mercredi 14 octobre 2009

Gérard Depardieu :
Plusieurs vies, comme les chats !


On m’avait dit : « tu as une chance sur deux pour qu’il t’accorde un entretien. Tu peux te faire jeter, c’est un risque à prendre ! ». Ne travaillant pas pour la presse people, la question était de savoir comment on aborde un comédien qui a si bien incarné Cyrano de Bergerac.
Confidence pour confidence, je ne me voyais pas arriver en lui déclamant la fameuse tirade sur le nez, histoire de m’attirer ses bonnes grâces ! Ayant une chance sur deux pour me prendre les mots dans le tapis de la mémoire, les rires auraient accompagné cette intrusion dans l’univers fécond d’Edmond Rostand. Et rater un cap, voire une péninsule, m’aurait irrémédiablement projetée dans l’irrecevable !

Alors, comment faire sinon lui vanter ses chers vignobles (selon les conseils de Mona) ou les saveurs de la mouclade charentaise, spécialité que ce natif de Châteauroux semble apprécier ?
N’étant pas assez superstitieuse pour consulter un astrologue, le plus simple était d’attendre l’acteur sur les lieux du tournage “La tête en friche“, film que réalise à Pons le cinéaste Jean Becker.


Action !


Lundi, il fait un soleil le plomb. Non loin des charmilles, l’équipe a planté son décor. Installation, son, lumière, cadrage, la ruche s’active tandis que Jean Becker, assis selon l’usage sur une chaise gravée à son nom, règle ses caméras et veille aux moindres détails.
La première scène de l’après-midi concerne le moment où Germain Chazes écrit son nom sur le monument aux morts, sous le regard courroucé du maire adjoint.
Quand Depardieu apparaît enfin, il souffre d’une cheville qu’il s’est manifestement foulée. Il boitille, mais quand il passe à l’action, la douleur semble plus légère. Ses ailes de géant ne l’empêchent pas de marcher, parole de Voltarène !


Il met son masque et incarne avec précision ce personnage dont il a pris les traits. Il vérifie les répliques et se pose en cet espace où tout s’agite autour de lui. Il y a du monde pour orchestrer le mouvement ! L’élu, qui surgit de l’hôtel de ville au pas de course, l’apostrophe : « Pourquoi fais-tu cela ? Seuls les soldats morts pour la France peuvent figurer sur la stèle » lance-t-il. « Pour faire chier » murmure Germain qui se dirige vers l’allée où l’attendent des figurants.
Quand l’instant est immortalisé (après plusieurs prises), Gérard Depardieu s’approche de Jean Becker et parle d’une “entrevue“ qu’il aura bientôt avec une chatte. Une vraie, celle qui fait miou-miou. L’entourage sourit à ses réflexions aux évidentes arrière-pensées.

Quelques Pontois sont là, dont des conseillers municipaux et le docteur Alain Jaubert qui lui prodigue des conseils quant à son membre endolori. Au moment de lui prendre la tension, le tissu s’avère presque trop petit pour entourer le bras du comédien. Ça serre ! Qu’importe, si votre entregent se rapporte à votre talent, vous êtes le phénix des hôtes du jardin public !
L’ambiance est plutôt décontractée. Dès la pause finie, le sérieux reprend le dessus avec ses exigences et ses contingences. Il faut se presser car les nuages altèrent la luminosité, précise Jean Becker qui en connaît un rayon.


Se dénuder, sans feuilles de vigne !


Quand la tension s’apaise, Gérard Depardieu trouve le temps de répondre à quelques questions. Oui, il le peut !
Aujourd’hui, il est l’un des plus grands comédiens français, sinon le plus grand, changeant de peau avec la farouche volonté d’incarner d’autres personnages sans jamais se laisser envahir. Ça, il ne le veut pas. Son ancienne carapace, il la garde précieusement, même si la nouvelle est plus flatteuse et surtout plus confortable.
Comme les chats, il a plusieurs vies. Il enchaîne les rôles à la manière d’un voyageur, en espérant que chaque étape sera source de découvertes et de rencontres. L’existence, en sacrée cachottière, les dévoile peu à peu.
Derrière son regard bleu, ses brusqueries et ses exclamations aussi sonores qu’un clairon, Depardieu vendange un champ de grappes étoilées où seule l’émotion a droit de cité. Jouer, c’est vivre et avancer, sécateur au panier. Apparaître à l’écran, c’est aussi se dénuder, sans feuilles de vigne sur les yeux.
Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion, a écrit Saint Augustin.

• L'info en plus

Le vin, un autre métier !

Le vin est la passion de Gérard Depardieu qui a acheté son premier vignoble dans les années soixante-dix, en Bourgogne. Il a ensuite investi dans un autre vignoble en Anjou, en 1989 avant de faire l’acquisition du prestigieux Château Lussac Saint-Émilion avec Bernard Magrez. Il a également investi, entre autres, au Maroc, en Argentine, en Algérie et en Espagne. « Pour moi, faire du vin est un autre métier. Il faut aussi tenir compte des modes » explique-t-il.
De nombreux pays étrangers possèdent aujourd’hui des vignobles qui concurrencent la production française. La vinification, qui laissait à désirer il y a une quinzaine d’années, est actuellement maîtrisée.
D’une manière générale, Gérard Depardieu estime que la France a perdu son rythme de croisière : « elle n’occupe plus la place dans le monde qu’elle avait auparavant. Elle est un peu dessous, sur tout d’ailleurs, à part dans l’aéronautique »…

Photo 1 : Daniel Laurent, sénateur, ancien maire de Pons et Jean Becker

Photo 2 : Gérard Depardieu avec Jean et Louis Becker

Photo 3 : Discussion pendant le tournage

Photo 4 : Santé !

