vendredi 7 décembre 2007

Téléthon : Tous à Jonzac, ville ambassadrice

Jonzac soutient le Téléthon depuis sa création. Elle l’a déjà accueilli en 1998. Cette année, la capitale de la Haute-Saintonge sera sur FR3 samedi prochain entre 16 h 10 et 17 h 15. L’objectif poursuivi est, bien entendu, de soutenir la recherche médicale en collectant une importante somme d’argent. De nombreuses animations sont proposées. Nous ne doutons pas que les Saintongeais démontreront de belle façon qu’ils ont un cœur gros comme ça !


Lundi, Jean-Claude Texier, maire de Jonzac, Gérard Masson, président de la Fédéra-tion Handisport et Christiane Proux, maire adjoint, recevaient trois responsables de l’AFM, Christian Cottet, directeur général, Patrick Charpentier, directeur du service régional, Georges Coquillon, coordinateur adjoint dans le département ainsi que Christian Cognard, directeur de recher-ches au CNRS en relation avec le CHU de Poitiers.
Cette rencontre a permis de faire le point sur la recherche médicale qui avance lentement mais sûrement. En effet, de nombreux observateurs se demandent “où va l’argent ?“ et s’il faut encore faire preuve de générosité lors ce rassemblement annuel assorti d’un vaste déploiement télévisuel...
Bref, la question est : La transparence règne-t-elle dans l’affectation des sommes et n’est-ce pas là une grosse affaire de publicité, les malades revenant à leur terrible quotidien, le Téléthon achevé ?
Christian Cottet a répondu clairement à ces interrogations. « Le grand virage des traitements, c’est maintenant, c’est pourquoi il faut continuer à se mobiliser » souligne-t-il. Lui-même est “venu“ à l’AFM car sa fille est atteinte d’une myopathie. Après vingt ans de bénévolat, il a abandonné ses activités professionnelles pour se consacrer entièrement à cette “œuvre“ qui mobilise, en décembre, cinq millions de personnes dans la rue.
Le but poursuivi est connu : il est de réunir des fonds importants qui contribueront à des avancées dans des domaines spécifiques où elles n’auraient pas eu lieu.
Grâce aux travaux réalisés, on s’est aperçu qu’il pouvait exister jusqu’à 200 formes de myopathie. Le grand responsable de l’affaiblissement est le gêne défaillant qui entraîne un dysfonctionnement cellulaire. Né des collectes, le Genethon, fameux laboratoire situé à Evry, a vu le jour en 1990. Les premières cartes du génome humain ont ainsi pu être réalisées : « quelque 2200 gènes responsables de maladies ont été identifiés ».

Gagner des années de vie...

