vendredi 19 septembre 2008

Élisabeth et Michelle : Dix ans de vie artistique commune !



Au Cloître des Carmes, Elisabeth Andrieux et Michelle Moisset présentent leurs toiles au public à l’occasion de leur dixième anniversaire. Voies parallèles, leurs expériences se suivent, sans se ressembler. Elles peignent depuis des années, chacune dans sa spécialité. Imaginatives et talentueuses, elles ouvrent des portes, captent les ambiances, les immortalisent avant de prendre une nouvelle direction. Complices, elles ont choisi d’exposer ensemble le fruit de leur travail, comme deux amies liées par une palette faite de souvenirs et d’émotions partagées. Elisabeth - Babette pour les intimes - aime l’évasion, les écritures lointaines et les couleurs qui enchantent le cœur ; Michelle préfère les mondes secrets, les alliances harmonieuses et les visages subtils des danseuses.
Toutes deux se feront un plaisir de vous présenter leur jardin secret. A découvrir jusqu’au 21 septembre de 15 h à 19 h 10. Entrée libre.


Photos 1 et 2 : Une exposition à voir aux Cloîtres des Carmes de Jonzac.

vendredi 12 septembre 2008

Dis-le-moi dans l'oreille :
Sénatoriales...


• Sénatoriales : Au sujet du cumul des mandats Que fera Claude Belot ?

Ces derniers temps, la question du cumul des mandats est dans les conversations. Le sénateur sortant le plus concerné par cette loi est Claude Belot. Actuellement, il occupe les fonctions de maire de Jonzac, président de la Communauté de Communes de la Haute Saintonge, premier vice-président du Conseil général et sénateur. Depuis mars dernier, il est déjà atteint par le cumul, mais il existe une tolérance jusqu’au 21 septembre, date des prochaines Sénatoriales. S’il est réélu sénateur, il devra quitter ou le Conseil général, ou la mairie où il ne pourra plus être simple conseiller municipal comme ce fut le cas lors de son dernier exercice.
S’il quitte la mairie, il perd de ce fait la présidence de la CDCHS. Une possibilité qui semble peu envisageable puisqu’il a de nombreux projets à concrétiser sur le secteur (la nouvelle salle municipale en particulier).
S’il démissionne du Conseil général, dont Dominique Bussereau tient désormais les rênes, une nouvelle élection cantonale sera organisée sur le canton de Jonzac. En effet, sa suppléante, Danièle Giraudeau, maire de Fontaines d’Ozillac, ne peut dans ce cas le remplacer (le suppléant n’accède au poste qu’à la suite d’un décès ou d’une invalidité). Le canton serait alors renouvelable à l’automne. On imagine déjà la course aux candidats, la Gauche voulant tirer cette fois son épingle du jeu...

• Le Sénat ne joue pas les stars !

Pour Jean-Pierre Raffarin, cette deuxième chambre est un facteur d’équilibre, il la souhaite « forte, libre et moderne ». Elle serait moins sensible à son image et "au journal de 20 heures" que la turbulente Assemblée Nationale ! Sans télé, il est plus facile de piquer un roupillon après le déjeuner !!!

• Où tu manges à midi ?

Dans la perspective des Sénatoriales, les grands électeurs sont gâtés et courtisés. Dimanche 21 septembre, ils ont le choix entre la salle des fêtes de Lagord où MM. Belot, Doublet et Laurent, candidats de droite, les ont invités moyennant la somme de 28 euros par personne (traiteur M. Macé). Leurs collègues de gauche, Christophe Dourthe, Marylise Fleuret Pagnoux et Emmanuel Arcobelli ont choisi la salle municipale de la Pallice où une participation de 10 euros est demandée (traiteur M. Cousin).
Réflexion d’un élu centriste : « 28 euros, c’est pas donné. Je vais peut-être aller chez les Socialistes ! »...

UMP Royan : François Fillon aime la Pop !


Par Pop, traduisez Jeunes "Pop"ulaires de l’UMP, une abréviation qui rappelle les années 70 où leurs aînés découvraient la politique en écoutant la musique pop précisément. Réunis en campus le week-end dernier à Royan, les Jeunes Pop ont donc accueilli François Fillon dimanche matin. Absent, Nicolas Sarkozy leur avait envoyé un message par l’intermédiaire de Patrick Devedjean : "Dis-leur combien ils me manquent"...