Photos Nicole Bertin

Gérard Depardieu :
« Tous les rôles sont magnifiques » !


Gérard Depardieu, qui tourne actuellement "La tête en friche "sous la direction de Jean Becker à Pons, en Charente-Maritime, répond à nos questions :


Gérard Depardieu, vous avez été séduit par le personnage de Germain. En quoi ce roman vous plaît-il ?

Ce vrai roman populaire, écrit par Marie Sabine Roger qui réalise également des ouvrages illustrés, est très beau. Germain, qui n’est pas un demeuré, ni un idiot, m’a touché. De ce personnage, se dégage une véritable émotion. Il y a différentes façons de l’appréhender, mais si on a la chance de tourner avec Jean Becker, c’est encore mieux ! J’apprécie le travail de ce cinéaste dont je connais bien la famille.

Aujourd’hui tout le monde connaît Depardieu avec un grand D. Quel regard portez-vous sur votre carrière cinématographique, riche de plus de 150 films ?

Pour être franc, je ne porte pas de regard particulier. J’ai eu la chance de vivre plusieurs époques successives dont certaines étaient passionnantes. Rappelez vous, il fut une période où la fréquentation dans les salles était importante. C’est dommage qu’il n’y ait plus de petits cinémas de quartiers ! Le cinéma n’était pas encore une industrie placée entre les mains des internautes et influencée, de longue date il est vrai, par le cinéma d’Hollywood. Aujourd’hui, le public fréquente les grandes salles multiplexes où tous les films ont le même format. Les choses ont changé. Le choix hebdomadaire, proposé au public, dépasse les quinze films. Autrefois, ce chiffre était moins important, mais les spectateurs s’en plaignaient-ils ?

De nombreux films ne sortiraient jamais dans les salles, dit-on…

Effectivement. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas valables ! Il y a trop de films pour les salles et pourtant, la France dispose d’un nombre important d’espaces dédiés au cinéma.
Les États-Unis sortent 600, jusqu’à 700 films par an. Si la France voulait les imiter, il faudrait qu’elle en fournisse deux par jour. Il y a un pays d’Afrique, je pense que c’est le Nigeria, qui en produit un grand nombre. L’inde, quant à elle, en réalise 1 000. Il s’agit de la première industrie cinématographique au monde. Leurs équipes travaillent bien, d’ailleurs.
En France, nous produisons 200 films par an et sur ce chiffre, 120 sortent sur les écrans.

Comment se porte le cinéma français sur la place internationale ?

Le cinéma français en Amérique a un succès d’estime. Balzac, Monte-Cristo ont remporté un grand succès en Chine. Ces films ont changé l’univers des télévisions. En Europe, par exemple, les ventes aux télévisions représentent 80 % du chiffre d’affaires à l’étranger du cinéma français.
Le cinéma peut aussi promouvoir une région. On l’a vu avec les Ch’tis de Dany Boon. Cet engouement correspond au désir des spectateurs de retrouver un lien authentique avec le terroir, la proximité. La série des Don Camillo gravitait autour du même principe. Une région, le Nord de l’Italie, des lieux, la mairie, l’église…
Aujourd’hui, certaines collectivités aident à financer des films. C’est le cas de la région Poitou-Charentes et du Conseil Général de Charente-Maritime en ce qui concerne le tournage de “La tête en friche“.

Quel est le rôle que vous avez préféré jouer à l’écran ?

Aucun, parce que tous les rôles sont magnifiques. Je pense en particulier à Cyrano et à bien d’autres. Dans le cinéma, il y a des moments inoubliables, de “petites bulles“...

Êtes-vous déjà venu à Pons ?

Je connais le département parce que je suis venu tourner Mammuth avec Delépine et Kervern durant l’été. Nous étions du côté de Royan. Voilà un film qu’on a fait pour moins d’un million d’euros !

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Je me sens citoyen du monde et… vivant !

Photos 1 et 2 : Gérard Depardieu avec Jean Becker

Photo 3 : "La tête en friche" selon le roman de Marie Sabine Roger : Germain devant le vrai faux monument aux morts

(Entretien, photos Nicole Bertin)

Montendre :
Jean-Marie Joyé était le doyen des conseillers !


Quand le Baron Empain
 investissait à Montendre…

Jean-Marie Joyé
 vient de donner son nom
 à la Maison de la Solidarité. En 1999, à l’âge de 78 ans, il avait confié 
ses souvenirs. 
Doyen du conseil municipal de Montendre où il avait 
en charge les affaires 
sociales, sa première 
élection remontait 
à mars 1971, année 
où Claude Augier avait succédé au docteur 
Poirier. Vingt-huit ans s’étaient écoulés
 et Montendre avait changé de physionomie. 
Il évoquait avec plaisir ce temps d’avant 
qu’aujourd’hui, beaucoup ont oublié ou n’ont pas connu, tout simplement.
Portrait d’un élu resté fidèle à ses idées basées 
sur l’égalité et la fraternité.