Les thérapies nouvelles, explorées par l’AFM depuis ces dernières années, ont prouvé leur intérêt pour guérir des maladies génétiques rares, jusque là orphelines de traitement : « Ces thérapies s’appellent thérapie génique, chirurgie du gêne, thérapie cellulaire, cellules souches, pharmacologie ». Christian Cottet cite en exemple le cas de ces bébés dont le système immunitaire est déficient. Hors de leur bulle, ils ne peuvent survivre. Des progrès importants ont été accomplis pour aider ces enfants. Le principe, mis au point par le professeur Alain Fischer de l’Hôpital Necker, consiste à mettre des cellules en culture, génétiquement modifiées, afin de corriger le gène défectueux.
Une autre expérience s’est déroulée quant à l’épidermose bulleuse où la peau devient une plaie vivante (on imagine le calvaire que vivent les patients atteints de cette maladie). Des cellules sont prélevées sur la main, puis regreffées sur les zones lésées. Une cinquantaine de malades, en France et en Italie, ont été traités avec succès.
À Nantes, l’équipe de Fabienne Rolling, du laboratoire de thérapie génique de l’Inserm, travaille sur la rétinite pigmentaire. Sa particularité ? Elle entraîne peu à peu la cécité. Des expériences menées sur des chiens ont abouti à des résultats encourageants.
« Grâce à l’argent du Téléthon, ces maladies peuvent être soignées, elles ne sont plus incurables » rappelle Christian Cottet. Et d’ajouter : « tous ces progrès font gagner des années de vie. Il ne faut pas perdre de vue l’objectif du Téléthon qui est de redonner l’espoir. Il est de permettre à des personnes, exclues en raison de leurs handicaps, de retrouver goût à l’existence et d’évoluer dans des conditions optimales. Peu à peu, le regard porté sur elles change. La société est consciente de leurs problèmes, de leurs souffrances et elle se mobilise ». Opinion que partage pleinement Gérard Masson. Il sait combien les joueurs handicapés peuvent se surpasser dans le domaine du sport : « il faut voir la dextérité dont ils font preuve sur leurs fauteuils électriques. Certains sont allés au Japon récemment, après avoir passé douze heures dans l’avion. Ils sont prêts à tout pour être comme les autres. Et ils le prouvent ! »...
Actuellement, l’AFM contribue au financement d’une quarantaine d’essais thérapeutiques sur l’homme. Ils concernent des maladies neuromusculaires ou neurologiques de la vision, de la peau et du sang. Elle soutient également les consultations pluridisciplinaires afin que médecins et kinésithérapeutes établissent un même protocole de soins. « Allons de l’avant. Chaque essai clinique coûte plusieurs millions d’euros... la partie n’est pas facile. Face à la position des laboratoires privés, le Téléthon peut servir de levier ».



Après le Téléthon, restent les malades...

Christian Cognard (CNRS) apporte, à son tour, un témoignage intéressant. Son équipe perçoit des fonds du Téléthon : « L’AFM soutient une action sur le long terme. Elle possède son propre comité scientifique qui suit les travaux de chaque groupe. Cette transparence est appréciable, ainsi chacun sait qui fait quoi » déclare-t-il. La somme versée, quelque 30.000 euros par an en fonctionnement, représente les 2/3 des fonds dont disposent ces chercheurs. Ils étudient le muscle squelettique où ils ont remarqué l’absence de dystrophine dans la cellule : « Le traitement consistera à corriger les défauts entraînés par l’absence de cette protéine ».
Des bourses sont également attribuées à des doctorants par l’AFM (une centaine par an en France).
Ces renseignements éclairent l’action de l’AFM qui poursuit un but louable. Toutefois, la patience est de mise et les malades sont parfois découragés. Ainsi cette réflexion recueillie sur internet au sujet de “l’effet“ Téléthon : « voilà, plein de choses ont été dites, beaucoup de témoignages, mais la maladie court plus vite que les recherches. Les malades ont les yeux qui brillent par tous ces projecteurs braqués sur eux et sur leur maladie. Mais trente heures, ça passe vite et on se retrouve dans le quotidien, dans les gestes qui se perdent, la douleur qui vous engourdit : alors que reste-t-il de votre souffrance et de celle de vos proches qui font du bénévolat 365 jours par an sans caméras, ni paillettes ? Alors, on se dit : c’est bien, le Téléthon, mais ce n’est pas encore pour nous ». A la lecture de ce cri du cœur plein de bon sens, on se met à rêver en se disant que si tous les labos du monde voulaient bien se donnent la main, des progrès gigantesques pourraient être obtenus. Ou mieux, si les marchands d’armes versaient 5 % de leurs bénéfices à la recherche, les malades seraient encore mieux soignés.
Bref, ne tombons pas dans le pessimisme, l’esprit du Téléthon étant précisément le contraire ! En alliant générosité et fraternité, il démontre que l’exemple vient souvent de la base, c’est-à-dire de ceux et celles qui apportent leur pierre à l’édifice, souvent dans le plus simple anonymat...



Dis le moi dans l'oreille...

