, élaborer un « code de la rue » dont les dispositions permettront la prévention en matière de comportements urbains : nuisances sonores, propreté des rues, tags, etc. Nous voulons également initier un partenariat public-privé pour financer une salle de concert de 1500 places au parc des expositions. Saintes en a grand besoin. En outre, la Ville de Saintes s’engagera pour faire débuter au plus vite les travaux préconisés par l’Institution du Fleuve Charente.

• Philippe Callaud :

Il faut s’atteler rapidement à l’accompagnement dans le cadre du PRU car j’ai rencontré des personnes très âgées qui étaient logées au 4ème étage sans ascenseur et qui étaient prostrées chez elles. Il faut s’impliquer très vite dans l’accueil des entreprises, dans une maîtrise du foncier pour ces implantations, mais également pour engager une vraie politique du logement social dans le cadre d’une mixité. Il faut aussi très vite travailler avec tous les maires autour de Saintes pour passer en CDA et capter les subventions d’État afin de financer les projets dans le cadre de l’intercommunalité. Enfin, il faut vite animer les quartiers et le centre ville pour améliorer tous les commerces de proximité.

• Daniel Métraud :

Aux effets d’annonce, nous préférons les principes directeurs, la cohérence et le courage politique.
Nous mettrons en place un ensemble de mesures qui organisent un technopôle de l’écologie, avec des emplois durables. Nous imposerons à l’office des HLM et à la SEMIS d’utiliser les techniques de haute qualité environnementale. Nous accompagnerons la création des formations nécessaires aux artisans locaux. Nous encouragerons l’installation d’entreprises productrices de biens ou de services permettant d’atteindre les objectifs écologiques (agro-matériaux écologiques, énergies renouvelables, etc.). Nous favoriserons les approvisionnements locaux, les circuits courts, afin d’éviter la pollution des transports. Nous soutiendrons l’agriculture biologique, pour protéger la santé, les nappes phréatiques. Nous compléterons les atouts touristiques de Saintes, en faisant d’elle une ville verte où il fait bon vivre.
Dès 2009, il faudra préparer le retour en régie municipale de la gestion de l’eau. Mettre fin au contrat calamiteux des parkings ne sera pas chose aisée. Pourtant, on ne peut pas accepter de subir cette erreur pendant 30 ans.
Il faut arrêter le recours systématique aux délégations de services publics. Même si cela demande du temps et de l’énergie, les élus doivent assumer leurs responsabilités et préférer de vrais services publics municipaux pour gérer le bien commun.

• Pierre Maudoux :

L’urgence absolue, c’est de renouer les liens avec les Saintais perdus depuis une bonne quinzaine d’années. Des espaces de démocratie locale fonctionneront avant la fin de l’année. Je pense au Conseil des sages et au Conseil de Développement du Pays bien sûr, mais aussi au Conseil de la jeunesse que nous mettrons en place, ainsi qu’aux comités de quartiers que nous réanimerons et au sein desquels nous serons assidus. Notre priorité, c’est de travailler, enfin, avec tous les Saintais qui attendent des réponses, souvent simples, à leurs problèmes quotidiens. Ces espaces d’échanges et de rencontres permettront de partager notre vision et de construire ensemble un projet local durable. Nous ferons de même vis-à-vis des services municipaux qu’il est grand temps d’associer aux destinés de Saintes. Et dès le printemps 2008, se tiendront des assises associatives. Idem pour le tourisme cet automne. Parallèlement, nous conduirons un travail d’évaluation des politiques publiques et un bilan carbone. Nous ferons un point précis des engagements et des ressources dont dispose la municipalité pour constituer le socle d’une politique ambitieuse et durable en maîtrisant la fiscalité locale.
Nous travaillerons avec les employés de la ville et de la communauté de communes pour y réduire la place de l’emploi précaire. Nous ferons de même avec les services de l’hôpital qui ne peuvent pas continuer plus longtemps à exercer dans des conditions aussi peu équilibrées. Et enfin, il y a les projets que je vous citais et qui commenceront courant 2008 : des animations festives en lien avec les associations, une patinoire, une base de loisirs et une salle permanente de création.

Pensez-vous que la politique politicienne se soit emparée de ces élections ou bien, au contraire, restent-elles de proximité ?