Retour en arrière. Chaque mardi matin, Jean-Marie Joyé tient une permanence en mairie de Montendre. Vice président du CCAS, il est chargé des affaires sociales. Constitution de dossiers, assistance, conseils : par les temps qui courent, le travail ne manque pas face à la précarité galopante. L’élu ne baisse pas les bras, il connaît bien le "terrain". N’était-il pas aux premières lignes des salariés de l’usine C.E.C lorsqu’il s’agissait d’améliorer les conditions de travail ou de salaire ?
Dans les années 60, il y avait du travail dans la cité des pins ! Depuis, cette usine a fermé ses portes et lui-même est parti en retraite. Le contexte a changé, obligeant les municipalités successives à prendre de nouvelles orientations. Siégeant au conseil depuis vingt-huit ans, Jean-Marie Joyé est presque un habitué ! Observateur privilégié, il a suivi l’évolution de la cité. Que de souvenirs…

Une génération marquée 
par la guerre

Jean-Marie Joyé a grandi à Montendre. Avec un brin d’émotion, il évoque la mémoire de ses aïeux qui vivaient du côté de Mirambeau. L’un d’eux faisait le commerce du fer et du charbon. Il allait se ravitailler au port de Blaye où les gabares acheminaient les marchandises par voie fluviale. Les affaires prospérant, la famille s’installa à Montendre où elle ouvrit une quincaillerie sur la place des Halles. «Mon arrière-grand-père, Paul Petit, possédait une affaire de diligences» souligne-t-il. Propriétaire de la Trappe, il distillait. Les anciens alliaient commerce et viticulture !
Son père, André Joyé, était représentant pour la marque Singer. «Je l’ai perdu à l’âge de onze ans. Il est mort des suites de la guerre 14-18 où il avait été gazé. Il n’a pas été le seul. Perrier et Chemineau sont décédés dans les mêmes conditions». Sa mère, Hélène, reste seule avec six enfants. «Nous habitions Saintes. Avec la disparition de mon père, nous sommes revenus à Montendre où nous avions de la parenté».

Le jeune Jean-Marie découvre un gros bourg rural qui semble lui tendre les bras. La physionomie de Montendre était différente. «La maison de ma grand-mère était à la place des écoles primaires. La rue qui passe devant le monument aux morts n’existait pas. Là où sont les ateliers municipaux, poussait une vigne ! C’était la campagne. Dans ce secteur, il y avait l’écurie du Bœuf Couronné, établissement situé à l’emplacement de la bijouterie, place de l’église. Une voiture à cheval faisait le parcours entre l’hôtel et la gare». C’était l’ancêtre du taxi !

Près de l’église Saint-Pierre, se trouvaient M. Richou, maréchal-ferrant, le cabinet du docteur Aubouin et un potier, M. Anglade. «Son écurie et son dépôt de poterie étaient à l’emplacement de l’ancienne caserne des pompiers, son four route de Gablezac. Enfant, j’aimais lui rendre visite ! Non loin, il y avait, en plein centre-ville, l’abattoir de M. Martinaud».
Inutile de vous décrire les odeurs intra muros quand l’été arrivait (il en était de même à Jonzac à l’époque des tanneurs !). Le second abattoir était tenu par le père Chaumette, charcutier. À cette même époque, le vélodrome se trouvait au bout du terrain de football.
De nombreux métiers, prospères dans la première moitié du XXe siècle, ont aujourd’hui disparu. Les automobiles, quant à elles, ont supplanté les attelages !
Deux écoles accueillaient les élèves, l’école Jacques Beaumont (ancien CEG devenu centre culturel) et un cours privé situé rue du Nord (maison du géomètre). «Pour des raisons d’ordre personnel, ma mère m’a inscrit dans cette école privée qui était dirigée par Mme Gaussel».

J’avais 20 ans…

Après son certificat d’études, il fait son apprentissage sur place, à la Société des Produits Réfractaires. Elle emploie une quarantaine de personnes. Il y apprend d’abord la menuiserie, puis le moulage, plus intéressant à son goût.
En 1939, la Seconde Guerre Mondiale est déclarée. Les Français traversent une période sombre. «Deux ans plus tard, avec dix-huit autres Montendrais, j’ai été requis pour le travail obligatoire en Allemagne. J’avais 20 ans. Nous ne réalisions pas ce qui nous attendait».

À Dortmund, il est affecté dans une usine de suie artificielle. «C’était un centre de répression allemande, c’est-à-dire que je travaillais, entre autres, avec des Allemands qui avaient été sanctionnés par le Gouvernement. C’est pourquoi les relations n’étaient pas mauvaises. Nous étions logés à la même enseigne. À mon arrivée, la première chose qui m’a frappé était l’attitude des soldats russes. Ils ont ramassé les miettes de notre repas pour les manger. Je me suis dit que j’allais découvrir une situation difficile. Par la suite, nous mangions surtout des betteraves et des rutabagas. Toutefois, à aucun moment, nous n’avons entendu parler des camps de concentration, ni de destruction massive. Nous étions dans l’ignorance la plus complète d’atrocités».