• Gérard Masson remercie toutes les personnes qui se sont associées à l’organisation du Téléthon, office de Tourisme, commerçants, associations, particuliers et bien sûr la mairie et son maire, Jean-Claude Texier, qui ont apporté « la trésorerie nécessaire ». Parmi les rendez-vous originaux, J.F. Lachamp mettra un fauteuil aux enchères, une dictée sera proposée aux amateurs, des lycéens reconstitueront des séquences d’ADN, etc. Samedi, les euros seront convertis en coupures spéciales remises exceptionnellement par le Trésor Public : « ainsi, la transparence sera complète ».
Le programme est sympa, ne le manquez pas : on compte sur vous !.

• Les recherches financées dans la Région :
- Essai de riluzole dans l’amyotrophie spinale (démarrage de la phase II) au service de pédiatrie du CHU de Limoges avec le dr Laroche)
- Dystrophie musculaire de Duchenne, glutamine à l’essai pour améliorer la marche (professeur Hankard, service pédiatrie de l’hôpital de Poitiers).

• Qui veut acheter un bateau ?
En Charente-Maritime, l’an dernier, le Téléthon a rapporté 930.000 euros dont 57.000 euros de dons et 360.000 euros recueillis sur le terrain. Notons qu’un carrelet avait été mis en vente à Saint-Palais. Il avait rapporté quelque 10.000 euros. En 2007, il s’agira d’une petite embarcation qui partira de la Tremblade pour rejoindre la côte royannaise. Avis aux amateurs !

• Le premier Téléthon a été organisé en 87. Jonzac l’a accueilli en 98 et cette année encore, le 8 décembre.

• Isabelle Duhamel Costes ou la pantoufle de vert ( !)
Elle a incontestablement contribué à vendre de nombreuses paires de Charentaises « spécial Téléthon », de couleur vert pomme. Gérard Masson est impressionné par l’implication de Mme le Sous-Préfet qu’il remercie d’être une ambassadrice de charme et d’efficacité !

Photo 1 : Christian Cognard, Christian Cottet, Jean-Claude Texier et Gérard Masson.

Photo 2 : Patrick Charpentier.

Photo 3 : Monsieur le maire signe le livre d'or.

Tonnellerie Radoux : Les serviteurs du vin investissent 1,4 million d'euros

Vendredi, la tonnellerie Radoux présentera ses dernières innovations technologiques qui visent à améliorer la qualité des produits et les conditions de travail des salariés. L’investissement de ce nouvel atelier de production s’élève à 1,4 million d’euros.



À Jonzac, la tonnellerie Radoux relève les enjeux du XXIe siècle, tout en respectant ceux qui en furent les pionniers. En conservant le nom de Radoux, les dirigeants actuels rendent hommage à Robert Radoux qui créa la première unité de fabrication en 1947. À cette époque, elle se trouvait rue des Pierrières, dans une ancienne carrière. L’activité prospérant, elle s’installa avenue Faidherbe dans les années soixante. Robert Radoux en tint les rênes jusqu’en 1982 aux côtés de son fils, Christian qui prit alors la relève. Aujourd’hui, c’est une holding, Oeneo, qui veille à ses destinées.
Le créateur de cette entreprise était loin d’imaginer qu’un jour, Radoux serait présente dans de nombreux pays du monde, en Espagne, en Afrique du sud, aux Etats-unis. « Qui va loin ménage sa monture » disent les Saintongeais. On pourrait ajouter un nouvel adage : « qui veut préserver son outil de travail, doit l’avenir préparer» !
Sur ce chapitre, Michel Brutus, directeur industriel, est intarissable. En effet, depuis 1996, cet homme avisé, doublé d’un précieux sens de l’observation, est chargé de la partie technique du groupe. « L’entreprise a toujours privilégié la qualité. Dès 1999, elle s’est dotée d’un logiciel de gestion de production. Depuis, elle investit régulièrement ».
En tonnellerie, les conditions de travail sont dures puisque les gestes, ancestraux, nécessitent un véritable savoir-faire. Des améliorations pouvaient donc faciliter le quotidien.