La Charente-Maritime a le vent en poupe. En Aunis, le congrès du Parti socialiste, en Saintonge littorale, les jeunes Pop de l’UMP : voilà qui crée une animation certaine en cette fin d’été. Royan a de la chance car initialement, Patrick Devedjean envisageait Bruxelles comme lieu de ralliement !
Dimanche matin, le moment fort de ce rassemblement était l’intervention de François Fillon, sous le regard attentif de la relève conduite par Benjamin Lancar qui fêtait son anniversaire. Il n’y avait pas de Marilyn Monroe pour lui chanter "Happy birthday, Mr. Président", mais un parterre gouvernemental fourni dont Michèle Alliot Marie et Valérie Pécresse.
Que pouvait donc répondre le Premier Ministre à cette jeunesse qualifiée de « révolutionnaire » par son responsable ? Attention, il ne s’agit pas de mélanger les genres en arborant la faucille et le marteau, mais de s’opposer « au conservatisme, aux égoïsmes et à l’immobilisme ». Il serait dommage de ternir le bel enthousiasme des jeunes Pop qui souhaitent faire avancer les sujets de société : nouveau lycée, université, autonomie, questions liées à la famille et à ses évolutions, environnement, développement des échanges européens. Toutes les générations veulent "que les choses changent" et quand la sève monte, elle est une ardente source d’espérance. Cependant, le monde a des aspérités et la construction d’une société meilleure, gommant les inégalités, est une quête difficile jonchée d’illusions perdues.
La nostalgie du temps d’avant, François Fillon l’exprima quand il évoqua sa 4L rouge, ses tracts et pots de colle: "J’avais dix-sept ans et j’étais gaulliste. Dans ma chambre, je n’avais pas le poster de Che Guevara ! La politique n’a de sens que si elle débouche sur des actes" dit-il à l’assistance qui l’écoutait attentivement en brandissant des fanions.


« Le RMI n’est pas un statut permanent »

Le bilan présidentiel était au centre de son discours. Plus de soixante réformes ont été engagées dans un seul objectif, celui de moderniser le pays face à la mondialisation : « il faut adapter la France aux enjeux internationaux ». Les 2/3 des engagements de la campagne présidentielle sont en chantier et « la rupture promise est au rendez-vous ».
Infatigable, Nicolas Sarkozy est à l’origine du lancement de l’Union méditerranéenne, « une entreprise inédite dans la région la plus menacée par le choc des civilisations et la montée des intégrismes », et il s’est largement investi dans la crise géorgienne en tant que président de l’Europe : « c’est la première fois que la France et la CEE montent au créneau pour la paix dans le Caucase ». Le seul handicap de l’Europe, c’est qu’elle n’a pas de puissance militaire à proprement parler.
Au sujet de la présence armée en Afghanistan, il rappela que les forces tricolores, au sein de l’Otan, se battent pour la paix, contre la barbarie. « Je suis indigné par ceux qui ne respectent pas la douleur des familles. Certains vecteurs d’information ne perdraient pas à être respectueux des morts et des vivants. Il y a des détails qui font mal » déclara le Premier Ministre. Sans doute faisait-il référence à l’article de Paris Match où les Talibans expliquent l’attaque des soldats français. Dix hommes ont trouvé la mort dont Damien Buil, originaire de la Genétouze ...
Il enchaîna par le fameux RSA dont le financement est l’objet de critiques.
Le principe est simple : il s’agit de permettre aux Rmistes un retour à l’emploi. « Le RMI ne peut pas être un statut permanent. Nous donnons la priorité au travail, c’est par lui que les hommes et les femmes tiennent debout ». Si l’idée est généreuse, son financement, quant à lui, soulève des commentaires souvent acides.