Dortmund est une ville 
de la taille de Bordeaux

Lors des bombardements alliés, la moitié de la ville est rasée faisant de nombreuses victimes, dont des Français. Aujourd’hui,on parlerait de bavure…
Les ouvriers sont effrayés et décident de s’enfuir dans la nature. «Avec le groupe, nous avions repéré une chapelle dans le lointain pour y passer la nuit. Lorsque nous avons ouvert la porte, nous avons aperçu un bien triste spectacle : c’est là qu’avaient été déposés les corps des victimes retirées des décombres, en l’attente d’une sépulture. C’était affreux. En ville, des cadavres de civils jonchaient les rues». De tels événements forgent incontestablement le caractère. «Une fois, un homme d’une maigreur incroyable est arrivé à la baraque. Nous lui avons donné à manger une trop grosse quantité de nourriture, pensant que cela lui ferait du bien. En fait, il n’a pas survécu à l’indigestion qui a suivi. Nous ne savions pas que dans son état, son estomac ne supporterait pas une telle abondance». Peut-être cet homme arrivait-il d’un camp de la mort ?

«Ce n’est qu’après la fin des hostilités que nous avons appris l’existence de ces camps. Nous étions surpris. Je me souviens qu’une exposition leur avait été consacrée. Elle avait lieu aux Quinconces, à Bordeaux. J’étais allé la voir avec M. Arbitre, un ancien déporté. Finalement, il m’a déconseillé d’entrer : Ne viens pas voir ça, c’est insupportable. Avec le temps, je ne comprends toujours pas comment des hommes peuvent devenir des tortionnaires et commettre des actes aussi barbares».
Jean-Marie Joyé et quelques camarades finissent par s’enfuir du camp et rejoignent la Saintonge. En attendant la fin de la guerre, il se cache à Boisbreteau, près de Chevanceaux. Après la Libération, il travaille dans une station essence à Bordeaux. C’est en Gironde qu’il rencontre Thérèse, sa future femme. Le couple s’installe à Montendre.

Les grèves avaient lieu
 le jour du marché…

Jean-Marie Joyé réintègre la Société de Produits Réfractaires où il a fait ses premières armes. Il se syndique à la CGT. «Si je n’ai jamais appartenu à aucun parti politique, j’ai gardé une ligne directrice : les ouvriers ont des droits, mais ils ont aussi des devoirs envers leurs employeurs. C’est pourquoi j’ai toujours entretenu de bonnes relations avec eux. L’essentiel est d’être et de rester un homme de parole, fidèle à ses engagements».
L’heure est aux avancées sociales et à l’amélioration des conditions de travail des ouvriers. «Les directeurs étaient fermes et nous pouvions dialoguer avec eux. J’ai participé à la discussion concernant la Convention Nationale de la Céramique. Montendre était en avance sur les autres sites. À partir de 1968, l’ordinaire des salariés s’est bien amélioré. Il y a eu un tournant favorable. D’ailleurs, nous n’avions pas participé aux grèves de Mai car nous avions obtenu les augmentations de salaires souhaitées, voire plus. Nous avions demandé 6,5 %, pensant obtenir moins, nous avons eu 8 % ! À Montendre, les mouvements de grève n’avaient rien d’agressif. En général, les arrêts de travail avaient lieu le jeudi à 11 heures. Comme c’était le jour du marché, les gars en profitaient pour faire leurs courses. À 14 heures, si les discussions avaient été fructueuses, tout le monde était à son poste». Ce côté "bon enfant" évitait les tensions, toujours préjudiciables au climat social…

Quand le Baron Empain investissait à Montendre

La Société de Produits Réfractaires, créée par M. Vinsonneau, appartient à René Amand, un professionnel du réfractaire. L’affaire marche bien. Encouragé par les résultats, il achète un brevet de creusets aux États-Unis et ouvre une unité de creusets : «Le premier a été coulé par le père de Guy Descombre, professeur au collège».
Parallèlement, la Société de Produits Réfractaires (qui devient la CEC, Carbonisation Entreprise Céramique en 1973) est l’une des plus modernes de l’hexagone !
Elle emploie jusqu’à 400 personnes. Malheureusement pour l’économie locale, le fils de M. Amand, Charles, n’a pas la fibre des affaires. Il préfère les vignobles aux usines, dit-on. Bref, il vend l’usine à une filiale du groupe Empain, la CECA, pour une somme conséquente.
Une vingtaine d’entreprises, dont celle de Montendre, sont achetées. La valse continue avec Pinault Valenciennes, puis la société Prost devient majoritaire.