Respecter le savoir-faire en innovant



La démarche a été simple : fruit d’une recherche qui a mobilisé le personnel concerné, des outils spéciaux ont été “pensés“. Leur conception a été confiée à une société française : « nous avons établi un cahier des charges sur les fonctions souhaitées. Se basant sur nos indications, le constructeur a réalisé une douzaine de machines innovantes. Des brevets ont d’ailleurs été déposés ». Grâce à cette technologie qui s’ajoute aux procédés traditionnels, plusieurs interventions se trouvent facilitées, dont l’usinage des douelles, le rognage, le ponçage des fonds et des coques.
À la question « comment réagissent les Compagnons face à ces nouveautés ? », la réponse est claire : « au départ, il y a eu du scepticisme, mais les salariés se sont très vite impliqués dans cette évolution. Les retombées sur l’emploi, qui auraient pu en découler, ont été évitées par le développement des marchés ». Vous l’avez compris, l’objectif poursuivi est une plus grande souplesse dans l’accomplissement des tâches assurées par le personnel.
« Bien que réalisant plus de 75 % de son chiffre d’affaires à l’exportation, Radoux investit massivement dans le site de Jonzac. Il confirme le maintien de sa plus grosse unité de production en Saintonge » souligne Michel Brutus. Vendredi, cette organisation industrielle de pointe sera présentée officiellement aux visiteurs lors d’une après-midi “portes ouvertes“.
Dans un département soucieux de l’emploi, Radoux contribue incontestablement à l’essor économique de la région de Haute-Saintonge.



Innovations :

EPR de gestion des flux d’informations, réseau de communication spécifique inter-sites, machines spéciales à commande numérique, automates programmables, suivi de fabrication, traçabilité des matières. Qualité : bâtiments (sol, bardage, toit, isolation phonique). Sécurité, conditions de travail : aspiration des fumées à la chauffe avec système de compensation d’air, réseaux d’aspiration des copeaux, cabine de ponçage pour la finition manuelle, mise en conformité Atex, réseau Incendie, détection d’étincelles sur le cyclofiltre.



90 salariés sur le site de Jonzac

L’entreprise Radoux, que dirige Christan Liagre, appartient au groupe Oeneo dont le PDG est Marc Hériard Dubreuil. Il comprend également la tonnellerie Seguin Moreau acquise en 1999 et l’unité de bouchons Sabaté (située dans le sud de la France). Par an, le site de Jonzac produit 35.000 fûts, soit une augmentation régulière de 3 % à 4 % par an. Numéro un en Espagne, le site de Haro, dans la Rioja, enregistre la même production. Les entreprises situées aux États-Unis (Napa Valley) et en Afrique du Sud - à Stellenboch - réalisent quelque 8000 pièces chacune. Jonzac compte 90 salariés (l’effectif global est de 150). Le marché de la tonnellerie se porte bien en raison d’un facteur évident : de nombreux vignobles ont été plantés de par le monde et la France viticole, que cette concurrence aurait pu déstabiliser, a réagi en investissant extra muros. À ces nouvelles exploitations, elle apporte son expérience et ses méthodes de vinification, importantes puisqu’elles découlent d’une longue tradition.

Photo 1 : Christian Liagre est PDG du groupe Radoux. Il est à noter que Christian Radoux appartient au conseil d’administration de la holding Oeno.

Photo 2 : Michel Brutus, directeur industriel.

Photo 3 : À Jonzac, les productions sont désormais partagées entre les grands contenants (appelés foudres) et les fûts. Les volets thermiques et phoniques ont également été pris en compte. Ainsi, le flux de fabrication s’en trouve amélioré.

Photo 4 : Dispositif afin de réduire la chaleur dans l’atelier de chauffe.

Nabil Anwer : Saintongeais d'adoption,
il enseigne à Pékin...