En effet, il sera assuré par une fiscalité de 1,1 % prélevée sur les revenus du capital. On s’apprêterait donc à taxer l’épargne populaire, celle du français moyen, en évitant les mieux lotis qui bénéficient du bouclier fiscal. Voilà qui n’est pas pop et risquerait de faire flop ! Le Premier Ministre expliqua les raisons de ce choix : le gouvernement ne veut pas taxer le travail (il l’est suffisamment), ni accroître le déficit public (le nombre de fonctionnaires de l’État a été réduit pour la première fois depuis trente ans). Par ailleurs, les revenus du capital sont moins imposés en France que dans les autres pays de la CEE. Le RSA, qui a déjà été expérimenté sur le département de la Charente-Maritime (Saint Jean d’Angély et Rochefort) a permis à 30% de Rmistes de revenir à une vie normale.


L’emploi, il est vrai, est le nerf de la guerre. Face à une Europe dont la croissance est au ralenti, François Fillon combat la fatalité en prônant la compétitivité et l’audace, « tout en tenant les comptes de la France ». Sur ce chapitre, la belle est dans son camp. « On ne construit pas sans courage » lança-t-il sous les applaudissements des jeunes Pop qui croient en une France porteuse d’avenir.
Et de conclure en rappelant que « quinze mois n’ont pas changé Nicolas Sarkozy ».
Si, une chose a changé : c’est lui, François Fillon, qui le devance dans les sondages, avec ou sans Edvige...


Infos en plus

• Responsabiliser les jeunes dès 16 ans

Selon François Fillon, le permis de conduire sera prochainement réformé et la prise de responsabilité dès l’âge de 16 ans étudiée (présider une association, voire créer une entreprise). Un plan lié à l’autonomie des jeunes devrait être finalisé en fin d’année.

Mais où étaient-ils ?

Dimanche matin, les sénateurs UMP sortants de Charente Maritime, Claude Belot et Michel Doublet, ne se trouvaient pas aux premières loges pour écouter le Premier ministre, François Fillon, contrairement à leur ex collègue, Jean Guy Branger qui, lui, avait répondu présent. Cette absence est d’autant plus surprenante que ces deux élus ont vraiment insisté pour obtenir l’investiture de l’UMP aux Sénatoriales 2008.
Un peu avant, à Saint Georges de Didonne, seul Michel Doublet participait à la réunion organisée avec Jean-Louis Borloo. Vendredi soir, cependant, MM. Belot, Doublet et Laurent, bien qu’en retard, ont suivi une partie du meeting organisé au Palais des Congrès de Royan. Même si leur arrivée a été saluée par les applaudissements de Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau, ils ne sont pas montés sur l’estrade. Pourquoi ?
Dommage, ils auraient côtoyé Rachida et Nathalie. Un privilège qu’ils ont préféré laisser à leur copain Jean-Pierre !

Photo 1 : Au programme de ce campus, débat sur l’autonomie des jeunes avec Jean-Baptiste Prévost, président de l’UNEF, divers sujets dont le piratage informatique, échange avec Philip Gordon, conseiller de Barack Obama, RSA et solidarité avec Martin Hirsh, haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, etc.

Photo 2 : François Fillon ovationné par le public.

Photo 3 : Un "campus" qui a attiré de nombreux jeunes.

Photo 4 : Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, Alain Lamassoure, député européen, lors d’une table ronde sur le thème « Europe : la fin de l’impuissance » avec l’espagnol Antonio Lopez Isturiz et Brice Hortefeux.

Photo 5 : On reconnaît au premier rang Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, Christine Boutin, ministre du logement et de la ville, Michèle Alliot Marie, ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Raffarin, sénateur, François Fillon, premier ministre, Patrick Devedjan, secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, ministre du travail, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, etc.

UMP Royan : Rachida et Nathalie sur un plateau


Alors que le campus des Jeunes Populaires venait d’ouvrir ses portes au stade de Royan, Didier Quentin et Dominique Bussereau avaient invité les militants de l’UMP à rencontrer quelques-uns de leurs ministres vendredi dernier au palais des Congrès...


La salle était pleine à craquer et pour cause, Rachida Dati était annoncée ainsi que Nathalie Kosciusko-Morizet et Xavier Bertrand. Malheureuse-ment, le ministre du Travail arriva au moment où les troupes quittaient la salle. Trop de boulot, sans doute !
De la rencontre, nous retiendrons ces déclarations des personnalités.
Didier Quentin, député-maire de Royan : « Sarkozy a décomplexé la Droite autour d’un projet dont les idées peuvent décoiffer.... Selon l’expression d’Edgar Faure : quand l’imagination ne prend pas le pouvoir , il faut que le pouvoir prenne l’imagination... Bougeons-nous ! ».
Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports : « Il faut sortir les gens de l’assistanat. Sur Rochefort et Saint Jean d’Angély, 722 personnes bénéficient du RSA. Cette mesure est un bon choix politique, ce n’est pas de la théorie ».