En représentant attentif du Comité syndical, Jean-Marie Joyé est inquiet par ce rachat : «Cette société n’avait pas de moyens financiers. Je me doutais bien que la suite serait délicate pour l’ensemble du personnel». Effectivement, il a senti le vent. Prost tient quelques années avant de céder face à Lafarge. «La CEC a commencé à battre de l’aile quand certaines fabrications sont parties ailleurs, comme le soufflage. Lafarge a dû vendre 25 usines, mais il a gardé les carrières».
Des suppressions d’emplois résultent de ces difficultés. D’autre part, la technologie a beaucoup évolué et le besoin en main-d’œuvre est moins grand. «Les premiers licenciements ont eu lieu en 1977. Une partie des salariés a été dirigée vers Saint Aulaye, en Dordogne. On nous avait fait des promesses avec l’installation d’une nouvelle chaîne de fabrication. Elle a été construite, puis démolie en huit jours. C’était dur. J’ai alors décidé de prendre ma préretraite à l’âge de 59 ans. Le principe était intéressant. Nous percevions davantage de revenus que ceux qui étaient encore actifs. Malgré ses avantages, je trouvais cette formule discutable»...

La CEC ferme définitivement ses portes dans les années 80. Une page de la cité des Pins se tourne. Jean-Marie Joyé entre au Tribunal des Prud’hommes de Saintes qui vient de voir le jour.

Claude Augier
 ne partageait pas nos idées quant au Programme Commun

En mars 1971, Jean Marie Joyé se présente aux élections municipales, à la demande de M. Emon, un commerçant en confection de l’actuelle rue du Marché. Le Dr Poirier, maire, ne souhaite pas se représenter. «Personnellement, j’ai toujours eu de bons contacts avec lui. C’était un médecin renommé. En ce qui concerne nos revendications à l’usine, il nous a toujours soutenus et il n’hésitait pas à écrire à la direction pour nous appuyer. J’ai gardé certains de ses courriers à la maison».

Deux listes sont en lice. «Je pensais qu’il y en aurait une, c’est pourquoi j’avais accepté la proposition de M. Emon qui pensait vraiment être maire. Il a été déçu car c’est Claude Augier qui a succédé au Dr Poirier. Pierre Frétel n’avait pas voulu assumer cette fonction car il se trouvait à Bussac dans une situation économique difficile».
Par la suite, Jean Marie Joyé a toujours été réélu, sur des listes de gauche. «À un moment donné, j’ai demandé à Claude Augier s’il voulait partir avec nous, mais il a décliné cette offre. Il ne partageait pas nos idées quant au Programme Commun».

Il se retrouve donc aux côtés de Patrick Nau, alors directeur du Crédit Mutuel et de Jacques Bernard, le responsable de la "Feuille des nouvelles" qu’il vend chaque jeudi avec l’Humanité. «Je m’entendais bien avec Claude Augier. On dit souvent que Montendre est très marquée politiquement, mais les gens parviennent à s’entendre sur des causes utiles».

Aujourd’hui, il appartient à la liste conduite par le maire socialiste, Bernard Lalande dont c’est le second mandat. À chaque réunion, en doyen de l’assemblée, il se fait le porte-parole de la population et de ses préoccupations. Il n’hésite pas à donner des conseils au premier magistrat qui, somme toute, a l’âge de ses propres enfants. «Il faut s’adapter aux circonstances. Montendre se doit d’investir sous peine de s’étioler. Nous, les anciens, sommes favorables aux économies quand les finances sont justes, mais j’admets la position des plus jeunes. La ville a toujours connu des hauts et des bas. Autrefois, elle était un centre artisanal et commercial attrayant qui possédait des usines importantes. Maintenant elle traverse le creux de la vague. Elle n’est pas la seule dans ce cas».

De nouvelles pistes sont tracées avec le tourisme. Jean-Marie Joyé préférerait des implantations d’entreprises. «Les temps ont changé, les mentalités aussi. Quand j’étais jeune, on savait qu’il fallait travailler pour gagner sa croûte. On ne rechignait pas devant la tâche. Désormais, et je m’en rends compte avec les personnes que je reçois, la nouvelle génération attend tout de l’état providence. Certains ne font aucune démarche pour trouver du travail. Ils pensent que c’est le rôle de la collectivité de les prendre en charge. Une telle attitude n’est pas bonne pour l’avenir en ce sens où il faut agir pour avancer et non se reposer sur autrui»...

Jean-Marie Joyé ne pratique pas la langue de bois et se sent à l’aise au conseil. Il se veut avant tout disponible, c’est pourquoi il est contre le cumul des mandats. «C’est une simple question de bon sens. Quand un élu a trop d’activités, il ne peut s’occuper de sa ville correctement en raison de son emploi du temps. Pour bien cerner les besoins de la population, il faut rester à son écoute. De même, il serait bon que les habitants participent davantage au débat démocratique. Pourquoi dire les choses par-derrière quand on peut les faire avancer en s’exprimant librement ?». Des paroles pleines de sagesse et de simplicité qui ne manqueront pas d’être entendues…

Jean-Marie Joyé était un homme plein de bon sens. Il croyait au dialogue qui favorise les équilibres et la stabilité. Aimerait-il le Montendre actuel, si différent de celui qu’il a connu à ses grandes heures ? Question. Aujourd’hui, la Maison de la Solidarité porte son nom. Il méritait bien cet hommage.

Photo 1 : Jean Marie Joyé avec Claude Augier et Paul Lalande

Photo 2 : Séance de conseil municipal

samedi 10 octobre 2009

Royan : Veolia, c'est non !


La ville de Royan est au cœur d'une histoire d'eau qui n'a rien à voir avec l'Atlantique...