La Chine et la France travaillent 
sur la quatrième génération nucléaire

Marié à Caroline Furet, saintongeaise dont la famille habite Expiremont, près de Montendre, Nabil Anwer, maître de conférences à l’université Paris 13 et chercheur à l’École Normale Supérieure de Cachan, dirige depuis septembre 2006 le centre franco-chinois d’Innovation en Gestion du Cycle de Vie des Produits (PLMIC) à la prestigieuse université de Tsinghua, située au cœur de Pékin. Lors de son récent voyage en Chine, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, y a d’ailleurs fait étape. Pourquoi Nabil Anwer a-t-il choisi d’enseigner en Chine, pays qui représente pour lui une expérience nouvelle dans un monde en constante évolution ? Il répond à nos questions.


Après avoir enseigné en France, voici plus d’un an que vous avez été nommé à l’université de Tsinghua à Pékin. Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à tenter cette expérience en Chine ?

C’est tout d’abord le complément normal de la carrière d’enseignant chercheur qui nécessite en plus de collaborations fortes avec des collègues de différents pays, des séjours à l’étranger pour développer des projets bilatéraux et de favoriser des échanges d’étudiants.
La collaboration avec l’université de Tsinghua date d’un premier séjour effectué en Décembre 2004 dans le cadre de la visite d’une délégation Française à Pékin. Ce premier contact m’a permis de découvrir la Chine et surtout d’établir des contacts avec des collègues chinois de l’Université de Tsinghua. Cette visite a surtout concrétisé l’esprit de coopération Franco-chinoise en matière d’éducation et de recherche et a favorisé la création du centre Franco-chinois d’Innovation en Gestion du Cycle de Vie des Produits (PLMIC) à l’université de Tsinghua en Décembre 2005.
Au cours de mes missions à Pékin, j’ai été progressivement convaincu de tenter une expérience plus longue en Chine. Mandaté par le Ministère de l’Éducation Nationale et du réseau français en ingénierie mécanique et productique (AIP-PRIMECA), je suis depuis septembre 2006 en mission longue durée à l’université de Tsinghua en tant que co-directeur français du centre PLMIC.
Au niveau professionnel, cette expérience en Chine me permet de développer des collaborations avec des collègues chinois ainsi qu’avec des industriels français et chinois dans le cadre de projets de recherche communs. Mes activités d’enseignement à l’université de Tsinghua contribuent à diffuser le savoir et le savoir-faire français en ingénierie mécanique et permettent surtout d’apporter une nouvelle façon de diffuser les connaissances aux étudiants chinois.
Au niveau personnel, la découverte d’une nouvelle culture et d’un mode de pensée totalement différents est très enrichissante d’autant plus que je partage cette expérience avec mon épouse Caroline qui adore l’Asie en général et la Chine en particulier.




Quelles différences notez-vous entre les universités françaises et chinoises ?

La compétition pour accéder à l’enseignement supérieur en Chine est très sévère. Pendant leurs années de lycée, les élèves concentrent particulièrement leurs efforts sur la préparation du concours d’entrée à l’université ou « Gaokao ». Un échec à cet examen bouleverse les perspectives d’avenir d’un élève chinois et ruine les espoirs des parents qui y ont sacrifié leurs maigres ressources. 9,5 millions de jeunes Chinois se sont présentés aux épreuves du Gaokao en 2007 (ils étaient 5,25 millions en 2002). Malgré l’augmentation rapide du nombre de candidats, l’examen reste encore très sélectif et la garantie d’une bonne Université d’accueil dépend du résultat au Gaokao. L’étudiant n’est pas maître ni de son affectation universitaire, ni de la discipline dans laquelle il va étudier.
Les universités font l’objet de plusieurs programmes gouvernementaux visant à faire de certaines d’entre elles des établissements d’excellence susceptibles de rivaliser avec les meilleures universités mondiales. Certaines universités, comme Tsinghua ou l’université de Pékin (Beida), ont pour objectif de devenir des universités d’excellence au niveau mondial à l’horizon 2020. Le Ministère de l’Education chinois a engagé de nombreuses réformes comme la fusion entre établissements, l’élargissement des disciplines enseignées, le développement de collaborations internationales et la coopération avec des entreprises. Autour de certaines universités, se sont créés de véritables pôles scientifiques et technologiques au sein desquels se sont implantés des entreprises et groupes industriels de premier plan.
Les frais de scolarité dans les universités chinoises ne cessent d’augmenter. Ils étaient, il y a quinze ans, d’environ 200 yuans (20 euros) par année scolaire dans la plupart des universités et sont actuellement de 5 000 (500 euros) à 8 000 yuans (800 euros), voire même 10 000 yuans (1000 euros) dans les universités renommées ou pour certaines spécialités. Les frais universitaires ont été multipliés par 30 en 15 ans, tandis que le revenu annuel moyen des habitants n’a que doublé.