• Bernadette Schmitt :


Je crois que les élections de 2007 ont passionné les Saintais, et qu’elles leur ont donné envie de participer activement à la vie politique de la cité. En témoigne le nombre de citoyens impliqués dans la campagne au profit de l’une ou l’autre des listes encore en course. Hormis quelques accrocs inévitables lorsque la tension devient trop forte, le débat public a lieu en toute sérénité et je trouve cela vraiment très encourageant pour l’avenir de la politique telle que je la conçois. Pour sûr, parfois certains candidats ont tenté de faire des “coups“ politiques et médiatiques. Mais on est bien loin des pratiques de politique professionnelle que l’on peut connaître dans des villes de plus grande taille. À Saintes, nous vivons même une campagne bien plus sereine que dans certaines communes de l’agglomération !

• Philippe Callaud :


Nous nous présentons dans cette élection avec le soutien des Radicaux de gauche et du MRC et avec le soutien de quelques militants socialistes déçus. Nous sommes engagés, comme je l’ai dit, dans une campagne de proximité pour conduire Saintes dans les villes de tête de sa catégorie.
Pour cela, nous avons allié la compétence, la disponibilité, des projets maîtrisés et une connaissance parfaite des besoins de notre ville. Même si nous sommes résolument à gauche, nous ne nous inscrivons pas dans un combat national entre les partis politiques, soit un troisième tour de l’élection présidentielle. Dans une telle démarche, on risque d’oublier Saintes et les Saintais et on se trompe d’élection ! Je suis le seul tête de liste à être élu régulièrement depuis treize ans sur la ville. Je connais les enjeux de cette élection, j’ai le soutien de Michel Baron qui a su transformer cette ville pendant vingt-quatre ans. Je pense qu’il est urgent de se mettre rapidement au travail pour réveiller notre ville qui souffre depuis sept ans dans les domaines de l’économie, de la solidarité et des finances. Les Saintais en ont marre, ils veulent passer vite à autre chose ! Notre équipe est en ordre de marche pour répondre à toutes ces attentes. La seule preuve est que nos adversaires nous copient et nous en sommes fiers...

• Daniel Métraud :

Si la politique politicienne désigne la priorité donnée à la conquête du pouvoir, alors oui. Nous sommes un collectif de citoyens profondément déçus que leurs idées et leurs valeurs ne soient plus ni défendues, ni représentées. Nous avons donc décidé de porter un projet qui reflète nos aspirations sans le secours des partis traditionnels. Ces partis nous ont trahis en permettant que l’Europe libérale que nous avons refusée le 29 mai 2005 nous soit imposée malgré tout.
Il nous paraît également évident que toute action locale se situe dans un cadre plus global. Les représentants des partis, qui ont construit l’Europe libérale, nous disent ensuite, au niveau local, « nous n’y pouvons rien, il faut faire avec ». Les politiques nationales ou européennes pèsent sur les choix locaux. Les liens doivent être analysés et expliqués. La reconquête démocratique passe donc par les élections locales.

• Pierre Maudoux :

Moins de 3 % des Saintais sont inscrits à un parti et pourtant quatre listes sont à gauche et deux à droite. Et puis, pour la première fois, il y a Saintes en Mouvement, 35 personnes, choisies pour leurs compétences, qui passent outre leurs appartenances et leurs sensibilités nationales pour reléguer les logiques des partis au second plan. Nous sommes une liste d’union politique et toute alliance et tout désistement au second tour serait contre nature. Nous avons construit le meilleur programme et la meilleure équipe pour Saintes en termes de générations, de situations familiales et professionnelles. Quelle liste est plus citoyenne que la nôtre ? Et quelle liste a le courage d’inscrire dans son projet l’évaluation des politiques publiques pour piloter l’action municipale et rendre des comptes aux Saintais ? Nous prendrons nos missions à bras le corps, comme cela se fait dans toutes les collectivités responsables. Et je garantis à tous que nous travaillerons en partenariat permanent. Nous en appelons à tous ceux qui veulent que la compétence et la stabilité s’installent à la mairie. Je me porte garant de ces qualités pour tous les membres de mon équipe. Nous ferons une grande réunion publique le 12 Mars avec toutes les Saintaises et les Saintais, passionnés par leur ville et qui ont confiance en nous pour gagner, ensemble, le 16 mars.