Jean-Pierre Raffarin, sénateur, ex-Premier Ministre : "Nous voulons rester unis et il n’est pas question de remplacer Patrick Devedjean... Rachida Dati est une femme déterminée. Elle a fait la réforme de la carte judiciaire et a tenu tête à des costauds devant les tribunaux... Il faut adapter la France aux réalités du monde. Si Sarkozy ne réussit pas, je ne vois pas qui y parviendra... L’homme politique doit injecter de l’unité dans la société".
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État au développement durable : « Au sujet du RSA : la paresse sera sanctionnée et le courage récompensé... Pour les élections régionales de 2009, nous allons demander aux militants de choisir leurs candidats. Les électeurs internes auront de nouveaux droits ».
Rachida Dati, garde des Sceaux : « L’UMP a des idées à revendre, nous voulons tenir nos promesses au risque d’affronter l’impopularité. Ceux qui ne font rien n’ont pas d’opposants ». En ce qui concerne le RSA : « Pour les Socialistes, le travail est une punition, un supplice. Pour nous, c’est une valeur essentielle. Le RSA est une révolution. Nous ne créons pas une nouvelle allocation d’assistance, il s’agit de réduire la précarité par le travail ».
Ces principaux extraits montrent la densité des interventions. Vu l’heure avancée, cette rencontre fut privée de débat public. Le dîner arrivait, ceci explique peut-être cela...


Dis-le-moi dans l'oreille :

• Complicité

Rachida Dati et Nathalie Coscuisko Morizet demandent souvent conseil à Jean-Pierre Raffarin, avec la bénédiction de son épouse Anne-Marie. Il y a cependant des limites : un jour, elle lui aurait confisqué le portable où il reçoit les textos de ces dames !

• Rachida Dati, bientôt maman

Son futur bébé fait déjà couler de l’encre et suscite la curiosité des médias nationaux. Rachida Dati, qui porte son premier enfant, reste discrète sur le sujet et elle a bien raison. Ceci dit, la presse people va lui mener la vie dure dans les quatre mois qui viennent. En attendant la couverture de Paris Match, Jean-Pierre Raffarin lui confia, publiquement, que « Ce bébé, il l’aimait déjà ». Ses amis lui envoyèrent semblable message d’affection. Rachida Dati s’apprête donc à faire la une des carnets rose ou bleu, devançant Carla qui préfère mettre au monde des chansons. Notre charmante présidente se réserve, qui sait, pour 2011 où son joli ventre rond pourrait être du meilleur effet dans la perspective des élections présidentielles...


• Sénat : il ne veut pas lui "larcher" les baskets !

Le mot d’ordre du Campus UMP de Royan était "l’unité".
Effectivement, l’unité prônée par Sarkozy semblait visible... sauf chez les sénateurs candidats à la succession du président Christian Poncelet. Les deux principaux, Jean-Pierre Raffarin et Christian Larcher, se trouvaient à Royan et l’on ne peut pas dire qu’ils se faisaient des mimiques ! Chacun a son camp et son fan’s club.

• C’est pas miel pops !

Entendu dans un discours : L’UMP veut aller chercher "ses adhésions avec les dents, même dans les lycées". Les partis feraient-ils la sortie des écoles ?

• La CDA de Royan devant la justice

Soulevée par le journal Marianne, cette affaire fait grand bruit dans le pays royannais. En effet, une plainte a été déposée contre la CDA, que préside Jean Pierre Tallieu, pour truquage présumé de marchés publics dans la collecte et le traitement des ordures ménagères, le marché ayant été attribué à l’entreprise Coved au détriment du groupe Nicollin. Une enquête préliminaire vient d’être confiée à la police judiciaire par Fabienne Atzori, procureur. Un fonctionnaire serait à l’origine de la divulgation du dossier. La balle est désormais dans le camp de la justice.


Photo 1 : Jean-Pierre Raffarin en pleine forme !