Pensez-vous que la France soit suffisamment représentative parmi les universités européennes qui collaborent avec Tsinghua ?

L’université de Tsinghua occupe la première place du classement national des établissements supérieurs chinois et est l’un des établissements les plus cotés de Chine. La préparation à l’intégration de cette université se commence très tôt et même depuis l’école primaire.
Fondée en 1911 comme un centre de préparation aux études supérieures aux États-Unis, elle est devenue, après une réforme en 1952, un centre très important pour la formation des ingénieurs (la majorité des quelque 30 000 étudiants de Tsinghua sont inscrits en ingénierie). Elle emploie plus de 7.000 personnes dont 2.500 enseignants (parmi lesquels une centaine de membres des Académies des Sciences et d’Ingénierie de Chine). Elle a aussi développé des relations avec plusieurs entreprises mondiales (dont une bonne partie est cotée en bourse américaine). Enfin, elle a mis en place des programmes de coopération avec plus de 100 universités de premier rang dans le monde.
Les États-Unis sont de loin le premier pays partenaire scientifique de la Chine, suivis par le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La France est actuellement le septième partenaire de la Chine après l’Australie et le Canada. L’union européenne est la seconde destination des étudiants chinois après les États-Unis, elle en accueille 70000 dans ses universités. Les étudiants chinois sont les premiers étudiants étrangers non francophones inscrits dans une université française, et la France occupe le sixième rang des pays d’accueil (après les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie et l’Allemagne).
À l’image des collaborations chinoises avec des partenaires étrangers, l’université de Tsinghua a un partenariat très important avec les universités américaines et japonaises. Les partenariats avec les universités européennes sont aussi importantes (Royaume-Uni, Allema-gne, Pays-Bas et France).
L’université de Tsinghua développe des collaborations avec des établissements français de prestige (École Polytechnique, École Normale Supérieure, École des Mines de Paris, Écoles Centrales, Sciences Po, HEC et Université Paris 11). De nombreux programmes d’échanges d’étudiants ont été mis en place. Actuellement plus de 20 étudiants français sont en semestre d’échanges et/ou en double diplôme avec l’université de Tsinghua.
Le développement de centres franco-chinois à l’université de Tsinghua témoigne aussi de la dimension de collaborations scientifiques de haut niveau (Centre franco-chinois de mathématiques avec l’université Paris 11, Centre franco-chinois de l’environnement et de l’énergie avec l’école des mines de Paris et l’INSA de Lyon, Centre franco-chinois d’Innova-tion en Gestion du Cycle de Vie des Produits, Antenne en sciences sociales et humaines avec Sciences Po).

Tsinghua a la particularité d’être située près de pôles économiques importants, Google, Microsoft, etc. Cette proximité offre-t-elle de véritables débouchés professionnels aux étudiants ?