La principale question du dernier conseil municipal, qui s'est tenu jeudi soir, concernait le choix du nouveau délégataire qui aura en charge la distribution de l'eau. Depuis des lustres, cette activité est assurée par la Compagnie des Eaux de Royan qui dépend de la SAUR (dont le siège est dans la région toulousaine). La CER chapeaute également l'assainissement, via la Communauté d'Agglomération du Pays Royannais.
Le contrat étant arrivé à terme, le député maire Didier Quentin a lancé un appel d'offres. Trois propositions ont été retenues : la CER, la Lyonnaise des Eaux et Veolia. Veolia étant la moins et la mieux disante, elle figurait en bonne place pour gagner la partie. Par la même occasion, cette implantation allait lui permettre de se positionner sur le littoral atlantique.
Pour cela, il fallait que le conseil municipal vote ce choix à la majorité. Or, les choses ne sont pas simples dans ce domaine. En effet, depuis quelques semaines, les Royannais assistent, la bouche bée, à des échanges assez corsés sur le sujet, sans oublier des tracts anonymes, distribués la nuit de préférence. Il semblerait que certains élus soient particulièrement attachés à la CER et fassent tout pour la conserver.
Lorsque la question a été débattue, des conseillers sont montés au créneau pour "démonter" le budget prévisionnel de Veolia, dont M. Guiard (opposition) qui le dit d'ailleurs avec talent et précision. Ces points n'auraient-ils pu être discutés en commission, comme c'est l'usage ?
L'issue était prévisible et elle se vérifia : le vote fit apparaître 16 voix contre Veolia et 15 pour. Toujours cette fameuse petite voix qui fait la balance !
Selon les observateurs, il est rarissime qu'une société, faisant une meilleure offre que ses concurrentes, ne soit pas validée par une assemblée communale. Il n'y a donc pas de jurisprudence. Le maire a contacté son service juridique pour savoir ce qu'il convient de faire en pareil cas.
Le conseil se trouve encore dans une impasse mais jeudi, le ton est resté modéré. Bref, on devrait en savoir plus sur cette affaire d'eau dans les jours qui viennent. « Nous avons touché à une chasse gardée » souligne un proche de Didier Quentin, à la fois lassé et irrité par la tournure des événements.

jeudi 8 octobre 2009

Royan :
La guerre est déclarée entre Didier Quentin et le clan Most
• Vers une "recomposition" du conseil municipal ?


Lundi dernier, le conseil municipal de Royan avait attiré un large public venu assister aux combats que se livrent les élus dans l’arène municipale.
Le député maire, Didier Quentin, a eu bien du mal à contenir les assauts de certains colistiers. Se devine en filigrane un contentieux entre le clan Most, dont est issu Henri le Gueut, premier adjoint, et la nouvelle génération qu’incarne Didier Quentin. Face aux différends qui opposent la majorité, la gauche essaie de tirer les marrons de ce foyer ardent…




Depuis qu’il est maire de Royan, le député Didier Quentin est entré au purgatoire. Être, ou plutôt rester maire de la Côte de Beauté, relève-t-il de l’exploit ?
Il y a quelques mois, la corrida a commencé avec les premières banderilles plantées dans des terrains rendus constructibles. Appartenant à la famille du premier magistrat, ce classement a fait grincer des dents. Depuis, on observe une escalade qui n’est pas sans porter préjudice à l’image même de la ville.
Dans l’arène du conseil municipal, on règle directement ses comptes, comme s’il s’agissait d’une place publique. Olé !
Le nouvel épisode, qui s’est produit lundi dernier, était riche en rebondissements. Fini le feuilleton “Plus belle, la vie“, rien ne vaut “une vue sur l’amer“ !


La partie visible de l’iceberg

Que se passe-t-il donc pour que Didier Quentin, diplomate, proche de Jacques Chirac, soit l’objet d’attaques permanentes ? Évidemment, son opposition vous répond qu’il fait mal son travail, mais à y regarder de plus près, il semblerait que l’omerta royannaise ait purement été rompue. La boite de Pandore serait ouverte…
Depuis, les relations entre Didier Quentin, 63 ans, et Henri le Gueut, 76 ans, bras droit de l’ancien maire de Royan Philippe Most (démissionnaire pour des raisons de santé) sont opaques. Henri Le Gueut est d’ailleurs le prédécesseur de Didier Quentin puisqu’il a succédé à Philippe Most.
L’arrivée d’un nouveau chef de file, en mars 2008, aurait-elle bouleversé les habitudes de ce monde bien orchestré ? En clair, s’agirait-il d’une guerre entre les anciens et les modernes ? La réponse semble beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît. Pour l’heure, les citoyens ne voient que la partie visible de l’iceberg, celle des altercations verbales relayées par la presse et les conversations. Sur ce chapitre, il y a du “rab“ à chaque séance de conseil !


« Une incapacité à manager » ?