Jean Rouger : « Travailler avec et pour les Saintais »



Les préoccupations saintaises semblent très pratiques et portent sur les transformations urbaines et sociologiques du PRU, le programme de rénovation urbaine. Nous aurons la nécessité de bien expliquer à nos concitoyens l'ampleur de ces opérations, et d'affiner beaucoup plus sérieusement tous les volets de cette requalification urbaine : certes les changements immobiliers, mais surtout les améliorations en matière de déplacements, d'aménagements des espaces publics, d'accès aux services publics, d'accompagnements personnalisés pour l'emploi et pour l'équilibre social.
C'est le gros chantier en cours, et nous pouvons le retravailler avec les partenaires institutionnels, Medad, ANRU, région, ANAH, bailleurs sociaux.
Les Saintais sont désemparés, ils ont besoin de mieux connaître et de s'engager concrètement, la transformation de la ville est leur affaire et ils veulent être partie prenante ! Un grand nombre de personnes est soulagé et satisfait que la ville de Saintes ait acheté le site Saint-Louis (6 années pour honorer une promesse évidente!), et souhaite une utilisation rapide rationnelle et financièrement positive du site afin d'imaginer un beau projet de centre-ville. C'est l'une de nos propositions de travail avec et pour les Saintais.
Pour ma part, je suis heureux de conduire une équipe enthousiaste et déterminée à se mettre au service de la communauté saintaise. Nous voulons que les Saintais et les Saintongeais aient plaisir à vivre à Saintes, à partager le travail et la préparation de l'avenir de nos enfants. Nos concitoyens sont concernés par la marche de la cité : la place inorganisée des automobiles dans les espaces publics, la pauvreté de trottoirs et des places pour les piétons, la rive droite de la Charente qui sert de sujet de conversation alors qu'il est urgent de lui donner une vie au-dessus des inondations.
- Si nous sommes élus, nous apprendrons la ville et la communauté urbaine : la ville et tous ses services publics municipaux, la communauté de communes du pays santon avec son équipe de fonctionnaires territoriaux et tous les élus des communes avec lesquels nous travaillerons, le pays de Saintonge romane avec son équipe professionnelle et ses élus des 70 communes qui composent une vaste et réelle communauté saintaise et péri-saintaise. C'est un premier chantier : sensible, important, exigeant de la diplomatie de la patience du respect et une ambition politique bien partagée. Il me semble incontournable que les villes de Saintonge se connaissent mieux, se rencontrent et échangent concrètement et régulièrement (comme le font les Saintongeais normaux).
- Nous nous engageons à travailler dans une perspective éco-environnementale dans tous les registres, habitat neuf et restauration, transports, énergies renouvelables et utilisées avec discernement. La collectivité s'efforcera de montrer l'exemple (ex : bâtiments scolaires, piscine...) et favorisera les initiatives privées (subventions, entreprises spécialisées..). Nous voulons une grande et belle piscine pour tous les gens de la grande communauté saintaise, en harmonie avec les souhaits de la CDC du Pays santon, peut-être avec d'autres partenaires pour que cet ensemble nautique ait la dimension et les utilités que nous souhaitons tous.

Photo 1 : À droite de cette photo Bernadette Schmitt (Centre droit) brigue un deuxième mandat municipal.

Photo 2 : D. Métraud, gauche alternative.

Photo 3 : P. Maudoux de Saintes en mouvement.

Photo 4 : Philipppe Callaud (qu’on voit ici aux côtés de Margarita Sola, Michèle Carmouse et Christian Couillaud) a choisi de faire cavalier seul pour cette municipale. Il porte l’étiquette des Radicaux de gauche.

Photo 5 : Jean Rouger (Liste socialiste avec les Verts et les Communistes) aux côtés de Philippe Herreweghe lors du Festival de musique ancienne.