Dès le début des années 1980, la Chine a multiplié la création de parcs technologiques, incubateurs scientifiques et zones de développement technologique.
Le parc de Zhongguancun, à proximité des universités de Pékin, de Tsinghua et de nombreux centres de recherche de l’Académie des Sciences, est le plus important parc technologique chinois (le Silicon Valley de la Chine !). Il regroupe 15.000 entreprises de hautes technologies (dont 2.500 fondées par des Chinois diplômés de l’étranger), une quarantaine d’universités, 130 instituts de recherche et 50 centres de R&D de multinationales (HP, IBM, Nokia, Sony, Toshiba, Samsung, Sun, Microsoft, Google). Près de 500.000 personnes y travaillent.
Cette proximité entreprise-université offre des débouchés professionnels aux étudiants et la concurrence entre les entreprises pour recruter les meil-leurs étudiants est très importante. Plusieurs étudiants de l’université de Tsinghua sont recrutés par des Multinatio-nales avant la fin de leurs études et avec des salaires très importants.
Ces parcs technologiques permettent aussi des activités de transfert de résultats de recherche fondamentale des universités vers des applications industrielles favorisant ainsi la création de PME innovantes par des étudiants et professeurs d’universités.


Nicolas Sarkozy vient de signer d’importants contrats avec la Chine dont deux réacteurs nucléaires nouvelle génération. Cela va-t-il renforcer la coopération scientifique universitaire entre les deux pays ?

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) forme, depuis une vingtaine d’années, des techniciens, ingénieurs et chercheurs dans le secteur nucléaire, un domaine stratégique pour la Chine qui prévoit une forte augmentation du nombre de ses centrales nucléaires, et a donc besoin de formation de personnels.
L’Institut national des Sciences et Techniques nucléaires a déjà établi une collaboration avec l’Institut nucléaire et des nouvelles énergies (INET) en génie atomique. L’université de Tsinghua est déjà très active dans le domaine nucléaire à travers son programme de réacteur de quatrième génération. Les collaborations avec le CEA et AREVA sont déjà très développées.
La signature des contrats des réacteurs nucléaires avec la Chine va renforcer encore plus la coopération scientifique universitaire avec la France dans le domaine du nucléaire.

Propos recueillis par Nicole Bertin

Merci, Nabil Anwer, et à bientôt pour les Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août 2008 (le 8 est le symbole de prospérité en Chine, comme l’a rappelé l’excellente émission des Racines et des Ailes diffusée mercredi de la Cité Interdite) !

Photo 1 : Nabil Anwer devant l’une des portes de l’université de Tsinghua.

Photos 2 et 3 : C’est dans ce superbe bâtiment de l'Université que sont accueillis les “nobles“ visiteurs étrangers. Plusieurs Chefs d’État français y sont venus.

Photo 4 : À proximité de l’université de Tsinghua, se trouvent les grandes tours de Google, Microsoft. Bref, un secteur économique important est situé près des facultés.

Les Chinois se mettent à l'anglais !

mardi 4 décembre 2007

En meme temps que le beaujolais nouveau, l'album de Jean-Claude Lucazeau !



Jeudi dernier, réunis au Gallia, les amis de Jean-Claude Lucazeau étaient penchés sur le berceau de son nouveau livre : Saintongeais, les deux sous de l’histoire, qui vient d’être publié aux éditions Bordessoules.
« O faut savoer rel’ver la tête » dit le patoisant de couverture : sur ce chapitre, Jean-Claude, dont la plume a longtemps couru sur le papier de la presse régionale, ne souffre pas de courbatures. Sa caboche est en éveil ! Dressé, son crayon croque les personnages hauts en couleurs qui se promènent dans les rues de Saintes. Oh, ce ne sont pas les grands pontes et encore moins les huiles ! Il s’agit d’hommes et de femmes se rendant à la foire, des gens de la campagne, la plupart, qui parlent le savoureux patois. Il en reste de fringants spécimens et il devient urgent de les immortaliser pour notre plus grand plaisir !
Dans cet album, les dames ne sont pas plus sexy que dans le précédent et les messieurs ne pourraient pas appartenir à la troupe des Body Exciting d’Angelo ! Qu’importe, avec leurs devanteaux à carreaux et leurs flanelles, ils font bien rigoler avec leurs réflexions pleines d’humour, significatives d’une société rurale confrontée aux grandes mutations du monde moderne.
Merci, cher Jean-Claude, de nous offrir cette goulée de “beunèze“ savamment distillée.