Lundi soir. La présence des forces de l’ordre devant la mairie et de salariés mécontents de la Compagnie des Eaux de Royan annonce la couleur. La salle du conseil est pleine à craquer. Les observateurs se massent dans les escaliers, faute de place.
Sous le regard des six présidents de la République, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, les élus prennent place pour un exercice de démocratie, toute ressemblance avec la "démocrassie" étant fortuite.
En quelques minutes, le ton est donné. Il commence modérément avec « les gens de la Puisade » qui éclipsent l’achat, pourtant écologique, de quatre véhicules électriques.
Entrant dans le vif du sujet, Geneviève Dumas expose ses griefs envers le député maire. Le premier bilan de l’exercice municipal se solderait « par un pécule dilapidé, un compte administratif rejeté, un cadeau de 10 000 euros aux commerçants du port, des retraits de délégation à des élus, des maladresses, une incapacité à manager l’équipe municipale entraînant une rupture profonde et durable ». En conséquence, la confiance n’existant plus, l’élue du Modem demande que les délégations, consenties au maire après son élection, lui soient retirées.
Face à « ce push assez dérisoire », Didier Quentin riposte, estimant le procédé « inqualifiable » de la part d’une collègue restée discrète quant à ses manœuvres.


Au sujet des voûtes du port, il rappelle que plusieurs réunions ont eu lieu à la criée. Les délais ont été tenus avec une ouverture le 21 juin. Royan profite largement de la réserve parlementaire dont bénéficient les députés et sénateurs. Ces derniers, à leur guise, peuvent attribuer des subventions non négligeables pour financer des projets. À titre d’exemple, une somme importante a été affectée aux vestiaires du rugby. « Je poursuis les actions de l’ancienne municipalité et de nombreux dossiers ont été menés à bien. Nous avons eu une belle saison touristique avec la venue du Belem et je suis intervenu pour que soit abandonné le port méthanier du Verdon » remarque-t-il avant d’ajouter : « j’ai le sens du dialogue. Je vous ai fait des propositions, mais si vous faites de l’obstruction systématique, je serai dans l’obligation de suspendre cette séance. Ce genre d’attaque est indigne. Je ne demande pas mieux que la dissolution du conseil. C’est au peuple d’avoir le dernier mot. Les Royannais jugeront ».
À cette déclaration explicite, suit une déferlante de doléances. Certains craignent pour leurs délégations et le font savoir : Miroir, gentil miroir, garderais-je mon beau pouvoir ? Il est vrai que la situation est délicate. Pascal Rich, délégué au commerce et à l’artisanat, vient de perdre ses attributions pour « propos critiques envers la municipalité ».


« Ce n’est pas à 76 ans que je vais devenir un traître »

L’assaut principal vient d’Henri le Gueut qui mêle la corde sensible à la fermeté. Treize ans le séparent de Didier Quentin : s’il n’a pas l’âge d’être son père, il pourrait en être le parrain. Et de conter des événements qui se dévoilent généralement en aparté : « Monsieur le député maire, vous avez été content de me trouver. Si vous êtes député, reconnaissez que votre premier adjoint vous l’a permis. Rappelez-vous ce repas à Paris au restaurant la Cagouille ! Vous dites que je suis un traître, que je suis déloyal, mais à cette époque, nous nous entendions bien. Ce n’est pas à 76 ans que je vais devenir un traître. J’ai toujours défendu la cause des citoyens qui ont voté pour moi. Aux dernières municipales, j’étais pour une liste d’union et quand nous nous sommes retrouvés avec Dominique Bussereau, toujours à Paris, j’ai approuvé quand vous avez dit que vous vouliez être maire de Royan. Quand on fait l’union, on prend l’actif et le passif. J’ai eu confiance en vous. Aujourd’hui, vous avez une attitude surprenante : vous retirez des délégations et qu’avez-vous fait de l’argent que la précédente mairie vous a laissé ? Je comptais rester sage dans mon coin, mais quand je suis attaqué, je réponds ».

Face à cette diatribe, Didier Quentin est secoué. Il réagit en montrant une lettre, apparemment anonyme, où il est demandé aux conseillers de voter à bulletin secret afin de déstabiliser le maire. Henri Le Gueut l’aurait-il rédigée « sur sa machine à écrire » (nous serions plutôt à l’époque des ordinateurs) ? Ce dernier dément “sur son honneur“ être à l’origine du courrier, « ignorant le maniement de ce matériel ». Didier Quentin va plus loin en soulevant la fameuse question du pécule : « Vous dites que je l’ai dilapidé. Or, je n’ai trouvé que des millions virtuels, des promesses de campagne électorale ». Henri Le Gueut finit par avouer que ces sommes correspondaient à des emprunts…



« Aujourd’hui, Royan est la risée du département »

Apportant son soutien au premier magistrat, Bernard Giraud, maire adjoint chargé de l’environnement, s’étonne de la proposition de Geneviève Dumas d’enlever ses délégations au maire. Il demande à l’assemblée de cesser ce jeu malsain qui consiste à s’écharper devant les caméras : « Voir un car de police à l’entrée de la mairie me fait mal. Serions-nous en guerre civile ? Actuellement, où que j’aille, Royan est la risée du département. Je suis déçu. Il y a ici des gens qui viennent mordre la main de celui qui les a nourris ».