Les échos de l'arène cantonale

Sur Saintes Est, la campagne bat son plein avec pas moins de six candidats. Il n’est pas évident de succéder à une pointure intellectuelle comme Xavier de Roux qui a choisi de ne pas se représenter. L’actuelle députée, Catherine Quéré, qui l’a pourtant battu aux Législatives grâce aux voix du Modem de Jean-Philippe Ardouin, en sait quelque chose. Sur de nombreux sujets, il est bien difficile de rivaliser avec l’ancien vice-président de la commission des lois.
Sur ce secteur, c’est donc son mari, Jean Yves Quéré, qui porte les couleurs du parti socialiste. La gauche est également présente avec le sympathique vert Dominique Godineau, la communiste Michèle Carmouse, toujours dynamique, le modem Jean-Claude Suire et Joël Joanny, proche du radical de gauche Philippe Callaud. Ce dernier, chef d’entreprise et responsable à Cognac du festival Blues Passions, pourrait troubler le jeu face au candidat unique de l’UMP, Frédéric Rateau. Le conseiller municipal saintais, qui connaît par cœur le milieu associatif et sportif, mène d’ailleurs une campagne efficace sur le terrain.
L’autre canton, Saintes Nord, tenu par Christophe Dourthe, a vu l’émergence d’un personnage saintais bien connu, Robert Grand. Membre de l’équipe de Michel Baron avant de rejoindre les rangs du Parti radical valoisien, il joue un rôle syndical important à FO. Interrogé sur ses motivations, il souligne la participation importante du Département dans l’action sociale (66 % de son budget contre 60 % en moyenne dans les autres départements). Il veut également favoriser le développement économique dans la région saintaise, estimant le rôle de la Région, voire de l’État, difficilement perceptible par les citoyens. « Le Conseil général est essentiel et la suppression des départements, préconisée par le rapport Attali, serait inopportune » dit-il.
Entre Christophe Dourthe, médecin hospitalier, spécialiste de la santé, socialiste convaincu et l’homme de terrain qu’est Robert Grand, tout juste décoré de l’ordre du Mérite, le combat est intéressant. Ces deux candidats occupent d’ailleurs toute la place et l’on a le sentiment que les autres font de la figuration.

Marianne, vous avez dit 7 ?


Sept listes en présence sur Saintes : c’est un record historique, mais qui va donc sortir du chapeau ? On n’en sait pas grand-chose tant les voix risquent de s’éparpiller.


Bernadette Schmitt profitera évidemment de sa prime au sortant et de son bilan. Clairement identifiable par les électeurs, elle fait d’ailleurs une campagne solide. Toutefois, elle est très attaquée sur son flanc gauche... et sur son flanc droit. Depuis l’affaire de la place Bassompierre, il y a du règlement de comptes dans l’air. Certes, ses opposants de droite n’ont pas réussi à constituer une liste, mais le centre est fermement occupé par Pierre Maudoux qui emprunte, de temps en temps, la tenue de coureur à pied pour arpenter la ville puisque c’est à la fois un dentiste et un marathonien. Dans les médias, il a fait une indiscutable percée et il prendra une partie des voix qui se portent généralement sur la démocratie chrétienne, représentée par Jean-Philippe Ardouin (Modem).
À gauche, les vieux clivages ont refait surface et abouti à la scission du Parti socialiste et des Radicaux de gauche. En 2001, la situation était déjà bien compliquée. Jean Rouger, victime de pressions, avait capitulé et cédé sa place à l’avocat Jean Moulineau. Cette fois-ci, il a décidé de faire front. Sa carrière politique à Saintes n’est plus à raconter et il a choisi une alliance avec les Verts et les Commu-nistes. Évidemment, nous ne sommes plus au temps où le PC faisait la pluie et le beau temps dans la cité santone ! Les choses ont changé. Pour l’instant, il serait donné favori.
Le talonnant, Philippe Callaud, qui a obtenu le soutien de Michel Baron, l’ex maire de Saintes, incarne sans doute une gauche plus moderne, plus en lien avec les problèmes contemporains de la cité. Ce radical de gauche, qui siège au conseil municipal depuis de nombreuses années, a fait une remontée spectaculaire.
Coiffera-t-il Jean Rouger sur le poteau ? La question reste posée.
Restent deux listes d’extrême gauche. L’une, conduite par M. Chrétien, se consacre pour l’essentiel aux dossiers de lutte contre les inondations de la Charente. Elle fédère les sinistrés, anciens et futurs, sur les thèmes porteurs de l’écologie. L’autre, initiée par Daniel Métraud, a une idée tout à fait originale puisqu’il s’agirait de faire de Saintes un pôle technologique dédié au développement durable et notamment aux différentes formes d’énergie. Ce projet, en tous les cas, mériterait d’être approfondi car l’agglomération Saintes - Cognac a besoin d’une strate de formation de niveau universitaire ou école d’ingénieur, afin que les jeunes, restant sur le territoire, puissent y faire prospérer leurs projets dans un cadre avant-gardiste. Comme quoi les campagnes électorales permettent des éclosions intéressantes !
Dimanche soir, de nombreux Saintais attendront avec impatience les résultats du premier tour. Suivront les alliances quant au second et, sur ce chapitre, les tractations risquent d’être animées...