Lors du verre de l’amitié, Pierre Dumousseau, auteur de la préface, se réjouit de cette parution « attendue comme l’almanach Vermot ou le catalogue de Saint Étienne ». Les nombreux participants félicitèrent à leur tour le dessinateur qui leur offrit, en guise de réponse, une joyeuse dédicace. Il y avait la queue, preuve de sa popularité. L’intéressé pourrait bien nous étonner en proposant, dès 2008, une suite à ces deux sous de l’histoire...

Photo 1 : Cette rencontre s’est achevée par le verre de l’amitié, les discours de l’éditeur et du parrain Pierre Dumousseau, sous le regard ému de l’intéressé...

Photo 2 : Jean-Claude Lucazeau a toujours beaucoup d'humour !

Sae-Jung Kim et Bruno Pasquier l'accord parfait



Les Jonzacais ont de la chance. Recevoir, dans une petite ville, des artistes de grande qualité est un privilège. Ce fut le cas dimanche dernier à l’église Saint-Gervais où la pianiste Sae-Jung Kim et l’altiste Bruno Pasquier ont enchanté le public, le conduisant dans l’univers si particulier de la musique. Quand elle est atteinte, l’harmonie des sons possède une dimension qui, telle une flèche, va droit au cœur.



Tandis que le piano apportait sa tendresse et sa force, l’alto offrait, en dédicace aux arcades gothiques, sa générosité et sa délicatesse. Il faut aimer pour apprendre la musique, l’enseigner et la faire partager, c’est une évidence. Un esprit sec ne saurait incarner, avec justesse, les notes d’une partition.
Sae-Jung Kim le rappelle, elle qui n’hésite pas à jouer dans les prisons où elle captive l’auditoire. Elle a fait un parcours brillant, détaillé dans notre dernière édition. Venant de Corée, elle s’est installée en France où elle a trouvé la possibilité d’exprimer ses talents. Elle apprécie la mobilité et se déplace régulièrement en Asie, « où la musique évolue terriblement ». Elle travaille avec Bruno Pasquier depuis de nombreuses années.
Comme elle, il voyage et son curriculum vitae est remarquable. Il ne regrette pas d’avoir choisi l’alto pour instrument quand son frère a préféré le violon. Prochainement, il devrait se produire dans la salle de musique de la Cité interdite, à Pékin.
Pour Jonzac, Sae-Jung Kim et Bruno Pasquier avaient choisi un répertoire varié gravitant autour de Schubert, Berlioz, Liszt, Chausson, Schumann et le célèbre extrait de Roméo et Juliette de Prokofiev. Ces deux artistes, qui animent des master class et organisent de nombreux concerts, ont souvent été primés. À les écouter, on comprend aisément pourquoi : d’une part, ils s’accordent pleinement, d’autre part, ils suscitent une émotion que les mots ont parfois du mal à décrire.

Qu’ils soient félicités ainsi que les organisateurs de cette agréable rencontre qui s’inscrit dans les Feuillets d’automne. Au fait, saviez-vous que Bruno Pasquier joue un magnifique alto de Paolo Maggini - début du XVIIème - qu’il a pu obtenir grâce au grand luthier Etienne Vatelot, et avec la complicité de Yehudi Menuhin ?...

Photo 1 : Bruno Pasquier et la charmante Sae-Jung Kim. Sae-Jung Kim est née en Corée où l’une de ses sœurs est chirurgien. Elle a commencé l’étude du piano à 5 ans. À ses côtés, le talentueux Bruno Pasquier est professeur au CNS de Paris.

Photo 2 : Verre de l’amitié à la mairie. Ici, le préfet Jacques Reiller - l’époux de Sae Jung Kim - et Isabelle Duhamel Costes, sous-préfet de Jonzac.

Photo 3 : Un vin d’honneur, offert par la ville de Jonzac, a suivi ce magnifique concert.