Didier Quentin apprécie cette aide, las d’assister à un spectacle “affligeant“ : « Nous sommes dans une situation de blocage. Je voulais rassembler avec une part de continuité et l’autre de changement. Ces rivalités ne peuvent plus durer ». Des rivalités qui agitent la majorité, c’est là que le bât blesse.
« Effectivement, nous ne voulons plus que Royan soit montrée du doigt » rétorque un élu qui prône la démission collective. À gauche, Jacques Guiard déplore « les combinaisons politiques. Les élus de l’opposition sont extérieurs à vos problèmes. Traitez-les entre vous. Personnellement, je ne démissionnerai pas ».



Pour Philippe Cau, il faut que la majorité mette à plat les problèmes. « On n’a jamais vu une gazelle revenir après avoir demandé son chemin à un lion » est une formule qui résume assez bien la situation.
La chasse au grand gibier étant toujours ouverte, Geneviève Dumas Orsini revient à la charge avec son “Beretta“, demandant un vote à bulletin secret qui statuera sur les délégations de Didier Quentin. Le vote est révélateur de l’ambiance. À une voix près (16 pour le retrait, 15 contre, deux abstentions), il en sera privé. Cette première étape démontre à quel point la vie royannaise est un univers impitoyable.
L’intéressé déclare qu’il en tirera les conséquences, « l’important étant de sortir de cette guerre de tranchées avec une nouvelle élection municipale ».


Fin de cet acte suivi d’un nouveau conseil, jeudi soir. Ambiance assurée ?

• L'info en plus

« Une occasion historique de faire baisser le prix de l’eau à Royan »

C’est sur le front de l’eau que la bagarre actuelle est la plus sévère. À Royan, depuis belle lurette, ce marché, ainsi que l’assainissement de la CDA, est entre les mains de la SAUR (Société d’Aménagement Urbain et Rural dont le siège est dans la région toulousaine), via la CER (Compagnie des Eaux de Royan). Les citoyens se plaignent régulièrement de factures trop élevées.
Un nouvel appel d’offres a donc été lancé par la mairie pour désigner un délégataire proposant un bon rapport qualité/prix. La compagnie la moins disante est Véolia, mieux placée que la CER. « Si le choix de Véolia est retenu, le prix de l’eau va baisser entre 10 et 30 % et nous allons dégager 600 000 euros pour Royan, sans compter la reprise du personnel, soit douze salariés. Par ailleurs, la ville sera protégée contre tous risques d’avenant » souligne Didier Quentin. Malgré cette bonne nouvelle, certains sont hostiles à Véolia et aimeraient que la SAUR ne soit pas victime d’un mauvais sort.
Leurs arguments auraient été intéressants à entendre, mais ce point ne figura pas l’ordre du jour tant la séance fut longue et difficile. Le sujet sera traité lors de la prochaine réunion, vraisemblablement.
Avant toute chose, Didier Quentin, une nouvelle fois attaqué, a expliqué qu’il n’avait aucun rapport avec Véolia et que son frère Bruno ne travaillait pas pour cette société (il y aurait six Quentin “homonymes“ à Véolia). Avec une telle suspicion, on finirait par perdre ses nerfs !!!

• Dis Tonton, à qui tu causes ?

Ce même soir, la séance aurait mérité de figurer dans un reality show.. En effet, alors que le budget supplémentaire venait d’être enfin voté à main levée à une faible majorité, ainsi que ceux du camping et de l’eau, voilà que le vote récapitulatif des trois postes fut demandé à bulletin secret. Un conseiller, Gérard Cœuret, reçut alors un coup de téléphone venant d’un portable que lui tendit Hélène Croué, adjointe aux affaires sociales. Qui lui voulait cet interlocuteur inconnu ? L’aurait-il encouragé à revoir sa copie ? Suivit une belle agitation face à ce qui fut considéré comme une manipulation. Bref, la séance fut levée et il faudra revoter l’intégralité des trois budgets.

• Dis-le-moi dans l’oreille

• Véolia porte plainte pour diffamation contre X :
En effet, ses responsables estiment qu’on ne peut pas dire tout et n’importe quoi sur leur société. Le contenu de tracts, distribués sur le marché dominical de Royan, les a choqués. Ils porteront l’affaire devant le Tribunal.

• Après avoir insinué qu’Henri Le Gueut avait tapé une lettre anonyme sur sa machine, fait que le premier adjoint a démenti, Didier Quentin lui rappela un courrier, plus officiel, adressé à Michel Doublet et Daniel Laurent. Réaction d’Henri Le Gueut : « quand on est un patron, on est au dessus tout ça ».

Photo 1 : Le député maire Didier Quentin. A ses côtés (gauche de la photo) son premier adjoint Henri Le Gueut, ex maire de Royan, proche de Philippe Most qui se présente aujourd'hui comme médiateur.

Photos 2 et 3 : Ambiance tendue et journalistes en grand nombre !

Photo 4 : Didier Quentin souhaite recomposer un conseil avec des gens "sûrs" pour avoir une majorité. Dans ce cas, Henri Le Gueut, 76 ans, pourrait bien perdre certains pouvoirs.

Photos 5 et 6 : Un nombreux public présent à ce conseil

Photos 7 à 13 : Le retrait des délégations à Didier Quentin a fait l'objet d'un vote à bulletin secret. 16 voix ont voté ce retrait, 15 étaient contre et deux blancs.

Photos Nicole Bertin