Photo 2 : Ils chantent la Marseillaise. Rachida Dati est à l’origine des plusieurs mesures, réforme de la carte judiciaire (qui n’avait pas été revue depuis 1958), lutte contre la récidive, législation quant aux criminels dangereux, etc.

Photos 3 et 5 : Un très nombreux public pour ce meeting.

Photo 4 : Les journalistes TV présents pour cet évènement.

Jean-Louis Borloo chez Dominique Bussereau : Saint Georges terrasse le Verdon ?


Dimanche matin, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, est venu à Saint-Georges de Didonne annoncer la bonne nouvelle :
Le classement de la côte royannaise en aire marine naturelle protégée. Le décret sera
prochainement lancé. Ainsi, cette rive sera mieux "armée" face à la perspective d’un port méthanier au Verdon, projet qui fait grincer des dents. Toutefois, comme l’a rappelé le représentant de l’État, on ne peut pas brûler les étapes. D’ailleurs, la société hollandaise 4Gas serait là pour le rappeler...


L’annonce de la présence de Jean-Louis Borloo, grand patron français de l’écologie au campus UMP de Royan, entraîna immédiatement une réaction de l’association « Une pointe pour tous » (collectif des deux rives) qui défend le site du Verdon contre le projet méthanier du groupe 4Gas.
Petit rappel : Pour assurer son développement, le port autonome de Bordeaux a repris l’idée très ancienne d’installer au Verdon un port méthanier pour desservir en gaz la région d’Aquitaine. Cette perspective a fait évidemment bondir les élus de Charente-Maritime et notamment le député-maire de Royan, Didier Quentin. En effet, le passage dans la Gironde de navires méthaniers semble peu compatible avec le développement touristique de la Côte de Beauté. Et que dire de l’arrivée d’un gazoduc, entre falaises crayeuses, plages et chênes verts !
Certes, dans un passé pas si éloigné, des pétroliers de 300.000 tonnes empruntaient cette voie pour se rendre au Verdon, site créé par Chaban Delmas avec cette vocation pétrolière. Depuis, le Verdon vivote chichement, laissant derrière lui le riche Médoc prospérer dans ses châteaux et vignobles.
Dans ce contexte, l’initiative du port autonome est apparue singulière et plus singulier encore, le fait que son ministère de tutelle, le ministère des Transports à l’époque, ait laissé faire sans lever le petit doigt ou froncer le sourcil. Conséquence, sur le terrain, les réactions des élus et des associations ont été nombreuses et l’on se souvient du vaste rassemblement qui s’est tenu à Royan lors du débat public.
La "menace" restant vraie, la vigilance est toujours de mise. La venue de Jean-Louis Borloo, dimanche matin, annonce-t-elle « la fin du cauchemar » ?


L’estuaire classé en zone naturelle sensible

Avec son talent habituel, Jean Louis Borloo s’est livré au jeu des questions et des réponses. Il a cependant tout de suite indiqué quelles étaient les limites de l’exercice puisque nous vivons dans un état de droit. Les procédures normales pour un tel investissement ont été lancées par 4Gas - étude d’impact, étude d’utilité publique - et la prise de position publique du Ministre compétent pourrait apparaître comme une violation substantielle des règles de procédures. N’oublions pas que nous sommes en Europe et que l’investisseur est hollandais.
L’Etat français n’a pas joué son rôle à l’origine puisqu’il a laissé le port autonome lancer ce projet. Il doit suivre maintenant les voies normales, mais clairement. Jean-Louis Borloo pèse au trébuchet ce qui est l’intérêt économique du projet et son atteinte possible à l’environnement.
L’estuaire de la Gironde est l’un des derniers grands estuaires européens partiellement intacts en cours de protection. Le Ministre de l’Environnement a annoncé qu’il allait le classer zone naturelle sensible, ce qui fera plaisir à tous ceux qui veulent reconquérir cet espace qu’on cherche à maltraiter. On y retrouvera peut-être du caviar et des esturgeons (tout en y protégeant les pibales) !
À ceux qui voulaient des positions immédiates, Jean-Louis Borloo n’a peut-être pas affiché la fermeté qu’ils attendaient ; c’est d’ailleurs une curiosité française que de voir tous les groupes de pression exiger de l’État des décisions, parfois au mépris de la loi, si cela les arrange. Ceci étant, il est clair que Jean-Louis Borloo n’est pas favorable au projet et qu’il a dans sa besace tout l’arsenal nécessaire pour s’y opposer. Les maires de Royan, de Meschers, de Vaux sur mer, de Saint-Palais, de Saint-Georges de Didonne peuvent donc se féliciter de cette rencontre en marge du campus d’été des Jeunes Pop.


L’estuaire a tout l’air de devoir échapper à la menace d’une installation qui défriserait ses côtes, d’autant que Dominique Bussereau, Secrétaire d’État aux Transports, a annoncé une coordination des ports autonomes de Bordeaux, la Rochelle et Nantes. Il a également annoncé la relève du directeur du port de Bordeaux et la nomination d’un nouveau responsable qui écoutera sans doute davantage la position de son ministre de tutelle…

• Face à la mer, je bois mon dernier ver…don

Regardant l’estuaire à travers les larges baies du Relais de la Côte de Beauté, Jean Louis Borloo résuma la situation par cette phrase très simple : « je n’imagine pas bien le truc ». Le truc étant la perspective d’un port méthanier sur la rive girondine. Pourquoi faire compliqué pour aller droit au but ?

• Not in my backyard !

Pour Jean-Louis Borloo, la construction d’un port méthanier au Verdon ne devrait pas se concrétiser, sauf en cas de crise énergique majeure : « Nous sommes tous pareils. Quand il est question d’une structure de ce type, nous disons : pas dans mon jardin, plutôt chez le voisin ! Toutefois, les intérêts locaux ne peuvent pas se substituer à l’intérêt général. À Royan, à Saint-Georges de Didonne, nous ne sommes pas dans ce cas-là ».

• Le silence du SMIDDEST

Que fait le SMIDDEST, Syndicat Mixte pour le développement Durable de l’Estuaire de la Gironde ? En tout cas, les oreilles lui ont sifflé. Selon le maire de Saint-Georges, il se serait assis sur le projet de port méthanier et « son silence aurait été assourdissant ». Dominique Bussereau fut plus modéré en évoquant une attitude "discrète" que Michel Servit, conseiller général de Royan, qualifia de "feutrée".
Avec le président du Département de la Gironde, Philippe Madrelle, le secrétaire d’État aux Transports souhaite élaborer un projet de développement des deux rives de l’estuaire (vieille idée d’ailleurs) : « la seule retombée positive de cette affaire de port méthanier est notre rapprochement et notre mobilisation commune ». Pourvu que ça dure !


• Les directeurs sur la vague

Dominique Bussereau précisa que les directeurs des ports allaient connaître des mutations. En poste à Bordeaux depuis 2004, Philippe Deiss est nommé à Rouen. Désormais, les ports dépendent du Ministère de l’Écologie, du Dévelop-pement durable et de l’Énergie (autrefois, ils étaient chapeautés par le Ministère des Transports). Cette mesure s’inscrit dans le Grenelle de l’Environnement. Les directeurs de Bordeaux, Nantes et La Rochelle auront la possibilité de siéger dans les directoires de leurs collègues.

Photo 1 : Jean-Louis Borloo aux côtés de Dominique Bussereau, secrétaire d’état aux Transports, Didier Quentin, député maire de Royan, Jean Pierre Taillieu, président de la CDA, Jean-Michel Renu, maire de St Georges et Xavier Pintat, sénateur de la Gironde.

Photo 2 : L’association "Une pointe pour tous" avait organisé un rassemblement à la plage de "la grande conche" à Royan, dimanche 7 septembre. Profitant du congrès de l’UMP, elle entendait bien attirer l’attention des politiques sur l’implantation du terminal méthanier au Verdon. Les habitants de Meschers se sont fortement mobilisés à l’appel de l’association, il est à noter que la municipalité s’est déplacée en force.

Photo 3 : Jean Louis Borloo, ministre de l’Écologie et président du Parti radical, répond aux questions de la télé en présence de Xavier de Roux, maire de Chaniers, vice président du Parti radical et de Michel Doublet, sénateur maire de Trizay.

Photo 4 : Dominique Bussereau est opposé au projet de port méthanier.